CAEUKGIE INSTITUTE
0* TECHNOtOGY
THE
(EUVRES
HENRI POINCARE
PAKIS. - IMPRIMERIE GAUTHIER-V1LLARS
Quai des Grands- August ins, 55
138265
(EUVRES
DK
HENRI POINCARE
PUBLIEES
SOUS LES AUSPICES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
PAK
LA SECTION DE GEOMETRIE
TOME VII
PUBLIC AVEC LA COLLABORATION
DK
JACQUES LEVY
ASTRONOME A I/OBSBRVATOIRE DB PARIS
PARIS
GAUTHIER-YILLARS, EDITEUR
LIBRAIRE DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ECOLE POLYTECHNIQUE
Quai des Grands-Augustins, 55
l»«OPEflTV Or
CARNEfilE INSTITUTE OF TECHNOinfit
Copyright by Gauthier-Villars, 1962.
Tons drolls do tradnction, de reproduction et d'adaptation reserves pour tows pays.
MECANIQUE CELESTE
ET
ASTRONOMIE
AVANT-PROPOS
JLa quatrieme Section des OEuvres de Henri Poincare, qui comprend
les Tomes VII et VIII, groupe ceux des Memoires qui traitent princi-
palernent de Mecanique analytique, de Mecanique celeste et d'Astro-
nomie. II est fait constamment appel dans ces Memoires a des travaux
d'Algebre et d' Analyse figurant dans les Sections precedentes, notam-
ment sur les courbes definies par les equations differentielles et sur les
series trigonometriques, qu'on trouvera dans les Tomes I et IV des
OEuvj-e$. Inversement, le present Tome contient, entre autres? les
theories des coefficients de stabilite, des formes de bifurcation, des
equations aux variations^ des invariants integraux, des proprietes des
solutions de 1'equation de Mathieu. Le caractere d'unite qu'offre
1'oeuvre de Henri Poincare, qui se traduit par exemple par la resolution
d'un probleme du Galcul des variations au moyen de considerations
empruntees a Tfilectrostatique, ainsi qu'on le verra plus loin, rendait
impossible une nette delimitation des differentes Sections.
J. L.
ANALYSE
DE SES
TRAVAUX SCIENTIFIQUES
FAITE PAR HENRI POINCARfi (').
Acta Mathematica^ t. 38, p. io4-n4 (1921).
MECANIQTJE CELESTE.
XVII. — G-eneralites sur les equations de la I>ynamiq;ue
et de la Mecanique celeste [164, 1,66, 183, 187, 278, 280].
Les equations de la Dyaaraique presentent des proprietes remarquables qui
oat et6 aiises en eVideace par Jacobi daas ses Vorlesungen.
Quelles soat les coas^queaces plus ou aioias immediates de ces proprietes?
Quel parti peut-oa ea tirer pour la mise ea equaiioa des problemes de Dyaa-
mique et ea particulier des problemes de Mecaaique celeste? Telie est la
premiere questioa doat je veux parler ici.
J'ai et^ amea^ a passer ea revue les priacipales proprietes des equatioas
caaoaiques [183, 278], Les proprietes soat classiques; et je ajai eu qu'a perfec-
tioaaer certaias details; ea me servaat surtout du caractere biea conau qui
(!) On n'a reproduit ici que les extraits de cette Analyse qui concernent les matieres trait6es
dans le pr6sent Volume. Les Memoires figurent sous les num6ros qu'ils portent dans la biblio-
graphic qui suit 1'Analyse. ( J. L.)
H. F, — VII.
2 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
permet de reconnaitre si un changement de variables conserve la forme
canonique des Equations.
Ge genre de transformations facilile la rnise en equation (hi probleme des
trois corps; c'esl ce que j'ai montnS [104, 187], On sait que dans le proc<kl6
classique on rapporte toutes les planetes a des axes mobiles passant par le Soleil
U inconvenient est que la fonction perlurbalrice n'csl pas la mejnie pour loutes
les planetes. Un autre procede consiste a rapporier chaque planele au centre
de gravity du sysleme forme par le Soleil et toutes les planetes infth'ieures u cello
que Fon considere. L'inconvinicnt est evite, mats la function perturbatrice ost
un peu plus compliqude. J'ai propose'* un troisieme procdde, dans leqnol les
coordonnees de chaque planele sonl rapporUtes au Soleil, et sa vilosse a des
axes fixes.
Malgr6 les travaux dont les cSquations cnnoniques out tk($ Pobjel tlepuis
Jacobi, toutes leurs propri^t(5s ne sont pas connues, ou plutot on n'a pnsinsisU11
sur toutes les formes que peuvent revetir ces propridt<Ss et qu'il pent cHre utile
de connaitro. Si par cxemple on (Hudie les equations aux varialions des 6<|ua-
tions de la Dynamique, c'est-i\-dire les Equations qui d^fmissenl une solution
infmiment peu diff^rente d?une solution donnie, on rencontre des propositions
importantes sur lesquelles j'ai attir<5 1'attention [183, 278].
D'un autre c6t6, j'ai <it6 amen^ a introduire une notion nouvclle, celle des
invariants int^graux [183, 280]. Ce sont cerlaines inldgrales definies simples ou
multiples qui demeurent constanles, quand le champ d'inUigration varieconfor-
m^ment & une certaine loi d6finie par une Equation diiFdrentielle. Si par
exemple on envisage les Equations difl^rentielles relatives an mouvemonl d'un
fluide incompressible, le volume est un invariant integral.
Les Equations canoniques de la Dynamique posscclent des invariants int<5*
graux remarquables et Fexistence de ces invariants jelte une grandelumicre sur
leurs propri6t(is.
Pour en fmir avec ces g<kitedit£s sur les 6quations de la Djnamique et le
probleme des trois corps; je signalerai un dernier travail [1C6], On sait que
Bruns a d6montr6 que le probldme des trois corps ne saurait admellre d'autre
integrate alg^brique que les integrates classiques. Malheureusement dans sa
demonstration subsistait une lacune grave et particuli&rerjoent delicate ^
combler. J'ai <H6 assez heureux pour mettre la belle eting^nieuse demonstration
de M. Bruns a Fabri de toute objection.
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENT1FIQUES. 3
XVIII. — Probleme des trois corps; proprietes qualitatives
[38, 92, 163, 167, 183. 204, 278, 280].
Ge qui va suivre est le d6veloppement naturel des m^thodes dont il a 6t6
question plus haul au paragraphs V et leur application a la M6canique celeste.
J'ai montr£ de diverses manieres [183, 278] qu'en dehors des integrates
classiques le probleme des trois corps n'admet pas d'int^grale analytique et
uniforme, et il en r^sulterait que la plupart des series proposes jusqu'ici pour
I'mtdgration de ce probleme, de m6aie que celles dont il sera question dans le
paragraphs suivant ne sont pas convergentes et ne peuvent £tre utilisees que
dans un calcul approche.
D'apres ce qui. precede, il semble qu'il soit impossible en g^n^ral d'exprimer
les distances mutuelles des aslres par des series purement trigonom^triques
convergentes. Mais il est des cas particuliers ou les series auxquelles on est
conduit ne contiennent qu'un seal argument et ou leur convergence est 6vi-
dente. En effet, j'ai d£montr6 [38, 92] que, dans le probleme des Irois corps.
on peut choisir les elements initiaux du mouvement de telle fagon que les
distances mutuelles des trois masses soient des fonctions p^riodiques du temps.
On est atnsi atnen^ a une solution particuliere du probleme, que Ton peut
Ges solutions p^riodiques sonl de trois sortes : dans les unes,les inclinaisons
sont nulles et les excenlricit^s tres petites; dans d'autres, les inclinaisons sont
nulles et les excentricit^s finies; dans d'autres, enjEin. les inclinaisons sontfinies
et les excentricit^s tres petites.
Je suis revenu [183, 278] sur ces solutions p^riodiques et je les ai 6tudi6es
en detail. Les proc^d^s dont je me suis servi pour demontrer leur existence
sont tres simples et se ramenent au calcul des limites.
Mais on peut arriver a cetle demonstration par une voie toute difF6rente,
qu'il pourra ^tre souvent utile d'adopter, mais dont je n'ai pas encore tir£ tout
le parti possible. Supposons par exemple que Ton recherche les gdtfd^siques
d?une surface ind^finie pr^sentant la meme forme g6n6rale qu'un hyperboloi'de
& une nappe. On sera certain alors qu'il doit y avoir une g^od^sique ferm^e
(correspondant it une solution p^riodique) parce que., parmi toutes les courbes
ferm^es que Ton peut tracer sur la surface et qui en font le tour, il doit y en,
avoir une qui est plus c<^urte que toutes les autres.
4 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
Les monies principes soni suseeptibles dYire appliques a divers problemes
de Mdcanique, grace au principe do moindre action que I'on pout employer soil
sous la forme quo lui a donnde Hamilton, soil sous colic quo lui a donnde
Mauperluis. Je n'ai fail qu'esquisser cello melhode donl il y a sans doute
encore beaucoup «\ tirer.
Outre les solutions pdriodiqucs, les equations dn problems des Irois corps
admettent aussi d'aulres solutions remarquables quo j'appelle asympto-
tiques [183, £78]. Ge qui characterise ces solutions nVst qu'elles se rapproelienl
ind^fimment d'une solution p<5riodique, ou bien qu'elles s'^loignent sans ee.sst^
d'une solution piiriodique donl elles sonl infiniment rapproch^es pour I ^ — cc.
D'aulres soluuons remarquables sont plus difiiciles encore aaperouvoir |t!80].
Je citerai d'abord les solutions ptfriodiques de d<juxiem<^ espece, caraeltf»ristVs
par ce fait que deux ties corps so rapproclit»nl periodiqueinenl de larou a
presque se chequer.
Nous avons encore les solutions pcVriodiques de deuxienie genre; si Ton fait
varier d'une maniere continue un des pararneires dont d<Spcn<l le probUine} par
example Tune des inasseSj on voit une solution p^riodique du premier genre se
ddformer d'une fa^on continue, sa p^riode re.stanl <*»gale A T. A un certain
moment, cette solution se dddouble pour ainsi dire, ou plulAt se d^triple, je
veux dire qu?^ un certain moment on a trois solutions p^riodiques ires pen
diff^rentcs ; Tune d'elles a encore pour p6riode T, les deux autres out pour
p<$rtode un multiple de T, Ce sont les solutions p<Sriodiques du dtixixiewiegonro.
Je parlerai eniin des solutions doublemenl asjmptotiques. Four /r,: -co,
elles sont infimmeat voisiues d'une solution ptf*riodique, puis elles s^en ('*loignent
beaucoup, ensuite elles sjen rapprocbent de nouveau, de telle sorte (jtie pour
£ = -)- oo, elles en sont encore mfimment voisines.
Pour (kudier les propriit^s et les rapports de ces difiVrcnics solutions, je me
suis scrvi des invariants intdgraux* Ces rapports sont triis compliqu^s, de sorte
que ccttc (^.tude est 6miiiemmout pro pro a laeitrc en cividence la difficult^ du
probldme des trois corps,
Je n*ai pu r^soudre rigoureusement et cornpkHement le probl^me de la stabi-
Iit6 du syst&me solaire, en entendant ce mot dans un sens strictement malhd*
matique. LJemploi des invariants int^graux m*a ccpendant pcrmis [183, 280]
d'atteindre certains r^sultats partiels, s'appliquant surtout au probUme dit
restraint, ou les deux corps principaux circulent dans des orbites sans excen-
tricit^, pendant que le corps trouble a une masse ntfgligeable. Dans ce cas, si
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 5
on laisse de cote cerlaines trajectoires exceptionnelles, dont la r&ilisation est
infmiment peu probable, on peut d6montrer que le systeme repassera une
infinite de fois aussi pres que 1'on voudra de sa situation initiate. C'est ce que
j'ai appe!6 la stability a la Poisson.
XIX. — Probleme des trois corps; developpements approclies
et applications [47, 97, 115, 133, 149, 15S, 159, 183, 208, 210, 214,
215,216,279].
Tous les th^oremes donl il a &t& question dans le paragraphe prudent ont
un caractere commun, ils sont rigoureux. Ceux dont je vais parler mainlenant
ne seront en g&a&ral qu'approchds et auront par consequent avant tout un
inl^rgt pratique. Ce sont cependant les seuls dont les aslronomes fassent et
puissent faire effectivement usage.
Dans quelles conditions ces s6ries divergenles peuvent-elles £tre utilises
avec succes? C'est cequej'ai cherch6 a ^claircir ([279], ChapitreintituU Calcul
formeV). J'ai monir6 dans quelles limites cet emploi estl^gitime, comme Test,
pour citer un exemple c^lebre, celui de la s^rie de Stirling, et j'ai fait voir que
les regies dti calcul de ces series sont les monies que celles de series ordinaires.
J'ai justify ainsi 1'emploi que font les astronomes de ce genre de d^veloppe-
ments; et en particulier des d^veloppemenls trigonometriques. J'ai cherch^ en
outre a perfectionner les m^thodes qui permettent de les former.
Rappelons en quelques mots comment le probleme se pose.
On ne peut r^soudre le probleme des n corps que par approximations succes-
sives, et la premiere id6e qui s'esi pr^sent^e a consist^ a d<3velopper les coor-
donn^es des astres en series ordonn^es suivantles puissances des masses. C'est
sur cette id6e qu'est fondle toute la Mecanique celeste ancienne. Mais quels que
soientles services qu'aient rendus autrefois ces anciensproc6d^setqujilssoient
capables de rendre encore, on n'a pas tard<§ ^ s'apercevoir de leur insuffisance
et de leur impuissance a donner une approximation ind^finie. Dans les d^velop-
pements auxquels ils conduisent? on voit en effet le temps entrer non seulement
sous les signes sinus et cosinus, mais en dehors de tout signe trigonom^trique.
Ce fait suffit pour d^montrer que le champ ou les anciennes rn£thode$
conservent leur efficacit^; quelque ^tendu qu'il puisse ^tre, est certainement
limit^.
C'est ce qui explique les efforts qu'ont faits les g^ometres pour remplacer
6 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
les scries aneiennes par des drtveloppoimMits puremonl iri^onomtflriques. Dans
ces derniers temps, on a proposed deux nuUhodes romarquables qui puraLssont
atteindre complctemonl ce but. La premiere esl cello do IV L CUIden, (jui «»M
fond6e sur Femploi des fonclions elliptiques; la seconde esl eolte do
M. Lindsledt, dent je me suis s art out oocup<5.
Dans eelle derniore mcHhode, un artifice ingenious pcrinet a ehaque approxi-
mation do fairc disparaitre les tonnes stfculaires qui peuvent s'et.re iutroduits.
II esl ais6 de voir que col artifice n'wssira toujours s'il n'v a qu'im lenne a Cairo
disparaitre; mais il n'en sorait plus <Io momo s'il s'tfilait introduit a la fois deux
tonnes stfculaires. II esl facile do verifier d^aillours quo, dans les premieres
approximalioiiSj on n'a a so <lobarrasser que (Tun seul tonne; mais on pent so
demander s'il doit en <Hre toujours ainsi. (In exaiucn .suporliciel pourrait fain?
croire le conlraire, ot mtune, M. Lindstodt otait dispos6 a pcnserquesa melhodo
no nhissirail que s'il n'j avail outre les arguments aunmo relation lini^aire,
Je suis parvenu A dthnonlror (jue It*, tt»rme stumlnire qui peut apparaitre A
chaquo approximation est toujours unique el que? par eonseqtienl, In methods
de M. Lindstedt est toujours applicable [97]. Pour coin, j'ai eu rocours ft un
tlxdoreme qui semblait ne se rapporlor en auoune fa<;on j\ la question, c'est-
iVdire au th6or^me de Green.
J7anrais pu ^galemont, comme je I'ai fait ensuite [U?>, 133], employer les
invariants intdgraux ou bien me servir cles thdoromos do Jacobi sur les Equations
de la Dynamique,
La m^thodc de M. Newcomb est foiuleo sur les monies priacipes; mais olle
s'applique plus naturellernent aux cas les plus gon^raux du problerin^ des trois
corps. JJj ai apportd de notables perfoctioimemenls [183, 279, 208). La nn'me
question se posait que pour la methode <Ie M. Lindsiedl. On pouvait disposer
de certaines arbitrages pour fairo disparaitre les lormes s(k;ulairo«; mais il y
avait deux fois plus de termes i\ faire disparaftre que d'arbiiraires* Heureusement
chaque fois que Ton fait disparaitre Tun de cos termes, un a ul.ro disparaftspon-
tan^ment. Je me suis servi de la m^ihode de Jacobi [279] %pour d^montrer cette
disparifcion spontan^e et la possibility clu ddveloppement. Une fois cette possi-
bilit^ ^tablie, jjai donn6 ([279], Chapitre XIV) le mojeu do former efioctive-
ment et directement les series.
II y avait 1& toutefois un grave inconvenient, puisqu'il fallait dans deux
analyses enti&rement s6par6es d^inontrer la possibility du d^veloppement et en
calculer les coefficients, Ayant remarquc^ qu?une cerlaine expression devait
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 7
differentielle exacle,j'en ai profile pour modifier la methode ([279], Chap. XV).
Certain.es integrations peuvent 6tre 6vit£es etremplac6espar des differentiations
on des operations algebriques; il en r^sulte d'abord quo la possibilite du deve-
loppement devient presque evidente. De plus les calculs sont simplifies. La
partie la plus pinible du calcul, bien qu'elle ne pr^sente aucune difficult^ theo-
rique, est en efTet la substitution des valeurs approchees des variables dans
les deux me tab res des equations differentielles. La methode nouvelle permetde
diminuer de pres do moili6 le nombre de ces substitutions.
Mais on pent aller plus loin encore dans cette voie. C'est ce que j'ai montre
plus tard [208]. Je me suis servi d'une expression differentielleexacte analogue
a celle dont je viens de parler et j'ai pu diminuer encore le nombre des substi-
tutions et des integrations. On remarquera que le theoreme de Poisson (inva-
riabilite des grands axes en tenant compte du carre des masses) devient
presque intuitif.
Tous ces precedes se trouvent en difaut quand les moyens mouvements sont
pres d'etre commensurables. 11 faut alors employer une methode derivee de celle
de Delaunay. Dans 1'invention premiere de cette methode, j'ai 6t6 devance de
quelques jours par M. Bohlin, mais j?y ai apporte divers perfectionnements en
me servant toujours des m£mes principes. Je me bornerai a dire que cette
m6thode permet de discuter les cas singuliers dits « de libration » ou il y a
commensurabilite exacte entre certains mouvements moyens.
Quelie relation y a-t-il entre toutes ces methodes et avecles anciens procedes?
Telle est la question que je me suis pos6e [210], et j'ai montre qu'on pouvait
envisager certaines series qui embrassent pour ainsi dire toutes ces methodes.
En groupant les termes d'une certaine mani&re, on retornbera sur les anciennes
methodes. Avec d'autres modes de groupement, on tombera sur la methode de
Newcomb, ou bien encore sur celle de Bohlin.
Tous ces procedes s'appliquent naturellement a la Lune. Dans la theorie
de cet astre, ils sont m£me plus necessaires que partout ailleurs. C'est dans les
theories lunaires les plus recentes, comme celles de Hill et de Brown, que Ton
voit le mieux Pimportance des solutions periodiques dont j'ai parie plus haut.
J'ai donne [214] une methode pour determiner le mouvement du perigee de la
Lune qui differe de celle de Hill. Mais j'attirerai plutdt Fattention sur un
autre Mernoire [216] ou j'applique a notre satellite les procedes du
Memoire [208]. Ces procedes seraient surtout utiles pour obtenir un develop-
8 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES,
penient purement littcral des coorclonntfcs de la Lime. JTui signalo <»n passant
diverses circonstances curiouses et prosquo paradoxalcs,
Toutes les series dont je viens dc parlor ne peuvent rtre employees qu'au
point dc vue du calcul formel cl par consequent du oalcul approehe. J'ai
insiste a diverses reprises sur ce point important [ 1 83, 278? 270, I; 58, 1 50],
Toutes ces mtUhodes si diverses peuvent clre employees pour se servir
muluellement do verification, sans Irop de calouLs suppienientahvs, Jo cnterai
surtout un procede de verification foudei sur Pemploi des invariants int6-
graux [149].
XXL — iSqinlibre d"un fluide en rotation et figure des planetes
[54, 56, 63, 72, 91, 155, 96, 108, 111, 203, 1>12|.
Je me suis occupd 4galement d'ime autre question de M*5canique celeste <juo
Ton peut 6noncer ainsi :
Une masse fluide homogine ou h^t^rogdno osl anim<Se d'un niouvenient do
rotation autour d'nn. certain axe. De plus, ses molecules s'atlirenl d'apros In
loi de Newton. Quelles sont les formes d'&jmlibre qu'olle peut aHecier?
C'est Ik un probldme qui a boaucoup occup6 les g^ometres depuis plus d'un
si^cle et demi, et dont I'importance se comprend sans peine.
Dans le cas de I7homog6n6it6, auquel nous nous reslreindrons, deux solutions
<Staient depuis longtemps connues : PoIIipsoide do revolution ot I'ellipso'ide a
trois axes in^gaux de Jacobt* Mais les conditions do stability dc IVquilibre
n*avaient pas 6t6 Studt^es.
On ignorait s'il y avail d'autres formes possibles quand M. Mathiessen et5
apresltii, Sir W. Thomson, annoncdrentPexistence <le figures annulairos d^qui-
libre. Mais la demonstration donndc par ees deux savants n'<Hatl pas parfaite-
ment rigoureuse; d'ailleurs, M. Mathiessen supposait a priori que la section
diff(Jrait trds peu d'unc, ellipse. J'ai montr<§ [63] quo colic hypoth^sc, l^gitime
quand la section de 1'anneau est tr^s petite, esl erron^e dans le cas gin^ral, ee
qui rend tr&s doutense ^existence de certains annenux tr^s aplatis que le savant
de Rostock avait appalls anneaux (3,
J'ai done cru n^cessaire de faire une dludo plus approfondie de ces figures
[54, 94, 95]. J'ai mis & 1'abri de toute objection la demonstration de leur
existence et montrd comment on peut en determiner les principatax
avec une approximation indeiinie.
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIF1QUES. 9
Pour la determination de ces 6l6ments, j'ai fait usage d'une m6thode que
Mmo Kowalevski avait d^ja employee dans son M^moire sur Panneau de Saturne
et qui est fondle sur le d^veloppement des p6riodes d'une fonction elliptique
en series ordonnees suivant les puissances croissantes du module.
II convient d'observer que ces anneaux sont des figures d?6quilibre instable.
Dans un Memoire plus <Hendu [72], j'ai repris la meme question, en d£ve-
loppant les r^suhats obienus dans deux Notes anterieures [86]. Une premiere
difficult^ se pr^sentait sur ma route. Quand il s'agit d'int^grer de simples Equa-
tions diff£renlielles, la m<Hhode des approximations successives est parfai tern enl
justifi^e, parce que 1'existence de 1'integrale a £tc tout d'abord rigourement
demontroe. Tl n'en est plus de mSme dans le probleme acluel qui est beaucoup
plus complique; il peut rester au sujet de la I6gilimile de cetle m(§thode
quelques doutes qu'il s'agissait d'abord de dissiper. Pour d6monlrer rigoureu-
sement 1'existence des diverses solutions du probleme, j'ai employ6 un proc6d£
tout a fait analogue a celui dont j'avais fait usage dans mes recherches sur les
solutions pdriodiques du probleme des trois corps et ou je prends pour point
de depart un th6oreme de M. Kronecker.
On reconnait d'abord que les diverses figures d'equilibre d'une masse fluide
forroent des series lin&ures; dans une m^me serie, ces figures dependent d'un
parametre variable. Telles sont la s4rie des ellipsoides de revolution etcelledes
ellipsoides de Jacobi, Mais il peut arriver qu'une m^me figure appartienne a la
fois a deux series diff6rentes, G'est alors une figure d^guilibre de bifurcation.
A chaque figure est aLtach^e une suite infinie de coefficients, que j'appelle
coefficients de stabilite, parce que la condition de la stabilit^ est qu'ils
soient tous posilifs. Quand un de ces coefficients s'annule, c'est que la figure
correspondante est de bifurcation.
Ainsi, si en suivant une s^rie de figures d'equilibre on voit s'annuler un des
coefficients de stability on saura qu'il exisle une autre s6rie de formes d'6qui-
libre a laquelle apparlient la figure de bifurcation.
Un aulre rdsultat, c'est que les deux series lin^aires dont cette figure fait
partie 6changent leur stability. Si, en suivant Tune des series, on ne rencontre
que des ^quilibres stables jusqu'a, la figure de bifurcation, on n'y trouvera
plus ensuite que des figures instables. Les figures stables appartiendront a
Pautre sdrie,
Ces principes, appliques a divers problemes dej^. traites par Laplace, m'ont
permis d'en computer la solution.
H. P. — VII. 2
10 ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUKS.
Pour Irouver los formes d'eqnilibre d'uno masse tluido on rotation <jui
different pen d'un oilipso'ide, il faul rochorehor si, parmi los ellip.soide> do
revolution et eeux do Jacobi, il y a des figures de bifurcation. Pour cola il faut
calculcr les coefficients de stability do res ellipsoides, On trouvo quo res coeffi-
cients dependent ties fonclions do Lainrt.
J'ai done du fa ire de cos functions une oludt1, appioion<li<u J'ai domonln*
d'unc maniere nouvello quci cos polynonios out toutos leurh rarities roollcs et
j'ai Studio la inaiiiere dont ccs raciiu^s so r/'pnrlis.sonl.
En rigalant a z^ro los divers oooflicionls d(? slabilite, on ohuont dos oquatioiiN
qni sonl transcendantcs, inais cjui pouvenl noaninoius sc* disouter cFuno nuinioro
complete* Gcttc discussion montre qtie, parini los ellipsoides do revolution,
commo parini les ellipsouies d<^ Jacobi, il v a uno infiniU'* do Hguros <h»
bifurcation.
II r^sullo do la qu'il y a d^utros formes dY'quilihro quo lo.s ellipsoides et les
anneaux,. Ces figures nouvellos sonl on nombre infini; olios sont convoxon ol on!
Loutes xm plan de symotrie, Quol<ju<js-unes n\?n out qu^un; <I7antros son! do
revolution; d'autros on fin ont phisiours plans de synuUrie passant par I'n&c.
11 restait a etndior les conditions de slabilite de rcujnilibro. J'ni distingue, a
Fexemple do Sir W. Thomson, la suibilito seoulairc, qui subMMe lorsqn'on
tient compte de la viscosiu's et la stabiliie ordinaire, qui n'n Hoti quo lorsqu'on
neglige eollo resistance. En co qm concerne la premiere* de cos stalnlite.sT j'«i
montr6 qti'ollo appartient aui cllipsoi'dos dt^ revolution, moins aplatis qtio colui
qui osi en mdme temps urx ellipsoTde do Jaoobi, el quo los ollipsoidos <ie Jncobi,
qui satisfont ft tme certaine condition) en jouissonl egalemcnt. Los autres ollip-
soidcs sont instables et il on est do mtfme ties figures annulaires. Quant aux
autres figures nouvellos <juo j?ai decouvoru^, olios sont totitos instables, &
1'exception d'une d'ontro olios qui est pour ainsi diro piriforme*
J'ai doaue aussi uno miUhode pour determiner les conditions de la stabilite
ordinaire, xnais je n'en ai fait qu'une application partielle qui permci, loutofois,
de reconnaitre quo cotte siabilite pout subsisler quand la stabilite s£culairc%
a cesse.
Je ne puis d'aillcurs mioux rrtsumor tous ccs resultats qu'en fnisant Fhypo-
th^se suivante :
Imaginons uue masse fluide so contractant par refroidissement, mais
lentement pour roster homogdne et pour que la rotation soit la m&tne dans
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. II
Louies scs parlies. D'abord Ires voisine cPune sphere, la figure de cetle masse
deviendra un ellipso'ide de revolution qui s'aplatira de plus en plus; puis, a un
certain moment, se -trans forrnera en un ellipsoi'de a trois axes in^gaux. Plus
tard, la figure cessera d'etre ellipsoi'dale et deviendra piriforme, jusqu'a ce
qu'eufin In masse, se crensant de plus en plus dans sa partie m£diane, se scinde
en deux corps disliiicts et in^gaux.
L'hypolhese qui precede ne peut certainement s'appliquer au sysleme
sola ire. Quelques astronomes ont pens6 qu'elle pourrait £tre vraie pour
ceriaines 6loiles doubles, el que des 6toiles doubles du type de (3 de la Lyre
pr6senleraienl des formes de Iransition analogues a celles donl nous venons de
parler.
Dans un de ces M6moires [9*4], j'ai montr^ qu'aucune forme d'^quilibre
stable n'est possible si la vitesse de rotation d^passe une cerlaine limite.
On peut faire de ce principe une application aux anneaux de Saturne.
Clerk Maxwell a ddmontr6 que ces anneaux ne peuvent £tre solides et que, s'ils
sont fluideSj leur densise ne peut d^passer les 3/ioo de celle de la planete.
D'aulre part [96], je d6montre que, si les anneaux sont Guides, ils ne peuvent
cHre stables que si leur densit^ est sup^rieure au 1/16 de celle de Saturne.
L'analyse semble done confirmer Thypothese de M. Trouvelot, qui considere
les anneaux comme formes d'une multitude de satellites extr^mement petils et
ne croit pas pouvoir expliquer autrement certaines apparences observ6es.
J'ai donne [108] une demonstration plus simple d'un th6oreme de
M. Liapounoff, en vertu duquel la sphere correspond au maximum de la
fonction potentielle, et je suis encore revenu a diverses reprises sur des ques-
tions analogues [HI, 212] en donnant quelques ^galit^s etin^galit^s curieuses.
M. Radau avait remarqu^ qu'aucune hypoth£se ne peut rendre comple a
la fois de Faplatissement adopt6 et la valeur observ^e de la precession. Dans
deux articles consacres a la figure de la Terre [203], j'ai confirm^ la conclusion
de M. Radau.
It?. ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES.
BIBLIOGRAPHIK DES TRAVAUX DE AIKCANIQI'H; CKLKSTE
RKLATIVK A
I/ANALYSE HK SKS TRAVAUX PAR HKNRI I'OINC.AKfi.
XVII. - GBN&RAUTKS sou LES EQUATIONS OK LA DYNAMIQUB
ET DK LA MtiCANIQOK CELKSTH.
[104] »$«/• *«/?/? forme tmuvelle des equations dtt />/W»/r/;><" des trois corps ((\ It,
Acad. *Sfe,, t. 123, 1896, p. io3*-io3f>).
[106] Sur la method? de Brrtns (Ibid., t. 1W2:5, 1896, p. r,>i».'ri?2H).
[18H] Sur les problbtn?$ dcs frois rnr/ts t*t Irs equntious de la Dynttrmtj[uc (A eta
Math*y t. 13, 1890, p. 1-270).
[ 187 ] Sur une forme nottvellc des Equations du probttmc d<rs trots rnrps ( //////, ttstron^
t. 14, 1897, p. 53-67).
[578, 280] Les mdthodes nouvelfas dc l<r Mticanique celeste, t, I (1%?.) et t. Ill (i^tnOi
Paris.
XVIII. — PROBLEMK DBS TROIS CORPS; PROPIUET^S QUALITATJVKH*
[38] Sur certttines solutions pttrticulibrvs du problem® dcs trots cftrjps ((\ IL Acttd.
Sc.y t. 97, iS83, p. tt5i-i*5a)"
[912] Sur certctines solutions particulivres da pro blunw dcs (roi$corjm(/iulf» a$trv/tn
t. 1, i88{5 p. r>5-74).
[1G3] Sur les solutions pdriodtques et le pn/iet/w /A? moindre ant ion (C, Jtt* Aeatl. A>M
t. 12», 1896, p. 915-918).
[1C7] Les solutions p^riodigucs et le prinvipc d<' ntoindrc ttction (Ibid*, t, 114, 1897,
p. 713-716).
[183] Gf. supra,
[204] Sur le problkmo dcs train corps (Bull, astr., t. 8, 1891, p. i •>!*,{}•
[278, 280] Cf. supra.
XIX. — PROBLEMS DES TROIS CORPS; DRVKLOPPBMKNTS APPROCH^S RT APPLICATIONS.
[47] Sur une Equation differentielle (C. tt. Acad. Sc.t t. 1)8, i8B,{, p. 70-^"79rO*
[97] Sur une tndthode de M* Lindstedt (null, astron., t. 3, i88(>, p. D7-Ui)»
[115] ^wr ^^ 5cVt>s rfe Af, Lindstedt (€. JL Acad. Sc., t» 108, 1889, p. ai-st*}).
[133] iSwr ^application de la method® de M. Lindstedt au problems de$ trots corps
(fbid>, t. 114, i8ga, p. iSoS-iSog).
[149] *Swr un proc£d$ de verification ^ applicable au calculates series de la Mdcanique
celeste (Ibid., t. ISO, i8g5, p. 67-^9)*
[158] Sur la divergence des series de la Mecanique cdfaste (Ibid.) t. 1S2>
p. 497-499)'
ANALYSE DE SES TRAVAUX SCIENTIFIQUES. 1 3
[ISO] Sur la divergence des series trigonometriques (Ibid.) t. 122, 1896, p. 567-569).
[183] Gf. supra.
[208] Sur Vintegration des equations du probleme des trois corps (Bull, astron. .>
t, 14, 1897, p. 241-270).
[210] Sur la f aeon de grouper les termes des series trigonometriques qu' on rencontre
en Mecanique celeste (Ibid., t. 15, 1898, p, 289-810).
[214] Sur le mouvement du perigee de la Lune (Bull, astron., t. 17, 1940? p- 87-104).
| 215] Sur le determinant de Hill (Ibicf., t. 17, 1900, p. i34-i43).
[216] Sur les equations du mowement de la Lune (Ibid.) t. 17, 1900, p. 167-204).
[279] Les Methodes Nouvelles de la Mecanique celeste, t. II, Paris, 1898.
XXI. — EQUILIBRE D'UN FLUIDS EJNT ROTATION ET FIGURES DES PIANETES.
[54] Sur Vequilibre d^une masse fluide animee d'un mouvement de rotation (C. R.
Acad. Sc.) t. 100, 1886, p. 846-848).
[50] Id., (Ibid., t. 100, i885, p. 1068-1070 et t. 101, i885, p. 807-809).
[63] Sur Vequilibre d'une ?nasse fluide en rotation (Ibid.) t. 102, 1886, p, 970-972).
[72] Sur Vequilibre d^une masse fluide animee d^un miuvement de rotation
(Acta Math.) t. 7, i885, p. 259-880).
[94] Id., (Bull, astron.) t, 2, 1886, p. 109-118).
[95] Id., (Ibid.) t. 2, i885, p. 4o5-4i3).
[96] Note sur la stabilite de Vanneau de Saturne (Ibid., t. 11, i885, p. 607-608).
[108 j Sur un theorems de M. Liapounojf) relatif a Vequilibre d'une masse fluide
(C. R. Acad. Sc., t, 104, 1887, p. 622-626).
[Ill] Sur Vequilibre dhme masse heterogene en rotation (Ibid.) t. 106, 1886,
p. 1671-1674).
[203] Sur la figure de la Terre (Bull, astron.) t. 6, 1889, p. 5-n et 49-Go).
[212] Sur Vequilibre d^un fluide en rotation (Ibid.) t. 16, 1899, p. 161-169).
Le present Volume contienl tous les Memoires mentionnes ici, a Texception de
ceux portant les nos 96, 203, 214, 215, 216, qu'on trouvera dans le Tome VIII des
OEuvres. II contient aussi ceux que H. Poincare a publics depuis 1901, epoque a
laquelle remonte son Analyse. L'ordre que nous avons adopte pour la publication
est tres sensiblement celui que E. Lebon a fixe dans la bibliographic se trouvant
dans son Volume : Savants du jour ; Henri Poincare, 2e edition, Paris, 1912;
toutefois, les Memoires qui figurent a cette bibliographic dans la Section Series
de la division Mecanique celeste sous les nos 10, 13, 11, 12 ont paru anterieure-
rnent dans les OEuvres : les deux premiers dans le Tome I, pages 162 et i64, les
deux autres dans le Tome IV. Us n'ont pas e*le reproduits, pages 585 et 588, (J. L.)
SUK
L'fiQUlLIBRE D'UNE MASSE FUJIDE
ANIMEE D'UN MOUVEMENT I)E ROTATION
rend MS th* r (cadcrnit* ties *SVfVwr.s\ t. 100, p. IJ^i-'i'jS (t\ JY*vri<T iNS,r)).
Dans la dcuxieme edition de lour 7Vv«V/; <lc Miiloxop/ite natur<ti,
MM. Tail el Thomson enoneent suns demonstration le rnsuhat suivaut, an
sujel de la figure d'6quilibro d'une inas.se lluid^ hoino^n(», (lout Unites le&
molecules s'alliront suivaut la loi nevvtonienne ol. ({ui tjst, anioiee (Fun inonve-
uient de rotation, uulour d'ua axe. Outre le.s figures ellipsoulales hion connuos,
tl y a, d^apres Ics ^dottuUros anglais, uuo antre fonkUMlT^(|tiiIihra9 (jui oousi.sK*
eu une surface aixnulniro de revolution analogue a tin tor<!.
Je suis parvenu a rcironver la d^iuousiratiou du nlsullat do MM. Tail et
Thomson on m'appuyaut sur le prin<;ipo snivuut, <ju'il e.sl ais<5 d*<HabIir
rigoureusomcnl :
Si un sjstemc qnelcoaque, on equilibre stable sous Faction de ccrtaines
forces, vient 4 ^tre soumis 4 des forces p(^rturbatricos infmimcnl petites, il y
aura, pour ce nouvel 6tai de forces, une nouvelle position d'6quilibre$ stable
infiniment voisine de la premiere.
J7ai elierch6 ensuite A ddtermincr les prineipaui 61$menls de la surface
aunulaire d'^quilibre. A cet effet^ j'ai choisi les unilds de masse et de temps de
telle fagon que la densit^ de notre masse lluide soit ^gale a i et qua runit^ de
force soil Fattraction newtonienne de deux limits dc masse ft Funitd de
distance, C^est ce qui est le plus convenable dans une dludo thioriquo*
J'appelle R la distance du centre de gravild de la section miridicnne ^ 1'axe
SUR L'E*QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. i5
de revolution. La section meridienne admet un axe de sym^trie qui est la
perpendiculaire abaiss^e de son centre de gravite sur Paxe de revolution.
J'ecrirai 1'equation de cette section meridienne, en prenant pour pole le centre
de gravit6; et pour axe polaire Faxe de sym^trie. Liquation s'ecrira alors
p = r -+- (3 cos 2 CD -f- y cos 3 <p H- . . . ,
r, P et y etant des constantes telles que les rapports ~? L, 1, ... soient
tres pelits.
Cela pose, j'ai neglige d'abord (3; y, ... de fagon que la surface se reduise a
un tore de rayons R el r, et j'ai cherche a exprimer le potentiel V en un point
quelconque.de la surface du tore. J'y suis arrive a Faide des series qui donnent
les periodes K et K/ d?une fonction elliptique, developpees selon les puissances
de /c2 et de log/r. On trouve que V? qui ne depend evidemment que de Tangle <p,
peut se developper suivant les puissances de 7*; de ^5 de log - et de cos<p. Les
coefficients de cette s6rie s'expriment par des iategrales definies.
Si Ton tient compte des quantit6s appel6es plus haul {3, y, . .., on devra
ajouter a V certains termes correctifs. II faudra enfin disposer de la vilesse
angulaire co et des coefficients (3 et y, de fagon que Fexpvession
soit independante de cp. On trouve ainsi (d)
SR
en negiigeant des termes de I'ordre de ^ log - -
On obtient de
5 r» . 8R
K etant une constante numeriqae qui s'exprime par une integrate definie.
Les autres coefficients y, 5, . . . sont infiniment petits par rapport a p, de
sorte que la section ine>idienne peut ^tre assiraiiee a une ellipse dont Faplatis-
.
sement serait
(l) Cette formule et les suivantes ont 6t6 16g6remeiit modifiees par H. Poincar^. Voir ci-aprds?
p. 28, et aux Notes, Figures annulaires. (J. L.)
l6 SUR L'tQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Le moment dc la quantile de rnouvemenl est approximativeinenl
M ddisignant la masse du fluide.
La incline mtUhode pourrail s'appHcjuer a uno aulre solution clu inline
probleniC; (Snoiicee (5galeinent sans demonstration par MM, Tail el Thomson ei
ou la masse fluide se riparlit en phisieurs anneaux conconlriqnt's.
Je n'ai pu encore approfondir la quoslfon do la slabiliu'^ do ces masses
annulaires. J'ai fait seulement, en passant, une n»mar<jue cjuo j« crois nouvelh*.
Si la Vitesse angulaire M est supcrieure a y in: (avec Ics tinilcs adoptees), i!
n^j a plus pour la masse iluide aueune figure dYMjutlibre slable possible.
SUR
L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMEE DrUN MOUVEMENT DE ROTATION (
Bulletin aslronomique, I. 2, p. 109-118 (mars 1885).
( hi s'cst preoceupc depuis loagtemps de determiner les figures d'^quilibre
d'une masse fluide homogene donl loutes les molecules s'attirent d'npres la loi
newtonienne et qui esl animee d'un mouvement de rotation autour d'un axe.
On est m6me arrive assez prompteraent a deux solutions du probleme, les
ellipsoVdes de revolution et les ellipsoi'des de Jacobi; mais on ignorait jusqu'a
ces derniers temps s'il existait d'autrcs iGgures d'^quillbre possible. Dans la
derniere Edition de leur Trait& de Philosophic naturelle (ier vol., IP Part.,
p. 33s), MM. Tail et Thomson ont enonc6 sans demonstration un certain
nombre de r<5sultals fort int^ressants. Us annoncent, par exemple; trois classes
nouvelles de figures d'6quilibre? a savoir :
iu Un systeme de deux ou plusieurs masses sph^roidales, anime d'un mou-
vement de rotation commun autour d'un certain axe dans Pespace.
a° Une surface annulaire de revolution, analogue a un tore.
(*) Je viens de recevoir communication djua M6moire de Mme de Kowalewski dont je n'avais
pas connaissance an moment ou j'ai r6dig6 le present travail. Ge Memoire, intitule Zusatze und
Bemerkungen zu Laplace's Untersuchung fiber die Gestalt der Saturnsringe, a et6 6crit en
187/1 et envoy^ a cette epoque ^ l'Universit6 de Gottingen; mais il -vient seulement d'etre
imprim6 dans le n° 2643 des Astronomisrhe Nachrichten. Bien que le probleme trait6 par la
savante math6maticienne ne soit pas tout a fait le m^me que celui dont je me suis occup6, son
analyse se rapproche beaucoup de la mienne et je n'ai ajoute que pen de chose nux resultats
qu'on pourrait facilernent d<^duirc de son Mdmoire.
H. P. — VII. 3
18 SUR L'EQUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
,'V* Un sysicuie do plusieurs anneaux ooncenlriques, animus d'mie meim>
vitessn de rotation aulour do lour axe commun.
Jo n'ai ricn a ajoutcr sur la premiere solution, qui esl cello a laqnellc on e.sl
conduit on envisageanl le sjsteme d'une planele et <Tim satellite donl Poxeen-
tricit/i serait nullo el dont les deux vilesses de rotation soraienl rfgales outre
elies et ft celle de revolution; ou hien encore le svslftino de plusieurs masses .s<»
mouvanl en restant en ligiie droile, conform&nonl a« princip«» do (Ihapilre V I
du livre X de la Mvcanique celeste de Laplace.
Mais je (^rois ulilo de revenir sur la deuxieme solution, en donnani nno
demonstration du rosullal de MM. Tint ol Thomson el en chorchaiU a dolor-
minor approximalivomcnt les principaux 61<iments do la figure annulairc
d*(5quilibre.
Dans des questions de celle aaluro, on ne peal com]>lor sur les mcthodes
<rapproximalion successive pour dimontrer riffuurow«c»ment la possibility
(fune solution. II faut au conlraire faire usage de (Considerations do continuing
ainsi que je Tai fail dans ma Note sur ceriaines inl^grales pnrlienltftres du
problfimedes trois corps (J). I^existenccde la solution une fois rigouronsoment
tUablio, on se sort ensuile des mdihodes hahiluelles pour la cnlculer npproxi-
mativement.
Je choisirai les trois unites fondamonlalos d« longueur, du temps el de
massse de lelle fa^on quo la densild do la masse fluide que je ccmsidiro soil
6gale a i ct que Tunite do force soil 1'altraclion newlonioxme de deux «nit(Ss
dc masses A I'unitide dislance. J'envJsagerai une figure amiulairode revolution
tr6s peu dill<Srente d'uii tore. J'appellerai il la d£slanc<? du centre de gravid de
la section m6ridiennc ft 1'axo de revolution. Je supposerai de plus quo k
perpendiculaire abaissde sur 1'axe de revolution de ce centre de gravild soil un
axe de symitric de cette section mdridienue*
II resie A icrire 1'dquation de la section m<kidienne* Pour cela je prendrai
pour p6le le centre de graviu* et pour axe polaire l*axe cle synuUric de cette
section, ct j'aurai pour cello Equation, en appelant p el 9 les coordonnties
polaires, (a)
p sss r H- fJa cos 2 9 -4- (ia cos 3 tp H- . . . -f- (i» cos n tp -4 ...
(lj OEuvres de M. Poincar^ ce Tome, p. :*53.
(3) Voir aux Notes, Figures annulaircs*
SUR L^QUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 19
Je supposerai que les rapports ,-? — sont Ires petils, ainsi que la vitesse
angulaire de rotation co.
J'envisagerai le potentiel V et l^nergie potentielle W :
,r ("dm ^T Cdrndni'
y — I _. , W = / 3
J & Jo,
dm eldm! designant deux elements de masse de noire iluide, A etantla distance
de F6l6ment dm au point P dont les coordonn^es sont x^ y et z^ et d etant la
distance des deux elements dm et dmr. Le potentiel V est une fonction de #, y
et 3, tandis que W est une constante qui ne depend que de la forme de la
surface.
Pour que la surface soil une figure d'6quilibre, il suffit que i'expression
ou I est le moment d'inerlie de la surface par rapport a son axe de revolution,
voie s'annuler toutes ses derivees premieres par rapport a R et aux (3.
Etudions done les variations de cette expression quand on fait varier w, r, R,
et les (Sfl, et montrons que ces d6riv6es devront s'annuler pour des valeurs de
ces quantites variables satisfaisant aux conditions de grandeur relative que
nous nous sommes imposees.
Soient dS et dSf deux elements de 1'aire de la section meridienne, y ety' les
distances de ces elements a 1'axe de revolution. Ges elements engendreront par
leur revolution deux anneaux infinitesimaux dont les masses seront
et arc
Soient a et b la plus petite et la plus grande distance de ces deux anneaux
infinitesimaux, M(a, 6) la moyenne arithmetico-geom£trique de Gauss de ces
deux distances. L'energie potentielle provenant de Fattraction mutuelle de ces
deux anneaux s'ecrira
jJLjj/ __ fJLfJL' J
M(a, 6) "" ~ ^s— a^'
ou
dz _ a>
,~r. ..;,•,-.„,-.-.• i 'T'..- . J X •— -r- •— •
La th^orie des fonctions elliptiques nous enseigne que, lorsque x est tres
petit, J peut se mettre sous la forme
20 SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
9 et, '|f <Hap.t des series ordonnees suivant les puissances do ,r <»t dont il est ais<«
de calculer les coefficients. Le tonne de de^re le moins Alcvr dans c«tte expres-
sion est —log --, • Nous auroixs
W
-.// rv/pZT^ .V '*'
Si Fon reduissait \/yy* u sa valour approclu'e H» of J a sa valcur approclu»e
g T * ou encore 2 log — -1 ? on trouvarail
\V-
Mous pourrons done poser
w ^ IK
le rapport ^ tUaul dc memo ordre dc grandeur <{ue j •
On irouvc, d'autre part, sans irop dc difficull^s,
fi>i KK ..,.,, RVUtA 8U i\ s2r«Hvr.,/r \ w,r
K log ~ rfS ,/S' * -—- (lofr— H- , J H- -.-^p- Ife ( fi - i j -H W ,
Wv contenant en factcurs des puissances supirieuros des (3.
Pour le moment d'inertie I on trouve
n-H; H r
l; s'annulant avec les (3.
Nous poserons, pour nbr^ger
VV
Pour qu'il y ail ^quilibre, il suflit que, pour toute deformation virtucllc
infinmient petite de notre surface, la variation 5U soit nullc. Or loute defor-
mation virtuelle pout $tre consid<Sr(Se commo la somme dedeax autres quo non.s
pourrons ^tudier sdpar^raent.
Dans la premiere deformation, Jti reste constant. La variation <JU depend
alors des variations des quantiteb |3. Si, d'autre part, nous appelons M la masse
to tale de notre fluide, aous aurons
SUR L'gQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
II suit de la que, si R est constant, il devra en £tre de m£me de
On pent done ecrire
«2rjH1 XR ^no^rgR/i i BR\ o>2 Y
„»__£_ log— H. spj _J- (-_,_ tog — ).H-TI,H- IT.
Dans cette formula on a pose
et le rapport -=j est infiniment petit.
Soil U0 la valeur de U quand on y annule tous les (3; soil Ui la valeur de U
quand on donne aux (3 des valeurs telles que
K etant une quantity tres petite, mais d'ordre moindre que •=,-• On trouve alors
Ui— U0= AKH-U'i — U'0,
A etant un coefficient n6gatif dependant de R et de r0. On en d^duit, en tenant
compte des hypotheses faites sur les grandeurs relatives des quantit^s K et U7 :
D'oii cette consequence, que, si Pon fait varier les (3 d'une maniere continue,
la quantity S(3^ ne pourra devenir plus grande que K/*Q, sans que U passe par
une valeur inf&ieure a U0; ce qui prouve que la fonction U doit admettre un
maximum pour des valeurs des (3 iuferieures a r0 \/K et par consequent tres
petites. Ce maximum qne j'appelle u est fonction de R, r0 et co. -
II reste a 6tudier la deuxieme espece de deformation de la surface annulaire,
pour laquelle R et par consequent r0 varieraient pendant que la section m£ri-
dienne resterait semblable a elle-m^me. II faut montrer qu'on peut trouver des
valeurs de R et des (3, telles que la variation 3U soit ^galement nulle pour les
deux especes de deformations, c'est-^-dire que Ton ait a la fois
Or il est aise de verifier 1'egalite
^ __ .M-i JL IQ~?/R
<s?R 8 Tft R2 /*
22 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDS EN ROTATION,
II repr^sentant un ensemble do lerinos ntigligeables devant les deux lerines
conserves et X une conslante facile a determiner.
Supposons quo, R restanl constant, on fasse varier w; //, sera alors une
fonction de w, mais pour des valeurs suffisammcnL grandos de M (lesquelles
satisfont pourtant aux conditions do grandeur relative que nous nous somines
imposes) ~ sera certainemenl positif, et pour des valeurs assez pelites de w,
-JK sera certainemeiit n^gatif. Done, a chaque valour cle R correspond une
valeur de o) telle que Ton ait a la fois
V = U, t— 5- o. C. Q, F, I),
fls\
L'existence de la forme annulaire d'^quilibre <Hant ainsi rigoureusi'inenl
^tablie, il nous resie a en determiner approximativement les ^I6ments. A cot
eflfet, nous abandonnerons la fonction W dont nous nous somines scrvis
jusqu'ici pour consid^rer le potential V.
Je consid^re d'abord le tore et j'titudie 1'cxpression du potential V en tin
point de sa surface; ce polentiel est £videmmenl une fonction de Fangle 9 qui
ddfinitla position du point de la surface sur la section m^ridienne. En partaat
de Fexpression que j'ai donate plus haul pour Piixl6grale J, jc suis arriv4 a
montrer que V pouvait se me tire sous la forme (d )
PO et vi 6tant des series ordonncSes suivantles puissances de -'• el de
Les coefficients de ces series s'expriment par des int^grales d^fmies et les
premiers termes sont
v ., 8R DK r:i « r'J T 8K
V = ?rr2 log — H- ~ -g cos? — - -g 0039 log— -4- . , ,
II faut ensuite introduire dans celte expression les termes correctifs qni
proviennent des coefficients que noius avons appolds (3, c7est-^-dire que nous
devons maintenant tenir compte de ce fait que noire figure annulaire n'est pas
exactement un tore. Comme on voit sans peine que les coefficients f3;1? (3,,, ...
sont tr£s petits par rapport a (32? nous ndgligerons ces coefficients ainsi que le
de (32.
Voir aux Notes, Figures annulaires.
SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION 23
Les termes correctifs que nous nous proposions de calculer se r^duisent
alors a
— iHL. cos 2 9.
2
L'expression du potential V <Hant ainsi corrig^e, nous pouvons 6crire les
conditions d'^quilibrc. La condition n^cessairc et suffisante est, en effet, que
1'expression
}-
V H ( R H- r cos cp -4- [3S cos 2 cp cos 9 -4- (3;j cos 3 cp cos cp -h . . . )
2
soit ind^pendante de Tangle 9. Dans Texpression pr6c6dente nous nd'gligerons
tous les termes qui contiennent en facteur ^- ou {33, (3^, . . . , ou (3-, ou o)2j32.
Elle ne contiendra plus alors que des termes en cos 9 ou cosacp. Egalons a zero
les coefficients de cos^ et cos2<p. Nous obtiendrons les deux Equations
suivantes :
TU rj , 8R Q^ rj
r'- Src r'- . 8R
a P 76 Ri
6tant exprim^ par une integrate d^finte.
On tire de la les valeurs approximalives de co2 et de (32
0 5 rs
A ^tant une constante num<irique exprim^e par une integrale d6finie.
Onvoit ainsi que la section m&ridienne pent etre assimil6e a une ellipse dont
Paplaiissement est approximativement - — * Quant au moment de la quantity de
mouvement, il a pour valeur asymptotique
ce qui montre que ce moment croit ind^finiment quand R croit lui-meme,
tandis que la vitesse angulaire tend au contraire vers z6ro.
Les m£mes m^thodes sont applicables a la troisieme solution de MM. Tait et
Thomson, qui est celle ou la figure d'^quilibre esl forrn^e de plusieurs anneaux
concentriques. L'existence de la solution se d6monlrerait comme plus haut.
Nous allons chercher & en determiner les 61<5ments.
Nous prendrons seulement deux anneaux que nous assimilerons a des tores
de rayons rf ollV, r et R, en negligeant leb aplatissemcnis des sections
diennes. Cos deux Lores devronl avoir un plan dc symcStrio coininuii, perpendi-
culaire a 1'axe. Nous appellerons 9 Tangle quo fait avcc co plan de syim'trie le
rayon qui joint un point M de la surface du tore au centre <lc la section
miridienne correspondanle; nous appellerons de m£me </ Fangle analogue
pour le second tore. Nous supposerons H >• IV. Nous appellerons V« 1<^
potentiel en un point de la surface du premier tore et V'0 la valour du potential
en un point de la surface du second tore. Nous irouverons, on nous bornant
aux premiers termes :
/,i «R' « '*''' .
V; » «^ log ^ - ^ -ff, (.,089'
H H'
Solent oo et co; les vitesses de rotation des deux tores ; il iaudra pour I'^quilihre
que les deux expressions
V0-h^(aH-rcos«), V'OH- '^(H'^r'cosa')
JL v>
soient ind^pendantes de <p et cp;, ce qui nous donne les deux equations
. Y> trcr3 . XH xr'-r
u>-Rr-_loff— -- -=
„„, , Jt;-'s . XIV
'
____r.___,
Si Ton veut que 0)= o>;, il faut done que Ton ait
r' AH' UV
., 0
M » ^ ~~ _ _ - —
M 6tantla masse totale du iluide. Cette Equation montre que H —IV doit 6tre
tres petit par rapport ^ R, ou bien que Ton doit avoir approximativement
SienefleiR— R'n'est pastres petit par rapport a K, le produil7rarr'(U— IV)
est de m6me ordre de grandeur que r3R, /^R', oii M, et par consequent le
dernier facteur du second membre, doit £tre finL
Je reserve pour un article ultcSrieur la discussion de la stabilil^ de ces figures
d'6quilibre. Je me bornerai, pour terminer, 4 faire la remarque suivante qui,
malgr6 sa simplicity, nja pas 6t6 faite encore & ma connaissance.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. a5
Si la vitesse angulaire 03 depasse une certaine limite, il n'y a aucune figure
d^quilibre stable possible (*).
En effet, pour que P^quilibre soil stable, une condition necessaire, mais non
suffisante, c'est que la resultante de 1'altraction et de la force centrifuge, qui
doit dtre normale a la surface d'^quilibre, soil dirig^e vers Fint^rieur de la
masse.
Soient V le potentiel du & Fattraction, w la vitesse angulaire, r la distance a
Taxe, et posons
TT ,, 0)'2/'~
U = V H
2
r j i r dU dU dV , * . , . ,
Les composantes de la force seroiit -y-, -^t -=- et la force estimee suivant la
normale -=—• On aura djailleurs
an
Le th6oreme de Green donnera done
rdU _, ,_, „ , x
J^o = M(2to--^),
l'int£grale 6tant dtendue a tous les elements de la surface d^quilibre. Si
done co>y/27r, Fint^grale sera positive; il sera clone impossible que -^- soit
toujours negatif, ce quiestn^cessaire pour que la r^sultante de toutes les forces
soit toujours dirigee vers Fint^rieur de la masse. L'6quilibre stable est done
impossible. c. Q. F. D.
(l) Voir aux Notes, Masses fluides en rotation (resultats divers].
H. p. — VII.
sim
L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDK
ANIMfiE D'UN MOUVEMENT I)E ROTATION
tfji ffxlrojtnmffjtie, l. !?, p. /jo5-/jiB (fteptombni i«SH5j.
Dans le travail que j'ai rcicemmcnt public sur le inline sujel (l), je rx'ai
pas donn6 les details des calculs, Bien cjuc mou analyse diflfere pen de celle
qu'a employee Mmo de Kowalewski dans sos recherches sur Panneau <le
Saturne, il ne sera peut-dtre pas inutile de revenir sur ces details, no fut-ce
que pour faire voir quelles sont les simplifications qni peuvent ^tre dues aux
hypotheses que Pon a droil de faire sur I'extrdinc petitesse de cerlaines
quantit^s.
II s'agit d'abord de calculer le poteniiol du tore- Soicnt O le centre du tore,
C le centre d'un cercle mcridien, M un point cjuelconque du plan de ce cercle,
B. la distance OG, co Tangle du plan OGM avec un plan mdridien fixe, .r ct r
les coordonn^es rectangulaires du point M rapport6 4 deux axes passant par le
point C, le second parallele a Paxe du tore. Les coordonn^es de Mrapport^esa
Nous poserons de plus
;/? = p cos 9, y = p sin 9
et nous appellerons r le rayon du cercle mgridien, du tore, de telle sorte que
liquation du tore, dans ce systenae particulier de coordonn^esj se r^duira
a p = i\
(l) Bulletin astronomtque, t. 2, p. 109 (CEuvres de H. Poiticar^ ce Tome, p. 17).
SUR L'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 27
Pour evaluer le potential du tore par rapport au point M, nous d6compo-
serous la surface du cercle meridian en une infinit^ d'616naents infiniment
petits dur. Chacun de ces Elements engendrera, par sa revolution autour de
Paxe, un anneau £l£mentaire. Soient xf et yf les coordonn^es de Foment cfco'
rapport^ aux deux axes rectangulaires d£fmis plus haut, dp la masse de
1'anneau 6l6mentaire correspondant, dV le potentiel de cet anneau, V le
potentiel du tore complet. Soienl enfin
a = v/O' — ocf Y -h (y — y' )-, b — \f( 2 R -h x -+• x' )2 -h (y — yf )'2
la plus petite et la plus grande distance du point M a Fanneau
et M(#, b] la mojenne arithm^tico-g^om^trique de ces deux distances. On
trouvera, en conservant les m£mes unites que dans le M^moire citd,
La th^orie des foactions elliptiques nous apprend que Ton a
S0 et Si 6tant des series ordonn^es suivant les puissances de ^* La
th<5orie nous donnerait egalement les coefficients de ces series; mais je vais
indiquer un autre moyen de les calculer.
Soil
Aifl-, a BO
--- 1- — ...
Remplagons dans cette identity a par ^ab et b par ^ — ? il viendra
i Ao , CL A.\a, a B'0
Mais on a
a -+- b
2
Les deux series doivent done 6tre identiques; ce qui conduit aux identit6s
Bo = A0log4 -j-2B0,
o = — A0H- 4^!,
o = — 2A0— A0log4 -+-4Ailog4 — 2B0-l- 8Bi.
28 SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION,
On a done
\
en n^gligeant les termes de 1'ordre de ^ log g-
11 reste £ determiner A0. Pour cela nous appHquerons un cas particulier du
iheoreme de Green, c'est-iWUre le thtforeme du flux de force. Consid6rons un
cercie de rayon tres petit d^cril autour de l'gl£mcnl rfw'. Ce cercle engendrera
par sa revolution un tore enveloppant Fanneau ^Umenlaire eonsidere. En un
point de ee tore, a sera tres petit et peu different du rayon du cercle m^ridicu.
b diflf^rera pen de 2 (R -+-,?/). La surface du tore sera done 4rca#(R-HaO;
I'attraclion exercc5e par 1'anneau dp. sur un point du tore diiF<5rera peu de
ah 2a(H H- ./;')
ce qui fait pour le flux, do force — arc3 A0 rftu. Or ce ilux doit (Ure 6gaL d'apres
le theoreme de Green, a 4^r dp. On a done
Nous poserons, pour abr^ger
et nous trouverons ais^ment les d6veloppernents suivants
1 - JL _L JL .....^
/J "" 2 R """ 4 R2 " ""
3-
—
En tenant compte de ces d4veloppements? on trouve avec le m€me degri
d'approximation que plus haut
i
"" g
SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLWDE EN ROTATION. 29
On trouve ensuite
On en d^duit, tou jours avec le m£me degr£ d'approximation,
a a- . a
-a + -4 Io^.
j'ai ocrit cetie derniere formule, pour abr^ger, en prenant 2R pour unit6 de
longueur, quilte a retablir plus tard rhomog6n^it4.
Pour obtenir la valeur de V lui-m£me, il reste a calculer un certain nombre
d7int6grales doubles de la forme suivante :
j 9(j';/» y)Hr^^w'
6tendue H tous les ^l^ments dd de la beelion m6ridienne du tore. Une pareille
int^grale n'est autre chose que le potenlicl logarithmique du cercle m^ridien
par rapport au point M supposed attir6 en raison inverse de la distance, et de
telle sorte que la densit^ de la matiere attirante soifc egale a <p(#'3 yf). Si cette
densit6 est uniforme en tous les points ^galement dislanls de C, le polentiel
est le m£me que si toute la masse 6tait concentr6e au centre C du cercle
m£ridien. On a done
^co'=log| Cf(xr*
Si/estnulsurlacirconf6renceducerclem6ridien5CJest-a-direpouro;/24-y-===r-,
Tintegration par parties donne
On trouve de meme
pourvu que / soit nul ainsi que ses m,-\-n — i premieres deiriv^es
pour
3o SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Ces formules donuenl
r* a i i 01 P
J loga</o> .-;: r-log^
/* > r» (t< j i ~ /%( f
r, „ ,, .,., /< 7 , «r* p
/ ( # a ^ j- a — rO log //o> - — -^ log- ?
,/ u '
J * a i>. e #
J'appliquerai maintenant la formule (i) en diiKrflutianl la troisiAme des
integrates pr^c^denles par rapport & #', ou par rapport a trr, et la quatrieme
deux fois par rapport a yf\ j'obtien.drai ainsi
/ (t ,__ ~/'1 <M)SO 4 /*>y . (f<t r^ ££'« SU^Q
X lOg-- ((M — —^ - > ^ I t'l *(^,,. ^ o *" "™;"""*"'"':J°* *
a ^ , / 3C [
2 / (JB'»H- r's— ^'2) Iogr' (^t«/-h .{ / ,//'•! logr/ //(./« — ~;i- Lillil ;
J X J * ^ p-
d'ou je lire
/r. # /
C*
-
4 ^a i:>, p-
r'1'. ? 7r/itt cos-o
log^ — _-,-.
Si nous supposons quo le point M est sur la surface du lore do tolle l
que p = r, ces formules se siniplifieronl im pen, do sorle qu'ou aura
/"* , a lt ., . r x r3 eoscp
/ $log — ^/w = r/'" cos 9 log- — - ; - • i
J & a 4
/>.., i ^ 7 ^ • . i
S»]og-rfW'c3^]o
/«« , <*> r , .,
Ploff; dtf- -•'•
/a2 log - d&' = - rc rA log -
ot i>. oc
//v , a 7 , jcr* . r T?/^ / i 5
* 5 log- ,/W = T log- - -_^ + -
Toutes ces int^grales sent des fonclions Iin6aires de 0059 et cos*>,cp; si nous
les substituons dans ^'expression de V, nous trouveroiis
V «= V H- G cos 9 -H II cos 29.
F, G el H 6tant ind^pendanls de 9; on a, en r^lablissant r
r i^ _, -'' ,,
G « — logj^ H- ^ , 11 =
SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 3 1
tu elant une constanle facile a calculer d'apr&s ce qui precede, Quant a F, il
n'intervient pas dans la suite et nous n'ecrirons que son terme principal qui
est 27rr2log — -•
Supposons maintenant que la masse considcr^e, au lieu d'affecler la forme
du tore dont liquation etait p = r, prenne la forme d'une surface de
revolution S, pen differente de ce tore, ct ayant pour Equation
P == r H- p2 cos a 9 H- ps cos 3 9 4- . . . -h pf cos z 9 H- . . .
Nous pourrons alors regarder 1'attraction de cette masse comme la somme de
1'attraction du tore et de la difference entre la surface S et le tore. Nous
appellerons <5V le potentiel du a cette difference, V le potentiel du tore par
rapport a un point de sa propre surface, et V -j- AV le potentiel du tore par
rapport & un point de la surface S, de sorte que le potentiel total par rapport a
un point de la surface S sera
VH-AV +
_ rdv
8V = / ~~r-,
J d<*>
1'integrale du second rnembre etant etendue a tous les elements dd de la
section meridienne de la surface S. Mais, les (3 6tant tres petits, nous
pourrons, dans le calcul de AV et de SV, ne tenir comple que du terme
principal de -7—, qui est — 2 logFp" Nous trouverons ainsi
—,
p T> Q T>
AV = 2rcr2 log -- 2%7'2log —
en negligeant les carr^s de |3. On trouve encore avec le m£me degre
d'approximation
sv
r
= — 2r / log
«^o
r .9 — 9
• sin
2
si Ton observe que, pour les elements de la difference entre la surface S et
le tore, on peut ecrire
> — <D'
2 r sin —
r = /' dy' S fa cos i 9'.
On peut ecrire egalement
' = —27' / log
sm-
(S[i/cosz8 cos/ 9 ~\- Spf siniO sin i 9) d0.
32 SUR L^QUILIBRE D^UNE MASSE FLWDE EN ROTATION.
Gotte integrate peut s'dvaluer sans peino. ( )n a, on eilel,
ou, en egalanl les parties r^elles
On en d£duit
C'
/
- f) -ft ~
bin •- cos^. 0 = - — .
II reste done
V -:~ AV -;- 5V = 1^ •+- G cos 9 -h H <»os u 9 n- 2 T: r *1 ji/ cos *'?(•;
D'autre part, le potcntiol du a la force centrifuge a pour valour, en appclant n
la vitesse de rotation el en n^gligeant n~ J3
-*- (H -4- ./,')- = — ( H- H- ' " ) -H /?,- H r c(^ 9 ; 7' r2 <»os 2 s.
a v ' i>, V a / /i
Pour que F6quilibre ail lieu, II fout que 1'expression
soil ind^pendante de <p. cc qui monlre d'abord que? nv(}« le degr^ d 'appro-
ximation adopte, tons les (3 sont n^gligeablcs, sauf |32, cjcsl-a-dire quo la
section m^ridienne peut etrc regard(5e coxnme nne ellipse* dont 1'aplatisseineni
En egalant ^ o les coefficients de cos<p et cos 2 9, on obtiont les deux Equations
L Ton tire
et approximativement
_ „-,„„?,
Ges r6sultats ne sont pas tout a fait les m^mesS que ceux de mon premier
travail, par suite d'une faute de calcul que j'y avais commise.
SUR L'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 33
Oecupons-nous maintenant du cas ou la ma-sse fluide est r^partie en deux
volumes armulaires separ^s, peu diflferents de deux tores. J'appellerai R el r
les deux rayons du plus grand de ces deux tores, R/ et r1 les deux rayons du
plus petit. Le potentiel, en un point de la surface du premier tore, sera £gal au
potentiel du a son attraction propre, c'est-a-dire a F -j- Gcoscp ( en n^gligeant
H et les termes du m£me ordre, c'est-&-dire de meme ordre que g^log - j » plus
le potentiel du a ^attraction du second Lore, que je puis r^duire a son terme
principal, si ^_ Ry est assez petit. Si Fon observe que la distance d'un point
du premier tore au second est a fort peu pres R — R7-}- rcoscp, on verraquece
terme principal peut s'^crire
„. 8R' „ . 8R' 27cr'2rcos9
2^^1ogH^R/^rcos?^2^Mogl— - -,-, R_R/ .
II faut pour Pequilibre que ce potentiel augment^ de — (R + ^?)2 soit
pendant de 9; on doit done avoir
2 TU r/2 r
Si Ton appelle Gf et n! les quantit^s qui sont au second tore ce que G et n sont
au premier, on trouvera de rneme
On a d'ailleurs
r „, 2 rc r's ,
v dtanl une constante facile a calculer. Si done on veut que les deux vitesses de
rotation n et nf soient les memes, il faut que Ton ait
r2 r r'2 rf __ i / r[* r^\
R5JO&7R"" R7* S?F" R — R'VR "^ R' /
En appelant
la masse totale du fluide, nous pouvons 6crire
ce qui est la formule que j'avais donn^e ^ la fin du travail cit6.
H. p — vii.
SUR
L'EOUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMEE D'UN MOUVEMENT DE ROTATION
Coinptes rendus de CAcaddtnie des Sciuwvs, t. 100, p. io<>iS-m7o (no avril i ««,"»).
Une masse fluide homogene dont totites les molecules s'aiiirent d'apr&s la loi
de Newton, et qui est anim<§e d'tm mouvement de rotation uniforme autour
d'un axe, est susceptible d'une infinil6 de figures d'^quilibre. Les seules qui
aient (k£ signaldes jusqu'ici sont rellipsoidc de revolution, I'ellipsoi'do de
Jacobi et les. figures annulaires de MM. Tait et Thomson, que j'ai 6lu<)i6c$ en
detail dans une Note r^cente, ins6r6e au Bulletin astronomique (d). Mais le
probleme adrnet une infinite^ d'autres solutions.
Je considdrerai des series Hn6aires de figures dj<kjuilibre, c'est-&-dirc des
series telles, qu7^ chaque valeur de la vitesse de rotation corresponde une
figure, et une seule, on un nombre fini de figures, et que cos figures d^quilibre
varient d'une fa<?on continue quand on fait varier cette vitesse. Ainsi les
ellipsoides de revolution forment une s6rie Iin6aire, les ellipsoides de Jacobi en
forment une autre. II peut arriver qu'unc m6me figure appartienne & la fois ^
deux series lin^aires. Ainsi il y a un ellipso'ide de revolution qui est eix mdme
temps un ellipsoi'de de Jacobi,
Je me suis alors propos<§ de rechercher s'il existe.des series llnc^aires de
figures d^quilibre parmi lesquelles il y en ait une qui se r^duise «i un ellipso'xde.
(:) QEuvres de JJ, Poincard, ce Tome, p. 17-
SUR L'tfQUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 35
On arrive ais^menl au resultat suivant : Soient p, \/p'2 — 62, \/p2 — c2 les trois
axes de Vellipsoide, et soil R une fonction de Lame quelconque. On devra
avoir
Reciproquement, on arrive a demontrer que, si, pour une des foncttons
de Lame, les axes d'un ellipsoide de revolution ou d'un ellipsoide de Jacobi
satisfont a liquation (i), cet ellipsoide appartiendra non seulement & la serie
des ellipsoides d'equilibre, mais encore a une autre serie lineaire de figures
d'equilibre non ellipsoidales.
J'ai discute les equations (i) dans le cas des ellipsoides dc re volution aplatis.
Posons
£ = 0, C = I, p = \//C-H-lj
(l"=0, I, 2, ..., 71).
Nous n'aurons a consid^rer que les valeurs de n au moins £gales a 2. Nous
trouverons que liquation ( i ) n'a pas de racine quand i -f~ n est impair et en a
une, et une seule, quand i+n est pair. Ainsi a tout systeme de nombres
entiers i et 71, tels que
n > 2, i^tt, ^o [z'ss n (mod 2)]
correspond une s^rie lin^aire de figures d'equilibre. II faut faire exception
pour le cas de ** = o, n = 2; la racine de liquation (i) correspondante ne
donne pas de s6rie nouvelle de figures d'6quilibre. Elle correspond a Tellip-
soide de revolution dont la vitesse de rotation est maximum. Dans le cas
de i = n = 2, on retrouve les ellipsoides de Jacobi.
Si j*=:o7 les figures d^quilibre correspondanles seront de revolution.
Elles ne le seront pas dans le cas contraire.
Le m£me proc6d£ peut servir pour determiner les conditions de stability
de Fellipsoide de revolution. MM. Tait et Thomson ont annonce que les
ellipsoides de revolution que Ton rencontre, en partant de la sphere et en
allant jusqu'a celui qui est en meme temps un ellipsoide de Jacobi, sont tous
stables, et que les autres sont seculairement instables.
Pour etablir ce resultat, il suffit de montror que, parmi toutes les
36 SUR L'^QUIUBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Equations (i), celle qui a la plus granule racine est cclle qui correspond au oas
de i = n = a, ou bien encore que tons les rapports
vont constamment en croissant quand A* croit de zdro a 1'infini. Or cela est
& verifier.
II est possible que les series liniaires de figures d'c^quilibre quo j'ai signalizes
plus haut coriliennent des figures stables; inais il est certain au moins que
celles de ces figures qui different peu de Pellipsoide, et qui sont les seules que
nous connaissions un peu, sont toutes se,culaireinent instables (a rexreplion,
bien entendu, des ellipsoi'des de Jacobi).
II y aurait int^r^t a ripeter, pour les ellipsoi'des dc Jacobi, la discussion que
je vieus de faire pour les ellipsoi'des de revolution, d'nutant plus que, panui
les figures d'6quilibre que Ton d^couvrirait ainsi, il y en a qui sont slablos*
C'est ce que je chereherai i\ faire dans tint1 Communication ulttfrieure, si
FAcad^mie veut bien le permeltre.
SUR
L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMEE D'UN MOU YEMENI DE ROTATION
Comptes rendus de VAcademie des Sciences, t. 101, p. 807-809 (27 juillct i885).
Dans une Communication faite a FAcad6mie le 20 avril i885 (*), j'ai
montr£ qu'une masse fluide homogene, soumise a Fattraction newtonienne et
anim6e d'un mouvement de rotation, £tait susceptible d'une infinite de
figures d^quilibre, outre celles qui sont ddja connues. J'en ai d^fini un certain
nombre qui, sans £tre ellipsoi'dales, different infinimentpeu d'un ellipsoide de
revolution, J'ai montr6 que ces figures nouvelles 6taient instables.
J?ai reconnu depuis qu'il existe ^galement des ellipsoi'des de Jacobi apparte-
nant en m£me temps a une s6rie lineaire de figures d'^qnilibre non
ellipsoidales.
Soient p; \/p2 — 62, \/p~ — c2 les trois axes de I'ellipsoide; soitR une fonction
de Lam6 quelconque de p; soit
la fonction S conjugu^e de R d'apres la notation de Liouville, Nous distin-
guerons les fonctions
ainsi que les fonctions RD? R/,, . .., Rrt) ... d^finies comme il suit : la
(*) Q&uvres de H* Poincare, ce Tome, p. 34-
38 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
fonction Rn sera une fonction de Lame d'ordro n ne eontenant en facteur
n{ y/p2_ C25 nj ^/pa_^2 eL nc stimulant quo pour des valours de pa comprises
entre z&ro eL 62. Pour toute valour /i, il y en a ton jours une el une seule;
S^ S2, S3, . . ., Sw seronl alors les fonclions conjuguees de I\l5 1\2, • * * ? ^w
Cela pos6, tout ellipsoi'de de Jacobi salisfera a la condition
K,Si _ Ha SB
_ _;
s'il satisfait en outre a la condition
il appartiendra a la ibis a deux series lintSaires de figures d'^quilibrc : n savoir,
la s6rie des ellipsoidcs de Jacobi, eL une serie de figures S« non ellipsoidales.
Quel qne soil n, il y aura lonjours un cllipso'ide de Jacobi salisfaisant a la
condition (i). Nous a^ons done d^montrd Fexislence d'une infinite de iigures
dV-quilibre nouvelles 2S, 3,^ . . ., S/t.
La figure 2rt a mdmes plans de syrmHrie que 1'ellipsoide si n osl pair; si n esl
impair, elle est sjm^trique par rapport aux plans des xy ei des .rs, mais non
par rapport au plan des ys.
Les figures 2:J sont stables, loutes les auires sont insiableH.
Les ellipsoi'des de revolution sont stablos, s'ils sont moms aplatis que colui
qui est en mfime temps un ellipsoi'de de Jacobi (c'cst ce que sir W. Tliomson
avait d^ji d<Smontr6 en supposant qu'on imposait a la masse lluide c.onnnc
liaison la condition de rester ellipsoulale; ceiie condition n'ost pas n^ccssnire).
Les ellipsoi'des de Jacobi sont stables s'ils sont moms allonges (suivaut le
grand axe) que celui qui appartient en mfime temps a la s^ris des figures 2a.
Pour r^sumer les r6sultats obtenus/faisons Phypothfise suivante :
Supposons une masse fluide homogfine, se conlractant par un refroidisse-
ment, et imaginons que ce refroidissement soil assess lent pour qu'ellc conserve
un mouvement de rotation uniform e dans toules ses parties et que ?homog£n(Ml(li
subsiste constamment.
II arrivera alors que cette masse, d'abord presque sph^rique, affeclera In
forme d'un ellipsoi'de de revolution dont Pcxccntricitd ira sans cesse en
croissant, jusqu'd. ce qu'elle atteigne la valeur 0,8 1 ; la masse deviendraensuile
un elUpsoide de Jacobi, puis une figure £9. Pour expliquer grossierement la
deformation 'qu'elle subit alors, imaginons que I'ellipso'ide soit coup<5 en deux
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION, 3g
moiti^s par un plan perpendiculaire au grand axe. En devenant une figure 23,
Pune des moiti^s de Tellipsoide s'aplatira et se rapprochera de la forme h6mi-
sph^rique, Tautre moiti6 s'allongera au contraire de plus en plus. II est difficile
de dire ce qui arrivera ensuite si le refroidissement continue, mais Fexamen
des figures 23 porte a croire que la masse ira en s'^tranglant dans sa petite
moyenne pour se partager ensuite en deux masses isolees et in^gales.
SUR
L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
ANIMEE D'UN MOUVEMENT HE ROTATION <•">
Actff Matfiematiaa, t. 7, p. 25;)-38o (if> neptcmbrc ?8S5)
TABLE DES MATIERES.
J. Introduction. 4 1
II. Kquilibre de bifurcation * l\\
III. ^change des stabilit,6s fx>
IV. Gas d'un nombre infini de variables /)f>
V. Premiere application : figures annulaircs ...,...» <>yi
VI. Exemplcs d^tjuilibres de bifurcation. , Gy
VII. Stabilite de r6(juilibre relalif 70
VIIL Fonctioris de Lam^ 76
IX. Determination des coefficients de stability 86
X. Discussion de liquation fondamentale t>3
XL Ellipso'ides de revolution 98
XII. Ellipsoi'des de Jacobi 107
XIII. Petits mouvements d'un ellipsoide 1 13
XIV. Stabiliid des ellipsoi'des 127
XV. Conclusions , 189
(l) Manuscrit remis le 16 juiDet i885.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 4l
I. — Introduction.
Quelles sont les figures d'equilibre relatif que pent affecter une masse fluide
homogene dont toutes les molecules s'attirent conformement a la loide Newton
el qui esL animee autour d'un certain axe d'un mouvement de rotation uni-
form e ?
Quelles sont les conditions de stabilile de cet equilibre?
Tels sont les deux problemes qui forment 1'objeL de ce Memoire.
On en connait depuis longtemps deux solution : Fellipsoide de revolution et
1'ellipsoide a trois axes inegaux de JacobL Je me propose d'etablir qu'il y en a
une infinite d'autres,
Mais je vais avant d'aller plus loin signaler un certain nombre de r^sultats
que Ton trouve dans le Treatise on Natural Philosophy de MM. Tait et
Thomsou, 2° Edition, §778- Sir William Thomson enonce la plupart de ccs
propositions sans aucune demonstration; pour quelques-unes d'entre elles, il
renvoie a des Memoires plus etendus ins6r^s au Philosophical Transactions.
Voici ces r^sultats, qui doivent nous servir de point de depart.
a. L'ellipsoVde de revolution aplati est une figure d'equilibre toujours stable,
si Ton impose a la masse fluide la condition d'affecter la forme d'un ellipsoide
de revolution.
b. Si nous imposons a notre masse la condition d'etre de revolution, mais
non plus celle d'etre ellipsoidale, on trouve, si le moment de la quantite de
mouvement est assez grand, deux figures d'equilibre : une figure annulaire qui
est stable et une figure ellipsoi'dale qui est instable. (Nous verrons dans la suite
de ce Memoire qu'il y en a une infinite d'autres parmi lesquelles il j en a de
stables grace a la condition imposee a la masse de rester de revolution.)
c. II existe egalement des figures d'^quilibre, probablement instables, ou la
masse se subdivise en plusieurs anneaux concenlriques.
d. La figure annulaire d'equilibre est stable si Ton impose a la masse la
condition de rester de revolution, et probablement instable si Ton supprime
cette liaison.
e. Si Ton impose a la masse la condition d'etre ellipsoidale, mais non d^tre
de revolution, rellipsoi'de de revolution est stable, si Fexcentricite estinferieure
a 0,8127 et instable dans le cas contraire. (Nous verrons dans la suite de ce
H. p. — vii. 6
42 SUR L^QUILIBRE D'tJNE MASSE FLUIDS EN ROTATION.
M6moire que les conditions de stability roslent les mcmes si Pon nt1. s'impose
aucune liaison.)
L'ellispoi'de de Jacobi est loujours stable, si Pon impose a la masse la
condition d'etre ellipsoid ale.
/ et g. L'ellipsoi'de de Jacobi, si Ton ne s'impose aucune condition ost
certainement instable dans corlains cas, biou qu'il soil probablement stable
dans d'aulres. (Nous dcSmontrerons dans la suite do ce Memoiro qu'H v a
effectivement des ellipsoides de Jacobi qui sont stables.)
Une autre forme d'£quilibre stable, si le moment de la quantity de mou-
vetnent est assez grand, sera celle ou la masse se subdivide on <leux corps
isoles, comparables a one plancto et un satellite d«nl los vi tosses de rotation
seraient 6gales entre elles et a cellos de revolution.
h. II existe 6galoment des configurations on le iluide se subdivide en plus de
deux masses d4tach(5es, mais elles sont Jnslables.
L II snbsiste une importante lacune entre le plus grand moment de la
quantit^ de mouvement qui correspond a un ellipsoi'de de Jacobi stable ot le
plus petit moment qui correspond a IVupilibre stable de deux masses Isoldes.
II y aurait int^ret u combler cetle lacune par cles figures mtcrm^diaires. (J?ai
fait £ la fin de ce M<5moire une tentative dans ce sens, mais je n'ai r^ussi pour
ainsi dire qu'a amorcer le probleme et & indiquer la voie a suivre.)
j. Si P<£nergie avec un moment donnt's est un minimum on un maximum,
l^quilibre est stable, pourvu que le liquido soil parfnitemenl drtpourvu de
viscosit6. II est probable qu'il est inst{)]>le si l'6nergie est tin « minimax » mais
cela n'a pas encore ^t^ d^montreS. (Nous verrons dans la suite de ce Mfanoire
un exemple oil l'(5quilibre esl stable & ia condition que lefluidc smlabsolument
d^pourvu de viscosit6 et bien que I'^nergie soit un « uiinimax»).
k* Si le liquide est visqueux, et si peu qu'il le soit, l^quilibre sera
certainement instable si P<5nergie est un maximum ou un minima*, et certaine-
ment stable si elle est Tin minimum.
Je donnerai dans la suite de ce travail la demonstration de quelqxies-unes
des propositions que sir William Thomson avait senlemenl ^nonc^es, et je les
compUterai m^me sur divers points, comme je Pai d6j^ iadiqu^ dans les
parentheses que j'ai int*erca!6es dans le pr6c6dent expos^.
Je d^montrerai aussi Pexistence de figures d'^quilibre tout ^ fait diffdrentes
de celles dont parlent MM. Tait et Thomson.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 43
J'ai d6ja donne dans le Bulletin Astronomique (d) une courte Note ou
j'cHudie plus en detail 1'anneau simple ou multiple dont il est question dans le
passage cit6 plus haut (6, c et d).
Dans cetle 6lude, je me suis rencontr£ avec Mme Kowalevski qui avail d£ja
employ^ les m£mes proc^d^s d'analyse dans un Memoire sur 1'anneau de
Saturne, qui avail <H6 communiqu^ en 1874 a l'Universil6 de Goltingen eL qui
nja 6l6 imprimd qu'en i885 dans les Astronomische Nachrichten*
II. — fiquilibre de bifurcation.
Consid6rons d'abord le cas ou il s'agit d'un ^quilibre absolu et d'un sysleme
donl la posilion esl d^finie par n quanlit6s x*, #2. . . . , xn* Supposons qu'il y
ait une fonclion des forces F(#i, ^r2? «• • - ? &n) &e fagon que T^quilibre ait lieu
quand loules les d6riv6es de cette fonction s'annulent et qu'il soit stable quand
cetle fonclion est maximum. Je supposerai qu'outreles quantil6s#l5 x<^ ..., Xn,
il enlre dans la fonction F un parametre variable y, de telle sorle que les
valeurs des x qui correspondent a 1'^quilibre dependent de ce parametre JK-
Supposons que y ail une valeur d6terrnin6e; les Equations d'6quilibre :
dF_ _ _^F __ _ dF __
^ ' * " ~
auront un certain nombre de racines; quand on fera varier y, (si F est une
fonclion holomorphe des x et des y, ce que nous supposerons d'abord), ces
racines varieront d'une maniere continue. Nous aurons ainsi un certain
nombre de series lin^aires de racines :
#1—911 00, #2=9i200> •••» ^=9i«(y);
Dans chacune de ces sdries lin^aires, ^1} x^ ...,xn sont des fonctions
continues du parametre y. Pour cerlaines valeurs de y, deux ou plusieurs
racines peuvent se confondre. Quelle est la condition pour qu'il en soit ainsi?
Soit A le determinant fonctionnel des n d6riv£es — > -^3 •'•'•jg- Par
rapporl aux n variables xi, x^ . . . , xn, ou> en d'autres termes, le hessien de
0) CEuvres de H. Poincare^ ce Tome, p. 17.
44 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
la fonction F par rapport a ces n variables. La condition nicessaire el suffisanto
pour que deux ou plusieurs racines se confondoul, eVst que A soil mil.
Supposons que pour une certaine valour a do^v, pour laquollo A s'annule,
p racines des equations (i) vionnenl a se eoiifondre, ou on d'autres tonnes,
qu'une meme racine appartienne a la fois a /; series lindaircs. Parmi les
p racines qui appartiennent a cos/? series lintaircs, il Y on aura luy qui seronl
imaginaires et p — %q qui soronl rdolles pour;)' < a; il y en aura d'aulre part
27' qui seronl. imaginaires et/> — 2/' qui seronl reelles pour j" >> a.
Si p = 2, q = /' = o, les racines des deux series lineaires sonl reelles, el Ton
a ainsi une racino qui apparlienl & la fois a deux series niellos.
Si p = 2, q = o? r = i , les racines sonl toules deux reelles pour j- <C cc? el
toutes deux imaginaires pourjr >• «• Quand j- en croissant alleinl ot dopassela
valeur a, deux racines reelles se confondenl, puis deviennent imaginairos.
Si p = 3? q = /" •»= i , il y a pour %r < a ol pour y >> a, une racine roelle el
deux iinaginaires, de sorte que la racine qui correspond i\y^a n'appartient
qu'A. une seule s6rie rdelle. Mais il est ais<5 de voir dans ce cas que A s''anntile
sans changer de signe.
II est inutile do citer d'autres cas parliculiers, j'arrivc tout de suite au
r6sultat g6n6ral que j'ai en vue. Soil
une s^rie lin^aire de racines; 91, 93, . . ., 9^ olant des fonclions continues ct
uniformes dej". Supposons de plus que pour les valours de ;r voisincs de a,
qu'elles soient inf^rieures ou sup6rieurcs u cette quauliu^ les fonclions 9^,
9s* • * • * ?«' resient reelles. Si Ton substiluo dans A(,ri, ^a, . . .,.r/ij t>'), o-j,
92, . . . , 9/1 a la place de a?<2 x^ . . ., &n,, celte fonction A no d^pendra plus
que de y. Je suppose que pour jr=a, la fonction A(/) change do signe,
Je dis alors que la racine 91 (a), 9a(#), . • .^ 9«(«) nppnrliondra non sotilentcnt
c\ la s6ric (2) mais & une aulre s6rie Iin6aire de racines rcielles.
Avant de d6montrer ce rdsultat gcSniral, donnons quelques exemples* Soil
F = A#f H~ -xxl
II vienl pour les Equations d'iquilibre :
&l 5=5 0,
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 45
Pour les valours de y comprises entre z£ro et — - a les valeurs de #2 sont
imaginaires; elles sont reelles pour les autres valeurs de y. Pour y~o, et
pour y = — a, les racines passent du r£el a Fimaginaire ou r^ciproquement;
cjest aussi pour ces m£mes valeurs que A s'annule.
Faisons en particulier : a = o; il j aura deux series lin^aires de positions
d^quilibre :
(2) #1=0, #2 = 7
et
(3) #i=o3 #2 = — r-
Consid^rons la premiere de ces series; pour chacune des positions qui lui
appartiennent on aura
A
Quand y variera depuis — oo jusqu'a -(-co, les valeurs de x{ et de #2 resteront
reelles, mais quand y passera par z6ro, A changera de signe. Done en verlu du
principe que je viens d'^noncer, la position d'^quilibre qui correspond ^L la
valeurjK — o, c'est-a-dire
X\_ = O, #2= O,
appartiendra non seulemenL a la s^rie (2), mais encore a une autre s^rie
Iin6aire de positions d'^quilibre. II est aise en effet de constater qu'elle
appartient ^galement a la s£rie (3).
Soit maintenant
F =
Les Equations d'^quilibre deviennent
II n'y a qu'une s^rie de positions d'equilibre reelles, ci savoir :
#1 = 0, ^2 = y7
et Ton voit que ces positions restent reelles quand y varie de — oo & -+-co.
A.ucune de ces positions ne peut done appartenir & plusieurs series de positions
d;6quilibre r6elle$ comme cela avait lieu tout & Pheure. Cependant
syannule pour y = o, mais sans changer de signe.
Pour dchnontrer ce principe que je viens d^noncer et d'illustrer par quel-
ques exemples, je supposerai que n = i: de telle facon que je n'aie plus que
46 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
deux variables : x qui defmit la position da systemc et le paramtHre y. ( )n aura
_ /AF
et liquation d'^quilibre sera
Liquation F'f^j) = o pourra £trc considiirec eomme represenlant une
courbe plane C. Soil a? = <p(y) une function uniforms, reelle, lime ot continue
satisfasse & liquation
Liquation # = op(y) reprdsentera alors une des branches li do la courbe C.
Soit M(# = a, y = (3) tin des points de cello branche de courbe. Supposons
que lorsqu'on suit cetle branche de courbe, on vote A changer de signe au
moment ou Fon franchit le point M. Je dis qu'il passera par le point, M une
autre branche de la courbe C.
Soient en eflfet P le point de la branche B qui a pour ordonutf e y = ^ — e <»i Q
le point qui a pour ordonnee y = p-+-e(e (Hunt ires petit), Cos deux points
sont niels, puisque par hypothese cp(jr) csi une fonclion r<Sello de y. Jo suppo.se
par exemple qu'au point P, -j-^ = A soit posilif, et n^galif au point Q,
Par les points P et Q, je mene des paralleles a Faze des # el jtj prends sur
ces paralleles deux points l>f et Q; a gauche de P et de Q. Au point P, -^ est
nul et-^-v positif; done si le point P' est assex voisin de P, la d<!riv6e premiere
CtHC"
//P
-T- y sera negative. On verra de la meme fac;,on que si le point Q' est assc/*
voisin de Q, -r- y sera positive. Allons du point P/ au point Q' eu suivant une
courbe qui s'^loigne tres peu de la branche 13, uiais qui ne coupe pas cette
branche; cela est toujours possible. Nous verrons ~ chaixgor de signe; il faut
done qu'^i ua certain moment -r- s'annuie et par consequent que nous traver-
sions une branche de la courbe G. II y a done une seconde branche de cette
courbe qui vient passer par le point M.
En d'aulres termes, ce point M est au moins un point double dela courbe C;
je puis m&me affirmer que c'est un point multiple d'ordre pair.
II est a remarquer que dans la demonstration pr6c6dente, nous a'avons pas
^t^ obliges de supposer que la fonction F est holomorphe, mais seulement
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 47
qu'elle est finie et continue ainsi que ses d6riv6es des deux premiers ordres.
11 y a ua cas particulier sur lequel il est necessaire d'attirer 1'aitention. Soit
Nous avons une premiere s6rie de positions d^quilibre r6elles qui nous sont
donn6es par liquation # = o. Comme A s'annule avecy, il doit passer par le
point x=y = o une seconde branche de la courbe G et en se reporlant a la
<^P
valeur de -T-? on voit que cette seconde branche n'est auLre chose que la droite
y — o. Gette droite ne repr^sente pas une s6rie lin^aire de positions d'^quilibre
analogue a celles que nous avons rencontr^es jusqu'ici. C'est une s&rie de
positions d'equilibre indifferent; car si y s?annule, l^quilibre subsiste quel
que soit x.
Supposons maintenant que la fonction F ne contenant toujours qu'une seule
variable a?, d^pende non plus d'un. seul parametrej^, mais de deux param^tres
y± et JK2' Nous pourrons regarder x, y± et y2 comme les coordonn^es d'un
point dans Fespace; alors liquation
repr^sentera une surface S dont chacun des points correspondra a uue position
d'equilibre.
Liquation
d^
A= -r-r = O
dx^
repr^sentera une seconde surface S'. Supposons que Ton considere une nappe N
de la surface S repr6sent6e par une Equation
ou 9 est une fonction finie, continue et r£elle deyi et dejKa- Supposons que
cette nappe soit couple par la surface S' et de telle sorte que A change de signe
quand on traverse la surface S' en suivant la nappe N. Alors la courbe d'inter-
section de N et de S' est une courbe double (on multiple d'ordre sup&rieur,
mais pair) de la surface S, par laquelle vient passer une autre nappe N7 de cette
surface S.
11 suffit en effet pour etre ramen6 au cas d'un seul param<Hre, de supposer
une relation lin^aire
48 SUR L'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION*
ou en d'a utres termes, de coupor les surfaces S el S' pur un plan quelccmque
parallele u 1'axe des x.
On arriverait (Svidemment a un- nisullal analogue dans Ic cas ou I'on aurait
p paramelres y* , 73, . . . , yf>.
Supposons maintenant 71 = 2; de tclle far. on quo nous ajons deux variables
os\ et #2 dcifinissant la position du sysleme, ct un soul pnram<>tro y. Jo regar-
derai alors #1, x^ et v commc les coordonn<$es d'tm point dans I'ospace. Les
Equations d'^quilibre :
— = o — = o
f/JTi ~~ )? fte'l *"""
repr^senteront alors deux surfaces Si el Sa dent 1'intersection sera tmc courbe
gauche C. Soicni
(4) ^i = ?iO'), .^=9fl(.r)
deux fonctions finles, continuos el rcScllcs dcM' ot snppo.sous (jue cos Equations
(4) repr6sentent une brancho B de la cotirbo C. Soit M un point de cello
branchc B; snpposons <fuo si Ton suit la brancho B dans Ic scn.s dcs y
croissants, on voie A changer de signc au inoinenl ou Ton fraiiclut lo point M.
Soient P et Q deux points do B ajant pour orcl ounces y^^fj -- e; %r ~(3 +•£;
(lyordonn(§e du point M etant y^r-(3). Au point P, A sera par cxmnplc posi(if9
et ncSgatif au point Q.
S'il en est ainsi, je dis qu'il passcra par le point M une seconde braucho de
la courbe C.
En effet, par les divers points dc I'arc do courbo P(j( falsons passordos plans
parallelcs au plan des &iX% et dans chacun de ces plans d^crivons ime circon-
f(5rcnce dc rayoa r ayant son centre au point correspoiulant do I'arc PQ. (les
diverses circonf6rences engendrcront une cortamo surface i qui sera donble-
ment connexe et Iimit6e par lea deux circonferenccs \\ et K' qui ont pour
centres les points P et Q. De plus, d'apr&s ce mode de generation aucun point
de la branche B ne pent se trouver sur la surface i.
l^ur trouver le nombre des points d;intcrsection do coltc surface 51 avoc la
courbe C, il faut maintenant chcrchcr ce que M. KLrouocker appellc (Berliner
Monatsberichte, mars t86g) la caracteristique du systeme des surfaces 2, S
et Si. Le nombre des points d'intersection de ces trois surfaces (ou si Font
veut de la surface 2 et de la courbe G) qui satisfont & cerlaiaes conditions,
diminu6 du nombre des points d'intersection qui ne satisfont pas i\ ces m&mes
conditions, est cSgal d'apr^s le Mimoiro cil6 de M. Kronccker ^ uae ccrtaine
SUR L'^QUIUBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 49
inlegrale. GeLle integrate est prise le long des limites du domaine 2, c'est-
a~dire le long des deux circonf^rences K et K/.
L'espace pourra £tre regard^ comme partag£ en quatre regions a, 6, c, d
suivant le signe des deux fonctions -r— et ^— Dans la region a, par exemple,
Ct 00 i CtOC 2
les deux fonctions seront positives; dans la region 6, -^— sera positif et —
n&gatif, etc. A £tant positif au point P, on rencontrera en suivant la circon-
ference K les quaere regions dans Pordre circulaire abed, pourvu loute-
fois que /* soit suffisamment petit. Nous supposons qu'on ail parcouru K de
fagon a laisser a sa gauche le domaine 2. L'int^grale de M. Kronecker le long
de K cst alors ^gale & i . A 6tant n^gatif au point Q, on rencontrera en suivant
K' les quatre regions dans Pordre circulaire adcb, si Pon d6crit cette circon-
f6rence dans le m£me sens que K. Mais si Pon veut laisser le domaine 5 a sa
gauche, il faut d6crire K; en sens contraire et alors les quatre regions se
succedent dans Pordre abed. L'int^grale est done encore ^gale a i etPint^grale
to tale est ^gale a 2.
Le nombre des points d'inlersection de 2 et de C est done au moins egal a 2 ;
et aucun de ces points ne peut nppartenir a B. Tl faut done que par Ic point M
passe une seconde branche de la courbe C. c. Q. F. D.
(Dans le cas ou le lh<§oreme de M. Kronecker s'applique a une multiplicity
a deux dimensions et a deux fonctions X et Y, et ou par consequent son i
grale doit etre prise le long d'une courbe ferm^e, on voit ais^ment que cette
Y
int^grale est ^gale a la demi-diflf^rence du nombre de fois que = saute de — oo
Y
a -+• oo et du nombre de fois que ^ saute de -j- oo a — oo .
Le r6sultat s'6tcndrait sans peine au cas ou nous aurions un plus grand
nombre de variables. Le th^oreme de M. Kronecker serait en effet encore
applicable.
R6sumons les r^sultats de ce paragraphe.
Les formes dy<5quilibre du systeme consid^re sontdonn^esparles /liquations
dF_ ___ ^F _ _ j^F_ __
ct&\ dx% ' * * dxn
Ges n equations auront un certain nombre de solutions r^elles et quand y
variera d'une fagon continue, ces solutions varieront elles-memes d'une fagon
continue de maniere a former diverscs series lin&aires de formes d'&quilibre.
H. p — vn. 7
5o SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
11 pourra d'ailleurs arriver qu'une memo forme dVquilibre nppartieniie n la
fois a deux ou plusieurs scries lindaires. Nous dirons alors <[ue c'cst \in*f or we
de bifurcation. On pcul, en eflet, pour une valour de y infiniment voisino de
celle qui correspond a cette forme, irouver deu.e formes dYupilibre qui dif-
ferent infiniment pen de la forme de bifurcation.
II pent arriver igalemenl quo deux series lin&iiros de formes dYquilibre
rielles viennent, quand on fait varior y, a se confondro, puis a disparallre,
parce quo les racines des Equations d'dquilibre dcviunnenl imaginaires. La
formo d'fiquilibre correspondanle s'appellera alors forme, limit?.*
Une forme d'equilibre ne pout 6tre une forme de bifurcation ou une forme
limite qu'a la condition que A soil mil. tl n'\suHe de la quo si h»s Equations
d^quilibre admettonl pour une cerlaine valeur de r une solution pour laquell^
A ne soit pas nul, olios en admeitront encore une el infiniment pen diflrrente
de la premiere, pour les valeurs do y sufiisammeiil voisincs de cello que Ton
avail consid^rde d'abord. En effet s'il n?on dlail pas ainsi, la forme d'equilibre
qui correspond a la premiere solution serail une forme limite, ce qui exigerail
que A fut mil.
Si Fon suit une serielin^aire de formes dYquilibre rdolles en faisant varior y
et que Ton voie A s'annuler el changer de signe, la forme d'6(iuilibre corres-
pondanle ne pcul elre une forme limite puisquo Itis formes d'6quilibrc ires
voisines qui appartiennenl a la s6rie lindaire sent suppost^es roolles. 11 r6sullo
de ce qui prdc6de que c'est to uj ours \w\& forme de bifuTwttion.
Si, enfin, en suivant unesdrie lindaire de formes rrtelles, on voit A s'aunulor,
mats sans changer de signe, on esl s\lr, pour La rmison quo jo vions do dire, que
la forme correspondante n'est pas une forme limite. Elle peut <Mre une forme
de bifurcation, mais il n'en est pas loujours ainsi.
III. — ^change des stabilit^s.
Consid^rons la forme quadratique
contenant les n ind<5termin4es Xi, X2, . , ,, X,/,. Cette forme aura pour dis-
criminant A.
Pour que Teq-uilibre soit siable, il faut et il suffil (puisqu3il s'agil d'un dqui-
SUR L'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION, 5i
libre absolu) que la fonction des forces F soit maximum, c'est-a-dire que la
forme <S> soil d&Snie negative.
Imaginons qu'on ait d6compos6 la forme & en une somme de n carres :
ou Yf est une fonction lineaire des X. Supposons que parmi les coefficients a,
que j'appellerai coefficients de stabilil^, il y en ait v positifs et n — v n^gatifs.
A sera positif si n — v est pair, et n^gatif si n — v est impair. A sera nul quand
an des coefficients a s'annulera. Enfin il j aura stability si tous les coefficients
de stabilite sont n6gatifs. II est inutile de faire observer que le nombre v est
iudependant de la maniere dont la forme <D a 6l£ decompos^e en carres.
Supposons que pour o?i = #2^, . . — #n = o: y-^ o, on ait une forme d'^qui-
libre de bifurcation, c'est-a-dire que les n d^rivees partielles -r— s'annulent
ainsi que A. Je dis qiie nous pourrons toujours supposer que Ton a aussi
Eneffet, cela revient a dire que la forme <J>ne contient pas de termes rectangles;
or, s'il n'en 6tait pas ainsi, on pourrait toujours decomposer la forme $ en
carr£s, comme on Fa dit plus haut, c'est~£hdire qu'on pourrait, par une trans-
formation lin^aire, faire disparaitre les termes rectangles. Les coefficients de
stability sont alors -r— ?*' TTT' • * * ' "TTT* Pour que A s'annule, il faut et il suffit
qu'un ou plusieurs de ces coefficients s'annulent. Supposons par exemple que
-r^- s'annule et que les a-utres coefficients ne s'annulent pas. Supposons enfin
que la fonction F soit holomorphe et puisse se d<5velopper suivant les puissances
de x et de y.
De liquation -7— = o nous tirerons x* en fonction holomorphe de a?*,
^ a,z?2
^3, . . . , Xn ety. Pour que cela soit possible, il suffit que -T-T ne so^ Pas nul?
ce qui a lieu en effet. Substituoris ensuite partout a la place de #2 la yaleur
ainsi trouv^e. De liquation -7— = o, nous tirerons ensuite #3 ea fonction
* airs
/T^2 T7
holomorphe de 3?i, ^A, . . . , xn ety, Cela est encore possible parce que -^ n'est
pas nul. On continuera de la sorte jusqu'a ce qu'il ne reste plus que deux
variables x\, et y et une seule Equation d'^quilibre -r— = o. Quant a #2)
52 SUE 1/liQUlLlBtfE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION,
,r,», .... #/i, les autres equalions d76quilibre, r<Jsolues eomme on vieixt
dire, les fournissent sous la forme
(.0 •>*.! = 9a(^i,y), •£;:= = s( ."i, .)' J: ..... ''// - ?n(.'*i, .> ,K
les cp etant holomorphes.
Quanta liquation -TT- = o? elle s'dcrira, loutes reductions fakes,
~~ f< iff |
( 2 ) o = n x\ -\ - a b ,/;,
0 represenLant un ensemble de termes de degr6 sup6rieur au second en x{ ot j".
On voit que si #,. et y sont les coordonn^es d'un point dans un plan, eetle
Equation repr^sente une courbe a point double, ce qui montre de nouveau que
la forme d'^quilibre consid^rio esl une forme de bifurcation. Nous sup-
poserons ( ' )
/;• — nc ^> o.
Nous tirerons alors, de 1'riquation (2), .r4 eu ibnclion dej- de deux inauieros
dijff^rentes
les cjj 6tant holomorphes, Les deux Equations (3) joinles aux equations ( i ) noms
donnent les deux series lin<Saires de forme d'tfquilibre.
Formons A el consid^ronsle d'abord comme fonction de #<, %.2 x,, et >\
En remplagant #2 #n par lein^s valeurs tiroes des Equations (i), A no sera
plus fonction que do #4 et de y et Ton recorxnaitra ais&neut que
A = a M ( ^^i 4- ^r ) -H At ,
M Slant le produit des n — i d6riv^es —,, —,, * . • , ~ ot At <Uant un ensemble
de termes de degrti suptkieur au premier.
Liquation A = o repr^sentera alors une couj*b(j A passant pur 1'origine dans
le plan des x, y et liquation (a) veprcisentera une courbo C formic de deux
branches B etBr. Les Equations de ces deux branches de courbc qui nc soul
autres que les Equations (3) pourront s?(5crire
' b • * \Jb* - «c \ , \
-t- 1 21
(*) Si £3— ac est nul, la forme d'equilibre est on general une forme iimite; cepondanl «ll«t
est de bifurcation dans certains cas exceptionnels. (J. L,).
SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 53
Y^ et Y2 <itanldes termes de degre sup^rieurau premier. Si dans P expression A
on remplace x\ par ^ (y) ou par fy*(y), on trouve
A = zfc 2 M \
A2 repr^sentant un ensemble de termes de degr6 sup6rieur au premier. Le
signe -+- se rapporte & la substitution de <|/,, c'est-a-dire a la branche B el le
signe — H la substitution de d»2, c'est-a-dire a la branche B'.
Ainsi; que Ton suive la branche B ou la branche B', on verra A changer de
signe en meme temps que y. De plus pour toutes les valeurs de y, voisines de
z&ro, A a des valeurs de signe contraire, selon qu'on suit la branche B ou la
branche B'. Par exemple, pour y positif, A sera positif sur la branche B et
n^gatif surla branche B'; pour y n^gatif, ce sera le conlraire, A sera n6gatif
sur la branche B et positif sur la branche B',
Supposons qu'a Porigine, un des coefficients de stability soil nul (ce qui est
conformeaPhypothesefaiteplus haut), que v de ces coefficients soient n^gatifs
et n — v — i positifs. Dans le voisinage de Porigine, il y aura toujours (par
raison de continuity) v ou v -4- i coefficients de stability n^gatifs. Si v est pair,
il y en aura v loutes les fois que A sera positif et v 4- i toutes les fois que A sera
n^gatif. Ce sera le contraire si v est impair.
II r^sulte de 14 que, si pour y positif, on a v coefficients n6gatifs sur la
branche B et v + i coefficients n^gatifs sur la branche B', ce sera 1'inverse
poury n6gatif et Ton aura alors v -j~ i coefficients n6gatifs sur la branche B el v
sur la branche B'. Si au contraire on a pour y positif, v-f-i coefficients n£gatifs
sur la branche B et v sur la branche B(, on aura inversernenl, pour y n^galif,
v coefficients n^gatifs sur la branche B et v + i sur la branche B'.
Pour qu'il y ait stability il faut et il suffit que tous les coefficients de stabi-
Iit6 soient n^gatifs. Si done pour y positif il y a stability sur la branche B et
instability sur la branche B'; ce sera 1'inverse pour y n^gatif. De m&me si pour
y positif il y a instability sur la branche B et stability sur B;, ce sera encore
1'inverse poury n^gatif. En d'autres termes, il y a ^change des stabilit&s entre
les deux branches B et B; au moment ou elles se croisent.
Pour £tablir ce r^sultat, j'ai suppos^, non seulement que F ^tait continue
ainsi que ses ddriv^es des deux premiers ordres, mais encore que cette fonction
6tait holomorphe. Cette hypothese n'est nullement n^cessaire. Pour le faire
voir, je vais reprendre le raisonnement en supposant n — i .
Dans ce cas, la courbe C se rdduit a une courbe plane el A a •^5-' Soil O le
54 SUR L'EQWLIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
point du plan qui correspond a la forme d'iSquilibiT do bifurealiou. Du point ( )
comme centre, dticrivons un ccrclc K de rayon Uvs petii, He cerclo Iv reneon-
trera la courbe C en un certain nombro de poinls. II rfisullc An raisonm'inenl
du paragraphe pr<5c6dent, quo si un arc de courbe joint deux points do C cm h
signe de A/ ne soil pas le infimo, col arc devra couper la courbe C en un nomhre
impair de poinls; el qua si an contrairc Ay a xn^mc signe aux deux extremes,
Fare de courbe consider6 devra couper G on un nombre pair do poinls. Done si
1'on envisage lesdiflferenis points d'inlerseciion de C otde K dans I'ordreou i'on
rencontre en suivani le corcle K, on verra quo Ar y sera aliernntivommitposilii
et nfigatif. Le nombre total des points d'inUsrsociion «st done pair. Si nous
snpposons en particulier quo deux branches do eourbu soulomenl vicntumi
passer au poinl O, nous aurons alors deux points d'inlorseotion a, el a* ou y
sera nigalif et deux points d'inlerboction (3, oi (3a ou y sera posit if. La Immehe
O(3i devra alors dire regarded commc le prolongeauont tie la brandies x^O, de
m^me que O(32 comme le prolongemeni de oca(), J« suppose, pour fixer les
id6es, quyeii'a,,? A soil posilif, Alors (Papresla jvgle qui precede, A sera nrtgatif
en ocii? n^gatif encore en (3, et positif en (32? co qui coufirmo le rtlstillat pr^c^-
deinoient obtenu. Tl serait aisA, d'aprfis les considerations que je viens d'oxposer,
de voir ce qui se passeraii si plus de deux branches de courbes venaient passer
enO.
Nous avons dit plus haul que si ea suivant uae s^rie r<Selle de formes dVtfjui-
libre, oa voyait A s'aanuler sans changer de signe, on ne pouvait affircnor qu«
la forme correspondante fCit une forme de bifurcation. Nous pouvons rein a r-
quer que A peut de deux manures s'annuler sans changer de signe. 11 pout
arriver ou bien que plusieurs coefficients de stability s'annulcnt sans changer
de signe; ou bien que deux (ou un nombre pair) de ces coefficients chaugeni
de signe. Dans le premier cas, nous ne pouvons en. effet rien a f firm or j voyons
ce qui se passe dans le second.
Nous supposerons pour fixer les id^es que
F
II arrivera alors que des n — a Equations d'6quilibre
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 55
on pourra tirer a?tj, x$} . . ., xn en fonctions holoniorphes de #1, #2 etjp. Si
dans les deux autres equations d'equilibre
on substitue ces valeurs de a?3, a?,, . . . , xtlj ces equations deviennent
(4) <E>jH- <I>,= O, $', -f-$i = 05
ou <£| el O'j repr^sentent un ensemble de termes du deuxieme degr£ en
x\) .#2, y et <3>2 et 4X2 un ensemble de termes de degr6 sup^rieur an second;
(si 1'on suppose conime plus haul que la position d'^quilibre envisagee soit
Regardons o?1? ^2 etj^ comme les coordonnees d'un point dans I'espace. Les
deux Equations (4) repr6senteront deux surfaces ajant chacune a Forigine un
point conique du deuxieme ordre. L'intersection de ces deux surfaces sera la
courbe C. On voit que par Porigine passeront quatre branches de la courbe C,
r^elles ou imaginaires. Mais une de ces quatre branches est certainement r6elle,
puisque j'ai suppos6au d^but qu'ona pu suivre, danslevoisinage de la position
d'^quilibre envisagee, une s^rie de formes d'6quilibre r6elles. II faut done qu'il
v ait une autre des quatre branches qui soit r^elle. La forme d'^quilibre envi-
sag^e est done de bifurcation.
D'ou la conclusion suivante :
Pour qu'une forme d'equilibre appartenant a une s6rie Iin6aire r^elle soit de
bifurcation, il suffit, non seulement que A change de signe, mais que Fun
quelconque des coefficients de stability change de signe.
IV. — Gas (Tun nombre infini de variables.
Les problemes trails dans les deux paragraphes pr^c^dents ne pr^sentent
aucune espece de difficult^. Malheureusemcnt, lorsqu'on recherche la figure
d'^quilibre d'une masse fluide soumise a diverses forces/ la question est beau-
coup plus compliqn^e. En effet, la ligur.e d'une pareille masse depend, non pas
d'un nombre fini de variables #<, x^ ---- xn, noiais d'un nombre infini de
variables.
Supposons par exemple une aire plane A peu diflferente d'un cercle ; liquation
56 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FUJIDE EN ROTATION.
de la eourbe qui limite cette aire plane pourra s'eerirt\ en coor
polaires (p et <p) :
to = r -h pi cos 9 -f- |
h 7 1 sin 9 •+• '
les (3 et les y (Hani tres petits par rapport a r, el la figure do Paire piano
d^pendra des coefficients r, (3 et y qui .sent eu nomhre miini.
Supposons que tous les dements de Paire A s'allireul on raison inxer.se des
distances et en raison direelc de leurs surfaces. II rt'isuliera de cello attraction
une <inergie potentielle W qui sera represented par Pintegrale suivanio :
\\r =
dte et dtof 6tant deux dloments quelcouques de Paire A el A la distance de cos
deux elements. On reconnait alors que \V est une fonction holoniorpke de /%
des (3 et des y. Jc veux dire que si L'on fait varier seuleiuont un nombre thii n
de ces coefficients, les autres reslant oonstanis^ W «era une fonclioii holo-
inorphe des n coefficients variables.
Supposons que les p el y 6lanl regard6s comme tres petits, on
Pintdsgrale W en n<^gligeant les cubes des (3 et des y. On trouvera
On pourra tirer de la, la conclusion suivaute :
Si Ton suppose que Paire A soU assujeuie a ^trc t^quivalenie a uno a ire
donn^e Trrjj de telle sorte que
et qu'en m^me temps (3< et y,, soient assujettis <\ ^tre nuls, le cercle dent le
rayon est r0 sera une forme d\^quilibre de Paire A.
On d^duit de (i) que
2
et en n^gligeant toujours les cubes des (3 et des y
II est d'ailleurs ais^ de voir que si Poix regarde W comme une fonction (Pun
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. £7
nombre iini des coefficients (3 el y, les autres coefficieats restanl constants, on
aura
( : }*
II r6sulte de la que la s6rie infinie
(n = 2, 3, ...)
joue le meme role que jouait la forme quadratique 4> dans le paragraphs
c^dent, avec cette difference, qu'au lieu d'un nombre fini de variables X*,
X2. . . . , Xn, il y entre un nombre infini de variables (37Z et y;i.
Les coefficients de stability sont alors les quantit^s nr\(~ — ij. On voit
que tons ces coefficients sont n^gatifs, de telle fagon que P^quilibre est stable.
Get exemple permet de voir comment la notion des coefficients de stability
peut s'etendre au cas ou 1'^quilibre depend djun nombre infini de conditions.
On peut de m£me ^tendre a ce cas la notion des formes d'dquilibre de bifur-
cation et des formes d'^quilibre limite. Supposons en effet que les forces aux-
quelles sont soumis les 6l6ments de Taire A dependent d'un param^tre^. Pour
chaque valeur de y nous aurons un certain nombre de formes d'equilibre.
Lorsque y variera, ces formes varieront aussi, en g^n^ral d'une maniere
continue. On aura ainsi un certain nombre de series lin^aires de formes
d'6quilibre. Pour chacune de ces series, les coefficients (3 et y seront des fonc-
tions finies, continues, uniformes et reelles de y. II pourra arriver alors que
quand y tendra vers une certaine valeur a, deux formes d'^quilibre reelles,
appartenant a deux de ces series lin^aires, tendront,^ se confondre. Lorsque y
aura d^passe cette valeur a, il arrivera, ou bien que les deux formes d^quilibre
envisages disparaitront et cesserqnt d'etre reelles, ou bien qu'elles resteront
r6elles et cesseront de se confondre. Dans le premier cas, on aura une forme
d'6quilibre limite. Dans le second cas, une forme d'^quilibre de bifurcation.
Rien n'est done change a ces definitions quirestent lesmemes que dans les cas
pr6c6demment examines.
II reste a ^tendre les resultats du paragraphe precedent au cas qui nous
occupe actuellement. II faut montrer que :
i° Pour une forme d'^Cjuilibre limite, Fun des coefficients doit s'annuler.
H. p. — VII. 8
58 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
2° Si Ton suit une serie lineaire de formes d'6quilibre el si Ton vuil un
coefficients de slabilil<$ changer de signe, la forme qxri correspond a la valour
de y pour laquelle se fait le changement, do signe esl unu forme de hi furcation.
3" La loi de I'^change des stabilises sVlend an cas qui nous oecupe.
Nous demontrerons ces trois propositions <>n partant de I'hypo these sui-
vante :
Le nombre des variables elant infmi} celui des coefficients de stability devra
6galement etre infini; mats je supposerai quv parmi /tf.v coafficf^nts^ f! n\r en
a qu^un nombre fini de positifs.
J'appellerai #tj ^?a, , . . , %„,, . . . les variables qui d<5finissent la forme du
systeme et y un para me ire dont dependronl les forces qui agissent sur ce sys-
teme. Je supposorai que ces variables out <il/i choisie.s de l<dl(^ sorte quo pour
la forme d^quilibre envisagee el que nous appellerons /V, on nil
Si dans la fonclion des forces F(^r, jr) on fail j'=:o, nous pouvons encoro
supposer que les variables & aient 6lt^ choisies de telle sorle quo I'tm pxus.se
6crire, en n6gligeantles cubes des quantiicVs-^ supposees tr^s petites :
F(#, o) = A -H atiffjH- a!sa?|"H . . . -f- a,,#;;H- a/,.^1./:)} , t -i . . . -f- a /„/•;,•*- ----
Nous supposerons, conformdment il Phypothose faite plus haul, que parmi
les 7t coefficients a1? a^, . . . , &.n il pent y en ovoir de positifs ou de nuls, inais
que tous les coefficients suivants «/H 4> <xtl+.>, ...,«,,, ... sont n<5gatifs.
Avant dialler plus loin, je dois faire unc uutre rcmarquc. Quaud nous
n'avions qu'un nombre fini de variables, nons regardions la fonciion P comme
d6fmie pour toutes les valours de #; ou du moms pour toutes les valeurs stifii-
sarnment petites de ces variables. II n'etx pout plus £tre de m^mcici. La
tion F ne sera d^finie que quand une certaine sdrie a termes positifs
sera convergente. Le cboix des variables ^? <5umt encore arbitral re dans une
cerlaine mesure, nous ponvons supposer qu'on les ait choisies de fa$on que
lous les A soi^nt ^gaux ^. i .
Cela posd, nous pouvons passer 4 la demonstration des irois propositions
ci-dessus,
ia Je dis d'abord que si aucun des coefficients & n'est mil, la forme A ne
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION 69
pourra etre une forme limite, c'est-a-dire que pour des valeurs de y tres peliles
(mais d'ailleurs positives ou negatives), le sysleme sera susceptible d'une
forme d'^quilibre tres voisine de cette forme A.
Pour le demontrer, je vais introduire dans le systeme des liaisons exprimdes
par les Equations suivanles :
**. • • •; yn <5tant des constantes que nous regarderons com me donnees.
Les conditions de Pequilibre du systeme, assujetli a ces liaisons, d^pendront
naturellement du choix des n -+• i parametres y, }'i, y<±, . . . , yn et elles seront
exprim^es par les Equations en nombre infini :
dF dF <W
Dans le cas particulier ou
y = ri = J2 = . . . = y,i = o,
1'^quilibre aura lieu pour
O = #/H-i = ^n+o = . . . = Xp = . . - ,
c'est-a-dire en meme temps que l^quilibre du systeme suppose libre. Mais il y
a une difference importante entre les deux cas. L'6quilibre du systeme llbre est
instable parce que parmi les coefficients a1? a2, . , . , a/l? il y en a de positifs.
L'^quilibre du systeme a liaisons sera stable parce que tous les coefficients a/l+1 ,
anH_2, . . . , a^, ... sont negatifs.
Je dis que pour les valeurs des n -h i parametres y suffisamment voisines
de z&ro, le systeme a liaisons sera susceptible d?une forme d'^quilibre stable
tres voisine de la forme A. En d'autrcs termes; si Ton fait
(3) y = p, ri=pi, ..., yn=*$*>
on pourra prendre les (3 assez petits pour que la fonction F soit susceptible
d;un maximum (en tenant compte des liaisons) et pour que ce maximum ait
lieu pour des valeurs des x aussi petites que Ton veut.
Appelons en effet D le domaine comprenant tous les systemes de valeurs des
variables xn+\ , ^n+a? - • * ; #>? - - * qui sont telles que la s^rie
(4) ~
soit convergente et ait une somme plus petite que e. La limite du domaine D
(Jo SUR 1/EQU1LIBRE D'UNE MASSE FLIIIDE F.N ROTATION.
se composera d'un domaine 3 compreuaul tons les systemes do.s valours des ,r
tels que la s6rie (4) soil convergenle el ail une somme (igale a s.
Quand Ics y sont nuls, la fonction F esl 6gale i\ A. (juand les .7; soul mils, et,
a A — £ ~h C quand les # appartiennenl au domaine 3 (£ 6iaul un infimmeut
petit d'ordre superieur a celui do £). Donnons maintenanl aux r les valeurs (,'>).
La fonction F (Slant continue, nous pourrons prendre les ;5 asses polils pour
que F difl&re aussi pen que nous voudrons de A (juand les w sont nuls, ct aussi
peu que nous voudrons de A — e •+ £ quand les x appartiennent au domaine o.
On pourra done prendre les (3 assez petits pour que F soil plus grand quand
les x sont nuls qu'en auoun point du domaine o,
11 en r6sulle que la fonction F prendra en certains points du domaine I) dos
valours plus grandes qu'en aucun des points de la limite de ce domaiue. 11 faut
done conclure qu'en un certain point du domaine D, la fonction F attaint un
maximum. II est ndcessaire toutefois, pour que cette conclusion s'impose, <juo
1'on admeite que la fonction F ne va pas en augmentant indtMiniment a mesurc
que la s6rie (a) devient de moins eu moius convergenle. 11 j aurait bien des
objections a faire, mais on ne saurait exiger en M6cani(|ue la mdm<% rigueur
qu'en Analyse pure pour ce qui concerne 1'inlini.
Le principe auquel nous sommes ainsi conduits pout s?<£noncer ainst :
Si un syst^me m6canique quelconque, el en particulier une masse iluido,
est en ^quilibre stable sous Faction de ccrtaines forces, et si Ton vicnt ^
appliquer en outre des forces perturbatrices infiniment petites, ce syst<unc
prendra sous Faction de ces forces uixe figure d'6quilibro stable infinimont pen
diff^rente de sa figure primitive.
Je ne crois pas qu'on puisse le mettre s^rieusement en doute, malgr6 les
objections dont je viens de parler et qui sont de naluro a int/^resser plut6t
Fanalyste que le m^canicien.
Cela posd, la forme d'^quilibre stable du systeme 4 liaisons doit 6treregard6e
comme d^finie; elle le sera, par example, par les Equations
(5) ^+] = 9/i^](p7 ^, [32, ..., p;i); ^^2
Les fonctions 9 seront des fonctions continues des (3 etelles s'annulcrontavec(3
quelles que soient les valeurs de (34, pa, . . . , |3/t.
Si nous substituons dans F ces valeurs des #,H.I, xn+^ • . • , #>, . . . ? cette
fonction ne d^pendra plus que de (3, (34, |32, . . , , (3n.
II faut maintenant chercher quelles valeurs on doit donner a (34; (3a, . , . , pn
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 61
pour que 1'equilibre subsiste (sans toutefois resler stable) quand on supprime
les liaisons. 11 faut pour cela que Ton ait
En d'autres termes, il faut considerer que, les x £tant d^finis par les Equa-
tions (5), la figure du systeme ne depend plus que des n variables j31? (32. ..., {3,,,
et il faut chercher les conditions d'6quilibre du systeme ainsi d^fini.
Je veux faire voir que pour les vale UTS de (3 voisines de zero, ce systeme
admet une forme d'6quilibre. Pour cela il me suffit, puisque ce systeme ne
depend plus que d'un nombre fini de variables, de chercher les coefficients de
stabilite pour (3 = o.
Or pour (3 = o, puisque les fonctions 9 s'annulent, on a
F = A -4- a, >? H- «2 pi -H . . - ~i~ «„ ^ -f- 7;
Z etanl un ensemble de termes d'ordre superieur an second par rapport aux ft.
Les coefficients de stability sont done a1? ~s,*7 . . . , xrl et, comme aucun d'eux.
n'est nul, la forme d'^quilibre considdr6e ne pent etre une forme limite, el
l'6quilibre sera encore possible pour les valeurs de (3 voisines de z£ro.
Ainsi, m£me lorsque la forme du systeme depend d'un nombre infini de
variables, une figure d'^quilibre ne peut^tre une figure limite a moins que Fun
des coefficients de stabilite ne s'annule.
2° et 3° II resterait a 6tablir les deux autres propositions 6nonc6es plus haul.
On les dernontrerait par une m^thode absolument identique. On introduirait
dans le systeme les liaisons
(6) #l=pj, ^2=H2, .-., #n=P;i,
de fagon que la forme dJ6quilibre A devienne stable. On trouverait alors que
pour
y=p, dSi=pl, - .., %n~$n
le systeme a liaisons est susceptible d'uue position d'^quilibre stable d6finie
par les Equations
(5) 57/M 1 ^ ?7i-hl(p5 Pi? ' * "> l^i)? •'••
Si Ton suppose maintenant les x assujettis a ces Equations (5), rnais que
Ton supprime les liaisons (6), la fonclion F ne depend plus que des (3; la figure
du systeme ne depend plus que de n variables. On est done ramen£ au cas
62 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
d'un nombre iini de variables, auquel les propositions ononrees s'appliqiieut
d'elles-memes.
En r&3um£, il r<5sulte des considerations exposes dans co paragraphs quo
les rcSsultals des paragraphes II et HI s'elendent an cas djun sysiAine dont la
figure depend d'une infinite^ de variables, et on parliculier au cas d'ime inat.se
fluide souinise & dill(5 rentes forces.
V. — Premiere application.
MM. Tail el Thomson onlnnnouccsans demonstration quo, parmi le^ figures
d'ciquilibre dont est susceptible une masse fluide anim&s d'un mouvcment de
rotation, il y a une figure aniiulaire de revolution.
On peut ddmontrer ce rdsultat en appliquanl les principes exposes dans los
trois paragraphes prdcddents.
Je considere une masse fluide liomogone 6gale a M et anim<5e d'une vitcssc
de rotation G> autour d?un axe quclconque que je prendrai pour axe des G. Jc»
suppose que toutes les molecules de cette masse s'attirent conform6ment ^ la
loi de Newton. Je choisirai IQB unites de telie fa^ou que la densit^ du flui'4p
soil (Sgale & i, et que 1'atlraction de deux unitds de masse a I'unild de distance
soil 6gale & I'unit6 de force,
Je puis assujettir la masse lluide a :aflecter la forme d'une figure de Evolu-
tion. Si l'6quilibre a lieu en tenant compto de cetle liaison, il arrivera, en verlu
de la nature mfime du probleme, quo l'(5quilibre subsistcra encore quand elle
sera supprim6e. Cette liaison ne change pas les conditions d'6quilibre: elle
n'influe que sur les conditions de stability dont nous ne nous occuperons pns
pour le moment,
Soit R la distance a Faxe du cenlre de gravit6 de la section m^ridienno et
ur^ Faire de cette section. On aura
(i) M = '>.*Sr8K.
Le plan des xy sera le plan pcrpendiculaire a 1'axe et passant par ce centre
de gravittf. J'assujcttirai encore, pour simplifier un pen les calculs qui vont
suivre, la figure de la masse fluide a rester synxHrique par rapport au plan
des xy. II est clair que si Pdquilibre a lieu avec cette liaison, il subsistera
encore sans cette liaison.
Pour d6finir la section tn^ridienne, je me servirai des coordonnees polairos p
SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 63
et cp, en prenant le p6le au centre de gravite et I'axe polaire dans le plan des xy.
Soit
P = /' -!- fj i cos 9 •+• |3o cos 2 9 ~ . . . -h p,i cos /i o H- . . .
1'^quation de la section meridienne.
Ecrivons que 1'aire de cette section est 6gale a TTT^, il viendra
-
(2) ,
Ecrivons que le centre de gravite de cette section est au pole, il viendra
(3) rspi -+- r(pi [d£-t- papsH-- - --H P« fWi-f- - ..)-*- S = o,
S 6lant une s6rie convergente dont les termes sont homogenes et du troisieme
degr6 par rapport aux (3.
Pal £ rechercher s'il existe une figure d7equilibre peu differente d'un tore.
Je dois done supposer que les (3 sont ires petits par rapport a /*.
Je supposerai de plus que les rapports ^ et par consequent ^ sonttres petits,
ainsi que co.
Cela pos6, soil I le moment d'inertie de la masse fluide par rapport ^. Taxe.
Soit
W
-j
'"* dm dm'
1'^nergie potentielle due a Fattraction newtonienne (oii dm et dm! sont deux
elements quelconques de la masse et A la distance de ces deux ^I^ments).
Soit ~" I T&nergie potentielle due a la force centrifuge. L'6quilibre aura lieu
quand la variation premiere de ^expression
sera nulle.
Nous allons encore introduire une liaison nouvelle. Nous supposerons que r0
et par consequent R sont assujettis a conserver des valeurs donn£es. Cette
liaison, a la difference des pr^cedentes, change les conditions d'£quilibre.
Posons
(-1) P.
64 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
II viendra ('), en tenant compte de (2^,
Dans cette equation, A dSsigne une constant numerique qu'il est inutile de
determiner davanlage; B est un ensemble de lermes coiilcnaul r;| en fnotcnr:
G est un ensemble de lermes de degre superieur au second par rapport uux ,b;
enfin D est un ensemble de termes stimulant avec Ics [3.
Nous donnerons a A la meme valour dans les donations (4) ot (T)). 11 viendra
alors
T v «/ I \ 1> ^ ^^ /".K- ">\ ">-'1> I.
v=s 4 "•• MK« ^l) + ^TK -*- ATTu + TT (TT ^ , ) * :v7rii - - »-
On trouve aisement
I = ft I R:tp- C/9 -4- 1> " / IV-p:{ COS 9 f/S> 4- 7T / K p* COS- 9 ('/Y -h -~- / ^'M'.OS3 tp f/i.
•^o *MI :>' ^» J * «
Mais les Equations (2) ot (3) peuvent s?6crirr,
/ p- c/o = ^w/'ii? / ?1' ('°';>? '/? = <>,
de sorte qu'il resle simplement
I) = 1 T. R / ( p'« — r{ ) c
Nous prendrons
cos:-
de sorte que V sera ddsormais d6termin(5.
Comme r0 et R sont provisoirement regardis comma des constantes, le
maximum de TJ aura lieu en meme temps que celui de V, de sorte que 1'oqm-
libre de notre systeme a liaisons aura lieu clans les mfinies conditions que si V
etait la fonction des forces.
Supposons que dans V, on fasse 7*0= o; il viendra
tumulairux.
SUR L'^QUILIBRE DJUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 65
Si nous faisons encore co = o, il viendra
_, i _, , / i \ G
Si Ton tient compte de liquation (3), il vient
E £tant un ensemble determes du second degre aii moins par rapport a y2, y3, —
On peut done £crire
F etant un ensemble de termes du troisieme degre au moins par rapport
& Ya, Is? ----
Cette Equation prouve que si Ton fait co ~ r0=r= o, la fonction V est suscep-
tible d'un maximum qui esL atteint quand tous les y s'annulent. Les coefficients
de stability sont
Gomme aucun de ces coefficients n'est nul, la forme d'6quilibre correspon-
dante ne pourra £tre une forme limite, c'est-a-dire que pour les valeurs tres
petites de r0 et de co, le systeme a liaisons consid6r6 sera susceptible d'une
forme d'^quilibre, pour laquelle les y auront des valeurs tres petiles.
On aura alors pour cette forme d'equilibre
(6) Yo=9"(ro, w),
Qn, 6lant une fonction continue de r0 et de co s'annulant avec ces variables.
II reste a chercher quelle valeur il faut donner a r0 pour que P^quilibre sub-
sis le encore quaad on supprime la liaison que nous avions provisoirement
introduite, et quand on n'assujettit plus 7*0 et R a avoir des valeurs donn^es.
Supposons qu'on remplace dans U les y par leurs valeurs (6) et R par sa
valeur tir6e de liquation (i). Alors U ne sera plus fonction que de r0 et de CD,
et Pon aura la condition pour que I76quiiibre subsiste apr£s la suppression de
la liaison, en ^crivant
Je dis que pour les valeurs tres petites de co, il y aura toujours une valeur
H. p. — vii. 9
66 SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
tres polite de r0 pour laquelle ceite condition (7) sera remplie. Nous pourrons
dcrire
» „ , ft Bto:j ^
(8) U = Ar-5'
o
Les lettres A, a et B d4signcnt des consumes ne dependant que de M el C un
ensemble de termes tres petits par rapport aux deux premiers quand r0 el o>
sont Ires petits. Inutile d'ajouter que les letlres AL, B oi C u'ont plus la mchne
signification que dans la premiere partio de cette demonstration.
Soit^ une quantil6 ires petite que uous regarderons connne constaiile et (jni
sera telle que
AT 1 A
:>. A .? log — — 3 A s — = o.
Nous allons faire varier r0 depuis zs jusqu'a z6ro. Pour /*0~ %s, les <l«ux pre-
miers termes de Pexpression (8) se r6duisont a
2 - A,«- ^ log -,- S,
Pour r0 ==^5 ces deux m£mes lermes se r^duisenl £
. B . a i . _ . a 3 , n 4^ « i ^ o
A^log-H~ - A^logj-— 7^'^= £J*'loe^ -hb2.
EnGn pour 7'c:^ o, on a U = -hoo. Dans ces dgaliltfs, Si el Sjj ddsignenl des
termes tres pelits par rapport a s* log •
S'
On a done :
pour 7*0 = 25 :
U-, _.*..vb_. _ ^
pour r0 = £ :
pour r0 =; o :
0 , a
-= _,» log 3
2A et2*j sont des ensembles de termes Ir&s petits par rapport & ^2log ^? et qui
n'influent pas sur le sigixe de Texpression
TT ioo _ , a
U _--.,» log-.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 67
Cetle expression est done positive pour r0~ as, negative pour r0 = ,s et posi-
tive pour r0 = o. Elle s'annule done deux fois quand rfl varie de 25 a zero; sa
deriv^e -:— doit done s'annuler une fois dans le rn£me intervalle.
ar0
C. Q. F. D.
Ainsi pour une valeur donn^e tres petite de <o, on peut trouver un systeme
de valeurs de ;^0 et des y qui satisfasse aui conditions d^quilibre, et cela apres
suppression de la liaison que j'avais d'abord provisoirement introduite.
11 en r^sulte qu'une masse fluide animde d'un mouvement de rotation est
susceptible d'une forme annulaire dj£quilibre; qui d'ailleurs est probablement
ins table.
J'ai donn£ une esquisse de la pr^sente demonstration dans le Tome 2 du
Bulletin Astronomique (1). J'ai donn^ ^galement dans ce meme Volume une
fagon de calculer approiinaativement les 4l6ments de celte figure annulaire.
L'analyse que j'ai employee pour determiner ces ^ments presente les plus
grandes analogies avec celle dont Mme Kowalevski a fait usage dans ses recherches
sur 1'anneau de Saturne.
VI. — Exemples d^quilibres de bifurcation.
Dans les nos 27 et 28 du Livre III de la M£canique celeste, Laplace traite le
probleme suivant : Une sphere solide de densil^ p et de rayon c est recouverte
d'une couche fluide homogene de densit4 F. Quelle est la figure d'iquilibre de
cette couche fluide? Quelle sera a 1'etat d'^quilibre la forme de la surface
libre de cette couche ?
Une des formes d'dquilibre est £videmment une sphere concentrique a Is
sphere solide, auquel cas I'epaisseur de la couche fluide est uniforme.
On peut se demander s'il y en a d'autres. Pour cela appelons
r = a(i-h ay)
la distance au centre d'un point quelconque de la surface libre. On develop
pera y en s£rie de fonctions sph^riques
QEuvres de H. Poincare, ce Tome, p. 17.
68 SUR l^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
et Fequation d^quilibre, coimne Pindique Laplace, page 87 (edition du 1878),
s'ecrira
(i)
pourvu toutefois que Ton neglige le carr^ de a.
Quant a P&ifergie potentielle, elle a pour expression
W = .
en n^gligeant le cube de a. A esl une constante et 1'inuSgrale est cHendue a tons
les elements Jw de la surface sph£rique (Cf. lifts A.L, Mecanique. celeste,
ire, Edition, p. 238).
J'ai pos6 pour abr^ger
Gette expression de W montre qu'on a une forme d'dquilibre quand tous les Y*
s'annulent, c7est-£-dire quand Pdpuisseur de la couche fluide est umforme. Le«
coefficients de stability sont
i — x l~^, ... 3
L'un d'eux s'annulera si Fon a
= 3
v <*tant un entier positif. A chaque valeur de p4 correspond une forme d'£qui-
libre parfaitement d6finie qui est la sphere. Ces spheres ferment, une s<Srie
lin^aire de figures d'dquilibre rfiolles. Si done Fun des coefficients de slabilit6
s'annule, c'est que la sphere correspondante est une forme d^quilibre dc
bifurcation.
Etudions d'un peu plus pres ce qui se passe. Dans le n° 27, Laplace suppose
que la couche fluide consid^r<ie est assujettie i\ conserver une figure de Evo-
lution autour de Taxe des z. Dans cette hypothese, la fonction spKirique Yv se
rtduit au vi6mo polynotne de Legendre, de sorte qu'il n'y a qu'un seul coeffi-
cient de stability qui soit 4gal & Pl_ ~1_, On est ainsi ramen<5 an cas le plus
simple, celui ou un seul coefficient de stabililite s'annule et oft la forme de
bifurcation appartient a deux series lin(5aires de forme d^quilibre rdelles.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 69
Laplace semble dire qu'il ne peut y avoir en g6n6ral qu'une seule forme
d'equilibre lorsque Ton n'a pas
et que lorsque cette relation a lieu, il y a deux formes d^quilibre, puisque ay
est susceptible de deux valeurs, dont 1'une est donn^e par la supposition
dey = o, et dont Pautre est donn^e par la supposition dejy £gal au v16mc poly-
nome de Legendre.
Ce passage a du paraitre obscur a plus d'un lecteur. En effet Laplace ayant
n4glig£ les puissances sup^rieures de a, ce coefficient n'intervient plus dans
liquation d^quilibre (i); il semble done qu'on puisse le choisir arbitrai-
rement, et alors on n'aurait plus deux figures d'6quilibre; mais une infinite,
qui seraient comprises dans liquation generate
7 = XYV,
A £tant une constante arbitraire et Yv le vi&me polynome de Legendre.
3
II semblerait done que pour les valeurs de pi diflferentes de - ? la sphere
serait la seule figure d'6quilibre possible, et que pour les valeurs de p1 de la
q
forme - , il y aurait une infinite de figures d'dquilibre indifferent. Mais les
2V H-i J ° *
termes de degrd sup6rieur en a emp^chent qu'il en soit ainsi.
Pour les valeurs de p< tres voisines de - > il y a deux figures d'6quilibre :
1'une est une sphere, et 1'autre est tres peu diflferente d'une sphere. Toutes
deux se confondent pour
II y a cependant une exception; pour v = i , on trouve p\ = i . La densit^ de la
sphere solide etant alors la meme que celle de la couche fluide, le sph^ro'ide
est homogene, et l'6quilibre subsistera quand la surface libre, an lieu d'etre
une sphere concentrique a la sphere solide, sera une sphere dont le centre sera
quelconque (pourvu toutefois que les deux spheres ne se coupent pas).
L'6quilibre est done indifferent. Pour pi=i, la figure formee paries deux
spheres concentriques est done encore une figure de bifurcation, mais on se
trouve dans un de ces cas exceptionnels que j'ai signals au paragraphe II.
Cette figure appartient bien encore a deux series Im&aires de formes d^qui-
libre. Mais il n'arrive plus, comme cela a lieu djordinaire, que pour chaque
70 SUR L?£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
valour pi voisine de i, on irouvc dans chacunc des deux series unc figure
d'^quilibre el une seule. Uno seule des deux scirics prfoeulc ce carartero;
1'autre est une s<hie de formes d'&juilibre iadillorenl qui correspondent loutes
au cas de pi = i .
Dans le n° 28, Laplace passe au cas oil la figure d'equilibro n'osi, plus
assujeltie a etre de revolution. Dans cc cas il y a av + i fonctions spheriques \ ^
liiidairemeut indcpendantes. Done quand pt devient tSgal a - — : — ? il y a av-f- 1
coefficients de stability qui s'annulont a la fois. Done pour les valeurs de pi livs
o
voisincs de.- 3 il y a non pas deux figures dYquilibre pen diflV'routcs A' imp,
sphere, mais im plus grand nombre. II y en a rngme une infinite, si I'on tient
compte de ce fait que si I'on a une figure d'equilibre non sphcrique, lYquilibrc
subsisle quand on oriente celle figure d'unc inaniore quelconquo.
Je pense que ces remarques suffironl pour oclaircir ce qti'il pouvait y avoir
d'obscur dans le texle de Laplace.
VI L — Stability de !'<§qiiilibre relatif-
II est tres facile de trouver les conditions de stability de riquilibrc absolu
d^un systeme materiel rapport^ ^ des axes fixes; pour qu'un tel e<iuilibre soil
stable, il faut et il suffit que la fonction des forces soil maximum. Mais lo
probleme de la stability de Tiquilibre relalif d'un systrmo materiel rapport^ n
des axes mobiles est infiniment plus compliqud. Cctto th<5oric u'n jamais, a m{i
connaissance, <5t6 convenablernent Lraittie que clans le Treatise on Natures
Philosophy de MM. Tail et Thomson. Ellc repose sur la distinclion de la sta-
bilitd s^culaire et de la stability ordinaire; j'en vais rnj>peler les prinoipato
r^sultats, en donnant sur un point des complements qui me seronl utilos dans
la suite.
Supposons que la position du systeme envisag6 par rapport aux. axes mobiles
soit d^finie par n variables #*, ^2) . . ,? ^Al, choisics de telle sorte que I'^qui-
libre ait lieu pour
Si Ton derange tres peu lesyst(5ime de sa position d'6quilibx*e, les valeurs
#3? • • • ? #* seront tres petites et, si Ton neglige les carrds de ces quantitds, les
Equations diff^renlielles qui en df^finiront les variatioxxs seront Iin6aires.
SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 71
On Irouvera done
m[i, m] ek™t (i = i, 2, . . ., n\ m ~i, 2, . . ,3 2/1).
Dans cette formule les Am sont des constantes d'int£gration, les [z, m] et les Am
sont des constantes qu'il est ais6 de d^duire des Equations diff^rentielles du
probleme.
Si tous les "km sont purement imaginaires, il y a stabilite. Si tous les Am ont
leur partie r^elle nulle ou negative, il y a encore stability (et ce cas peut se
presenter si Ton tient compte des resistances passives, telles que la viscosil6 des
liquides). Si en.fi n un des Am a sa partie r^elle positive, il y a instability.
Les Am sont donnas par une Equation alg^brique de degr£ 271, de sorte que
pour trouver les conditions de stabilite, il suffit de discuter cette Equation en A.
Nous supposerons que toutes les forces r^elles auxquelles le systeme est
soumis sont les actions mutuelles de ses parties, de telle sorte que le moment
de la quantity demouvement du systeme soit constant. Parmices forces reelles,
nous distinguerons les forces independantes de lavitesse qui devront admettre
une fonction des forces d^pendantes de la vitesse, cjest-a-dire les resistances
passives dues a la viscosit^. Le travail de ces dernteres forces doit toujours ^tre
negatif.
Outre les forces r^elles, le systeme sera soumis a deux sortes de forces
apparentes : la force centrifuge ordinaire, ind^pendante de la vitesse, et la
force centrifuge compos^e, ddpendante de la vitesse; le travail de cette derniere
est toujours nul.
Soit T la demi-force vive et U P&nergie potentielle due a toutes les forces
independantes de la vitesse, y compris la force centrifuge ordinaire. Si nous
n^gligeons, comme il convient de le faire, les puissances sup6rieures des x et
si nous supposons que U soit nul dans la position d'^quilibre, T sera une forme
quadratique par rapport aux x\ = -~ et U une forme quadratique par rapport
aux Xi-
Nous poserons selon Fusage
dT
Pt~dZi'
de sorte que les Equations diff^rentielles s'^criront
dpi __ d\3
~ ~~~
72 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDS EN ROTATION.
Dans ces Equations les Vj represented Fensemble des lermcs provennnl des
forces dependanles de la yilessc. Si Ton neglige les puissances sup6rieures
des a?, les V seront Iin6aires par rapport aux />. Les Equations difftfrenlielhvs
seront done Jiniaires.
Dans le cas de l'£quilibre absolu, c'cst-a-diro si le mouvement de rotation est
nul, il faut et il suffit pour la stability qne la fonction des forces soil mi
maximum, c'est-a-dire quo la forme quadratique U soil dc^fime positive.
Cette condition est encore suffisante, ma is elle n'est plus ntfcessaire, s'il y a
un mouvement de rotation. Atnsi, pour parler le langage des paragraph's priS-
c6dents, si tous les coefficients de stability sont n^gatifs, il y aura ccrlaincmcut
stability, m£me dans le cas d'un mouvement de rotation.
Dans un ires grand nombre de problemes, on pout ncSgliger la viscosile; si
dans cette hypothese Fiquilibre relalif est slable, il y aura stability ordinaire;
si 1'^quilibre reste stable quand on tient compte de la viscosit<5, il y aura
stability s^culaire.
II pent y avoir stability ordinaire sans qu'il y ait stabilitd s(Sculaire; il arrive
alors, si la viscosit^ est tr£s faible? ce qui est souvcnl le cas, que la figure dn
systeme se maintiendra pendant fort longlemps, mais fmira loujours par dtrt*.
bouleverscSe.
Pour qu'il y ait stabilitd s^culaire, il faut et il suffit que la forme U soil
d^finie positive, c'est-£-dire que tous les coefficients de stability soient
n6gatifs.
Les conditions de la stabilit6 ordinaire sont beaucoup plus compliqu^es.
Bornons-nous 5. dire que cette stability no pourra jainais avoir lieu si le nombre
des coefficients de stability qui sont positifs est impair.
Tels sont les r^sultats tres precis que Ton trouve d6montr6s dans I'Ouvrage
de MM. Tait et Thomson. II y a toutefois uno importanlo restriction & faire et
sur laquelle je d^sii^erais attirer Fattention, L'argumentation de MM. Tait
et Thomson repose tout entiere sur 'cette hypothese que le travail de la visco-
sit6 est toujours n^gatif (et non pas nul) pour tous les mouvements possibles.
II n'en est pas toujours ainsi.
Supposons par exemple une masse fluide isolcie dans Fespace. Si cette masse
se d^place sans se ddformer, ce mouvement ne sera contrari6 par aucune r^sis-
tance passive analogue ^ la viscosit4. Le travail de la viscosil^ sera alors nul et
non pas n^gatif. Nous devons done, si nous Voulons appliquer le th6or<^me
de MM. Tait el Thomson, supposer qu'on a introduit dans le systeme des
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. y3
liaisons telles que la masse fluide ne puisse se deplacer sans se deformer. Si
Fon fait cette hypoth^se. la proposition est applicable, et Fon peut dire que les
conditions de stability sont les mSmes si Ton tient compte a la fois de la
viscosit^ et de la force centrifuge 'compos^e, ou bien si Ton neglige a la fois
ces deux forces*
Avant de terminer ce qui concerne cette stabilite deFequilibre relatif, jedois
examiner un cas particulier. Supposons qu'a Fetat de F6quilibre relatif, le
systeme envisage afFecte une figure de revolution autour de Faxe des z. Pour
simplifier Fexposition, nous supposerons qu'a Fetat d'equilibre, toute la
matiere du systeme soit uniform^ment repartie sur n circonferences paralleles
dont les rayons seront TI, ra, . . ., rn. Soit m une molecule appartenant au
parallele de rayon r/. Supposons que Ton d£place cette molecule de telle fagon
que sa distance au plan des xy augmente de z^ sa distance a Faxe des z
augmente de HI et qu'eniln le diedre du plan mQz avec le plan xQz augmente
de — - Si les quantit^s M£, ^ et t>t sont les memes pour toutes les molecules
d'une meme parallele, le systeme affectera encore^ apres cette deformation, une
figure de revolution. Si Fon suppose de m£me que ~--p = urt , —~~ = v't , -~ = z't
sont les memes pour toutes les molecules d'un meme parallele, la demi-force
vive totale du systeme a pour valour
Ai, A2, ,.., An 6tant n constantes que nous regarderons comme donn^es.
Enfin F^nergie potentielle U ne dependra que des u et des z, tant que les
quantit6s W£, vi et zi conserveront la meme valeur tout le long d'un parallele.
Les Equations du mouvement seront alors, en supprimant toute viscosite :
a) designant la vitesse angulaire de rotation due au mouvement d'entrainement.
Ces equations sont lineaires en u^ 9i et zi* On y satisfera en posant
Ui = at cos X £5 zt = bi cos X £, 9i = 2 a/ r~ sin X t
/ r~
A
et une condition necessaire pour qu'il y ait stability, c'est que les valeurs de A
qui permettent de satisfaire de la sorte a nos Equations differentielles soient
toutes reelles. On voit par ces equations que si les conditions initiales du mou-
H. P. — VII. ro
74 SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
vement sonl tellos que MJ, PJ, s^ u'-L , 9\ , sj soicnt les memes tout lo long d'un
parallele, il en sera encore dc memo au bout d'un temps quelconque ct le
sy steme restera de revolution.
On pourra trouver pour A un certain nombre de valours distinctes que
j'appellerai ± A1? ±:A2? ... et I'intigrale gim'rale des Equations proposes en
supposant que le systerne reste de revolution sera
(0
il> cos ( ^/' ^ ~h £/J )'
les B^ et les e/t 6tant zp constantes d'intcigration.
Mais on doit avoir
T -t- U = G,
C 6tant une constante. II est facile de voir que si U n'cst pas une forme
positive, on peut choisir les conditions initiales du mouvement de telle sorte
que la constante G ait le signe que Ton veuL On trouve
T = Do ~h S D;, cos a ( )v, t + £,, ) + 2 Vptf cos [( X,, + \t/)t + e,, -I- ey J
-h S DJ;/y COS(Xy, J? X,^ H- S;;— - £,;),
U = EO-+- S E,, C032(X,^ -4- £;,) 4- 23(1^ ou KJ,y ) cos [()VH~ Xf/)if -H e/,r±: £,,].
On a done
Do -h E0 = G3 D;> -4» Ep = o, D/;(7 -h E,,,; = o, D/v 4 - E^v = o.
On trouve d'ailleurs en faisant attention a la nature des formes T et U ct i la
forme des Equations (i) :
Do =
aE0 «
SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 76
On tire de la
(2) DO+ Eo- SB^D^-h E,) = SB* AAJO£>-t- £;>)>
et d'autre part
D o H- E o — S B * ( D p H- E^ ) = C .
Lcs coefficients Aj sont essentiellement positifs. Si done les ^ sont tous
reels, le second membre de (2) est essentiellement positif. Mais nous avons vu
que C peuL devenir ndgatif a moins que la forme U ne soil definie positive. Si
done cette forme n'esl pas definie positive (au moins tant que le systeme est
assujetti a rester de revolution) il ne peut y avoir stability.
Cette demonstration se trouve, sauf la forme et les notations, dans la Meca-
nique celeste de Laplace (Livre IV, Chap. IT, n° 14).
On doit done conclure que si un systeme affecte, a 1'etat d'equilibre relatif,
une figure de revolution, cet equilibre ne jouira pas meme de la stabilite
ordinaire, si l'6quilibre du systeme n'estpas stable quand onsupprime la force
.centrifuge composee et qu'on introduit des liaisons assujettissant le systeme a
rester de revolution autour de Vaxe des z. II faut toutefois observer a quelle
condition ce theoreme de Laplace est applicable. II pourrait se faire que Tun
des A fut nul et alors Je raisonnement precedent tomberait de lui-m£me. 11
pourrait y avoir encore stabilite en ce sens que la figure exterieure du systeme
demeurerait toujours tres peu diflerente de la figure primitive; mais les divers
paralleles tendraient a tourner avec des vitesses diflferentes.
II reste a examiner si les theoremes etablis dans les paragraphes precedents
subsistent encore dans le cas de Fequilibre relatif. Le premier d'entre eux,
d'apres lequel, si un des coefficients de stabilite change de signe quand on
suit une serie lineaire de figures oVequilibre, la forme correspondante est de
bifurcation, subsiste evidemment, car le mouvement de rotation et la force
centrifuge composee ne changent pas les conditions d'equilibre et n'orxt
d'influence que sur les conditions de stabilite.
Quant au second theoreme, c'est-£-dire au principe de Fechange des stabi-
lites, il subsiste encore en ce qui concerne la stabilite seculaire dont les condi-
tions ne sont pas non plus changes par la force centrifuge composee.
II subsiste m<§me en ce qui concerne la stabilite ordinaire, mais seulement a
la condition qu'un seul des coefficients de stabilite s'annule k la fois. Nous
avons vu en effet qu'il ne peut y avoir m^me stabilite ordinaire quand un seul
coefficient de stabilite (on plus generalement un nombre impair de ces coeffi-
cients) est positif et les autres negatifs.
76 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
VIII. — Fonctions de Lam6.
Apres ces longs prolegoiuenes, j'arrive a Fobjet principal do ce travail.
Nous nous occupons de determiner la forme d'equilibre d'une masse lluido
homogene dont toutes les molecules s'allirent d'apres la loi dc Newlon et qui
est animee d'un mouvement de rotation uniforiuo autour de Faxe des z. Si nous
ne noas occupons que des conditions d'equilibre on laissant de cote la question
de stability, nous n'avons pas a tenir conipie de la force centrifuge composee,
et nous pouvons traitor le probleme conime s'il s'agissait de I'tiquilibre absolu
d'une masse (luide soumise seulement a {'attraction newtonienne et & la forco
centrifuge ordinaire.
Nous connnissons deja plusieurs series lin&iiros r<VlIes de figures dY»qui-
libre, ce sont les ellipsoi'des de revolution et los ellipsoidcs de Jacobi. La figure
de ces ellipsoi'des depend de la vitcsso angulaire de rotation w qui jouora ici le
m£me rdle quo jouait le paranietre^ dans les paragraphos II, III el IV.
Nous pouvons, sans restreindre la g<^n6ralit(^ iinposcr a notre masse tluido
certaines liaisons, L'axe de revolution que nous avons pris pour axe des ^, pent
^tre regard^ comme fixe. Nous regarderons <5galement comme lixe le centre de
gravit6 de la masse. Cela ne suffit pas encore pour notre objet; si Ton se
bornait Ici en effel, on pourrait faire tourner Pellipsoi'do de Jacobi d'uu angle
quelconque autourde Faxe des s sans que lj<iquilibrecesse. On aurait done pour
chaque valeur de w une infinite d^ellipsoi'des a trois axes intSgaux qui satisfe-
raient i la question. Afin d?eviter cette circonstanco, qui sans pouvoir causer
de veritables diflicultes, nous g^nerait dans rexposilion, nous assujettirons
notre syst6mc 5. une liaison de plus, en supposant que le plan des %z soit im
des irois plans principaux d'inertie. II resultera de cetle hypothose tjue si tin
ellipsoi'de & trois axes inegaux satisfait a la question, ses trois axes d'inertie
seront les trois axes de coordonnees, et de plus le m<?me ollipsoido satisfera
encore £ la question quand on Faura fait tourner de 90° autour do Faxe des z.
Dans ces conditions, voici les resultats bten connus de la discussion des
equations d'equilibre.
Quand co2 croit depuis zero jusqu'a 4^Xo?ocj3, il y a quatre cllipsoidcs qui
satisfont a la question, a savoir deux ellipsoides de revolution et deux
ellipsoides de Jacobi. Ges deux derniers ne different Fun de Fautre que par
leur position, etFon passe de Fun & Fautre par une rotation de 90° autour de
Faxe des £.
SUR L'^QUILIBRE D7UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 77
Pour co2 = 4rc x 0,098, les deux ellipsoi'des de Jacob! se confondent entre eux
et avec un des deux ellipsoides de revolution que nous appellerons 1'ellipsoide E.
Quand co2 croit de 4^ x 0,0098 a 4^ X 0,1 12, il y a deux ellipsoi'des de
revolution qui satisfont a la question.
Pour 002 = 4^x0,112 les deux ellipsoi'des de revolution se confondent en
un seul E;.
Pour co2 > 4^ X 0,1 12, il n'y a plus d'ellipsoide satisfaisant a la question.
Pour parler le langage des premiers paragraphes, il y a quatre series
Iin6aires de figures r^elles d'equilibre depuis o)2 = o, jusqu'a co2 = 4^x 0,09;
il n'y en a plus quc deux depuis o>2 = 471 x 0,09 jusqu'a. co2= 4^ X o;oi i? et
il n'y en a plus du tout a partir de cette derniere valeur.
L'ellipsoi'de E7 est une forme liinite puisque, en faisant croitre w2, on voit les
deux ellipsoides reels de revolution se confondre avec E' pour devenir ensuite
imaginaires.
L'ellipsoide E est a la fois une foraie de bifurcation, (puisqujil appariient a
la fois a la s^rie des ellipsoi'des de revolution et a la s^rie des ellipsoi'des de
Jacobi et une forme limite, (puisque, en faisant croitre co2, on voit les deux
ellipsoides reels de Jacobi se. confondre avec E pour devenir ensuite
imaginaires).
Outre les ellipsoides, on sait qu'il existe des figures annulaires d'equiiibre,
dont nous avons parie dans le paragraphe V, Nous nous proposons de
rechercher s'il existe en outre des series lineaires de figures convexes d'equi-
libre non ellipsoidales. Pour cela nous chercherons a reconnaitre si parmi les
ellipsoides de revolution et ceux de Jacobi, il y a des formes de bifurcation.
Pour arriver a ce resultat, il faut calculer les coefficients de stabilite de ces
ellipsoides et rechercher dans quels cas ils s'annulent. On verra plus loin que
ces coefficients dependent des fonctions de Lame, mais nous allons d'abord
rappeler les r£sultats si remarquables des travaux de Lame et de Liouville au
sujet de ces fonclions.
Nous emploierons dans ce qui va suivre les notations de Liouville dans ses
lettres a Brachet (/. Math, pur es et appL, irc serie, t. 11, 1846). Rappelons
ces notations,
On donne a Fequation de rellipsoide considere la forme
78 SUR L'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
el Ton deSftml la position d'un point sur cet ellipsoide par les deux autres coor-
donates elliptiques /* el v.
Clue fonction de Lam6 d'ordre n est unc fonclion II de I'une des quatre
formes
R = p,0 R = ^pa —
(ou P7l d^signe un poljnome de degrc /i en p) el satisfaisaat a liquation
diff6rentielle
(B <5tanl ime constante convenablemeul choisic).
Avant d'aller plus loin, indiquons quelles sent les divcrses formes qu'il poul
ulile de dormer a 1'dsquation (i).
Nous poserons
pi= v/pa-~^S p2= \/pa— ca;
H = pT0== piTi= p3T2= pipaUoss pp2Ui= ppj Us.
L7 Equation peut alors se me lire sous la forme
(ft V
(I')
Dans celle equation g<Jii<Sralc, a repr^sente Time des variables p, pi ou pa?
et V Tune des sept fonc lions R, T ou U. On a d'ailleurs
a = «, il = /i(/n-i) si V = U;
a = 4, II as A(rt-f-i)— -» si V==T;
a = G, H = //(/i-t-0— • a si V = U.
D'aulre part
Si par exemple a = p, on oblieni :
p=/>, si V = R,
PSB^ — 2C«. Si V=Ti,
p = %p> si V = U,
Enfin on trouve
K=— B, si V==E,
K=~(B-c2)5 si V=T13
K»-(B-fir), si V = U0,
K« — [B-Hn(n4-i)^J, si V = R,
si c-^pi;
Si <T =s pa.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 79
Pour achever de d^finir la fonction R, nous supposerons
r R
lim — =i pour p = 03.
Qn
A chaque fonction R correspondent deux fonctions M et N que Ton obtient
en changeant dans R, p, y^p2 — b* et yp2 — c1 en p, y^ — fe2 et y/c2 — JJL^", en
ce qui concerne M, et en v, y62 — v2, y c2 — v2 en ce qui concerne N.
A chaque fonction R correspondra en outre une fonction S de p d^finie par
liquation
r
J
R2 ^(pi —
et satisfaisant comme R & liquation (i)
Liouville pose de plus
P h
1 =
P est la distance du centre de I'ellipsoide au plan tangent.
Liouville trouve ainsi les Equations suivantes :
M'N' da' 47TRSMN
, ,
(2)
2/1-4-1
Dans cette Equation (2) on considere deux points de 1'ellipsoifde ayant pour
coordonn^es elliptiques p, p} v et p, f/ et vr; M, N et I sont les fonctions d^fimes
plus haul de p. et de v; M', N' et V sont des fonctions correspondantes de p! et
de vr; A est la distance des deux points JJL; v et p.A, v(; dc^r est un 6I6ment de la
surface de Fellipsoide ayant pour centre le point p/, v' et i'intggrale est 6tendue
a tous les ^I^ments d^ de I'ellipsoide.
Liouville trouve encore
(3)
ou du est un £l£ment de 1'ellipsoi'de; Z, M, N, Mi et Nd les fonctions d^finies
plus haut des coordonn^es p. et v du centre de cet*4l£ment. M et N sont deux
fonctions de Lam£ conjugu<ies; M! et N4 sont deux autres fonctions de Lam6
^galement conjugu^es, mais qui doivent etre diff6rentes des premieres.
Liouville d6montre de plus que la fonction R est constamment positive et
croissante quand p varie depuis +c jusqu'a -f-oo. Pour les valeurs p = o,
p =± &, p = ± c, une des deux fonctions R ou ~7~V/(P2 —
s'annuler.
So SUR L'frjUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
II me reste a parler des Equations qui cl6ierinineni la constanle B.
Cherchons quelle est la condition pour que liquation (if) soit satisfaite par
un polynome de degre A, (ou A = ;a, si V= R; on n — i si V = T; ou n — 2
Posons a cet effet
Nous prendrons A = 2* si A est pair et A = ir/c -f- 1 si X est impair. Nous
trouverons alors en substiiuant cepolynorne a la place de V dans F Equation (i;)
et identifiant les deux membres
<I> - (X — su — a) (X — a« -h a — ,'0 — II
/ . p \ (/= o, I, •>,.,., x).
L'dquation (4) est une sorte de relation de recurrence qui pernuit de calculor
de proche en proche les coefficients y, en partant des valeurs initiales y<)~ i,
y_d = o. On trouve ainsi yi sous la forme d'un polynome de (Iegr6 i en A*.
Comme on doit avoir yXH = o3 la valour de A (et par consequent celle de B) se
trouve donn6e par une Equation algebrique dc degr^ x -f- K
Nous avons vu plus haul que la fonction R pent prendre Pune des quatre
formes
H = P/i5 H = \/p2— 6MI>w-i,
H =
A ces quatre formes correspondront quatre Equations en B qui seront respecti-
vement de degr<§
n n n n
H-I, ? et -
7
si n est pair, et de deg*r6
si n est impair, et que j'appellerai pour abrdger (E4), (Ea), (Ea) et (E4).
Pour former Tune de ces quatre Equations, on formera liquation (i') de fagon
que la fonction V doive ^tre un polynome entier et Ton en d^duira les Equa-
tions (4) correspondantes. II est £ remarquer que chacuae de ces qualre
Equations peut £tre ainsi construite de trois mani6res diff^rentes. En effet,
SUR I/EQUILIBRE D3UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 8 1
pour chacime de ces quatre formes de la fonction Ron pent ecrire Inequation (i)
de trois manieres diff^rentes, selon que Fon choisit pour variable ind£pen-
danle p, pi ou p2.
Lame a d4montr$ que ces quatre equations (E) ont toutes leurs racines
reelles. Liouville, en rappelant ce resultai, ajoute que la methode de Sturm y
aurail conduit plus rapldemeni. Gomme il ne donne pas d'autre detail, il ne
sera peut-<Hre pas inutile d'6claircir sa pens^e par quelques explications.
Si Ton revient aux Equations (4)? on verra que le coefficient <D y est toujours
negatif el le coefficient 0 toujours positif. Si done on suppose que q soit
negatif, les fonctions yj qui sont, comme on Pa vu, des polynomes entiers de
degre i en B, jouissent de la propri6t6 caract6ristique des fonctions de Sturm,
c'est-a-dire que, quand yz- s'annule, yz-+d et yr-_i sont de signes contraires. On
voit de plus que si le coefficient de kl dans y$ est positif, le coefficient de kl+i
dans yj+.i sera negatif et r^ciproquement. On peut done appliquer le raison-
nement de Sturm a la suite y^+ij yxj • • *? ya? Y1' To* ^ais on peut toujours
supposer que q est negatif; il suffit pour cela de prendre pi pour variable ind£-
pendante. G7est ainsi que la methode de Sturm est applicable aux Equations qui
nous occupent.
D'ailleurSj si q est ii^gatif, et si Ton 6limine les y entre les Equations (4) par
le moyen d'un determinant, Fequation (E) ainsi obtenue aura la m£me forme
que « liquation en S » que Ton rencontre quand on recherche les axes
principaux d'une surface du deuxieme ordre.
Voici une autre demonstration du merne theoreme, que je crois nouvelle et
qui p.ourra nous etre utile.
Dans le cas de 62= c2, on a ainsi que Liouville 1'a rnontr^ :
_ _
2/1(2/1 — i)...(n — tn-i)
Dans le cas de b~ = o, on a
==s 0? I? 2, ..., 71
t
Ainsi pour 62= c2 les racines des Equations (Ei) et (E4) sont
H. p, — -
82 SUR L'EQUILIBRE D'tWE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
el cellos des equations (Ea) el (E;{) soul
!„(„ -4-!) -tjc-5, [/f(/n- i) --()(«" ..... | //( /i -H i) - (/>./' 4- n" |r- (/'/-4-r ;n.
Ainsi si Toil envisage seuleiueul les equations (Ei) el (E2) par exempli* , les
racines de ces deux equa lions seront Louies reelles o,t so separeronl muluel-
lemenl.
Kaisons varier 6- d'une inauiere continue depuis sa limile superienre r-
jusqu'a sa liinitc mferieure zero, Les raeines dos deux equations (H*) t-t (&>)
varieront d'une maniere continue. Pour qifelles eessassent d'elre touicsr^elles,
il faudrait que deux racino.s do (Ei ) oti deux racines dc (E2) dcvinssent c^ales.
Mais pour que eela ful possibl<1, il iaudrail (Pabord que les racines des deux
equations cessassent de se stiparer inultielleineiil. I>our (ju'olles cessassent, de sc
s^parer, il faudrail que Tune des raeines cle (Ef) devint eyale a une des racines
de(Ea).
Or je dis que cola esl impossible. Soil en eilel H une racing que nous
supposons appartenir a la fois a (E, ) el a (Ea) el onvisagoous r<'u[uatJon (i)
correspondante.
Celte Equation admeltra deux in(<f|gralos, 1'une de hi forme P,,, Paulre do la
forme \/pB— ca P/^I. Soienl JK el IM c(^s deux integrales. On pout former une
6qualion lineaire du troisicmc ordre, a coeflicienls ralioimels el admellant pour
int6grales les Carre's des inlegralcs de (i). Un svsleme fondamenlal d'inlegrales
sera R-, RRi el 11^. Celte (iquatioii admeltrail done comme integrates deux
poljnomes entiers 11- et RJ essentiellem.ent distinct s.
Mais liquation (i) admot^ oulro I'iuL^gralo 1^, Pinlegrale S dcfinio plus haul
el qui esl tolle que
pour o •= x.
Liquation du Iroisicme ordro donl nous venous d(^ parlor admoltra done
comme systeme fondamenlal d'iut<5grolos IV, HS, S-. Si nous convenors de
dire qu'une fonction F de p est de degre" /> en p -si le rapport de F a p/1 tend vors
uiie limite finie qoand p croJt inddfinimont, il resalie de ce qni pr6c^de quo les
irois integrales lla, RS el S'J sont respectivemeni de degr<£ an, ~ i et
— (2/1 + 2). Une inteyrale quelconque de liquation du iroisieme ordre sera
une combinaison lineaire de It3, RS et S2; elle sera done, a moins d'dlro identi-
quement nulle, de Fan des irois degrt^s an, •- i et — (2 /&•+•:>,).
Or R-^-rRj qui est une de ces integrates, rie peut dire ni de degre — i r ni de
degr6 — (2/1 + 2) puisque c^esl un polyaome entier; ni de degr6 2/z, puis<[ue
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 83
le premier terme de R~ est p~n de meme que le premier lerme cle R.I, de sorte
que les lermes de degr^ 2,71 disparaissent dans R* — R^, II faul done que
R2— R|=o ou R = Ki,
ce qui est impossible et contraire aux hypotheses faites plus haut. Nous devons
done conclure que les racines des equations (E,) et (E2) sont toutes reelles el
se separent mutuellement, quelle que soil la valeur de b~ .
Cela va nous permettre de distinguer les unes des aulres les diverses
fonc lions R.
Nous ecrirons R^J- L'lndice sup6rieur A1 sera £gal a i , 2, 3 ou 4 selon que R
sera de la forme
ou v/p— £*P,,_,, ou vP2— £a/i-i
L'indice n indiquera le degr£ de la fonclion R, enlin Findice i devra etre choisi
de telle sorte que R/^j se r^duise a
i
A(p2 — ca)2D *-»-"( p2 — c2)« pour 62= c-,
A d^signant un coefficient constant dont on trouvera plus haut la valeur, et le
signe D*"+/1 exprimant qu'on doit effectuer i 4- n differentiations par rapport a p.
On voit aisement d'apres ce qui precede que la fonction RC7£] est parfaitement
d^terminee. Pour 62== o on trouve
ouy a une valeur que nous allons determiner.
On voit aisement que i est pair si k = i ou 4 61 impair si k = 2 ou 3 ; tandis
que j est de meme parit^ ,que 71, si k = i ou 2 et de parit^ difKrente si A* = 3
ou 4- De plus, pour une me*me valeur de A*, les valeurs de j devronl croitre
quand celles de i d^croitront. On a done i
si k == i ou 3 : i-\-j*=m\
si k = 2 ou 4 • i -hj = n -*~i*
Nous pouvons d^duire de la. quelques propri6tes des fonctions R. Combien
Fequation
(5) , R^/=o
[ou le premier membre est suppos6 d^barrasse du facteur radical ^py • — b*j
\/p- — c'1 et \/(p2 — &2) (p2 — c2), qu'il pourrait contenir, ainsi que du facteur p
84 SUR L'EQUIUBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
s'il y a Ueu] aura-t-elle de racines reelios et comment ces racines seronl-ellos
distribu6es? Nous prendrons pour inconnues p- el uon pas p, Kaisous d'abonl
#2— c~. On verra que liquation admettra I racines egales a c'2 el "n racines
comprises entre z4ro el c1.
Si nous faisons ensuite i-^o, on verra que liquation admeUra £' racines
egales a z6ro et t)1 comprises entre z^ro el c1.
Les valeurs des nombres £, yj, % el r/ nous seronl donnces par le tableau
suivant, ou la pi^emiere colonne donne la valeur de /.', la seeonde le r<isle de n
a 2 et les <[uatre autres les valeurs des quatre nombres : / - - :>,;? n — / — - :ro,
I , O. C), O, O, O
I , I , O, I , I , O
<J. , o, I , i , •> , o
«, I, I, O, I, O
'i , o , i , i , i , i
3, i, f; o, o, i
•I? l>> '>: <>j 1- I
4, i, •>.? i, •>, i-
Ge tableau monlre que Ton a toujours
Quyarrive-L-il maintenant pour les valeurs d<^ b* comprises entre ztfro ot r2 ?
Pour une pareille valeur, liquation ne peut avoir de racine mulliplo, car si
pour une certaine valeur de p, 1\ et -^- s'annuluient u la fois, le coefficient
^ dans liquation (r) devrait dtre nul ('jgalcment, ce qui cutrainorail
2 =s " OU
D'autre part aucune des racines de liquation ne peut £tre <Jgale a zero, a />a ou
a c2; car si Ton forme liquation d<5terminante de liquation (i) pour les
points p=±6, p=H^c, on trouve que les racines de cette 6quation ddtermi-
nante sont z4ro et r- D'ailleurs, comma on a suppos^ qu'on enlevait dans
liquation (5) le facleur p s'il s;y trouvait, il ne pourrait arriver qu'H y res tat
ensuite, que s'il y entrait au carre avunt qu'on ne Teut enlev6. Or nous venons
de voir que cela ne peut etre.
On doit done conclure que lorsque b'2 ddcroit depuis c2 jusqu^ a<Sro,
liquation (5) aura g4 racines r^elles entre z£ro et 62 etTii racines rcielles entre
62 et c2 et que ces deux nombres £t et y]4 demeureront invariables.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 85
Pour 62 = c2, il arrivera que les YH racines comprises entre b~ etc- devien-
dront egales a c'-; on pourrait supposer aussi qu'un certain nombre de racines
d'abord imaginaires, ou non comprises entre b- et c- tendent aussi vers c2
quand b- lend vers c-, de sorte qu'on aura
Quant aux £< racines comprises entre zero et 62, elles resteront comprises
enLre z6ro et c2; on pourrait supposer toutefois que quelques-unes d'entre elles
se r^duisent a c2 ; on aura done
?i^-n.
Supposons maintenant que b- tende vers zero; il arrivera que les \\ racines et
peut-£tre d'autres tendront vers zero, et que les vji racines resteront comprises
entre zero et c2, quelques-unes d'entre elles pouvant se r£duire a zero. On
aura done
Mais si d'autre part on observe que Ton a
C — ,J f — .r
•B — rl ; ^ — ri5
on verra qu'on doit avoir constamment
II en resulto que liquation (5) a toujours toutes ses racines r^elles et comprises
entre z6ro et c- ; quant au nombre de racines comprises entre z£ro et 6~, ou
entre 62 et c-, il est donn6 par le tableau pr^c^dent.
Si par exemple n est pair, liquation R^j=o aura ~ racines comprises
entre zero et b- et f comprises entre b- et c- (1).
Je ne veux pas, pour le moment du moms, m'^tendre plus longtemps sur les
propri^tes generates des fonctions de Lame; je me bornerai a rappeler les deux
rosultats suivants qui sont bien connus.
En premier lieu; B est toujours compris entre zero et n(n -j- i)c-.
En second lieu, une fonction quelconque de /jt et de v, pour les valeurs de v
comprises entre zero et b- et pour celles de p. comprises entre b- et c-, pent
(l) Ges resuhats ont cte clonnes par M. Klein, qui y a ct6 conduit par des considerations un
peu differentes.
8(> SUR I/EQUIUBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
ou jours otrc d^veloppee en une sme de la forme iA/M/Nn ou A, Msigiio tin
coefficient constant, pendant quo M, el iN,- ddsignenl deux functions de Lame
conjugates de \j. et de v.
IX. — Determination des coefficients de stability. .
Considdrons un ellipsoYdc ilaide el homogone en tiquilibre sous raclion de
raltraclion ncwloniennc et de la force centrifuge. Supposous (\\i\\ subisse une
deformation inlinimonl petite, sans que son volume change, el cherchons a
6valuer le travail des forces qui agissenl sur Ie corps pendant celle deformation
infiniment petite. Soil
1'ellipsoide onvisagci el soienl, p. (M,v les coordonnee.s olliptiques qui
la position d'un point sur celle surface. Soil £ la dislanco de rollipsimle- \\ la
surface d6formee compile sur la norniah1 a l'elli|)soide; soil <f In resullanle de
1'altractiun et <le la force centrifuge en un point de la surface de 1'ellipsoTdo a
1'tHal d'(>quilil)re; cetu^ r^sullanlo esl comme on sail normal** a rellipsoidt*.
Soil enfin d*f> un Element quelcoatjut^ de la surface de 1'ellipsoide. Pendant la
d6formation, une molecule queJooncpie [>eul etre regard Ac ooinine souiuise a
Lrois forces : a Tallraclion de 1'ellipsoide suppose lixe, a I'nllractioxi du hourreK»l
infinitesimal foraui par la diir^ronco en Ire la surface d6fornHuv el rollipsoide, <»l
^ la force centrifuge- Si nous considerons un point mal/kriel (|uelconqu(l de
masse i et que nous appelions A sa distance a im (Element c[uelcon([ue dm1 de la
masse de Pellipsoi'de et r vsa distance a Taxe des 5; si nous posons (!)
.. r (fni <oa /--
v==j _^H. „_,
la variation de V mesurera pr^cis6ment le travail des forces agissaut sur co
point materiel ^l dues a Fattraction de I'ellipso'ide et a la force centrifuge, en
laissani de c6tc5 1'atlraction du bourrelel dont nous venons dc parlor.
11 r^sulle des hypotheses faites, (pie sur toute la surface de Pellipsoide, la
fonction V a une valeur constante que nous appellerons V0. Si an lieu d'un
(:) On rcrnarquera que je dosigne pur w la vitess^ de rotation et par dw un clement de
I'cllfpsol'dc; par jx une des coordounees elliptiqucs ct par dy< un £l('kn)ftiit <lu hourrelct. Tl n'cn
peut risulter aucunc confusion, puisijue lea difTercntielles fie co et d<k jx nVntrcnt pus <lanH l<i
SUR L'gQUILIBRE D?UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 87
point situ6 sur Fellipsoide, nous envLageons un point M infiniment voisin de
cette surface? nous abaisserons du point M sur Fellipsoide une normale MM' de
longueur infiniment petite ^. La valeur de la fonction g au point M sera pr^ci-
s6ment aussi la valeur de la d6riv6e de la fonction V, estim^e suivant la
normale. On aura done au point M, en n^gligeant les tnfiniment petits du
deuxieme ordre
V = V0-*A.
Quelle est maintenant Fenergie potenlielle Lolale de la masse fluide deforni6e ?
L'^nergie due a Fattraction seule aura pour expression - f m m <> dm et dm1
<Hant deux £l£ments quelconques de la masse fluide et A la dislan.ce deces deux
£l£menls. L'^nergie due a la force centrifuge sera / — r2dm, r etant la
«y 2
distance de T^ldment dm a Taxe des 3. Le double de F^nergie potentielle totale
sera done
--- rrdmrfm' r „ , ,
2 W = // ^ / to2 r*- rim .
J'appellerai W0 la valeur de W dans Ffiial d'equilibre, cjest-a-dire quand la
figure de la masse fluide se r^duit a Fellipsoide.
Mais nous devons distinguer parmi les 616ments de la masse fluide, les
^l^ments de Fellipsoide que j'appellerai dm et dm1, et les 6l6ments du bourrelet
que j'appellerai dp et dp', Parmi ces elements, il y en aura den£gatifs> puisque,
le volume ne changeani pas pendant la deformation, on doit avoir
On a done
/dm dm! r
—±-^J
ce qui peut s^crire
ou puisque
CO2 r9-
•-/"
on aura
1 dp dy!
~A~~
88 SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDK EN ROTATION.
Considerons un 6l<*menl queleonque rfr,» de la surface de FeUipsoide. Mcnons
par les divers points de cet element des normales a IVItipsoide. Nous aurons
ainsi determine une sortc de cjlindre inliniiuenl dciliti el, dans lequel nous
dticouperons une tranche infmimenl mince on le coupunt par deux plans situ&s
a des distances X et X + rfX du centre do l'61<Smenl rfw et parallels au plan de
cet element. Si A est compris enlre zoro et £, la tranche ainsi clocoupoe dans ce
cylindre appartiendra a notre bourrelel; ce sera un do nos elements dp., do
sorte que nous pourrons ecrire
Nous 6crirons de mSme
Nous aurons done pour irouver Fexpression do VV a calculer les deuxinl^gralos
/V tO\ ^f> ct // • -T ~ *
,// A
Mais A e"lant tres petit, on a rommc on a vu
ce qui donne pour la premiere inl6grale
/r
w-j &<**>.
Le premier terme est mil; le second peut s'o'crire
.»/•*» /* ?*'-
— / ^'<:Ao / A r//, on bitiii / A'' ^/<o.
H reste i\ calculer la seconde inlegrale. Nous remarquerous quo X et X; (itant
tres petits, on peut considdrer A comrne rcpresentanl non pas la distance des
elements dp et dp!t iuais celle des (Ucments d<* et r/a>; qui on dill'dro tres peu*
A est alors ind<Spendant de X ot de A' et Ton peut ecrire
'^L , ff*»£L fa C rfx-- ff'<'»<wy
11 reste done fmalement
Avant d'aller plus loin, il faut calculer ^, La force g peut dtre d^coinposie
en trois composantes dirig6es suivant les trois axes des #, des y et des z* La
composante parall^le ^. 1'axe des x par exemple, est parallfelo i\ la coordonnde x
du point d'application. De mfime pour les denx autres composantes.
SUR L'EQUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION, 89
Si done on appelle a, (3, y les cosinus directeurs de la normale et £, kf , kff
trois constanleSj on aura
Mais liquation de I'ellipsoi'de est
—
"P "*" ps
ce qui donne
= - P S = v p
2r' H-8r,
/ '•-
V/^^cp2-^)2
On a done
Si nous reprenons les nolations du paragraphs pr6c6dent el que nous ecrivions
p
il viendra
K. 4lanl une nouvelle constante ne dependant que de p, b et c.
II resle a determiner cette constante. Pour cela il suffit de calculer Fexpressioii
de g a I'extrthnile de Taxe des z\ dans ce cas, g se r^duit a ^attraction de
Pellipsoide et peut s'6crire
W2 du
f h
J* l/[pa— c2-
2 — 62)w2](p2 — ea-h<
D'ailleurs on trouve ais^ment
/ f
11 vient donc; par une transformation simple de I'intigrale.
La fonction \/pa — c2 est une fonciion de Lame que nous appellerons Rt ; c'est
d'ailleurs la fonction que nous avions d£sign6e dans le paragraphe pr^c^dent
par la notation plus compliquee : R^i- Nous chercherons & ^viler les triples
H. p. — VII. ,12
()o SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDS EN ROTATION,
indices toutes les fois qu'il ne seront pas neeessaires el nous raugwous los
fonclions de Lam6 dans un ordre quelconqne; nous les appellerous l\\,
RS, . . . , R/, .... Nous poserons done
It, = y'^ -- - C'1'.
Si d'aulre part, nous envisageons la fonction SA conjugu^e de Hl7 nous aurons
(It
^"- r" ^ \ t ''-•- ^- ^< /:> * ^''^
On a done a rextromii^ de I'axe des z :
et comine nous avons vu plus haul quo ffl esl une coruslantc>t nous
conclure que gl conserve cette valour sur toulo la surface de Pellipsoide.
r
DtSveloppons maintenant J qui esL une fonction de /JL ot de v on tuie serit*
convergenle de la forme suivante : J£Ar-M,-N<-, A/ <Hant des conslantes et M/, \/
des fonctions de Lame. Cela est lonjours possible, eonune nous Tavotis dit a la
fin du paragraphc prScddeni. Nous aurons done
et de mdme
On tire de 1&
Oil
^ "
1'1 rfw M * N*
ou
yh^?rfo)=2^wHiSi/'/M'sN^ci>"!'2A/A
Si Pon observe que
AM/NfMjfcN/:rfo>=so,
il reste
= |»RiSi21A* fmfWftto.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
On troave cPautre part
f'(£ ,/
_
- - A,
les deux indices / et A1 pouvanl etre 4gaux ou diflerents. Mais on a
ri'wkwkdur ^ ^I^SAM^,
J & •_> n -h i
On a done
Si i esl different de k, on aura
II i*este done
^^' AM,Nf
A L J L l
2 /I -h I
On arrive done finalement a 1'expression suivanle pour W :
72, est bien entendu le degre de la fonclion de Lame R/.
Nous pouvons consid^rer la forme de la surfaee deformee comme d6finie par
les coefficients Aj. Les coefficients de stability seront alors
Pour qu'un des ellipsoides puisse ^tre une forme de bifurcation, il faut quo
Fun de ces coefficients s'annule, c'est-a-dire que Fon ait
3 2 n •+- 1
pour 1'une des fonctions R/.
D'apres cela, il y a un des coefficients qui est toujours nul, c'est celui qui
correspond a i = i. Cela etait aisd a prdvoir. En efFet on peut d^placer Fellip-
so'ide parallelement a lui-m^me et parallelement a Faxe de revolution sans
changer F^fcat d'6quilibre. Si Fon imprime ainsia Fellipsoide un mouvement de
translation infiniment petit et parallele a Faxe des ^, et si Fon appelle ? la
distance des deux ellipsoides infiniment voisins co*npt6e suivant la normale,
on a en n<3gligeant les infiniment petits da deuxieme ordre :
i<>2 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDK EN ROTATION.
\.i etanl uiie eonslante. Commo les deux ellipsoidos .soul des surfaces dYiqui-
libro, il faul done hien que le coefficient do stability qui correspond a /- i
s'annule. V a-t-il des cas ou d'atilres coefficients do slabilile s'annulent ? rVst
ce que nous cxaminerons dans Ics paragraphes suivanls.
On pent arriver a liquation (i) par mie aulre voio nn pen plus simple el
que j'aurnls meme pr<StVkree si j<» no mi; n'^(krvais d'oxaminor plus loin la (juesl ion
de stability.
Supposons que Ton ajoulc a I'aUraclion nfiwLonicune el a la force contrifngo
qui agissent sur la masse iluide, des forces perlurlmlrices quelcouquos, inais
tres petiles. La masse iluide prcrxdra alors nnc forme d't^quilibre ires pen diiV^-
renie de I'ellipsoi'de. (lello forme sera unique si aucim d<»s cocfiicii^nts do
stabilite ne s'unnule; elle sera inal deU»nnin(r'tj en general, si Tun do cos coeffi-
cients est nul.
Nous reprondrons Jes monies notations que plus haul el nous definirons la
surface d'equilibrc defonnee par la valour de t que nous dov(»lopperons en
serie coinme prec^demmenL :
les A/ (ilanl clos coefficienls inHiitajenl pelil-s qu'il s'agit de determiner pour
definir la nouvelle forme d'equilibrc. Soil coinnio plus haul V le potenliel du
a I'aUraclion de Pellipsoide cl a la force <%enlrifu^e, r le potonliel du a 1'atlrac-
llon du bourrelet, vf le polentiel du aux forces perturbalrices. On devra avoir
sur toulc la nouvelle surface d'equilibrc :
1 -+• /= const.
Mais on a, puisquo Z. cst infiniment pelit,
V = V«
et de plus
A eUnt la distance d'un point quelconque du bourrelet uu point envisage de la
nouvelle surface libre; mais comme £ est infmimenl petit, on pent remplacer
ces deux points par leurs projections sur rellipsoide. ^ est alors la distance de
deux points de Pellipsoide el Pon a
-s-
A -""^ .,„ + ,
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 93
Nous pouvons 6crire d'ailleurs
les B, £tant des coefficients tres petits que Ton. peul regarder conime donnes.
L'equation (2) pourra alors s'6crire, et remplagant g et £ par leurs valeurs,
- T R' s^2 A*M'N<+ ^Z ^^^^2BzM^^const-
Nous identifierons dans les deux membres les coefficients de M$N, et il viendra
Ces equations ditermmeroiit completement les coefficients Az et par conse-
quent la nouvelle forme d'^quilibre, a moins qu'on n'ait
C;est done la aussi la condition pour que Tun des coefficients de stabilite
s'annule.
X. — Discussion de Fequation fondamentale.
Nous avons maintenant a rechercher si liquation
«> Hr-^-"'
ou p2 est 1'inconnue admet des racines comprises entre + c/2 et +00.
Parlons d'abord de liquation plus generate
p -
n et m 6tant les degres des fonctions B./ et R^. Le premier membre F tend vers
z^ro quand p croit ind^finiment, car les fonctions R#S/f et RiS^ sont de degr6
— i en p, comme on Fa vu dans le paragraphe pr^c^dent. Si R^ et R,- con-
tiennent en facteur \/p2 — r2, F s'annule encore pour p2 = c2.
On a d'ailleurs
_
R| R/£ 2/n-hi RJ
Les racines de liquation
(3) =o
94 SUE L'fiQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
qui soul superieures a c~ sent les mouios quo cellos dc rcqualion (:><); on ellel
R/t- pent s'ammler pour p- = c~, mais jamais pour p- 1> r- .
Si nous voulons soparer les racinos de IMqualion (3), il sufiil d'appliquor lo
theoreme de Rolle el d'ecrire quo la derivee du |>roini<»r inembre do (3) ost
nulle. On oblienl ainsi ['equation
r/p ('.>.//A H- 1 )Ii/. Ujr. c/^ ( '* // H~ I ) H/ <•'//• I- 1 ) U, //;^ l\'/.
Mais on-a, d'apres la deiinilion memo des fonclions S :
// S/; - -i ,/ s/ - -i
II reste done
ee qui exprime quo le rapport ^ passe par uu iiiaxinuini ou miuiauini, car S
ne peut s'annuler.
Nous pouvons done ononeer le resultat suivuul :
Les racinos de liquation (2) siip^riewres & r-, en l«iss«nl dc col6 la racmoru
si elle exisle, soal s^par^es par les racines de IVjqualiou
ee qui peut encore s'ecriro
(4)
ou
Clierchoiis mamlonanl a separer les racines de liquation (4) ellc-nuhno,
pour cela annuloas la dfirivio du premier membre par rapport a e. 11 viendra
ou
Mais liquation (i) du paragraphe V11I peut s'cScrire
R;
en ee qui concerne K/ ct
SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 96
en ce qui concerne R/f. Liquation (5) devient ainsi, en supprimant le facteur
RI-RA qui ne peut s'annuler pour les valeurs superieures a c- :
(<>) [fl(fl -HI) — ni(m -f-i)]p2— 13, -j- B/w = o.
II est clair qu'une pareiile Equation ne peut avoir qu'une racine sup^rieure
a c1. Liquation (4) aura done au plus deux racines egales on superieures a cj,
et liquation (2) aura au plus irois racines superieures a c- (sans y compreiidre
la racine c1 si elle existe, mais en y eomprenant la racine co ).
Si liquation (4) n'a aucune racine sup^rieure a c~} le rapport ^ estloujourb
croissant ou toujours d^croissant quand pa croit de c- a Finfini.
Supposons par exemple qu'il soit toujours croissant. On aura alors
d R* „ , d F
^•R|>OJ dou ,7pR|<0'
tj<
Fexpression ^ est done toujours d^croissante etcomme elle tend vers z^ro pour
p = oo , elle doit toujours etre positive. On a done F > o.
Revenons en particulier a 1'equation ( \ ) et supposons
H/, = K, = vV— c«,
Supposons d'abord que Rt contienno en facteur y/p2 — c-, nous pourrons
derive
cp etant un facteur qui pourra etre p, p \p2 — ^" ou VPa — *a et ^i ^tant un
polynome entier en p'J. Liquation P/=o n'est autre que Fequation (5) du
paragraphe VIII, d£barrass£e des facteurs que nous so mines convenus de lui
enlever. Nous avons vu que cette 6quation a toutes ses racines reelles et
qu'elles sont comprises entre z4ro et c2. Liquation -^ g2 = o aura done aussi
Loutes ses racines reelles et comprises entre z£ro et c2; d'ou il r^sulte que, p-
croissant de ca a +co, P; sera constamment croissant. II en est de m£ine de p
_ r>
et de \/p2 — 62 et par consequent de 9 et de -^ = 9 P* . II en r^sulte que si R/
contient y/pa — c2 en facteur, 1'^quation (i) n'a aucune racine sup^rieure a c-
et que son premier membre est toujours positif.
Supposons maintenant que R; ne contienne pas yp2 — c2 en facteur. Quand
p est tres grand, on peut regarder - eomme un infiniment petit du premier
ordre.
> SUR L'EQUILIBRE D?UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
On a alors en n<%ligeant les infiniiuenl petits du douxieme ordre :
i ,, , RiSi K/S,
Lc premier membre do (i) esl done loujours positif, a moms quo //- no soil
6gal a i *
Pour pa=c'-', UtS, s'aimulc el par hypotheso Il,-S£- no s'anuulo pas; le
premier membro <jsl done nrtgalif. /Vinsi la substitution d(» r/2-—r- el d'une
valour de p- positive et Ires grando domic dos resultais d(^ signc ronirairo; lo
nombre dos racino.s d<> I'iquation ( i ) suporicures a r- el finios sora done
impair.
Or nous avous vu que le nombro dcs racine.s suporiourtis n r- olaii au plus
tigal a 3, en j comprcnaal la racine p-^.-co; si Ton ne ticnl pas compte do
celtc racine, le nombre des racincs sera au plus tfgal a 2; (vl corn me il doit etni
impair; il fautqu'il soit 6gal 4 i .
Nous avons laiss^ cle cdtti le cas ou /* = i auquel correspondent deux fouc-
tions l\ij a savoir
II esL ais6 de voir quo quand p2 croil depuis r3 jusqu'u +oo7 les rapporls
•• . ...... - fit -• ""..' ..... r^-rrr^ vnni. loniours en d(ioroissanl. On doil done conclure crue
^/p2_c, ^2_c>:! •» i
liquation ( i ) n'a aucune racine finie et plus grnnde quo r'J, et quo son premier
inembre est ton jours n^gaiif.
Voici done en resum<£ cpiel est le nombre des racinos de liquation ( i ) finios
et sup^rieures a ca :
KZ divisible par \f p- — e'2; pas de racine; premier rnembre positif;
R* ^o/i divisible par \/p3 — c2; n > i ; zm# racine;
R.i non divisible par \/p* — c2; n = i; /?a^ «fe racine; premier rnembre
nggatif.
Revenons maintenant au cas gehi^ral, et. cessons de supposer que R*-. = HI ;
qu'arrive-t-il alors de liquation (2) ?
Soit d'abord 7z>m, et supposons qne 11/ soit divisible par y^'-— 'r^ ot que
R/c ne le soit pas, On voit alors tout de suite que F est positif pour p'J= #a el
pour p2 tres grand etposilif. Liquation (a) nja done pas de racine finie et
SUR L'EQUILIBRE D*UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 97
r>
sup^rieure a c2, ou bien elle en a deux. Quanl au rapporl ~? il est nul pour
p2 = c2 et infiai pour p2 = oo ; il est done croissant pour les valeurs de p2 tres
peu superieures a c2 et pour les valeurs tres grandes. Done dans les cas ou
F^quatioii (2) a deux racines, il doit en £tre de meme de liquation (4) et le
rapport ^ doit presenter un maximum et un minimum.
Supposons maintenant que R/c soit divisible par y/p2 — c2 sans que R, le soit.
Alors pour p2 = c3, on a
F<o;
pour p2 positif et tres grand,
F>o;
il j a done un nombre impair de racines, et comme ce nombre ne peut
d^passer 2, il faut qu'il soit £gal a r.
Supposons maintenant que R< et R/t soienl tous deux divisibles par \/pa — c-
ou ne le soient ni Fun ni Fautre; on aura alors pour p2 = c2 :
II est possible que cette mdrne Equation (4) puisse avoir une autre racine sup£-
rieure a c2, mais elle n'en peut avoir qujune. Pour qu'elle en ait une, il faut
d'abord que liquation (6) en ait une, c'est-a-dire que
(7) B*— Bji> [n(n-Hi) — m(m + i)}c*.
Gette condition est d'ailleurs suffisante. Si celte condition est remplie liqua-
tion (2) pourra avoir une racine. Dans le cas contraire elle n'en aura aucune.
D'ailleurs il en est encore de mdme si, la condition (7) n'^tant pas remplie, R?
est divisible par y/p2 — c- sans que RA- le soit.
Dans le cas de n=m^ qu'il nous reste a examiner, liquation (6) qui se
r6duit a
Bz— B^=o
ne peut avoir aucune racine. Liquation (4^ ne peut done en avoir qu'une et
liquation (2) en aura ^galement une au plus.
Si de plus R/ et R# sont tous deux divisibles par y/p2 — c2, ou ne le sont ni
Fun ni Fautre, le premier membre de (4) s'annule pour p2=c2 et ne peut
avoir d'autre racine. Liquation (2) n'en a done aucune.
Si Rf est divisible par \/p2 — c2 et que R* ne le soit pas, il peut y avoir z^ro
T>
ou une racine. II n'y en a pas si ~ est plus petit que i pour p positif et tres
H. P, — VII. i3
gS SUR L'£QWLIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
grand. II y en a une dans le cas conlraire; car alors pour les valours ires
grandes de p, F est nigatif, et pour p3 = c~, on voit ais^meut quo F est positif.
En r6sum£ on a
s n > m
si n > m
si n >• m
si /i > m
si n = w
si /i = /7i
si 72. = /n
si n = m
R^ div. R* non div. o ou 2 racines;
Rf non div. R* div. i racine;
Rf div. R* div. o ou i raciue;
R^ non div. R* non, div. o ou i racine;
R/ div. FU- non div. o cm i raciue;
R; non div, R* div. o ou i racine;
Rj div. R^ div. o racine;
Rt non div. R^ non div. o racine.
XL — Ellipsoxdes de revolution,
Parmi les ellipsoides aplatis de revolution qui soni des figures d'6quilibre
de notrc masse fluide, y en a~t-il qui sont des figures de bifurcalion ?
Pour 6tudier ces ellipsoides nous prendrons pour variable ind^pendante
\/e'-* — ca que nous appellerons k & 1'exemple de Liouville el non plus pa? afin
d?6viter Findice 2, Nous prendrons c pour unit<5 de longueur, de telle sorte que
c2 = i , On aura alors
L
/+w(Aa-4-i«, ou i+=an ou TI-+-I,
A 6tant une constante et D un indice de d6rivation par rapport A A\
A une m^me fonclion
(i)
correspondent en g<5n£ral deux fonctions de Lam6 distincies, 4 savoir :
R«-;,n et RJU.s_;iB si /w-4- n est pair
et
R;l_;)n et RJ^i-/|n si / -H n est impair.
A chaque fonction (i) correspondent done deux coefficienls de stabilitd que
j'appellerai pour abr^ger By,rt et Gjtn. II y a exception quand /~o. Daxxs
ce cas en effet, ^ une fonction (i) ne correspond qu'une seule fonction de
Lam6 R^ si n est pair et R^ si n est impair, et par consequent ne correspond
qu'un seul coefficient de stability
Quand on fait croilre w depuis z6ro jusqu^ une certaine valeur o>0, on
trouve comme figures d76quilibre deux ellipsoides de revolution qui sc con-
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATIDN. 99
fondent pour w = co0 et disparaissent pour o> > &30. A chaque valeur de co < co0
correspondent done deux valeurs de k et il est ais6 de voir que pour co = o, ces
deux valeurs sont A* = o et A1 =00. Pour &> = oo0, ces deux valeurs se confondent
en une seule, k&. II y a done deux series lin^aires 2 et 27 de formes dj£quilibre
reelles, la s^rie S comprenant les ellipsoides tels que k<^ko, et la s6rie 2',
les ellipsoides tels que k > AV
L'ellipsoide k = kQ est une forme limite.
Si Fon fait varier A" depuis z6ro jusqu'a +00, on voit 1'ellipsoide, d'abord
infiniment aplati, se rapprocher ensuite ind^finiment de la sphere. En m£me
temps <*> croit d'abord de z4ro a oo0 et ddcroit ensuite de oo0 a z^ro.
Si en suivant la s^rie 2 ou la s6rie 2', on voit un des coefficients de stability
changer de signe; Fellipsoi'de correspondant sera une forme de bifurcation.
Les deux coefficients de stability By)7l et Cjtn que je viens de d^finir sont
loujours ^gaux entre eux. Quelle est la condition pour que ces coefficients
s'annulent ? Liquation By)7l= o n'est autre que liquation (i ) du paragraphe
pr^c^dent. D'apres la discussion de ce paragraphe, on voit que le coefficient
Bjtn s'annulera pour une certaine valeur de k: sij + n est pair et si n est plus
grand que i, et ne s'annulera jamais si cette condition n'est pas remplie. Cette
m£me discussion montre que ce coefficient change de signe en s'annulant.
Done Pellipsoide correspondant est de bifurcation.
Ainsi a tout syst&me de nombres/ et n tels que
(2) j==n (mod2); /i > i
correspond une valeur de k qui annule deux coefficients de stabilit^ et par
consequent un ellipsoide de bifurcation.
II y a exception pour le systeme
/ = o, n = 2.
L'ellipsoide correspondant est Pellipsoide co = cooj k = k$ dont nous ayons
parU plus haut. G'est une forme limite et non une forme de bifurcation.
Un autre systeme int&ressant est le suivant :
j = 2, n == 2.
L'ellipsoi'de correspondant est celui qui appartient a la fois a la s6rie des ellip-
soides de revolution et a cclle des ellipsoides de Jacobi.
Soient deux nombres j et n quelconques, satisfaisant aux conditions (2);
soit K^n la valeur de k qui annule le coefficient B7> et fi/>;i la valeur de w cor-
respondante.
loo SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Faisons mainienanl
0) 5= il/\fl -H 6,
£ ckant une quantil6 infinimoni petite; a colic valour do o> correspomlronl dour
formes d'cquilibre, uu ellipsoido de revolution E el une figure <I> Iros pun diUVi-
rente. Eludions de plus pres cciie figure *. Nous dMinirons cello figure do la
fagon suivante : menons a 1'ollipsoi'de E une norinale quolconque. Nous deii-
nirons le point de i'ellipsoide t[ui osl le pied do cello normale par doux coor-
donn6es 9 et /jt; 9 sera Fangle formed par le plan qui passe parlo point, considtfre
et I'axe des s avec le plan des xz, et f*. sera la deuxieme coordonn^e elliplique
comprise enlre i2 = o el rta= i. Je prendrai sur celle norinale une longueur ^.
La position d'un point dans 1'ospace sera ainsi dclinio par les irois coordonneos
^, fx el cp, et c'est dans ce sysleme de coordonn<Ses cjue je vais c^crire Fdqualion
de la figure <!>» Au systeme de nouibres / et n correspondent doux fonctions do
Lame§ ainsi qu'on 1'a vu :
on .1
-jtn
auxquelles il faul adjoindre leurs conjugudes :
«'* ^-t M» OH
,« et M /,+ !-.
3 AJ |V a on 4
Les deux, fonciions M sonl (igales entre elles et s'obiionnent on reinpln^aut
dans la fonclion R correspondanle k par \j \ — p.'J? et les deux fonctions N sont
igales, Fune k cosycp, Pautre a sin/cp.
Liquation de la figure <&pourra alors sj(5crire
en n^gligeant les infiniment pelits du dcuxicme ordro (e (Hont du prouner
ordre). Dans celle Equation I a le mfimo sens que dans le paragraphe VIII;
MI, N-i, M2 et N2 sont les fonctions (3); A^ et Aa sonl doux coiistnntes infmi-
raent pelites du premier ordre el donl le rapport esl arbilrairc.
Posons
6 6tant une constaate infiniment petile d^pendanle do e, el A (Stanluneconstanle
arbilraire; il viendra, en. remplaganl M4 , Ni3 Ma et N*2 par leurs valours :
(4) C
Ja fonclion M subtenant cornrne je 1'ai dit plus haul,
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 101
Si Pequation (4) ^tait liquation exacte de la figure <t>, cette Equation prou-
verait que la figure $ jouirait des symetries suivantes :
i° Siy m: o, la figure & serait de revolution autour de Paxe des z*
2° Si j n'est pas nul, la figure <£ ne changerait pas quand on la ferait tourner
autour de Paxe des z d'un angle ~; elle admettrait y plans de sym^trie passant
par Paxe des xr, de fagon que Pangle di&dre de deux de ces plans de sym6trie
cons^cutifs soil ~*
3° Commey + /2- est toujours pair, le plan des xy serait aussi un plan de
sym^trie.
4° Enfin si j est pair, Paxe des z serait un axe de sym<krie, et Porigine un
centre de sym^trie.
Mais Pdquation (4) n'est qu'une Equation approximative de la figure <£. Pour
P^tablir, nous avons neglig6 les infiniment petits du deuxieme ordre; de sorte
qu'on peut se demander si ces diverses symetries subsisteront encore quand on
£tudiera liquation exacte de la figure $ et qu'on tiendra compte des termes
d'ordre superieur. La r^ponse a cette question doit elre affirmative.
Pour s'en assurer, voici quel artifice on doit employer, Supposons qu'on
introduise dans le systeme des liaisons auxiliaires et qu'on assujettisse la masse
fluide £ presenter les symetries que nous venons d'enum6rer. Je dis que, meme
avec ces liaisons suppldmentaires, Pellipsoide qui correspond a la valeur K/57l
de k et a la valeur Qjtfl de co sera encore une forme de bifurcation.
En effet nous avons vu au paragraphe IX qu'une surface tres peu diffSrente
de cet ellipsoide peut etre d^finie par la distance £ d'un point de cette surface
a rellipsoid^ (comptee sur la normale a Pellipsoide) et que cette distance £
elle-meme est donn6e en fonction des coordonn^es elliptiques sous la forme
d'une s^rie convergente
C = ^SA^M/,N^)
Mp et Np 6tant des fonctions de Lame, de telle sorte que la surface en question
sera determine par la connaissance des coefficients A^. Nons avons vu ensuite
dans le m^me paragraphe que P^nergie potentielle totale W pouvait s'^crire,
en n^gligeant les cubes des coefficients Ap :
(5) W=WO-*-SA*B/,,
les Bp ^tant les coefficients de stabilite; de plus, avons-nous dit, pour que
I02 SUR L'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
rellipsoide soil une figure de bifurcation, il fiuil el il suflit quo l'im cles B7,
s'annule,
Qu'arrive-t-il maintenanl quand on inlroduil des liaisons clans lo sjsicme?
Supposons d'abord qu'oa assujeuisso la masse fluide & dire do Evolution
autour de 1'axe des js et symdlriquo par rapporl au plan dcs xy. Comment ccs
conditions s'exprimeront-elles analytiquement? Elles significronl quo Urns Ics
coefficients A, sont assujettis a elre nuls, sauf ceux qui correspondent a une
fonction Mp donl les nombres caractdristiques j\ et «, salisfassent a la
condition
( mod 2 ).
Que faui-il maintenant pour quo I'ellipsoi'de soit dc bifurcation quand on
envisage Wquilibre d'une masse iluide assujetlie a ccs liaisons? II suffit quo
dans 1'exprossion (5), le coefficient B,, do Fun des termes A* qui ne soat pas
assujettis a ^tre nuls, change de signe.
Nous avons supposd que pour 1'cllipsoi'de k =Ky>, le coefficient de stability
d^fini par les deux nombres j el n s*aunulaii; si nous avons
j s=s o, n 22 o ( mod 2 )
ce coefficient de stability est im de ceux qui multiplient un terme A^; non
assujetti par les liaisons £ <Hre nul.
Si done on envisage I'gquilibre du systfeme soumis aux liaisons que nous
venons d'&aum6rer, PellipsoMe A*= K0,n sera encore une figure de bifurcation.
Pour la valeur de
oa aura done deux formes d'£quilibre du systftme ^ liaisons, a savoir un
ellipsoide et une figure $' tr^s peu diffdrente.
La figure*', ^ cause des liaisons mfimes auxqucllos elle est suppos6e assu-
jettie, sera de revolution, et sym6trique par rapport au plan cles xy. Mais par
suite de la nature mdme de ces liaisons, la figure *r qui est en dquilibre en
tenant compte des liaisons, restera en ^quilibre quand on les supprimera, Ge
ne peut done 6tre que la figure $ elle-mfime qui se trouve ainsi 6tre de r6volu-
tion quand j est nul.
Supposoas raaintenaat quey ne soit pas nul.
Assujettissons le syst&me aux liaisons suivaates; la masse devra admettre
pour plans de synitoie le plaa des oyet les j plaas :
X =tg (A«o, i, a, ..-,/ — i),
SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. io3
Ces conditions traduites analytiquement signifient que tous les coefficients Ap
sont assujeLtis a etre nuls, sauf ceux qui correspondent a une fonction Mp dont
les nombres caract^ristiquesy'i et n± sadsfont a la condition
/i ==o (mody), jt-t-rii^o (mod 2).
De plus nous avons vu que parmi les fonctions N, les unes sont de la forme
cosy 9 et les autres de la forme sinycp; les coefficients de ces dernieres seront
tous assujettis a etre nuls.
Pour que Fellipsoide soil de bifurcation qnand on considere F6quilibre d'une
masse soumise a ces liaisons, il faut et il suffit qu'on voie s'annuler Fun des
coefficients de stabilitc Ep qui raultiplie un terme A* que les liaisons n'assu-
jeltissent pas a elre nul.
Pour Pellipsoide k = Kyj/z, les deux coefficients de stabilite d^finis par les
deux nombres y et n s'annulent; or 1'un d'entre eux multiplie un terme A^ que
les liaisons n'obligent pas a s'annuler.
Done, m£me dans le systeme a liaisons, Fellipsoide Kj>n sera une forme de
bifurcation. Si Ton fait
on aura deux formes d'^quilibre du systeme £ liaisons, a savoir un ellipsoide et
une figure <&' tres peu diff^rente.
La figure <&', en vertu de ses liaisons memes, aura j + r plans de sym6trie.
Mais ces liaisons sont de telle nature que 1'equilibre de la figure *' subsistera
quand on les supprimera. La figure *' n'est done autre chose que la figure &
elle-meme qui doit ainsi avoir y H- i plans de sym^trie.
Je vais maintenant expliquer pourquoi les liaisons, dont il vient dyetre
question, sont telles que si une masse fluide est en dquilibre en tenant comple
de ces liaisons, l'6quilibre subsist era encore quand on les supprimera.
Pour simplifier Imposition, je supposerai un seul plan de sym^trie P qui
pourra £tre, soit le plan des xy^ soil un plan passant par Taxe des z.
La condition d'^quilibre de la masse fluide suppos^e libre, c'est que le
potentiel V, du a Faction de toutes les forces qui agissent sur une molecule du
fluide, soit constant sur toute la surface libre.
Si Ton assujettit la masse fluide a £tre symetrique par rapport au plan P,
cette condition se trouve un peu modifi^e. Soient V le potentiel en un point
quelconque de la surface libre, V7 le potentiel en un autre point de cette
io4 SUE L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
surface, symetriquc du premier par rapport au plan P; la nouvdle condition
d'dquilibre sera
V-4-V'=coiist.
Supposons que celte condition soit remplie et que la masse fluido so tronve
en equilibre sous Faction des forces exlcSrieures ot des liaisons, ol soil par
consequent symcHrique par rapport au plan P. Si les forces exterieure.s se
reduisent a 1'allraction cl a la force centrifuge, elles serout elles-mtfnies symtf-
triques par rapport au plan P ot Ton aura par consequent V = V, dVm Ton
deduit V = coast. Gette condition montre que Fequilibre subsistoni encore
quand on supprimera les liaisons* c. Q F. i>.
II rdsulte de cette discussion, que les sjmetries que nous avions 616 conduit
a attribuer a la surface *, en partant de I* equation (4) qui n'otait qu'approxi-
mative, lui appartiennent rigoureusement, mcme quaud on tient compte des
termes d'ordre superieur qui entrent dans son equation exacte.
Nous allons nous occuper maintenant de deinontrer mi r6sultat qui nous
sera utile dans la suite.
Si k est positif et tr&s grand, Pellipsoi'de est tres voisin do la sphore et tons
les coefficients de stabilise sonl nigalifs. Si i'on fait d^croitre A*, il arrivera un
moment oia un ou deux de ces coefficients s'annuleronl. Quel sera le premier
de ces coefficients qui changera ainsi de signe? Je dis que ce sera celui qui
correspond aux nombres
n «
Appeloixs en effet Rala fonction deLam^ correspondante et S2 sa coujugu^e.
Nous aurons
Soit maintenant Rt- une autre fonclion de Lame et S$ sa conjuguee. Nous aurons
A 6 tan t une constante. Nous supposerons quey+n est pair, sans qiioi le
coefficient correspondant 4 R/ ne s'annulerait jamais.
II s'agit de demontrer que la racine Ka,a de liquation
__ __ _
est plus grande que la racine K/,n de 1' Equation
RiSt R/Sf ^^
3 a n -+- 1
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. IO5
i? c T> c
Pour cela il suffit de demonlrer que Pexpression -4~= -- l—L- est Loujours
T>
positive, ou bien encore quc le quotient ~ est toujours croissant.
Nous distinguerons trois cas.
i° Supposons d'abord j > i .
II Yient alors
A est une constante posiiive; (A"2+ i) '2 se r^duit a i ou est loujours croissant;
enfin le dernier facteur D^/l(^c2-H i)n est un polynome entier en A- dont tous
les coefficients sont posilifs et est par consequent toujours croissant.
c. Q. F. D.
2° Supposons maintenant/ — o; n = 2/>.
II vient alors
La d^riv^e logarithmique du premier membre est done
Je veux d^montrer qu'elle est positive, c'est-a-dire que
F = (yc2-
ou D2^ et D2^+1 designent les deriv^es d'ordre zp elzp + i de (&2+ 2)^. On
trouve
d'ou
D2/^=V— n - 2/?>ay • -
j^gl(2p — q)l(2q — 27?) !
Nous e"crirons pour abr^ger
et il viendra
F s=
Le coefficient de ^2^-2^+1 dans F sera done
— %p — • 2) A^-h (2 £ — 2/? -+- 2
Pour que F soit toujours positif, il suffit que tous ces coefficients soient
H. P. — VIL i4
I06 SUR L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLU1DE EN ROTATION.
positifs. Or cornme tons les A7 sont positifs, il nc peat y avoir de douto quo
s; 2^ — 2jt? — 2 esl n^gatif, c'ost-u-'diro pour q - ~ p. Le coefficient de F devienf.
alors
2A/M,i— 14 A,,.
SI nous ocrivons qu'il est posilif, il viendra
A/H.l > A;,
ou bien
:>./>! (?/> 4- a) ! ^ »/j> 1 a^gj
(^H.i)!(/>-.i)!2! ^ > !/!
ou bien encore
ou en (in
ce qui est Evident; done F esl loujours positif. c. (v>.
3° On pent supposer enfin
II viendra
!L* — A
""
on en ddsignant simplement par D;<r Lx A-16mo ddnv^e de
dont la d^riv^e logarithmique est
Da/'-**
pour qu'eile soil positive, il faut quo
F = (A-^-H i) D^-w— /c D«/"^» > <>.
Or on a
d'ou
D^ -5 A,A-^^ « V — - f^H-QI^! _
^ -6J^!(2jt?^i— gr)i(a^ — 2jy — 2)!
(? ^j* •+•!>? H-2> •-, 2J04-I).
II vient done
F sas ( A"2 ~h i ) S A^( 2 q — a/> — 2 ) A:*'/-*/'-' — A- S A^ **?-*/>-*.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 107
Le coefficient de A2?-2''-1 dans F sera done
Ap( 2 # — 2/> — 3 ) -f- A^-K ( 2 £ — 2/> ).
Ce coefficient ne pourrait e"tre negatif que si 1'on avait
2— • 2>— 3
ce qui ne pent avoir lieu que pour q = p~{- i.
Le coefficient de F devient alors
2 A.^p-j_2 $ •"•/?-*- 1 •
Ecrivons que ce coefficient est positif, il viendra
o (2/> -f-l)!(2jPH-2)! (2JP-J-1)! (2JPH-4) 1
^
ou
OU
_3
qui est v6rifiee m£me pour p = i.
Done F est encore positif. c. Q. F. D.
Nous devons concluro de celte discussion que si 1'on fait d^croitre A" depuis
-)—oo jusqu'a zero, de fagon que 1'ellipsoide d'abord Ires voisin d'une sphere
s'aplatisse de plus en plus, on rencontrera une infinite d'ellipsoldes qui appar-
tiendront a d'autres series lineaires de figures d^quilibre. Le premier que Pon
rencontrera ainsi sera celui qui appartient a la s6rie des ellipsoides de Jacobi
et qui correspond au cas de/ = n = 2,
XII. — Ellipsoides de Jacobi.
Nous allons rechercher maintenant si parmi les ellipsoides de Jacobi il y a
des formes d'equilibre de bifurcation.
Nous poserons comme dans le paragraphe precedent
p2=A-2-hc2, c2=i
et nous ferons varier 62 depuis z^ro jusqu*a c2= i .
A chaque valeur de &3 correspondra une valeur de A:, que j'appellerai H et
I0s SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUJDE EN ROTATION.
qui sera tclle quo Pellipsoide dont les axes sont A*, yk*+ c- -~ />- el
soil ini ellipsoi'dc do Jacobi.
Voyons quello relation lie 6~ a II.
Parmi les f one lions do Lame du deuxieme ordre, je eilerai la suivanle :
p ^/p2 — £?, Nous 1'appellcrons Ru; en ellet si Pon fail //-rr^o, clle »se ivduit
& £3-f-i ; c'est done bieu uno des deux fond ions quo nous avons appelres Ho
dans le paragraphs precedent el qui so reduisaient loules deux a A*- -I- i pour
6a = o; nous r&serverons la nolalion Ro a la seule fonction p\ p- -—/>-, a
laquelle correspondronluno fonction Sn el deux functions
Mt> = [x vV8 — ^2» ^r'-i — v V^" -- v2.
Si Ton fail lourner 1'ellipsoide E d'un angle infiiiiiucnl petit autour de 1'axc
dcs XT, de fagon a lui fairo occuper la position E'; puis quc Ton appelle ? la
distance des deux ellipsoides E et K; compile normaleineul a 1'uu d'oux, on
trouvera aisdmenl
£ = Aa/iMaNa,
Aa (Slant une constante infmiment petite.
Mais si 1'ellipsoide E est un ollipsoide de Jacobi, son cSquilibre sera indif-
fdrent et ne sera pas alt6r6 quand on fera lourner la figure <Fuu angle
quelconque autour de 1'axe des z. L'<Squilibrc subsislera quand on fera varior A«j
d'une maniere quelconque. Done le coefficient de slal)ilil6 corrcspondanl dovra
nul, cyest-c\-dirc que Ton devra avoir
(„
Telle est liquation qui lie II & b~ et qui exprime que 1'ellipsoide E esl un
ellipsoi'de de Jacobi.
Gela montre qu'a chaquo valeur de #2 correspond une valour de II et une
seule. Lorsque 6'J tend vers c2, cetle valeur de II lend vers zcko. On sail en
eflel que quand co tend vers z6ro, le rapport du petit axe au moyen, dans
Fellipsoide de Jacobi, tend vers -Funitfi et que le rapport du petit axe au grand
lend vers ziro.
Pour qu'un ellipsoi'de de Jacobi soit de bifurcation, il faut qu'un autre de ses
coefficients de stability s?annule; ce qui exige que 1'on ait
/9N Hi S*
(2) _»..
n ^taut 1'ordre de la fonction R,-.
SUR L^QUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. log
Liquation
3 271 -f- I
aura une racine que j'appellerai K,:, pourvu que Rj ne soit pas divisible par
yp2 — c2.
Les Equations (2) se reduiront done a H~K^. Pour &2— o, on revient au
cas du paragraphe precedent, et Ton a vu a la fin de ce paragraphe que H>K^
car la plus grande des valeurs de k pour lesquelles un coefficient de stability
s'annulait etait pr6cis6ment K2,2 c'est-a-dire H.
Voyons maintenant ce qui se passe pour 62 = c2 = i .
La fonction Rt* se reduit a A(p2 — i)'-DA+"(p2 — i);i, h etant un entier plus
l
petit que n. En particulier RI se reduit a (p2 — i)~. II r4sulte de la que si A
n'est pas mil, liquation (3) est satisfaite pour p2 = i. Par consequent pour
b*— c2, K?: devient nul et 6gal a H.
Au contraire si h = o, Rj se reduit a AD7l(p2 — i)71 et Kj est positif et par
consequent plus grand que H.
Si done h est nul, liquation H = Kj est satisfaite au moms une fois, et
certainement un nombre impair de fois.
Nous pouvons discuter egalement 1'equation
(4)
-t-i
T>
Nous devons rechercher d'abord dans quels cas le rapport ~ est toujours
croissant,
Si nous laissons de cdte comme il convient les fonctions Rj divisibles par
\/p2 — c2, la fonction R* peut aflfecter quatre formes difF^rentes, a savoir
si n = 2p, et
si 7i = 2/> + i. Les a sont des quantit^s positives comprises entre z&ro et c2 et
que je suppose rang^es dans Fordre d£eroissant.
Tous les a 4tant plus petits que c2, tous les facteurs p2 — a seront croissants
quand p2 croitra de c2 a + oo. De m6me tous les a <kant positifs, le rapport
— — * sera coastammcnt croissant. Enfin le rapport ~== sera croissant si a
P r v/P2— b*
est plus grand que 62.
Dans les qualre cas possibles, nous pourrons 6crire
HS
Tt -.0
1\ / P a I / « \ /„ \
75-=- (P™ *0---(PS— a/0'
Ho p
Tous ces facleurs seront croissants si a1 est plus grand que &u, ou bieu encore
. j>
si R, est divisible par y/p- — &-. Dans ces deux cas le rapport r^ sera to uj ours
croissant.
II suit de la que 1'^quntion (4) ne pourra avoir de racine que si R/ n'est
pas divisible par yp'2 — b* et a tous ses z6ros inf^rieurs a i2. Les seulos fonc-
tionsRt-qui satisfassent a ces conditions, sont celles que nous avons repr<5sent<Ses
par la notation RJW et qui pour 62 = c-=i se rekluisent a ADAi(p- — i);l. Les
6quations (a) ne peuvent done Stre satisfaites si R,- n'est pas 6gal ft RJ w, et
si R,-r=RJ nJ nous avons vu qu'elle peuvent loujours l'6tre.
II resterait u 6tablir qu'elles ne peuvent Ffitre quo d'une senile maniere.
Bien que diverscs raisons me fnssent penser qu7il on est probableinent ainsi,
je n'ai pu encore le d6montrer rigoureusement. II y aurait surtout int<Sr6t i
6tablir cette proposition en ce qui concerne la plus simple de Unites les fonc-
tions RJ rtJ c'est-i-dire en ce qui concerne
II faudrait pour cola des calculs qui seraienl sans doute fort longs, mais qui ne
seraient pas inextricables.
Soit GJI le coefficient de stability qui s'annule quand les Equations
i S
3
sont satisfaites.
Supposons que b- croisse depuis z<5ro jusqu'i i ; nous verrons tous les
coefficients Gns'annuler successivement.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. in
On peut se demander quel est celui qui s'annule le premier. Je vais d^montrer
que c'est Cs-
r> i
II suffira pour montrer qu'il en est ainsi, d'^tablir que le rapport -^r^ (ou n^>p)
**-o ,/?
est toujours croissant quand p2 croit de c2 a Pinfini.
On le v^rifie ais^ment quand 62 = o et quand #2 = c2.
Supposons maintenant que 62 soit quelconque. Soient B^ et B^ les valeurs
R1
de B qui correspondent aux fonctions R10 n et R* . Pour que le rapport -r-^ ne
1 • o,jy
fut pas constamment croissant, il faudrait, comme -on 1'a vu au paragraphe X,
que 1'^quation en p2
eut une racine superieure a c2. Je dis que cela est impossible.
En efTel P expression suivante :
s'annule pour p2= 62 et pour p2 = c2; car ces valeurs annulent a la fois 0>
et^£«
de
II faut done que dans Pintervalle compris entre 62 et c2, Peipression
s'annule au moms une fois. Or RJ „ et RJ)/7 ne peuvent s'annuler puisque tous
leurs z6ros sont inf6rieurs a &2. Done fy devra s'annuler pour une valeur de p2
comprise entre 62 et c2; cette expression, qui est du premier degr£ en p2 ne
pourra done pas s'annuler pour une valeur p2 plus grande que c2.
c. Q. F. D.
Nous devons done conclure que C3 est le premier coefficient qui s'annule.
Les ellipsoides de Jacobi pour lesquels un des coefficients G^ s'annule sont
des ellipsoides de bifurcation. A chacun de ces coefficients correspond done
une nouvelle s^rie lin^aire de formes d^quilibre. Que savons-nous sur les
figures qui font partie de ces diflferentes series lindaires?
Soit o)n la valeur de la vitesse angulaire pour laquelle le coefficient Cn
s'annule; soit e une quantity infiniment petite. Pour la vitesse angulaire oon + £,
il y aura deux figures d'^quilibre possibles, a savoir un ellipsoi'de et une
surface S qui en differe infiniment peu et qui a pour Equation
(5) ?
U2 SUR L'^QUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Dans cette Equation, £, 0 ct I ont la m£me signification que dans le paragraphc
precedent, et MJ>/17 NJjre sont les fonciions conjugates de ,RJ)W. La fonc-
tionMJjW ne contient en facleur ni \/c-—^- ni \J^—b^\ de mume la fonc-
tion NJ a ne contient en facleur ni y/ca — v'J ni y/6'J — v3'. Done £ no change pas
quand un de ces quatre radicaux change do signe, c'est-a-dire quand y sc
change en — y, ou bien z en — z.
Cela veut dire que les plans des xs et des xy sont des plans de sym6trie de
la surface S.
Si maintenant n est pair, MJ?,£, N^, et par consequent £ ne cliangcnt pas
quand on change fi en — f* ou v en — v; cela revient a dire que £ no change pas
quand on change x en — x ou que la surface S est symetrique par rapport an
plan desk's.
Cette symetrie n'a pas lieu si n est impair; £ se change alors en — £ quand a?
se change en — x,
Ainsi la surface S adtnel, si n est pair, les mcmes plans de synuHrie que
Fellipsoide dont elle derive, et si n est impair, elle n'est symcitrique que par
rapport aux plans qui sont perpendiculaires au petit axe et a l?axe moyen, Dans
tous les cas. elle est sym^trique par rapport au grand axe.
Ce grand axe n'est pas Faxe de rotation et si n est impair, la surface S n'est
pas syni(§trique par rapport a Faxe de rotation. II est vrai que F(iquation (5)
sur laquelle nous venons de nous appuyer pour 6lablir ces rdsultals n'est
qu'approximative et qu'on y a n6glig6 les quantitcSs de Fordre de 0'J. Mais on
montrerait par un raisbnnement, de lout point semblable a celui du paragrapho
pr<5c6dent, que les sym6tries auxquelles nous conduit F6quation approxima-
tive (5) subsisteraient encore si on la remplagait par Fequation exacte de la
surface S.
Cette surface a done rigoureusement deux plans de symcHrie si n est impair,
et trois si n est pair.
Parmi les surfaces S, nous distinguerons la surface 2& qui correspond au
coefficient de stability C;j. Quelle est son intersection avec Fellipsoide dont elle
derive? Pour avoir cette courbe, il suffit d'^crire que £ est nul, ou que
ce qui donne
SUR L^QUILIBRE D*UNE MASSE FLlflDE EN ROTATION. Il3
Cetle intersection se compose done de Tellipse principals, section deTellipsoide
par le plan des yz9 et de deux lignes de courbure de cet ellipsoide.
Gela n'est vrai, bien entendu, qu'approximativement et en n^gligeant le carre
de6.
La figure repr^sente en projection sur Tun des deux plans de sym^trie la
surface 23 et Pellipsoide dont elle derive.
Le contour apparent de 1'ellipsoide est represent^ en trait pointille, le contour
apparent de 23 et 1'intersection des deux surfaces en trait plain. On a couvert
de hachures la portion de la surface 23 qui est vue a travers Fellipsoide.
On voit d'apres cette figure comment on passe de 1'ellipsoide de Jacobi a la
surface 2^. La plus grande portion de la matiere semble se rapprocher de la
forme sph^rique, tandis que la plus petite portion de cette in£me matiere sort
de Fellipsoide par I'extr^mit^ du grand axe, comme si elle voulait se separer de
la masse principale. Qu'on me pardonne d'employer un langage aussi d^pourvu
de precision mathematique.
XIII. — Petits mouvements d'un ellipsoide.
Imaginons d'abord une masse fluide homogene rapport^e £ des axes fixes; et
supposons que ses molecules s'attirent suivant la loi de Newton et que chacune
d'elles soit soumise en outre a une force dont les composantes suivant les trois
axes soient a cc, $y et yjs. Les coefficients a, (3 et y devront ^tre choisis de telle
sorte que la masse soit en 6quilibre absolu sous la forme de 1'ellipsoide
= I.
Supposons maintenant que la masse soit d6rang6e de cette position d'^quilibre,
H. P. — vir. 15
Il4 SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de telle fagon que los coordonmies de la mo!6cule (#, y, s) devierment
y .]_ <5y? - _j- <3~, Nous imaginerons que 3#, Sr, <5s sont tels que
soit une diiftkentielle exacte et que
Pour liquation de continuil6; nous devons avoir
t/- 9 rf* 9 ('/- 9 _
""
de sorte que nous pourrons
9 = SgRMN,
les ^ (5tanL divers coefficients constants et II, M, N etant les fonctions de Lain 6.
Les composantes de la vitesse de la molecule (x», y, z] sont
r/- 9 dl 9 f/2 9
// —- . _ ....... T . t) cs; ... .............. ...I.... , <xi ss ......... I „
La demi-force vive T aura alors pour expression
i / (
'' »/
Finl6graie 6tant cHendue a tous les £lc5tnents du volume de Fellipsoi'de. Mais en
vertu du th^ordme de Green, cette inl6gralo peut <Hrc remplacee par la sul-
vante :
i f* d®
- I -p- ( u d-Y d.z 4- 9 <L$ dz -H w dx, <ly )
a J dt ^ J J '
en tenant compte de liquation de continuity,, ou bien encore
2 J dt dt dn
Dans cette expression du> d^signe un (5l6ment quelconque de la superficie de
Fellipsoi'de et -^ J dn est Faccroissement de la fonction -^ quand Ic point coi*-
respondant subit un d6placement dn, dans une direction normale £ Fellipsoi'de,
Cherchons ^ & valuer 4r4-* Nous trouverons
dt dn
ct
S0R L^QUILIBRE D*UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. Il5
Or on a
I ayant la meme signification que dans les puragraphes pr^c^dents.
On en conclut
la fonction de Lame MI pouvant etreidentiqueon non identiquea lafonctionM
et la sommation indiqu^e par le signe 2 attendant a tons les systemes de fonc-
tions de Lam6 M et M^
Mais si 1'on tient compte de liquation
il viendra simplement
r
Soit maintenant U 1'energie potentielle de la masse fluide dans une position
quelconque et U0 la valeur de celte 6nergie dans la position d^quilibre. Nous
avons vu au paragraphe IX que Ton a
Ici n designe Fo*dre de la fonction R, g est la force normale qui agit en un
point quelconque de la surface de Fellipsoide. Enfin on suppose que le depla-
cement d'une molecule quelconque de cette surface, eslim£ normalement a
Pellipsoide a pour expression iA^MN. Dans le cas qui nous occupe, ce d^pla-
cement est 6gal a -~- ou a
d'ou
el
Les Equations du mouvemenl seront
Il6 SUR L^QUIUBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
ce qui donne
Cette Equation montre, co que nous savions d<ija, quo lYjquilibre esl stable
pourvu que tous les coefficients gl — - — - — soient positifs, cicllo nous apprend
en m£me temps a calculer les periodes des oscillations inlinimenl petites de
noire masse fluide.
Avant dialler plus loin, nous allons calculer en restant dans IMiypolhese pre-
cedente le moment de la quanlltti de mouvomenl par rapport a Paxe des z.
Nous repr^senterons ce moment par la lettre 3TI.
Nous aurons
oil
= C I (,»•-+• 8 r)i^
—(.*•->- 8^)
dxdydz,
ou
dydt
r/<tv ^29 dy ^9 \
2= / .-t • ...... ; ..... Tyj — -7l ...... •• ':• }
J \dy dxdt dx dy dt J
Le premier terme OTli peut se calculer imm<5diatement. Le th^orcme de Green
donne en efFet
--
j = / --^ tfto ( j' cos a — x cos fj ),
dte d^signant toujours un <5l6ment de la surface de 1'ellipsoide, el cosoc, cos(3,
cosy 6tant les cosinus direcleurs de la norm ale.
On trouye alors
y cos ex — x cos p ss A*^ Ma N«2,
ou Ma el N2 ddsignent conime dans le parographe pr6c6dent deux fonclions de
Lam6 conjugu^es : ^ \J\L* — 62 el v \/62 — v2 el A* un coefficient dependant seu-
leraent de p et ^gal a — c \/c* — b'2 \/p* — c2.
Si Ton appelle |2 le coefficient de R2M2Na dans Texpression de cp? il rosie
simplement
01li = — Ar^R2 r^
Galculons maintenanl
thdoreme de Green nous donnera encore
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 117
Nous allons nous occuper de calculer le facteur
_ d® d® f^
F = -^ cosa -- y-T cos p.
dy dx l
Nous remarquerons pour cela que si Ton pose avec Liouville
P = / /2— £2 y/'2__c2
on a
P# 0 Pr
=~^, cosp= 0 ' ?
- 2 — 2
0 ,
p- p2 — 62 p2— C2
ce qui donne
Nous pouvons encore exprimer F d'une autre maniere. Donnons a x^ y et z
des accroissements
il en rdsultera pour la fonction cp un accroissement 69 et Ton aura
II imports de remarquer que si le point (x, y, z*) est sur Fellipsoi'de, il en esl
de meme du point infiniment voisin (#•+-&#, y-\-$y<> £ + S^).
Nous allons maintenant utiliser une remarque de Liouville, grace a laquelle
les fonctions de Lam6 peuvent etre ramen^es aux fonctions sph^riques.
Soit <p = RMN le produit de trois fonctions de Lain6 conjugu^es d'ordre n.
Changeons de variables en posant
-, Y= y
P' V/P* —
Si le point (5?, y. 5) se trouve sur 1'ellipso'ide
^
le point correspondant (X, Y, Z) se trouvera sur la sphere
X2-4- Y2H-Z2=I
et pour Lous les points de cetle sphere, la fonction 9 sera £gale a une constante
multiple par une fonction sph^rique de degr6 n. Nous pourrons ^crire 9 = s^p,
4» etant un poljnome homogene de degr^ n en X> Y et Z et satisfaisanta liqua-
tion
ii8 SUR I/E"QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
et e <Hant une f one lion de X, Y ct X qui est conslanlo en tons les points do la
sphere de rayon i .
Nous aurons d'autre part
et de meme
'•'; n
87, = <).
On aura dans les mfimcs conditions
03=0, 8f = S
d'ou
83 =
<5.v p
el cnfin
II esL aist1^ de y^riHer quo si '^ ostun polynome homogenc dc dogr6 r/ en ;#,
el -s, salisfaisant li F^qualion
il en sera de m£me de
II en rosulte que si 9 est (%al £ une constanle multipliee par le prodml do irois
fonctions de JLam6 conjugates et d'ordre w, F sera do la forme suivantc ;
F = £(«i MI IN'i -f- a$ M'2 N'2 -f" . , . ~h a/; M;;, N;w).
Dans cette expression, af, a.,, . , . , a;, sont des quantit6s qni res Lent, constanles
sur toute la surface de noire ellipsoide et MA, , N; ; M'2J N's, . . , ; M'/;, N^, sont
des systdaies de fonctions de Lam6 conjugu6es et qui sont toutes d'ordre n<
Nous dirons pour abr<§ger qu'une somme de la forme
ociM't N't -f-asMiN'jj-f-. ..-+- a/^MJjNi
est une somme de Lam^ d'ordre n.
Si alors nous arons, commo nous Pavons suppos<5 plus haut
il viendra
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 119
H, 4tant une somme de Lam£ de m£me ordre que les fonclions R, M, N. Ainsi
les coefficients d'une tneme ind6termin£e £ seronlde meme ordre dans Fexpres-
sion de 9 et dans celle de F.
II vient alors
Remarquonsquel'integrale / ZHzMAN/f d^ estnulle si les sommes Hz et M/4Nft
ne sont pas de me'me ordre.
Nous dirons pour abreger quo 1'indetermin^e Ei esl de rang n si les fonc-
tions R£, Mr et N/ sont d'ordre n.
II r^sulte de ce qui precede que Ton a
les Af/t etaat des coefficients constants qui sont mils si les ind£lermin£es £, et H/t
ne sont pas de m£me rang.
Nous ne nous sommes occup^s jusqu'ici que des petits mouvements absolus
d'un ellipso'ide rapport^ a denx axes fixes. Passons maintenant an cas des petits
mouvements relatifs d'un ellipso'ide fluide rapport^ a un systemed'axes mobiles
tournant avec une Vitesse uniforme M autour de 1'axe des z.
Eavisageons les Equations generates de 1'Hydrodynamique :
du du du du v dp
—. — h^-j — s- P -5 — j-w-5r=X — -j- j
dt dx dy d'z doc
ou u, 9, (V d6signenl les composantes de la vitesse; X, Y, Z les coinposantes
de la force; p la pression? et ou la densit^ de fluide est prise pour unit6. Nous
aurons d'ailleurs
^V v dV „ ctV
X = -y -- 2 COP, Y= -y- -+-2o)a} Z = -T-;
dx dy dz7
oii V repr^sente le potendel des forces et ou — <AV et co u sont Jes composantes
de la force centrifuge composed. Si nous posons
et si nous n^gligeons le carr6 de u, v, w en observant que les mouvements
doivent Stre Ires petits, il viendra
du db dv db dw db
120 SUR 1/6QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
avoc I'equaUou do conlinuiltf
On. en lire ais<5ment
Cette Equation ne saffit pas pour determiner la fonction f^. II faul pour achover
de connailre celte fonction, tenir comple dc celte circonslance qnc la pression
doit <Hre nulle sur toute la surface libi^e. On doit, done avoir sur cello stir-
face & = V.
Pour pousscr plus loin cettc analyse, eiivisagoons sdparement un dos mouvo-
ments ^lemenlaires dans lesqucls on pout decomposer tons les pel! Is mouve-
ments de 1'ellipsoi'de, Soient d^r, OK, oj les displacements infininieiit petit s
d'une molecule el 6crivons
^ -17 el ? ne dependent que de #,
alors
et ^. Les Equations (2) el (3) deviendront
ou t|/i ne depend que de ^, jr et ^.
Voyons maintenant ce que devient la condition relative i la surface librc,
Soient cosa, cos (3, cosy les trois cosinus direcleurs de la normale en uu point
de 1'ellipsoide et supposons que Ton ail en tons les points de celte surface
I cos a H- -r\ cos [i 4- £ cos y =s 21 Ax- ^Mx- N/.-,
le second membre 6tanl une s<5rie ddvelopprte suivanl Ie« produits M//N/, de
deux fonctions de Lam6 conjugu6es. Une formule du paragraphe IX nous
donnera, en tons les points de la surface libro,
V — 4
Liquation ip = V se r^duit done
(5)' ^-
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
D'aulre parties Equations (4) nous donnent
121
i I .
— ~- A -f- 2 -7- 0) I
<3# _ ay
,
— ~- A — 2 — 7- CO £
dy doc
'
d'ou
X(4o»8-~X3)
— x r^1 c°s
"" \Jdx "7
(£ cos a H- Y] cos [3 •+- £ cosy)
cos a afyL cos [3 dfy\
dy I dz
sy! .F ^i cos a MI cosBl
r-1- M- 2 co i -~ -- = -- 1 — ^ —r-i. .
/ J Vdy I dx L J
cosy
— -1-
Mais nous avons trouv^ plus haut
COS a r
X
^
cosp
/
COSY
= p \/p- — 62 y'p2 — C2
J'
^rp'
d'ou
= ( J COS a H- 7J COS P -+- C COS Y )
I— ^
ou enfin
Le probleme est done ramen<5 a la recherche d;une fonclion ^i qui satisfasse
a la derniere des Equations (4) a I'int6rieur de 1'ellipsoide et aux Equations (5)
et (6) sur la surface de Tellipsoide.
Supposons done d'abord que &> soil nul; la derniere equation (4) se
reduira a A^t := o, de sorte que nous satisferons a la fois aux Equations (4) 6t
(5) en faisant
Dans cette expression R^ est la valeur que prend R/c sur la surface de
Tellipsoi'de.
De cette expression, on d^duira pour tous les points de la surface de
Fellipsoide :
dfyi sc d^i
-dZf^-d?
H. P. — VII.
dp
-
1 6
122 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de sorte que liquation (6) se rckluit a
3- :>. n 4- i / p U * p v>{ pa — //-> ) ( pa
Pour que cetle Equation soil saiisfaile, il faul el il suffit quo tons les
coefficients A* soienl nuls, excepte un quo nous appellerons A/;, <H que A
satisfasse a 1'equation.
On esl done ainsi conduit pour les periodes des diverses petilos oscillations
possibles auT memes valeurs que par liquation (i).
Nous allons maintenant supposer quo co n'csL pas nul.
Posons
la derniere des equations (4) deviendra
Quand le point (5?, j, 5) d<Scrira Tellipsoide E qui a pour Equation
lo point (j7, 7, s') ddcrira 1'ellipsoide E' qui a pour 6quation
Nous appellerons R', Mf et N' les fonctions de Larn6 form^es ^ Faide de
1'ellipsoide E', et lr la quantit6 qui joue par rapport k Pellipsok'de E; le m^me
role que /joue par rapport £ 1'ellipsoide E.
Nous appellerons cosoc;; cos(3;? cosy' les cosinus directeurs de la normale en
un point de la surface de E'. Nous poserons de
ct
r — ^
de m6me que 1'on a, d'apres les notations de Liouville
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 128
II viendra alors pour un point de la surface de E' :
cos a' __ x cosp' __ y cosy' __ z __ t-z
P' ~~ p* ' T7" = p2 „ &a ' "p7" - p2— c'2 "" p* — C2 '
d'oii
dbi T2.s i /dtoi , dfyi Of db\
p - __. / ^j cosa'n -- -i-i cosB'H -- J^
2— 2 ' r
Consid^rons maintenant uu point guelconque de Fellipsoide E ayant pour
coordonn6es elliptiques JJE, el v et pour coordonnees ordinaires x^ y et z\ consi-
derons ensuite le point correspondant de Fellipsoide E' ayant pour coordonnees
ordinaires 57, y et zf^= - et pour coordonnees elliptiques p! et v; (dans le
systeme d6riv^ de Tellipsoi'de E'). Soit M'; une fonction quelconque de Lame
de la coordonn6e pf et N' la- fonction conjugu^e de la coordonnee v'. A chaque
point de E correspond comme nous Pavons vu un point de E7 et r6ciproquement.
A chaque systeme de valeurs de p et v correspond done un systeme de valeurs
de p/ et VA et r^ciproquement, de sorte que le produit M'^N^ qui depend de p.'
et i/ pourra aussi etre regard6 comme fonction de JJL et v; a ce tilre, il pourra
etre d6velopp6 en une s6ne ordonn^e suivant les produits de Lamd M/rN/c
derives de Pellipsoide E. On aura done
(7) ' MJ/N^SB^M^N*.
Nous allons maintenant, a 1'aide de la remarque de Liouville dontnousavons
d<5ja fait usage plus haut; montrer que dans le second membre de i'idenlil6 (7)
n'entrent que des fonctions de Lam6 de meme ordre que M' .
En effet, d'apres cetLe remarque de Liouville, si Ton pose
X - X Y 7 -
A = — J I = - . _i. '_";-• ••'•— 5 /j =
le produit M^N', sera sur la sphere
une fonction sph6rique de m^me ordre que M'7 el le produit M*N/C une fonction
sph6rique de m£me ordre que M^. L'idenlil^ (7) ne peut done subsister que si
toutes les fonctions de Lame qui entrent dans le second membre sonl de m&ne
ordre que M^.
Ce second membre n^est done pas une s^rie infinie, mais un polynome
d?un nombre fini de termes,
12t| SUR I/EQUILIBRE DJUNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Do plus dans ce second mcmbro no peuveul cnlrcr ([ue des fonotions do
Latni pnisenlanL les memcs symtHries quo Kr Si par eiemple M; osl divisible
par ^—£2, il devra en otre do memo do tonics les fonclions M/,.
Nous renverserons PidenliuS (7) en (Serivant
La fonction <|/< devanl salisfairc a la dernicro des Equations (4) pourra sVorire
^SDyfyM^N;,,
les D,7 (.Hani des coefficients constants el los R;,, M;, N; Gantries fonctions do
Lam(S d6riv(5es de i'ellipso'ide E'.
A la surface de cot ellipsoi'de, nous aurons
en tenant compte de (7), de sorte que requalion (5) sc ramenera auxiquations
w
On a d'aulre part ^ la surface de E; :
D'autre part il rdsulte de 1'analyse failo plus haul a propos dos moments des
quantit^s de mouvemenl que Ton a sur loute la surface do E; :
_ v .
— -W
-
dy p2 «^? p —
ies F <Stant des constantes et les Wk et N;A des fonclions de Lamtt do inline ordro
que M'/5 mais ne pr6sentant pas les mfimcs symfitries. Si MJ, conlient en
facteur ^- — c^, il en est de mfime de M/. et r<Scipro(j[uem(mt, mais si M',
conlient en facteur \/pJ'~—- bf*, M'A ne le contiendra pas et invcrsement.
Nous ^crirons en tenant compte de (7)
I
ce qui donnera enfin
<a?f p2 dx ps —
Liquation (6) se ramdne alors aux
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 125
II s'agit mainlenant de disposer de X; des D^ et des A/f de facon a satisfaire aux
6galiuJs(8)ei(g).
,Or on pourra arriver a ce r^sultat en supposant d'abord que tous les A/c et
tous les Dq sont nuls, sauf ceux qui se rapportent a des fonctions de Lam^ d'un
certain ordre, d'ordre n par exemple. II restera alors 2,71 + 1 Equations (8) et
2/z-H-i Equations (9) entre A, les zn + i coefficients A* et les s/z-i-i coeffi-
cients Dq qui se rapportent aux fonctions de Lam£ d'ordre n et qui par cons6-
quent ne sont pas nuls, d'apres la convention pr6c6dente. Cela fait en tout
4 n -+- 2 Equations lin^aires et komogenes par rapport aux 4 TI -+- 2 coefficients A*
et Df.
Si Ton 6limine ces 4^4-2 coefficients entre ces 4^ + 2 Aquations par le
mojen d?un determinant, on obtiendra une Equation qui d^terminera les
p^riodes A des oscillations infiniment petites de Fellipsoide. II importe de
remarquer que 7i n'entrera pas dans cette Equation seulement explicitement,
//R'
mais que les coefficients BA-,?, G^^-? --r1' ^ qui entrent ^galement dans cette
Equation dependent de X. Neanmoins, m£me en tenant compte de cette cir-
constance, liquation est algebrique en X.
II y aura une infinite de pareilles Equations en A que Ton obtiendra en consi-
d6rant successivement les fonciions de Lam6 du deuxieme, du troisieme, . . .,
du /iI6me ordre, etc. Pour la stabilite il fautetilsuffit qu'aucune de ces Equations
n'ait de racine imaginaire.
Ge qu'il faut surtout retenir, c'est que dans un m£me systeme d'equations
(8) et (9) n'entrent que les coefficients qui serapporlent aux fonctions deLamd
d'un meme ordre.
Si done nous ^crivons la valeur de ty relative ^ une oscillation infiniment
petite obtenue en consid6rant Fune des solutions d'un systeme d'6quations (8)
et (9), on trouvera
Dans la somme du second membre n'entrent que des fonctions de Lam6 d'un
m£me ordre, d?ordre n par exemple. Une pareille oscillation infiniment petite
s'appellera un mouvement harmonique d'ordre n.
II r^sulte de ce qui precede que deux mouvements harmoniques d'ordres
diflferents sont ind^pendants Fun de 1'autre, c'est-a-dire que Fon peut imposer
a la masse fluide, comme liaison, la condition de ne pouvoir 6prouver d^autres
i26 SUR L'EQUIUBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
d^placements quo des mouvements harmoniques d'ordrc n sans quo les u
mouvemenls harmoniques d'ordre n possible soient altcfsrcf»s.
Nous pouvons encore ^noncer ce rdsullal tl'une an Ire maniere.
Dans un mouvement harmonique d'ordre n, on a sur la surface do 1'ollip-
soTde de E :
MA- et N/c <5tanl des fonctions de Lam<5 d'ordrc n et les A/, des coefficients
constants. Sur la surface de eel ellipsoide, le polenliel V s'exprime done par
unc somme de Lam£ d'ordre n.
Imposons-nous done la liaison suivanle : quo les displacements de noire
masse lluide soienl toujours tels que le potential s'exprime a la surface libre
par une somme de Lam6 d'ordre n. En tenant eorapte de celle liaison, on
trouvera que certaines peliles oscillations de la masse sont possibles. On
cherchera tons les systemes d'oscillalions possibles en supposant que la valour
de V a la surface soil assujettie a dire une somme de Lam6 d'ordre 2,3,,..,
ji} . . . ; on cornposera ensuitc tous ces systemes d'oscillations, d'apres la re^le
ordinaire de la composition des petits mouvements, et Ton obtiendra de la
sorte tous les petits mouvements possibles du systeme, en le siippo$anld<^livr6
de toutes ses liaisons.
Mais il y a plus. J'ai dit que dans une mchne <5(jualion (8) ou dans une mchue
Equation (y) ne peuvenl enlrer <jue des cocflicients A^ et Df/ se rapportant a
des fonctions de Lam6 d'un m^me ordre. On pent ajouler que dans une meme
Equation (8) ou dans une meme Equation (y) ne peuvent enlrer que des A/( et
des Dq se rapportant tous i\ des fonelions de Lani(S (|ui ont comme faeteur
ou y/c/a — jjt/aj ou jj;cii (jes j^k QI <jcs D^ se rapportant tous a des
fonctions de Lam6 qui n'admelteut pas ce facteur. Si la fonction M/c ne contienl
pas le facteur \/c^ — ^, le produit M^N^ est symdlrique par rapport au plan
des xy (e'est-a-dire (ju'il ne change pas quand on change £ en — c), il ne Test
pas dans le cas contraire.
Voici quelle est la consequence de ce fait. Supposons (jue Ton cherche &
trouver tous les mouvements harmoniques possibles d'ordre n que nous appol-
lerons H. Imposons-nous d'abord la liaison suivante ; que la valeursuperficielle
de V soil une sorame de JLam£ d'ordrc n et sym6trique par rapport au plan
des ocy* Nous trouverons qu'en tenant coin pie de cette liaison, il y a certaines
oscillations possibles H'. Imposons-nous maintenanl une autre liaison : que la
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 127
valeur superficielle de V soit une somme de Lame d'ordre n et change de signe
avec z. En tenant compte de celte liaison, il y aura certaines oscillations
possibles H;/. Si nous composons ensuite les oscillations H' et IF d'apres la
regie ordinaire de la composition des petits mouvements, nous aurons tous les
mouvements H possibles.
Ces regies permettent d'envisager separementles mouvements harmoniques
d'ordre n sans tenir compte des mouvements harmoniques d'ordrediflferentqui
pourraient exister simuitanement.
Un cas particulier ou les equations (8) et (9) se simplifient consid^rablement,
c'est celui ou Pellipsoide E et par consequent Pellipsoide E' sont de revolution.
II arrive alors que tous les coefficients B*/y sont nuls quand k est different de q
et que Ton peut prendre
Une derniere remarque : pour que Panalyse pr£c6dente puisse s'appliquer,
il faut, a ce que Ton croit d'abord, que 1'on ait
2—
ce qui obligerait ~k a rester compris entre certaines limites. Cependant il est
ais6 de voir que ces r6sultats subsistent quelle que soit Phypothese faite sur la
valeur de A. En effet il semble d?abord que les fonctions de Lam6 R;, M! et N'ne
sont d6finies que lorsque les axes de Pellipsoide E;, d'ou elles d^rivent, sont
r^els et si Paxe des s est le petit axe dans E7 comme dans E. Mais le produit
R^M'N7 est un polynome entier en x, y et z qui est parfaitement defini dans
tous les cas possibles et qui jouit toujours des m£mes proprietes.
Si m^me X > aco, c?est-a-dire si T2 est n^gatif et si Pun des axes de E' devient
imaginaire, les r^sukats de Panalyse pr^c^dente subsistent encore.
XIV. — Stabilite des elHpsoides.
Pour reconnaitre si un ellipsoide de revolution ou un ellipsoide de Jacobi est
stable, il faut se reporter au paragraphe VII. D'apres la regie de ce paragraphe,
qui etait soumise, je le rappelle, a certaines restrictions, une figure d?6quilibre
ne peut jouir de la stability s6culaire qu'a la condition que tous les coefficients
de stabilite soient n^gatifs. Si cette regie etait applicable sans modifications a
Pellipsoide de Jacobi, cette figure n'aurait janiais la stabilite s^culaire, car un
i-28 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
de ses coefficients de stability esl loujours posilif ; c'esl cclui qui so rapporie a
la fonction R'0 2. Mais la regie du paragraphe VII n'esl applicable, coinrne nous
Favons vu, quo si dans tous les mouvements possibles le travail des resistances
passives est toujours n6gatif sans pouvoir jamais etre mil. Ce n'esl pas le cas si
Fon envisage une masse fluide isolee clans Fespace, car si one pareille masse «e
deplace sans se dciformer, il n'y a pas de resistance passive. Si an contraire la
rotation de la masse fluide (Hail determine"e par cello d\m axe rigide qui la
traverserait de part en part et qui Fenlrainerait par frottement (comme dans les
experiences de Plateau par exemple), tout displacement produirait une resis-
tance passive et Fellipso'ide de Jacobi serait toujours instable.
Mais ce cas est sans interel. Envisageons done une masse isoltSe dans Fespace
et voyons comment doit £tre modifi&c la regie du paragraphe VII.
Consid6rons deux systemes d'axes .* un systeme iixe et un systeme mobile
tournant avec une vitesse angulaire constante co an Lour de Faxe des z. Supposons
que la masse fluide ait une position d'6quilibre relatif dans laquelle elle soil
anhne"e d'une vitesse de rotation co par rapport aux axes lixes, et par consequent
en repos par rapport aux axes mobiles. Soil, dans cette position, I0 son moment
d'inertie par rapport a Faxe des z et U0 son tfnergie potentielle par rapport aux
axes (ixes, Gonsid«§rons maintenont une configuration de la masse iluide voisiixe
de la iigure d'^quilibre et telle que cette masse cesse d'etre en repos par
rapport aux axes mobiles, Soient, dans cette nouvelle position, I et U les
valeurs du moment d'inertie et de Ferxergie polcniiclle. Soil T la demi-force
vive relative par rapport aux axes mobiles; soit m la masse d'un des points du
Iluide; r sa distance 4 Faxe des 5, et o> + <k> sa vitesse angulaire autour de eel
axe. Les Equations de la conservation de F^nergie et de la conservation des
moments des quantit6s de mouvement nous donneront
T -h wS mr* Sw 4- ^ H- U = ^~ H- U0 H- /*, to 1 -f. S mr* 5co » w J0
(h 6tant une constante qui est tr&s petite si les d4placements initiaux et les
vitesses initiales sont tres petits ce que nous supposons), d'oti
T_2iI+U = U,-2^H-A.
a «
Mais on a
2 I
d'oA
SUE L'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 129
Si done on a pour toules les configurations Ires voisines de la figure d'equilibre
011 sera certain que T^quilibre est stable. S'il y a des resistances passives, h ne
sera pas une constante, mais ira constamment en diminuant; done a fortiori,
II y aura encore stability si la condition (i) est remplie. Cette condition est
done suffisante pour qu'il y ait stability seculaire.
D'apres la regie du paragraphe VII, la condition n^cessaire el suffisante pour
la stability seculaire etait que P expression V — ^- fiit minimum, cjest-a-dire
que
U — U0 — ~(I — I0)>o.
On voit que la regie actuelle est plus favorable a la stability.
D'ailleurs la condition (i) peut encore s'enoncer d'une autre maniere. Elle
signilie que 1'expression
doit dtre minimum pour la figure d54quilibre (c/. TAIT et THOMSON, Treatise
on Natural Philosophy, § 778" [/] et [£]).
11 faut voir maintenant si cette condition (i) est n^cessaire pour qu'il y ait
stabilite seculaire. Nous avons vu au paragraphe VII que les d^placements infi-
ninient petits Xj des diverses molecules d'un systeme a parti r d'une position
d'&quilibre relatif pouvaient s'exprimer de la facon suivante :
les A;n elant des constantes arbitraires d'integration, landis que les [/", rn\ et
les Am sont des constantes dependant des Equations difF^rentielles donn^es.
Pour qu'il y ait stability s^culaire; il faut que tous les 1 aient leur partie
r^elle nulle ou negative.
Pla^ons-nous d'abord dans les conditions ou la regie du paragraphe VII est
applicable, c'est-a-dire ou tout d^placement entraine une resistance passive.
Tous les X devront alors avoir leur partie reelle negative, et tons les x\ tendre
vers z6ro quand t croitra ind^finiment. L' expression suivante ;
<I> = T -4- U — U0— ~ (I — Iu)
H. P, — VII. 17
^o SUR L'EQUILIBRE D?UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
(si Ton neglige les cubes des ,r,-, on ce qui rcvienl an memo les cubes dcs A,,,)
esl unc forme quadratiquc par rapport aux Am.
Cetle forme doit lendre vers zero quand t croil indeiinimenl. Mais d'apres la
nature m&me dcs resistances passives, cello forme doit aller conslammenl en
diminuauL II faut done quo sa valour iniiiale soil loujours positive quelles quo
soient les constanlcs arbilraires Am. La forme * est done loujours dMinie
positive, c'esl-a-dire que U— ^1 doit elre minimum dans la position d'equi-
libre. C'estla la demonstration de la regie du paragraphe VII.
Supposons mainlenanl que cetle regie ne soil plus applicable, c'osl-4-dire
que certains displacements n'enlrainent pas do resistances passives. II pourra
arriver alors s'il y a stability seSeulaire quo parmi les Am, il y en ail un certain
nombre que j'appellerai les lp el doiil la parlie reelle esl nulle, pendant que
d'autres que j'appellerai les A,, auront leur parlie reelle negative.
D'aprcs cela la forme * ne lendra pas vers j?£ro, en g<»nriral, quand t croilra
inddfinimenl; elle parlira de sa valour initiale *0 el lendra vers une corlaine
valeur limile 9>\ que 1'on obliendra en remplacant dans <l>0 ions les Av par zrtro et
en conservant aux A;, leurs valeurs iniliales. ('omme la forme <I> doit aller
constamment en diminuant, on clevra avoir *()><I>1 quelles que soient les
valeurs cles constanles arbilrairos A7, et \q. Pour ccla il faul cjue la forme qua-
dralique <5 soil la somme de deux, autres, la premiere ne coaienant que les A/,,
la seconde d&fmie positive et ne contenant que les Af/.
Si done dans la forme *0 on aanule lous les A/,, cello forme doviendra drifmio
positive.
Dans le cas qui nous occupe, et si nous supposons que le centre de gravile
de notre masse soil fixe, il njy a que trois d<5placemenls ((ui n'enlrainenl pas de
resistance passive, ce sont les rotations aulour des trois axes. II y a done au
plus six des \m dont la partie rdelle est nulle; en d'auires termes, il y a au plus
six A;,. En nSalitci, il n'y a que quatre A,,. On obtiendra tons les mouvements
pour lesquels tons les Av soul nuls.? en supposanl que les diverses molecules de
la masse fluide tournenl d'un mouvement uniforme, a la fagon des did^renles
parties d?un m^me corps solide, aulour d'un axe quelconque et avec une vitesse
quelconque. On obliendra tous les mouvements pour lesquels tous les A,fl sont
mils, en consid<irant les d^placements de la masse fluide qui sont tels que le
moment de la quantil6 de mouvement relatif par rapport aux axes mobiles soil
iaul. Pour qu'il y ait stability sdculaire, il faut que la forme $ soit loujours
SUR L'EQUILIBRE D7UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. l3l
positive quand les d6placements iniliaux et les vitesses initiales des diverses
molecules sont telles que lous les A^ soienl nuls, c'est-a-dire que le moment de
la quanlit^ de mouvement soil nul. Or il est aise de voir que cela ne peut avoir
lieu que si 1'expression (2) est un minimum.
C'est done la la condition necessaire et suffisante de la stability seculaire.
L'expression
U0— U-^(I0— J) = T-<&
est aussi une forme quadratique par rapport aux Am quand on neglige les cubes
de ces quantit^s. Cette forme peut £tre r^duile en une somme de carres et ce
sont les coefficients de ces carres que nous avons appeles jusqu'ici coefficients
de stability. D'apres ce qui precede, il convient maintenant d'envisager la
forme
Cette forme peut anssi etre reduile en une somme de carres et j'appellerai les
coefficients de ces carr6s coefficients de stabilii^ corriges. Us devront etre tous
n^gatifs pour la stabilit6 s^culaire.
Supposons que la forme d'^quilibre relatif soit un ellipsoide et que la figure
trouble soit d6finie par la distance £ d'un point de sa surface a rellipsoi'de
compt6e normalement a Pellipsoi'de.
Si Ton a
nous avons vu au paragraphe IX que les coefficients de stability s'6crivent
__ If C (^1^1 Hi^L\ /M2N2 ^3>
2 J \ 3 27H-I/ Z
II esl ais6 de voir que si Ton neglige le cube des A$ il viendra
B et B' 6tant des coefficients qui ne dependent que des axes de Pellipsoide
pendant que A et A; sont les coefficients de ZMJ 2NJ 2 et ZMiiS NJj3 dans Tex-
pression de £. "
II r^sulte de la que les coefficients de stability corrig6s ne diflfereront pas des
coefficients de stability primitifs, si Ton excepte ceux qui se rapporlent aux
fonctions de Lam£ RJ)2 et Ri)2. Or si Ton se reporte au paragraphe pr&^dent,
on verra que nous pouvons envisager s6par6ment les mouvemenls harmoniques
ifo SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
des divers ordres, el que pour qu'il j ail slabilile, il Caul et il suflil, quo cello
stability oxiste a la fois en ce qui concenie les mouveinenls harmoniques tie
chaque ordre.
Mais d'apres ce que nous veiions de dire des coefiicients de stability la regie
du paragraphe VII s'appliquera aux mouveinenls liarmoniques de tons les
ordres si Ton excepie le second.
Pour qu'il y ail slabilile seSculaire en ce qui conceme les mouveinenls du
^i&me orcirCj il faut <»t il suffit que les coefiicieiils de slabilile corrigiSs qui so
rapporlcnl aux fonclions de Lame du nit>nl° ordre soienl tons negalifs: or ils no
different pas des coeflicienls primilifs si n > a.
Gonsid6rons d'abord les mouvemenls du deuxieme ordre; ils ne seronlpas
altdres, comme nous 1'avons vu, si nous nous iinposons conune liaison la
condilioa que ces mouveinenls soienl seuls possibles. Gela revienl a assujeltir
la figure de la masse (luide a la condition de rosier lou jours ellipsoidale.
Pour quo la stabilile soil s(5culaires en leuanl comple de celle liaison, il faut,
et il sufiit que 1' expression
soil plus grande pour uneliipsoide quelconque que pour rdlipsoide d'6quilibre.
L'e&pression r.>I0 est le moment de la quantil<S de mouvemenl; c'est une
donn6e de la question, Les quantites qui d6finiront 1'ellipsoi'de seronl deux dos
axes, a el l>] le iroisieme axe par rapporl auquel on prendra les moments
d'inerlie sera fonction des <leux premiers, puisque le volume est suppos^
donn<5.
\ tout systeme de valeurs posilives de a el h correspond une valeur de (a)
qui lend vers une limile nulle ou posilive quand Fun des axes a ou b lend vers
z6ro ou vers 1'mfini d^une inanicre quelconque.
Si done on appelle ^ii, 5I2 et #!3 le nombre d(^s minima ntgatifs de
1'ex.pression (2), celui des maxima nt^galifs, et celui des cllipsoides d%6quilibro
qui correspondent a une valeur negative de (2) qui n'osl ni un maximum ni uu
minimum, on aura par simple raison de continuile et en vertu des principes
bien conmis de V Analysis Situs :
Pour les valeurs de &>10 qui sonl inf^ricures a une cerlaine limile, il n'v a
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. I,H3
qu'un seul ellipsoide d'equilibre qui est de revolution. Si les axes de cet ellipsoide
sont p, p et \7p*2 — c'J, ces valeurs de p satisferont a F
J'appellerai im pareil ellipsoide : ellipsoide pen aplati pour le dislinguer de
ceux qui ne satisfont pas a Fin6galit<§ (4).
Puisque nous n'avons qu'une seule figure d^quilibre, les in4galit£s (3) ne
peuvent subsister que si celte figure correspond a un minimum.
Les ellipsoides peu aplatis sonl done stables en ce qui concerne les mouve-
ments du deuxieme ordre.
Pour les valeurs plus grandes de coI0, il a trois figures d'dquilibre : un
ellipsoide de revolution ne satisfaisant pas a Fin6galit£ (4) (je dirai qu'il est
tres aplati) et deux ellipsoides de Jacobi 4gaux entre eux et ne different Fun
de Fautre que par la permutation de a et de &. II faut done que les deux
ellipsoides de Jacobi correspondent tous deux a un minimum de (2) ou que
cela ne soit vrai d'aucun des deux. Dans ces conditions, les inegalites (3) ne
peuvent subsister que si les ellipsoides de Jacobi correspondent a un minimum
et si Fellipsoide de revolution ne correspond ni a un maximum, ni a un
minimum.
Done en ce qui concerne les mouvements du deuxieme ordre? les ellipsoides
de Jacobi sont toujours stables et les ellipsoides tres aplatis toujours instables.
Si par consequent nous imposons a la figure de la masse fluide la condition
de rester ellipsoidale, les ellipsoides peu aplatis et ceux de Jacobi seront
stables, pendant que les ellipsoides tres aplatis seront instables (c/. TAIT et
THOMSON, Natural Philosophy, § 778" [/]).
Voyons rnaintenant si la stability seculaire subsiste encore lorsqu'on considere
les mouvements harmoniques d'ordre snp6rieur.
Gela est evident en ce qui concerne les ellipsoides peu aplatis. Consid^rons
en effet un ellipsoide de revolution qui, se r^duisant d'abord a une sphere,
aille ensuite en s'aplatissant de plus en plus, de fa^on que si ses axes sont p et
^/p2 — C2? p decroisse +00 a c. Nous avons vu au paragrapKe XT que tous les
coefficients de stability sont d'abord n^gatifs; puis qu'un certain nombre
d'entre eux s'annulent successivementpour devenirpositifs. A la fin de cem£rne
paragraphe, nous avons d6montr6 que le premier de ces coefficients qui
s'annule ainsi est celui qui correspond a lafonction de Lam 6 RJ 2qui se r^duit
]V( SUR L^QUtLIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
a pi pour &*:= o. Si clouc ce coefficient osi n.'-gatif, c'osL-a-dh-c si I'dgaliuS (4)
esi saiisfaite, ions les autres coefficients seront aussi n6gatif*. L'ellipsoiide pea
aplati esl done stable (^/. /or. ctf., § 778" | h ]).
Quand a 1'ellipsoide de Jacob!, il s«ra stable en c« qni concorno les mouvc-
ments harmoniqnes du n*ma ordrc, pourvu que les coefficients do stabiliu':
(corriges ou non, cela revient au meme si «> a) qui affedent des fonclions do
I,am6 du nikm1' of dee soioul lous ndgatifs. Or nous uvous vu au paragraphe XI 1
que tous les coefficients do stabllito du 7ilftra" ordrc reslcnl ions ntfgalifs pour
tous les ellipsoides de Jacob!, a 1'exccplion du cooflicient <[ui so rapporlc a la
fonction Rla<n el que nous appellcrons coeHioi«nl principal du /iu'""' ordrc. Cc
coefficient principal, d'abord negalif pour les valeurs suflisamment pelites
b -
do ^ finit par s'annuler el par dcvcnir posilif quaiid on faitcroitre ^ -
Noas disons que rellipsoidts de Jacob! esl peu allonge si ^ obt assez petit
pour que tons les coefficients principaux soicnt u6gatifs, el r/'^v allongt si ^
ost assoz grand pour que Tun au mains des coefficients principuux soil posilif .
D'aprds ce que nous avons vu au paragraphe XII, il est certain que le
premier de cos coefficients principaux qui s'aimule osl colui du iroisifimo
ordre, de sorte que I'ellipsoi'de limite qui separe les ellipsoides peu allonges
des ellipsoides tres allongds est celui dont les axes satisfont a la relation
D'aprds ce qni precede, les ellipsoides peu allonges seront stables ct les
ellipsoides tres allonges instables en ce (pii concerne le« mouvemcntH harmo-
niques d'ordre sup<Srieur au second.
En r£$um&, si la figure de la masse fluide n'esl assujettie a aucunv con-*
dition, les elUpsoHdes de revolution peu aplatis et les ellipsoides de Jacob i
peu allonges jouiront de la stabilitti s£culaire, pendant que les ellipsoides de
r&volution trbs avlatis et les ellipsoides de Jacob itr&s allong&sri* en jouiront
pas.
Ces demiers pourraient toutefois jouir de la stability ordinaire sans jouir de
la stability s^cnlaire. 11 nous reste ^ examiner sjil en est ainsi,
Occupons-nous d'abord des petits mouvements harmoniques du second
SUR L'EQUILIBRi; D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 1 35
ordre des elllpsoides de revolution. Supposons done, ce qui n'altere pas ces
• mouvements, que la figure de la masse fluide soil assujettie a raster ellipsoi'dale.
D'apres le paragraphe precedent, nous pouvons m£me (sans alterer les
petils mouvemenis qu'il s'agit d'4tudier) supposer que la valeur superficielle
du potenttel V est assujettie non seulement a £tre exprimee par une somnie
de Lam£ du deuxieme ordre, mais encore soit a etre sym^trique par rapport au
plan des xy> soit au contraire a changer de signe avec z.
La seconde hypo these est sans int^ret; elle nous coiiduirait simplement a. une
sorte de mouvement de precession. Tenons-nous done a la premiere et
supposons que la figure de la masse fluide est assujettie a £tre toujours un
ellipsoKde ayant un axe dirig6 suivant 1'ax.e des z.
Soit
sc- y- %*- _
pa" " "p*" P2~ i ""
1'ellipso'ide envisag^. Nous aurons a considerer les trois fonctions de Lam£
R2=z p\/p2 — b- = p2, RJ 2 et Rij2. Nous poserons done
P,=
Nous poserons de plus
RtSi R2S2
Nous repreadrons d'ailleurs les notations du paragraphe pr^c^dent.
La fonction ^4 devant satisfaire a liquation
"as*
nous F6crirons
&i = A ( #3 — r2 ) -4- B ^j -+- G ( a?2 -+• j'2 —
A, B, C et D 6tant des coefficients constants qu'il s'agit de determiner et qui
jouent le rafime rdle que les Dg du paragraphe pr£c£dent.
Liquation (5) du paragraphe pr6c6dent devient
A', B', C' 6tant des coefficients constants, et elle doit devenir une identity en
tenant compte de ^equation de Fellipsoide.
G SUR L^QUIUBRE D'UNE MASSE FUUDE EN ROTATION,
On irouve d'ailleurs
±^21 + n il=^
de sorle que Fequation (6) du paragraphe pr6c6denl dovicnl
el ello doit 6 ire ime idcntite en tenant compte d«i liquation de Pellipsoule. On
doit done avoir
et d'autre part
(9)
/ps—i
Ce sont 1& les Equations (8) el (9) du paragraphe pr6ctfdenl. On peut v
satisfaire :
i° en supposant que C, D et C/ sont mils, eo qui donne en dliininanl A, Ii,
A', B' :
.(,>«— X*
V
ft (') /
X(24-
Oil
Oil
— 8 tot
— j()Wa= (I
Cetie Equation a toujours ses trois racines belles si l\i est positif; I'ellipsok'de
jouit done alors de la stability ordinaire, ce que Ton pouvait prtvoir; car si Ki
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 187
est positif, Pellipsoide est peu aplati et, ayanl la stability seculairc, il doit
a fortiori jouir de la stability ordinaire.
Dans tous les cas, on trouve en prenant le signe -j- par exemple :
avec A = 2 co pour la troisieme racine.
La condition de realit6 des racines est done
II r6sulte de la qu'alors meme que K< devient negatif et que 1'ellipsoide
devenani tres aplaii cesse de posseder la stability s^culaire, il joint encore
pendant un certain temps de la stability ordinaire.
Gela a lieu bien que Fexpression
<•> «*
ne soit ni minimum , ni maximum et qu'elle soit un <c minim ax » pour employer
une expression consacr^e en Angleterre (cf. loc. cit., § 778f/ [/]).
2° Supposons maintenant que A, B, A;, Br soient nuls et que C, D et C' ne
le soient pas.
D'apres la forme ni£me des Equations (8) et (9) que nous venons de former,
il existera un mouvement harmonique du deuxieme ordre qui satisfera ^ ces
conditions. II r^sulte ^galement de la forme de ces Equations, que ce mouve-
ment harmonique ne sera pas alt6r6 si 1'on astreint la masse fluide a affecter la
figure djun ellipsoide de revolution.
Mais si Fon introduit cette liaison, 1' ellipsoide de revolution, quel que soit
son aplatissement, jouira non seulement de la stability ordinaire, mais de la
stabilite s^culaire (cf, loc. cit., § 778/; [a]).
Ainsi certains ellipsoides tres aplatis possedent encore la stability ordinaire.
II en est probablement de meme de certains ellipsoides de Jacobi tres allonges.
Ne nous occupons plus maintenant que de la stability s^culaire et cherchons
quelles sont, parmi les figures d'6quilibre non ellipsoidales dont nous avons
d^montr^ Fexistence, celles qui possedent cette stability. A cet effet nous
pourrons appliquer le principe de I'£change des stability, ce que nous ne
pourrions pas faire pour la stability ordinaire.
Soient S et S' deux series lin^aires de figures d'6quilibre et F une figure de
H. P. — vii, 18
,38 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE PLUIDE EN ROTATION.
bifurcation commune a ces deux series. Si pour celte figure, tons les coeffi-
cients de stabilil<5 sont negatifs, oxceple un qui est mil, il y nura en general
tant dans la s6rie S que dans la serie S', des Inures Ires peu dil!Y>rentes de V
qui seront stables. Si pour la figure K i! y a des coefficients de slabililopositifc.
louies les figures de S et de S' tres peu diifeeules de K seront installs.
Nous avons considth-e diverses series Umpires de figures d'equilibre, a
savoir : In sfirie S des eliipsoides de revolution; la serie S' des ellipsoYdes de
Jacobi; les series 2 qui on I une figure commune <i> avec la stkie S; les series Sa,
S.4, . .., S,t, ... qui ont respectivement une figure commune K:;, K-,
F,,, . . . avec la serie S7. La figure F,, sera un ellipsoid*' de Jacobi pour iequel
on aura
HLS|
;j
D'apres ce qui precede, toutes les figures * seront des ellipso'kles tie r6vo-
lution tres aplatis, pour lesquels le coefficient deMabilit^ relalif a la fonetion de
Lam(5 RJ a, sera positif, Done toules les figures des series i n'auront pus la
stability s(5culaire; c'est-a-dire qu'elles seront instablos pourvu que le iluide
soit visqueux et si peu qu'il le soit. Cola n'esl vrai toulefois quo pour cellos de
ces figures qui different tre& peu de Fellipsoide et qui soul les seules dont nous
sachions quelque chose. II n'esl pas impossible <juel«s series i coniiennent <les
figures stables tres difft5rentes de Fellipsoi'de.
Toules les figures Fft, F-,. . . . soat des eliipsoides tres allonges pour lesquels
un certain nombre de coefficients do siabilitd sont positifs. Un seul est eiceptd;
c'est I'ellipsoide limite qui srtpare les ellipsoides ires allonges des eliipsoides
peu allonges et pour Iequel tons les coefficients de stabilite'* rorrifffo sont
n^gatifs except^ un qui est mil.
Nous avons vu au paragraphe XII que cet ellipsoide limile n'est aulre
que F3»
Done les figures peu diflferentes de Tellipsoide sont instables (s^culairement)
dans les series S4, S;}, Sn ; et stables dans la s6rie Sa.
La forme d^quilibre repr^sentde dans la figure page 1 13 est done une forme
d^quilibre stable (1).
(l) Voir aux Notes, Figures pir if orm&s.
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. i3g
XV. — Conclusions.
Les ellipso'ides ne sont pas les seules figures d'equilibre que puisse aflecter
tine masse fluide hornogene dont toutes les molecules s'attirent d'apres la loi de
Newton et qui est animee d'un mouvemenl de rotation uniforme autour d'un
axe. Si on laisse de cot£ certaines formes d^quilibre ou la masse en question
se subdivise en deux ou plusieurs corps isol^s, et d'autres ou elle prend une
configuration annulaire; il exlste encore une infinite de series de figures
d^quilibre.
. Toutes ces figures sont symetriques par rapport a un plan perpendiculaire a
Paxe de rotation. En outre elles ont un certain nombre de plans de sjm&lrie
passant par Paxe (elles en ont touies au moms un) et certaines d'entre elles
sont de revolution.
Parral ces series de figures, il n'y en a qu'une qui est slable et eile a deux
plans de sym^trie seulement (voir la figure p. 1 13).
Les ellipso'ides de revolution sont stables s'ils sont moms aplalis que celui
qui est en inline temps un ellipsoide de Jacobi; los ellipso'ides de Jacobi sont
stables s'ils sont assez pen allonges.
Dans ces conditions la stability subsiste quand nieme le fluide est visqueux.
Les ellipso'ides de revolution qui sont plus aplatts que celui qui est en m§me
temps un ellipsoide de Jacobi, mais dont Paplatissement reste mf6rieur a une
certaine limite, sont stables si le fluide est parfaitement d^pourvu de viscosit6;
ils ne le sont plus si le fluide est visqueux et si pen qu'il le soil.
Gonsid^rons une masse fluide homogene animee originairement d'un mou-
vernent de rotation; imaginons que cette masse se contracte en se refroidissanl
lentenient, raais de fa^on a rester toujours homogene. Supposons que le refroi-
dissement soit assez lent et le frottementinterieur du fluide assez fort pour que
le mouvement de rotation reste le m£me dans les diverses portions du fluide.
Dans ces conditions le fluide tendra toujours a prendre une figure d'6quiiibre
s^culairement stable. Le moment de la quantity de mouvement restera d'ailleurs
constant.
Au d6but, la densit6 ^tant tres faible, la figure de la masse est un ellipsoide •
de revolution tres peu different djune sphere. Le refroidissement aura d'abord
pour efFet d^ugmenter Paplatissement de Pellipsoi'de, qui restera cependant de
revolution. Quand Paplatissement sera devenu a peu pres 6gal a^? 1' ellipsoide
I jo SUR L^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
ccssera d'etre de revolution et devieudra un ellipso'ide de Jaeobi. Le ivfroidis-
sement continuant, la masse cessera d'etre ellipsoidale; elle deviendra dissy-
m&trique par rapport an plan des yz ot ellc a Hoc torn la forme repnisenlee dans
la figure page 1 13. Gomme nous Favous fail observer a propos de eette (i^ure,
1'ellipsoide semble se oreuser Increment dans sa partio ino\enne, inais plus
pres de Fun des deux summcts du grand axe; la plus grande partie d<» la
inati^re tend a se rapprocher de la forme sphericjue, pendant quo la plus
petite partie sort de 1'ellipsoide par un des sornmets du grand axe, eomme si
elle cherchait a se detacher de la masse principale.
11 est difficile d'annoncer avoc oerlitudo ci^ (}ui arrivera eusuitc si le refroi-
dissement continue, inais il est permis de supposer quo la masse ira en se
creusant de plus en plus, puis en s'elranglanl dans la partie nioyennu et finira
par se partager en deux corps isol6s.
On pourrait dtre tentd de cliercher dans ees considerations une conlirmalion
ou une refutation de Phypothese de Laplace, inais on ne doit pas oublior (ju<k
les conditions sont ici tr6s dillercnles, car noire masse est homogcno, tandis
que la n<5buleuse de .Laplace devait 6tre Ires fortement condense'e vers l^
centre.
J'ai cru nfianmoins devoir oxposer ici ce qui arrive d'une masse homop;ene
qui se contracte lentement et incessammcnl, car c'6lait le meilleur mojen cle
r^surner sous une forme un peu plus concrete les principnux rtlsultats de c<^
long M6moire et de faire comprendre quel interet il y aurail a comblor les
lacunes que j'j ai Iaiss6 subsistor.
SUR
L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
EN ROTATION
Comptes rendus de I 'Academic des Sciences, t. 102, p. 970-972 (27 avril 1886).
La Note de M. Mallhiessen, inseree aux Comptes reridus du 12 avril dernier,
appelle de ma part quelques explications. J'ai lu les M£moires cites (J ) donL je
n'avais pas connaissance, et j'ai reconnu que M. Matlhiessen avail signal^ avant
MM. Tail et Thomson 1'existence des figures annulaires d'^quilibre.
Je dois toutefois faire observer que la m^thode du savant professeur de
Rostock ne permet qu'une approximation limit^e : elle est., par cons6quent3
inf£rieure a celle qu'a employee d'abord Mmo de Kovvalewski, et que j'ai reprise
ensuile.
Pour mieux faire comprendre la difF6rence des deux m^thodes, que
I'Acad6mie veuille bien me permettre de signaler une erreur commise par
.VI. Matthiessen et qu'il n'eut guere pu 6viter avec les ressources analytiques
dont on disposait il y a quinze ans.
Ce g^ometre distingue deux sortes d'anneaux : Fanneau a, dont la section
tn6ridienne differe tres peu d'un cercle et oii le rayon de la section m^ridienne
est tres petit par rapport an rayon de F6quateur (c'est le soul dont je me sois
occup6 et dont j'aie d^moiitre I'existence), et Fanneau (3 dont F6paisseur est
tres petite par rapport au rayon de F4quateur; pendant que le rayon int&rieur
de Fequateur est tres petit par rapport au rayon exterieur.
(r) On'trouvera la liste de ccs Memoires dans le Traite de Mecanique celeste de TISSEBAND
t. 2, p. 169. (J.L.).
1 42 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
M. Matthiessen suppose quc la section nu'jridienne de Faiuieau (3 dillere ires
peu (Tune ellipse ires aplatio. Or on pout demontrer quoPanneau (3, i\ supposer
qu'il existe, a unc section mmdienne (res diilerenie Jcl'cllipsc; carle maxinium
do I'cpaisseur, loin de se trouver an milieu de la largeur do Panneau, so Irouve,
au contraire, tout pros du bord exloricur.
M. Matthiessen dit ^galement avoir signale avanl inoi les deformations quo
subisscnt les oliipsoides par coadensalion ou expansion. Cola pourraii faire
croirc qu'il connaissait les figures d'tkjuilibrc qui font Fobjel do inou dernier
MeSmoire (Acta A[ath.} t. 7? p. 3/j5) ('). II n'on est rieu. M. Matthiessen a
seuloinont classti les iiyuros qu'il connaissait (ellipsoidcs ei aniicaux). en ch(»r-
chant celles qui correspondaienl aux difl^rentes valours du moment do rota-
tion; mais il no s'ost pas preoccupt'j de leur stabililrt. II n'a done nuilement
inontre comment se comportcrail une masse iluide cjui so condenserait en
restant homogene, puisqu'une pareillo masse ne pourraii prondre quo des
formes stables, 11 ne pouvail d'ailleurs le fairo, puistjifunc des figures que
prendrait cette masse en se condensant ne lui olait pas connue.
Je profiterai de Voccasion pour signaler un Memoire do M» LiaponnolV, do
Kazan, public on 1884? ®\> 0lJL ^e g6oni(M.rc russe m'a dcvanccS sur quelqucs
points. Absolument ignorant de la langue russe, jo ne conuais encore ce travail
que par une analyse qu'en a clonnee recemment M. Radau dans le Kultvlin
astronmnique. Jo ne ptiis clone que renvoyer a cette analyse, mais jo mo
reserve de revcnir plus lard sur co sujol, si PAcudemie veul bieu le permettzv.
(l) OKitwes dc //. Poincare, cc Tome p. n:>.
SUR
UN THEOREMS DE M. LIAPOUNOFF
RELATIF A L'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE
Comptes rendus de I'Academie des Sciences, t. 104, p. 622-626 (7 mars 1887).
Lorqu'une masse fluide homogene, sans niouvement de rotation, est soumise
a la loi de Newton, il est Evident qu'une des figures d'6quilibre est la sphere;
mais nous ne savons pas jusqu'a present s'il en existe d'autres.
Nous ne savons m£me pas d^montrer que la sphere est la seule figure d?6qui-
libre stable ( !).
II faut, pour 1'equilibre stable, que I/int£grale
w== ^fht
atleigne un maximum, L'integration doit ^tre dteadue a toutes les combinaisons
de deux elements dr et drf du volume de la masse fluide, et /* d4signe la dis-
tance de ces deux Elements.
Pour d<£montrer que la sphere est la seule figure d^quilibre stable, il
faudrait done 4tablir qu'elle est la seule qui corresponde a un maximum relatif
de W. On ne sait pas le faire, mais M. Liapounoff a dernier em eh t d6montr6,
dans les Memoires de VUniversite de Kharkow, que la sphere correspond au
maximum absolu de W.
( ') Voir aux Notes, Masses jfluidcs en rotation (resuUats divers)*
I 54 SUR UN TH^OREME DE M. LIAPOUNOFF.
Je crois qu'il est possible do siniplilier beaucoup la demonstration do
M. Liapounoff, par ^introduction de considerations emprunlees a PKleelrosta-
tique, et c'est la Pobjel de la pnSsenle Mote.
i° II faul d'abord demontrer que W osl susceptible d'un maximum absolu;
pour cela, je me borncrai a laire voir quo, si Ton so donne Ic volume T do la
ligure, on peut trouver une limitc suptfrieure do W. En eflet, on a
V d^signant le polemic! de la masse lltiide par rapport an centre do gravilo de
lament dr.
Or V esl manifestement plus petit que le potentiel d'une sphere de volume T
par rapport *\ son centre. On a done
\ <".RHa;
en posanl ;'-7rlVl= T, on en d6duit
v>
\V <KlVJT.
W a done un maximum absolu. Nous nous conlenlorons de eel apercu pour
(kablir ce premier point, que M. Liapounoif avait Iaiss6 de edte.
2° Nous allons, avant de ddmonlrer le th6orgme de M. LiapounoO', tHablir la
proposition suivante :
De Lous les conducteurs de mdtne volume T, c.'est la sphrn* ijui a la plus
petite capacite electrif/ne,
Pour cela, je ferai voir d'abord quo la capacity eleclriquo (1 admot un
minimum,
Consideronsj en effct, un conducieur quelconque dc^ volume T el imaginons
d'abord qu'une quantity dr6leclricit6; 6galo a T, soit rrtpauduc uniform^menl a
1'inl^rieur du volume du conducteur. L'duergic poteutiollc sera alors
Si maintenanl cette quantite d'tttectriciuS rl se met en (Hat d'cquilibrc elee-
trostatique a la surface du conducteur, cette <5nergie potentiolle deviendra
rp(>
^; comme l^quilibre electrique est toujonrs stable, on cJevra avoir
Done C admet une limite infdrieure.
SUR UN THEOREMS DE M. LIAPOUNOFF. l45
3° Je dis maintenant que le minimum absolu de C correspond a la sphere. En
efFet, pour que C soit minimum, il faut d'abord que sa premiere variation soit
nulle. Or, supposons que le conducteur se d^forme infiniment peu, de fagon
que £ soit 1& distance de deux points correspondants du conducteur avant et
apres la deformation, distance estim^e suivant la normale. Si la charge du
conducteur est M, et que p soit la densite dlectrique en un point de la surface
du conducteur, la variation dC de la capacity sera donn^e par la formule
C2 J
Fint^grale £tant tHendue a tous les 6l4ments d& de la surface du conducteur.
On a, d'autre part,
,rr — C
II faut que. si la variation dT du volume est nulle, la variation dC le soit
6galement. Pour cela, il faut et il suffit que p soit une constante, cjest-a-dire
que la distribution 4lectrique a la surface du conducteur soit uniforme. On ne
sait pas s'il existe d'autre conducteur que la sphere satisfaisant a cette
condition.
Mais il nous suffira, pour notre objet, de comparer les capacit^s des conduc-
teurs qui y satisfont et de montrer que celle de la sphere est la plus petite.
Supposons que le conducteur subisse une deformation qui alt6re son volume.
On aura, p 6tant une constante,
ou bien
S d^signant la surface totale du conducteur. Si le conducteur se d&forme en
restant semblable a lui-m£me, la capacit6 sera, par raison de similitude, pro-
portionnelle 4 la racine cubique du volume, de sorte que 1'on aura
"C" = 3 T"
On en d^duit
Ainsi^ pour tous les conducteurs a distribution uniforme, la capacity est
H. P. — VII.
!46 SUR UN THEOREME DE M. LIAPOUNOFF.
proportionnelle au carrc1 de la surface. Or, Sleiner a d6montr6 que, de loulos
les figures de mSme volume, c'est la sphere qui a la plus petite surface; c'est
done elle qui a la plus petite capacitd.
4° Je dis maintenant que la sphere correspond au maximum absolu de W,
En effet, pour que W atleigne ce maximum, il faul d'abord que sa variation
soil, nulle quand la figure subit une deformation qui n'alterc pas le volume. Or,
la variation de W a pour expression
Pour que celte variation soit nulle en mfiine temps que JT, il faut el il suffit
que V soit une constante en tous les points de la surface, ce qui a lieu pour les
surfaces d'6quilibre. Mais alors on a, pour une deformation qui «ltoro le
volume,
Si 1'on suppose, en particulier, que la figure se dtiforme en restanl somblable
a clle-m<§me, W est proportionnel a la puissance ~ de T ; on a done
Mais Pattraction d'une figure cFdquilibre sur un point exldricur est la
que celle d'une masse d'6lectricit6 <5gale a T, nipandue i\ la surface de ctjtte
figure, regarded comme un conducteur; on a done
"i T2
On voit ainsi que W est inversentent proportionnel a 0, et que la sphdro,
qui correspond au minimum de C, doit corresponds au maximum de W.
5° Dans le cas ou la masse fluide est anim6e djun niouvement de rotation de
vitesse anguiaire /z, la condition d^quilibre est que V4--^~- soit une
constante en tous les points de la surface, ou que la premiere variation de
W + — soit nulle. Nous d(5signons par p la distance d'un point a Faxe de
rotation, et par I le moment d'inertie* On trouve alors
SUR
L'EQUILIBRE D'UNE MASSE HETEROGENE
EN ROTATION
Comptes rendus de l^Academie des Sciences, t. 106, p. 1571-1574 (4 juin 1888).
Dans une retnarquable These (i) presentee il y a un an a la Faculty des
Sciences de Paris, M. Hamy a obtenu le resultal suivant :
Si une masse fhiide anim6e d'un mouvement de rotation est composee de
couches de densile's diff^rentes, il ne peut pas arriver que les surfaces de s£pa-
ration de deux couches cons^eutives soient toutes des ellipsoi'des.
Pour elablir cette proposition, M. Hamy commence par d6montrer, a litre
de lemme, le th^oreme suivant :
SI toutes les surfaces de separation etaient des ellipsoi'des, tous ces ellip-
soi'des seraient homofocaux.
Ce lemme est susceptible d'unc generalisation qui peat presenter quelque
mtere~t, moins peut-^tre en raison du r^sultat lui-meme que de la m<Uhode qui
me Fa fait obtenir, et qui est tout a fait difT^rente de celle de M. Hamy.
Supposons un noyau solide. dont la density intdrieure p varie djune maniere
tout a fait quelconque; imaginons que ce noyau soit reconvert de deux couches
fluides superposees; la premiere int^rieure, de densit,6 p4 , recouvrant entiere-
ment le noyau solide, la seconde exterieure, de densit^ p2, recouvrant entiere-
ment la premiere. Tout le systeme sera anim6 djun mouvement de rotation
commun. Je dis que, si les surfaces ext^rieures de ces deux couches fluides
sont toutes deux des ellipso'ides, ces ellipso'ides seront homofocaux.
(*) Journal de Mathematiques pures et appliquees, t, 6, 1890, p. 69-198.
148 SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE HETEROGENE EN ROTATION.
Si j'ai suppos^ le noyau solide, ce n'est pas que lo resultat ne soil encore vrai
si ce noyau est fluide en totalitS ou en parlie, Mais, si le noyau itait fluide, sa
densite interieure ne pourrait pas varier d'une fagon quelconque et devrait
satisfaire aux Equations d'^quilibre. Je n'ai done suppose" le noyau solide que
pour donner an resultat toute sa gen£ralit6.
Soient
a, y et s les coordonne"es reclangulaires d'un point quelconque;
w la vitesse de rotation;
r la dislance du point (#, y, z] a Paxe de rotation.
Soient F2 Fellipso'ide qui limite ext^rieurement la deuxieme couche fluide et
par consequent tout le systeme et E, Pellipsoi'de qai s^pare la premiere couche
fluide de la seconde.
Soient A, JUL, v les coordonn^es elliptiques d'un point de Pespace par rappoi^t
a Pellipsoi'de E4 ; A7, p.^, v' les coordonndes elliptiques de ce mdme point par
rapport a Pellipsoide E2.
Le potentiel newtonien total du systeme se composera :
i° du potentiel de Pellipsoide E2 (suppos6 plein, homogene et de densit^ pL>) :
nous Pappellerons V2);
a° du potentiel d'une couche comprise entre Pellipsoide E1 et la surface du
noyau solide avec la densit^ p4 — p2 ;
3° du potentiel djune matiere attirante remplissant le noyau solide avec la
densit^ variable p — p2.
Nous appellerons Vi la somme des deux dernieres parties, de sorie que le
p.otentiel total sera £gal a V1 4- V2.
On doit remarquer que la fonction V,, a Pintdrieur de E! n'est pas la conti-
nuation analytique de la fonction V^ a Pext^rieur de EA ; de merne V2 est repr£~
sent^ par deux fonctions analytiques differentes ^ Pint^rieur et a Pext^rieur
deE,.
Liquation d'dquilibre sJ6crit
ti) 2 /-2
Vi-hVs-+- • - = const.,
et elle doit ^tre satisfaite (avec deux valeurs differentes de la constante) a la
surface de EI et a celle de E2.
La fonction - — est un polynome du second degr^ x^ y, z\ la fonction V2 est
SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE HETEROGENE EN ROTATION. 149
6gale aussi a un polynome du second degr£ en #, y, z a Fint6rieur et a la sur-
face de E2.
Nous devons conclure que V< se r^duit a un polynome du second degre en
xt y-> z a la surface de EL et un autre poiynome du second degre en x^ y, z a la
surface de E2.
En partant de 1'ellipsoide Ei et des coordonn^es elliptiques >., p., v,' on peut
former une suite ind^finie de fonctions de Lame : R0, RI 7 - - . , R,z; R,* sera un
polynome en A, />.- — 6a, /A- — c'2 (b- et c2 conservant le sens habituel donn^
a ces notations dans la th6orie des fonctions de Lam4). A Rn correspondront
deux fonctions conjugu^es Mrt et N^ obtenues en remplacant, dans R*., /. par JJL
et par v, et la fonction
II y a une seule fonction de Lame de degre z£ro qui est K.n= i : nous lui
donnerons Findice z^ro ; il y en a trois de degr£ i : nous leur donnerons les
indices i, 2, 3; il y en a cinq de degr£ 2 : nous leur donnerons les indices 47
5,6,7,8.
Avec Pellipsoide E2 et les coordonn^es elliptiques V, p/, vr7 on formera de
meme les fonctions de Lam6 R'rt, M^, N^. S'n.
De ce que V^ est 6gal a la surface de EI a un polynome du second degr^ en
57, y^ z, on conclut qu'on a a Pexterieur de EI :
les An 6tant des coefficients constants,
De meme, V4 elant encore £gal a un polynome du second degre a la sur-
face E2, on devra avoir a 1'ext^rieur de E2 :
les A!n 4tant de nouveaux coefficients constants*
On a done Tidentit^
et c'est cette identity qui ne peut avoir lieu que si Ei et E2 sont homofocaux.
l5o SUR L'EQUILIBRE D'UNE MASSE HETEROGENE EN ROTATION.
A vrai dire, Tidentit^ ( i ) n'est d6montr£e que pour les valeurs r^elles de x, y
et 3, el quaad le point (#, y, z] est exterieur a E2. Mais, quand deux fonctions
aualytiques sont identiques tout le long d'une ligne continue, elles restent
identiques pour toutes les valeurs r^elles et imaginaires des variables. L'iden-
tit6 ( r ) ne souffre done aucune exception.
Cela pose, observons que le premier membre de ( i ) n'est pas une fonction
uniforme de ,#, y et z, mais qu'il ad met une infinite de valeurs, lesquelles
s'Schangent entre elles quand le point (#, y, z} appartient a la developpable
circonscrite aux ellipsoides homofocaux a EI.
De meme, le second membre de (i) admettre une infinite de valeurs qui
s'echangeront enlre elles quand le point (x,y, z] appartiendra a la d^velop-
pable circonscrite aux ellipsoides homofocaux a E2.
Mais, les deux membres de ( i ) devanl £tre idenliques, ces deux d<^velop-
pables devront coincider, ce qui prouve que EI et E2 "sont homofocaux. La
reponse doit £tre affirmative.
c. Q. F. D.
Une question se pose alors naturellemenl. Est-il possible d'imaginer a Fint6-
rieur du noyau solide une distribution de la density telle que les deux couches
itluides prennent efFectivement la forme de deux ellipsoides homofocaux ? La
reponse doit £tre affirmative.
Le resultat obtenu dans celte Note peut £tre g^neralis^ de la fa$on suivante.
Si un noyau solide quelconque est reconvert de n couches Guides superposes,
et que tout le systeme soit anim6 d'un mouvement de rotation commun, si la
surface exterieure de la derniere couche fluide ainsi que les surfaces de s6pa-
ration de deux couches fluides consecutives sont toutes des ellipsoides, tous ces
ellipsoides sont homofocaux.
SUR L'fiQUlLIBRE D'UN FLUIDE
EN ROTATION
Bulletin astronomique, t. 16, p. 161-169 (mai 1893).
Dans ce qui va suivre, je consid^rerai Fequilibre d'une masse fluide homo-
gene en rotation, ob^issant a la loi de Newton. La masse etant homogene, je
prendrai sa densit^ pour unit£, de telle sorte que le potentiel Vs'ecrira
r £tant la distance de P6l6ment de volume dr* au point attire.
J'appellerai W T4nergie potentielle
W-J/V*.
Tint^gration ^tant etendue 4 tous les Elements de volume di: dela masse fluide;
le travail viriuel de Pattraction sera 4gal a la variation 3W.
Si a) est la vitesse de rotation et que Paxe de rotation soit Paxe des z, je
poserai
de telle sorte qu'on aura
AU = 2w2— 4^.
La condition d'equilibre est que Pon ait a la surface
U = U0}
!52 SUR L'EQUILIBRE D'UN FLUfDE EN ROTATION,
U0 etant une constante. Dans le cas oii il n'y a pas de rotation, co est nul et Ton
doit avoir a la surface
V = V0,
V0 6tant une constante.
Si Ton suppose w = o, on sait que la sphere est une figure d'iquilibre ; mais
on ne sait pas si c'est la seule figure d^quilibre possible (' ); on ne sait meme
pas si c'est la seuje figure stable possible, c'est-a-dire si W n'a pas d'autre
maximum relatif que celui qui correspond a la sphere. En revanche
M. Liapounoff a d^monfcre que la sphere correspond au maximum absolu
de W. Je voudrais d'abord rappeler rapidement la forme simple que j'ai
donn^e a la demonstration du th^oreme de Liapounoff.
Je designerai par T le volume de la masse fluide.
i° Le potentiel d'un volume quelconque par rapport a un point quelconque
est plus petit que le potentiel d'une sphere de meme volume par rapport a son
centre; on aura done
V
en posant
T
2° On aura
W
= i rV
2 J
Done I'&iergiepotentielle Wd'une masse fluide de volume T a un maximum.
II reste a d^montrer que ce maximum ne peut £tre atteint que pour la sphere.
3° Je dis maintenant que la capacity ^lectrostatique C d'un conducteur de
volume T a un minimum. Chargeons en effet ce conducteur d'une charge 6lec~
trique egale a T? on aura
— <r-W<-TR*T d'ou C^JL. G->~R
2C^ ^J ' ^ 27CR2? ^ 3 '
II reste & montrer que ce minimum ne peut etre atteint que pour la sphere.
4° Soit, en effet, M la charge du conducteur, |m la density 61ectrique sur
F&l&oient de surface dv, de telle fagon que
M =
(l) Voir aux Notes, Masses fluides en rotation (resultats divers).
SUR L'EQUILIBRE D'UN FLUIDE EN ROTATION. l53
Supposons que le conducteur se d^forme de lelle facon que le centre de
gravit^ de Foment da- subisse un petit deplaeement dont la projection sur la
normale a l'6I6ment de sera £gale a £; alors la capacit£ et le volume subiront
des accroissements dC et dT et Ton aura
Comme je suppose C minimum, liquation dT = o doit entrainer dC = o,
et Ton doit avoir
M
= const. = --,
S £tantla surface du conducteur; d'ou si dT n'est pas mil,
Mais si le conducteur se dilate, en restant semblable a lui-m£me, la capacite
varie en raison directe de la racine cubique du volume, en sorte que
( \ — — I —
(I) G "" 3 T "
On en deduit
G= ES7T
Or, parmi tous les corps de m£me volume, celui qui a la plus petite surface
est la sphere; done celui qui a la plus petite capacit6 est la sphere.
c. Q. F. B.
On a done
OR-
5° Les formules pr£c6dentes supposent que la capaeit£ est minimum. Si elle
n'a pas atteint son minimum, fx ne sera plus une constante, mais si JJLO et pii
representent la plus grande et la plus petite valeur de j^, on aura
Si le corps est une forme d'^quilibre, de telle sorte qu'a la surface on ait
on aura
T = GV0,
Si je d6signe par F0 et FI la plus grande et la plus petite valeur de Pattrac-
tion a la surface du corps, on aura, en supposant M = T3
H. p. — VII.
1 54 SUR L'EQUILIBRE D'UN FLUIDE EN ROTATION.
d'ou
ou, a cause de la relation (i);
F2 ^*- ^ — XT' -^ f72
1 "\ Q * 0 "^--s * 0*
6° Nous avons vu que W a un maximum; je veux maintenant demontrer que
ce maximum ne peut £tre atteinl que pour la sphere (Vest le th^oreme de
M. LiapounofF).
Supposons, en effet, que notre corps se d^forme; nous aurons
dW
= r
Pour que W soil maximum, il faut que dW s'annule toutes les fois que
dT = o ; et, pour cela, il faut que la valeur de V a la surface se reduise a une
constante V0 ; c'est ce que nous savions
Si maintenant dT n'est pas nul, on aura
D'autre part, si le corps reste semblable a lui-meme, W sera proportionnel
a la puissance ^ de T, c'est-a-dire qu'on aura
3
dW _ 5 dT
"W ~" 3 T'
3 T2
ou W = ~~.
5 G
De tous les corps de volume T, la sphere ayant la plus petite capacity aura la
plus grande (kiergie W. c. Q. F. D.
Cherchons maintenanl a etendre ces r^sullats au cas ou ily a un mouvement
de rotation. Nous avons encore
dW = I'VZ.dG.
D'autre part, si J est le moment d'inertie, on aura
r o32 r
dJ^U^-hy^da, d'ou dW -h — dJ = / U $d<r.
J '2> J
Pour qu'il y ait 6quilibre, il faut que dW +—d3 soil nul toutes les fois que
dT = o; il faut done que la valeur de U a la surface se reduise a une constante
U0; c'est ce que nous savions d6ja.
SUR L'EQUILIBRE D'UN FLUIDS EN ROTATION. i55
Si alors dT n'est pas nul, on a
~
2
D'autre part, si le corps reste semblable a lui-meme, J est comme W pro-
portionnel a la puissance ^ de T, de sorte que
d'ou
(2) WH-~J
De cette formule on peut tirer diflferentes consequences.
i° Soient V le potentiel du a Tattraclion de notre masse fluide et V celui
qui serait du a une charge 61ectrique £gale a T et qui serait en ^quilibre a la
surface du corps regarde comme un conducteur.
T
A. la surface du corps, V7 aura la valeur constante -^ •
Soit une sphere de rayon tres grand dont le centre sera fixe, mais dont nous
ferons varier le rayon. On aura, en 6tendant les integrates a tous les £l6ments
d<? de la surface de cette sphere,
rdv , r^v' . _, r^cv — V) .
J d^d*=J ^d* = -^ J dn d* = °-
On en conclut que la valeur inoyenne de V — Vr a la surface de la sphere est
ind^pendante du rayon de cette sphere. Or, cette valeur doit s'annuler a
1'infini; done cette valeur moyenne est toujours nulle. Done V — V' ne peut
etre ni toujours posilif, ni toujours negatif.
Or, si V — V etait toujours positif (ou toujours negatif) a la surface du
corps, il serait toujours positif (ou toujours negatif) a 1'exterieur du corps.
Done la valeur constante de V doit etre comprise entre le maximum et le
minimum de V.
Soient r0 la plus grande distance du corps a 1'axe de rotation et r4 la plus petite
distance. Pour des figures d'£quilibre telle que les ellipsoi'des de Mac Laurin
et de Jacobipar exemple, Taxe de rotation rencontre la surface du corps et r<
est nul ; mais il n'en serait plus de m£me pour une figure annulaire d^quilibre.
On a alors £ la surface
i56 SUR L'EQUILIBRE D'UN FUIIDE EN ROTATION.
et par consequent
w-rr
Done, d'apres le r^sullal obtenu plus haul,
T
2 (j 2
d'oii nous deduirons les megaliths
3 T2 3 , , eo* 3 T2 3
et dans tons les cas
3 T* ^ .... o)2
- TT <Wn J.
5 G 2
Ce sont des relations entre l^nergie polentielle du corps, son moment
d'inertie, son volume, sa capacity ^lectrostalique, el 7",,, c'est-Si-dire ce qu'on
pourrait appeler le rayon de Pequateur,
2° D'apres ce que nous avons vu plus haul, AU est nogatif si co2 < 271, nul si
ot)2 — air, positif si co2>27r. Dans le premier cas, U peut avoir un maximum,
mais pas de minimum; dans le second cas, U ne peut avoir ni maximum ni
minimum; dans le troisieme cas, U peut avoir un minimum, mais pas de
maximum*
J'ai demontr<§ ailleurs (Bull, astron., t. 2, p. 109) (4) que dans les deux
derniers cas F^quilibre ne saurait fitre stable.
Dans le premier cas7 on a U < U0 a Tinterieur du corps ; dans le second cas
on a U = U07 dans le troisieme on a U > U0.
Or
dans le premier cas, on a done
CO2
2
dans le second :
dans le troisieme :
~J<U0T.
(l) GEuvres de ff. Poincare, ce Tome, p. 17.
SUR L'EQUILIBRE D"UN FLUIDE EN ROTATION. 167
En rapprochant de la forumule (2), on voit que :
si c*>2<; 27T5 on a
W> 0>2J;
si co2 = 27i, on a
W=w2J;
si co2> 27Tj on a
W< w2 J.
3° Je suppose que o> varie (Tune maniere continue ainsi que la figure d'equi-
libre (le volume T demeurant constant bien enlendu).
La figure devant satisfaire a la condition d'^quilibre, on aura
et par consequent, en differentiant liquation (2),
3
Cela nous montre que U0 croit avec co.
Ce r£sultat est vrai ponr toutes les figures d'equilibre, mais pour les
figures d'6quilibrc qui rencontrent Paxe de rotation, il pent s'enoncer aulre-
ment : le potentiel au pole croit quand la vitesse de rotation augmente.
4° Pour les figures d^quilihre qui rencontrent Faxe de rotation, U0 £tant le
potentiel au pole est, d'apres ce que nous avons vu au d6but? plus petit que
Done U0 ne peut croitre indefiniment, et cela nous fait deja prevoir que w ne
peut non plus croitre ind6finiment.
Pour le demontrer, je pars de Pegalit£ suivante, consequence immediate de
celle que je viens d'etablir
/d& __ 3_T r dVo
o) ~~ 5 J w-J
Soit ii la plus petite valeur de o>2 J, il vient
^ / //TJft <** -Tim-r- *
03 5 O ,/ o Q
Pour que w puisse croitre ind^finiment, il faudrait que Q fut nul; c'est-^i-dire
que quand &> croit ind6finiment7 oo2 J tende vers zero.
Or, des que <k> a d^pass^ la valeur v/27rj on a W<co2J5 done W devrait
aussi tendre vers z^ro. Done
1 58 SUR l/EQUILIBRE D'UN FLUIDE EN ROTATION.
devrait lendre vers z^ro. Mais cela n'est pas possible puisque U0 croit avec o>.
D'oii la conclusion suivanie (<) :
Quand on fera varier d'une manicre continue la vitesse w ainsi que la figure
d'6quilibre, de deux choses Tune : ou bien la vitesse GO, apres avoir cru, finira
par d^croitre; ou bien la figure d'^quilibre cessera a tin certain moment de
rencontrer 1'axe de rotation.
C'est ainsi que, si Ton suit la s6rie des ellipsoides de revolution, w2 croit
depuis z£ro jusqu'a 4^ X 0,1 12, et d^croit ensuite jusqu'a zero; de meme si
Ton suit la s^rie des ellipsoides de Jacobi, co- croit depuis z£ro jusqu'^.
4?r x 0,098, et d^croit ensuite jusqu'a z^ro,
Je dois ajouter que la demonstration qui precede n'exclut pas 1'hypothese
suivante : w pourrait croitre au dela de toute limite sans que la figure cessat de
rencontrer Paxe de rotation, mais a la condition de croitre parunes^rie d?oscil-
lations en prdsenlant une infinite de maxima ou de minima.
J'ajouterai que si W H -- J est maximum (ce qui est une condition suffi-
sante, mais non n^cessaire pour la stability de 1'^quilibre), J va en croissant
avec W.
Soient, en effet, co el a/ deux valeurs, tres voisines, de la vitesse de rotation ;
>
soient W cl W, J el J' les valeurs correspondantes de Fdnergie et du moment
d'inerlie. Comme W H -- J est maximum, on aura
2
Comme W'H -- P est de son c6te maximum, on aura
d?ou, en retranchant ces deux in^galit^s,
ou
C. Q. F. D.
(l) Voir aux Notes, Masses fluides en rotation (r6sultats divers).
SUR
LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES
PIRIFORMES AFFECTEES PAR UNE MASSE FLUIDE
EN ROTATION 0)
Proceedings of the Royal Society of London, vol. 69, p. i^8-i^g (29 octobre 1901).
(Resume.)
' Pai publi6 autrefois dans le Tome 7 des Ada Mathematica un Mdmoire (2)
ou j'^tudie diverses figures d'^quilibre nouvelles d'une masse fluide homogene
en rotation. Presque toutes ces figures sont inslables; une d'elles cependant,
qui est piriforme (3), est tres probablement stable. Mais la preuve directe de
cette stabilite ne pourrait etre obtenue que par de longs calculs. Le but du
present travail est de faciliter ces calculs, en donnant a la condition destabilil<§
une for-nae analytique aussi simple que possible. La question cependant reste
ind^cise, parce que les formules analytiques n'ont pas 6te r^duites en chifFres.
II failait d'abord obienir une expression de F^nergie de gravitation d'une
pareille figure en poussant Fapproximation plus loin qu'on ne Favait fait
jusqu'ici. L'emploi des fonctions de Lam£ peut conduire an r^sultat. mais on
se trouve en presence d?une petite difficult^. Le potentiel d'un ellipsoide, ou
(*) Received October, 29, 1901.
<2} QSuvr&s de ff. Poincare^ ce Tome, p.
(3) Voir aux Notes, Figures piriformes.
l6o SUR LA STABILITY DE L'^QUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
d'une couche ellipsoidale, affecte des formes analytiques diffdrentes selon que
le point envisage est a Finterieur ou a Pext&rieur de Fellipsoide. II en r^sulte
que dans chacune des integrates il faudrait donnera la fonctionsous le signe / ,
tantot une forme pour les parties de la surface piriforme qui sont au-dessous
de la surface de Pellipsoide, tantot une autre forme pour les parlies qui sont
au~dessus. Mais j'ai reconnu que cette difficulle est purement artificielle et
qu'on obtiendra encore un r^sultaL final correct en donnant a ces fonctions
sou-s le signe / , soit toujours la premiere forme, soit toujours la seconde. En
op^rant de la sorte on commet une erreur sur chacune des integrates, mais ces
erreurs se compensent completement dans la somme des intdgrales.
Je me suis attach^ ensuite ^L 6crire Fin<5galit^ qui exprime la condition de
stability, et a r^duire aux integrates ellipliques les plus simples toutes les i
grales qui figurent dans cette in
SUR
LA STABILITY DE L'EQUILIBRE DES FIGURES
PIRIFORMES AFFECTEES PAR UNE MASSE FLUIDE
EN ROTATION (')
Philosophical Transactiojis, A, t. 198, p. 333-373 (29 octobre 1901).
Introduction.
J'ai public aulrefois dans le Tome 7 des A eta Mathemattca (2) un M^moire
sur F^quilibre d'une masse Guide en rotation. C'est a ce M<§moire que je ren-
verrai souvent dans la suite en £erivant simplement Acta. Dans ce M^moire je
d^cris en particulier une figure d'6quilibre particuliere qui est piriforniej et
que pour celte raison on peut appeler la poire (pear-shaped figure).
Cette figure est-elle stable? La question ne peut pas £tre regard^e comme
enlierement r^solue. En effet, corame I'a fait remarquer M. Schwarzschild, le
principe de l'6changc des stabilit^s ne peut pas £tre appliqu^ a ce cas sans
modification (3).
La condition de stability peut etre presentee sous deux formes diff^renles.
Soient U Tenergie potentielle de la masse fluide (ou pluldt ce que M. Darwin
appelle F^nergie perdue), w la vitesse de rotation, J le moment d'inertie. La
quantity U + ~6>-J doit £lre minimum, 6) etant regards comme donne*
(!) Received October 2;^ Head JNovember ai, HJOL
(2) QEuvrcs de II. Poincare, ce Tome, p. 4°-
(3j Voir aux Notes, Figures pirif armies.
H. p. — VII,
162 SUR LA STABILITE DE l/EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
La condition est necessaire et suffisante pour la stability seculaire, si 1'on
suppose que la masse est entrainee par frottement par un axe de rotation qui
la traverse de part en part comme dans les experiences de Plateau. Elle esl
suffisante, mais elle n'est plus necessaire, si Ton suppose que la masse est
isolee dans Fespaee (cf. Acta, p. 298, 290, 867, 36g).
Voici la seconde forme. Soitjn = coJ, moment de rotation de la masse
fluide, la quantity U — ~ devraetre minimum , JJL etant re garde comme domic.
La condition ainsi 6noncoe est necessaire et sufiisante, si 1'on suppose la
masse isole*e dans Pespace.
Cela pose, consid^rons la s6rie des ellipsoides de Jacobi, et d'autre part la
s$rie des figures piriformes. Nous aurons une figure de bifurcation qui appar-
tiendra a la fois aux deux series, et que nous appellerons le jacobien critique.
Les figures piriformes n'admettent pas le plan des xy pour plan de sym6-
trie; on doit done regarder connive distinctes deux de ces figures, sym^triques
Fune de Pautre par rapport a ce plan. De sorte que les figures de la s6rie piri-
forme sont sym^triques deux, a deux, a Perception bien entendu du jacobien
critique, qui admet le plan des xy pour plan de symetrie. 11 est clair que pour
deux figures sym^triques les valeurs de w, de J et de U sont les m6mes.
L7ensemble des deux, series pent ^tre repr6sent6 schdmatiquement par une
droite repr^sentant les ellipsoides de Jacobi, et par une courbe ay ant cette
droite pour axe de sym6trie, et repr6sentant les figures piriformes. Le point
d'intersectioa de la droite et de la courbe repr^sente alors le jacobien critique,
et deux points sym^triques de la courbe repr^sentent deux figures symelriques.
Gela pos<§, si nous suivons la serie des jacobiens en allant du mo ins allong6
au plus allong6, nous savons que w va en d^croissant, tandis que coj^r: p. va en
croissant.
Si nous suivons la s^rie piriforme, il est Evident que quand nous atteindrons
le jacobien critique, co atteindra, soit un minimum, soit un maximum, et il en
est de me" me de w J.
Si nous adoptons le premier critere de la stability fond6 sur les minima de la
fonction UH — o)3J, le principe do P^change des stabilit^s entendu comme il
doitPetre, nous enseigne ceci.
La 'condition ndcessaire et sufiisante pour la stability s^culaire, si Pon sup-
posait la masse entrainee par la rotation dyun axe fixe comme dans les exp<5-
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. l63
riences de Plateau, serait que o> soil maximum, c?est-a-dire plus grand pour le
jacobien critique que pour les autres figures piriformes.
Si GO est maximum, oa aurail pour une valeur donnee de &j sup^rieure au
maximum une seule figure d'equilibre, un jacobien stable; pour une valeur
donnee de GO iiif^rieure au maximum on en aura trois, un. jacobien instable et
deux figures piriformes stables.
Si, au contraire, GO est minimum, on aurait pour une valeur donnee de o,> supe-
rieure au minimum trois figures dj<kjuilibre, deux piriformes et instables, et
une ellipsoidale et stable; pour une valeur inferieure au minimum on n'aurait
plus qu'une figure d'^quilibre ellipsoi'dale et instable.
Si maintenant nous supposons la masse isolee dans Pespace, la condition
reste suffisante, mais elle n'est plus n^cessaire. Pour avoir une condition
n^cessaire et suffisante, il faut avoir recours an second crttere fond<£ sur les
minima de U — ~ Le principe de Pdchange des stabilit^s nous apprend alors
que la condition necessaire et suffisanle de la stability seculaire est que o>J
soit minimum^ c'est-a-dire plus petit pour le jacobien critique que pour les
autres figures piriformes.
Si GO J est minimum on aura pour une valeur donnee de «,1 :
inf^rieure au minimum : un jacobien stable;
sup^rieure au minimum : un jacobien instable, deux figures piriformes,
stables et sym6triques Fune de Fautre.
Si o) J est maximum on aura pour une valeur donnee de ^ J :
inferieure au maximum : un jacobien stable et deux figures piriformes,
instables et sym^triques Fune de Fautre;
sup^rieure au maximum : un jacobien instable.
La question a r£soudre est done de savoir si 6>J est maximum on minimum;
mais elle ne peut etre resolue que par un calcul compliqu6. Supposons qu'une
masse fluide homogene en rotation se refroidisse lentement, elle prendra sue-
cessivement (dans la premiere hypothese wJ minimum) la forme djun ellip™
so'ide de revolution de plus en plus aplati, puis celle djun ellipsoide de Jacobi,
puis celle d?une poire.
Si, an contraire, on venait a reconnaitre que w J est maximum et non minimum,
on devrait conclure que cette masse apres avoir pris la forme de divers ellip-
1 64 SUH LA STABILITE DE L1^QUILJBRE DES FIGURES P1R1FORMES.
soides de revolution, puis de divers ellipsoides de Jacobi, et avoir atteint
fiiialemeiit celle du jacobien critique, subira tout a coup une deformation
enorme et une serie d'oscillations, par une sorle de catastrophe subite.
Diverses raisons contribuent a rendre la premiere hypothese beaucoup plus
vraisemblable; n&amnoins jusqu'ici la preuve n'est pas faite? et je declare
tout de suite que je ne Papporte pas encore dans le present travail.
Mais quelle que soit Fhypolhese qui doive iriompher un jour, je tiens a
mettre tout de suite en garde contre les consequences cosmogoniques qu'on
pourrait en tirer. Les masses de la nature ne sont pas homogenes, et si Ton
reconnaissait que les figures piriformes sont instables, il pourrail neanmoins
arriver qu'une masse het^rogene ful susceptible de prendre une forme d'^qui-
libre analogue aux figures piriformes, et qui serai tslable. Le contraire pourrait
d'ailleurs arriver egalement.
A la suite d'une correspondance que j'ai eue avec M. Darwin, nous nous
sommes mis Fun et Fautre a 6tudier la question, et pendant qu'il ecrivait
deux M^moires sur ce sujet, et que dans Fun de ces M^moires il d^terminait
les axes du jacobien critique, j'obienais desresultats qui sont Fobjet du present
travail. J'ai forme Fin6galil6 qui doit £tre satisfaite pour qu'il y ait stability
mais je ne Fai pas traduite en chiffres, parce que je me defie de mon habilete
arithm^tique, et que je ne suis pas un calculateur assez sur.
Les notations dontje fais usage different, malheureusement, beaucoup de
celles de M. Darwin; elles se rapprochent de celles de mon Mcimoire des Acta
sans ^tre tout a faitidentiques, parce que je rapporteici, pour plus de sym4trie,
les coordonn^es elliptiques a Fellipsoide
== T
— — 4. «
et non plus a Fellipsoide
comme le faisaient Liouville et Lame, et comme je Fai fait moi-meme dans
le M&tnoire des Ada. (Je suppose de plus a2>62>c2; au lieu de sup-
poser 6'J<c2.)
Les indices que j'attribue aux fonctions de Lam6 (A) ne sont pas non plus les
(l) Note de M. G. H. DARWIN. In the paper in the Ada there is a slight inconsistency in
the notation adopted, for in one part of the paper the first of the double suffixes to the R's
denotes the degree of the harmonic, while in another part it is the second which has that
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. iG5
m£mes que dans les Acta. Les fonctions que j'appelle icl R,3 R2, B.3, R4, R5?
s'appelaient dans les Acta : R0? PM, R'^,,, R'2 27 R3>0.
C'esl la fonction R7, 0 = R-? qui est la plus importante, parce que c'est elle
qui sert a d^finir la figure piriforme; on la d^signe quelquefois sous le nom de
<c third zonal harmonic ».
Les fonctions R sont toutes 6gales, soit a un polynome entier en p-3 soit a un
pareil polynome multiplie par Fun des trois radicaux \/(p- — a*), v/(p- — 6a),
y(p2 — c2), soit a un pareil poljnome mullipli6 par deux de ces radicaux, soit
a un pareil poljnome mullipli£ par ces trois radicaux.
Celles de ces fonctions qui sont egales a un poljnome en o2 seront ce que
nous appellerons plus loin des fo notions de Lame pair es et uniformes.
Galculs preMnainaires.
Soit
liquation de Fellipsoi'de de Jacobi de bifurcation que j'appelle E0; soient p,
JUL, v les coordonn^es elliptiques deduites de cet ellipsoi'de; de sorte que p = pt>
est Fequation de E0 en coordonn^es elliptiques,
On aura
de m^me pour y- et^2.
On en deduit
_x __ /~~ (ta^— q^)(v2— • qa )
l "~ r V (?a_fl2)(tf2_^)(aa_ca)'
d'ou
_ /^V2 . /^rV . /^V_ Pa(^-Pa)(v*-Pa)
U/?/ V^?/ U?/ -(p»-«*Xp*-^)(p*-e«
A _
meaning. Thus, for example, R'a,o is sometimes written Ro,2- Further I do not find that Ra
is used explicitly in that paper.
It may be convenient to point out the identities of the R*s used here with my notation, as
used in Ellipsoidal Harmonics and The pear-shaped Figure of Equilibrium. They are as
follows :
R!=P.(V) (a constant); R2=P}(v); R3=f)3(v); R4=|»i(v); Ra=|>3(v).
The identities of the S functions which occur below are
St=<ne(v), Ss=:3Q!(v), S3=5es(v), SA=5ml(v}, S3=7«i3(v).
166 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
d'ou pour le camS d'un ^Idment d'arc quelconque
ds* = A2 d'S •+• BS c/;j.2 -+- G2 rfv*,
ou B et C sont forxn6s avec p. et v comme A avec p.
11 vieat alors pour AV Pexpression suivante-:
Nous d^signerons les fonctions de Lame par des indices.
Ri se r^duit a uue cons tame; R2 a \/(p2— aa); Rlt ct R/, sont les deux poly-
nomes du premier degr6 en p2; R5 est la troisieme « zonal harmonic » . Ilfaut
remarquer que les indices choisis ne sonl pas les niemes c/ue clans le M£moire
des Acta,
Les fonctions correspondanles S, M, N porieront les memcs indices,
R° et S? seront les valeurs de R/ et S, pour p = po.
Nous introduirons les -variables elliptiques 8, 01? 02 paries Equations
8A et 02 etant formes avec fx et v comme 6 avec p.
II vient alors
d^= irfo^H- y*^? -+- 72
OLl
Formules relatives au potential d'une simple couche.
Le potentiel a I?ext6rieur aura pour expression
les H ^tant des coefficients queloonques, et a TinLerxeur
V = SHRS«MN.
Si nous considdrons mainlenant les d^riv^es V- estim^es suivant la normale;
an 7
si nous convenons de representer par des lettres accentu6es les d^riv^es prises
7ft
par rapport a 6, il viendra, puisque 1= -?- :
SUR LA STABILITE DE I/EQUILIBRE DES FIGURES PIR1FORMES. 167
A Fext^rieur
^ = SHR«
dn
et a Pint^rieur
La difference 2H(RS' — SR')£MN repr^sente 47r<5, o £lant la densit^ de la
simple couche, et comme
SR'— RS' = 2/n-i,
on aura
Si done la densit6 a pour expression 2BZMN? le potentiel a la surface aura
pour expression IB *" R^S^MN.
1 r 2 ^ -H I
Formules relatives an potentiel d'une double couche.
Le potentiel a L'exterieur aura poor expression
et a I3int6rieur
V= SHiRMN
<^V
les coefficients etaut diiffirents. Comme la d^rivee y- devra etre continue, on
aura
Posons H = KR'0? H4 = KS'0 ; la difference entre les deux valeurs de V
pour p = po sera
e sera _ 4^ <$? 5 6tant la densite de la double couche.
Energie de la simple couche.
Getie 6nergie est j ^ VS de, da- 6tant i76lement de surface.
Si
= SB/MN, V = SB 4?C RSMN,
- I
cela fera
2/Z -4-1
B2RS
XG8 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Energie de la double couche.
Je ne calculerai ici qu'une portion de cetle Energie, a savoir Tint^grale
lfd*[\di) ^fe) ^(^j J
<5tendue a tous les Elements d? de Pespace sauf ceux qui sont compris entre
les deux surfaces infiniment voisines qui constituent la double couche. Cette
. T , ri dV > j
portion est egale a / - -r- o a<?,
Si
d'ou
a/in- 1
Definition de la poire.
Parmi les diff^renls points de E0, jc mene des lignes normales aux ellip-
soides homofocaux a E0, c?est-a-dire des lignes JUL — const., v = const., et je les
prolongs jusqu'a la rencontre avec la surface de la poire. Soit 6?cr0 un 6l£ment
de surface de E0 et dv le volume engendr^ par les lignes ainsi menses par les
diflferents points de rf<70? le rapport -r— sera une fonction dc p. et de v que je
pourrai d^velopper en s^rie de Lam6 sous la forme
Ce sont les coefficients ^ qui definissent la forme de la poire.
Parmi ces coefficients, je remarque :
1° £i, qui est mil, parce que le volume de la poire est £gal a celui de E0, ce
qui s'^crit / dv = o.
2° b? 9U^ est du premier ordre.
• 3° £tj et ^4; qui sont du second ordre.
4° Les autres £8-, qui sont du second ordre, si la fonction Mt- est paire, uni-
forme, et d'ordre sup^rieur; et n^gligeables dans le cas contraire.
Assez fr&juemment, et quand il n'en pourra r^sulter aucune confusion, je
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 169
supprimerai Tindice z£ro et fecrirai ^implement dv et ™ au lieu de dcr^
Definition de la simple couche G.
Je considere la couche attirante form^e par tous les petils volumes dv, et
situ^e par consequent entre la surface de la poire et celle de E0. Je suppose que
Ton concentre toute la masse attirante situ^e dans cette couche sur la surface
de E0; nous aurons ainsi une simple couche attirante, la densit^ de la matiere
dv
sur
L'attraction de cette simple couche, que j'appelle 2, est ^ tres peu pres
a celle de la couche C.
Je puis considerer Tattraction due a la couche G moins ['attraction due a la
couche 2; elle peut fitre consid^rde comme due &. une matiere attirante en
partie positive et en partie negative; c'est ce que j'appellerai la matiere JH.
comprenant la couche G prise positivement et la couche 2 chang^e designe.
Calcul du potentiel.
Le potentiel V pourra £tre d£compos6 en trois parties :
Vi potentiel de E0 ; V3 de 2; V;5 de
Voici quelles sont les expressions analjtiques de V< el de V2.
Pour Vi :
a Text^rieur de E0 :
a rintdrieur de E0 :
Vi= A^Ri
les A et les A/ 6tant des coefficients constants et II le premier membre de
liquation de E0.
Rappelons que V4 est continue ainsi que ses d6riv£es du premier ordre; d'ou
Pon peut conclure d'abord
A1S? = A;R?? A3SS=A'yR3? A,S?=A'AR4°.
Je puis poser de m6me
H. P. - VII.
I70 SUR LA STABIUTE DE L1EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
et j'aurai entre ies coefficieats B el A' les relations snivantes :
o>* Ba = A\ +- ~ cog Bv= o;
Bo An = .1 ; A; AH = AVi = — /j rc ; A'o -h - HO = o.
Quant a V2, nous aurons :
a Fext^rieur de E0 :
a Pint^rieur de E0 '
Galcul de Fenergie.
L/energie totale comprend .
1. Uenergie due a V attraction de E0 sur lut-memc.
2. Uenergie due au moment d^inertie de E0.
Ces deux parties ensemble forroent W0.
3. Uenergie de E0 par rapport a 2 (plus Fdnergie de rotation). Cette
somme est nulle, car elle est du premier ordre par rapport aux ?/, et les termes
du premier ordre doivent disparaitre puisque E0 est une figure d'<Squilibre.
4. Uenergie de 2 par rapport a Itu-meme^ qui est, d'aprcs le M6moire
des Acta3 p. 3,i8 (J ) :
5. U&nergie de E0 par rapport a JJl, plus Uenergie de rotation de JH;
on en connait les termes du premier ordre, qui sont nuls; ceux du second
ordre, qui d?apres le M^moire des Ada, p. 817, sont — 2Tr"V~^| R^S^i,
mais il faut pousser le calcul plus loin; soit done f Vi+ ~a>;;(j/2-4-£2) dr
cette 6nergie; ou el? repreisente Pel^ment de volume de Jit, de sorte que
Soit d<Jo un Element de la surface de E0, da Tdl^rnent correspondent de la
surface d'un ellipsoide E homofocal a E0 (jo considere deux ^l^ments comme
correspondants quand ils ont memes coordonn^es elliptiques p et v).
(!) (Muvres de fff Poincard, ce Tome, p. 91.
SUR LA STABILITY DE L^QUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 171
Soil dl un 6l6ment de la courbe /JL = const., v ~ const. ? compris entre deux
ellipsoides E et E; infiniraent voisins et homofocaux: a E0; nous aurons
,
a T = a A a G- =
T
D'autre part I d<j =z 10 <a?cr0, ou
Si nous posons V^ + -w^^^-f-x;-) = P,
eL que nous consid^rions un instant P commefonclionde w, nous remarquerons
d'abord que d? = <i^ ^/CTO.
D^veloppons P par la formule de Mac Laurin :
0
P = P0 -+- u -= -- i — w2 -5— j »i- ^ ^ -j— j *
du '> du~ 6 <7«J
II va sans dire que la variable auxiliaire u a £t£ d6iinie de fa^on a s'annuler
pour p = po, et que dans P et ses d6rivees on a fait p = p0. Notre variable u
variera done de Z&TQ a -^ quand on passera de la surface de E0 a celle de
la poire,
Alors nous avons pour la portion de F^nergie envisagee
Le premier terme est nul [puisque T^ = oj, le second nous donnerait le
terme du second ordre — STr^^RSSo&o dont j'ai d6ja donn6 Texpression
d'apres le M^moire des Acta*
Le troisieme va nous donner des termcs en £:£,•, et le quatri^me un terme
en£.
Je commence par recbercher les d^riv^es de P par rapport a u, en fonction
I7'2 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES,
On a
dP dP </G dP , <(b .
— = — — = — /, car ~r~ = / pour p = p0 ;
du d() du d(l du
(l) £± = ^£1-
^ ' du~ d§ du~
'/••P dP d 3 0 d-P </0 d-i) ^!P/f/OV5
1-i, — _ ±_J 4- 3 ^ _ H _ ( —
Tout ce que ie veux retenir pour le moment esl erne -T^> -r-r? -V-r sont des
*• J L A aW aw2 aW^
fonctions de [j.2 et de v- sym^triques, paires et uniformes (je veux dire par ce
dernier mot qu'elles ne changent pas quand ^ ou v- tournent autour des
valeurs singulieres a2, 62 ou c2). Leur d6veloppemenL en series de Lam^ ne
contiendra done que des fonctions de Lam6 paires et uniformes. II en sera de
m£me pour -—? ^7-^5 -T~ qui entrent dans les formules
^ ^/w du* du* n
, ,.N r/P ^P e/p ^P dP d>? d>P/d?
( T f)7 Q\ _ — _ _ — i - — _ _ — -4— _ I _ —
1 ; du dp diS dut d? du* d^ \du
Nous supposons bien entendu dans les foruiules (i) et (i bis] qu'on remplace
partout p par p0 a la fin du calcul.
Une autre difficult^ provient de ce que P n'a pas la meme expression analy-
tique a Tini^rieur ou a I'ext6rieur de E0.
Si la couche 6tait lout entiere £ Fintdrieur de E0 (ce qui ne pourrail avoir
lieu que si Ton renon^ait a Thypothese / dv = o\ nous pourrions r^duire P
a II, a un facteur constant pres, nous aurions en effet :
le premier terme se r^duit a une constante qui n'a pas de
II est ais6 de voir que *-*- se ^6duit a un terme en p; de sorte que
dn
Nos integrales se r^duiraient donc^ a un facteur constant pres, a
i /-^H/^py, r &? /<tfp\2l i /*rf*H/^P\* r <&? 0 do ^P
&J ww ^Lpos^ U) r^J -3F(-&) *Lpoas+3as a?
J'^cris dv au liu de d&Q, en supprimant Findice z^ro, devenu inutile.
Remarquons que les quantit^s entre crochets sont les d<5riv£es premiere el
seconde de ~~-p-
? du
SUR LA STABIUTE-DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 178
Remarquons en outre que
que '-T- est proportionnel a /, et par consequent -y et —p? a ^«
Les termes qui nous int^ressent sont done :
i° Dans (—}" les termes S^^MJN^N^ qui donnent
II suffira de prendre les fonclions MjN/ qui sont paires etuniformes?puisque
cl~P
les d^veloppements de M?N?, /3 -j-^ n'en contiennent pas d'autres. Si Ton se
ap-
borne aux formules pr^cedentes, ou P est regard^ comme proportionnel a II,
nous pourrons poser
d»p i
^ =II°r-5
MO 6tant une constante; si nous d^veloppons alors
en s6rie de Lame, on aura, pour les termes en question : "V -^»^v3jii£.
Malheureusement toute la masse JU n?est pas a Finterieur de E0, c'est done
{£-2f>
p—jMlNl qu'il faudrait developper; et cette expression n'est 6gale a
MO -T- (p -T- ] M?N? que pour les points interieurs a E0.
2° Dans (^\ le terme SJ^MJNJ qui donne
JLE$ r^P/^fp^MJNJ*.
i>4 "> J d?* ftutV du] b °
Nous reviendrons sur tous ces points plus en detail.
6. fJenergie de 2 par rapport a J$\*
C'est f V2 ch 4tendu a Jtt, c'est-a-dire 6tendu a C en supprimantensuiteles
termes du second degre; cela fait, puisque
x /V/V2/r/P\2 i rd*\i(dv\* ,
-]^(TJ*
I74 SUR LA STABIL1TE DE I^EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
cela fait, dis-je; puisqu'on doit supprimer les lermes du second degr£ :
Les d^rivees ~* • - se calculeraient comme -r~ •••? et Ton y ferait a la fin du
dit, & u
calcul p = p0.
Les termes qui nous int^ressent sont :
, /dv
dans -y-
, v\ :!
dans -r :
-
2*'-S&gbMBNBMiN, et
dv\ :!
Quant a V2 nous devons distinguer le cas ou JH est int^rieur a E0, el celui
ou Jit est ext&rieur a E0*
Dans le premier cas les termes int^ressants sont :
Dans le second cas ils deviennent
Si JH est en partie exterieure et en partieinterieure a E0? il faudra employer
une forrnule mixte.
7. Uenergie de JH/?ar rapport a
Pour Foblenir il faut calculer le potentiel de Jit et d'abord revenir sur
l^tude du potentiel d'une double couche (1).
Consid^rons une double couche Ir6s mince, mais non infinimenl mince. Elle
se compose de deux surfaces atlirantes, 2 el 2r, tres peu diff^rentes 1'une de
Fautre. Je considere une s6rie de courbes que j^appelle C, de fagon que par
chaque point de Fespace passe une courbe C et une seule. Ordinairement on
C1} Je prie le lecteur de bien remarquer que pendant quelques pages^ et jusqu'a nouvel aver-
tissement, benucoup de lettres n'ont plus la meme signification que dans ce qui precede et dans
ce qui suit.
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. i;5
prend pour les courbes C les normales a 2. Dans les applications qui vont
suivre, je prendrai les courbes |j.= const., v = const.
Deux points de 2 et de 2', se trouvant sur une meme courbe C, sont dils
correspondents. L'hypothese qui sert de definition a la double couche est
que les masses atlirantes qui se trouvenl sur un element de 2 et sur Felement
correspondant de 2' sont 6gales et de signe contraire.
Cela pose, soit M un point de 2, M' le point correspondant de 2', soient V
et "V7 ie potentiel de la double couche en M et en M'. II s'agit d'£valuer la
difference V — V.
i° Dans le cas ou la double couche est infiniment mince, on a par un theo-
reme bien connu
V— V'=4::3 JMM'cosv,
£ etant la densite de la matiere au point M, MM' la distance des deux points
correspondants M et M', y Tangle de la courbe G avec la normale a 2.
Je rappelle d'ailleurs que si la courbe C est normale aux deux surfaces,
c'est-a-dire si y — o, la derivee normale -7- est continue, m£me quand on
franchit la double couche; et que par consequent cette d^rivee a meme valeur
a des infiniment petits pres en deca des deux surfaces, et au dela des deux
surfaces.
2° Supposons maintenant que la double couche soit ires mince, mais non
infiniment mince. Nous la decomposerons en. une infinite de doubles couches
infiniment minces. Pour cela entre 2 et 2' nous ferons passer une infinite de
surfaces 2t, 22, . . . , 2n (n tres grand). Soit E un element de 2, et E,,E2, . . . ,
En? E; les elements correspondants de 2i, 22, . . . , 2/M 2'. Nous avons sur E
une masse JJL et sur E' une masse — p.. Plagons sur Et une masse — p. et une
masse p qui se detruiront; faisons de m£me pour E2, E3; . . . , En. Assacions la
masse — fx de E4 avec la masse p. de E, faisons de meme pour tous les autres
elements de E, nous obtiendrons une double couche formee par les deux
surfaces 2 et 2, ; je Pappelle K*. De meme en combinant la masse — p. de E2
avec la masse p de Ei5 j'aurai une seconde double couche que j7appelle K2? et
ainsi de suite jusquja la double couche K0 due am masses — [/. de Ert et p. de
E/7_.i* et a la double couche Krt+i due aux masses — p. de E; et p. de E/?.
La double couche propos^e est done remplac^e par n + 1 doubles couches
Slementaires.
Soit alors p el vl les potentiels aux points M et M' d'une double coucLe 616-
176 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DBS FIGURES PIRIFORMES.
mentaire K; soient P et P7 les points ou la courbe C qui joint M a M' pcrce les
deux surfaces de cette double couche elementaire K. Soient w et <v' les poten-
tiels de K aux points P et P', Soit dl un element de la ligne C, et ~ la d£riv4e
da potentiel de K le long de cette ligne, nous aurons
(f> — «/ = 4^ <>i I'P'cos YI}
5i 6tant la densit<£ au point P et y* Tangle de C avec la normale
Crd9 , j , , r*'<to n
v — w = — / -~ dl w — r = — / -jj dl.
JM dl Jr, dl
Je puis done ecrire
P — c/ = f{ -R 51 pp' cos YI — / -~fj dl,
Ju at*
parce que l'ar.c PP' est tres petit par rapport a MMr, a la condition d?attribucr
sur cet arc a -^ la m£me valeur qu'au point P en dehors de la double couche.
On peut observer que si dv est un Element de la surface 2, d&i ['element corres-
pondant de la surface a laquelle appartient P; on aura
o da = Si efaj .
Nous pouvons done ecrire
V = 2r, V'=S^;
d'oii
^- fW y^,dL
dm JM ^ dl
Le premier terme est de 1'ordre de 2PPA=MM'. Le second est de Fordre
de (MM7)2; car ~ est de Fordre de PF et d^ Fordre de
~
Nous ponsserons Fapproximation jusqu'a (MM')a. Si comme nous le supposons
la courbe C est normale a 2, Fangle v4 sera de Fordre de MMf; nous pourrons
done remplacer cosy^ par i, Ferreur commise sur V — V sera de Fordre
de (MM')a. Maintenant V ™ sera sensiblement constant et egal a -j~-> c'est-
a~dire a la d6riv^e de V estim^e suivant la normale au point M et du cot6
ext^rieur a la double couche comprise entre les deux surfaces 2 et 5/.
Appliquons cela a F^valuation du potentiel de JIL et pour cela revenons
encore a notre double couche 22;; soit W un point de C compris entreM etM7;
soit P'; le potentiel de la double couche 61ementaire K an point Mv? V"~ 2/ le
potenliel de la double couche totale.
SUR LA STABILITE DE L^EQUILI&RE DES FIGURES PlfclFORMES.
Supposons d'abord que M" soit entre P' et M', nous aurons
A dl ^ ~~ JP> dl
d'ou
Si M" est entre M et P, nous aurons simplement
Nous aurons done encore
mais avec cette condition que dans le premier terme du second membre la
sommation ne doit £tre £tendue qu'aux doubles couches £l£mentaires comprises
entre M et M". On aura comme plus haut
^ dv __ dV __
D'autre part
rfc' MM' |_ d? \ '
d'ou nous tirerons
xr w , ^ HTH^ - MM"" f d* 1 ^V ..«„
V — Y*= 4^ 6 MM -h 2^5 -T7T77- -T-/ — i r-MM .
JV] M L a cr J an
Nous poserons d'ailleurs
de fagon que A" soit fini, et que
y_V'/=4^2
Si le point M;/ esl au dela de M', on aura
l')a— ^MM%
et s'il est en dega de M :
Cela post^, partageons la couche C, qui est comprise entre la surface de E0 et
celle de la poire, en couches infmiment minces par une s4rie de surfaces tres
rapproch^es, que j'appelle A0, A!, A9, . . . , An; A0 coi'ncidera avec E0 et An
avec la surface de la poire. Pappelle C^ la couche comprise entre A^i et A^.
H. P. — VII. a3
1^8 SUR LA STABILITE DE l/EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Jo suppose que Ton concentre la masse de Cp sur E0 en suivant les lignes
JJL, v = const., qui jouent ici le role que jouaient tout a Pheure les courbes C.
J'appelle Sp la simple couche ainsi obtenue. Alors 2 est la somme de toutes les
simples couches 2,. L'attraction de G/,, moins celle de 2/J; esL 1'aLlracLion
d'une double couche D^, et il est clair que JH est Equivalent a Pensemble de
ces doubles couches.
Soit 9 le potentiel du a Tune des doubles couches D^, soit $p la density de 2/;
en un point M de Ey ; soit P un point de A/; et M'; un point quelconque de Jit,
M' un point de la surface de la poire. Les quatre points M, P, M; et M" sont
supposes situds sur une meme courbe JJL, v = const. Si alors 9 et v" sont les
valeurs de 9 en M et en M", nous aurons
si M" est en'tre M et P ; et
P — p"= 47: S^MP H- 2;rp S^MP)2 — -T^ MM7'
si P est entre M et M17.
Soit V — 2p et V;/= 2p" les valeurs du potentiel de JH en M et en M% nous
aurons
dV
V — V7/ = 4:u[£'onMM"H- S^SpMP] H- 2rc£[S'5«(MM")s-i- S/78/;(MP)2] -y-MM'7.
an
Nous remarquerons dans les parentheses du second membre deux signes de
sommation diff^rents S' et 2"; le premier 2; s'etendra a toutes les doubles
couches situ^es entre M;/ et la poire, le second S" a toutes les doubles couches
situdes entre M/; et Pellipsoide E0. Nous conserverons le signe 2 pour les som-
mations 6tendues a toutes les doubles couches.
Posons alors MP = /: de sorte que — §p de qui repr^sente la masse de la
partie de la couche C^ qui correspond a P6lement da- sera da^dl, do"p (Hant
Pel^ment de A^ qui correspond a da", or
d<j d<3 i
1 = kl^ d ou = * '
d'ou enfm
StjR LA STABILITY DE L^QUlLIBRE DES FIGURES JPIRIFORMES. 179
et si nous posons un instant pour abreger
MM'=g, MM*=£,
il viendra
V V" < ~-Y I l /"-" " I 7. ¥ •> , * \
^ — y — 4 j.^ l -- A c c — —Aw, — h *, I
ou -
L'energie de Jtl sur JH sera repr£senl£e par Pinl^grale ^ y ( V" — V)rfr,
^tendue a tous les Elements dr de C.
Or si par M" je fais passer 1'une de ces surfaces tres peu diff6rentes de 2, et
qui me servaient tout a 1'heure a d^finir mes doubles couches, si j'appelle d&u
l'6l^ment de cette surface correspondant a dcr, nous aurons
L'integrale a chercher est done
et elle doit ^tre prise par rapport a ^ entre z^ro et s; on trouve ainsi
"/2 t 2
-7TE-{~ ~
\3 3
Pour rendre la formule comparable a celles qui precedent, il faut exp rimer e
A* en fonctions de -^
<r/o-
Nous avons d'abord
el A* en fonctions de -^ et de ^5 4-> • •
C — r* ' ir -" — l z
djou
et pour Fint^grale de Tenergie :
r , fa /^\:I i , fdvy idV/dvY~\
J n^U) ^^H^) ^jTjsU; j-
Observons que le calcul a <He fait dans 1'hypothese ou la surface de la poire
I So SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
est ext^rieure a celle de E0. Dans I'hypothese conlraire, il faudrait changer le
signe des deux premiers termes et 6crire
dvy i ,/dvy , i dVfdvy~
II reste a calculer A*. Reprenons la lettre I dans son sens primitif, de sorle que
Nous savons que A- est d^fini par la relation
si nous reprenons les notations employees plus haul, nous devrons 6crire u au
lieu de £, do- au lieu de ddr et flfcr0 au lieu de da, et noire relation deviendra
on a done
l± dl_ d* 6 _ 2 /
"" "^ 2 ' * ""
et enfin, puisque sur E0 on a 1= 1Q :
Gela pos£, dans notre integrale les termes qui nous int&ressent sont :
i° Dans ( ~r) les termes 35?2^MgN?Mt-N^3, qui donnent
(j'^cris d& en supprimanl 1'indice z6ro devenu inutile).
2° Dans (^-'Y le terme gj WV1JNJ qui donne
(l) Je puis done ici reprendre toutes les notations du d6but de ce travail, et que j'avais
abandonnees momentan6ment7 ainsi qu'il est explique" dans la note de la page 174. On observera
que k est une constante generalement negative.
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. l8l
3° Enfin dans / ™ J — le terme int^ressant se calculera en supposant
tous les £ nuls; sauf £5.
C'est la portion de Penergie de la double coucke que nous avons calculee au
d6but de ce travail; nous n'avons done qu'a appliquer la formule etablie au
d6but.
D'apres cette formule, si o ~ 2BMN est la densit4 de la double couche, cette
portion de Penergie sera
2B^R'S' /%,
/ l*l
2/1 -HI J
Mais ici
Si done
alors la portion cherchee de T&iergie sera
Unification des formulas.
Une difficult^ provient de ce que quelques-unes des formules pr6c6dentes
onl une forme analytique differente, suivant que 1'^Iement do- de la surface
de E0 est au-dessous ou au-dessus de la poire. II est permis loutefois de pr^voir
qujil doit y avoir compensation, et que dans la formule finale nous retom-
berons toujours sur la meme forme analytique. II reste a voir comment se fait
cette compensation.
Les termes d'ou provient la difficult^ sont (outre ceux dus a faction de JH
i° L'dnergie de E0 sur JH dont Fexpression est
*, i rtPPdv*
r^dv . i rd?(dv\*, i rtPPfdv
J p^d*+-J s(s) &H-gJ a?U
2° L'^nergie de 2 sur JM dont 1'expression est
J'observe que V<, -^? V2 sont contiaus quand on franchit la surface de E0
et qu?il est de mfime de
l82 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
et de toutes ses derives. Si done j'appelle D -r-rt D -/-p* D -r-^> D 32 les
sauis brusques subis par ~»~ quand on franchit celte surface, du dedans au
dehors, la difference entre les deux formules qu'il s'agit de comparer sera
i r f do \t~tFV \ * i rfd^Y-
TT / ( -=- ) D -T-T dv H- -- I -f- D
bj \dv ) di£ 247 \dc /
pour Faction de E0 sur JJJ, et
—
du
pour Faction de 2 sur
_ , . .. ^
Calcul de D -r-
du?
Nous nous servirons pour ce calcul de liquation suivante
puisque AV< — o a Fexterieur, et — 4?r a Finterieur.
Or si nous nous rappelons Pexpression de AVi ct que le D de ~ ' ? — ~,
rfVi ^3Vi + 1 . . 7 . , rfVt ., . , ^ 'HL"
"77"' --j^- est nul, amsi que celui de -r~) il vient
ap V A d$ ) A
d?ou
d- Vi
D -T—. = A2 DAVi = 4^ AS.
«p-
Donc
^Vi ^p rfVi /rfp\* ^V, x A0
D ^- • = -;--• D —=— = ~~ 1 D — ; — - == 4 % A2
c/w2 o^M2 ^ ^M ^/-
Galcul de
u*
Calculons djabord D - ,. -a-1 ; pour cela nous nous servirons de
D^-li^o.
Si nous observons que
D-
SUR LA STABIUTE DE L/EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 1 83
et de meme pour les deriv^es correspondanles par rapport a v, je puis 6crire
D ^AVl ~ D — \ l , — (— — ) 1 -
Mais d'ailleurs on a
A do = -y = du j" j BG = II y 5
L t () l>
H £tanl ind^pendant de p; nous pouvons done 6crire
T> /~i ,J\T T I 7 rJ\T •* >-7/I">/~lJJ'X7"V 7 ^// TIT / jn/\' X ^
JD \j ct V L -t* t-O Ct V | I CL I 1>\_4 w V i \ in '* / •*•* ^0 ^ ' 1 \ ?o ^*'
A r/p /2 (f/;/; ? ABG ds \ A <^p / H du \ /2 <^i
i, \V \* , 0^-^ = 0,
d'ou enfin
i = 6
Galcul do D •
D'apres la propriele fondamentale des surfaces altirantes, on a
du dv
Galcul de D — -^ •
Pour ce calcul nous nous servirons de
o=DAV =D[~-^ ^/BG./V.A-[ d (dV*\
[ A BG d% \ A do J \ u du \ /« C/M /
i D aft V2 2 ^ D ^V2 ==o_
d'ou enfin
</7 / 1/& "" -£/cr
En r6sum£ la difference entre les deux foramles qu'il s'agit d'identifier sera
i° Pour Faction de E sur JM :
i r /dvv^d*Vt . i r/^\*
6J (d-«)D^d^^J (as)
184 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
2° Pour Faction de 2 sur
v i
4 Ci
— ~TC / /
3 J
= — 27U -=- — ~ -.-
2 tfw fl fl* J ^ 3 \d<s
3° Pour Faction de Ml sur Jll :
r,r 2 /r/pV" J //^\4 irfV/^PVI
/</a- -7c(-r)-t-?wA:(-r)H-7-r-(::r)
J L 3 V ^ / 3 \ ^ / hdu \da J \
r.r 2 /^P\» i jfdvy idv/d^y]
-J ^L""3W(35) -"3r/c(^j +4^(^j J
4 r fdv\* , 2 /*. /afcy 7
53 3 V (S5) AH-3WJ*U)*'
soit au total zero.
Nous pourrons done employer indifF^remment Tune ou Fautre formule sans
nous inquirer de savoir si la poire est au-dessus ou au-dessous de Fellipsoide,
pourvu que Fon se serve das formules correspondantes pour le calcul de tous
les termes.
Nous choisirons desormais Fhypothese int^rieure.
Group ement des formules,
Nous allons maintenant grouper les termes de meme forme, afin d'addi-
tionner leurs coefficients.
Nous avons d'abord ^ envisager les termes en Hi^s ; le premier que nous trou-
vons est
Nous avons
<P II o
II0 6tant une constante. Noiis avons d'autre part
1 -L J 11.
en d^signant par/(p) une fonction de p et par /0 ce que devient I pour p = p0.
Nous d(5duisons de la
J* . ,, , 5fc // i* ... *5£
~7 — = -7- Ta* ~^ V C P ) —/ —
*o * ^5 *o
et pour p = p0 :
_ (nzL\ = -SL 72 j_ o f/' « >F
rfu
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 1 85
]
On trouve
Qu'est-ce maintenant que -j- pour p = p0 ?
^L = **L **L = /(p) ^ t* = /IP) j f*f
du dp du p «r/p /o p £/p
Calculons encore la derives seconde —, — ( p-r-] • Nous venons de trouver
du- V du j
du V du) p l\
On trouve de
*^(t*L\ = i(tL\f.tL
l* (*f*f 2/:'\ "^
« V ?« ?•' / ' /5
-
etu*\etuj rfpV P / P
ou pour p = pn :
*t**\ ^f d (ff
<*u*\?du) ~~ p tfTpV p ; 2 3
Posons
Jti el f3 seront des constanles dependant seulement de p et faciles a calculer.
On aura, pour p = p0 :
Or nous avons pos4 plus haut :
et nous avons trouv6 que le coefficient cherche dtait 6gal a -YJ^,-; nous avons
un peu plus loin
En rapprochant toutes ces forniules, nous trouvons
Nous avons trouv^ ensuite comme terme en ^\ :
7 „/ aw 2 /i -4- 1 ,/ « u
H, P. — VII. 24
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
—
Si nous observons que — se rcduit a I pour p = p0, nous trouverons pour Ie
coefficient en question :
Enfin dans 1'dnergie de JH sur Jit nous avons encore un terme en £t£j, qui a
pour coefficient
— 27: CwiNlUtNtPda^— ascpiQ,.
Je prends le signe — parce que j'ai adopte Phypothese d'apres laquelle JK
est int^rieur a E0.
£n reunissant tous ces lermes, je trouve quele coefficient ddjfmitif de £,£? est
Reraarquons encore que nous avons trouv^
d? r/P p dp ^ H s
-7- ^— = — Ho — r~ ==: — "T7 ' *s sa-
c/p czfi^ I- da 6 1
Nous pouvons en deduire
5lt = — | * R2 Ss £- j » == — | * R2 S2 ^-
op dp
Je rappelle que ~ nf n'est aulre chose que le volume de E0-
Passons maintenant aur termes en ^J; le premier que nous renconlrons a
pour coefficient I'int^grale
Supposons que Ton veuille developper en s^rie de Lam^ la fonction /*MjN]
et soit
les T/ etant certains coefficients, qui naturellement d^pendront de p, nous en
d6duirons
II est clair alors que nous aurons pour le seul coefficient qui nous int6resse,
qui est P5 et que je d^signerai simplement par T :
Q8r5= osr = r/
SUR LA STAB1LITE DS L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 1 87
Cela nous montrc, en rapprochant dePexpression de "7-7 ( P "/• ) ' que si nous
posons pour abr^ger :
le coefficient du terme envisag^ en £* sera
Vient ensuite comme terme en £? :
Pour le calcul de ce coefficient, il nous faut -j-^ quant a f -r~ j c'est /-. Or
nous avons
ce qui nous donne en definitive pour le coefficient cherch^ :
— R- Sn FQ-, -f- — R'- S-, — - — Qu.
21 ° 21 * p dp
Enfin dans 1'^nergie de Jtl sur JH, nous avons deux termes en £J, le premier
a pour coefficient
i r d* 8 v n i / <fr
— g ,^ -_ ., . . u _ — __ ,„ ^ _ _5
(je prends le signe -— a cause de Fhypothese Interieure) et le second
2 2W-+-I
En reunissant tons ces termes, nous trouvons finalement pour le coefficient
Observons queR^Sg est 6gal a R3SS au facteur constant pres -^-j quiest egal
djapres Fequation de Lam^ a un poijnome connu du second ordre en p-.
D*ailleurs R3S5 est 6gal au facteur | pres £ R2SS? qui figure dans Texpression
1 88 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PJRIFORMES.
de II0, et cela parce que le coefficient de stability correspondant a R0 doit
s'annuler pour Pellipsoide E0.
Galcul du moment d'inertie.
Le calcul de J est plus facile; nous avons en effet
I'int^grale etant 6tendue a tous los £l£ments d? de la poire; le moment d'inertie
de Pellipsoi'de E0 sera
Fint^grale (5tanL 6tendue a tous les elements dr de Fellipsoide, el la difference
J — J0 seralameme integrate ^Lenduea tous les 6l4ments de la coucae comprise
eutre 1'ellipsoide et la poire. Posons
Q =^_i_^2== QQ^ U-~^ 4- ----
Nous aurons
-~
II nous faut done calculer Qft et -~5 nous avons pos^ plus haut
Pour p = p0, II est nul; de sorte que
Qo= BiRJMi
Comme les fonctions R ne sont d^finies qu'a un facteur constant pres, nous
pouvons supposer que RI= i, et que le coefficient de p2 dans R3 et dans R/( est
a i .
On trouve d'autre part
d'ou
^Q
du
SUR LA STABILITE DE L3EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 189
Cette expression pent facilement se mettre sous la forme
ou les C sont des coefficients numeriques faciles a determiner.
Nous trouvons d'abord
/c\ ^ 7 C
° d<* J J 3
d'oti
(car nous savons que ?i est nul).
Passons an calcul de
i rdQ fdv\* ,
- / -P ( -7- ) da.
ij du \dvj
Nous pouvons nSduire f ^ J au terme unique
Le terme cherch£ se r^duit done a
l- 5! T ^M§ N? (C, Mi N*
c'est-^-dire a
i
de sorte que finalement
J = J0H-58
Le calcul des coefficients B3RJi23 et B4RJ&4 est ais^.
Si en effet a1? 64, Ci, sont les trois axes d'un elllpsoi'de, on sait que son
moment d'inertie est
d'ou
Si nous ajoutons a 1'ellipsoide une couche infiniment mince d'^paisseur
190 SUR LA STABILITY DE L^QUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
/^M.jN.j, la figure reste ellipsoidale, mais les trois axes subissent des accrois-
sements
ou #'), M™, N(3/I(/ = i, 2, 3) sont les fonctions I, M:i, N3, ou Ton a fait respec-
tivement :
pour i = i :
pour I ~ 2 :
H = a, v = c> p = po ;
pour i •= 3 :
On voit alors que
Dans les derives -?— > * • * » on a fait bien entendu
On. trouverait de meme Pexpression de B4RJ^'1.
Conditions de la stabilite.
Soil U 1'^nergie de gravitation de la masse envisag^e, J le moment d'inerlie,
GO la vitesse angulaire; 1'^nergie lotale sera U H — co^ J.
2
Soit co0 la vitesse angulaire de Fellipsoide critique E0 et posons
\Y — U H- ^OO^J, 0)2=:(j)5-f- 2£,
notre teergie totale sera W + e J.
Nous avons trouv^ plus haut le diveloppement de W et celui de J jusqu'a
1 'approximation qui nous convient; nous avons d'abord
W=W0+;SG^H-Ho£tH-SQ^.
Nous avons appris a calculer les coefficients G;? H0 et Qt; nous remar-
querons : 1° que les Gz ne sont autre chose que les coefficients de stability ;
2° que G5 est nul, et qu'il en est de meme de Q5 ainsi que de tons les coeffi-
cients Q£- qui ne se rapportent pas a une fonction de Lam^ paire et uniforme.
SUR LA STABILITE DE L/EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. igi
Comme H0 se compose de deux parlies qui joueront un role assez different,
j'dcrirai
ii
^^
-u ? I2 PJ^P d-%
2 ^.J 2 H H- I
Nous avons d'aulre part
J = J0 -+- y0 J = -f- vg |3 -f- v j ^ ;
et nous avons appris plus haul a calculer les coefficients y.
On obliendra les Equations qui definissent la poire, en ^crivant que les
d6riv6es de T6nergie sont nulles; on trouve ainsi :
i° Par la deriv^e par rapport a £5 :
2H0?|-i-eYo-4-SQ|g/=:o;
2° Par la deriv^e par rapport a £;> :
iiG3g3-»- QsE5-^eV3= o;
3° Par la d^rivee par rapport a ^ •
26^4-+- Q4£i-i-£Y4= o;
4° Par la derivee par rapport aux autres ^ :
aG/^H-Q/Jl^o.
Le rapprochement de ces diverses Equations donne
La quantit6 dont il faut determiner le signe, cyest
£ .
Or
Posons alors
IQ2 SUR LA STABILITY DE L^EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
' On. voil que la quanlite dont il faut determiner le signe sera
a) J — cap J0 „ i /Jo TH Tf \ /V Q?
Jl est ais£ de verifier que cette formula (A) est homogene; voici ce que
j'enlends par la. Les fonclions de Lam£ M,- ne sont d^finies qu'a un facteur
coaslant pr^s, et nos formules, pour avoir un sens, doivent elre homogenes par
rapport a chacun de ces facteurs constants arbitraires. L'int^grale
f= C
f ds
est 4videmment proportionnelle a la quatrieme puissance de ce facteur,
puisque ce facteur entre dgalement dans Mt- et dans Nz-.
Nous devons done verifier que la formule (A) est homogene par rapport
a QJ, et en particulier par rapport a £2g. Pour 6crire, par exemple, qu'une
quantitd (B) est proportionnelle a la aI&me puissance de Qt et a la j3i6mo puis-
sance de &3, j'6crirai
B =
Je Lrouve ainsi
De
d'ou
On. trouve ensuile
=[QJ] etenfin -3H-aH'= fQ|].
Les coefficients appel^s plus haul Bj et C; dans le calcul de J sont propor-
__ i
lionnels a Qt % ce qui donne
etenfin
SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 198
D'autre part
3 -[SMS]-"
- ---
de sorte qne finalement le second membre de notre formule (A) est homogene
el de degr<£ i par rapport a &3 et ne conlienl pas les autres &/.
Determination des integrates.
Dans les coefficients et les formules qui precedent entrent diverses integralesr
et nous devons cbercher a les calculer.
i° Les axes de I'ellipsoide E0 £tant supposes connus, on form era aisement
les diverses fonctions R/, ce n'est qu'une affaire de calcul alg^brique; on a a
r£soudre diverses Equations alg^briques, et ces Equations sont du second degr£
pour toutes les fonctions de Lam6 d'ordre o, 1.2, 3, et pour quelques-unes de
celles d'ordre 4 ^t 5.
Les fonctions R,- ^tant form des, on aura imm^diatement les valeurs R^0 qui
correspondent a p --= p0 et aussi celles des d£riv£es successives RJ, RJ, ....
2° Dans nos Equations figurent les integrates S/ ; or le calcul de ces integrates
se ramene a celui des int^grales definies / dp ( -r- \ ^ •
Quelle est la forme de la fonction-^3 qui figure sous le signe f ? Nous
allons Fexprimer en fonction de Targument elliptiqueS, etnous emploieronsles
notations'^ et d de Weierstrass. Soit R/=n,-IIi, II; etant le produit de o? i, 2,
ou 3 des facteurs \/(p2 — aa), \/(?~—b-), V/(P" — c3) et 11^ un produit de
facteurs de la forme p2 — X|. Nous poserons
ps— -alas p(6 )—<?,, p2 — 62=p(6)~^? p2_-C2— p(6) — tf3,
d'oii
Nous avons d'ailleurs comme on sait
La valeur z^ro de Fargument 9 correspond a p ~oo, et nous appellerons 00
et E^ les valeurs qui correspondent & p — pc ou a p= X^.
H. P. — VII. *5
ig4 SUR LA STABILITY DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Considerons alors la fonclion ~ comme une fonction doublementp^riodique,
Rr
et decomposons-la en elements simples, Les Elements simples seront
i° Un terme constant.
2° Des termes en
p(0 — wO, p(6 — oJ2)? p(8 — CD-,)
provenant des facteurs\/(p- — #a)< /(p- — 62), V/(pa~ ca), qui peuvent exister
dans R/.
3" Des termes en
£(Q4-£A) — ?(0~£A): P(6 — S/J-HPCO-HE/J
provenant des facteurs p2 — XjL
Les coefficients de ces divers termes, sauf le terme constant, peuvent se
determiner par un calcul puremenl alg^brique.
Quant au terme constant, c'est une fonction lin^airenon homogene des ^(e/),
fonction lin^aire dont les coefficients peuvent se calculer algebriquement.
L'int^grale ind^finie contiendra done des termes en
ce qui donnera dans Tint^grale d^finie des termes en
Le calcul de S/ se ramene done au calcul de ces diverses quantit6s. Connais-
sant S/, on aura inam^diatement S^ et Si' par les formules
4° Nous avons ensuite les integrates doubles
• — C
Mf est un polynome entier connu en j)(0i); Nf est le meme polynome
en <p(62); n°^s avons d'ailleurs
— p(01)J.
Quant aux Hmites denigration, elles sont donnees par les Equations
ce qui monire qu'il faut faire varier 6^ depuis co, — co3 jusqu'a &>< + &)3 et
SUR LA STAB1LITE DE I/EQUJLIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. IC)5
depuis &> a — coi jusqu'a oo;iH- &< le long des cotes convenables du rectangle des
p^riodes.
Les limites etant coastantes, I'int6grale double se ramene a une combinaison
d'iniegrales simples :
_ P ~ s* * -i
ij;S=:V.-. i / Mfcffii I IS7p(fVfr/^ — f N;^i>J Mfp(fli) «?6i •
Ces integrates simples se calculent d'une facon tres simple. On peut par un
calcul alg6brique decomposer Mf el M/24p(8i) en elements simples, c'est-a-dire
en polynome dont les lermes sont des multiples de J>(0i) et de ses derivees.
Parini ces termes nous retiendrons seulcment le terme constant et le lerme
en p(0i). Le premier donnera comma integrales Wi et &)n, le second rtl et r^ i\
un facteur num6rique pres.
Le calcul de Q/ est ainsi ramene a celui des periodes w el 75.
5° Nous avons ensuite les integrales
Ici encore M:M,- est un polynome entier en p(0i) et N:N/ est le meme
polynorne en J3(9a)- On a d'ailleurs
I
Notre integrate double se ramene encore a une combinaison d'integrales
simples
fMf^i r^JN^p (Qs)^a r NjN^6, r
—__^ ple^_pltto) J p(0.2}-o/
Le calcul se fait de la mfime oianiere. Chacune des fonctions sous le signe /
doit etre decomposde en. elements simples, ces Elements sont une constante;
p(8t) ou ses d6riv6es, et enfin
(e|)
Les coefficients de cette decomposition pouvant se calculer algebriquement,
Tiat^gration introduira. outre les periodes co et TQ , deuz transcendantes nouvelles,
qui seront
'
00) fl
— - T ..... •- ; - 7TT ^ 4^300—
(tOi-i-0>3— Oo) ^(^i— W.-j-hilo)
3 — o>| — 60 ) ef ( o>;t -4- o) » -4- ftp) . fl
- - - - — - \ = 4 ^iiOo —
qui se ramdnent d'ailleurs Unites deux a 80 et a
196 SUR LA STABILITE DE L'EQUILJBRE DES FIGURES PIRIFORMES,
6° Nous avons ensuite Tint^grale QI-~ qui est la d6riv6e de la pr^c^dente
par rapport a p. (Ici p est, bien entendu, pris egal a p0.)
Elle depend des derivees par rapport a p des quatre integrates simples qui
figurent dans Fexpressipn ci-dessus de &,[3j.
La derivee de chacune de ces integrates simples se calcule d'ailleurs aisement.
Ghacune de ces integrates esl une somme de produits ou Tun des facteurs est i?
o)/, m ou v],90 — &>,£(00) et ou 1'autre facteur est un coefficient calculable alge-
briquement.
La derivee de ce coefficient par rapport a p0 sera ainsi calculable algebri-
quement, et quant a la derivee du premier facteur elle sera
o, 0? o ou v^-^fgj^^ ^ ^ Pohz-co;p(0o)]
II ne s'introduit done aucune transcendante nouvelle.
7° Gonsiderons maintenant Fintegrale
Qir=/i
Nous aurons
d'ou
XQi)~ P(0o)]27 [p(92)-p(f»o)]2
On opererait toujours de la m£me maniere en decomposant chaque fonction
sous le signe / en elements simples. Les elements simples seront ici, outre
une constante p(0, ) et ses derivees :
L'int^gration introduira done les m£mes transcendantes que dans le cas
de Q/(3f et en outre (par Ijint6gration du dernier 6l6ment simple que je viens
de citer) : 4wi — 4w<p(Qo)? ce ^^ n>est Pas une transcendante nouvelle.
8° II ne nous reste plus que les integrates &5 -j- ? i25 -^ qui sont les
de la pr^c^dente.
JQ
En raisonnant comme dans le cas de -~j on verrait que ces int^grales
n'introduisent pas de transcendante nouvelle.
SUE LA STABILITE DE L'E*QUIUBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 197
Le calcul de ces transcendantes ne peut presenter de difficulte si Ton
emploie les forinules de Weierstrass reunies et raises sous une forme si
commode par les soins de M. Schwarz. On n?a qu'a employer des series tres
convergentes proc6dant suivant les puissances de la quantite que Jacobi
appelle q et Weierslrass A. D'ailleurs dans le cas de Fellipsoide Ea, la valeur
de q est si petite que Fort pourrait s'amHer au premier terme. Ainsi dans le
calcul de{3/, de F, de leurs d£riv£es et de&i, on ne rencontrera aucun obstacle;
car il ne s'introduit qu'un petit nombre de transcendantes co1? oo3, v)1? y]3, £(00)? QO-
Le calcul ne serait pas tout a fait aussi facile pour S/, de sorte que, dans ce
cas, on pourrait recourir avec avantage aux developpements donnes par
M. Darwin a la fin de son Memoire Ellipsoidal Harmonic Analysis , et qui
precedent suivant la quantit6 qu'il appelle (3.
Si les axes de Fellipsoide jacobien critique sontcomme Fa calcule M.Darwin
dans son second M6moire : o, 65 066; 0,81498; i?88583; on trouve, sauf
erreur de calcul de ma part :
u>iTa
h^e"1^ =:— .
200
'.Oi = o , 53790 ; w3 =ixo, 90628
Tlt™ 1,1956; Ti:{ = — i X 0,90BO;
00= 0,27001; S(00) =0,71640.
Nouvelle expression des conditions de stabilite.
La determination de chacane des int^grales ne pr^sente done aucune
difficult^, et le calcul serait en somme fapile si ces integrates n^taient en
nombre infini.
Rappelons le r^sultat obtenu plus haut. La poire sera stable on instable^
suivant que V expression
sera positive ou negative.
Or nous pouvons tout de suite remarquer que parmi les quantit^s qui
figurent dans cette expression : T, J07 o)J> T»* T^? G;J, GA? H ne dependent que
d'un nombre fini d'int^grales, tandis que
et
ig8 SUR LA STABILITY DE l/EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
dependent d'une infinite d'integrales. Toute la difficult^ provient done du
calcul de la quantit^
z=y4L_2H'.
Heureusement il ne s'agit pas de calculer la valeur exacte de cette quantity,
mais de reconnaitre si elle satisfait a une certaine megalith. Pour dtudier cette
in6galit6, il faut que nous mettions en Evidence le signe de plusieurs de nos
quantit^s.
Comrnengons par les coefficients de stabilil6 G*. Si nous suivons la s&rie des
elltpsoi'des de Mac Laurin, Lous ces coefficients sont d'abord n^gatifs. Le
coefficient G^ changera de signe, tons les autres reslant n6galifs, quand nons
arriverons a 1'ellipsoide de bifurcation, qui est on m£me temps un ellipsoide de
Mac Laurin et un ellipsoide de Jacobi. Mais a partir do cet ellipsoide de
bifurcation, on abandonne la s^rie des ellipsoides de Mac Laurin pour suivre
celle des jacobiens.
Pour cette s£rie le coefficient G3 est ^galeraent n^galif, en vertu du principe
de T^change des stabilites convenablement inlerpr6t6. Pour les premiers
jacobiens jusqu'au jacobien critique, tous les coefficients G/ seront done
negatifs sauf G3. Pour le Jacobien critique, tous les G,- sont n^gatifs sauf G5,
qui est nul, et Gj, qui est positif.
D^terminons ensuite le signe de
Je renverrai a mon M^moire du Tome 7 des Acta, et au paragraphe intituled
Stability des ellipsoides. J'ai expliqu^ dans ce paragraphe que tous les
jacobiens sont stables si Ton assujettit (a titre de liaison) la figure de la masse
fluide a raster ellipsoi'dale, c'est-a-dire si Ton assujettit tous les £, a etre nuls
sauf ^;i et £'L-
J'ai expose en meme temps la condition de la stability qui avec notre
notation actuelle s'ecrit
ou comme il s'agit de petites deformations
SUR LA STABJLITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 199
En supposant tous les £/ mils sauf£3 et£4, et remplacant W — W0 et J — J0
par leurs valeurs, nous trouvons
2J0
ce qui entraine 1'inegalite
Comme wj, J0 et G3 sont positifs et G4 n^gatif, ljinegalit£ change de sens
quand on la divise par y| G3G/(? ce qui donne
ou enfin Y << o.
Passons a la determination de signe de T. Pour cela nous allons envisager le
coefficient Gs pour un ellipsoide de Jacobi tres peu different du jacobien
critique.
Soit E'0 cet ellipsoide, et -cojj + s la valeur de -w2 correspondante. Nous
pourrons consid^rer e cornme definissant P ellipsoide E70 ; nous supposons e Ires
petit.
Soit ensuite S une surface peu diff&renle de E0 et de E70. Soit daj un 6l6ment
de la surface de E'0 et I' la quantit6 qui joue par rapport a E'0 et a da* le meme
role que / par rapport a E0 et a o?a* Par les diff^rents points de da-1 je mene des
courbes normales aux ellipsoides homofocaux a E;0, et je les prolonge jusqu'a
leur rencontre avec S. Soit dv* le petit volume ainsi form6. Je supposerai que
la surface S ait 6t6 d£finie de telle sorte qne Ton ait
n etant un coefficient constant tres petit, M* et NJ les fonclions qui jouent par
rapport a E'0 lememe role que M3 et N3 par rapport a E0-
Soit maintenant do- un element de E0, par du menons des courbes f* = const.
9 = const. prolong6es jusqu'a S, et soit dv le petit volume ainsi engendr6. Nous
poserons
de sorte que les coefficients E/ pourront servir a definir la forme de S. II est
200 SUR LA STABILITE DE L^QUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
clair qae les & sont des fonctioas de £ et de 73, d^veloppables suivant les
puissances de s et de YJ.
pour g _ 0? peilipsoide E\ se reduit a E0, el Lous les & s'annulent a 1'excep-
tion de £B, qui se r4duit a 73.
Pour YJ = o, la surface S se reduit a E'0 ; alors & et £A sont des quantity du
premier ordre, B 6tant regard^ comme de premier ordre, tandis que les autres £/
seront du deuxieme ordre.
Si done £ et rj sont regardees comme des quanlil^s du premier ordre, & (en
exciuant les valeurs i=3, 4, 5) sera du deuxieme ordre, parce que tous ses
termes contiendront en facteur soit s2, soit en; £3 et ^ se r^duiront a -^e et
a — £ a des quantitis pres du denxieme ordre; ^r, se r^duira a Y7 a des quantit^s
we
pres du deuxieme ordre.
Nous devons calculer W-4- zJ.
Dans ce qui va suivre, nous n^gligerons les quantit^s du quatrieme ordre el
en plus s3 et s?r\. Dans ces conditions nous pouvons negliger d'abord tous les
monomes du quatrieme ordre par rapport aux £, et arr^ter le d6veloppement
de W suivant les puissances des £ au troisieme ordre inclusivement. Nous
pouvons 6galement n^gliger les monomes du troisieme ordre znultiplies par e,
et par consequent arreter le d^veloppement de sJ suivant les puissances des £
au deuxieme ordre inclusivement.
Nous negligerons en outre : les ^(^ 3, 4, 5) qui sonl du qualrteme ordre;
les monomes du troisieme ordre en £3 et £, qui sont au quatrieme ordre pres
cgaux a un multiple de s3; les termes en \fifo (ij£ 3, 4« 5; £,y = 3, 45 5), qui
sont du quatrieme ordre; les termes en $j(ij£ 3, 4? 5), qui pourraient figurer
dans J, parce qu'ils conliennent s3 en facteur et par cons6qunet sont, au'
quatrieme ordre pres, 6gaux a un multiple de e3 plus un multiple de e2yj.
Dans ces conditions nous devons conserver les termes suivants :
dans W :
W = W0H-G355-*-GiEJ-4-Q86i?3+Q4SS5vs
dans eJ :
£J = eJ0H~ sy0?l-^ s
d'ou
eJ«( W0 H-eJ0)+G3Ei^G^f ^Q3?i
Pour n = o, cette expression se reduit a
SUR LA STABILITE DE l/EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES. 2OI
ert ses d^rivees doivent s'annuler, puisque le jacobien esl une figure d'^quilibre.
On aura done
d'ou, a des quantit^s pres de 1'ordre de s2, ou de eyj,
£, = --£- s, gl = __g-6.
Comme £5 se r£duit a yj, pour = = o, on aura
en n^gligeant sa, s2-/), Ev)3, y)4. En faisant r^ = o il vient
D'autre part, commeri joue par rapport a E\ le m^me role que£5 par rapport
a E0? on aura avec la m£me approximation
W-i-sJ = Wf0 -h G'5 V,
G;. 4tant le coefficient de stability relalif a 1'ellipsoide E'0 et au « third zonal
harmonic ».
On aura done
Si nous supposons que E'0 est plus allong^ que E0, s. sera n6gatif? puisque les
vitesses de rotationvont en diminuant dans la s^rie des jacobiens. D'ailleurs G'»
sera positif, puisque le coefficient de stability est pass^ du n£gatif au positif
quand on a franchi I'ellipsoide critique. Done T <C o.
Revenons aux conditions de stabilite de la poire.
Posons
X~2H + 2H'-V^£, Y- 1± --H ___ II.
A-2H^2H 2j2l^5 <*l 2G3 2G,?
Nous avons trouv6
51X-hsT = o3
s se rapportant a la poire et non plus a E'0.
rr, V^^ T^-^
— T -- ~— ? i < o, 1 < o.
T
Pour la stability, il suffit que w soil maximum, c'est-a-dire que £ soil n^gatif;
il faut et il suffit que &>J soit minimum, c'est-a-dire que
wJ — fc>oJ0 !> o.
H. P. — VII. 26
202 SUR LA STABILITE DE L'EQUILIBRE DES FIGURES PIRIFORMES.
Or s < o? equivaut, puisque T esl negatif, a X < o. G'est done la uiie condition
suffisante de la stability.
X Y
Supposons maintenant X >> o; alors T sera negatif, ~-=r positif, et ooj — o)0J0
negatif; il y aura done instabilite.
En r£sum£ la condition necessaire et suffisante pour la stability est X <; o, ou
ou
Si nous observons que Rz' est positif, SJ.ndgatif, les G,- nigalifs sauf G;55 nous
verrons que tous les termes du premier membre sont positifs sauf 2 H et 21 .
2Gs
Si done il j a instabilite, e'est-a-dire si Pinegalite pr6c6dente n'a pas lieu, il
suffira pour le constater de calculer un nombre fini de termes du premier
membre. Si au contraire il y a stability, on ne pourra s'en assurer qu'en
calculant la somme des termes positifs du premier membre qui sont en nombre
infini, ou en ^valuant une limite sup6rieure de cette somme.
LES FORMES D'EQUILIBRE
D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION C)
Revue Generate des Sciences, t. 3, p. Sog-SiS (i5 decembre 1892).
D'apres les idees generalement admises, tous les astres ont etc origins ire-
ment liquides ou gazeux, et ceux qui n'ont pas conserve leur fluidity primitive,
ont garde\ en se solidifiant, la figure qu'ils avaient prise quand ils etaient
encore fl aides.
Les astronomes ont ainsi et6 conduits a se poser le probleme suivant, afm
d'expliquer la figure des corps celestes : quelles sont les forces auxquelles
etaient soumises ces masses fluides qui sont devenues les astres actuels et
quelles formes, d'e'quilibre devaient prendre ces masses sous 1'inffuence de ces
forces ?
La premiere de ces forces 4tait {'attraction newtonienne, Ghaque molecule
fluide etait attiree par les autres parties de la masse en raison directe des
masses et en raison inverse du carr6 des distances. La seconde 4tait la force
centrifuge produite par la rotation de la masse. On admet que cette rotation
devait 6tre uniforme, c?est-a~dire que toutes les parties de la masse devaient
eSectuer mi tour complet dans le meme temps. Et en eflfet, si cette uniformity
n'existait pas, le frottement mutuel des diverses parties du fluide Taurait
promptement r^tablie.
Determiner la figure d'equilibre d'un fluide soumis a ces forces est un pro-
bleme d'Hjdrostatiqne. Ce probleme est tres difficile, et sa solution, quelque
incomplete qu'elle soit encore, a exige de grands efforts, que ^importance de la
question justifiait d'ailleurs pleinement.
(l) Voir anx Notes, Masses fluides en rotation (figures annulaires et result ats divers).
204 FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Plusieurs g^ometres du siecle dernier, parmi lesquels Clairaut doit etre cit£
en premiere ligne, ont r^solu le probleme, en supposant que la rotation
est lente et que la figure d'^quilibre differe peu d'ime sphere. C'est bien le
cas, en effet, pour toutes les planetes dans leur £tat actuel; et cependant cela
ne saurait suffire, car on pent se demander s'il en est encore de merne pour
certaines £toiles, comme les etoiles variables, par exemple. On peut aussi sup-
poser, comrae le faisait Laplace, que la matiere, qui a servi a former les
planetes, a d'abord, en se d£tachant du Soleil3 affect6 une forme annulaire et
par consequent tres diffdrente d'une sphere.
Des qu'on ne se restreint plus aux figures sph^roidales, le probleme devient
beaucoup plus difficile, et il est encore bien loin d'etre r^solu, m£me en sup-
posant, comme nous aliens le faire, que la masse fluide consid£r£e est homo-
gene, c'est~a-dire que sa densit6 est constante.
Mac-Laurin a montre qu'une des figures d'^quilibre que peut affecter un
fluide homogene en relation est un ellipsoide de revolution aplati. Pendant
longtemps on a pu croire que cette solution 6tait unique.
Mais Jacobi, au commencement de ce siecle, a d^couvert une solution
vraiment inattendue : certains ellipsoides a trois axes in^gaux, appel^s
aujourd'hui ellipsoides de Jacobi, sont 6galement des figures d'^quilibre.
La rotation s'effectue autour du petit axe.
Ce r£sultat causa un grand ^tonnement. On s'etait habitu6 a regarder comme
evident que toutes les formes d'^quilibre devaient etre des surfaces de r^volu-
tion. II n'y a aucune raison pour cela, et cette Evidence apparente £tait vaine.
L'exemple n'est d'ailleurs pas rare dans les annales de la Science et ce n'est
pas la le premier fantome de ce genre qu'on ait vu se dissiper ainsi.
Gertaines personnes ontvoulu expliquer de la sorte la variability de certaines
Etoiles a courte p^riode. Si ces astres ont la forme d7ellipsoi'des de Jacobi, ils
se pr^sentent a nous tantot par le grand axe, tantot par 1'axe moyen et leur
surface apparente doit varier p^riodiqueraenu II est impossible pour le moment
de se prononcer sur la valeur de cette explication.
On a fait une autre hypothese qui se trouve reproduite dans quelques
Ouvrages, bien qu'elle ne soutienne pas un instant d'examen. A une certaine
epoque, les geod^siens avaient cru observer que Paplatissement du globe n'est
pas le m£me pour les differents m^ridiens et que la Terre afTecte la forme d7un
ellipsoi'de a trois axes in^gaux. On a dit que cette figure devait £tre un ellip-
soide cle Jacobi. G'etait oublier que les ellipsoides de Jacobi different tous
FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 206
beaucoup de la sphere et que le seul qui soil compatible avec la vitesse de
rotation de la Terre est une sorte d'aiguille ires allongee.
Apres la decouverte de Jacobi, on a 6te naturellement conduit a se demander
s'il n'existait pas d'autres formes d'equilibre non ellipsoidales.
Le probleme a eie nettement pose dans Fadmirable Traite de Philosophic
naturelle de Thomson et Tail oii se trouvent quelques pages eminemment sug-
gestives. Ce sont ces pages qui onl inspire les recherches ulterieures, parmi
lesquelles les plus importantes sonl, sans contredit, celles de M. Liapounoff-
Les travaux de ce savant russe, ceux de M. Matthiessen, de Mmc KowalevskJ et
les miens ont mis en Evidence P existence de nombreuses formes d'equilibre sur
lesquelles je voudrais donner quelques details.
I. — Formes nouvelles d'ecpiilibre.
Equilibre. — Si 1'on fait varier d'une maniere continue le moment de rota-
tion (cjest-ci-dire le produit du moment d'inerlie par la vitesse de rotation), les
ellipsoides de Mac-Laurin, comme ceux de Jacobi se d^forment d'une maniere
continue.
Gonsid6rons d'abord les ellipsoides de revolution de Mac-Laurin. Quand le
moment de rotation croitra, 1'aplatissement, d'abord ires faible, croitra
constamment et finira par devenir tres considerable; la vitesse de rotation
croitra jusqu'£ uncertain maximum, pour decroitre ensuile jusqu'a s'annuler.
Elle peut en effet d^croitre, bien que le moment de rotation croisse, parce
que Fautre facteur, qui est le moment d'inertie, croit tres rapidement.
On arrive a des resullats analogues, ainsi que Fa d£montr6 LiouvilleT en ce
qui concerne les ellipsoides de Jacobi, Ces ellipsoides n'existent que si le
moment de rotation est sup^rieur a une certaine valeur. Quand ce moment va
en croissant £ partir de cette valeur? la vitesse de rotation d^croit et finit par
s'annuler; le grand axe va en croissant et le petit axe en d^croissant sans cesse;
Faxe moyen d^croit plus rapidement encore. D'abord il est 6gal au grand axe,
de telle fagon que Peliipsoide est de revolution autour du petit axe, c'est-a-dire
de 1'axe de rotation; au contraire quand le moment de rotation est tres grand
et la vitesse de rotation tres petite, I'axe moyen est presque £gal au petit axe,
(je lolls sorte que la figure ressemble a un ellipsoide de revolution tres allonge.
On voit que les deux categories d'ellipsoides forment deux series continues
de figures d'equilibre. Mais il y a une figure qui est commune anx deux series
206 FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
et qui est; si Ton vent me permettre cette comparaison-, un point de bifurca-
tion. Je veux parler de Fellipsoide de Jacobi qui correspond a la valeur
minimum du moment de rotation; il est en effet en meme temps, ainsi que je
viens de le dire, un ellipsoi'de de revolution aplati.
Je Pappellerai Fellipsoi'de E±.
Les figures nouvelles d'^quilibre dont il me reste a parler forment de
m£nie des series continues; et quelques-unes d'entre elles, qui appartiennent
en m£me temps a la serie des ellipsoi'des de Mac-Laurin ou a celle des ellip-
soides de Jacobi, sont de v^ritables figures de bifurcation analogues a Ej.
Je vais chercher a faire comprendre la forme de ces figures nouvelles.
Prenons d'abord pour point de depart un ellipsoi'de de revolution. Par-
tageons-en la surface cix n + 1 zones, en y tracani n paralleles. ParLageons-la
de m£me en zp fuseaux egaux par/? m6ridiens ^quidistants.
Ces paralleles et ces meridiens, se coupant a angle droit? d^terminent une
sorte de damier; imaginons maintenant que la surface de Fellipsoi'de se creuse
ou se souleve, de telle facon que les cases noires de notre damier soient rem-
plac^es par des montagnes tr^s peu 6lev£es et les cases blanches par des
valises tres peu profondes; nous obtiendrons ainsi une figure d'e*quilibre tres
peu diff&rente de Fellipsoi'de.
Pour nous rendre compte de la forme des aulres solides d'^quilibre de la
m£me s<^rie, nous n'avons qu'a supposer que ces reliefs vont en s'accentuant et
que les lignes qui s^parent les depressions des montagnes se deforment peu
a peu.
11 est inutile d'ajouter que Faplatissement de Fellipsoide qui sert de point de
depart et les latitudes de nos n paralleles ne peuvent pas £tre choisis arbitraire-
ment et qu'ils ne sont pas les memes pour toutes les series.
Le nombre n pcut etre nul de telle sorte que Fellipsoide soitseulement divis^
en fuseaux; le nombre p peut aussi £tre nul, de sorte qu'il soit seulementdivis^
en zones.
A chaque combinaison des deux iiombres n et p correspond une s^rie de
figures nouvelles d^quilibre, Observons toutefois que les combinaisons
(n = o, p = i), (n= i, p = o), (n= i, p = i) ne donnent que Fellipsoi'de de
Mac-Laurin deplac^ mais non ddforme, et que la s^rie qui correspond a la
combinaison (n = o. p= 2) n'est autre chose que la s^rie des ellipsoi'des de
Jacobi.
Ces figures nouvelles d'^quilibre admettent p plans de sym6trie passant par
FORMES D'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 207
Faxe de rotation. Si p est nul, elles sont de revolution aulour de cet axe. Enfin,
si n est pair, elles ont un p + ii6me plan de symetrie perpendiculaire a Faxe de
rotation.
II existe d'autres series de formes d'equilibre que Ton obtient en prenant
comme point de depart un ellipsoi'de de JaeobL
Voici comment on les obtient :
Tragons a la surface d'un ellipsoi'de de Jacobi n lignes convenablement
choisies de facon a la diviser en n -f- 1 zones, entourant les poles du grand axe.
(Ces lignes doivent etre choisies parmi celles que les geometres appellent lignes
de courbure. )
Imaginons maintenant que la surface de Fellipso'ide se creuse ou se souleve
de telle facon que la premiere de ces zones soit remplac^e par une monlagne,
Fig. i.
la zone suivante par une valise, la suivante par une montagne et ainsi de suite.
Nous obtiendrons ainsi une figure d'equilibre tres peu diffi&rentede Fellipsoi'de.
Pour nous rend re compte de la forme des autres solides d'^quilibre de la
meme s^rie, nous n'avons qu?a supposer que "ces reliefs vont en s'accentuant.
Notre ellipsoi'de d6form6 va presenter alors une suite de renflements et d'^tran-
glements alternatifs, formant comme une s^rie de plis transversaux.
A chaque valeur du nombre n^ i partir de n= 3 inclusivement, correspond
une de ces series de figures d'^quilibre.
Toutes admettent deux plans de sym^trie rectangulaires, Fun perpendicu-
laire a Faxe de rotation, 1'autre passant par cet axe. Les figures d'6quilibre qui
correspondent £ une valeur paire de n admettent un troisieme plan de symetrie
perpendiculaire aux deux premiers.
JPappellerai particulierement I'attention sur la s6rie qui correspond a n = 3.
Je repr<Ssente sur la figure i Fun des solides d'^quilibre de cette s6rie. Le trait
pomtill& est le contour de Fellipsoide de Jacobi qui a servi de point de depart,
et le trait plein est le contour de la nouvelle figure d'^quilibre.
2o8 FORMES D'£QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
A
Parmi les figures de cetle s6rie, il y en a une qui est en meme temps un
ellipso'ide de Jacobi. Je Fappellerai Fellipso'ide F2.
Stability. — Tous ces solides sont des figures d'dquilibre, mais eel £quilibre
est-il stable ? C'est ce que nous avons encore a examiner.
Lord Kelvin (Sir W. Thomson) et M. Tait, dans FOuvrage que j'ai cil6 plus
haut, ont les premiers remarque qu'il y a deux sories de stability
Observons d'abord qu'il y a deux especes d'^quilibre. II y a, en premier lieu,
F^quilibre absolu qui est attaint quand tous les corps envisages sont en repos;
mais ce n'est pas celui-la que nous avons a considerer dans le probleme qui nous
occupe, puisque notre masse fiuide n'est pas en repos mais en rotation. Seule-
ment, elle paraitrait en repos, a un observateur qui serait entraine comme elle
dans un mouvement de rotation uniforme : elle serait en^guilibre relatif ^w:
rapport a cet observateur.
Les lois de F6quilibre absolu el cellos de F^quilibre relatif ne sont pas tout a
fait les m£mes. L'un et Fautre sont stables quand ils correspondent au minimum
de Fenergie totale du systeme envisag^. II est clair en effet que, pour faire
sortir le systeme de sa situation d'^quilibre, il faut lui fournir une certaine
quantit^ d'^nergie, et qu'il ne pourra s'en ^carter beaucoup que si cette
d^pense d'6nergie esl tres grande.
Cette condition, qui est toujours suffisanie, est n^cessaire dans le cas de
F^quilibre absolu; elle ne Fest pas dans le cas de F^quilibre relatif; un systeme
anim6 d'un mouvement de rotation tres rapide peut £tre en ^quilibre stabl(3
sans que Fenergie soit minimum.
C'est I& Fexplication d'une foule de paradoxes dynamiques; je n'en citerai
qu'un qui est d'observation vulgaire et qui., pour cette raison, a presque cess6
de nous sembler surprenant : la toupie, quand elle tourne assez vite, peut se
maintenir debout sur la pointe.
Ainsi, quand meme Fenergie n'est pas minimum, un systeme peut conserver
son 6tat d'6quilibre relatif pendant un temps ind^fini. II le pourrait du moins si
les frottements 6taient nuls.
Mais Lord Kelvin a ddmontr^ que, si les frottements existent, quelque
faibles qu'ils soient, il n'en est plus de meme et que F^quilibre finira par etre
d^truit, a moins que Fdnergie ne soit minimum. C'est ainsi, pour reprendre
notre exemple, que la toupie finit par se ralentir et par tomber.
II y a done deux sortes de stability : la stability ordinaire, dont les frotle-
FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDS EN ROTATION, 209
inents finissent par avoir raison, et la stabilite s^culaire que les frottements ne
peuvent d^truire.
C'est la seconde qui doit nous interesser le plus.
En se plagant au point de vue de la stabilite seculaire, les ellipsoi'des de
Mac-Laurin, moins aplatis que EI, sont stables; les autres sont instables. Les
ellipsoi'des de Jacobi, moins differents de Pellipso'ide de revolution que E2,
sont stables; les autres sont instables.
Enfin toutes les figures nouvelles dont nous avons parle plus haut sont
instables, a Perception de la serie sur laquelie nous avons insiste & la fin du
paragraphe precedent (*).
C'est celle qui derive de 1'ellipsoide de Jacobi et qui correspond au cas de
7t=3. G'est elle dont fait partie la forme d'^quilibre que nous avons repr£-
sentee plus haut sur la figure i .
II. — Consequences cosmog-oniques.
On pent tirer de ce qui precede quelques consequences int^ressantes. Sup-
posons une masse fluide homogene animee d'une rotation uniforme. Imaginons
que cette masse se refroidisse et se condense; supposons qu'en se condensant
elle demeure homogene et que son refroidissement soil assez lent pour que les
frottements aient le temps de maintenir Puniforimte^ de la rotation.
Le moment de rotation de la masse devra demeurer constant, et comme son
moment d'inertie va en diminuant, sa vitesse de rotation ira au contraire en
augmentant. Si, au d^but de la condensation, la vitesse de rotation est faible et
la figure de notre masse fluide peu diffe>ente djune sphere, son aplatissement
ira en croissant avec la vitesse de rotation.
La masse fluide conservera pendant quelque temps la forme d'un ellipsoi'de
de revolution d'abord peu aplati (fig* 2), puis plus aplati (Jig. 3).
(Dans les figures 2 a 9 qui represententles formes successives de la masse qui
se condense, chaeune de ces formes est represented par deux projections, Tune
verticale dans la partie sup^rieure de la figure, Pautre horizontale dans la partie
infexieure; Paxe de rotation est suppose^ vertical.)
L'ellipsoide, s'aplatissant de plus en plus, cessera bientot d'etre stable, ou
du moins de conserver la stability seculaire. II est vrai qu'il conservera encore
( 1 ) Gelle-ci est 6gaiemenl instable. Voir aux Notes, Figures piriformes.
H. P. — VIL 27
2IO FORMES D'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
quelque temps la stability ordinaire; mais les figures d^quilibre qui ne pos-
sedent qae cette sorte de slabilit<5 finissent, comme nous 1'avons vu, par 6tre
dtetruites par les frottements. Si done le refroidissement est assez lent, ces
Fig. 2.
Fig. 5.
ellipsoi'des ne pourront subsister, et la masse fluide devra prendre la forme
d'un ellipsoi'de de Jacobi, d'abord peu different d?un ellipsoide de revolution
(fig* 4) puis plus allong^ (fig. 5).
Mais rellipsoide de Jacobi, cessera, a son tour, d'etre stable et la masse
fluide prendra des formes d'^quilibre appartenant a la s^rie de figures nouvelles
repr£sent6es plus haut (fig* i).
FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 211
D'abord peu diflferenles de rellipso'ide E2, notre masse fluide prendra pour
ainsi dire la forme d'un ceuf avec un gros et un petit bout.
Puis elle se creusera dans le voisinage du petit bout (fig. 6); ce relief
Fig. 6.
Fig. 7.
s'accentuant peu a peu, il se produira a cetle place un. tkranglement (Jig. 7)
qui fera pr^sager la division du fluide en deux masses distinctes.
Ces deux masses, s'^tant separ^es, restent d'abord voisines Tune de 1'autre.
Fig. 8.
t I
o
o
Ghacune d'elles, sous TinSuence de Tattraclion de Tautre masse, prend une
figure piriforme (fig- 8).
Le refroidissement contmuant, chacune des masses se condense, sa rotation
devient de plus en plus rapide et cesse d'etre 6gale a la vitesse de revolution
des deux masses autour do leur centre de gravity commun. Enfin, quand les
212 FORMES D'EQUILIBRE D;UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
dimensions des deux masses sont devenues suffisamment pelites par rapport a
la distance qui les s6pare, leur figure se rapproche de 1'ellipsoide (Jig. 9).
On pourrait etre tent4 de tirer de la des consequences cosmogoniques et
d'expliquer de cette maniere Porigine des planetes. Le Soleil, en se conden-
sant peu a peu, n'aurait pas alors, comme Ie croyait Laplace, abandonne sue-
cessivement des anneaux d'ou les planetes seraient sorties ensuite : il se serait
au contraire d6form£ jusqu'a ce qu'une petite masse, destin^e a devenir une
planete, se d^tache d'un point quelconque de son ^quateur. Mais, avant
d'adopter cette conclusion, il faut tenir compte de certaines remarques qui lui
enlevent beaucoup de probability.
En premier lieu, nous avons suppos£ notre masse hoinogene; au conlraire,
la n^buleuse, qui a servi a former le systeme solaire, 4tait sans doute tres h6t£-
rogene et une grande partie de sa masse devait etre condens^e au centre. II est
impossible, pour le moment, de se rendre compte des changements que cette
h£tdrog£n£it6 apporterait dans nos r^sultats.
En second lieu, les deux masses repr£sent£es dans la figure 9 sont compa-
rables; la plus petite serait sans doute la moiti6 ou le tiers de Pautre; au
contraire la masse de Jupiter n'est que la millieme partie de celle du SoleiL
Peut-etre le processus que je viens de d6crire (fig* % & 9) se rapproche-t-il
plus de celui qui a produit certaines (itoiles doubles que de celui d'ou est sorti
le systeme solaire. Tout dans tous les cas reste hypoth^tique,
Anneau de Saturne. — Les figures dont nous venons de parler ne sont pas
les seules qui soient connues. II y a longlemps deja. M. Matthiessen avait
entrevu la possibility des figures annulaires d'equilibre, et le m£me r^sultat
avait et6 retrouv^ ensuite par Lord Kelvin, qui s'est borne a F^noncer. Grace
aui travaux de Mmc Kowalevski etaux miens, nous en poss^dons une d^mon-
stration rigoureuse, peu diflferente probablement de celle que Lord Kelvin avait
d^couverte, mais n?a pas publi^e.
On peut 6tablir qu'une masse fluide en rotation, soustraite a toute action
ext^rieure, peut prendre la forme d'un anneau analogue a celui de Saturne,
mais sans masse centrale. Si la vitesse de rotation est faible, cet anneau sera
une sorte de tore tres d6li£ dont la section m^ridienne diff6rera tres peu d'urie
ellipse peu aplatie; mais T&juilibre de ces figures est ins table.
Pour bien le faire comprendre, le mieux est de dire quelques mots des
FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 2l3
Lravaux de Maxwell sur la stability de Fanneau de Saturne. On peut faire, au
sujet de ia nature de cet astre, trois hypotheses differences :
i° L/anneau est solide ;
2° II est form£ d'un tres grand nombre de satellites tres petils, que le
telescope ne peut s^parer les uns des autres;
3° II est fluide.
Laplace avait fait voir depuis longtemps que, si Panneau est solide, son
(Squilibre ne peut etre stable si sa figure est sym^trique et si son centre de
gravit^ coincide avec son centre de figure. Mais il croyait qu'il suffisait, pour
r^tablir la stabilite, de supposer des irr^gularit^s peu importantes que les obser-
vations ne pouvaient d^celer.
Un savant anglais, dont des travaux d'une tout autre nature ont illustr^ le
nom, le c£lebre £lectricien Clerk Maxwell, a repris la question par une analyse
tres simple. II a montr£ qu'un anneau solide est instable a moins de presenter
des irr6gularit£s 6normes. Si elles existaient, le telescope nous les aurait fait
connaitre depuis longtemps. Si j'ajoute que, d'apres les calculs de Him, un
anneau solide, plusieurs milliers de fois plus resistant que Tacier, se romprait
sous 1'effort des attractions subies par Tanneau de Saturne, on conclura que la
premiere hypothese doit ^tre rejet^e.
Passoas a la seconde, qui a <§te propos^e autrefois par Cassini. II serait trop
difficile de traiter le probleme dans toute sa g6n<$ralit6; aussi Maxwell s'est-il
born£ a quelques cas simples ; je neparlerai que du plus simple de tous. Imagi-
nons une couronne de satellites £gaux? 6galement espac^s surune circonf^rence
ayant pour centre Saturne et d^crivant cette circonference d'un mouvement
uniforme. II est clair que ce mouvement peut se continuer ind^finiment si
aucune cause ext^rieure ne vient le troubler. Mais, si une semblable cause
vient y apporter une perturbation tres petite, la couronne va-t-elle finir par se
disloquer, ou bien sa deformation restera-t-elle tres petite ? End^utres termes,
1'^quilibre de notre couronne sera-t-il stable ?
Jene puis, bien entendu, reproduire iciTanalyse du savant anglais, et je dois
me contenter d'un apergu grossier. On peut voir d'abord que, si Tastre central
n'existait pas, F6quilibre serait instable. Si, eneffet, Tun des satellites prend de
Tavance pour une cause quelconque, il se rapproche du satellite qui est devant
lui et s'eloigne de celui qui est derriSre. II est plus attir^ par le premier et
2i4 FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
moins par le second: sa marche est encore acc^l^ree; son avance tend a
s'accroitre et la couronne a se disloquer.
Si nous supposons au contraire que les masses des satellites soientinfiniment
petites par rapport a celle de Saturne, chaque satellite se comportera comme
s'il £tait seul; or, nous savons que le mouvement d'un satellite isol6 est stable.
On peut done prevoir, sans qu'il soit ndcessaire d'avoir recours a un calcul
complet, que la condition de la stability de notre couronne sera que sa masse
soit suffisamment petite par rapport a celle de Pastre central.
Le meme resultat subsists pour un systeme plus compliqu6 de satellites;
c'est encore le m£me qu'obtient Maxwell dans la troisieme hypoth£se? c'est-
a-dire en supposant la masse fluide. Par un calcul qui n'est peut-etre pas
parfaitement rigoureux, il demontre qu'un anneau fluide ne peut etre stable
que si sa density mojKenne est au plus &gale a la 3ooe partie de celle de la
planete.
Mais, on peut computer le resultat de Maxwell par un raisonnement qui est
assez court pour etre reproduit ici. On sail que les 6lectriciens se repr^sentent
un champ ^lectrostatique comme sillonne par un tres grand nombre de lignes
deforce. Ce qui d^finit une de ces ligaes, e'est qu^en chacun de ses points la
tangenteest la direction de la force 61ectrique.
Gette image leur est tres pr^cieuse, car elle peut remplacer dans la pratique
une foule de formules math^matiques qui sont abstraites et compliqu^es. Mais
ils usentaussi d'une autre image; ils supposent chacune de ces lignes de force
remplac6e par un petit canal qui est parcouru par un liquide fictif avec un
d6bit constant et dans le sens de la force electrique. La quantit^ de ce liquide
imaginaire qui passe a travers une surface quelconque, s'appelle le flux de
force qui traverse cette surface. Tout se passe alors comme si chaque molecule
d'6lectricit<S positive £mettait continuellement une quantite constante de ce
liquide, et si chaque molecule d^lectricit^ negative en absorbait au contraire
continuellement une quantity constante. On peut, en d'autres termes, rdsumer
toutes les lois de 1'Electrostatique, en disant que le flux de force qui traverse
une surface ferm^e est proportionnel a la somme alg^brique des masses ^lec-
triques contenues a Tint^rieur de cette surface.
La m£me regie peut s'appliquer a Fattraction newtonienne : cette force suit,
en effet, la m^me loi que Tattraction Electrique. qui est la raison inverse du
earn* des distances. Elle s'applique encore quand, au lieu de consider la
FORMES D'^QUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. ?.i5
gravitation seule, on considere la resultante de la gravitation et de la force cen-
trifuge.
Iniaginons en efiet une matiere fictive dont Faction sur les corps voisins soit
conforme a laloi de Newton, mais soit repulsive, au lieu d'etre attractive. G'est
ce que Fon peut exprimer, si Ton prefere, en disant que la densite de cette
matiere est negative.
Supposons que cette matiere fictive affecte la forme d'un cjlindre de Evolu-
tion indefini, a Finterieur duquel se trouvent tous les corps que Ton veut
envisager; et que sa densite soit proportionnelle au carrd de la vitesse de
rotation. La repulsion exerc^e par cette masse fictive aura m£me grandeur et
m£me direction que la force centrifuge. Pour obtenir la resultante de la gravi-
tation et de la force centrifuge, il suffira done de considerer a la fois Faction
de toutes ces masses, tant r^elles que fietives.
Cela pose, considerons notre masse fluide en rotation et une molecule super-
ficielle faisant partie de cette masse, et soumisepar consequent a la gravitation
et a la force centrifuge. La force to tale, qui agit sur cette molecule, doit, pour
qu'il y ait equilibre, £tre normale a la surface de la masse; mais, pour que cet
equilibre soit stable, il faut de plus que cette force soit dirigee vers Finterieur
de la masse fluide, sans quoi elle tendrait a en detacher notre molecule. Toutes
les lignes de force coupent done normalement la surface de la masse, et le
liquide imaginaire, qui est suppose les parcourir, et dont la vitesse a m£me
direction que la force totale, doit toujours traverser cette surface en allant du
dehors au dedans. II en resulte que le flux de force total qui traverse cette
surface est positif, et comme, d'aprds la regie enonceeplus haut, il est propor-
tionnel a la somme algebrique de toutes les masses, tant reelles que fictives,
situees a Finterieur de cette surface, cette somme alg^brique doit aussi &tre
positive.
En d'autres termes, la densite moyenne du fiuide reel doit etre superieure
en valeur absolue a la densite de la matiere fictive, laquelle, comme nous
Favons vu, est elle-meme proportionnelle au carre de la vitesse de rotation.
Cette regie, appliquee a Fanneau de Saturne, nous apprend qu'un anneau
fluide ne peut £tre stable que si sa densite est au moins egale a la seizieme
partie de celle de la planete. Ce resultat, rapproche de celui de Maxwell, nous
amene a cette conclusion que Fatmeau ne peut etre fluide, et nous force a
adopter Fhypothese de Cassini, que les observations de M. Trouvelot semblent
dfailleurs confirmer.
2i6 FORMES D'EQUILIBRE D^UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION.
Pour la ra£ine raison, les figures annulaires d'equilibre, etudiees par
Mme Kowalevski, ne peuvent £tre stables.
Figure de la Terre. — Je ne dirai que quelques mots du cas beaucoup plus
difficile ou la masse en rotation est suppos^e heterogene. C'est certainement ce
qui se passe pour la Terre, et ce qui complique encore la question, c'est que la
loi suivant laquelle la densite varie dans Finterieur du globe nous est absolu-
ment inconnue. Loin de pouvoir nous en servir pour calculer Faplatissement,
nous devons, an conlraire, profiter des mesures des gdod^siens, pour tacher de
deviner cette loi.
Nous disposons pour r^soudre ce probleme d'une autre donn^e, qni est la
constante de la precession des equinoxes. On sait en effet que ce ph6nomene
est du a Faction du Soleil sur le renflement Equatorial du globe terrestre, et
comme cette action depend de la fa^on dont varie la densite int^rieure, les
observations de la precession peuvent nous renseigner sur cette variation.
Au premier abord, on serait tente de croire que le probleme est non seule-
ment toujours possible, mais qu'il reste indetermine et qu'on pourra trouver
une infinite de lois satisfaisant a ces deux donn^es d'observation. Loin de la :
une serie de recherches r£centes, parmi lesquelles celles de M. Radau sont les
premieres en date et en. importance, ont montr£ qu'on ne peut trouver aucune
loi des densites qui satisfasse a la fois a Taplatissement mesure et a la pr^ces-
sion observe.
Les G6od6siens concluent a un aplatissement de 1/292, tandis que Taplatis-
sement le plus grand qui soit compatible avec la precession observe est
de 1/297.
II est impossible pour le moment de se prononcer sur la valeur des nom-
breuses hypotheses que Ton peut faire pour expliquer cette divergence.
Les mesures g^odesiques doivent-elles £tre revisees ? doit-on supposer que
la Terre n'est pas un ellipso'ide de revolution et que Paplatissement n'est pas Je
m£me suivant les divers meridiens ou dans les deux hemispheres ?
Je ne crois pas que les mesures les plus recentes autorisent cette conclusion.
Admettra-t-on que la Terre, solidifiee depuis longtemps dans presque toute
sa masse, a conserve Paplatissement du a lavilesse de rotation qu'elle possedait
au moment de sa solidification et que sa rotation a depuis cette epoque ete
consideratleraent ralentie par Faction des marees ?
Croira-t-on au contraire que la croute solide esttres mince et que I'iiitdrieur,
FORMES D'EQUILIBRE D'UNE MASSE FLUIDE EN ROTATION. 217
rest£ liquide, esl le siege de mouvements compliqu^s tres differents de ceux
que petit prendre un corps solide ? Les calculs de Laplace ayant et6 fails en
regardant la Terre comme un solide invariable, on concoit que la precession
d'un pareil systeme puisse £tre tres difFerente de la precession ih^orique.
Enfin, on peut supposer encore que Taplatissement primilif a et6 alt6re
parce que les diverses couches, en se contractant par suite du refroidissement
du globe, ont exerce les unes sur les autres des pressions et se sont mutuelle-
ment d^formees.
Mais je m'arr£te, il est inutile de multiplier les hypotheses puisque toutes
ces questions doivent rester provisoirement ind^cises.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS
DE LA MECANIQUE
Comptes rendus de VAcademie des Sciences, t. 132, p. 869-371 (18 f^vrier 1901).
A.yant eu Foccasion de m'occuper du mouvement de rolation d'un corps
solide creux, dont la cavit£ est remplie de liquide, j'ai 6t6 conduit a mettre les
Equations g6n6rales de la Mfecanique sous une forme que je crois nouvelle et
qu'il peut £tre int&ressant de faire connaitre.
Supposons qu'il y ait n degr^s de libert^ et d^signons par o?i, #2, . . . , xn les
variables qui d^finissent T<kat du systeme. Soient T et U F^nergie cin^tique et
F4nergie potentielle.
Envisageons un groupe transitif continu quelconque. Soit XjQf) une substi-
tution infinit^simale quelconque de ce groupe, telle que
v / f\ _ vi dj Y 2 af ^, n dj
A i (T ) = A • -r — -f- A; -7 -- h . . . -f- AT- — = - •
w J l dx± l dx* l dxn
Ges substitutions formant un groupe, on devra avoir
Nous pourrons poser (puisque le groupe est transitif)
= fgi « Tj.xf + n^xg-H-. . .+ ^r
de telle facon qu'on puisse passer de Fetat (a?i, &2, . . . , asn) du systeme a F^tat
infiniment voisin (&±-±-x\dt, . . . , &„ + x'ndt) par la substitution infinit^si-
male du groupe ZY^ dt^K.i(f).
T, au lieu de s'exprimer en fonction des ocf et des x7 pourra s^exprimer en
FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DE LA MECAN1QUE. 2ig
fonction des TQ et des x+ Si nous donnons aux YJ et aux x des accroissements
virtuels Sri et o#, il en r^sullera pour T et U des accroissements
Le groupe etant transitif, je pourrai poser
.
de telle fagon que Ton puisse passer de I'^tal &i du systeme a 1'etal infiniment
voisin xi+d&i par la substitution infinil<5simale du groupe 2d)z-Xi(/). Je
poserai ensuile
2/dT ^U\,
--- T— ox =
\ ^ ^ /
Soil alors I'int^grale de Hamilton
J = T — U
on aura
Or on trouve ais^ment
Le principe de moindre action nous donne alors
d ^T
Les Equations (i) comprennent comme cas particuliers :
i° Les equations de Lagrange, qaand le groupe se reduit anx substitutions,
toutes permulables entre elles, qui augmentent une des variables x djune
constants infiniment petite.
2° Les Equations d'Euler pour la rotation des corps solides, ou le role des YJ,
est jou6 par les composantes /?, q, r de la rotation, et celui de £2? paries couples
dus aux forces ext^rieures.
Elles sont surtout int6ressantes dans le cas ou U 6tant mil, T ne depend que
des y).
SUR UNE GENERALISATION
DE LA METHODE DE JACOBI
Comptes rendus de VAcademie des Sciences, t. 149, p. no5-iio8 (i3 decembre 1909).
On sait que la rn.4th.ode de la variation des constani.es permet de r^soudre un
probleme de Dynamique quand on sait resoudre un autre probleme de Dyna-
mique plus simple, mais tres peu different. Mais il esi avantageux de resoudre
ce probleme approch.6 simple par la m^thode de Jacobi, afin que les Equations
conservent la forme canonique. On peut rencontrer pour cela des difficult^,
et c'est ce qui m'est arriv^ quand j'ai voulu appliquer cette m£thode a la th^orie
de la precession et de la rotation des corps solides; j'ai^teainsi conduit a gen6-
raliser un peu la m^thode de Jacobi.
Soit un sjsteme dynamique a n degres de liberte, dont la situation estd^finie
par n coordonn^es Xi\ nous appellerons T P^nergie cin6tique, et U l^nergie
/T^T
potentielle, T + U = F Ttoergie totale; nous poserons yi— ~^-f et nous aurons
les Equations canoniques de Hamilton
( } 4p ~ ^E ^z.~-^^E
(l) dt "" dy* dt ~" dx '
Faisons un changement de variables, en exprimant les ^ en fonction de
n 4- nf variables nouvelles q^ en nombre plus grand que celui des degres de
et posons
Nous reconnaitrons qu'on a Fidentit6
(2) , %yd&='Zpdq;
que les p sont H6s par n! relations lin^aires, de sorte que n seulement d'entre
GENERALISATION. DE LA METHODE DE JACOBI. 221
eux sont independants; je les appellerai les pfl] les autres, que j'appellerai
les^i, seronl des fonctions des pa, des qa et des gv On pourrait se demander
alors si T peut s'exprimer en fonction des p et des q; l^galite dT = 2gdp,
qui a lieu quand on regarde les q comme des constanLes, nous permet de
r^pondre affirmativeraent. Done T et F peuvent s'exprimer en fonction des^,
des qa et des gr$, et liquation des forces vives peut s'^crire
(3) FO&«J qa, qi) — consu
Soit maintenant S une fonction des qa et des gr&, defmie par liquation aux
d£riv6es partielles
tt\ i7 f ds ds\
(4) F^5^-_j=const.?
de sorte que
,A, dS dS
(5) *•=*& *'—&;>
et dependant en outre de n constantes arbitraires yl (autant que de degres de
Hberl6); posons
/ /• \ i d&
(6) ^-=^,
d?ou
(?) dS = Z.pa dqa —
Le second merabre de cette egalit6 est une diffiSrentielle exacte, si les pi sont
regard6s comme des variables ind^pendantes et, a fortiori, si les p^ sont sup-
pos^s lies auxpa par les relations lin^aires dont nous avons parl^. En rappro-
chant (7) de (2) on voit que
(8) d$i
est une difKrentielle exacte; Tidentite (8) nous montre d'abord que S^ est
fonction seulement des x et des a/; et qu'on a
Aquations qui d^finissent les $? et les y3 en fonction des a; et des y. La rela-
tion (8) raontre que le changement de variables est canonique et n'altere pas
la forme canonique des Equations (1). On aura done pour le probleme approch^
simple
2aL — — dyf — d¥
~dt ~" ap' dt ~~ dx^
(l) Voir aux Notes, Principes de Mecanique analytique*
222 GENERALISATION DE LA METHODS DE JACOBI.
Equations qui s'integrent immediaternent puisque F ne depend que des y', et
pour le probleme complet oil F esl remplac6 par F* :
_ = 1
dt "" a?y ' dt "" ote' *
Appliquons cette m^thode a la th^orie de la precession; nous prendrons
parce que U est petit par rapport a T. Nous avons trois degr^s de liberl^, mais
nous prendrons 7^^-7^/=5 coordonnees analogues a nos variables g, qui
seront :
i° L'angle <p du plan QPz, passant par 1'axe Oz mobile et par un axe arbi-
traire OP avec le plan Qys des yz mobiles;
2° L'angle fy de Taxe O^ mobile et de 1'axe OP ;
3° L'angle ^ da plan OP^, avec le plan OPZ qui passe par OP et par
1'axe OZ fixe;
4° L'angle w de OP avec OZ;
5° L'angle G du plan OPZ avec le plan OYZ des YZ fixes,
Les variables/? seront
dT dT dT dT dT
elles repr^sentent les momenls de rotation par rapport a O^, a une perpendi-
culaire a POxr, a OP, a une perpendiculaire a POZ, et enfin a OZ. On peut
alors exprimer T en fonction de 9, ^, 0, w, ^, $? G, 0; et, en introduisant
notre fonction S et ne faisant pas varier les constanlesj^, on aura
(10) dS =s $ do -i- G d% H- 8 J6 — «p d*F — o> a?Q.
II faut alors determiner 4»3 G, G, tj; et co de fagon que le second membre
de (10) soit une diff&rentielle exacte et que T(cp7 ^? 9, co; ^, $, G, 0) se rdduise
a une constante; la solution doit d^pendre de irois constantes arbitrages. On j
parviendra en faisant
f <p == const., 03 = const., G = const.,
( $ = Gcostp = const., 6 = GCOSC/J = const.;
GENERALISATION DE LA METHODE DE JACOBI. 223
ce qui introduit bien trois constantes arbitraires independantes G? <£ ct ®? et
qui donne
s = *<? + GX -+• ee -- <|,IF -. O>Q, T = j£ -f- (
(A et C sont les deux moments d'inertie de la Terre).
Les conditions (11) signifient que OP est Paxe des moments de rotation; et
Ton en conclut
s = $9 -t- GX -i- so.
Les variables <!>, G, 0 jouent le role des y', done o = -^5 % et 6 joueront le
rdle des af\ les six variables forment done un systemecanonique; el Ton a pour
une fonction F*= T + U quelconque
dt dG dt d& dt dS
dG _ ^F* d<& __ d¥* d@ __ dF* f
~dt '—~ ' ~d7" ~di ~~ d£* ~di~~~~ctt~f
pour le probleme approch^ simple ou F = T, on a
G do dT A —
— = const., V- = -7— = — TT
A ^// <^? 2 AC
drt dT G do dT A — G . d& dT
-6 = -—. = — = const., V- = -7— = — TTT- ^3 = const., -7- = -^- = o;
SUR LES SOLUTIONS PERIODIQUES
Ef LE PRINCIPE DE M01NDRE ACTION
Comptes rendus de V Academic des Sciences 7 t. 123, p. 916-918 (3o novembre 1896).
La th6orie des solutions p^riodiques peut, dans certains cas, se rattacher au
principe de moindre action.
Supposons trois corps se mouvant dans un plan ets'attirant en raison inverse
du cube des distances ou d'une puissance plus elevee de ces distances; j'appelle a,
#, c ces trois corps.
L'^nergie cin&tique T est essentiellement positive et il en est de m£me de la
fonction des forces U, qui est egale a une somme de termes de la forme — - — ?
ou k est une constante positive, m et m1 les masses de deux des trois corps,
r leur distance et n un exposant au moins £gal a 2.
L'action hamiltonienne
/./i
= / (T-
" to
sera done essentiellement positive.
Gonsid^rons une classe de trajectoires de nos trois corps a, b, c; ce seront
des trajectoires fictives, c'est-a-dire ne satisfaisant pas aux Equations du mou-
vement; mais elles seront soumises aux conditions suivantes :
i° Au temps t{ les distances des trois corps seront les memes qu'au temps t^
les vitesses seront les m£mes en grandeur et feront les monies angles avec les
c6t6s du triangle des trois corps; en d'autres termes, la figure forrn^e par les
trois corps et par les droites qui repr^sentent leurs vitesses aura repris a
F6poque t{ la m£me forme qu'elle avait a F^poque ^0; ou bien encore les
SOLUTIONS PgRIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION 225
distances de ces trois corps seront des fonctions p^riodiques du temps de
p^riode ti — £0.
2° La droite be aura, entre les ^poques tQ et £1? tourne d'un angle donn6 eo4.
3° La droite ac aura, entre ces memes epoques, tourn^ d'un angle donn£
a), -f- 2K27r, K2 6tant un enlier donn&.
4° La droite ab aura tourn6 d'un angle w4 + 2K..j7r, K:J etanl un entier
donn6.
Une classe de trajectoires ficlives se trouve ainsi d6fmie par trois constantes
entierement arbitraires r0, ^ et G^ et par deux entiers arbitrages K2 et K:i,
Mais Faction hamillonienne, ne pouvant devenir negative, admettra un
minimum, et, en vertu du principe de moindre action, la trajecloire qui cor-
respondra a ce minimum devra £tre une trajecloire effective et satisfaire aux
Equations du mouvement.
Gette trajecloire effective, d'apres sa definition, correspondra a une solution
periodique du probleme dont la pdriode sera ^ — t0.
Je me propose de d^montrer que, dans chaque classe de trajectoires fictives,
il y en a une qui correspond a un minimum de Faction hamillonienne et, par
consequent., a une solution p^riodique.
Pour cela, il me suffit de faire voir qu?en faisant varier d'une maniere continue
noire trajectoire ficlive, elle ne pourra passer d'une classe a Fautre sans que
Faction hamillonienne devienne infinie.
En effet; le passage d'une classe a Fautre s'efiectuera lorsque deux des
trois corps viendront a se rencontrer. Si, par exeinple, a el c se renconlrent,
la trajectoire consid^r^e T sera infiniinent voisine de deux autres T; et T'7;
pour T;, le corps a passera tres pres de c, mais a droite; pour T", il passera
ires pres de c, mais a gauche. II esl clair que les valeurs de Fenlier K3, qui
correspondent a T; et a T", differeront d'une united
Je dis maintenant que, si a et c se rencontrent, Faction est iniinie.
En ettet, Faction sera du m£me ordre de grandeur que / aTJ dt^ ou que
/ 2 \/U dr, ou que zkmm' f -^, c7est-a-dire infinie si 71^2. Or on a n = 2
J J ri
si, comme nous le supposons, Fattraciion s'exerce en raison inverse du cube
des distances.
Alors, dans chaque classe, il doit y avoir un minimum de Faction; il doit
H. P. — VII. 29
226 SOLUTIONS PERIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION.
done y avoir une trajectoire effective, et cette trajectoire correspond a une
solution p&riodique du probleme.
A chaque systeme de valeurs des deux constantes arbitraires i* — 10 et w4 et
des deux entiers K2 et K:i correspond tine solution p^riodique.
Notre raisonnement ne s'applique evidemment que si Tattraction pour les
tres petites distances est da meme ordre de grandeur que Pinverse du cube de
la distance ou d'ordre plus grand.
Dans tous ces cas, il y aura une infinite de solutions p^riodiques.
Mais, dans le cas de la loi de Newton, Faction ne devient plus infinie quand
les deux corps se rencontrent; nous ne pouvons plus affirmer qu'il y a une
solution p^riodique dans chaque classe.
Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'a chaque valeur de la p^riode ^ — £0,
et a chaque valeur de I'angle &)! (en ne consid^rant pas coname distinctes deux
valeurs difFerant d'un multiple de STT), correspond une solution periodique.
On pourrait obtenir certains autres resultats par Farlifice suivant : suppo-
sons que la loi detraction soit celle de Newton tant que la distance est sup6~
rieure a une tres petite quantit6 s, et celle de 1'inverse du cube des distances,
quand la distance est plus petite que s. Alors, les trajectoires seront les m£mes
qu'avec la loi de Newton, sauf si deux des corps s'approchent beaucoup Fun de
Pautre, auquel cas le mouvement serait troubld pendant un temps tres court.
Au probleme ainsi modifi6, les considerations qui precedent s^appliquent, mais
les r6suitats; applicables au probleme ordinaire des trois corps, que Ton pent
obtenir ainsi, ne paraissent pas susceptibles d'un £nonc<$ simple.
SUR LES SOLUTIONS PfiRlODlQUES
ET LE PRINCIPE DE MOINDRE ACTION
Cornptes rend us de VAcademie des Sciences, t. 124, p. 713-716 (5 avril 1897).
Je considere un point mobile dans un plan, les equations du mouvement
s'6criront
_ _ _
l dt* ~ dx ' di* "" dy '
et celle des forces vives s'^crira
U 6tant la fonction des forces. Je me propose d^tudier a un point de vue nou-
veau les solutions periodiques de ces Equations. La trajectoire qui correspond
a une solution periodique sera une courbe ferm^e (T).
A chaque solution periodique correspondront deux exposants caractdris-
tiques^ ^gaux et de signe contraire. Si ces deux exposants sont imaginaires, la
solution p4riodique sera stable; s'ils sont reels, elle sera instable. Mais la consi-
d4ration du principe de moindre action va nous conduire a pousser plus loin
cette classification et a distinguer deux sortes de solutions instables.
On saitr par le principe de Maupertuis, que Pintegrale
-/•
appel^e action, est plus petite pour une trajectoire satisfaisant aux Equa-
tions (i) que pour une courbe infiniment voisine ayant m£mes extrdmit^s.
228 SOLUTIONS P^RIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION.
Cela esl vrai si ccs deux extremes sont tres voisines Tune de Pautre; mais, en
general, tout ce que nous savons est que la variation premiere <5J de l'int£~
grale J est nulle.
C'est la une condition nicessaire, mais non suffisante pour qu'il y ait
minimum.
Si Ton veut pousser plus loin la discussion, il faut avoir recours a la notion
des foyers cin6tiques dont je vais rappeler la definition. Soit M un point situ6
sur une trajectoire T; par ce point je mene une autre trajectoire iniiniment
voisine de T; si cette trajectoire vient recouper T en un point M7, ce point M'
sera le foyer de M.
L'dtude des foyers ciu^tiques, dans le cas des solutions p^riodiques, m'a
conduit aux r^sultats suivants :
Supposons d'abord la solution p<5riodique stable ;. soient s Fare de la trajec-
toire ferni6e (T) correspondante, compte a partir d'une origine quelconque,
et S la longueur totale de cette trajectoire. II existera une fonction /(,?) cons-
tamment croissante. augmentant de 271 quand s augmente de S, de telle sorte
que
/(, + S)=/(0 + 2*.
La relation entre la valeur s de Fare correspondant a un point M de (T) et
la valeur sr correspondant a son foyer M7 sera
f(s') = f(s) -+- const.
Si la solution p^riodique est instable, deux cas sont a dislinguer :
La solution sera de la premiere sorte, si aucun point de la trajectoire n'a de
foyer. Alors les trajectoires correspondant aux solutions asymptotiques seront
des courbes spirales s'enroulant autour de (T) et s'en rapprochant asympiotique-
ment. Les spires de ces courbes spirales ne coupent pas (T) et ne se coupent pas
entre elles, au moins si Ton se borne a la partie de la courbe qui ne s'ecarte
pas trop de (T).
Mais un autre cas peut se presenter et nous dirons alors que la solution
p&riodique instable est de la seconde sorte. La courbe ferm^e (T) sera divis^e
en un nombre pair d'arcs; soient zp ce nombre et A0, A4, ..., A2p^ les points
de division. Pour plus de symetrie dans les notations, je ddsignerai indiff£rcm-
ment le point Ar/ par les notations A?, A
i° Le point A^^ sera le foyer de Ary.
SOLUTIONS PERIODIQUES ET PRINCIPE DE MOINDRE ACTION. 229
2° Si un point M est sur Fare A^A7.Hl1 son foyer sera sur Fare A^£ Ay+2.
3° Soient M< le foyer de M, M2 le second foyer de M, c'est~a~dire le foyer
de Ml5 Mq le q^mG foyer de M. Si le point M est sur Tare A0A1? il en sera de
meme des points M2pj M4p, . . . , M2/^, . . . et ces points se rapprocheront inde-
finiment et conslamment de Tun des points A0 ou AI.
4° II existera sur Fare A0Ai un point B0 qui comcidera avec s,on 2/?iemcfoyer
et, quand k tendra vers + oo, le point M_2Ay> se rapprochera ind^finiment
de B0.
Les solutions asymptotiques sont repr^sentees alors par des courbes qui ne
pr^sentent plus la meme forme que dans le cas pr£c£dent : elles coupent une
infinite de fois la courbe (T), et les points d'intersection admettent comine
points limites le point A0 et ses foyers ou le point B0 et ses foyers.
Cela pos£, il y a deux fails sur lesquels je veux appeler Fattention :
i° La condition n^cessaire et suffisante pour qu?une solution p4riodique
represent^e par une courbe fermee (T) corresponde a une action moindre que
toutes les courbes fermees infiniment voisines, c'est que cette solution soit une
solution instable de la premiere sorte.
2° Supposons que Fon fasse varier d'urie facon continue la fonction 1J et les
conditions initiates du mouvement et que Fon envisage une solution p^riodique
variant aussi d'une maniere continue. On ne pourra jamais passer directement
d'une solution instable de la premiere sorte a une solution instable de la
deuxieme sorte; on pourra passer seulement d'une solution instable de Fune
des deux, sortes a une solution stable ou inversemenL
Ce que je viens de dire s'appliqueraitsans changementau casdu mouvement
relatif (1).
Supposons que le point mobile soit rapport^ a des axes mobiles, animus d'un
mouvement de rotation uniforme de vitesse angulaire co.
Les Equations s'ecriraient alors
dv dU d>y dx dU
___2to^==_, __H2CO_==_.,
en comprenant dans la fonction des forces U le terme provenant de la force
centrifuge ordinaire.
f1) Voir aux Notes, JPrincipes de Mecanique analytique.
23o SOLUTIONS PERIODIQUES ET PHINCIPJE DE MOINDRE ACTION.
Liquation des forces vives serait encore
et Pexpression de Faction deviendrait
J = / \_ds v/U -+- Ji -H to(^7 dy — y
LES IDEES DE HERTZ
SUR LA MECANIQUE
Revue Generale des Sciences^ t. 8, p. 734-743 (3o septembre 1897).
En 1890, le grand electricien Her tzetait arrive a Papogee desa gloire; toutes
les Academies d'Europe lui avaient prodigue les recompenses dont elles dispo-
saient. Tout le monde esp^rait que de longues ann^es lui etaient encore r^ser-
v£es et q-u'elles seraient aussi brillantes que Pavaient ele celles de ses debuts.
Malheureusement, la maladie qui devait Pemporter si pr6matur£inent Pavait
d£ja atteint et bientot ralentlssait et arretait presque completement son activit6
experimental. II eut a peine le temps d'installer son nouveau laboratoire de
Bonn; des maux divers le priverent et nous priverent des d^couvertes qu'il se
promettait d'y faire.
II servait encore les sciences physiques par rinfluence 6norme qu'il exercait,
par les conseils qu'il donnait a ses Sieves; mais cette p^riode n'est marquee
que par une seule d^couverte personnelle, d'une importance capitale, il est
vrai, celle de la transparence de Paluminium par les rayons cathodiques.
Mais s'il ^tait ainsi cruellement d^tourn^ des Etudes qui lui avaient £t4 si
cheres, il ne demeurait pas inactif; si ses sens le trahissaient, son intelligence
lui restait, et il Peniployait a de profondes reflexions sur la philosophic de la
Mecanique. Les r^suitats de ces reflexions ont 4te publics dans un Ouvrage
poslhume et je voudrais les r^sumer et les discuter ici brievement.
Hertz critique d'abord les deux principaux systemes proposes jusqu'ici et
que j'appellerai le systeme classique et le systeme &nerg<5tique, et il en propose
un iroisieme que j^appellerai le systeme hertzien.
232 LES ID£ES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
I. — Systems classique.
I. Definition de la force. — La premiere tentative de coordination des
fails mScaniques est celle que nous appellcrons le systeme classique; c'est, dit
Hertz, « la grande route royale dont les principales stations portent Ics noms
d'Archimede, Galilee, Newton etLagrange.
» Les notions fondamentales que Ton trouve au point de depart sont celles
de Vespace, du temps, de la force et de la masse. La force, dans ce sysleme,
est regardee comme la cause du mouvement; elle pr^existe au mouvement et
est ind^pendante de lui. »
Je vais chercher a expliquer pour quelles raisons Hertz n'a pas <H6 satisfait
de cette maniere de consid6rer les choses.
Nous avons d'abord les difficult^ que Ton rencontre quand on veut ddfinir
les notions fondamentales. Qu'est-ce que la masse? C'osl, r^pond Newton, le
produit du volume parla densit^ — II vaudrait mieux dire, rfipondent Thomson
et Tail, que la densit£ est le quotient de la masse par le volume. — Qu'est-ce
que la force? C'est, r<5pond Lagrange, une cause qui produit le mouvement
d'un corps ou qui tend a le produire, — C'est, dira Kirchhoff, le produit de la
masse par V acceleration. Mais alors, pourquoi ne pas dire que la masse est le
quotient de la force par Facc^l^ration?
Ces difficult^ sont inextricables.
Quand on dit que la force est la cause d'un mouvement, on fail de la M3la-
physique, et cette definition, si Ton devait s?en contender, serait absolument
sterile. Pour qu'une definition puisse servfr a quelque chose, il faut qu'elle
nous apprenne a mesurer la force; cela suffit d'ailleurs, il n'est nullement
necessaire qu'elle nous apprenne ce que c'est que la force en sot, ni si elle est
la cause ou Feffet du mouvement.
II faut done d^finir d'abord P<%alit6 de deux forces. Quand dira-t-on que
deux forces sont £gales? C'est, r6pondra~t-on, quand, appliqu^es a une m£me
masse, elles lui impriment une meme acceldration, ou quand, oppos6es direc-
tement Tune a 1'autre, elles se font ^quilibre. Cette definition n'est qu'un
trompe-PoeiL On ne peut pas d^crocher une force appliqu^e a un corps pour
Faccrocher a un autre corps, comme on d^croche une locomotive pourl'atteler
a un autre train. II est done impossible de savoir quelle acceleration telle force,
appliqu^e a tel corps, imprimerait a tel autre corps, si elle lui 6tait appliqu^e.
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 233
II est impossible de savoir comment se comporleraient deux forces qui ne sont
pas directement opposes, si elles etaient directement opposes.
C'est cette definition que Ton cherche a materialiser, pour ainsi dire, quand
on mesure une force avec un djnamometre, ou en Fequilibrant par un poids.
Deux forces F et F, que je supposerai verticales el dirigees de has en haul
pour simplifier, sont respectivement appliqu6es a deux corps C et C'; je
suspends un m£me corps pesant P d'abord au corps C, puis au corps C;; si
Fequilibre a lieu dans les deux cas, je conclurai que les deux forces F et F7
sont egales entre elles, puisqu'elles sont egales toutes deux au poids du corps P.
Mais suis-je sur que le corps P a conserve le meme poids quand je Fai trans-
port^ du premier corps au second? Loin de la, je suis sur du contraire; je
sais que I'intensit6 de la pesanteur varie d'un point a un autre, et qu?elle est
plus forte, par exemple, au pole qu'a Fequateur. Sans doute la difference est
tres faible et, dans la pratique, je n'en tiendrai pas compte; maisune definition
bien faite devrait avoir une rigueur mathematique; cette rigueur n'existe pas.
Ce que je dis du poids s'appliquerait evidemment a la force du ressort d'un
djnamometre, que la temperature et une foule de circonstances peuvent faire
varier.
Ce n'est pas tout; on ne peut pas dire que le poids du corps P soit applique
au corps G et equilibre directement la force F. Ge qui est applique au corps C,
c'est Faction A du corps P sur le corps G; le corps P est soumis de son cote,
d'une part a son poids, d'autre part a la reaction R du corps C sur P. En defi-
nitive, la force F est egale a la force A, parce qu'elle lui fait equilibre; la
force A est egale a R, en vertu du principe de Fegalite de Faction et de la reac-
tion; enfin, la force R est egale au poids de P, parce qu'elle lui fait equilibre.
C'est de ces trois egalites que nous deduisons comme consequence Fegalite
de F et du poids de P.
Nous sommes done obliges de faire intervenir dans la definition de Fegaliie
de deux forces, le principe m£me de Fegalite de Faction et de la reaction; a ce
compte^ ce principe ne devrait plus etre regarde comme une loi expert-
mentale, mais comme une definition.
Nous voici done, pour reconnaitre Fegalite de deux forces, en possession de
deux regies; egalite de deux forces qui se font equilibre; egalit6 de Faction et
de la reaction. Mais, nous Favons vu plus haut, ces deux regies sont insuffi-
santes; nous sommes obliges de recourir a une troisiexne regie et d'admettre
que certaines forces comme, par exemple, le poids d'un corps, sont constantes
H. p. — vn. 3o
234. LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
en grandeur et en direction. Mais celte troisieme regie, je 1'ai dit, est une loi
experimental; elle n'est qu'approximativemenl vraie; elle est une mauvaise
definition.
Nous sommes done ramenes a la definition de Kirchhoff : la force est £gale
a la masse multiplies par V acceleration. Cette « loi de Newton » cesse a son
tour d'etre regardee comme une loi experimental, elle n'est plus qu'une defi-
nition. Mais celte definition est encore insuffisante, puisque nous ne savons pas
ce que c'est que la masse. Elle nous permet sans doute de calculer le rapport
de deux forces appliqu^es a un m£me corps a des instants differenls; elle ne
nous apprend rien sur le rapport de deux 'forces appliqu^es a deux corps
differents.
Pour la compieter, il faut de nouveau recourir a la troisieme loi de Newton
(egalite de Faction et de la reaction), regardee encore, non comme une loi
experimental, mais comme une definition. Deux corps A et B agissent Tun sur
Fautre ; Facceieration de A multipliee par la masse de A est egale a Faction de B
sur A; de meme, le produit de Facceieration de B par sa masse? est egal a la
reaction de A sur B. Comme, par definition, Faction est egale a la reaction, les
masses de A et de B sont en raison inverse des accelerations de ces deux corps.
Voila le rapport de ces deux masses defini et c'est a Fexperience a verifier que
ce rapport est constant.
Gela serait tres bien si les deux corps A et B etaient seuls en presence et
soustraits a Faction du reste du monde. II n'en est rien; Facceieration de A
n'est pas due seulement a Faction de B, mais a celle d'une foule d'autres
corps C, D; .... Pour appliquer la regie precedente, il faut done decomposer
Facceieration de A en plusieurs composantes, et discerner quelle est celle de
ces composantes qui est due a Faction de B.
Cette decomposition serait encore possible, si nous admettions que Faction
de C sur A s'ajoute simplement a celle de B sur A, sans que la presence du
corps C modifie Faction de B sur A, ou que la presence de B modifie Faction
de C sur A; si nous admettions, par consequent, que deux corps quelconques
s'attirent, que leur action mutuelle est dirigee suivant la droite qui les joint et
ne depend que de leur distance; si nous admettions, en un mot, Vhypothese
des forces centrales.
On sait qne, pour determiner les masses des corps celestes, on se sert d'un
principe tout different. La loi de la gravitation nous apprend que Fattraction
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 235
de deux corps esi proporlionnelle a leurs masses; si r est leur distance, m et
m! leurs masses, k une constante, leur attraction sera ^mm •
r-
Ce qu'on mesure alors, ce n'est pas la masse, rapport de la force a Faec<5l<5-
ration, c'est la masse attirante; ce n'est pas Finerlie du corps, c'est son pouvoir
attirant.
G'est la un proe4d6 indirect, dont Femploi n'est pas theoriquement indis-
pensable. II aurait tres bien pu se faire quo Fattraction fut inversement pro-
portionnelle au carre de la distance, sans etre proportionnelle au produit des
masses, qu'elle fut £gale a ~p mais sans que Ton eut
/ = kmm'.
S'il en 6lait ainsi, on pourrait n^anmoins, par Fobservation des mouvements
relatifs des corps celestes, mesurer les masses de ces corps.
Mais avons-nous le droit d'admettre Fhypothese des forces centrales? Cette
hypothese est-elle rigoureusement exacte? Est-il certain qu'elle ne sera jamais
contredite par F experience? Qui oserait Faffirmer? Et si nous devons aban-
donner cette hypothese, tout F^difice si laborieusement 4lev^ s'ecroulera.
Nous n'avons plus le droit de parler de la composanle de Facc^l^ration de A
qui est due a Faction de B. Nous n'avons aucun moyen de la discerner de celle
qui est due a Faction de C ou d'un autre corps. La regie pour la mesure des
masses devient inapplicable.
Que reste-t-il alors du principe de F£galit6 de Faction et de la reaction? Si
Fhypothese des forces centrales est rejet^e, ce principe doit ^videmment
s^noncer ainsi : la rdsultante g^om^trique de toutes les forces appliqu^es aux
divers corps d'un systeme soustrait a loute action ext^rieure, sera nulle. Ou,
en d'autres termes, le mouvement du centre de gravite de ce systeme sera
rectiligne et uniforme.
Voila, semble-t-il, un moyen de d^linir la masse; la position du centre de
gravit^ depend evidemment des valeurs attributes aux masses; il faudra dis-
poser de ces valeurs de fagon que le mouvement de ce centre de gravil6 soit
rectiligne et uniforme; cela sera toujours possible si la troJsieme lot de Newton
est vraie, et cela ne sera possible en general que d'une seule maniere.
Mais il n'existe pas de systeme soustrait a toute action ext4rieure; toutes les
parties de FUnivers subissent plus ou moms fortemeiit Faction de toutes les
236 LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECAP IQUE.
autres parties. La loi du mouvement dn centre de gravite ricst rigoureu^e-
merit vraie que si on V applique a VUnivers tout entier.
Mais alors il faudrait, pour en tirer les valeurs des masses, observer le mou-
vement du centre de gravit£ de 1'Univers. L'absurdite de cette consequence est
manifeste; nous ne connaissons que des mouvements relatifs; le mouvement
du centre de gravit6 de 1'Univers restera pour nous une ^ternelle inconnue.
II ne reste done rien et nos efforts ont 6l6 infructueux; nous sommes accul^s
a la definition suivante, qui n'est qu'un aveu d'impuissance : les masses sont
des coefficients qu'il est commode d^introduire dans les calcuh.
Nous pourrions refaire toute la M^canique en attribuant a toutes les masses
§des valeurs differentes, Celte M^canique nouvelle ne serait en contradiction ni
avec rexp6rience, ni avec les principes gen^rauxde la Dynamique (principede
1'inertie, proportionnalit£ des forces aux masses et aux accelerations, £galit6 de
Faction et de la reaction, mouvement rectiligne et uniforme du centre de gra-
vite, principe des aires),
Seulement les Equations de cette M6 canique nouvelle sQwisnimoins simp les.
Entendons-nous bien : ce seraient simplement les premiers termes qui seraient
moins simples, c'est-a-dire ceux que Pexp^rience nous a d6ja fait connaitre;
peut-etre pourrait-on alt6rer les masses de petites quantil6s sans que les Equa-
tions completes gagnent oa perdent en simplicite.
J'ai insist^ plus longuement que Hertz lui-meme sur cette discussion; mais
je tenais a bien montrer que Hertz n?a pas cherche a Galilee et a Newton une
simple querelle d'Allemand; nous devons conclure, qu^avec le systeme clas-
sique, il est impossible de donner de la force et de la masse une idee satis-
faisante*
2. Objections diverses. — Hertz se demande ensuite si les principes de la
Mdcanique sont rigoureusement vrais. « Dans Topinion de beaucoup de physi-
ciens, dit-il, il apparaitracomme inconcevable que 1'experience la plus 6Ioign6e
puisse jamais changer quelque chose aux in^branlables principes de la M6ca-
nique; et cependant ce qui sort de Texp&rience peut toujours etre rectifi^ par
Fexp^rience. »
Apres ce que nous venons de dire, ces cratntes paraitront superflues. Les
principes de la Dynamique nous apparaissaient d'abord comme des v^rites
experimentales; mais nous avons 6te obliges de nous en servir comme de d^fi-
nitions. GJest par definition que la force est egale au produit de la masse par
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 287
Facceldration; voila un principe qui est desormais place hors de Fatteinte
d'aucune experience ult&rieure. G'est de m£me par definition que Faction esl
egale a la reaction.
Mais alors, dira~t-on, ces principes inverifiables sont absolumenl -vides de
toute signification; Inexperience ne peut les contredire; mais ils ne peuvent
rien nous apprendre d'utile; a quoi bon alors £tudier la Dynamique?
Cette condamnation trop rapide serait injusle. 11 n'y a pas, dans la Nature,
de syslemQparfaUementisol£, parfaitement soustrait a loute action ext^rieure;
mais il y a des syslemes a peu pres isolcs.
Si Ton observe un pareil systeme, on peut (kudier non seulementle mouve-
ment relatif de ses diverses parries 1'une par rapport a 1'autre, mais le mouve-
ment de son centre de gravit6 par rapport aux aulres parties de 1'Univers. On
constale alors que le mouvement de ce centre de gravite est a peu pres recii-
ligne et uniforme, conformement a la troisieme loi de JNewton.
C'est la une vdrite exp6rimentale, rnals elle ne pourra ^tre infinite par
Fexp6rience; que nous apprendrait en effet uno experience plus precise? Elle
nous apprendrait que la loi n'etait qu'a peu pres vraie; mais, cela? nous le
savions
. On s'explique maintenant comment V experience a pu servfr de base aux
principes de la Mecanique et cependant ne pourra jamais les contredire.
Mais revenons a Fargumentation de Hertz. Le systeme classique est incomplet,
car tous les mouvements qui sont compatibles avec les principes de la Dyna-
mique ne soat pas r^alis^s dans la Nature, nt meme r^alisables. En effet. il est
Evident que les principes des aires et du mouvement du centre de gravity ne
sont pas les seules lots qui r^gissent les ph(5nomenes naturels. Sans doute, il
serait d^raisonnable d'exiger de la Dynamique qu?elle enibrassat dans une
m^me formule toutes les lois que la Physique a ddcouvertes ou pourra
d^couvrir. Mais il n'en est pas moins vrai qu'on doit regarder comme incompiet
et insuffisant un systeme de Mecanique ou le principe de la conservation de
F^nergie est pass6 sous silence.
« Notre systeme, conclut Hertz, embrasse, il est vrai, tous les mouvements
naturels. mais il en embrasse en m£me temps beaucoup d^autres qui ne sont
pas naturels. Un systeme qui exclura une partie de ces mouvements, sera plus
conforme & la nature des choses et constituera par consequent un progres. »
Tel sera, par exemple, le systeme energ^tique dont nous parlerons plus loin et
238 LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
dans lequelle principe fondamental de la conservation de l'£nergie s'introduit
tout naturellement.
Peut-etre ne comprendra-t-on pas tres bien ce qui emp£che d'annexer tout
simplement ce principe foadamental auxautres principes du systeme classique.
Mais Hertz se pose encore une aulre question :
Le sjsteme classique nous donne une image du monde ext^rieur. Cette image
est-elle simple ? y a-t-on £pargne les trails parasites, introduits arbitrairement
a cot6 des traits essentiels? Les forces que nous sommes conduits a introduire
ne sont-elles pas de v^ritables rouages inutiles, tournant a vide?
Sur cette table repose un morceau de fer; un observateur non prevenu
croira que: puisqu'il n'y a pas de mouvement, il n'y a pas de force. Gombien
il se tromperait ! La Physique nous enseigne que chaque atome du fer est attire
par tous les autres atonies de 1'Uuivers. De plus, chaque atome du fer est
magn^tique et par consequent soumis a Faction de tousles aimants de 1'Univers.
Tous les courants 6lectriques du monde agissent aussi sur cet atome. J'allais
oublier les forces Electros tatiques, les forces mol^culaires, etc.
Si quelques-unes de ces forces agissaient seules. leur action serait £norme;
le morceau de fer volerait en Eclats. Heureusement elles agissent toutes et elles
se contrebalancent, de sorte qu'il ne se passe rien du tout. Volre observateur
non prevenu, qui ne voit qu'une chose, un morceau de fer en repos, conclura
evidemment que toutes ces forces n'existent que dans votre imagination.
Sans doute, toutes ces suppositions n'ont rien d'absurde, mais un systeme
qui nous en d^barrasserait serait, par cela seul, meilleur que le notre.
II est impossible de n'£tre pas frappe de la port^e de cette objection. Pour
montrer, d'ailleurs^ qu'elle n'est pas purement artificielle, il me suffira de rap-
peler le souvenir d'une poUmique qui a eu lieu, il y a quelques anuses, entre
deux savants tout a fait ^minents, von Helmholtz et M. Bertrand, a propos des
actions mutu^lles des courants. M. Bertrand, cherchant a traduire dans le Ian-
gage classique la th6orie de von Helmholtz, se heurtait a des contradictions
insolubles. Chaque element du courant devait £tre sourtiis a un couple; mais
un couple se compose de deux forces paralleles, 6gales et de sens contraire.
M. Bertrand calculait que chacune de ces deux composantes devait 6tre consi-
d6rable, assez grande pour amener la destruction du fil, et il concluait au rejet
de la th^orie. Au contraire, von Helmholtz, partisan du systeme 6nerg6tique,
ne voyaitla aucune difficult^.
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 289
Ainsi, d'apres Hertz, le systeme classique doit ctre abandonne :
i° parce qu'une bonne definition de la force est impossible;
2° parce qu'il est incomplet;
. 3° parce qu'il introdait des hypotheses parasites et que ces hypotheses
peuvent engendrer souvent des difficult^ purementartificiellesetassez grandes
cependant pour arr£ter les meilleurs esprits.
II. — Systeme energetique.
1. Objections diverses. — Le systeme energetique a prisnaissancealasuite
deladecouverte du principe de la conservation de Penergie. C'estvonHelmhollz
qui lui a donne sa forme definitive.
On commence par d6finir deux quantit^s qui jouent lerole fondamental dans
cette theorie. Ces deux quantity sont : d'une part, Venergie cin&tique ou force
vive; d'autre part, V&nergie potentielle.
Tous les changements que peuvent subir les corps de la nature sont r6gis par
deux lois exp^rimentales.
i° La somme de T6nergie cin^tique et de 1'^nergie potentielle est une cons-
tante. C'est le principe de la conservation de lJ6nergie.
2° Si un systeme do corps est dans la situation A a Fepoque t0 et dans la
situation B a 1'^poque ^, il va toujours de la premiere situation a la seconde
par un chemin tel que la valeur moyenne de la difference entre les deux sortes
d'energie, dans 1'intervalle de temps qui s^pare les deux epoques f0 et tiy soit
aussi petite que possible.
C'est la le principe de Hamilton, qui est une des formes du principe de
moindre action.
La th6orie 6nerg6tique prt^sente sur la theorie classique les avantages sui-
vants :
i° Elle est moins incomplete; c'est-a-dire que les principes de la conserva-
tion de F6nergie et de Hamilton nous apprennent plus que les principes fonda-
mentaux de la theorie classique et excluent certains mouvements que la Nature
ne realise pas et qui seraient compatibles avec la th6orie classique;
2° Elle nous dispense de ThypothSse des atomes, qu'il etait presque impos-
sible d'4viter avec la theorie classique.
2^0 LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
Mais elle souleve a son tour de nouvelles difficultes; avant de parler des
objections de Hertz, j'en signale deux qui me viennent & 1'espril :
Les definitions des deux sortes d'energie souleveraient des difficultes presque
aussi grandes que celles de la force et de la masse dans le premier sjsteme.
Gependant on s'en tirerait plus facilement, au moins dans les cas les plus
simples.
Supposons un systeme isole forme d'un certain nombre de points mat^riels;
supposons que ces points soient soumis a des forces ne dependant que de leur
position relative et de leurs distances mutuelles et ind6pendantes de leurs
vitesses. En vertu du principe de la conservation de Fenergie, il devra y avoir
une fonction des forces.
Dans ce cas simple, Tenoned du principe de la conservation de Fenergie est
d'une extreme simplicite. Une certaine quantite, accessible a Fexperience, doit
demeurer constante. Cette quantite est la somme de deux termes : le premier
depend seulement de la position des points materiels et est independent de
leurs vilesses; le second est proportionnel au carr6 de ces vitesses. Celtc
decomposition ne peut se faire que d'une seule maniere.
Le premier de ces termes, que j'appellerai U, sera Fenergie potentielle; le
second, que j'appellerai T, sera Fenergie cinetique.
II est vrai que si T + U est une conslanle, il en est de m6me d'une fonction
quelconque de T + U, cp(T -+- U).
Mais cette fonction cp(T-|-U) ne sera pas la somme de deux termes, Tun
independant des vitesses, Fautre proportionnel au carre de ces vitesses. Parmi
les fonctions qui demeurent conslantes, il n'y en a qu'une qui jouisse de cette
propriete, c'est T+ U (ou une fonction lineaire de T -j- U, ce qui ne fait rien,
puisque cette fonction lineaire peut toujours £tre ramenee a T + U par un
changernent d'unite et d'origine). C'est alors ce que nous appellerons Tenergie;
cjest le premier terme que nous appellerons l'6nergie poientielle et le second
qui sera 1'energie cinetique. La definition des deux sortes d'energie peut done
etre pouss^e jusqu'au bout sans aucune ambiguite.
II en est de meme de la definition des masses. L'energie cinetique ou force
vive s'exprime tres simplement a Taide des masses et des vitesses relatives de
tous les points materiels, par rapport a Fun d'entre eux. Ces vitesses relatives
sonl accessibles a Tobservation, et, quand nous aurons Texpression de Fenergie
cinetique en fonction de ces vitesses relatives, les coefficients de cette expres-
sion nous donneront les masses.
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE 24l
Ainsi, dans ce cas simple, on pent definir les notions fondamentales sans
difficulte. Mais les difficultes reparaissent dans les cas plus compliques et, par
exemple, si les forces, au lieu de dependre seulement des distances, dependent
aussi des vitesses. Par exemple, Weber suppose que Faction mutuelle de
deux molecules electriques depend non seulement de leur distance, mais de
leur vitesse et de leur acceleration. Si les points materiels s'attiraient d'apres
une loi analogue, U dependrait de la vitesse, et il pourrait contenir un terme
proportionnel au carr£ de la vitesse.
Parmi les termes proportionnels aux carres des vitesses, Comment discerner
ceux qui proviennent de T ou de U? Comment, par consequent, distinguer les
deux parties de Fenergie?
Mais il y a plus, comment definir Fenergie elle-meme? Nous n'avons plus
aucune raison de prendro comme definition T + U plutot que toutc autrc
fonction de T + U, quand a disparu la propri6te qui caracterisait T -f- U, cclle
d'etre la somme de deux termes d'une forme parliculicre.
Mais ce n'est pas tout, il faut tenir compte^ non seulement de Fenergie
mecanique proprement dite, mais des autres formes de Fenergie, chaleur,
energie chimique, energie electrique, etc. Le principe de la conservation de
F^nergie doit s'ecrire
T -H U -4-O = const.,
ou T repr^senterait Fenergie cinetique sensible, U Fenergie polentielle de
position, dependant seulement de la position des corps, Q Fenergie interne
moleculaire, sous la forme thermique, chimique ou electrique.
Tout irait bien si ces trois termes etaient absolument distincts, si T etait
proportionnel au carr6 des vitesses, U independant de ces vilesses et de Fetat
des corps, Q independant des vitesses el des positions des corps et dependant
seulement de leur etat interne.
L'expression de Fenergie ne pourrait se decomposer que d'une seule maniere
en trois termes de cette forme.
Mais il n'en est pas ainsi; considerons des corps electrises : Fenergie elec-
tros tatique due a leur action mutuelle dependra evidemment de leur charge,
c'est-a-dire de leur etat; mais elle dependra egalement de leur position. Si ces
corps sont en mouvement, ils agiront Fun sur Fautre electrodynamiquement et
Fenergie electrodynamique dependra non seulement de leur etat et de leur
position, mais de leurs vitesses.
H. p. — vn. 3i
2^2 LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
Nous n'avons done plus aucmi mojen de faire le triage des termes qui doivent
fatre partie de T, de U et de Q et de separer les trois parties de Penergic.
Si (T + U •+• Q) est constant, il en esl de meme d'une fonction quelconque
<p(T + UH-Q).
Si T 4- U -j- Q 4tait de la forme particuliere que j'ai envisagee phis haul, il
n'en rdsulterait pas d'ambiguit^; parmi les fonctions cp(T + U + Q) qui
demeurent constantes, il n'y en aurait qu'une qui serait de cette forme parti-
culiere, et ce serail celle-la que je conviendrais d'appeler 6nergie.
Mais je Pai dit, il n'en est pas rigoureusement ainsi; parmi les fonctions
qui demeurent constantes, il n'y en a pas qui puissent rigoureusement se
meltre sous cetle forme parliculiere; des lors, comment choisir parmi ellcs celle
qui doit s'appeler Penergie? Nous n'avons plus rien qui puisse nous guider
dans notre choix.
II ne nous reste plus qu'un enonci' pour le principe de la conservation de
I'^nergie; il y a quelque chose qui demeure constant. Sous cetto forme, il se
trouve a son tour hors des atteintes de Pexp^rience et se r^duit a une sorle de
taulologie. II est clair que si le monde est gouvern^ par des lois^ il y aura des
quantitSs qui demeureront constanles. Comme les principes de Newton, et
pour une raison analogue, le principe de la conservation de P6nergie; fond6
sur Pexp^rience, ne pourrait plus etre infirm^ par elle.
Gette discussion montre qii'en passant du systeme classique au systeme
energ^tique, on a realise un progres; mais elle montre, en meme temps, que ce
progres esl insuffisant.
Une autre objection me semble encore plus grave; le principe de moindre
action est applicable aux pli^nomenes r^versibles; mais il n'est nullemeut satis-
faisant en ce qui concerne les ph^nomenes irr6versibles; la tentative de von
Helmholtz pour P^tendre a ce genre de phenomenes n'a pas r^ussietne pouvait
r^ussir; sous ce rapport tout reste a faire.
Ge sont d'autres objections, d'ordre presque m^laphysique, que Hertz deve-
loppe le plus longuement.
Si P6nergie est pour ainsi dire matdrialisee, elle devra etre toujours positive.
Or, il y a des cas ou il est difficile d'^viter la consideration de P6nergie n^ga™
tive. Gonsid^rons^ par exemple, Jupiter tournant autour du Soleil; P6nergie
totale a pour expression ap>2 • ~f- c, ou a, &; c sont trois constantes positives,
9 la vitesse de Jupiter; r sa distance au Soleil.
LES IDEES DE HERTZ SUR LA^MECANIQUE. 243
Comnie nous disposons de la constante c, nous pouvons la supposer assez
grande pour que F6nergie soil positive; il y a d6ja la quelque chose d'arbitraire
qui cheque Fesprit.
Mais, il y a plus. Imaginons, maintenant^ qu'un corps celeste d'une masse
6norme et d'une vitesse 6norme vienne a traverser le systeme solaire; quand il
aura pass6 et qu'il se sera eloigne de nouveau a d'immenses distances, les
orbites des planeles aurontsubi des perturbations considerables. Nous pouvons
imaginer, par exemple, que le grand axe de Forbite de Jupiter soil devenu
beaucoup plus petit, mais que cette orbite soit rest<§e sensiblenient circulaire.
Quelque grande que soit la constante c, si le nouveau grand axe est tres petit,
F expression ap~ — - + c sera devenue negative, el Fon verrareparaitre la diffi-
cult6 que nous avions cru 6viter en donnant a c une grande valeur.
En resum6, nous ne pouvons pas assurer que Fenergie demeurera toujours
positive.
D'autre part, pour materialiser Fenergie, il faut la localiser; pour Fenergie
cin^tique, cela est facile, mais il n'en est pas de meme pour Fenergie poten-
tielle. Od localiser Fenergie potentielle due a Fattraetion de deux astres?
Est-ce dans Fun des deux astres? Est-ce dans les deux? Est-ce dans le milieu
intermedia ire?
L76nonc<§ memo du principe de moindre action a quelque chose de choquant
pour Fesprit. Pour se reiidre d'un point a un autre, une moI6cule mat^rielle,
souslraitc a Faction de loute force, mais assujettie a se mouvoir sur une sur-
face, prendra la ligne geod^sique, c'est-a~dire le chemin le plus court.
Celte molecule semble connaitre le point ou Fon veut la mener, pr^voir le
temps qu'elle mettra a Fatteindre en suivant tel et tel chemin? et choisir ensuite
le chemin le plus convenable. L'4nonc^ nous la presente pour ainsi dire comme
un etre anime et libre. II est clair qu'il vaudrait mieux le remplacer par un
enonc^ moins choquant, et ou, comme diraient les philosophes, les causes
finales ne sembleraient pas se substituer aux causes efficientes.
2. Objection de la boule (*). — La demiere objection, qui parait fitre celle
qui a le plus frapp6 Hertz, est d'une nature un pen differente.
On sait ce qu'on appelle un systeme £ liaisons; imaginons d'abord deux
(*) Voir aux Notes, Principes de Mecanique analytigue.
244 LES ID£ES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
points reams par une tringle rigide de facon que leur distance soit maintenue
invariable ; ou, plus generalement, supposons qu'un mecanisme quelconque
maintienne une relation entre les coordonnees de deux ou plusieurs points du
systeine. C'esl la une premiere sorte de liaison qu'on appelle « liaison solide ».
Supposons raaintenant qu'une sphere soil assujeltie a rouler sur un plan. La
vitesse du point de contact doit etre nulle; nous avons done une seconde sorle
de liaison qui s'exprime par une relation non plus seulement entre les coor-
donnees des divers points du systeme, mais entre leurs coordonnees et leurs
vitesses.
Les systemes ou il y a des liaisons de la seconde sorte jouissent d'une pro-
priete curieuse que je vais chercher a expliquer sur Pexemple simple que je
viens de citer, celui d;une boule roulant sur un plan horizontal.
Soit O un point du plan horizontal et C le centre de la sphere.
Pour bien definir la situation de la sphere mobile, je prendrai trois axes de
coordonnees fixes Ox, Oy et Qz, les deux premiers situ6s dans le plan hori-
zontal sur lequel roule tla sphere; et trois axes de coordonnees invariablement
liees a la sphere Gg, Crj et C£.
La situation de la sphere sera entierement definie quand on se donnera les
deux coordonnees du point de contact et les neuf cosinus directeurs [des axes
mobiles par rapport aux axes fixes. Soit A une position de la sphere ou le point
de contact est en O a Forigine et ou les axes mobiles sont paralleles aux axes
fixes.
Les coordonnees du point de contact sont
x = o, y = o
et les neuf cosinus directeurs :
i, o, o;
o, i, o;
O, O, I.
Donnons a la sphere une rotation infmiment petite £ autour de 1'axe C^; elle
viendra dans une position B ou les coordonnees du point de contact deviennent
x = °: y = o
et les neuf cosinus :
i, o, o;
o, coss, sins;
o, — sine, cose.
Mais cette rotation est impossible puisqu'elle ferait glisser et non rouler la
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 245
sphere sur le plan. II est done impossible de passer de la position A a la posi-
tion infinimenl voisine B directement, c'est-a-dire par un mouvement infiniment
petit.
Mais nous allons voir que cc passage peut se faire indirectement, c'est-a-
dire par un mouvement fini.
Partons de la position A. Faisons rouler la sphere sur le plan de telle fagon
que Paxe instantan£ de rotation soit silu<§ dans le plan horizontal et a chaque
instant paraliele a Paxe OJK? et arrfitons-nous quand Paxe G£ sera devenu
vertical et paraliele a Oxr. Nous serons arrives dans une position D ou les
coordonn^es du point de contact seront devenues
R etant le rayon de la sphere et les neuf cosinus
o, o, — -i;
o, i, o;
-4-1, O, O.
,
Dans la position D le point de contact est a Pextr£mit6 de Paxe G? qui est
vertical.
Imprimons a la sphere une rotation e autour de Paxe G£; cette rotation est
un pivolement autour de Paxe vertical passant par le point de contact, elle ne
comporte aucun glissement, elle est done compatible avec les liaisons.
La sphere est venue alors dans une position E ou les coordonn^es de contact
sont
#*— ;;% 7 = o,
et les cosinus :
o, o, — i;
sins, coss, o;
cose, — sins, o.
Faisons maintenant rouler la sphere defa^on que Paxe instantan6 de rotation
reste constamment paraliele a Oy et, par consequent, que le contact ait toutle
temps lieu sur Paxe Oo;. Arrdtons-nous quand le point de contact sera revenua
Porigine O. II est ais£ de voir que nous sommes arrives a la position B.
On peut done aller de la position A a la position B en passant par Pinterm6-
diaire des positions D etE.
Hertz appelle holonornes les syslemes tels que, si les liaisons ne permettent
246 LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
pas de passer directement d'une certaine position a une autre infiniment voi-
sine, elles nepermettentpas non plus de passer del'une a FauLre indirectement.
Ce sont les systemes ou il n'y a que des liaisons solides.
On voit que notre sphere n'est pas un systeme holonorne.
Or, il arrive ceci que le principe de moindre action n'est pas applicable aux
systemes nonholonomes.
En effel, on peut passer de la positon A a la position B par le chemin que je
viens de dire, et sans doute par beaucoup d'aulres cliemins; parmi tons cesche-
mins il y en a ^videmment un qui correspond a une action plus petite que
tous les autres; la sphere devrait done 'pouvoir le suivre pour aller de A en B;
il n'en est rien; quelles que soient les conditions initiales du mouvement, la
sphere n'ira jamais de A en B.
II y a plus, si la sphere va effectivemenl dela position A a une autre position
A', elle ne prendra pas toujours le chemin qui correspond £ Faction minimum.
Le principe de moindre action n'est plus vrai.
« Dans ce cas, dit Hertz, une sphere qui ob&rait a ce principe, scmblerait
un etre vivaiU qui poursuivrait consciemment un but ddlermind, tandis qu'une
sphere, qui suivrait la loi de la Nature, offrirait 1'aspect d'une masse inanim^e
roulant uniform6ment... Mais, dira-t-on, de semblables liaisons n' existent pas
dans la Nature; ce pr^tendu roulement sans glissement n'est qu'un roulement
avec un petit glissement. Ce phenomene rentre dans les ph<5nomenes irr^ver-
sibles tels que le frottement, encore mal connus et auxquels nous ne savons
pas encore appliquer les vrais principes de la M6canique.
« Un roulement sans glissement, r^pondrons-nous, n'est contraire ni an
principe de PSnergie ni a aucune des lois connues de la Physique; ce ph6no-
inene peut etre r£alis4 dans le monde visible avec une telle approximation qu'on
a pu s'en servir pour construire les machines denigration les plus d&icates
(planimetres, analyseurs harmoniques, etc.). Nous n'avons aucun droit de
1'exclure comme impossible; mais le serait-il et ne pourrait-il se r^aliser
qu'approximativement que les difficult^ ne disparaitraient pas. Pour adopter
un principe, nous devons exiger qu'appliqu6 a un probleme dont les donn^es
sont approximativement exactes, il donne aussi des r£sultats approximative-
ment exacts. Et djailleurs les autres liaisons, les liaisons solides ne sont aussi
qu'approximativement nklisees dans la Nature; on ne les exclut pas cepen-
dant.., ».
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANiQUE. 247
III. — Systeme liertzien,
Voici mainteaant quel est le systeme que Hertz propose de substituer aux
deux theories qu'il critique. Cc systeme repose sur les hypotheses suivanles :
ic> II n'y aurait dans la Nature que des syslemes a liaisons, mais soustraits a
Faction de toule forte exterieure ;
2° Si certains corps nous paraissent obeir a des forces, c'esl qu'ils sont lies
a d'autres corps qui, pour nous, sont invisibles.
Un point materiel qui nous semble libre ne decrit pas cependant une trajec-
toire rectiligne; les aiiciens mecaniciens disaient qu'il s'en ecarte parce qu'il
est soumis a une force; Hertz dit qu'il s'en ecarte parce qu'il n'est pas libre,
mais lie a d'autres points invisibles.
Cette hypothese semble Strange au premier abord ; pourquoi en dehors des
corps visibles introduire des corps invisibles hypothetiques ? Mais, repond
Hertz, les deux anciennes theories sont obligees egalement de supposer en
dehors des corps visibles, je ne sais quels etres invisibles; la th£orie classique
introduit les forces, la theorie cnergetique introduit I'^nergie ; mais ces etres
invisibles, force et energie, sont d'une nature inconnue et rayst^rieuse : les gtres
hypothetiques que j'imagine sont, au ccmlraire, tout a fait de meme nature que
les corps Yisibles.
N?est»ce pas plus simple et plus naturel ?
On pourrait discuter sur ce point et soutenir que les entit^s des anciennes
theories doivent ^tre retenues pr£cis£ment a cause de leur nature myst^rieuse.
Respecter ce mysterc, c'est un aveu d'ignorance; el puisque noire ignorance
estcertaine, ne vaut41 pas mieux Favouer, que la dissimuler?
Mais passons, et voyons quel parti tire Hertz de ses hypotheses.
Les mouvements des systemes a liaisons, sans forceext^rieure, sontr4gis par
une loi unique.
Parmi les mouvements compatibles avec les liaisons } ceiui qui se r^alisera
sera celui qui sera tel que la somme des masses multiplies par le carr6 des
accelerations soit minimum.
Ce principe ^quivaut ^ celui de la moindre action sile systeme est holonome,
mais il est plus general, car.il s'applique aussi aux systemes tion holonomes.
Pour bien nous rendre compte de la port^e de ce principe, prenons un
exemple simple : celui d'un point assujetti £ se mouvoir sur une surface. Ici
2J8 LES IDEES DE HERTZ SUE LA MECANIQUE.
nous n'avons qu'un seul point materiel; ^acceleration doit done etre minimum ;
pour cela, il faut que Facc6l6ration tangentielle soit nulle; or, cette acceleration
est egale a -A 9 etant la vilesse et t le temps ; done 9 est une constante, et le
mouvement du point est uniforme; il faut, de plus, que TacccUeration normale
soit minimum; or elle est egale a — ? p etant le rayon de courbure de la trajec-
toire, ou a 3 B. etant le rayon de courbure de la section normale a la sur-
face, et cp, Tangle du plan osculateur a la trajectoire avec la normale a la
surface. -
Or la vitesse est suppos£e connue en grandeur el en direction. Done 9 et R
sont connus.
II faut done que coscp = i , c'est-a-dire que le plan osculateur soit normal a la
surface ; c'est-a-dire que le point mobile docrive une ligne g£od6sique.
Pour faire comprendre maintenant comment peut s'expliquer le mouvement
des systemes qui nous paraissent soumis a des forces, je prendrai encore un
ex.emple simple, celui du regulateur a boules. Get appareil bien connu se com-
pose d'un parallelogramme articule ABCD : les angles opposes B et D de ce
parallelogramme portent des boules dont la masse est notable ; Tangle sup4-
rieur A est fixe; Tangle inferieur C porte an anneau qui peut glisser le long
d'urie tige verticale fixe AX; tout Tappareil est anime d'un mouvement de rota-
tion rapide autour de la tige AX. A Tanneau C est suspendue une tringle T.
La force centrifuge tend a 6carter les boules et par consequent a soulever
Tanneau G etla tringle T. Cette tringle T est done soumise a une traction qui
est d'autant plus forte que la rotation est plus rapide.
Supposons maintenant un observateur qui voit seulement celte tringle et
imaginons que les boules, la tige AX, le parallelogramme, soient faits d'une
matiere invisible pour lui. Get observateur constatera la traction exercee sur la
tringle T; mais comme il ne verra pas les organes qui la produisent, il Fattri-
buera a une cause myst^rieuse, a une « force », a une attraction exerc^e par le
point A sur la tringle.
Eh bien, d'apres Hertz, toutes les fois que nous imaginons une force, nous
sommes dupes d'une illusion analogue.
Une question se pose alors : peut-on imaginer un systems articul^ qui imite
un systeme de forces, d^fini par une loi quelconque ou en approchant autant
qu'on voudra? La r6ponse doit £tre affirmative; je me contenterai de rappeler
un tWoreme de M. Koenigs qui pourrait servir de base a une demonstration.
LES IDEES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE. 2^9
Voici ce theoreme : On peut toujours imaginer un systeme articule, tel
qu'un point de ce systeme decrive une course ou line surface algtbrique
quelconque; ou, plus generalement, on peut imaginer un systeme articule
tel qu'en vertu de ses liaisons, les coordonnees des divers points du systeme
soient assujetties a des relations algebriques donnees quelconques.
Seulement. les hypotheses auxquelles on serait conduit pourraient £tre tres
compliqu^es.
Ce n'estpas d'ailleurs la premiere tentative que Ton faisait dans ce sens. II
est impossible de ne pas rapprocher les hypotheses de Hertz de la the"orie de
lord Kelvin sur Fe'lasticite' gyroslatique.
Lord Kelvin, on le sait, a cherch6 a expliquer les propriety's de Tether sans
faire intervenir aucune force. JI a me'me donn<§ une forme definitive a son
hypothese et repre"sente lather par un de ces modeles mecaniques comme les
aimenl les Anglais. Les savants anglais, satisfaits d'avoir donn^ un corps aleurs
id^es, de les avoir rendues tangibles, ne sont pas effrayes par la complication
de ces modeles ou 1'on a multipli^ les tringles, les biellcs, les coulisses, comme
dans un atelier de me'canicien.
Decrivons, pour en donner une id^e, le modele qui repr^sente Tether gyro-
statique. Lather serait form^ d'une sorte de r£seau. Chaque maille de cer^seau
est un tt^traedre. Chacune des aretes de ce t^traedre est form^e de deux tiges,
Tune pleiiie et 1'autre creuse, coulissant Tune dans Fautre; cette arete est done
extensible-, mais non flexible.
Dans chaque maille se trouve un appareil forme" de trois lignes invariable-
ment fix^es Fune a l^autre et formant un triedre trirectangle. Chacune de ces
trois tiges s'appuie sur deux des aretes oppose* es du t6traedre; enfin? chacune
d'elles porte quatre gyroscopes,
Dans le systeme quejeviens de decrire, il n'y a pas d'dnergie potentielle;
mais seulement de l?6nergie cint^tique, celle des t^traedres, et celle des gyro-
scopes. Cependant, un milieu ainsi constitue" se comporterait comme un milieu
61astique; il transmettrait des ondulations transversales absolument comme
rather,
J'ajouterai une chose encore : avec des systemes articul^s de ce genre, con-
tenant des gyroscopes, on peut non seulement imiter toutes les forces que nous
trouvons dans la Nature, mais encore en iiniter d'autres que la Nature ne sau-
rait r^aliser ; c'est pre'cis^ment la le but que lord Kelvin se proposait; il voulait
H. P. — VII. 32
250 LES IDtES DE HERTZ SUR LA MECANIQUE.
expliquer certaiaes proprieles de Tether dont les hypotheses ordinaires lui
paraissaient incapables de rendre compte.
Oa sail que Faxe du gyroscope tend a conserver une direction fixe dans
Fespaee; quand il en est £carte; il tend a y revenir comme s'il 6tait sollicit6 par
une force dmgeante. Cette force apparente qui tend a maintenir la direction du
gyroscope, n'est pas, comme les forces reelles, contrebalancf$e par une reaction
egale et contraire. Elle est done affranchie de la loi de Faction et de la reaction,
et de ses consequences telles que la loi des aires, auxquelles sont soumises les
forces naturelles.
On congoit done que Fhypothese gyrostatique, oii Fon est affranchi de cette
regie restrictive, ait rendu compte de faits que ne pouvaient expliquer les
hypotheses ordinaires qui y res tent assujetties.
Que doit-on penser, en definitive, de la th6orie de Hertz? Int&ressante a
coup sur, elle ne me satisfait pas entierement parce qu'elle fait la part trop
grande a Fhypothese.
Hertz s;est mis a Fabri de quelques-unes des objections qui Favaient tour-
ment4 ; il ne paratt pas les avoir 6cart6es toutes.
Les difficult^s que nous avons longuement discuses au d6but de cet article
pourraient se r^sumer ainsi :
On a expose les principes de la Dynamique de bien des manieres; mais
jamais on n'a suffisamment distingue ce qui est definition, ce qui est v^rite
exp^rimentale, ce qui est th^oreme math^matique. Dans le systeme hertzieny la
distinction n'est pas encore parfaiEement nette, et, de plus, un quatrieme ^1^-
nient est introduit : Fhypothese* Neanrnoins, par cela seul qu'il est nouveau,
ce mode d'exposition est utile : il nous force a r6fl6chir, a nous aflfranchir de
vieilles associations d'id^es. Nous ne pouvons pas encore voirle monument tout
entier : c'est quelque chose d'en avoir une perspective nouvelle, prise d'un
point de vue nouveau.
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULlfiRES
DU PROBLEMS DES TROIS CORPS
Comptes rendus de I* Academic des Sciences, t. 97, p. a5r-252 (23 juillet rSS3).
M. Kronecker a pre"sente a 1'Academie de Berlin, en 1869, un M6moire sur
les fonclions de plusieurs variables ; on j trouve un important th^oreme d'ou
il est aise" de de"duire le r^suliat suivant :
Soient £1, £2, . . . , %^/z.fonc lions continues de n variables x\, x%, . . . , xn \ la
variable Xi est assujettie a varier entre les limites -f-a£ et — at. Supposonsque,
poura?£ = «/, ^i soil constamment positif, etpour^ = — at constammeutn^gatif;
je dis qu'il existera un systeme de valeurs des x pour lequel lous les | s'annu-
leront.
Ge r6sultat peut s'appliquer au probleme des trois corps et montre que ce
problenie admet une infinite de solutions particulieres jouissant de proprietes
remarquables que nous aliens exposer. Nous nous reslreignons, bien entendu,
au cas oii les masses de deux des corps soiit tres pedtes.
Le mouveraent est p^riodique, cjest-a-dire que, lorsque le temps augmente
d'une p^riode cons tan le, les trois corps repreniient la m£me position relative.
A la fin d'une p^riode, les distances des trois corps repreunent leur valeur
initiate, ainsi que les vitesses relatives esiime'es soit dans la direction, du rayon
vecteur, soit dans la direction perpendiculaire. Le systeme entier a settlement
tourne^ d'un certain angle autour du centre de gravite", suppose* fixe.
Les excentricite*s sont tres petites et de Pordre des masses; mais les inclinai-
sons peuvent avoir des valeurs quelconques.
2^9- SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIEIRES.
Dans la solution particuliere envisagie, il reste encore, si les trois corps
sont assujettis a se mouvoir dansun plan, qaatre parametres arbitrages; s'ils se
meuvent dans Pespace, il en resle huiu Ainsi, dans Fun comme dans 1'autre
cas, il fautimposerquatre conditions aux Elements initiauxdu mouvementpour
que ce mouvement pr^sente celte periodicity dont nous venons de parler.
Quand nous aurons dispose arbitrairement de liuit des douze 6l£menls ini-
tiaux, notre solution particuliere ne sera pas encore completement d6termin6e.
Projetons, en effet, les deux rayons vecleurssur le plan du maximum des aires.
Apres une periode, la projection du premier rayon vecteur aura d^crit un
angle P1 la projection du second vecleur aura d^crit un angle t>-f- 2/171; nous
pouvons encore nous donner arbitrairement le nombre enlier n, apres quoi la
solution particuliere sera pa rfaite merit definie.
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES
DU PROBLEMS DES TROIS CORPS
Bulletin astro no mique, t. ], p. 60-74 (fevrier i8S4).
But de ce travail.
La solution generale du probleme des trois corps est encore a trouver, et,
hien qu?on ait, dans ces derniers temps, donne des d6veloppemenls puremenl
trigonom6triques des distances mutuelles, ces series, qni peuvent rendre des
services dans la pratique, ne sont pas thdoriquement satisfaisantes, parce que
la convergence n'en est rien moins que de*montree. II y a cependant certames
solutions particulieres pour lesquelles ces difiiculte's relatives a la convergence
n'existenl pas : ce sonl celles ou les distances mutuelles sont des fonctions
pe>iodiques du temps et que 1'on pourrait appeler solutions periodiques.
Je considere en eflfet trois masses, M, m et mf, et je suppose que les rapports
v| et -^ soient tres petits. Je suppose de plus que les deux petites masses m et
my soient rapport^es a la grande masse M, de sorte que, quand je parlerai de
la position et de la vitesse des petites masses, j'entendrai leur position et leurs
vitesses relatives par rapport a M.
Je dirai que les trois masses sont en conjonction sym^trique si leurs vitesses
sont perpendiculaires a leur plan. Dans le cas particulier ou les inclinaisons
sont nulles et ou les trois masses restent constamment dans un meme plan, je
dirai qu'elles sont en conjonction syni^trique si elles sont en ligne droite et de
fagon que leurs vitesses soient perpendiculaires a la droite qui les joint.
2Jt{ SUR CERTAINES SOLUTIONS PART1CQLIERES.
Supposons maintenant qu'a l'6poque t0 il y ait conjonction sym^trique; les
distances mutuelles des Lrois masses soront alors les monies aux temps t^-^-h et
Co— h. Supposons qu'a 1'epoque tL il y ait encore conjunction symekrique; les
distances mutuelles reprendront les inemes valeurs aux temps £1 + h et t\ — h.
Ges -distances mutuelles seront done des fonctions p^riodiques du temps avec
la p£riode 2.(t± — tQ}. Apres une periode, le syst£me se retrouve dans la meme
situation relative ; il a seulement tourne d'un certain angle dans Pespacc. Je
choisirai Porigine et 1' unite du temps de telle fagon que
= O,
et que la periode soil 271. Je prendrai pour plan des xy un plan perpendiculaire
a la fois au plan des trois corps aux deux £p"oques zdro et TT : ce sera £videm-
mentle plan du maximum des aires. Je prendrai Taxe des x dans le plan des
trois masses a Pepoque z^rq. II en r^sulte qu'a P^poque zero les longitudes de
m el T?I' sont zero, celles des p«^rih6lies zero et celle des nceuds -• Dans le cas
des inclinaisons nulles, je prendrai pour plan des xy le plan commun des
orbites et pour axe des x la droite qui joint les trois masses a l^poque z6ro*
Existe-t-il de pareilies solutions, au moins pour le cas dans lequel je me ren-
fermerai et ou deux des masses sont supposes tres petites ? Je me propose de
faire voir qu'il y en a de trois sortes :
Premiere sorte : inclinaisons nulles, excentricites tres petites;
Deuxi&me sorte : inclinaisons nulles, excentricil^s finies;
Troisieme sorte : inclinaisons finies, excentricitds tres petites.
Je ferai voir ensuite quel parti on pent en tirer.
For mule de M. Kronecker.
M. Kronecker a donn£7 dans les Monatsberichte (1869), une f°rmijl6 q^i
donne le nombre des solutions de n Equations a n inconnues qui satisfont £ des
in^galites donn^es. Nous ferons Papplication suivante de cette formule :
Solent Xi, X2, .*., X/j n fonctions continues des n variables x\, a?2j --, %n.
Sapposonsque X$ soit touj ours positif pour &i— at et toujours n&gatif pour
Xi— — a/* II existera au moins un systems de valeurs des x qui satis/era
aux in&galite$
(I)
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES. 255
et aux Equations
(a) X1 = X2 = ...=:X/,= (>.
Les Equations (2) auront done toujours une solution.
Pour faille comprendre comment on peat demontrer ce th^oreme, supposons
que nous n'ayons que deux variables x{ et x», que nous regarderons comme
les coordonn^es d'un point dans un plan. Alors les in^galites (i) signifient que
ce point est a Fint^rieur d'un certain carr6 ABCD dont les cot6s ont pour
equations
\l> : x{ = ai: CD: ^ = — ai: DC: x« — a»<> DA: ^2 = -— a-2.
La courbe X2= o part alors d'un point du cote AB pour aboutir a un point
de CD; de meme la courbe X< = o, parlant d'un point de BC pour aboutir a
un point de DA, doit forc^ment rencontrer la premiere a Finterieur du carre.
Methode generale.
On voit imm^diatement Favantage que peut presenter 1'application de ce
tli^oreme. Pour dimontrer rigoureusement que certaines Equations peuvent
^tre satisfaites, il suffit dJ6tudier le signe de certaines fonctions. Or, si les
masses sont tres petites, les signes de ces fonctions seront lesm^mes quequand
ces masses sont nulles, e'est-a-dire dans le cas du mouvement kepl^rien.
J'ai suppos4 qu'au temps z4ro les longitudes des masses et des p£rih£lies
sont nulles et celles des noeuds — • II reste comme elements initianx arbitraires
les moyens mouvements n et n] ', les eicentricitds e et efj les inclinaisons / et if.
Soient maintenant X, Y, Z? ... un certain nombre de fonctions des coor-
donn^es et des vitesses de m et de m' au temps TT. Nous prendrons trois fonc-
tions seulement pour fixer les id^es; ce seront des fonctions des Aliments
initiaux et des masses. Si les masses sont assez petites, on d^montre ais6ment
que ces fonctions peuvent -etre developp^es en series suivant les puissances
croissantes des masses, de sorte qu'on a? par exemple,
X = X(,-h Xi-hX2-f-...-hXa-i-. . .,
X,i d^signant Fensemble des term^s d?ordre n par rapport aux masses.
Consid^rons trois des 61ements initiaux comme constants et faisons varier
256 SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
les trois autres. Je suppose que Ton puisse choisir ces derniers elements de
telle fagon que
et que le determinant fonctionnel de X0? Y0, Z0 par rapport aux trois elements
variables ne soit pas nul, je dis qu'on pourra choisir ces memes ^l^ments de
fagon que
X = Y = Z =o.
En eflet, si le determinant fonclionnel en question n'est pas nul, on pourra,
en donnant aux £l6ments initiaux des valeurs voisines de celles qui annulent
X0, Y0 et ZOJ obtenir pour ces trois fonctions tous les systemes de valeurs
satisfaisant aux in6galites
XJ<#f, Y§<«£, Zg<aj5,
si a±, a-2 et a% sonl assez petits. On pourra alors considrrer X, Y et Z comme
des fonctions de X0, Y0 et Z0, et il est clair que, si les masses sont assez
petites par rapport a a4, a2j a3, on aura .
X >> o pour XQ = a\ ; X <o pour XQ = — a\,
et de merne pour Y et pour Z. C'est dire qu'on pourra appliquer le tWoreme de
M. Kronecker et que les 6l6ments initiaux pourront ^tre choisis de telle facon
que
X = Y = Z = o. c. Q. F. i).
Ge theoreme ne s'appliquerail pas si X0 etait identiquemeiit nu!3 parce
qu'alors le determinant fonctionnel serait nul; ma is dans ce cas il sufiirnit de
remplacer X0 par Xi7 qui donne alors son signe a X quand les masses sont
assez petites. Nous en verrons plus loin des exemples.
Solutions de la premiere sorte.
Supposons i et i1 mils, e et er tres petits. Soient maintenant X la difference
de longitude de m et de m/'au temps TT; Y et Z les d6riv6es, par rapport au
temps, des rayons vecteurs de in et de m! a cette meme dpoque TT.
Si Ton a
e = e'=o3 n — /z'nsij
on a
Xo = YO = Zo= o,
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES. 207
fet il est aise de voir que le determinant fonctionnel n'est pas nul. On a done,
pour des valeurs tres petites de e et de e1 ,
X = Y = Z = o.
Ges Equations signifient qu'au temps ?r les trois masses se retrouvenl en
conjonclion sym^trique : il y a done des solutions p^riodiques de la premiere
sorte; il y en a m£me une quadruple infinite. En effet, renongons momenta-
n^ment au choix d'unit^s et d'axes que nous avons fait plus haul et supposons
des unites et des axes quelconques. Nous pouvons alors choisir arbitrairement
les epoques t0 et ^ de la premiere et de la seconde conjonction sym^trique, et
les longitudes a0 et a4 de m a ces deux 6poques. On doit cependant exelure
tout choix tel que af — a0 soit multiple de TT, parce qu'alors notre determinant
fonctionnel ne serait plus nul; il ne faut meme pas que la difference entre
ai _ a0 et un multiple de TT soit de meme ordre que les masses.
II en r£sulte que les distances mutuelles des trois corps peuvent se d^ve-
lopper en series ordonn^es suivant les cosinus des multiples de t. Quant aux
coefficients de cospt, ils peuvent eux-memes ^tre ddvelopp^s en series ordon-
nees suivant les puissances croissantes des masses, et convergentes pourvu que
ces masses soient assez petites.
La difficult^ etait de d^rnontrer rigoureusement Texistence de la solution
p^riodique et d'6carter ainsi a Tavance tous les embarras que pourraient nous
causer les questions de convergence. On peut ensuile calculer les coefficients
par des approximations successives. Donnons ici la premiere approximation.
en n<§gligeant les caries des masses. Si les masses 4taient nulles, on auraitla
solution du probleme en donnant a a et a;, n et nf des valeurs convenables, et
avec des excentricitSs nulles et des longitudes zero au temps z<5ro, on aur
n — n! = i .
Posons
— -cos*= SAycosyi (/=— oo... — I, o,
"
't — 2 aar cos t a "
On trouvera, pour les coordonn^es polaires de la premiere petite masse,
H. P. - VII. 33
258 SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
p. etant un coefficient dependant des masses, et de meme pour la seconde petite
masse.
Ces formules ne s'appliquent pas au cas ou n est un nombre entier.
Solutions de la deuxieme sorte.
Supposons encore les inclinaisons nulles, mais ne supposons plus les excen-
tricit6s tres petites. Soient I, I1, w et nr' les longitudes des deux masses m et m{
et celles de leurs p6rih61ies au temps TT. Soient
X = sr — w1, Y = £ — TO, Z = l'—wr.
Ici X0 est identiquement nul; pour de petites valeurs des masses, c'est done
X4 qui donne son signe a X. II faut done d^rnontrer que Ton peut choisir les
6l6ments initiaux de telle facon que
XI=YO = ZO = O.
On peut ^videmment choisir les rnoyens mouvements n et n! de telle fa^on
que Y0 et Z0 soient mils. II s'agit maintenant de faire voir que, n et nr 6tant
d6sormais regard^s comme d£termin6s, on peut choisir e et ef de telle fagonque
(3) X^o,
Or cette Equation peut sJ4crire
mr$i.w = m SITZF',
en posant
an\l\ — e'i r71 dR , ^ r a'n' )/i — e* r* dRf .
m§iw — -- / -r or, mc>iW = -- —-, - / -7-7 »*;
e J0 de e ' J0 de1
de sorte qu'on peut ^crire
= A -f- Be -4- Ge'-H. . ., me'$iwf= A'-h We •+- G'c'-h. ..,
les seconds membres 6tant des series ordonn^es suivant les puissances de e et
de er et convergentes pour les petiies valeurs de ces quantit^s. Nous snppo-
serons d'abord que ces excentricit^s sont assez petites pour qu'il y ait conver-
gence. Cela nous suffira pour montrer la possibilite de satisfaire a F6qua-
tion (3). Si n n'est pas multiple de n — TZ/, A et A' sont nuls. Si n n'est pas
multiple de - j B, C, B;, C' se r^duisent aux termes dits s&culaires. Nous
2t
supposerons que ces conditions sont remplies, puisque notre but est seulemenl
d'^tablir la possibility de satisfaire ^ liquation (3).
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
269
Liquation (3) peut alors s'4crire
O = I
ee'[(o,i) — (1,0)] — e'~ 0,1
cp se composant de termes d'ordre plus grand que deux par rapport aux excen-
tricit^s. Si Ton considere e et e1 comme les coordonn^es d'un point dans un
plan, liquation (3) repr^sente une courbe pr6sentant un point double a Pori-
gine. Nous nous proposons de d<§montrer que cette courbe est r6elle? et, pour
cela, il nous suffit de faire voir que les tangentes au point double sont r^elles;
or ces tangentes sont donn^es par liquation
(4)
Mais on a
= o.
m
mf
Done F6quation (4) a ses coefficients extremes de signe contraire; done elle a
des racines r^elles. Done par Forigine passent deux branches r^elles de courbe
que Fon pourra suivre jusqu'a une distance jflnie de Forigine. Done T6qua-
tion (3) peut etre satrsfaite par des valeurs finies des excentricites. En r£p£tant
le raisonnement fait plus haut, on conclurait de la qu'on peut donner aux
414ments initiaux des valeurs qui annulent a la fois X, Y et Z, ce qui d^montre
Fexistence des solutions p^riodiques de la deuxieme sorte.
Le raisonnement serait en defaut si les excentricit^s dtaientinfinimentpetites
de Fordre des masses.
Solutions de la troisieme sorte.
Supposons les inclinaisons finies et les excentricites tres petites,
Soient I, lr, 0 et Q' les longitudes des deux masses et de leurs noeuds au
temps TT. Posons
Y «— A fl' V -...- 7 A i 7 _,.^.__ Jf (\r _.t.
j ~~" ' _ ' ~~" ~
Soient maintenant T et U les d£riv6es des rayons vecteurs de m et de m! par
rapport au temps, a Fepoque TT. Ici encore X0 est identiquement nul, et c'est
X4 qui donne son signe a X. Si Fon annule e et ef et si Fon choisit convenable-
ment n et nl, on aura
260 SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES.
II reste a montrer que <?, e', n et n1 etant supposes desormais determines, on
peut choisir i et i1 de facon a satisfaire a liquation X4=o. Cela est toujours
possible, car cette Equation signifie simplement que le plan des xy est le plan
invariable. On nya qu'a r4p6ter le raisonnement deja fait plus haut pour voir
que Fon peut choisir les elements initiaux de telle sorte que
ce qui d&nontre Pexistence d'une infinite de solutions periodiques de la
troisieme sorte.
Solutions de la quatrieme sorte.
II est passible qu'il existe des solutions de la quatrieme sorte, oii les excen-
tricites et les inclinaisons sont finies a la fois ; mais je n'ai pu encore demontrer
leur existence que pour certaines valeurs du rapport — -, •
Application des solutions periodiques. — II semble au premier abord que
ces solutions periodiques ne puissent Stre d'aucune utilite pratique, puisqu'elles
correspondent a des valeurs particulieres des elements initiaux, valeurs dont
la probabilite estmille, Mais, si les elements initiaux sont tres voisins de ceux
qui correspondent a une solution periodique, on pourra rapporter les positions
veritables des trois masses aux positions qu'elles occuperaient dans cette solu-
tion p£riodique et se servir, par consequent, de cette solution comme d'une
orbite interm6diaire. Appelons r, v, rr, v* les coordonnees polaires de m et
de rn! sur cet orbite inter mediaire, r -}- p, v + w, z, r1 '+ p', P'+ COA, zl les coor-
donnees semi-polaires de ces m£mes masses sur leur orbite reelle; lesquantites
p, co, 5, ... sont tres petites au moins pendant uncertain temps. Nous pourrons
alors ecrire les equations du mouvement sous la forme suivante :
R 6tant une s^rJe ordonnte suivant les puissances de p, co, ^, pr, &);, d et de
leurs deriv^es du premier ordre et dont les coefficients dependent de r, r1 et
9 — v\ et sont par consequent des fonctions periodiques du temps avec la
periode 27r. II faut y ajouter cinq Equations de m^me forme qui donnent les
i , <a?2a> d'2£ <&$> cfiv* d*zr /^ .. , , . ,
valeurs de-^-? ^-? -j^-j -g^- » -^r* ^n Peul apphquer a ces Equations les
SUR CERTAINES SOLUTIONS PARTICULIERES. 26l
methodes de M. Lindstedt et d'autres encore qui conduisent a des resultats sur
lesquels je reviendrai plus tard.
Aujourd'hui je supposerai que p, co, . . . , qui sont de Fordre des excentrlcites
et des inclinaisons, soient assez petits pour qu'on puisse n^gliger leurs carres;
les Equations se reduiront a des equations lin^aires (5) admettant pour coef-
ficients des fonclions periodiques du temps avec la p^riode 271.
L'integrale g6n^rale de liquation (5) est de la forme
p = F •+• 1&,
ou F et <£ sont des series trigonometriques. Le dernier terme est s^culaire :
mais on peut toujours choisir Vorbite interm&diaire de facon que ce terms
soit nul. Les differences p, co, £, ... sont alors exprimables par des series
trigonometriques.
Voici quelle me semble pouvoir etre rutilit^ de P6tude des Equations (5).
Dans le calcul des variations s^culaires des excentricites. on est conduit a des
Equations qui sont Iin4aires comme les Equations (5), mais ou les coefficients
sont des series trigonom^triques de plusieurs arguments (deux, dans le cas de
trois corps). Oa supprime ensuite tous les termes p&riodiques pour ne
conserver que les termes constants. II n'est pas sur qu'on ne commette pas
ainsi une erreur considerable; car, si Ton faisait Fint^gration en tenant
compte des termes p^riodiques, les approximations succcssives introduiraient
des termes a petit argument qui pourraient exercer une influence appreciable
sur la valeur de la p^riode des excentricit^s. Au contraire, en ^tudiant les
Equations (5), on ne rencontrera pas cette difficult^, puisque les coefficients
ne dependent que d'un seul argument. L'6tude de cette equation permettra
done de se rendre compte de la grandeur de Ferreur commise par la methode
ordinaire.
SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE 0)
Acta Mathematica^ t. 13, p. 1-270 (28 avril 1890).
TABLE DES MATIERES.
Pages.
INTRODUCTION 268
PREMIERE PARTIE.
GENERALITES.
GHAPJTRE I. — Proprietes generates des equations differentielles .
1 . Notations et definitions 266
2. Galcul des limites 270
3. Applications du calcul des limites aux equations aux derivees partielles 280
4. Integration des equations lineaires a coefficients periodiques , 291
CHAPITRE II. — Theorie des invariants integraux,
5. Proprietes diverses des equations de la Dynamique 295
6. Definition des invariants integraux. 3oo
7. Transformation des invariants integraux 3o8
8. Usage des invariants integraux 3i3
GHAPITRE III. — Theorie des solutions periodiques.
9. Existence des solutions periodiques 33i
10. Exposants caracteristiques 338
(J) Memoire couronne du Prix de S. M. le roi Oscar II de Suede le 21 Janvier 1889.
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS. 263
11. Solutions penodiques des equations de la Dynamique 343
12. Galcul des exposants caracteristiques 359
13. Solutions asymptotiques 3^0
14. Solutions asymptotiques des Equations de la Djnamique 379
DEUXIEME PARTIE.
EQUATIONS DE LA DYNAMIQTJE ET PROBLEME DES 71 CORPS.
CHAPITRE I. — Etude des cas ou il n'y a que deux degres de liberte.
lo. Representations geometriques diverses 3g5
CHAPITRE II. — • Etudes des surfaces asymptotiques.
16. Expose du probleme 407
17. Premiere approximation 4io
18. Deuxieme approximation 421
19. Troisieme approximation 437
CHAPITRE III. — Resultats divers.
20. Solutions periodiques du deuxieme genre 445
21. Divergence des se'ries de M. Lindstetd 462
22. Non-existence des integrates uniformes , 470
CH\PITRB IV. — Tentatives de generalisation.
23. Probleme des n corps 476
Introduction.
Le travail qui va suivre et qui a pour objet F£tude du probleme des trois
corps est un remaniement du M^moire que j'avais pr^sente an Concours pour
le prix institu6 par Sa Majest6 le Roi de Suede. Ce remaniement 6tait devenu
n^cessaire pour plusieurs raisons. Press6 par le temps, j'avais du ^noncer
quelques r6sultats sans demonstration; le lecteur n'aurait pu, a Taide des indi-
cations que je donnais, reconstituer les demonstrations qu'avec beaucoup de
peine. Pavais song^ d'abord a publier le texte primitif en Faccompagnant de
notes explicatives; mais j'avais 6t6 amen6 4 multiplier ces notes de telle sorte
que la lecture du M&rnoire serait devenue fastidieuse et p^nible.
J'ai done pr£f6r£ fondre ces notes dans le corps de FOuvrage, ce quiaFavan-
tage d'dviter quelques redites et de faire ressortir Fordre logique des idees.
Je dois beaucoup de reconnaissance £ M. Phragm^n qui non seulement a
revu les 6preuves avec beaucoup de soin, mais qui, ayant lu le M4moire avec
264 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
attention et en ayant p6n£tr£ le sens avec une grande finesse, m'a signale les
points ou des explications compl^mentaires lui sernblaient n^cessaires pour
facililer Fentiere intelligence de ma pens6e, 3e lui dois la forme Elegante que je
donne au calcul de S)n et de Tf a la fin du paragraphs 12. C'est m£me lui qui,
en appelant mon attention sur un point d^licat, m'a permis de decouvrir et de
rectifier une importante erreur,
Dans quelques-unes des additions que j'ai faites au M^moire primitif, je me
borne a rappeler certains r^sultats ddja connus; comme ces r^sultats sont
disperses dans un grand nombre de recueils el que j'en fais un frequent usage,
j'ai cru rendre service au lecteur en lui ^pargnant de fastidieuses recherches;
d'ailleurs je suis souvent conduit a appliquer ces th6or£mes sous une forme
diflferente de celle que leur auteur leur avail d'abord donn^e et il <Hait indis-
pensable de les exposer sous cette nouvelle forme. Ces th^oremes acquis, dont
quelques-uns sont meme classiques, sont d^veloppes, a c6t6 de quelques propo-
sitions nouvelles, dans le Chapitre 1 (Irc Partie).
Je suis bien loin d'avoir r^solu completement le probleme que j*ai abord<5. Je
me suis born£ a d^montrer Fexistence de certaines solutions particulieres
remarquables que j'appelle solutions p6riodiques, solutions asymptotiques, et
solutions doublement asymptotiques. J'ai ^tudi6 plus spdcialement un cas
particulier du probleme des trois corps, celui ou 1'une des masses est nulle et
ou le mouvement des deux autres est circulaire; j'ai reconnu que dans ce cas
les trois corps repasseront une infinite de fois aussi pres que Ton veut de leur
position inltiale, a moins que les conditions initiales du mouvement ne soient
exceptionnelles.
Comme on le voit, ces r^sultats ne nous apprennent que peu de chose sur le
cas general du probleme; mais ce qui pent leur donner quelque prix, e'est
qu'ils sont ^tablis avec rigueur, tandis que le probleme des trois corps ne
paraissait jusqu'ici abordable que par des methodes d'approximation successive
ou Ton faisait bon march6 de cette rigueur absolue qui est exig^e dans les
autres parties des Math^matiques.
Mais j'attirerai surtout Fattention du lecteur sur les r^sultats n^gatifs qui
sont d^veloppSs a la fin du M6moire. JJ6tablis par exemple que le probleme
des trois corps ne comporte, en dehors des integrates connues, aucuneintegrale
analytique et uniforme. Bien drautres circonstances nous font pr6voir que la
solution complete, si jamais on peut la decouvrir, exigera des instruments ana-
lytiques absolument difKrents de ceux que nous poss^dons et infiniment plus
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 265
complique"s. Plus on refl^chira sur les propositions que je d^montre plus loin,
mieux on coinprendra que ce probleme pr^sente des difficulty's inouies. que
1'insucces des efforts anterieurs avail bien fait pressentir, mais dont je crois
avoir mieux encore fait ressortir la nature ct la grandeur.
J'ai fait voir ^galement que la plupart des series employees en Me"canique
celeste et en particulier celles de M. Lindstedt qui sont les plus simples, ne
sont pas convergentes. Je serais d6sole d'avoir par la jete quelque discredit sur
les travaux de M. Lindstedt ou sur les reeherch.es plus profondes de M. Gylde"n.
Rien ne serait plus eloign£ de ma pens^e. Les me"thodes qu'ils proposent
conservent toute leur valeur pratique. On sait en effet le parti qu'on peut tirer
dans un calcul nume"rique de Femploi des series divergentes et la s^rie fameuse
de Stirling en est un exemple frappant. C'est grace a une circonstance analogue
que les deVeloppements usite's en M^canique celeste ont rendu d^ja de si grands
services et sont appel^s a en rendre de plus grands encore.
L'une des series dont je ferai usage plus loin et dontje de" montrerai d'ailleurs
la divergence, offre une grande analogic avec un dereloppement propos^ par
M. Bohlin a TAcad^mie de Stockholm le 9 mai 1888. Comme son Me*moire nja
^t4 imprime' que quelques mois plus tard, je n'en avais pas connaissance a
Fepoque de la fermeture du concours, c'est-a-dire le ier juin 1888. Je n'ai done
pas cite* le nom de M. Bohlin, je m'empresse de lui rendre ici la justice qui lui
est due. (Cf. Supplement aux Comptesrendus deVAcad&mie de Stockholm,
t. 14 et Astronomische Nachrichten, n° 2883.)
PREMIERE PARTIE.
GENERALITES.
CHAPITRE I.
PROPRIETES GEISERALES DES tQUATIONS DIFFERENTIELLES.
1. — Notations et definitions.
Considerons un systeme d'^quations differ entielles :
, N dx^ v dx*. v dxn __ v
(i) • ^=Xl>
H. p. — VIL
266 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
ou t represente la variable ind^pendante que nous appellerons le temps,
#4, x^ . . ., xn les fonctions inconnues, ou enfin X4, X2, . . ., Xrt sont des
fonctions donn^es de x^ a?2? . .., #ft. Nous supposons en g^ndral que les
fonctions Xi, X2, . . . , X7l sont analytiques et uniformes pour toutes les valeurs
r^elles de x^ x<±, ...,#„.
Si 1'on savait inl6grer les equations (i), on pourrait mettre le r^sultat de
Fint^gration sous deux formes diff6rentes; on pourrait Scrire
3o C2? • • *; Cn d^signant les constantes d'int^gration.
On pourrait ecrire encore, en r^solvant par rapport
(3)
par rapport a ces constantes
G2 = .
Pour 6viter toute confusion, nous dirons que les equations (2) representent
la solution g&n&rale des Equations (i) si les constantes C y restent arbitraires
et qu'elles representent une solution particuliere si Ton y donne aux C des
valeurs num6riques. Nous dirons d'autre part que dans les Equations (3), FI,
F2, . . ., Frt sont n integrales particulieres des Equations (i). Le sens des
mots solution et inUgrale se trouve ainsi entierement fixe.
Supposons que Ton connaisse une solution particuliere des 6quations (i) qui
s'^crira •
(4) #i
On peut se proposer d'^tudier les solutions particulieres de (i) qui different
peu de la solution (4)* Pour cela posons
et prenons pour nouvelles fonctions inconnues £1? ^2, . . ., %n. Si la solution que
Ton veut 4tudier differe peu de la solution (4), les £ sont tres petits et nous en
pouvons n6gliger les carr^s. Les Equations (i) deviennent alors, en n^gligeant
les puissances sup^rieures des £ :
»TT
Dans les d^riv^es ^-^5 les quantit^s xiy x^ . . ., #n doivent ^tre remplac^es
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAM1QUE. 267
par cpi(j), ?a(0, • • *? 9/i(0» ^e sorte <Iue ces d<§riv£es peuvent etre regardees
cormne des fonctions connues du temps.
Les Equations (5) s'appelleront les equations aux variations des Equa-
tions (i). On voit que les Equations aux variations sont lineaires.
Les Equations (i) sont dues canoniques lorsque les variables x sont en
nonabre pair n = 2/?, se rSpartissant en deux series rri, #3, . . . , xp^ r1; jo, . . .,
yp, et que les Equations (i) peuvent s^crire
dxl dF dyi dF
W=d^t' "dT^-d^t (z = i,2,...,/>).
Elles ont alors la forme des equations de la Dynamique et nous dirons, a
I'exemple des Anglais, que le systeme d76quations (6) comporte p degrcs de
liber te.
On sait que ce systeme (6) admet une integrale dile des forces vives :
F = const, et que si 1'on en connait p — i autres, on peut consid&rer les
Equations canoniques comme completement int^gr^es.
Consid^rons en particulier le cas de n = 3; nous pourrons alors regarder^,
^?2 6t x$ comme les coordonn£es d'un point P dans Pespace. Les Equations
d6finissent alors la vitesse de ce point P en fonction de sescoordonn^es, Consi-
d^rons une solution particuliere des Equations (i)
Lorsque nous ferons varier le temps £, le point P d^crira une certaine courbe
dans Pespace; nous Fappellerons une trajectoire. A chaque solution particu-
li^re des equations (i) correspond done une trajectoire et r^ciproquement.
Si les fonctions X4, X2 et X3 sont uniformes, par chaque point de Tespace
passe une trajectoire et une seule. II n'y a d7 exception que si Tune de ces trois
fonctions devient infinie ou si elles s'annulent toutes les irois. Les points ou ces
cas d'exception se pr^senteraient s'appelleraient/?om^ singuliers*
Consid^rons une courbe gauche quelconque. Par chacun des points de cette
courbe passe une trajecloire; Pensemble de ces trajectoires constitue une
surface que j'appellerai surf ace- trajectoire.
Comme deux trajecloires ne peuvent se couper sinon en un point singulier,
une surf ace- trajectoire qui ne passe en aucun point singulier ne peut £lre
couple par aucune trajectoire.
2$8 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Nous aurons frequemment dans la suite a nous occuper de la question de la
stability. II y aura stabilite si les trois quantites x^ #2, a?3 restent inferieures a
certaines limites quand le temps t varie depuis — oo jusqu'a + 00; ou en
d'autres termes, si la trajectoire du point P reste tout entiere dans une region
limitee de 1'espace.
Supposons qu'il existe une surface-trajectoire ferm^e S; cette surface parta-
gera 1'espace en deux regions, Tune interieure, Pautre extcrieure, et aucune
trajectoire ne pourra passer d'une de ces regions dans 1'autre. Si done la
position initiale du point P est dans la region interieure, ce point y restera
eternellement; sa trajectoire sera tout entiere a Fint6rieur de S. II y aura done
stability.
Ainsi la question de stability se ramene a la recherche des surfaces trajec-
toires ferrates.
On peut varier ce mode de representation g^om^trique; supposons par
exemple que Ton pose
^2, £3), ^2= 4*2 (-Slj ^2, ^3), ^?a= ^(^Ij ^2, -3s),
Jes ip 6tant des fonctions de & qui sont uniformes pour toutes les valeurs r^elles
des z. Nous pourrons consider non plus a?1? o?2, #3, mais z, , ^2, zz comme les
coordonn^es d'un point dans Pespace. Quand on connaitra la position de ce
point, on connaitra ^, ^2, z* el par consequent ^, ^2, o?8. Tout ce que nous
avons dit plus haut reste exact.
II suffit meme que les trois fonctions ^ restent uniformes dans un certain
domaine, pourvu qu'on ne sorte pas de ce domaine.
Si n > 3, ce mode de representation ne peut plus £tre employe en general, a
moins qu'onne se risigne a envisager Pespace a plus de trois dimensions. II est
pourtant un cas ou la difficulte peut £tre tournee.
Supposons par exemple que n = 4 et qu'on connaisse une des integrales des
equations (i). Soit
(7) FOI? a:,, a?8, a?*) == G
cette integrale. Nous regarderons la constante d'integration C comme une
donnee de la question. Nous pourrons alors tirer de liquation (7) une des
quatre quantites x^ x<>, %^ #4 en fonction des trois autres, ou bien encore
trouver trois variables auxiliaires z4, z^ *3 telles qu'en faisant
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 269
on satisfasse a Pequation (7) quelles que soient les valeurs de z^ z^ ^3. II
arrivera souvent qu'on pourra choisir ces variables auxiliaires z de fagon que
les quatre fonctions fy soient uniformes, sinon pour toutes les valeurs r^elles
des z, au moins dans un domaine d'ou on n'aura pas a sortir.
On pourra alors repr^senter la situation du systeme par un point dont les
coordonn6es dans Pespace seront z±, z<> et £3.
Supposons par exemple que Pon ait des Equations canoniques avec deux
degres de liberte :
dxj __• d¥ dx-2 __ dF
dt """" dy\ * dt ~~" dy^ '
^l _ f^ *-lyi dF
dt dXi dt y/iC'a
Nous aurons quatre variables #1, #2i yi, y%, mais ces variables seront li^es
par liquation des forces vives : F= C, de sorte que si nous regardons la
constante des forces vives C comme connue, il n'y aura plus que trois
variables ind^pendantes et que la representation g6ometrique sera possible.
Nous distinguerons parmi les variables #4, x%, . . . } xn: les variables lineaires
et les variables angulaires. II pourra arriver que les fonctions Xi, X2, ..., Xn
soient toutes periodiques par rapport a Pune des variables xi et ne changent
pas quand cette variable augmente de 271. La variable xt et celles qui jouisseat
de la mdme propriete seront alors angulaires; IBS aulres seront lineaires.
Je dirai que la situation du systeme n'a pas change si toutes les variables
angulaires ont augmente d'un multiple de 27?, et si toutes les variables lineaires
ont repris leurs valeurs primitives.
Nous adopterons alors un mode de representation tel que le point represen-
tatif P revienne au m£me point de Pespace quand une ou plusieurs des variables
angulaires aura augmente de 271. Nous en verrons des exemples dans la suite,
Parini les solutions particulieres des equations (i), nous distinguerons les
solutions periodiques. Soil
une solution particnliere des Equations (i). Supposons qu'il existe une
quantite h telle que
quand Xi est une variable Im^aire et
A) = «p/(«) -i- 2&« (k etant entier)
270 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
quand xi est une variable angulaire. Nous dirons alors que la solution consi-
d^r^e est periodique et que h est la p^riode.
Si Ton adopte un mode de representation g'£om£trique tel que le point
repr^sentatif reste le meme quand une des variables angula ires augmente de 2 TT,
toute solution p6riodique sera repr6sent£e par une trajectoire ferm^e.
2. — Galcul des limites.
L'une des plus belles d^couvertes de Cauchy (C. R. Acad. Sc., U; p, 1020),
quoiqu'elle ail 616 peut-etre peu remarquSe de son temps, est celle qu'il a
appel^e le calcul des limites et a laquelle nous conserverons ce nom, quelque
mal justifi^ qu'il puisse ^tre.
Gonsid^rons un systeme d^quations difF6rentielles
(I) g =/,(-, 7^), g -/,(., y,*).
Si /i et/2 peuvem ^tre d^veloppes suivant les puissances croissantes de x, y
et £, ces Equations admettront une solution de la forme suivante :
9t et cp2 6iant des series d£velopp£es suivant les puissances croissantes de x et
s'annulant avec a?.
Pour le d6montrer, Cauchy remplace les deux fonctions /4 et /2 par une
expression de la forme
„, . M
en ohoisissant M, a, (3, y de fagon que chaque terme de /' ait un plus grand
coefficient (en valeur absolue) que le terme correspondant de f± et de /2. En
remplagant ainsi/* et /2 par/, on augmente les coefficients de ?i et de 92 et
comme ces deux series sont convergentes apr£s ce changement, elles devaient
Fetre egalement avant ce changement.
Tel est le principe fondamental du calcul des limites dont Cauchy a fait
d'ailleurs beaucoup d'autres applications et que plusieurs g6ometres ont nota-
blement perfectionn^ depuis.
Le plus grand de ces perfectionnements est du a M. Weierstrass qui a
remplac6 la fonction/(^, j, z] de Cauchy par une autre plus simple qui peut
jouer le meme role.
ET LES AQUATIONS DE LA 0YNAMIQUE. 271
Ecrivons les Equations (i) sous la forme
Rernplagons-y ensuite/, /i et/2 par la fonclioa de M. Weiers trass :
elles deviendront
/x dx dy dz
^' ~di = ~di = ~dt = i — (
Les Equations (if) sont satisfaites formellement par des series
developp^es suivant les puissances croissantes de t et s'annulant avec t.
De meme les Equations (2') seront satisfaites par des series
* = ?'(0, r = 9'i(0, * = <P«(0
d^velopp^es suivant les puissances croissantes de t et s'annulant avec t. [On
voit facilement d'ailleurs que cp'(£) = o't (i) = (p7, (i).]
Si M et a sont convenabloment choisis, les coefficients des series ^'sont plus
grands quo ceux des series o; or les series ®! convergent; done les series o>
convergent 6galement. c. Q. F. D.
Je n'insiste pas sur ces demonstrations qui sont devenues tout a fait
classiques et qui se trouvent d£velopp6es dans tous les traites un peu complets
d^Analyse, par exemple dans le Cours cP Analyse de M. Jordan (t. 3, p. 87).
Mais on peut aller plus loin.
TH&OREME I. — Imaginons que les fonctions /i et f*> dependent , non
settlement de &, y, et ^, mats d/un certain parametre arbitraire p. et
qu' elles puissent se developper suivant les puissances croissantes de x^ y, z
et JJL. Ecrivons alors les Equations (i) sous la forme
On peut trouver trois series
y =
satis/assent formellement aux Equations (i^), qui soient d&velopp&es
suivant les puissances croissantes de t, de p. et de trois constantes
272 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
gration XQ, jo? ^o et qui enfin se reduisent respectivement a XQ, jo et z&
pour t = o>
Je dis que ces series convergent pourvu que t, p., ^0? Jo et z$ soient
suffisamment petits.
En effet remplagons/, f\ et/2 par la fonction
M
Gette fonction /' peut £tre d^veloppee suivant les puissances de x, y, z et /A.
On peut prendre M, a et (3 assez grands pour que chaque terme de/; soit plus
grand que le terme correspondant de/", de/i et de/2-
Nous obtiendrons ainsi les Equations
tr clx dy ^_ dz _ M
'2 ^ S == S ^ 5^" = (i— ^)[i — a(a?*
On peat trouver trois series
3?= o'(^5 ^ a?0, Jo, -So), Y = 9i(^» H-> ^o, Jo, *o), - = 92(^3 H-j ^o, Jo,
d^velopp^es suivant les puissances de Z, p., ^r0; JKoj ^o? satisfaisant aux equa-
tions (2") et se r^duisant respectivement a ^0? Jo, ^o pour t = o.
En raisonnant corame le faisait Gauchy, on d^montrerait que chaque terme
des series op' est plus grand que le terme correspondant des series 9. Or les
s6ries tf convergent, si t, p: J50, y(] et ZQ sont assez petits. Done les series 9
convergent egalement. c. Q. F. D.
On peut tirer de l£ diverses consequences.
II. — Nous venons de voir que x, y et s peuvent etre d£velopp^s
suivant les puissances de t, JUL, XQ yQ et ZQ pourvu que ces cinq variables,
' y compris £, soient suffisamment petites.
Je dis que x, yet z pourront encore e,tre developpees suivant les 'puissances
des quatre variables p., a?0, yG, et ZQ quelque grand que soit t pourvu que
les quatre variables /JL, XQ, y0j et z$ soient assez petites (£).
11 y a toutefois un cas d'exception sur lequel je reviendrai.
En effet nous trouvons d'abord trois series
Jo? -so), J = <pi(*9 ^ ^o, Jo? ^o)7 z = 9s(<, JA, #0, Jo
Fo/r aux Notes, Siries.
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 27-3
qui defmissent x, y el z pour les valeurs suffisamment petites de jx, &0, y0, ^0,
et quand 1 1\ < p, p <kant le rayon de convergence de ces series. Si done ^ est
un point int^rieur au cercle de convergence et si xi9 y^ et ^ sont les valeurs
de#, y el z pour t = £1? onvoit que a?1? j^ el ^ sontdes fonctions holomorphes
de p., #o, jKo et #0, c'est-a-dire developpables suivant les puissances de ces
variables si elles sont assez petites.
Soient ensuite &{, y\ et z\ les valeurs de #, , y^ et *4 pour
Cela pos6, on aura dans le voisinage du point t = t ,
(3)
Les series cp', y\ et cp'2, tout a fait analogues aux series o, QI el cp2, sont d^finies
comme il suit.
Elles satisfont aux equations diOferentielles ; elles sont developpees suivant
les puissances de t — t±, p, x± — x\^ y{ — y\ et z\ — z\ ; elles se r^duisent &x\,
y\ et Zi pour t = t±.
Elles convergeront si /JL, a?4 — #J, y,\ — yl, z\ — z\ sont assez petits et si
j t — ti | < pi, p^ ^tant le rayon du nouveau cercle de convergence d.
Si t est un point interieur ^ ce nouveau cercle de convergence d, on voit
que 3;, y et z seront fonctions holomorphes de p., #?4 — 3?5j.X<i — JKi et -^i — *?•
Mais x± — a?J, j^i — yj, ^-i — ^J sont d£ja fonctions holomorphes dep., a?0? JKo? -^o-
Done, pour" tout point t int^rieur au cercle d, les trois quantil^s 57, y'ei z
sont des fonctions holomorphes de p,, XQ, yQ z$ d^veloppables selon les
puissances de ces variables si elles sont assez petites.
Supposons maintenant que le point C soit ext6rieur au cercle d, le th^oreme
sera encore vrai; il est clair en effet qu7il suffit pour le d^montrer pour une
valeur quelconque de £, de r6p£ler le raisonnement pr^c6dent un nombre
suffisant de fois, pourvu que les rayons pi? p2, -. . . des cercles de convergence
envisages successivement restent sup^rieurs a une quantity donn£e.
Gette convergence sera d^ailleurs uniforme pour toute valeur de t inKrieure
a ^o> quelque grand que soit £0.
On ne serait arret£ que dans un cas.
Le th6or£me de Cauchy cesse d'etre vrai si les fonctions /j et/2 ne sont plus
H. P. — VIT. 35
2^4. SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
holomorphes en #, y, s; par exemple si elles deviennent infinies, ou cessent
d'etre uniformes.
Si Ton ne peut pas d6velopper les fonctions/, /i el/a suivant les puissances
croissantes de (Jt, de #— #J,/ — JK?? z — z\, il n'existera pas en g£n6ral trois
series <p', <p't et <p'9 de la forme (3) satisfaisant aux Equations diff^rentielles.
On dit alors que le point
x^x\, y = r?, * = *?
est un point singulier.
Si done, en faisant varier £, on voyait le point mobile (#, y, s) passer par un
point singulier, notre theoreme serait en d^faut. Si t variant depuis t=o
jusqu'a t = tQ, le point mobile (x, y, z} ne passe par aucun point singulier, le
rayon de convergence de la serie de Gauchy ne pourra s'annuler et 1'on pourra
lui assigner une limite infdrieure, de sorte que les trois fonctions x, y, s seront
d^veloppables suivant les puissances de p.? ^rc; jKoj -^o pour toute valeur de t
inf6rieure a <f0- Mais si pour t — tQ, le point (x, y, z} se confond avec un point
singulier, le theoreme cessera d'etre vrai pour les valeurs de t superieures a f0.
Notre theoreme comporte done un cas d'exception. Mais ce cas ne se
pr^sentera pas dans le probleme des trois corps el nous n'avons pas & nous en
inquirer. Soient en effet (^, y<, 3{], (x%, y*, s2)? (j?3, y-Aj z<±] les coordonn^es
des trois corps, r2s, ri3, /^2 leurs distances mutu elles, mi? /n2 et m% leurs
masses. Les Equations du probleme seront de la forme suivante :
d^ x i _ m-2 ( #2 — # i )
Le second membre de cette equation ne pourrait cesser d'etre holomorphe
en x\, yi, %i, x^ y^ z^ ^:}, ja, ^3 que si 1'une des trois distances r2s, /'is, J\z
venait 4 s'annuler, c^est-a-dire si deux corps venaient a se choquer. Or nous
n'appliquerons jamais notre theoreme que quand on sera certain qu'un pareil
choc ne peut se produire,
Le m6me resultat peut encore etre ^tabli djune autre maniere. Reprenons les
Equations
dx £ dy , . . dz „ . ^
•ji =*f(B*y, *> ?*), -^ = M*,y, *, p), ~jt =Mx,y> *, n)-
Les fonctions y, /t, f^ pourront en g^n^ral ^tre d^velopp^es suivant les puis-
sances croissantes de x — a;0, y — yQl z — soj p. — JULO pour les valeurs de x, y,
z et p. suffisamment voisines de 3?0j JKo? so et JJLO. S'il existe un systeme de
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 276
valeurs de ^0, y0, £0, f*o pour lequel cela n'ait pas lieu, je dirai que ce systeme
de valeurs est un des points singuliers de nos Equations dififerentielles.
Gela pos6, ces equations admettront une solution telle que x, y et z
s'annulent avec ?; et cette solution dependra manifestement de p. Soit
cette solution. II r^sulte de la definition rn£me de cette solution que Fon a,
quel que soit f/. :
0)1(0, fj.) = 0)2(0, JJL) = 0)3(0, ui) = o.
Dans la plupart des applications, on pourra effectuer I'int^gration pour p = o,
de telle sorte que les f one lions &><(£, o), 032(£, o), co3(j, o) seront connues. Je
suppose que, pour aucune des valeurs de t comprises entre z6ro et £±, le
systeme de valeurs GH(£, o), coa(£7 o), &)3(£, o), o ne soit un point singulier de
nos Equations diflferentielles.
Pour employer un langage incorrect; mais commode, je dirai que la solution
particuliere
^=^=0)1(^0)3 y~ o)S(*, o), ^
ne passe par aucun point singulier.
Si cela n'avait pas lieu, nous nous trouverions dans le cas d'exceplion dont
j'ai parl^ plus haul.
Si au contraire, cela a lieu, ce que je supposerai, je dis que les expressions
&u(£i> f*)? w2(^i, /x), co3(^i, ^) sont des fonctions de fx d^veloppables suivant
les puissances croissantes de cette variable.
Posons en eflfet
f, o), J = YI + w2(^ o), * = £-f-a)3(£, o),
les Equations difFdrentielles deviendront
(4) f = o(?5 ^ ?, «, ^)>
II r^sulte de Fhypothese que nous avons faite que pour toutes les valeurs
de t comprises entre z<3ro et £1? les fonctions 9, cp., et 92 peuvent etre d6velopp6es
suivant les puissances de £, f], C et fx, les coefficients du d6veloppement etant
des fonctions du temps.
J'observe de plus que pour ^ = 0, les Equations diff^rentielles doivent £tre
satisfaites pour
276 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
cs qui veut dire que 9, 91 et 93 s'annulent quand p., %, YJ, £ s'annulent a la fois.
On pourra alors trouver deux nombres positifs M et a lels que, pour toutes
les valeurs de£ comprises entre z£ro eUi, chaque coefficient du developpement
de <f, <pi ou 92 sutvant les puissances croissantes de £, 73, £ et p. soil plus petit
en valeur absolue que le coefficient correspondant du developpement
de - ,1*" r|H" I*~ • ou a fortiori que le coefficient correspondant du
I — a(£ -4- T\ -+- ^ -+- tji) ^ T- r
developpement de
Comparons done les Equations (4) aux suivantes :
/ r N ^ flfy <^C , / ,. v N
(5) ^ = ^=-=^(1^,?^).
La solution des ^qualions (4)7 qui est telle que ^ yj el £ s'annulent a la fois
pour £ = o, s'^crit
g = 0)i(«5 fl)— (D,(«, O), 7) = (02(J, [JL) — 0)2(^ 0), S = 0)3 (/, p,)— W3(«, 0).
D'un aulre cot6 les Equations (5) admettent une solution
5 = 7l==? = a)'(r,fx)
telle que £, r), ? s'annulent avec t.
En raisonnant comme Fa fait Gauchy, on verrait que si w'(£, /a) est d6velop-
pable suivant les puissances croissantes de /*, il doit en etre de m^me de
<0i(«, fx) — co^^ o), wa(^ p.) — wa(^ o); co3(^; p.) — co3(^ o), et que cliaque
coefficient du developpement de ces trois dernieres fonctions est plus petit en
valeur absolue que le coefficient correspondant de w;(^ p); au moins pour
toutes les valeurs de t telles que o <C t < (4 . Or les Equations (5) sont faciles a
int^grer el Pon v^rifie ais^ment que co'(i, p) peut se d^velopper suivant les
puissances de p. Done £, ?j et ^ sont ^galement d^veloppables suivant les
puissances de /JE. pourvu que o <C t<i ti. c. Q. F. D.
TH^OREME III. — Cela pos£, soit
x, ^o,ro5 *o), r = ^2(^5 fx, ^o, Jo, *o3) - = w3(^7 fx, #0, J'o, ?o)
solutions de nos Equations diff&rentielles , qui est telle que
X~XQ, y~yo> ^ = ^0
pour£ = o.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 277
Co nsidero ns les fo nctio ns
Wi(*i-hT, p., a?0, J% -^o), ^(^-i-T, JJL, 570, JO, ^0), <03(*i-hT3 (Jt, ^0, Jo, *<>)•
/£ rfw qu'elles sont developpables suivant les puissances de /x, a?0, y0, ^0 e£ T
pourvu que ces quantites soient suffisamment petites .
Posons en eiBFet
Nos Equations deviendront
dx'
Ces Equations contiennent cinq parametres arbitraires, a savoir JJL, ^o? J'o? ^o? r-
Consid^rons done la solution de ces equations qui est telle que &T} yf, z'
s'annulent avec tl r; soil
a?'= co'jO?', p., a?o,ro»5o,T), y= a)'2(/', p, a?o, J'o,*o,'0, -/== ^3(^9 t!J-> ^o3 J'o, ^o, T),
II resulte de ce que nous venons de voir que si Ton fait £;= t^ les expressions
coX^ij !^5 ^o, J'o, ^o, T), to;2(^, fx? ^7o, Jo, -So, "0, ^3(^15 taa ^oj J'oj ^u, ")
sont developpables suivant les puissances de f/., a?0j J^oj 5o et r- Mais il est
manifeste que 1'on a
1
(6) S ^(Zi, JJL, 3?0j J''0j #0j t) = t02(jfi-HT, fJ., ^o, J/'o, ^OJj
Done les seconds membres des Equations (6) sont 6galement d^veloppables
suivant les puissances de p., j?0, j^0^ ^o 6t T. c. Q. F. D.
THEOREMS IV. — Gaucby a tire du calcul des limites un autre th^oreme
d'une extreme importance.
Voici quel est ce th^oreme :
Sf Von a n + p quantites yiy y%* . . . , y^ &* 3 ^2? • • - ? XP entre lesquelles
ont lieu n relations
(7)
278 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
si les f sont developpables suivant les puissances des x et des y et
s'annulent avec ces n +p variables;
si enfin le determinant fonctionnel des f par rapport aux y n'est pas
nul quand les x et les y s 'annulent a la fois;
on pourra tirer des equations (7) les n inconnues y sous la forme de
series developpees suivant les puissances croissantes de x±, a?2j . . . , xp.
Consid^rons en efFet #4 comme la seule variable ind^pendante, #2, 073, ..., xp
comrae des parametres arbitrages, nous pourrons remplacer les Equations (7)
par les n equations differentielles : ,
...
^ ' dyi d&i dy* dxL dyn dx^
Nous sommes ainsi ramen^ au cas dont nous venons de nous occuper.
En parlieulier sif(y, Xi, x*, . . ., xn} est une fonction d^veloppable suivant
les puissances de y, x±, x2, . . ., xn\ si quand les x et y s'annulent a la fois,
on a
si enfin y est d^fini par F6galit6 f=o, y sera d6veloppable suivant les
puissances de x.
II nous resterait a examiner ce qui se passe quand le determinant fonclionnel
des y par rapport aux y est nul. Gette question a fait Pobjet de recherches
nombreuses sur lesquelles je ne puis insister ici, mais au premier rang
desquelles il convient de citer les travaux de M. Puiseux sur les racines
des equations alg^briques. J'ai eu moi-m£me Foccasion de m'occuper de
recherches analogues dans la premiere partie de ma These inaugurate (Paris,
Gauthier-Villars, 1879) (1). Je me bornerai done a ^noncer les theoremes
suivants, en me bornant a renvoyer pour les demonstrations, soit aux traites
classiques, soit a ma these.
THEOREMS V. — Soit y une fonction de x d&finie par I 'equation
(9) /O, a?) = o,
ou f est developpable sui9ant les puissances de x et de y.
C1) OEuvres de H. Poincare, t. I, p. IL.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 279
Je suppose que pour x=y =o, f s'annule ainsi que ^ ^p ...,^^/,
dmf ' "
mais que -r-^ ne s'annule pas.
II existera m series de la forme suivante :
\_ 2 3
(10) y = a±xn H-as^n- a3#*-H.. .
(ou 7i est un entier positif et ou a<7 a2 ... sont des coefficients constants) qui
satisferont a liquation (9).
GOROLLAIRE L — Si la scrie (ro) satis fait a liquation (9) Hen est de merne
de la serie
y =
ou a est une racine /ii6me de
COROLLAIRE II. — Z/£ nombre des series de la forme (10) developpees
i_
suivant le$ puissances de xn (sans pouvoir etre developpees suivant les
i
puissances de #^? jt> <C n) e,?£ divisible par n*
COROLLAIRE III. — Si k^n^ est le nombre des series (10) ddveloppables
L
suivant les puissances de #% $i k±n± est le nombre des series (10) develop-
JL
pables suivant les puissances de xn*, ..., j« A},^ ^f le nombre des series (10)
JL
d£veloppables suivant les puissances de xnp, on aura
ki /ii -j- ^2 n2 -+- . . . -f- ^/» /i/> = /n?
d'ou Ton conclut que sz m €^f impair, Vun au mains des nombresn^ 7i2, . . *
np est aussi impair.
TH&OREME VI. — Si Von a les Equations
^ premiers membres sont developpables suivant les puissances des y
et de x et s'annulent avec ces variables, on pourra toujours £liminer entre
ces Equations y^ y^ . . . , yp et arriver it une Equation unique f(y\ , &) = o
de m&me forme que V equation (9) du th&oreme pr&c6dent*
280 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
II n'y aurait d'exception que si les Equations (i i) cessaient d'etre distinctes.
COJROLLAIRE DES THEOREMEs V ET VI. — Le theoreme IV s'applique toutes
les fois que le determinant fonctionnel des f ri*est pas nul, c'est-a-dire
toutes les fois que quand les x s'annulent, les Equations
(7) /1S=/S=5. .. = /„=<>
admettent
ri = j'2 = .. . = yn=o
comme une solution simple.
II resulte des theoremes V el Viet de leurs corollaires £nonc6splus hautque
le theoreme IV est encore vrai si cette solution est multiple, pourvu que
Vordre de multiplicite soit impair.
4b
3, — Applications du calcul des limites aux equations
atoc deriv^es partielles.
Catichy avail d6ja appliqu^ le proc^de du calcul des limites aux Equations
aux d£riv6es partielles. Mme Kowalevski a consid^rablement simplify la
demonstration de Cauchy et a donn6 au theoreme sa forme definitive.
Voici en quoi consiste le th6oreme de Mme Kowalevski (Journal de Crelle,
t. 80).
Consid^rons un systeme d'equations aux d6rivees partielles d<5fmissant
n inconnues z^ ^2, . . . , Zn en fonction de p variables ind^pendanles.
Supposons que ce systeme s'^crive
^ ^ ^ I dzi dzj \
(*) dxi \ lj 2' *"'3 />> dx^ dx^ ' ^^ ''
5*-g^ ^ / . dzi dzi dzi
v CJ^l n \ lj Sj • • - 3 • p j ^^ 5 ^^ ? • J j^l '
/ij/2? - • -,//i ^tant d^veloppds suivant les puissances de ^1? ^r27 . . . , xp et des
^
^— «M (« prendles valeurs i, 2, ..., n; A- les valeurs 2. 3, . . . ,p; enfmlesa^
sontdes constantes quelconques).
Soit maintenant
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 281
n fonctions donn^es quelconques, developpees suivant les puissances crois-
santes de a?2, #3) . . . , xp et telles que
dtyt
-—=xik p0llr ^2= ^3
Ilexiste n fonctions
developpables suivant les puissances de x±) x*} . . . , xp^ qui satisferont aux
Equations (i) et qui se reduiront respectivement a ^i, ^2? • ••? tynpour Xi= o.
JJai moi-meme cherch^ a etondre les r^sultats obtenus par Mme Kowalevski
(These inaugurate (<), Paris, Gauthier-Villars, 1879) etj'ai <§tudi^ en detail les
cas que la savante mathematicienne avail laiss£s de c6t^.
Je me suis attach^ en particulier a 1'equation
, , + .„ dz _. dz _ dz
^ Xi^r+X2z^-+---+x"^ = Ai-
ou Xi, X2, . . ., Xra sont d^veloppes suivant les puissances de xiy cc*, . . . , xn\
je suppose de plus que dans le d6veloppement de Xl? X2: . . .7 Xn, il n'y ait
pas de terrne tout connu et que les termes du premier degre se r^duisent res-
pectivement a Ai^i, X2^2? . . . , "^nXni de telle sorte que
Yf d^signant une suite de termes du deuxieme degre au moins par rapport a
J'ai demontr6 qu'a certaines conditions cette Equation admet une integrate
holomorphe d6veloppable suivant les puissances de #1, a?2, . . . , xn-
Pour que cette integrale existe, il suffit :
i° que le polygone convexe qui contient les n points Xi, 7i2? . .., Xn ne
contienne pas Forigine;
2° que Ton n'ait aucune relation de la forme
/W-2 ^*-2 ~r~ • • • "~^~ fl^n ^-n ;== ^1 j
ou les m sont des entiers positifs dont la somme est plus grande que i (2).
(») QEuvres de H. Poincare^ t. I, p. IL,
(2) Dans ma these, je n'enonee pas cette restriction et je ne suppose pas que la somme des m
soit plus grande que i. II semblerait done que le theoreme est en defaut quand on a par
H, p. — VII. 36
282 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Je vais chercher a g&aeraliser le r^sullat obtenu dans ma these.
Au lieu de Fequation (2) envisageons Pequation suivante :
dz ^r dz „ dz v dz .
Nous avons encore
Xi^^a?, — Yi,
Y£ d^signant une fonction d^velopp^e suivant les puissances #l5 #2, . . . , xn el
ne comprenant que des lermes du deuxieme degr6 au moins par rapport a
ces n variables. Mais Yz- ne dependant pas seulement des #, il depend aussi de £,
de sorte que les coefficients du d^veloppement de Y, suivant les puissances
des x sont des fonctions de t. Nous supposerons que ce sont des fonclions
pdriodiques de t de periode 2 TT d6velopp£es suivant les sinus et cosinus des
multiples de t.
Je me propose de chercher dans quel cas liquation (3) adnaeltra une int6-
grale holomorphe d6veloppee suivant les puissances de x^ a?2, . . ., xn et telle
que les coefficients du d&veloppement soient des fonctions p^riodiques de t.
Voyons d'abord quelle va etre la forme de Yz-. Nous allons d^velopper Y*
suivant les puissances croissantes de a?i, x^ . .., xn\ consid^rons le terme
en x^x^f . . . a£».
Le coefficient de ce terme etant une fonction p^riodique de t pourra se d^ve-
lopper suivant les sinus et cosinus des multiples de t, ou ce qui revient au
meme suivant les puissances positives et negatives de e^~*.
Nous pourrons done £crire
Les G sont des coefficients constants; [3 est un entier positif ou n^gatif;
a2, . . . , an sont des entiers positifs lels que
. 2.
exemple X2~ Xr II n'en est rien. Si Ton avait
certains coefficients du developpement prendraient la forme — et deviendraient infinis. C'est
pour cette raison que nous avons dii supposer qu'une pareille relation n'a pas lieu. Si Ton avait
au contraire X2= \ certains coefficients prendraient la forme -•
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 283
J'^crirai aussi quelquefois en supprimant les indices
Yz-= S G e&
Posons niaintenant
Y{ = S|C|
el envisageons liquation suivante :
Dans cette Equation ~ n'entre plus; nous pouvons done regarder t comme
un paramelre arbitraire et o?1} a?2, . . . , xn cornme les seules variables ind6-
pendantes. Si done les quantit<§s X'17 X'2, . .'., \'n satisfont aux conditions que
nous avons 4nonc6es plus haul, Pequation (4) [qui est de m£me forme que
liquation (2)] admettra une integrate holomorphe.
Nous supposerons
V _ 1 ' _ *i /
/vl — A 2 -- . .= A/z.
Nous supposerons de plus X't rcSel et positif.
Gela pos6, soit
(5) ^=SAli.aioc2,.an^V/=I^^...^
une serie satisfaisant formellement a liquation (3). Comment pourra-t-on
calculer les coefficients A par recurrence ?
En <5crivant Fequation (3) sous la forme
dz . dz dz . __ dz ,, dz ^ dz
-ft -f- Xia?!-, -- h.-.-HXaarn-^ -- Xi^ == Yt ~ -- h Y2~7 -- H...-H Y^-,—
«& «^?i <^/z ^i <:/^2 «ar«
et en identifiant les deux membres, on trouve
A.g.a1a,...B|1[p VC^-^Xia1-hX2a3-h...-|-X7Za72>™X1]=== P[G, A],
P[C^ A] 4tant un polynome entier a coefficients positifs par rapport aux C et
aux coefficients A d^ja calculus.
Soit main tenant
(6) *= SAp.a^..^^^^^^..,^"
une s^rie satisfaisant a liquation (4). Pour calculer les coefficients A' nous
^crirons liquation (4) sous la forme
. v dz .-, dz __. «£s
X^ Z = Y'j ^ -- h Y'2 -= -- h . . . -f- Y'B -p- -
A n
284 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
En identifiant les deux membres, nous trouverons
Xi x2 + ...+ A'nxn- \\ ] = P [ | G |, A'].
P [ | C |, A'] ne differe de P [C, A] que parce que les G sont remplac^s par leurs
modules et les A par les A7.
Les V £lant r6els posilifs ainsi que les coefficients du polynome P, les A'
seront ainsi reels et positifs.
Pour que 1'on ait ensuite
I Ap.jtys. ,an | < Aip.ataa...a»j
il suffit que 1'on ail toujours
\\ oil •+• A 2 a2 -+• . . . -h XJZ otfi — 5/i < | fi y — I •+- Xi «i -4- AS a-2 -h - . . -H A// a« — Xi I
ou
(7) A', <
(3 ^/H
(«l — I) -f- oto-H. . . -h«n
Si 1'on a choisi ^ de fagon a satisfaire a I'inegalit^ (7), on aura done
Or la s^rie (6) converge, done il en sera de m£me de la s6rie (5).
Ainsi done pour que la s6rie (5) converge, il suffit qu'on puisse trouver une
quantity positive A^ satisfaisant £ Pin6galit4 (7) pour toutes les valeurs entieres
et positives des <x, etpour toutes les vaieurs enlieres positives et negatives de(3.
Commen^ons par remarquer que le second membre de l'in£galit£ (7) est
toujours plus grand que
II suffira done que ^ soit plus petit que 1? expression (8), Or cette expres-
sion (8) est le module d'une certaine quantity imaginaire repr6sent£e par un
certain point G, Or il est ais6 de voir que ce point G n'est autre chose que le
centre de gravitS des n-\-2, masses suivantes :
i° n masses £gales respectivement a oel5 «a, . . . , an et situ^es respectivement
aux points A1? >27 - - »? ^;
2° une masse '6gale a |(3| et situ^e soit au point +\/ — i soit au point
— \J — i ;
3° une masse ^gale a — i situ^e au point 5^.
Toutes ces masses sont positives a Fexception de la derniere.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 285
II faut chercher la condition pour que la distance OG soit toujours supe-
rieure a une certaine limite \\.
Gomposons d'abord les n + 1 premieres masses; nous obtiendrons une
masse
M = a ! -h a2 -h . . . -+• an -4- | p | .
situ£e en un certain point G' et cornme ces n -j- i premieres masses sont posi-
tives, le point G7 sera situ6 a Fint^rieur de Fun ou de Fautre des deux
polygones convexes qui enveloppent, le premier les n + i points : AI, /2, ...? ~kn
et H- y/ — i , et le second les n •+- 1 points : A£ 7 A2; . . . , l/t et — y/ — i .
Si aucun de ces polygones convexes ne contient Forigine, on pourra assigner
a la distance OG; une limite inferieure JJL et 6crire OG'>/j..
II reste a composer la masse M situ6e en Gr et la masse — i situ£e en }H .
On obtiendra ainsi une masse M — i silu^e en G. On aura ^videmment
OG>OG'— GG': GG'= ^™ < °^ -f- .9^ ,
d'oii
06>oor{^-s^r>,^-^7.
Si done
3VI > — • -
Fin^galite
(9) OG>J
sera satisfaite.
II n'y a done qu'un nombre fmi de combinaisons des nombres entiers :
af, a%, . . . , <xn, (3 pour lesquelles Fin^galit^ (9) pourrait ne pas etre satisfaite.
Si pour aucune de ces combinaisons OG n'est nul, nous serons certain de
pouvoir assigner a OG une limite inferieure A*.
Nous sommes done conduit a la regie suivante :
Pour que liquation (3) admette une integrale developpable suivant les
puissances des x et p£riodique par rapport a t, il suffit :
i° qu } aucun des deux polygones convexes circonscrits, le premier aux
points ~ki, X3, . . . , \ji et +\/ — i, le second aux points 3ti, i2, . . . , >n et
— y/ — 17 ne contienne Vorigine,
286 SUR LE PROBLfeME DES TROIS CORPS
2° qu!il rfy ait entre les quantit&s A aucune relation de la forme
p /^7-f- oti\i-h asX2-H. ..-+- a«X«=s Xi?
fe.? a ^ara£ entiers positifs et (3 entier positif ou negatif.
G'est la une generalisation du th^oreme demontr^ dans ma These, Or de ce
theoreme ddcoulaient un certain nombre de consequences. Vojons si Ton
pourra en tirer de semblables du th£oreme generalise.
Nous allons pour cela suivre absolument la meme marche que dans la these
citee.
Considerons liquation
clz _, dz v dz
XT _, v
(10) -7- -hXi-y -- hX2~; -- h. . .-hXW"-y - = 0,
v J dt dxi dx* dxn
obtenue en supprimant le second inembre de 1'equation (3).
Consid^rons en outre Pequation
,0. dz v dz v dz dz
(3) -j- -f-Xi-y -- hX2-7 -- h.-.H-Xn-i - = Xi5
^ y dt dx± dx*. dxn
et Toquation
dz ^ dz ^ dz v dz
Si les X satisfont aux conditions que nous venons d'^noncer, liquation (3)
admettra une integrate z = Ti; ou T1 est ordonn6 suivant les puissances des x
et p^riodique par rapport a t.
De meme liquation (i i) admettra une integrate z = T2, oii T2 est de meme
forme que TV
L _ J_
On en conclut que liquation (10) admet une integrate particuliere T^T2 \
Comme onpeutdans le second membrede (S)remplacer successivement A1 z
parX2^) X:}^, . ..; Xns et qu?on obtient ainsi/i — i Equations analogues a liqua-
tion (n), on peut conclure que liquation (10) admet n — i int^grales parti-
J__JL i_.Ji _i_Ji
culieres T^T2 \ T^T3 >k% _ ., T^T7i x% ou T3? T3; . . ., Tn sont de meme
forme que T4 .
Pour avoir Tint^grale g£nt5rale de (io)? il faudrait posseder encore une 7iifemc
int6grale particuliere. Pour cela considerons liquation
f ^ dz v dz _. dz
(I2) s-f-x'as;-*-"i-x"s;'a"-
Gette Equation admettra comme int^grale particuliere >s = e!f.
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 287
Nous en conclarons que liquation (i o) admet conime integrates particulieres
T4 e~Al*? Tae~A*', . . ., Tne~A^, de sorte que Fint£grale generate de cette Equa-
tion (10) sera
s = fonction arbitraire de (Ti e-M, T2 e-V, . . . , Tn e~A^).
En d'autres termes les equations differentielles
(10') rf*=^i=$i=...= ^
Aj. A-2 X/Z
admeltront cornme integrate generate
T! = K i A', T2 = K, « V, . . . , T« = K* « *»',
KL|, K2, . . . , K/i etant n constantes d'integralion.
Ce theoreme peut etre regarde comme la generalisation de celui que j'ai
demontre a la page 70 de ma These.
Supposons maintenant que nous cherchions a determiner les p premieres
variables x a savoir x±, x%, . . . , xp en fonction des n — p autres a savoir Xp+i*
Xp±.%, - . . , Xn et de t, a Paide des equations suivantes :
=— • -- y,+ - ^^ -r- -- . . . ~ n -T—
at ' dxp-^i ^ dxp+* docn
Utr CLXn^ \ CtiX 'n_|_O CLX ' fi
II est aise de voir que I'iiitegrale generale des equations (i3) s'ecrira
(i4) ?i ^ 9s = • - •= 9/» == °?
<pi? ^25 •••? ?^ reprdsentant p fonctions arbitraires de Ti e"~Xl/, T2 e~**£y ...,
Prenons en particulier
Les equations (i4) s'ecriront
Des equations (i4;) on pourra tirer x^ x*, . -., xp en fonction de #>.M,
^+27 . . ., 5?/i et ^ et Pon verra que ce sont des fonctions holomorphes par
rapport a Xp+*9 ^/>+2j - • • > $n et periodiques par rapport a t.
288 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Done les Equations (i3) admettenl une solution d^veloppable suivant les
puissances croissantes de xp+^ #,+3, . . • , *?/i el suivantles sinus et cosinus des
multiples de t.
Ce ih^oreme est demontre quand les A satisfont aux conditions enonc6es
plus haut; voyons comment on pourra Ptkendre aux cas ou ces conditions ne
sont pas remplies. Je suivrai pour cela la meme marche que dans la IVe Partie
de mes recherches surles courbes definies par les Equations differentielles
( Journal de Liouville, 4C s^rie, t. 2, p. 1 56-107) (!).
Proposons-nous de calculer les coefficients de I'int6grale holomorphe des
Aquations (i3) (a supposor que cette integrate exisle) el a cet effet 6crivons ces
equations (i3) sous la forme suivante :
dXp^\ rt>E /J-+-2 tf&ri
Soil
une quelconque des fonctions Y1? Y2, . . ., Yrt, ainsi que nous Pavons suppos6
plus haut, et proposons-nous de calculer les p fonctions x^ ^2, . . . , xp sous
la forme
*=5A,.M,_ia,ri...«,*'?v^^
Pour calculer les coefficients A par recurrence, substituons les series (10)
dans les Equations (iS7) et identiiions les deux membres. Nous aurons pour
calculer Ai.^.ap+1...an liquation suivante :
-+ «wXn-- X,-) = P [G, (— G'), A],
1>[C, ( _ G'), A] 6tant un polynome entier a coefficients positifs par rapport
aux coefficients C de Y^, Y^a, . . . , Yn, 'aux coefficients G^ de Y£ changes de
signe et aux coefficients A deja calculus.
Pour qu'aucun des coefficients A ne devienne infini nous devons done
supposer qu'il n'y ait entre les X aucune relation de la forme
— Aj= O,
ou les a soient entiers positifs et (3 entier positif ou negatif.
OEuvres de H. Poincare, t. I, p. 172.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 289
Cela pose soit A' une quantite positive que nous determinerons plus comple-
tement dans la suite.
Soit ensuite
Y'i = S [ Q.pj.aia2...an €* $ v ~l x^ xt>~ . , . x^n pour i =/> -4- 1, p -— 2, . . ., /i
et
Yf = _ S | C/.p.y1aa...aI,|e/P^-l.'??i1^f»...a?SB pour z=i, 2, . .. /?.
Formons les Equations
(l3") \' Xp+i ^ X- h X'^77-K2 J'1 h. • .H- //#n 'rf — A'U1/
CLXp^-i ClXp-^^ CiXn
-y/ ^/.^lf ,r/ «^?/ _?./ <r/!a;/
Cherchons a satisfaire aux equations (i3/7) a 1'aide des series de la forme
suivante :
Les coefficients B nous seront donnas par les Equations suivantes :
.a^2^...-f.an-l)] = P[|Gi, |G'|, B],
ou P[|C , Cj, B] differe de P[C, (—CO, A] en ce que les coefficients C et
— C; y sont remplac^s par leurs modules, et les coefficients A par les B corres-
pondants.
On en conclut que tous les B sont positifs et que chaque B est plus grand
que le module du A correspondant.
II suffit pour cela d?une seule condition, c'est que
)/a?+l -+- a^.2 -H ...-»-«„ — i< i / — I •+• a+
Si cette condition est remplie chacun des termes de la serie (i5) sera plus
petit que le terme correspondant de la s^rie (io;) et comme cette derniere
converge, la s^rie (i5) convergera ^galement.
II suffit pour cela que Ton puisse trouver une quantite positive N assez petite
pour que Ton ait toujours
-4-
c'est-a-dire; d'apres ce que nous avon.s vu plus haut? qu'aucun des den^poly-
gones convenes circonscrits, le premier aux points X^+1, A^^2? — , An et H- \j — 1?
le second aux points Xp^, Ap+2, . . . , A^ et — \/ — i, ne contienne 1'origine.
H. P. — VIT. 07
ago SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Si done aucun de ces deux polygones convexes ne contient Vorigine, s'il
ri*y a entre les X aucune relation de la forme ( 16), les equations (i3) admel-
tront une integrate particuliere de la forme suivante :
fes 03 e£a/U developpables suivant les puissances de xp+i, &p^, . . , , xn et les
sinus et cositius des multiples de t.
Cela pose, envisageons les equations
f ,,N 7, dx± dx* dxn
( 10") ^ =—- = —-=...=: — - •
JV] yv.2 -^«
Ges equations sont de mdme forme que les Aquations (10^) ; la seule difK-
rence, c'est que les A n'ont pas des valeurs qui salisfont aux conditions suffi-
santes 6nonc6es plus haut pour que liquation (i 3) ait une integrate holomorphe.
Nous allons nous proposer de trouver non pas la solution g^n^rale des
equations (io/;): mais une solution contenant n — p constantes arbitraires,
Parmi les equations (10"), je considere en particulier les suivantes :
(17)
J'ecris en outre les Equations
(18) jfi=(Dl(x/t+lt asp+zj ...,^/v, 0 (i, a, ...,/?),
les q?i ^tanl les integrates holomorplies des equations (i3) definies plus liaut.
II est Evident que si x\,^ x%, . . . , xa sont /ifonctions de t qui satisfoiit aux
Equations (1^7) et ( i8)? elles satisferont 6galement aux. equations (iof/).
Dans les Equations (17) substituons a la place de $±, #2, ...,^/; leurs
valeurs (18), ces Equations deviendront
- —
. . . , Z/i ^tant des series doveloppees suivant les puissances de
#^+2, • - • • sen, dont tousles termes sont du deuxieme degr6 au moins et dontles
coefficients sont des fonctions p6riodiques de t.
Ges Equations (19) soul de la m£me forme que les Equations ( TO;); lenr inte-
grate g&i&rale sera done de la forrne suivante :
, . . . , Tn = Kn e'*<,
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 29 1
ou KPHI, . . . , K7l sont des constantes d'int^gration, ou TJ,+ 13 . . . . T^ sont des
series d<§velopp£es suivant les puissances des x et les sinus et cosinus des
multiples de £.
Les Equations
(20) Tz = o (i= i, 2, .. , p), T;,= K7<sV (g = p + i,p + 2, ..., n),
nous donnent done une integrate des Equations (10") dependant des n — p
constantes arbitraires K^, Kp+a, .... Krt.
Pour obtenir cette integrate sous forme explicate, il faut resoudre ces Equa-
tions (20) par rapporl a x^ x*. . . . , xn ; on trouve ainsi
l7 ..,, Kn),
les 9 etantdes series developp^es suivant les puissances de
. . . , K.ne^nt et suivant les sinus et cosinus des 'multiples de 2.
Ges series sont convergentes, pourvu qu'aucun des deux polygones convenes
circonscrits, le premier aux points V^i, X^^a, . . , , Xn et +\/ — i, et le second
aux points ^+1, X/;+2, . . . , >.„ eL — \/ — i, ne contienne Forigine et qu'il n'y ait
entre les A aucune relation de la forme ( 16).
Cette demonstration fait ressortir 1'analogie de ce th^oreme avec ceux que
j'ai ^nonc^s dans ma These et en particulier avec celui-ci :
Dans le voisinage d7un point singulier, les solutions d'une Equation differen-
lielle sont d6veloppables suivant les puissances de i, /Al, t*~, . . , , £>n.
J'avais d'abord demontr^ ce th^oreme (que j'ai ensuile raLiach6 aux idees
g^n^rales qui ont inspir^ ma These) par une voie assez diflferente dans le
45e Cahier du Journal de VEcole Polytechnique (*) et M. Picardy avait &l£
conduit independamment par d'autres considerations (C. R. AcacL Sc^ 1878).
^. — Integration des equations lineaires a coefficients period! qries.
On sait qu'une fonction de x p^riodique et de pdriode 27r peut se d£velopper
en une s^rie de la forme suivante :
(i) /(^) = A0H-Ai cos,a7 -4- A2
-f- Bt sin x -H B;> sin ix •+• , . . -h Bn sin nx -4- . .
(l) QEuvres de H. Poincare, t. I, p. xxxvi.
2Q2
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Pai montre dans le Bulletin astronomique (novembre 1 886) ( !) que si la fonc-
lionf(x) est finie et coatinue arnsi que ses p — 2 premieres derives et si sa
(p -f- 1 )lemo deriv^e est finie, mais peut devenir discontinue en un nombre
limit^ de points, on peul trouver un nombre positif Rtel que Ton ait, quel que
soit/i,
Si /(#) est une fonction analytique, elle sera finie et continue ainsi que toutes
ses d6riv$es. On pourra done trouver un nombre K tel que
II r^sulte de la que la s6rie
converge et par consequent que la s^rie (i) est absolument et uniformthnent
convergente.
Cela pos^; consid^rons un systeme d^quations difFerentielles lin&ures :
Les ri1 coefficients 9,-.^ sont des fonctions de /: periodiques et de periode 27r.
Les Equations (2) ne changent done pas quand on change t en Z + STT. Cela
pos6, soient
7i solutions, lin^airement independantes, des Equations (2).
Les Equations ne changent pas quand on change t en t + 2 TT et les n solu-
tions deviendront
(!) OEuvres de H. Poincare, t. IV.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 298
Elles devroni done €tre des combinaisons lin^aires des n solutions (3) de
sorte qu'on aura
les A 6tant des coefficients constants.
On aura d'ailleurs de m^me (avec les memes coefficients)
Gela pos6 formons liquation en S :
(5)
A, i-S A,.s ... Alw
^S ... A2./j
"•«.!
Soit Si Tune des racines de cette Equation. D'apres la th£orie des substitu-
tions lin^aires, il existera toujours n coefficients constants Bl3 B2, . . . , B^ tels
que si Ton pose
et de mfime
on ait
et de meme
Posons
il viendra
23=) =
Cette Equation exprime que ^"ai/8t.f (?) estune fonction p6riodique que nous
pourrons developper en une s&rie trigonom^trique A^M (/).
Si les fonctions p6riodiques <?i.j((t) sont analytiques, il en sera de meme des
solutions des Equations diff&rentielles (2) et de Xi^(^), La s6rie A4.i(^) sera
done absolument et uniform^ment convergente.
De m6me e~~<Xit$i.i(t) sera une fonction p6riodique qu'on pourra repr^senter
par une s^rie trigonom^trique A,|.£(£).
294 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Nous avons done une solution particuliere des Equations (2) qui s'6crit
- A cliaque racine de Fequalion (5) correspond une solution de la forme (6).
Si Pequalion (5) a toutes ses racines dislinctes, nous aurons n solutions
de cette forme lin^airemenl ind^pendantes et la solution generate s'^crira
x* = G^^'Xj i(0 + G2e^Xa.i(0"'--'-'+-Glle3r»'Xn.I (0,
^2 = C,eai'X, a(0-+- G2eor»'X2,a(0+- • •H- Gwea»'Xw 3 (0,
Les C sonl des constantes d'intdgration, les a sont des constantes et les A soul
des series trigonometriques absolument el uniformement convergenles.
Voyons maintenant ce qui arrive quand liquation (5) a une racine double,
par exemple quand #1 = ao. Reprenons la formule (7), faisons-y
G8=Gi =...=: G« = 0
et faisons-y tendre a2 vers a4. II vient
ou en posant
il viendra
II est clair que la difference A. i(^) —
pourrons done poser
s'annulera pour ao^cd. Nous
II vient ainsi
[£(?.
G'tXuH-C',).] t —
2(2
et a la limite (pour <x?= «i);
On verrait que la limite de A;(^) pour a2= a1 est encore une s&rie trigono-
mdtrique absolument et uniformement convergence.
Ainsi 1'efFet de la presence djune racine double dans Tequation (5) a 6t6
d'introduire dans la solution des termes de la forme suivante : e
4tant une s6rie trigonom^trique.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 296
On verrail sans peine qu'ime racine triple introduirait des terrnes de la forme
(t) et ainsi de suite.
Je n'insiste pas sur tous ces points de detail. Ces resullats sont bien connus
par les travaux de MM. Floquet, Gallandreau, Brims, Stieltjes, et si j'ai donn£
ici la demonstration in. extenso pour le cas general, c'est que son extreme sim-
plicit6 me permettait de la faire en quelques mots.
CHAPITRE II.
THEORIE DES INVARIANTS INTEGRAUX.
5. — Proprietes diverses des equations de la Dynamique.
Soit F une fonction d'une double s6rie de variables : x\, ^^, . ,.: xtl]
y*2? • • • ? yn et du temps t.
Supposons que Ton ait les Equations diflferentielles :
dxf __ dF dyt __ d¥
(l) ~dt~dyt' ~dt~~~~7lxi
Considerons deux solutions infiniment voisines de ces Equations :
les | et les YJ ^tant assez petils pour que Fonpuisse n^gliger leurs carr^s.
Les ^ et les 73 satisferont alors aux Equations differentielles lin^aires
dt
qui sonl les Equations aux variations des Equations ( i ).
Soit ^ , rl, une autre solution de ces Equations lin^aires de sorte que
_
«*!'
dt
d'~¥ r\
2g6
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Mtiltiplions les equations (2) et (2') respectivement par n'h —
faisons la somme de toutes ces equations, il viendra
vj/, Hi et
t k
cPF
i k
ou
%&wi'—fad=o
i
ou enfin
( 3 ) t\'} Si — 5i Tfji -t- Va ?a — ?a "Oa H- - - - -H rf\n %n — ?« ?!« = const.
Voila une relation qui lie entre elles deux solutions quelconques des equations
lineaires (2).
II est aise de trouver d'autres relations analogues,
Considerons quatre solutions des equations (2) :
Considerons ensuite la somme des determinants :
z k
tit 'f\i
ou les indices t et k varient depuis i jusqu'a n. On v^rifierait sans peine que
cette somme est encore une constante.
Plus g6n6ralement si Ton forme a 1'aide de %p solutions des Equations (2) la
somme de determinants :
i,a2, ..., xp = i, 2, ..., 71)
cette somme sera une constante.
En particulier, le determinant forme par les valeurs des zn quanlites £ et YJ
dans 2n solutions des equations (2) sera une constante.
Ges considerations permettent de trouver une solution des equations (2)
quand on en connait une integrale et reciproquement.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 297
Supposons en effet que
soit une solution particuliere des equations (2) et d^signons par £; et yjf une
solution quelconque de ces m£mes Equations. On devra avoir
2 %i pz- — iq/az- = const. ,
ce qui sera une integrate des Equations (2).
Reciproquement soit
SA/gz-H- SB,TU' = const.
une integrate des Equations (2), on devra avoir
afczrj ^^A- "- dxt d
fc
-^1-,
'* J
d'ou enidentifiant
dt ~~
k
ce qui montre que
est une solution particuliere des Equations (2).
Si maintenant
3 yii f) = const.
est une integrale des Equations ( i ),
2r/<f> „ v1 d$
d^^ZiW^
sera une integrale des Equations (2), et par consequent
sera une solution particuliere de ces Equations.
Si ® = const., <!>!= const, sont deux integrates des Equations (i), on aura
2fd i
( - *
\dxidyL
C'est le th^oreme de Poisson.
const.
. p. — vir.
38
298 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Consid^rons le cas particulier oil les x d<Ssignent les coordonn6es rectangu-
laires do n points dans 1'espace; nous les d^signerons par la notation a double
indice x\^ x*L, x*n le premier indice serapportant aux troisaxes rectangulaires
de coordonn6es et le second indice aux ?i points materials. Soit m, la masse
du /lt'me point materiel. On aura alors
dV
5
V 6tant la fonction des forces.
On aura alors pour 1'equation des forces vrves :
v = const.
^.J 2 \ t ]
Posons ensuite
dxii
}.il=mt—.,
d'ou
et
d dykl
Soit
(5) tf*i
une solution de ces equations ( i;), une autre solution sera
h 6tant une constante quelconque.
En regardant h comme infiniment petit, on obtiendra une solution des Equa-
tions (2') qui correspondent a (V) comme les Equations (a) correspondent a (T) :
h d^signant un facteur constant tres petit que Ton peut supprimer quand onne
considere que les Equations lin^aires (2;).
Connaissant une solution
de ces Equations, on peut d^duire une int^grale
2r^ v^ ^^v.
— — >,-j-5 =
77Z jLldx
const.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 299
Mais cette mfime integrate s'obtient ires ais6menten diO<§renliant liquation des
forces vives (4).
Si les points mat^riels sont soustraits a toute action exl<§rieure? on peut
d6duire de la solution (5) une aulre solution :
h et k 6tant des constantes quelconques. En regardant ces constantes comme
infinimeut petites, on obtient deux solutions des Equations (2;) :
On obtient ainsi deux integrates de (2') :
11 = const., riu'
On peut obtenir ces integrates en difKrentiant les 6quations du mouvement
du centre de gravit^ :
S;nz^iz= ifS/u-f- const., 2y\i— const.
Si Ton fait tourner la solution (5) d'un angle co autour de 1'axe des £, on
obtient une autre solution :
x\i = ?n cos ca — 02z sin w, — = 9i/ cos co — 9^ s^n ^j
^r2z'= olf sin to H- cp2: cos ws -— = 9'1£ sinco -h s'2^cos to,
y 11 ,
#3i= ?3fj — = ?^«
En regardant co comme infiniment petit, on trouve comme solution de (27) :
d'oil Pint6grale de(2;) :
/ = const.
que Ton pouvait obtenir aussi en differential Fint^grale des aires de (
= const.
300 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Supposons maintenant que la fonction V soil homogene et de degr£ — i par
rapport aux x, ce qui est le cas de la nature.
Les Equations (i') ne changeront pas quand on multipliera t par A3, les x
par A2 et les y par A-1 , A etant une constante quelconque. De la solution (4) on
d^duira done la solution suivante :
Si Ton regarde A comme tres voisin de Funit^j on obtiendra comme solution
des Equations (a') :
ou
(6)
d'ou Fint^gralc suivante des Equations (2'), laquelle, a la difference de celles
que nous avons envisages jusqu^ici, ne peut £tre oblenue en diff^rentiant une
int6grale connue des Equations (i') :
6. — Definition des invariants integraux,
Consid^roiis un systeme d?4quations difF^ren tie lies :
^-X-
dt ~ r5
j 6tant une fonclion donnee de #< , rz?2, . . . , ^. Si Ton a
i, ^2, ...,^) = const.,
cette relation s'appelle une integrate des equations donn^es. Le premier membre
de cette relation peut s'appeler un invariant puisqu'il njest pas alt4r4 quand on
augmente les Xi d'accroissements infiniment petits dx^ compatibles avec les
Equations diff^rentielles.
Soit maintenant a?'19 x^ . . ., xn une autre solution des mernes Equations
diflferentielles, de telle fagon que Ton ait
dt
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3oi
X\ etant.une fonction form<§e avec x\, x^ ..., x'n comme X* Fetail avec x^
II pourra se faire qu/on ait entre les zn quantit^s x et x1 une relation
Le premier membre F4 pourra encore s'appeler un invariant de nos Equations
difKrentielles, mais au lieu de depend re d'une seule solution de ces Equations,
il d6pendra de deux solutions.
On peut supposer que x±^ #2? ••-. &n represented les coordonnees d'un
point dans Fespace a n dimensions et que les equations diff^rentielles donn^es
d^finissent la loi du mouvement de ce point. Si Ton considere deux solutions
de ces Equations, on aura deux points mobiles diff£rents; se mouvant d'apres
une m£me loi d^finie par nos Equations diflferentielles. L'invariant B\ sera alors
une fonction des coordonnees de ces deux points, qui dans le mouvement de
ces deux points conservera sa valeur initiale.
On pourrait ^videmment de meme, au lieu de deux points mobiles, en envi-
sager trois ou meme un plus grand nonibre.
Supposons maintenant que Ton considere une infinite de points mobiles et
que les positions initiales de ces points forment un certain arc de courbe C dans
Tespace a n dimensions*
Quand on se donne la position initiale d'un point mobile et les Equations dif-
fcrentielles qui d^finissent la loi de son mouvement, la position du point a un
instant quelconque se trouve entierement determine.
Si done nous savons que les points mobiles, en nombre infmi, forment a
Torigine des temps un arc G, nous connaitrons leurs positions a un instant t
quelconque et nous verrons que les points mobiles a Finstant t forment dans
Fespace a n dimensions un nouvel arc de courbe G'. Nous somnaes done en pr^-
sence d'un arc de courbe qui se d6place en se d^formant parce que ses diflferents
points se meuvent conforra^ment a la loi d^fmiepar les Equations diflferentielles
donates.
Supposons maintenant que dans ce d^placement et cette deformation Fir
grale suivante :
A
(ou les Y sont des fonctions donnSes des x et qui est 6tendue a tout Tare de
courbe) ne change pas de valeur. Gette integrate sera encore pour nos 6qua-
302 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
tions diff^rentielles un invariant, dependant non plus d'un, de deuxou de trois,
mais d'une infinite de points mobiles. Pour indiquer quelle en est la forme, je
Pappellerai un invariant integral.
De m£me on pourrait imaginer qu'une int^grale dela forme / ^/2 \ikdxidxk,
etendue a toul Fare de courbe, demeure invariable; ce serait encore un inva-
riant integral.
On peut imaginer £galement des invariants integraux qui soient d^fmis par
des integrates doubles ou multiples.
Imaginons qu'on considere un fluide en mouvement permanent et de telle
sorte que les trois composantes X, Y, Z de la vitesse d'nne molecule quel-
conque soient des fonctions donn^es des trois coordonn^es #, y, x de cette
molecule. Alors on pourra dire que la loi du mouvement d'une quelconque des
molecules du fluide est d^finie par les Equations difFerentielles
dx _ dy __ ^r dL _
~di~~^ ~dt~^> Tt~-L'
On sait que 1'equation aux deriv^es partielles
ftS. rfY rfc _
— — i— — — — f- — - — o
dx dy dz
exprime que le fluide est incompressible. Supposons done que les fonctions X,
Y, Z satisfassent a cette Equation et. consid^rons un ensemble de molecules
occupant a 1'origine des temps un certain volume. Les molecules se d6place~
ront, mais, en vertu de Tincompressibilite du fluide, le volume qu'elles occu-
peront demeurera invariable. En d'autres termes le volume; c?est-a-dire PinL6-
grale triple nY dx dy dz sera un invariant integral. Plus g6neralement si Ton
envisage les equations
et que Ton ait la relation
1'integrale d'ordre n : J dx± dx* . . . dxn que je continuerai a appeler le volume,
sera un invariant integral.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3o3
C'est ce qui arrivera on particulier pour les equations generates de la
Dynamique; car si Ton consicl^re ces Equations
—l — ~ ^LL
~dt ~ ~dy, ' ~dt
il est ais£ de voir quo
dfl
Mais en ce qui concerne ces equations g6n£rales de la Dynamique, il y a
outre le volume, un autre invariant integral qui nous sera encore plus utile.
Nous avons vu en effet que
S(5/7li — ?! 'Of) = const.
Cela, traduit dans notre nouveau langage. signifie que Finlegrable double
II ^ dxi dyt est un invariant integral, ainsi que je le demontrerai plus loin.
z
Pour exprimer ce r6sultat d'une autre maniere, prenons le cas du probleme
des n corps.
Nous repr^senterons la situation du systeme des n corps par la posilionde
Sn points dans un plan. Le premier point aura pour abscisse Vx du premier
corps et pour ordonn^e la projection sur Faxe des x de la quantite de mouve-
ment de ce corps; le second point aura pour abscisse My de ce meme corps el
pour ordonn^e la projection sur Faxe des y de sa quantite de mouvement et
ainsi de suite.
Imaginons une double inGnite de situations initiates du systeme. A chacnne
d'elles correspond une position de nos 3 ft points et si FonconsidereFensemble
de ces situations, on verra que ces 3ft points remplissent 3ft aires planes.
Si maintenant le systeme se d^place conform<§ment a la loi de Fattraction, les
3^ points qui representent sa situation vont aussi se ddplacer; les 3ft aires
planes que je viens de defmir vont done se deformer, mais leur somme
demeurera constant e.
Le theoreme sur la conservation du volume n'est qu'une consequence de
celui qui precede.
II y a dans le cas du probleme des n corps un autre invariant integral sur
lequel je veux atlirer Fattention.
Considdrons une simple inlinit6 de positions initiates du systeme formant un
arc de courbe dans Fespace a 6n dimensions. Soient C0 el Ci les valeurs de la
3o4 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
constanLe des forces vives aux deux extremites de cet arc. Je demontrerai plus
loin que Pexpression
yt-T-yt dxt ) H- 3 ( d — CQ)t
/
(ou Fintegrale est eteiidue a Fare de courbe tout entier et ou le temps n'entre
plus si C^ — C0) est encore un invariant integral; on pent d'ailleurs en d^duire
ais^ment les autres invariants inte^graux dont il a et6 question plus haut.
Nous dirons qu'un invariant integral est du premier ordre. du deuxieme
ordre , . . . ou du n™m° ordre selon qu'il sera une int^grale simple, double, . . .
ou d'ordre n.
Parmi les invariants int^graux nous distinguerons les invariants posit if s que
nous d^finirons comme il suit.
L'invariant integral d'ordre n : I M dx\ dx* . . , dx,i sera un invariant positif
dans un certain domaine, si M est une fonction de #1, ^2? » - •? &n qui resle
positive, finie et uniforme dans ce domaine.
II me reste a demontrer les divers resultats que je viens d'^noncer; cette
demonstration pent se faire par un calcul tres simple.
Soit
un systeme d'^quations difF^rentielles ou Xi, X2? . , . , Xn sont des fonctions de
x\^ #o, . . . , xn telles que
f . rfXi rfX2 dXn
(2) -j -- h -, -- h...-f--r - =0.
aX], dx* dxn
Soit une solution de ce systeme d'equalions dependant de n conslanles
arbitraires : a4, a2? . . . , <xn.
Cette solution s'ecrira
<Ki=yL(t9 ai, aa, ..., an),
II s'agit de demontrer que Pintegrale
J = / dxi dx« . . . dxn = /
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
3o5
dx i dx*
cLx \ ctx^
da* dv.*
dxn
dxn
PI dx*
dv.n
est une constante.
On a, en effet,
— = / — . dcci da* . , .d
dt J dt
et ~j~ = Aj -f- A2 -H . . . A,v,
A/; (Slant le determinant A dans la A*I6mc colonne duquel on a remplace -r—
- Mais on a
CJXk d~Xk
-—, ... , -- — par ~-j — -7
aao du L &
r,
> dt
dt
d'ou
dt doc\
dxn
On d^duit de la
d'ou
a =/<a
-/(
. Q. F. D.
Supposons maintenant qujau lieu de la relation (2) nous ayons
( 2' ) ^ 1 -i —t~%. _f_ . . . -f ^ 2 -— o?
dx i ctscv dXn
M etant une fonction quelconque de a?i, &*, . . . ? ^n-
Je dis que
r — /i
^J ^i x*...rxn—j
est une constante.
On a, en effet,
, P. — VIL
3o6 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
II faut montrer que
On a en effet [en vertu des equations ( i )]
et (d'apres ce que nous venons de voir) :
II vient done
#fj\l „, c/A , / <a?MXi oftYlXo f/MXn \
A ____ _+_ M — - = M 5 1 ; -+- . . . H ; ) = O. C. Q F. !
cit dt \ dx\, a&z dxn J
Passons maintenant aux Equations de la Dynamique.
Soienl les Equations
Soil une solution contenant deux constantes arbilraires a et {3 et s'6crivant
x^^t, *, p), r^^^C^ a5 P)-
Je dis que
est une constants.
II vient, en effet,
^L — C V /^l£l ^f j_ ^f dxi — dloCl d¥l — ^-^'
dt ~~J Zji \dtda, d$ dtd$ da. dt d'$ da dt da.
II vient ensuite
dt da. ^LJ dyt dx& dv. J dyt
& k
scl ^p e/2F d&k ^^ d-F dyi
k k
__ _ _
dt dx ~~ ^ dxl dxk doc ^ «a^a;z ^KA dot '
X- A
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE, 807
On conclut de la que
/ d'Xi dy\ _ dly\ f^A
\ dt da. dp dt da. dp )
dx^ d)fj , <** F fyk dyt t ^F dock dxL , cP- F <&ct dy k
dot dp dy^yk dx dp ^ dxtdxk ~d* ~d$~t~ dandy k 'W "^T
Le second membre ne change pas quand on permute a et (3, on a done
2/ ^2.£, r/r/ __ <f/".l'z rfu?f\ _
\dtctx d{l dtdcf. dp ) ~ '-
Cette egalit^ exprime que la quantitc sous le signe / dans Texpression de
-j?- est nulle et par consequent que
c. O.F. D.
II me reste a envisager le dernier des invariants integraux, qui se presente
dans le cas du probleme des n corps.
Reprenons les Equations de la Dynamique, mais en posant
F^T-hU,
T ne dependant que des y eL U des x seulement. De plus T est homogene de
degr6 2 et U homogene de degre — T .
Prenons une solution
ne dependant que d?une seule constante arbitraire a.
Consid^rons Pintegrale simple
Gi el Co etant les valeurs constantes de la fonction F aux extremes de Fare le
long duquel on integre.
II vient
di C v1 / dxi dvi dvi dxt d'y, d-xt\ /r, n .
— - = / > ( 2-7- -4^ n -- r- —r- •+- 2*#z -T-T ~J~ Vi ^ -/ d* + 3(Ci — C0)*
rf« J ^J\ dt dz dt do: dtdx "'dtdaj v
II vient
^£i _ ^ __ ^r ^/>'i _ dU
dt ~~ «^ "" d t ' oSf *~" <^Ci
dtdy.
3o8 SUR LE PROBLfeME DES TROIS CORPS
d'ou
~di
Mais en vertu du theoreme des fonctions homogenes on a
, dyi,
l dxt
d'ou
ou
~ =3 r
Or d'apres la definition de Ci et G0 on a
G0 — C, = CdV = C
- i o ^ , Q/P r x
3 - -- £- -+- 3-7 -- r- «a H- 3 ((-41 — do)
dyi dot, dscL dz J x
GO).
II vient done
dl
~j- — 0.
dt
C Q. F. D.
7, — Transfornaation des invariants integraux.
Reprenons les equations difiKrentielles
,
(i)
et supposons que 1'on ait
'
1^1
X
de telle sorte que Fint^grale d'ordre n
J = / M dx\
soil un invariant integral.
Changeons de variables en posant
* . . . dx,i
(3)
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 809
et appelons A le determinant fonctionnel des n fonctions ip par rapport aux
n variables z.
Nous aurons apres le changement de variables :
C
J=jM^,rf5s...rf3a.
Si Pinvariant J etait positif avant le changement de variables, il reslera positif
apres ce changement, pourvu que A soit toujours positif, fini et uniforme.
Comme en permutant deux des variables -s, on change le signe de A, il nous
suffira de supposer que A est toujours de meme signe ou qu'il ne s'annule
jamais. II devra de plus etre toujours fini et uniforme. Cela arrivera si le chan-
gement de variables (3) est doublement univoque, c'est-a-dire si dans le
domaine consid£r<§ les x sont fonctions uniforrnes des s et les s fonctions uni-
formes des x.
Ainsi apres un changement de variables doublement univoque, les invariants
positifs restent positifs,
Voici un cas particulier interessant :
Supposons que Ton connaisse une int&grale des Equations ( i ) :
Prenons pour variables nouvelles ^n= G djune part et d'autre partn — i autres
variables £1, z>2+ .... zn_i. II arrivera souventqu'on pourra choisir ^i,^o7 ..., zn-i
de telle sorte que ce changement de variables soil doublement univoque dans
le domaine consid6r£.
Apres le changement de variables, les Equations (i) deviendront
//N dZ\ rj dZz rf * dS/l—l rj ^Z n _
(4) --=^, -=Z^ •••> —^7"^* = Zn=0>
Z4, Z3. . .., rLfi-\ ^tant des fonctions connues de £l5 ^2, . .,, zn. Si Fon
regarde la conslante G = sn comme une donn^e de la question, les Equations
sont reduites a Fordre n — i et s^crivent
///\
(4)
les fonctions Z ne dependant plus que de &±, z^ . . . , zn~i puisque zn y a
remplac6 par sa valeur num^rique.
3lO SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS
Si les Equations (i) admettent un invariant positif / M dx± dx2 . . .dxn>
les Equations (4) admeltront egalement un invariant positif :
J = / fj. dz\ (?z«. - -'fan—I dzn.
Je dis maintenant que les Equations (4') qui sont d'ordre n — i admettent
Egalement un invariant integral positif quidevra dire d'ordre n — i.
En eflfot, dire que J esl un invariant integral c'est dire que
dz\
ou puisque Zyi est nul,
dz± ~^ dz± " ' ' dzn '
ce qui prouve que 1'int^grale d'ordre n — i : / y-dz^ dz*. . . dzllmi est un
invariant pour les Equations (40-
JusquAici nous avons fait porter les changemenls de variables sur les fonc-
tions inconnues x^ x^ . . . , x^ mais nous avons conserv6 le temps t qui est
noire variable ind^pendante. Nous allons supposer maintenanl que Ton pose
et que nous prenions t± coname nouvelle variable independante.
Les Equations (T) deviennent alors
/*\ dxt dy dt
(6) ^r=x' = X!rfr,=x^ (* = i,2, ...,.).
Si les Equations ( i ) ont un invariant integral d'ordre n : I M. dx^ dx^
on devra avoir
ce qui peut s'6crire
/clt
M -=j dx\ dx<± . . . dxn est un invariant integral pour les
Equations (5),
Pour que cette transformation puisse £tre utile. il faut que t et ^ soient li^s
de telle sorte que -— puisse £tre regard^ comme une fonction connue, finie,
continue etuniforme de#i, ^o, , . ., xn.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3ll
Supposons par exemple que nous prenions pour nouvelle variable i
pendante- :
JCn= t{.
II vient alors
flt\ v
— 77 = An
dt
el les equations (5) s'£crivent
__
dt, "" '
et elles admettent comme invariant integral :
/ MXyi dxi dx> . . . dxtl,
De m^me si nous prenons pour nouvelle variable ind^pendanle :
0 ^taut une fonction quelconque de #,,a?2, . . . , a?rt7 le nouvel invariant integral
s'^crira
II est a remarquer que la forme et la signification d'un invariant integral sont
beaucoup plus profond^ment modifies quand on change la variable ind^pen-
dante appel^e temps que quand le changeinentde variables porte seulementsur
les fonctions inconnues #i? a?a, - - -, #«, car alors les lois du mouvement du
point representatif P se trouvent completement transform^es.
Supposons 7^ = 3 et regardons x^ x^, cc* comme les coordonn^es d'un
point P dans Pespace. Liquation
representera une surface. Consid^rons une portion quelconque de cette surface
et appelons S cette portion de surface.
Je supposerai qu'en tous les points de S on a
d 6
II en r&sulte que la portion de surface S n'est tangente & aucune trajectoire.
Je dirai alors que S est une surface sans contact.
Soit P0 un point de S; par ce point passe une trajectoire. Si cette trajectoire
3I2 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
prolong<5e vient recouper S en un point P4, je dirai que Pi est le consequent
de P0. A son tour Pt peut avoir un consequent P2 que j'appellerai le second
consequent de P0 et ainsi de suite.
Si Ton considere une courbe C tracee sur S, les nl*m*g consequents des
divers points de cette courbe formeront une autre courbe C' que j'appellerai la
rclfemc consequents de G. On d^fmirait de la meme fagon I'aire qui est la n16me
cons^quente d'une aire donnee faisant partie de S.
Gela pos6, soit une portion de surface sans contact S ayant pour Equation
G = o ; soit C une courbe ferm^e tracee sur cette surface et limitant une aire A ;
soient G' et A' les premieres cons&juentes, C" et A" les /^mes cons^quentes de
C et de A.
Par chacun des points de G passe une trajectoire que je prolonge depuis sa
rencontre avec C jusqu'a sa rencontre avec C'. I /ensemble de ces trajectoires
formera une surface trajectoire T.
Je considere le volume V limite par la surface trajectoire T et par les deux
aires A et A', Supposons qu'il y aitun invariant positif
J = / M dx<L dx* dx > .
Intends cet invariant au volume V et j'^cris que ^ est nul.
Soit dco un 6l6ment de la surface S. Menons la normale a cet figment,
prenons sur cette normale une longueur infiniment petite dn. Soit 0 ~H ^^n
la valeur de 0 a Fextr6mit6 de cette longueur. Si Ton a men6 la normale dans
le sens des & croissants, on aura
— ^o
Posons
de
dn
on aura alors
--
dt
la premiere integrals etant 6tendue a 1'aire A7 et la seconde a 1'aire A,
L7int6grale / MH d& conserve la mgme valeur qu'on Intend e a Faire A, ou
& A', ou par consequent a A". G?est done un invariant integral d'une nature
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3l3
particuliere qui conserve la meme valeur pour une aire quelconque ou pour
Pune de ses cons^quentes.
Col invariant est d'ailleurs positif, car par hypo these.* M, H et par consequent
MH sont positifs.
8. — Usage des invariants integraux.
Ce qui fait Pinter£t des invariants integraux, ce sont les theoremes suivants
dont nous ferons un frequent usage.
Nous avons defini plus haut la stabilite en disant qua le point mobile P doit
resler a distance finie; on 1'entend quelquefois dans un autre sens. Pour qu'il
y ait stability il fautque le point P revienne au bout d'un temps suffisamment
long sinon a sa position initiate, du rnoins dans une position aussi voisine que
Tori veut de cette position initiate.
C'est dans ce dernier sens que Poisson entendait la stabilite. Lorsqu'il a
d<Smontr6 que, si Ton tient compte des secondes puissances des masses, les
grands axes des orbites demeurent invariables, il s'est seulement attach^ a
£tablir que les developpenients de ces grands axes en series ne contiennent que
des termes periodiques de la forme sina£ ou cosa£, ou des termes mixtes de la
forme t sina£ ou tcosat* sans contenir aucun terme s6culaire de la forme t
ou £2. Cela ne signifie pas que les grands axes ne peuvent jamais d^passer une
certaine valeur, car un terme mixle tcosat peut croitre au dela de toute
limite; cela veut dire seulement que les grands axes repasseront une infinite de
fois par leur valeur primitive.
La stability, au sens de Poisson, peut-elle appartenir a Unites les solutions ?
Poisson ne le croyait pas, car sa demonstration suppose express^ment que les
moyens mouvements ne sont pas commensurables; elle ne s'applique done pas
quelles que soient les conditions initiales du mouvement.
L'existence des solutions asymptotiques, que nous 6tablirons plus loin,
montre suffisamment que si la position initiale du point P est convenablement
choisie, ce point P ne repassera pas une infinite de fois aussi pres que 1'on
voudra de cette position initiale.
Mais je me propose d'^tablir que, dans un des cas particuliers du probleme
des trois corps, 011 peut choisir la position initiale du point P (et cela d'une
infinite de manieres), de telle fa^on que ce point P repasse une infinite de fois
aussi pres que Ton voudra de sa position initiale.
H, P. — VIL 4«
3l4 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
En d'autres lermes, il y aura une infinite de solutions particulieres du pro-
blerae qui ne jouiront pas de la stabilit^ au second sens du mot, c'est-a~dire au
sens de Poisson; mais il y en aura une infinite qui en jouiront. J'ajouterai que
les premieres peuvent etre regardees cornmc exceptionnelles et je ehercherai
plus loin a faire comprendre le sens precis que j'attache a ce mot.
Supposons 71 = 3 et imaginons que #<, ira, x^ repr^sentent les coordonn^es
d'un point P dans 1'espace.
TH£OREME 1. — Supposons que le point P reste a distance finie* et que le
volume I dxidx^dx-} sou un invariant integral; si Von considere une
region r0 quelconque, quelque petite que soit cette region, il y aura des
trajectoires qui la traverseront une infinite de fois.
En eflet le point P rostant a distance imie, ne sortira jamais d'une region
limit^e E. JPappelle V le volume de cette region R.
Imaginons maintenant une region tres petite r0? j'appelle v le volume de cette
region. Par chacun des points de 7'0 passe une trajectoire quePonpeulregarder
comme parcourue par un point mobile suivant la loi d^finie par nos Equations
diff^rentielles. Gonsid^rons done une infinite de points mobiles remplissarit au
temps z£ro la region r0 et se mouvant ensuite conformement a cette loi. Au
temps T ils rempliront une certaine region r\, au temps 2r une region /%, etc.,
au temps ni une region rn. Je puis supposer que r est assez grand et r() assez
petit pour que r(> et rA n'aient aucun point commun.
Le volume etant un invariant integral, ces diverses regions r0, /^, . . . , rn
auront m^me volume 9. Si ces regions n'avaient aucun point commun, le
volume total serait plus grand que nv\ mais d'autre part toutes ces regions sont
int6rieures a R, le volume total est done plus petit que V. Si done on a
il faut que deux au moins de nos regions aient une partie commune. Soient rp
et rq ces deux regions (q>p}. Si rp et rq ont une partie commune, il est clair
que r0 et rq~p devront avoir une partie commune.
Plus g&n6ralement, si Ton ne pouvait trouver A* regions ayant une partie
commune, aucun point de Fespace ne pourrait appartenir £ plus de A" — i des
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3l5
regions /'„, /'1? . . . , /•„. Le volume total occupe par ces regions serait done plus
grande que -7 Si done 011 a
A" — I
il faut que 1'oix pulsse irouver A* regions ayant une partie commune. Soient
rt>s ri>«i - • • 9 rpk ces regions. Alors r0, '>,-/;,? r/>-Pl<> • • • r 7W~/>t auroiat aussi une
partie commune.
Mais reprenons la question a un autre point de vue. Par analogie avec la
nomenclature du paragraphs precedent nous conviendrons de dire que la
region rn est la /ii(jme consequente de /'0 et que r() est la /ii6me antec^dente de rn.
Supposons alors que rp soit la premiere des cons6quentes successives de /*0
qui ait une partie commune avec r(). Soit r'(} cette partie commune; soit s'0 la
pi&me ant6c6dente de 7*'0 qui fera aussi partie de r(), puisque sa/?^1110 consequente
fait partie de rp.
Soit ensuite rpi la premiere des cons^quentes de r'0 qui ait une partie com-
mune avec r'0 ; soit t\ cette partie commune; sa (/?i)I6me ant^c^dente fera partie
de r0 et par consequent de r0, el sa (/?'4-/?i)I6me ant^c^dente quej'appellerai s\
fera partie de s^ et par consequent de r0.
Ainsi si fera parlie de r0 ainsi que ses /?i6nic et (p + j^)Iemc consequenles.
Et ainsi de suite.
Avec rJJ nous formerons r'l comme nous avons form^ r^ avec r'Q et r'0 avec r0 ;
nous formerons ensuite /J0V, .... r"}, ....
Je supposerai que la premiere des cons^quentes successives de r" qui ait une
partie commune avec rj, soit celle d'ordrejt?^.
J'appellerai sj Fantecedente d'ordre p +/?^ + /?2-r- * - . +pti~\ de r".
Alors s™ fera partie de r0 ainsi que ses n cons^quentes d;ordre
...5 jo -t- />i + joiH-.
De plus $0 fera partie de ^J"1, s*~l de ^~%
II y aura alors des points qui appartiendront a la fois aux regions r0, ^0,
^, . . . 7 ^o, jj+t, ____ L'ensemble de ces points fonnera une region c- qui pourra
d'ailleurs se rMuire a un ou a plusieurs points.
Alors la region a fera partie de r0 ainsi que ses consequentes d'ordre
•••» P
En d'autres termes, toute trajectoire issue d'un des points de <7 traversera
une infinite de fois la region r,,. c. Q. F. D.
3l6 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
GOROLLAIKE. — II results de ce qui precede qu'il existe une infinite de
trajectoires qui traversent une infinite de fois la region r,,/ mats il peut en
exister d'autres qui ne traversent cette region qu:un nombre fini de fois. Je
me propose maintenant d'expliquer pourquoi ces dernieres trajectoires
peuvent etre regard6es co?nme exceptionnelles.
Cette expression n'ayant par elle-ineme aucun sens precis, je suis oblige
d'abord d'en computer la definition.
Nous conviendrons de dire que la probability pour que la position initialedu
point mobile P appartienne a une certaine r6gion 7^0 est a la probability pour
que cette position iniliale appartienne a une autre region r'^ dans le meme
rapport que le volume de r0 au volume de 7-'0.
Les probability etant ainsi definies, je me propose d'etablir que la probabi-
lite pour qu'une trajectoire issue d'un point de r0 ne traverse pas cette x^gion
plus de A' fois est nulle, quelque grand que soit k et quelque petite que soit la
region TV C'est la ce que j'entends quand je dis que les trajectoires qui ne
traversent r0 qu'un nombre fini de fois sont exceplionnelles.
Je suppose que la position initiale du point P appartienne a r0 et je me
propose de calculer la probability pour que la trajectoire issue de ce point ne
traverse pas /: -+- 1 fois la region r0 depuis 1'epoque z4ro jusqu^a 1'^poque nr.
Nous avons vu que si le volume 9 de 7*0 est tel que n > - — ? on pourra trouver
A*+-i regions que j'appellerai r0, rai, raa, ..., r^ et qui auront une partie
commune. Soit sai cette partie commune, soit £0 son ant6c£dente d'ordre a;,-; et
d^signons par sp la/?I6me cons^quente de ^0«
Je dis que si la position initiale du point P appartient a s0, la trajectoire
issue de ce point traversera k + r fois au moins la region r0 entre F^poquez^ro
et l'6poque KT.
En effet, le point mobile qui d^crit cette trajectoire se trouveraal'^poquez&ro
dans la region ^Oj a Fepoque p? dans la region ^, a l^poque nr dans la
region sn. II traversera done n^cessairement, entre les <5poques zero et/ir, les
regions suivantes : s^ Sxk~xk^, S^^J;^ -••, ^-ccs, ^.-a,, ^ajb- Or je dis que toutes
ces regions font partie de r0. En effet s^ fait partie de 7^0 par definition; ^0 fait
parlie de ;*0 parce que sa {aA)I6me cons^queate s^ fait partie de rajfc, et en
general ^ax_ai fera partie de 7*0 parce que sa (a/)lfemc consequence sKl fait partie
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3 17
Done le point mobile traversera A~ + i fois au moins la region rt).
c. Q. 'F. o.
Soit maintenant GTO la porlion de r() qui n'appartient ni a s0, ni a aucune
region analogue, de telle facon que les trajectoires issues des divers points deo-0
ne traversent pas la region r0 au moins k -4- i fois entre les dpoques zero et /IT.
Soit w le volume de ov
La probabilite cherch^e, c'est~a~dire la probability pour que notre trajectoire
ne traverse pas k 4- 1 fois r0 entre ces deux epoques sera alors -•
Or par hypotbese aucune trajectoire issue de <70 ne traverse A* + i fois r0 ni
a fortiori u0 entre ces deux epoques. On a done
et notre probabilite sera plus petite que — * Quelque grand que soit A", quelque
petit que soit 9, on pourra toujours prendre n assez grand pour que cette
expression soit aussi petite que nous le voudrons. Done il y a une probabilite
nulle pour que notre trajectoire, que nous savons issue d'un point de r0,
ne traverse pas cette region plus de A* fois depuis l'£poque zero jusqu'a
--oo. c- Q- F- D-
Extension da theoreme 1. — Nous avons suppose :
i° que n = 3 ;
2° que le volume est un invariant integral;
3° que le point P est assujetti a rester a distance fmie.
Le theoreme est encore vrai si le volume n'est pas un invariant integral,
pourvu qu'il existe un invariant positif quelconquej M dx^ dx* dx*. II est
encore vrai si n > 3, s'il existe un invariant positif JIAdxi dx% - . - dxn, el
si a?4, x*y . . . , ar/l3 coordonn^es du point P dans Fespace a n dimensions, sont
assujetlies a rester finies.
Mais 11 y a plus. Supposons que a?4, a?9, . . ., a?n ne soient plus assujetties a
rester finies, mais que Finvariant integral positif JM dXi dx2 .. . dxn 4tendua
Fespace a n dimensions tout entier ait une valour 0nie. Le tbeor^me sera
encore vrai.
3l8 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Voici un cas qui se pr^sentera plus fr^quemment.
Supposons que Ton connaisse une int^grale des equations (i)
F(#i, #2, • • • i Xn) — const.
Si F = const, est Inequation gencrale d'un systeme de surfaces ferm^es dans
Pespace a n dimensions, si en d'autres termes F est une fonction uniforme qui
devient infinie quand une quelconque des variables #<, #2» , . . , gcn cesse d'etre
finie, il est clair que #i? #25 • ••? &n resteront toujours finies, puisque F
conserve une valeur constante finie; on se trouve done dans les conditions de
P^nonc^ du th^oreme.
Mais supposons que les surfaces F — const, ne soient pas ferm^es; il pourra
se faire n^anmoins que Pinvariant integral positif / M dx\ doc* . . . dxn (Hendu
a tous les systemes de valeurs des x tels que
Ci < F < G2
ait une valeur finie; le theoreme sera encore vrai.
C'est ce qui arrive en particulier dans le cas suivant.
M. Hill dans sa th^orie de la Lune an6glige dans une premiere approximation
la parallaxe du Soleil, Texcentricit^ du Soleil et Pinclinaison des orbites; il est
ainsi arrive aux equations suivantes :
dx _ , dxr _ , ,
~di~*> ~dt~'*n'y ' ~x
* ., , -3tt/2l
rfSff ""^ ' tffr
qui admettent Pint^grale
F =
et Pinvariant integral f dx dy dx! dyr.
Si Pon regarde x, y, x1 et y1 comme les coordonn^es d'un point dans Pespace
a quatre dimensions, liquation F = const, repr^sente un systeme de surfaces
qui ne sonl pas ferm^es. Mais Pinvariant integral 6tendu a tous les points
compris entre deux de ces surfaces est fini, comme nous aliens le montrer.
Le theoreme I est done encore vrai; c'est-a-dire qu'il existe des trajectoires
qui traversent une infinite de fois toute region de Pespace a quatre dimensions,
quelque petite que soit cette region.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3lQ
Soit done a calculer Tintegrale quadruple
J = / dx dy dx dr\
cette integrate £tant etendue a tous les sjstemes de valeurs tels que
G, < F < C*.
Ghangeons de variables et transformons notre integrate quadruple, en posant
x* = cos 9 y 2 /', y = sin o \A> r,
x = p cos o>, y = p sin to ;
cette integrals devient
J = / p r/p dr d<£ ^9,
et il vient d:autre part
F = r — - -- 7i'2p'- cos2o).
p 2 **
Nous devons int^grer d'abord par rapport a 9 entre les limites z£ro et 271, ce
qui doime
J = 2 x I p rfo dr d& ,
et i'integration doit ^tre etendue a tous les systemes de valeurs de p, r et &> qui
satisfont aux in^galit^s
(i) r > o, r>Gi-H-H -- 7i'2p2cos-ejL>, r < Ca-J- • •+- - /i'2pacos-co.
De ces inegalit6s on pent d6duire la suivante :
G2 -+- ^ -I -- 7l'2 p2 COS2 Q) > 0.
• — >
Regardons p et co comme les coordonnees polaires d'un point et construisons la
courbe
ix 3 ,
l — j — rift p
Nous verrons que si C2 est plus petit que — -j (g/i'f*)7 cette courbe se compose
d'une ovale ferm^e situ£e tout entiere a Fint^rieur du cercle
•V.S.
et de deux branches infinies situ^es tout entieres a Fexterieur de ce cercle.
Le lecteur fera facilement cette construction; s'il j eprouvait quelque
320 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
difficult^, je le renverrais au Memoire original de M. Hill dans le Tonie 1 de
V American Journal of Mathematics.
M. Hill conclut de la que si le point p, o> est a 1'origine des temps al'interieur
de cette ovale fermee, il y reslera toujours; que par consequent p restera
Loujours plus petit que (/ ^r-rrr Ainsi si Ton nogligeait la parallaxe du SoleiL
Y 0 Tit *"
son escentricite et les inclinaisons, il serait permis d'assigner une limite supe-
rieure au rayon vecteur de la Lune. En ce qui concerne la Lime, en effet, la
constante C2 est plus petite que (97iW-
(Test ce remarquable resultat de M. Hill que je me propose de completer en
montrant que, dans ces conditions, la Lune jouirait egalemenl de la stability an
sens de Poisson; je veux dire par la que, si les conditions initiales du mouve-
ment ne sont pas exceptionnelles, la Lune repassera une infinite de fois aussi
pres que 1'on voudra de sa position primitive. C'est pour cela, comme je 1'ai
expliqu^ plus haut, que je me propose de d^montrer que 1'integrale J est finie.
Comme p est plus petit que \/ T^ et par consequent limit£> Fint^grale
= 2-J ?
ne peut devenir infinie que si r croit indefiniment, et r ne peut devenir infini,
en vertu des inegalit^s (i). que si p s'annule.
Posons done
J = J'-hJff,
J' repr^sentant Fintdgrale ^tendue a tous les systemes de valeurs tels que
(2) r>o, p>p0, Ci<F<C2,
et F representant 1'int^grale ^tendue a tous les systemes de valeurs tels que
(3) r>o, p<p0, Ci<F<G2.
Quand les in^galites (2) sont satisfaites p ne peut s'annuler; done r ne peut
devenir infini. Done la premiere integrale J' est flnie.
Examinons maintenant 3ff. Je puis supposer que p0 a 6t6 pris assez petit
pour que
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 321
Les in6galit£s F ;> C,, p <; p^ entrainent alors r > o. Nous devons doncintegrer
par rapport a r entre les limites
K 3 H- 3
lH~ p ~*~ 5n-p-cos-w Gt 2-1- - -t--«-p-COS-o>.
II vient alors
F— erf'11 r po
JQ JQ
3" et par consequent J est done fini. c. Q. F. D.
M. Bohlin a g6n£ralis£ de la maniere suivante le r^sultat de M. Hill. Consi-
derons le cas particulier suivant du probleme des trois corps. Soit A un corps
de masse i — JJL, B un corps de masse fx et C un corps de masse infmiment
petite. Imaginons que les deux corps A et B (dont le mouvement doit etre
k6plerien, puisqu'il n'est pas trouble par la masse de C) d^crivent autour de
leur centre de gravit6 cornmun suppose fixe deuxcirconferencesconcentriques,
et que C se meuve dans le plan de ces deux circonferences. Je prendrai pour
unite de longueur la distance constante AB, de telle fa^on que les rayons de
ces deux circonfterences soient i — p. et JJL. Je supposerai que Funit6 de temps
ait (H6 choisie de telle sorte que la vitesse angulaire des deux points A et B sur
leurs eirconferences soit £gale a i (ou ce qui revient au m£me que la constante
de Gauss soit £gale a i).
Ghoisissons alors deux axes mobiles ayant leur origine au centre de gravit£
des deux masses A et B; le premier de ces axes sera la droite AB, et le second
sera perpendiculaire au premier.
Les coordonn6es de A par rapport a ces deux axes sont — p. et z^ro, celles
de B sont i — JJL et z^ro ; quant a celles de C je les appelle x et y ; j'ai alors pour
les Equations du mouvement :
dx=, dxr ^ , dV_
^y_ _ / dy' =_ / ^y
on posant
On a djailleurs
AC = (^ -h fi)2-^y2, BG = (x •
Ges Equations admettent une integrale
H. P. - VII.
322 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
et un invariant integral
J = / dx dy dxr dyr .
M. Bohlin, dans le Tome 10 des Acta Mathematica, a g£neralis<5 le r^sultat
de M. Hill, en montrant que si la constante K a une valeur convenable (ce que
nous supposerons) et si les valeurs initiales de x et de y sont assez petites, ces
quantit6s x Ql y resteront limit^es.
Je me propose maintenant de montrer que Pint6grale J ^tendue £ tous les
systemes de valeurs tels que
K1<F<K2
est finie; d'ou nous pourrons conclure, comme nous Tavons fait plus haul, que
la stability au sens de Poisson subsiste encore dans ce cas.
Si les constantes K4 et K2 sont convenablement choisies, le thdoreme de
M. Bohlin montre que x et y seront limit^s. Quant a x* et yl ils ne pourront
devenir infinis que si V devient infini, c'est-a-dire si AC s?annule, ou si BC
s'annule.
Posons alors
rint6grale J7 6lant 4tendue a tous les systemes de valeurs tels que
Fint^grale J/; 4 tous les systemes de valeurs tels que
K! < F < K2? AC2 < pi (d'ou BG2 > P j),
et Fintdgrale J;// a tous les sj^stenies de valeurs tels que
BG°"<p! (d'oft AG2>P§).
Gomme pour aucun des systemes de valeurs auxquels I'int^grale J' est6tendue,
AC ou BG ne s'annule, cette int^grale J7 est finie.
Examinons maintenant Fintegrale J;/. Je puis supposer que p0 ait 6t6 choisi
assez petit pour que
Po Po
Dans ce cas - — peut varier entre les limites
et K, . I~^ , H- , 2l±Z!~T
et H2-h -jg- + m + — _- « L2,
car la plus petite de ces deux limites est positive.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 323
Posons alors comme plus haul :
, — ., _ /£f- — f- •v"'2
# = V'2rcoscp, y=V2rsin^3 d'ou r = - • — 5
Fint^grale deviendra
J" = Cdxdydrdx,
et Ton devra integrer par rapport a 9 entre les limites z£ro et 2?r et par rapport
a r entre les limites L^ et L2; il viendra done
J'=2«(K2— KO Cdxdy.
L'int^grale double / dx dy devra etre etendue a tous les sjstemes de valeurs
tels que AC < pi ; elle est done ^gale a TrpjJ ; de sorte qujil vient
J/7=2r2p2(X2— Ri).
J7/ est done fini, et il en est de menie de Jw et de J. c. Q. F. D.
Nous devons done conclure que (si les conditions initiales du mouvement ne
sont pas exeeptionnelles au sens donnd a ce mot dans le corollaire du th^o-
reme I) le troisieme corps G repassera une infinite de fois aussi pres que Fon
voudra de sa position initiale.
Dans le cas general du probleme des irois corps, on ne peut plus affirmer
qu'il en sera encore de m£me.
TH^OR^ME If. — jSV 7i = 3 et que x^^ #2> ^ repr6sentent les coordonndes
d'un point da?is Vespace ordinaire, ets'il y a invariant positif, il ne peut
pas y avoir de surface ferm£e sans contact.
Soil, en effet,
J = / M dxi dx% dx^
un invariant integral positif. Supposons qu'il existe une surface S ferni^e et
sans contact, ayant pour Equation
Soit V le volume Iimit6 par cette surface; nous 6tendrons 1'invariant J a ce
volume tout entier.
La surface S 6tant sans contact, Pexpression
324 SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS
ne pourra s'annuler et par consequent changer de signe; nous la supposerons
positive pour fixer les idees.
Soit da un element de la surface S; menons la normale £ cet element du c6te
des F croissants; prenons sur cette normale un segment infiniment petit dn.
>-rji
Soit ~y-dn la valeur de F a Fextremite de ce segment. On aura
an *
J etant un invariant, on devrait avoir
dJ
Mais nous trouvons
dP dF . dF
-5 — Xi -i — - — X-o -f- — —
dn
L'integrale du second membre, 6tendue a toute la surface S, est positive, puisque
la fonction sous le signe / est toujours positive.
Nous arrivons done a deux r^sultats contradictoires et nous devons conclure
qu'il ne peut exister de surface ferm^e sans contact.
Extension du thgoreme II. — II est facile d'6tendre ce th6or£me au cas
de 7i>3] il suffil pour cela, puisque la representation geom^trique n'est plus
possible, de la traduire dans le langage analytique et de dire :
S^il y a un invariant integral positif, il ne peut pas exister une
fonction uniforme F(%iy j?2, , . .? a?7l) qui soit positive, qui devienne injlnie
toutes les fois que Vun des x cesse d'&tre fini et qui soit telle que
dV dV _. d.F v dF _.
— j— = -7 — AI H -- - — Aa-f-. . .H -- ; — Aw
dt dx\ dx* - dxn
soit toujours de meme signe quand F est nuL
Pour faire comprendre Timportance de ce th6oreme, je me bornerai £i faire
observer que c'est une generalisation de celui dont je me suis servi pour
demontrer la legitimite de la belle methode de M. Lindstedt.
Je prefere toutefois, au point de vue des applications ulterieures, lui donner
une forme un peu differente en y introduisant une notion nouvelle, celle des
courbes invariantes.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 325
Nous avons a la fin du paragraphe precedent envisage une portion de
surface S, definie par Pequation
et telle que Ton ait pour tous les points de S :
de d& de v ^
— ; — A i -7- — — Ai H -- ; — A-; J> O,
dXi dXi rlX'A '
de telle sorte que S soit une portion de surface sans contact.
Nous avons defini ensuite ce qu'on doit entendre par le nieme consequent
d'un point de S ou par la niGme consequente d'une courbe ou d'une aire appar-
tenant a S. J'entends maintenant et j'entendrai desormais le mot consequent,
dans le sens du paragraphe precedent, et non dans le sens employe plus haut
dans la demonstration du theoreme I.
Nous avons vu que s'il existe un invariant positif /// M dxi dx<± dxt]1 il existe
6galement une autre int^grale / MH d& que Ton doit ^tendre a tous les Ele-
ments da d'une aire appartenant a S et qui jouit des propriet^s suivantes :
i° La quantity sous le signe / ? MH est toujours posisive.
2° LJint6grale a la meme valeur pour une aire quelconque appartenant a S
et pour toutes celles de ses cons&juentes qui existent.
Cela pos^. j'appellerai courbe invariante du ^Ume ordre, toute courbe trac6e
sur S et qui coincidera avec sa ni6me consequente.
Dans la plupart des questions de Dynamique il entre cerlains parametres
tres petits, de sorte qu'on est naturellement conduit a developper les solutions
suivant les puissances croissantes de ces parametres. Telles sontles masses en
Mecanique celeste.
Nous irnaginerons done que nos equations differentielles
dependent d'un parametre p. Nous supposerons que Xi? X2, X3 sont des
fonctions donnees de x^ #2? &$ et /x? susceptibles d'etre developpees selon les
puissances croissantes de p, et que p est tres petit.
Considerons alors une fonction quelconque de p; je suppose que cette
fonction tende vers zero quand fz tend vers zero, de telle fa^on que le rapport
326 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
de cette fonction a p.71 tende vers une limite finie. Je dirai que cette fonction
de (I est une quantitd tres petite du /i^me ordre.
II importe de remarquer qu'il n'est pas necessaire que cette fonction de ^
soit susceptible d'etre d^veloppee suivant les puissances de p..
Gela pose, soient A0 et B0 deux points d'une surface sans contact S, et
soient A1 et BI leurs consequents. Si la position de A0 et B0 depend de p.
suivant une loi quelconque il en sera de m6me de la position de A4 etBi. Je me
propose de d^montrer les lemmes suivants :
LEMME I. — Si Von envisage une portion de surface sans contact S,
passant par le point a0, &o CQ ; si &$, yQ, s^ sont les coordonnees d'un point
de S et si Xi} y^ z± sont les coordonnees de son consequent, on pourra
developper x^ yi: z± suivant les puissances de #0 — #o? y0 — bG, ^0 — CQ ei H-
pour9u que ces quantites soient sujfisamment petites .
Je puis toujoux^s prendre pour origine le point aQ, 60? c0 de telle facon que
ao= 60= CQ= o.
Si alors
* = 9O,,/}
est Tequation de la surface S, cette surface passera par Forigine O et Ton aura
9(0, o) == o.
Je supposerai de plus qu:en tous les points de la portion de surface S
envisage la fonction* 9(3?, y) est holomorphe. Par P origine O passe une
trajectoire; imaginons que quand p. = o cette trajectoire vienne au temps £ = T
recouper la surface S en un point P dont les coordonnees seront :
x = a, y = 6, z = c.
D'apres la terminologie que nous avons adoptee, le point P sera quand on
suppose p. = o le consequent du point O.
Soit maintenant a?OJ y0, <z0 un point A tres voisin de O et apparlenant a la
surface S. Si Ton fait passer par ce point A une trajectoire, si Ton suppose
que fi cesse d'etre nul, mais reste tres petit, on verra que cette trajectoire
viendra., a une epoque t tres peu di(F6rente de T, couper la surface S en un
point B tres voisin de P*
Ce point B dont j'appellerai les coordonnees #1? y{^ ^ sera d'apres notre
terminologie le consequent du point A. -
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 827
Ce que je me propose de demontrer, c'est que #1? y±, z^ peuveat se deve-
lopper suivaat les puissances croissantes de XQ, y{}, £0 et p.
En effet, d'apres le th^oreme III (§ 2), si x: y, 2 sont les coordonn&js au
temps t du point mobile qui decrit la trajectoire issue du point A, side
jo, s0, JJL et t — T sont suffisamment petits, on aura
3S = fyl(t — 'S, [JL, #0, J03 So),
y=^(t~~ •;, ;i, X0, Jo, So),
•5 = 4*3 (2 — ", l-lj ^0, JO, --o)j
(4)
^i7 ^2 et ^3 ^tant des series ordonnees suivant les puissances de t — z% /*, XQ
705 ^0-
Ces series se r^duiront respectivement a a, 6, c pour
Comme 9(3?, /) est developpable suivant les puissances de x — a et / — 6,
si # — a Qty — b sont assez petits? nous aurons egalement
9(a?,^) = ^*(jf — ', ^a?o,/o, «o),
^4 ^Lant une s^rie de m^me forme que d^, d;2 et tjjs.
Ecrivons que le point x, y^ z se trouve sur la surface S, nous aurons
(5) . <h=<!^
La relation (5) peut etre regard^e comme une equation entre/ — r, p? a?0, j^o
et -S0 et Ton peut chercher a la r^soudre par rapport a t — T.
Pour
t — i = (j, = a?0 = J'o = ^o = o,
cette relation est satisfaite, car on a
4>3 = t!;4 = 0.
D^apr^s un th^oreme de Gauchy, que nous avons d6montr6 dans un des
paragraphes qui precedent, on pourra tirer de la relation (5) t — r sous la
forme suivante :
(6) / — -U5=e(ji, ^o, Jo, £o)5
8 4tant une serie ordonn^e suivant les puissances de /*, a?0, J0 et JSQ.
II njy aurait deception que si pour
t — T; =; fJL = 5?o ==: Jo == -So = O,
on avait
fltys ___ ^j
"5F "" rf/ *
3-28 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Or cette Equation exprime que la trajectoire issue du point O pour fx = o va
toucher la surface S au point P.
Mais il n'en sera pas ainsi, parce que nous supposerons loujours que S est
une surface ou une portion de surface sans contact.
Dans les Equations (4) remplagons t — T par 9 et #, 7, s, par xi} y±, z^ il
viendra
#1== 6LO, #0, Jo, £o)3 7i = ©2(m #o, J'o, -o), £1 = #3(^3 #oi7oj -o),
®u 02 et 63 etant des series d£velopp£es selon les puissances de fx, #0> JK0
et ^0. c. Q. F. D.
LEMME II. — Si la distance de deux points A0 et B0 appartenant a la
portion de surface sans contact S est une quantize tr&s petite d'ordre /?, il
en sera de meme de la distance de leurs consequents A^ et BI.
Soient en efTet ai, aa, a3 les coordonn^es d'un point fixe P0 de S tres voisin
de A0 et de B0; #'n a'2. a'3 les coordonn^es de son consequent P^
Soient #1, #2, ^3; a?i, ^i? #'3; Tn ^2, ya; yi? ys, ys les coordonn6es deA0,
Ai, B0 etBi.
D'apres le lemtne I, x\ — a'15 #'2 — a'^ ^'n — a'3 peuvenfe se d6velopper selon
les puissances croissantes de x\ — ai, x<± — a2, x* — a3 et /x.
L' expression dey[ — d^ y\ — ^'2>y3 — ^'3 en fonctions de^ — ^ijJKa — ^2?
y* — a3 et fjt. sera ^videmment la meme que celle de x\ — a\ , ^?;2 — a'2 , ^?'3 — a3 en
fonctions de j;t — a\ , ^2 — #2, 573 — a^ et JJL.
On d^duit de la qne Ton peut ecrire
i ^i--yi==(^i--JKi)F1-h(^2-^^2)F2+(^3
(7) < «i— ys = (^i-^i)Fi+(ara--tvOFiH-(^a
les F etant des series d^velopp^es suivant les puissances de
jx, ^i— at, ^2-™a2j 573 — a3, 71— «i, 7«— «s, 7s— «»•
Les quandt^s Fj, F^, etc. sont finies; si done a?i — 7^ #2 — 72 et 573 — 73
sont des quantit^s tres petites d'ordre n, il en sera de mgma de a?'t — 7^,
3 — XT c- Q- T1- D.
III. — A¥ot7 AiAMBiB une courbe invariante^ de telle fapon
que At et B4 soient les consequents de A et B.
Jfe suppose que les arcs AA^ e^ BB4 soient tres petits (c'est-^-dire tendent
vers z6ro avec ft) mats que leur courbure soit jfinie.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 32Q
Je suppose que cette courbe invariants et la position des points A et B
dependent de jj. suivant une lot quelconque. Je suppose qu'il existe un
invariant integral positif. Si la distance AB est ires petite du nieme ordre
et que la distance AA< ne so it pas tres petite du nl^m€ ordre, Varc AA<
coupe Varc BB^.
Je puis toujours joindre les points A et B par un arc de courbe AB situ6 tout
entier sur la portion de surface sans contact S et dont la longueur totale soil
du nieme ordre de grandeur que la distance AB, c'est-a-dire une quantite tres
petite du/ii6me ordre. SoitAiB* un arc de courbe qui soit le consequent de AB,
il sera aussi tres petit du ni6me ordre d'apres le lemme II.
Fig. i. Fig. 2.
Voici rnaintenant les diverses hypotheses que Ton peut concevoir :
Premiere hypothese. — Les deux arcs AA* et BB4 se coupent. Je me
propose d'^tablir que c'est cette hypothese qui est r^alis^e.
Deuxieme hypothese. — Le quadrilatere curviligne AA, B4 B est tel que les
quatre arcs qui lui servent de cdt<§s n'ont d'autre point commun que les quatre
sommets A, A, B et B^ C'est le cas de la figure i.
Troisieme hypothese. — Les deux arcs AB et AiBi se coupent en un
point D. C7est le cas de la figure 2.
Quatrieme hypothese. — L7un des arcs AB ou A^ coupe Tun des arcsj\A£
ou BBi; mais les arcs AAd et BB< ne se coupent pas, non plus que les deux
arcs AB et AiB4.
S'il y a un invariant positif, il existera d'apres le paragraphe prudent une
certaine integrate TMHrfo) dont tous les <&Wments seront positifs et qui devra
avoir la m^me valeur pour 1'aire ABB4MA et pour sa cons^quente
Cette integrate 4tendue a Faire
ABAt Bi = A Ai Bj MA — ABBt MA
H. p. — VII.
330 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
doit done etre rtulle et comme tous les 6l6ments de Pintegrale sonl positifs, la
disposition ne peut etre celle de la figure i ouPaire ABAiBi est convexe.
La seconde hypothese doit done £tre rejet^e.
La disposition ne peut non plus £tre celle de la figure 2.
En effet, dans le triangle ADAi, les distances AD et A<D sont tres petites
du ttlfemc ordre car elles sont plus petites que les arcs AD et AiD, lesquels sont
plus petits que les arcs AB et Ai B± qai sont du nleme ordre. De plus on a
AAj< AD-+- AtD.
La distance AA4 devrait done etre une quantity tres petite du ni6me ordre, ce
qui est contraire a P^nonce du theoreme.
La troisieme hypothese doit done etre rejetee.
Je dis que la quatrieme hypothese ne peut non plus etre acceptee. Supposons
en effet par exemple que Pare AB coupe Pare AA4 en un point A'. Soit ANAi
la portion de Pare AB qui va de A en A'; .soil APA' la portion de Pare AA4 qui
va de A en A'.
Je dis qu'on pourra remplacer Pare ANA'B par Pare APA'B; et que le
nouvel arc APA'B sera comme Pare primitif ANA'B une quantity tres petite du
En effet Pare ANA7 est plus petit que AB? il est done du ni6me ordre; la
distance AA/ est done elle-m£me du ^16me ordre; Pare APA' est plus petit
que AAj qui est tres petit, c'est-a-dire qui tend vers z^ro avec /JL; ParcAPA' est
done tres petit et sa courbure est finie; on peut done assigner une limile au
rapport de Pare APA' a sa corde AAr; ce rapport est fini etAA/ est du 7^l6me
ordre; done APA' est du ra16me ordre. c. Q. F. D»
D'ailleurs le nouvel arc APA'B ne coupe plus Pare AA<; il a seulement avec
lui une parlie commune APA^.
On retombe done sur la deuxieme hypothese qui a d6ja et6 rejetee.
La premiere hypothese est done seule acceptable et le theoreme est d^montre.
Remarque. — Nous avons suppose dans Penonc^ du tbdoreme que les
arcs AAt et BBi sont tres petits et que leur courbure est finie. En r6alit£ nous
ne nous sommes servis de cette hypothese que pour montrer que si la
corde AA' est tres petite du 7i!6me ordre, il en est de m£me de Pare APA;.
Le theoreme sera done encore vrai quand m£me Pare AA4 ne serait pas tres
petit et sa courbure finie, pourvu qu'on puisse assignor une limite sup^rieure
au rapport d'un arc quelconque (faisant partie de ALAI on de BBt) a sa corde.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 33 1
CHAPITRE III.
THEORIE DES SOLUTIONS PERIODIQUES.
9. — Existence des solutions periodigues.
Considerons un systeme d'equalions diff^rentielles
(0 ^3t**Xt f'==I' 2' "*37l)
ou les X sont des fonctions des x el d'un paramelre ft. Les X pourronl aussi
d^pendre de £, mais ce seront alors des fonctions p<5riodiques de cetie variable
et la p^riode sera 2?r.
Supposons que pour la valeur z£ro du parametre /JL, ces Equations admettenL
une solution p^riodique, de telle sorte que
f 6tant une fonction p^riodique du leraps donl la p6riode sera par exemple 271.
Posons
et cherchons pour les valeurs tres pelites de /JL a trouver les valeurs des ^ que
nous supposerons egalement tres petites, il viendra
dt ~r du. ^^Kdxk
k
Dans les deriv^es parlielles des X les xi sont remplac^s par les fonctions perio-
diques <p/. Les ^ sont ainsi d6termin^s par des Equations lin^aires £ second
membre dont les coefficients sont des fonciions p^riodiques.
Deux cas peuvent se presenter.
i° Les Equations sans second membre :
n'admettent pas de solution p^riodique de p<5riode ^71.
Dans ce cas les Equations a second membre en admettent une que j'^crirai
6,«H**(O,
41 6tant une fonction p^riodique de p^riode 27r.
2° Les Equations sans second membre admettent une solution de periode 271.
Aiors les Equations a second membre peuvent ne pas avoir de solution
p6riodique, de telle facon qu'en general nous trouverons une solution de la
forme suivante :
les ii tant toujours des fonctions p^riodiques, ou meime dans certains cas
Placons-nous dans le premier cas et voyons la chose de plus pres.
Gherchons a former une solution p^riodique et a la d^velopper suivant les
puissances de JUL; posons par consequent :
&i=* ?i~H WPi.«-hpa<p2i-f- ----
Quand on substituera a la place des xl ces valeurs dans les X0 on trouvera
X* = Xo.i'H- fiXi.i-f- fJL3X2 z-f- ----
II est clair que les X0 / ne dependent que des <p,, les Xi.i des <p/ et des <p4.,,
les X2 i des q?4./ et des <p2.,, etc. De plus si les cprt.z- sont des fonctions p£riodiques
de t de p6riode ZK, il en sera de m£me des Xn ?.
Nous avons de plus
//
Dans le second membre, dans les d£riv<5es — -, on doit substituer les 9^ a la
place des xi ainsi que nous 1'avons fait plus haut. De plus Yn./ ne d^pendra
que des <p/, des <5?1(?J des cp3./, ..., des o/z-i.?; mais ne dependra plus des <^.f.
Gela pos6 on est conduit aux Equations suivantes :
Supposons qu'on ait d^termin6 Ics quantit^s <pi./, <p2iZ3 . . ., (fn^^ , a 1'aide des
equations pr^c^dentes sous forme de fonctions p^riodiques de £; on pourra
ensuite a Faide des Equations (3) determiner les «pn./.
Ces Equations (3) sont des Equations lineaires a second membre et les
coefficients sont p^riodiques.
Par hypothese les Equations sans second membre
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 333
qui ne sont autres que les Equations (2), n'ont pas de solution periodique;
done les equations (3) en admettent une.
II resulte de la qu'ilexiste des series
dont les coefficients sont periodiques et qui satisfont formellement aux equa-
tions ( i ).
II resterait a demontrer la convergence de ces series. Nul doute que celte
demonstration ne puisse se faire directement; je ne le ferai pas toutefois, car
je vais, en reprenant la question a un point de vue different, d^montrer rigou-
reusement Pexistence des solutions periodiques, cequi entraine la convergence
de nos series. Nous n'aurons en effet qu'a nous appujer sur les principes les
plus connus du « calcul des limites ».
Soit <p/(o) + (3| la valeur de xi pour t = o. So it o/(o) -{- y/ la valeur de xi
pour £ = 27i. Les y/ dependront evid eminent de fx et des valeurs initiales des
variables et elles s'annuleront avec elles.
Cela me permet d'ecrire
lt = P*4- afr H- Xbik PA-*- 2[m7 Pl, p., . ..9pn]v.mffi ^. . ,K» = ?/•+- tyt,
les a, les b et les [m, p^7 po? - • • ? pn\ etant des coefficients constants.
On obtiendra les solutions periodiques de periode 2?r en cherchant les cas
ouy/=(3/. On peut done consid^rer p com me une donn&e de la question et
chercher a r^soudre par rapport aui n inconnues |3 les equations
(4) t|/1==<p2 = ...= ^n = o.
Nous savons que les ip sont des fonctions holomorphes de p et des (3 s'annulant
avec les variables. ( Voir th^oreme III, § 2.)
Si le determinant fonctionnel des ^ par rapport aux (3 (cjest-a~dire le deter-
minant des bik) n'est pas mil, on peut r^soudre ces n Equations et Ton trouve
comme solution
?/««/(!*),
les 9f etantj d'apres un tWoreme bien connu, des fonctions holomorphes de JJL
s'annulant avec p. (Voir theoreme IV, § 2.)
G'est le cas que nous avons etudie plus haut et ou les Equations (2) nyont
pas de solution p^riodique.
On doit en conclure que pour les valeurs de (x suffisamment petites, les
Equations (i) admettent une solution periodique.
Supposons maintenant que ie determinant fonctionnel des fy soit nul; nous
pourrons alors, en vertu du th^oreme VI (§ 2), eliminer entre les Equations (4)
(34, (323 . . . , $n-il nous arriverions ainsi a une Equation unique <& = o dont Ie
premier membre sera d^veloppe suivant les puissances de p. et de (3n.
II n'y aurait deception que si les equations (4) n'etaient pas distinctes;
mais dans ce cas nous leur adjoindrions une autre equation choisie arbi-
trairement.
Si Ton regarde p et fin coinrae les coordonnees d'un point dans un plan,
liquation $ = o represents une courbe passant par Forigine. A chacun des
points de cette courbe correspondra une solution periodique, de sorte que pour
4tudier les solutions periodiques qui correspondent aux pelites valeurs de /JL et
des (3, il nous suffira de construire la partie de cette courbe qui avoisine
Forigine.
Si Ie determinant fonctionnel des d; est nul. on aura (pour JUL = (3n= o) :
En d'autres termes,la courbe $ = o sera tangente a Forigine a la
ou bien encore pour JJL = O; liquation ^z^o sera une Equation en $n qui
admettra z&ro comme racine multiple; j'appelle m Tordre de multiplicity de
cette racine.
En vertu du th^oreme V (§ 2) on pourra trouver m series developp^es
suivant les puissances fractionnaires et positives de ^5 s'annulant avec p. et qui
substitutes ^ la place de $n satisfassent ^ Fequation <I> = o.
Consid^rons Fintersection de la courbe $ ^ o ou plut6t de la portion de
cette courbe qui avoisine Forigine avec deux droites jm = £5 p.= — s. tres
voisines de la droite JUL = O. On obtiendra les points d'intersection en faisant
fx = £, puis fA = — e dans les m series dont je viens de parler.
Soit TYI{ Ie nombre des points d'intersection de <5 = o et p. = +s r^els et
voisins de Forigine, Soit /n2 Ie nombre des points d'intersection de $ = o et
p. — — e r6els et voisins de Forigine.
Les trois nombres m, m^ et /n2 seront de m£me parit6.
Si done m est impair, m^ et m2 seront au moins £gaux a r. Done il existera
des solutions periodiques pour les petites valeurs de JJL, tant positives que
negatives.
Comment une solution p<5riodique peut-elle disparaitre quand on fait varier p.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 335
d'une maniere continue? Comment peut-il se faire que le nombre des solutions
pour j* = -f- e soil plus petit que pour p. = — s, que mi < m2 ?
J'observe d'abord qu'une solution periodique ne peut disparaitre quand /*
passe de la valeur — £ a la valeur -j-£ que si pour jut = o, liquation $=o
admet une racine multiple; en d'autres termes uue solution periodique ne
peut disparaitre qdapres s'etre confondue avec une autre solution p&rio-
dique. De plus mi et m2 etant de m£me parite, la difference m^ — m± est
to uj ours paire.
Done les solutions periodiques disparaissent par couples a la fagon des
racines resiles des Equations algebriques.
Un cas parliculier int^ressant esl celui ou pour/^ = o, les equations difFe-
rentielles (i) admettent une infinite de solutions periodiques que j'ecrirai
h 6tant une constante arbitraire.
Dans ce cas les equations (4) ne sont plus distinctes pour p. = o et <(>
contient JJL en facteur, de sorte que nous pouvons poser
$! ^tant holomorphe en j37i et fjt.; d'ailleurs <1>{ d^pendra aussi de A. La
courbe <6 = o se decompose alors en deux autres, & savoir la droile (*= o et
la courbe ^1= o; c?est cette derniere courbe qu'il convient d'^tudier.
La courbe <&= o passe forcement par Torigine; il n'en est pas toujours de
meme de $1 = o; il faudra d'abord s'arranger pour 1'y faire passer, en dispo-
sant convenableinent de h. Une fois qu'on Py aura fait passer, on P6tudiera
comme on a fait de la courbe & = o.
d$\
Si pour JJL = (3/i = o, -£-- n'est pas nul (on plus g6n£ralement si pour jj. = o.
liquation ^A=o admet (3^=0 comme racine multiple d'ordre impair], il y
aura encore des solutions periodiques pour les petites valeurs de p..
II arrivera souvent que, m£me avant relimination, quelques-unes des
fonctions ^ contiennent /JL en facteur. Dans ce cas on commencerait par diviser
par p les Equations correspondantes.
Si les Equations (i) admetient une integrate uniforme
= const.
336 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
les Equations (4) ne seront pas distinctes a moins que Fon n'ait a la fois
— =— = =— =o
dx\ ~~ dx2 dx}l
pour
#i=?i(o); #2=?2(o), ..., ^=9^(0).
En effet il viendra identiquement
rrfi
Si par exemple pour 2?,- =r= ®,(o), -7 — n'est pas mil; on pourra tirer de celte
Equation :
02j 0;}) • ••; ®n ^tant des series ordonn6es suivant les puissances croissantes
de/3£, |33, . . ., (3*, 0/2, ^3, .. ., ^«.
La premiere des Equations (4) esl done alors une consequence des n — i
dernieres. On la supprimera alors pour la remplacer par une aulre Equation
choisie arbitrairement.
Dans ce qui pr^c^de, nous avons suppos£ que les fonctions X1? X2? . . . , X^
qui entrent dans les Equations differenlielles (i) dependent du temps t. Les
r^sultats seraient modifies si le lemps t n'entre pas dans ces Equations.
II y a d'abord entre les deux cas une difference qu'il esl impossible de ne
pas apercevoir. Nous avions suppos<§ dans ce qui precede que les Xf- £laient des
fonclions p^riodiques du temps et que la periode 6tait 271; il en r^sultait que,
si les Equations admettaient une solution p£riodique, la periode de cette solu-
tion devait £tre 6gale a ZTC ou a un multiple de 271* Si au contraire les Xz sont
ind^pendants de t, la periode d'une solution p^riodique peut ^tre quelconque.
En second lieu, si les Equations (i) admettent une solution pcriodique (et si
les X ne dependent pas de 1)^ elles en admettent une infinite.
Si en effet
est une solution pcriodique des Equations (i), il en sera de m6me (quelle que
soil la constante A) de
Aiasi le cas sur lequel nous nous sommes 6tendus d?abord et dans lequel
pour p. — o, les Equations (i) admetteat une solution pcriodique et une seule,
ne peut se prd$enter si les X ne dependent pas de t,
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 33?
Placons-nous done dans le cas ou le temps t n'entre pas explicitement dans
les equations (i) et supposons que pour JUE. = O, ces Equations admettent une
solution p^riodique de p^riode T :
Soit 92(0) -h |3; la valeur de xi pour t = o; soit Of(o)H-y/ la valeur de Xi
pour t = T -f- T. Posons ensuite, comme nous Favons fait plus haut,
7/— 3/==^..
Les 41* seront des fonctions holomorphes de ft, de (3<3 (32, . . . . fin et de r
s'annulant avec ces variables.
Nous avons done a r^soudre par rapport aux n -r- 1 inconnues j5{, (32: . . .7
J3n, T les 7Z. Equations
(5) ^=62 = ...= %=0.
Nous avons une inconnue de trop, nous pouvons done poser arbitrairement
par exemple
PTZ=O.
Nous tirerons ensuite des equations (5), ,34, |32, ,.., J6n_i et r en fonctions
holomorphes de tu s'annulant avec p.. Cela est possible a moins que le deter-
minant
rfpl
d&-2 tl&'2
rfj-tl "^~
dbn dbn
ne soit nul pour fz = (3/ = T = o.
Si ce determinant 4tait nul, au lieu de poser arbitrairement (3^ = o, on pose-
rait par exemple (3/ = o, et la m^thode ne serait en d4faut que si tous les d6ter-
minants dans la matrice
$1 ~3fa "" 7^. i?r
dr
II. P. — VII.
43
338 SUE LE PROBLEME DES TROIS CORPS
etaient nuls a la fois. (II est a remarquer que le determinant obtenu en suppri-
mant la derniere colonne decelte matrice est toujours nul pour jjL = (3i- = T = o).
Comme en g^n^ral tous ces determinants ne seront pas nuls a la fois, les
Equations (i) admettront. pour les petites valeurs de JJL, une solution p^riodique
de p^riode T -f- T.
10. — Exposants caracteristiqrtes.
Reprenons les equations
/ ^ r/Xi -Y
(I) -3T=X/
et imaginons qu'elles admettent une solution p^riodique
#/ = 9«(0-
Formons les Equations aux variations (voir Chap. I) des equations (i) en
posant
#f=9*(o-i-e/
et n^gligeant les carres des ?.
Ces Equations aux variations s'ecriront
f»\ <%' r/X^^^^^ _.rfx^
(a) ^=_;?1+_?^. ..+ „,„„
Ces equations sont Im^aires par rapport aux £, et leurs coefficients -j-1 [quand
on y a remplacd xi par ®i(t)] sont des fonctions p^riodiques de t. Nous avons
done a int^grer des equations Iin6aires a coefficients periodiques.
On sait quelle est en general la forme des solutions de ces Equations; on
obtient n solutions particuli^res de la forrne suivante :
(3;
les a 6tant des constantes et les S/* des fonctions periodiques de t de m£me
p6riode que les *fi(t)-
Les constantes a s'appellent les exposanU caracteristiques de la solution
periodique.
Si a estpurement imaginaire de fagon que son carr^ soit n^gatif, le module
de ea' est constant et £gal a i . Si au contraire a est r6el, ou si a est complexe
de telle fagon que son carr6 ne soit pas reel, le module e^ tend vers I'infini
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. . 33g
pour £ = 4-oo ou pour t = — GO. Si done tous les a ont leurs carr^s r^els et
n^gatifs, les quantites £l5 £a, . . , , \n resteront finies; je dirai alors que la solu-
tion p^riodique a?,-=o/(£) est stable; dans le cas contraire, je dirai que cette
solution est instable.
Un cas particulier int^ressant est celui ou deux ou plusieurs des exposants
caract6ristiques a sont £gaux entre eux. Dans ce cas les solutions des Equa-
tions (2) ne peuvent plus se mettre sous la forme (3). Si par exemple oq =r a2,
les equations (2) admettraient deux solutions particulieres qui s^criraient
£i=e*i<SM et $i=te*it$Ll-he*itSi^:
les Si, i et les S/.a £tant des fonctions periodiques de t.
Si trois des exposants caracteristiques 6taient £gaux entre eux, on verrait
apparaitre, non seulement £, mais encore t~ en dehors des signes trigonome-
triques et exponentiels.
Supposons que le temps t n'entre pas explicitement dans les Equations (i) de
telle sorte que les fonctions X, ne dependent pas de cette "variable; supposons
de plus que ces Equations (i) admettent une integrals
(4)
II est aise de voir que dans ce cas deux des exposants caracl&ristiques sont
nuls.
On se trouve done alors dans le cas d'exception que nous venons de signaler;
mais il n'en r^sulte pas de difficult^ ; il est ais6 en eflfet a Faide de I'int£grale (4),
drabaisser d'une unit^ 1'ordre des equations (i). II n'y a plus alors que
n — i exposants caracteristiques et il n'y en a plus qu'un qui soil nul.
Nous allons maintenant envisager un cas particulier qui est celui ou les
equations (i) ont la forme des equations de la Dynamique. Ecrivons-les done
sous la forme
, ,. dxi dF dn ftF , . ,
(I) W = ^ W-^d^ (^i^,--.^),
F 6tant une fonction quelconque de x^ ^2? • - •> ^«? yi, y$<> • • •» yn\ nous
pourrons supposer, soil que F est ind^pendant de £; soit que F depend non
seulement des x et des y, mais encore de /, el que par rapport a cetie derniere
variable, c'est une fonction p^riodique de p<5riode 211.
Supposons que les equations (if) admettent uae solution p^riodique de
p^riode 2?r :
3^0 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
et formons les Equations aux variations en posant
Nous avons vu dans le Chapitre II que Pintegrale double
est un invariant integral, ou (ce qui revient au meme) que si £z, m et £|. Y\L
sont deux solutions particulieres quelconques des Equations aux variations,
on a
;— ?;-nO = const.
Je dis qu'il en r^sulte que les exposants caract^ristiques sont deux a deux 6gaux
et de signe contraire.
Soient en eflfet £° et YJ° les valeurs initiates de £j et de r\L pour t — o dans une
des Equations aux variations; soient £* et y^1 les valeurs correspondantes de £, et
de 7)j pour t = 2:1. II est clair que les £/ et les YJ/ seront des fonctions lineaires
des '^ et des yjf de telle sorte que la substitution
Tp _-. /
1 —
sera une substitution lin^aire.
Soit
le tableau des coefficients de cette substitution lin^aire.
Formons liquation en ^
I — A #12 • • • #1.2/1
Les 27i racines de cette Equation seront ce qu'on appelie les 2/1 multiplicateurs
de la substitution lin£aire T. Mais cette substitution lin^aire T nepeut pas £tre
quelconque. II faut qu'elle n'altere pas la forme bilineaire ^(lif][ — ^t*). Pour
cela? liquation en 1 doit etre r^ciproque. Si done on pose l = e-art, les quan-
tit^s a devront Stre deux a deux 6gales et de signe contraire.
c. Q.
F. D.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 34 1
II y aura done en general ji quantites a2 distinctes. Nous les appellerons les
coefficients de stabilite de la solution p^riodique consid^r^e.
Si ces n coefficients sont tons reels et n^gatifs, la solution p^riodique sera
stable, car les quantiles Ej et YJ; resteront inf£rieures a une limite donnee.
II ne fautpas toutefois entendre ce mot de.stabilite au sens absohu En effet,
nous avons neglige les carres des £ et des yj et rien ne prouve qu'en tenant
compte de ces carres, le resultat ne serait pas changd. Mais nous pouvons dire
au moins que les £ et 77, s'ils sont originairement tres petits, resteront tres
petits pendant tres longtemps. Nous pouvons exprimer ce fait en disant que la
solution periodique jouit, sinon de la stabilite sgculaire, du moins de la stabi-
lit£ temporaire.
On peut se rendre compte de cette stabilite en se reportantauxvaleurs des £,•;
on trouve en effet, pour la solution g6n6rale des equations aux variations,
les A/c etant des coefficients constants et les S//t- des series trigonom6triques.
Or si a| est r^el negatif, on trouve
de sorte que £/ s'exprime trigonom^triquement.
Au contraire si un ou plusieurs des coefficients de stability devient
positif ou imaginaire, la solution periodique consider^e ne jouit plus de la
stabilite temporaire.
On voit aisement en effet que £f est alors repr4sent6 par une s6rie dont le
terme general est de la forme A eht co$(kt + mt + I), ou (h + «/r)2 est un des
coefficients de stability ou m est un entier et I et A des constantes quel-
conques. Le d^faut de stability se trouve ainsi mis en evidence.
Si deux des coefficients de stability deviennent &gaux entre eux3 ou si Fun
d'eux devient nul, on trouvera en g6n6ral dans la s6rie qui repr^sente |/ des
termes de la forme
s(A^ -h mt -4- /) ou A^c
En r£sum£, ^ peut dans tous les cas ^tre repr^sent4 par une s6rie toujours
convergente. Dans cette s^riele temps peut entrer sousle signe sinus ou cosinus,
ou par Fexponentielle eht, ou enfin en dehors des signes trigonom6triques on
exponentiels-
Si tous les coefficients de stability sont r^els, n6gatifs et distincts, le temps
342 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
n'apparaitra que sous les signes sinus el cosinus et il y aura stabilite tern-
poraire.
Si Fun des coefficients est positif ou imaginaire, le temps apparailra sous un
signe exponentiel; si deux des coefficients sont 6gaux ou que Fun d'eux soit
nul, le temps apparait en dehors de tout signe trigonomtUrique ou exponentiel.
Si done lous les coefficients ne sont pas reels, negatifs et distincts, il n'y a
pas en general de stability temporaire.
Toutes les fois que F ne depend pas du temps t, Pun des n coefficients de
stability est nul; car d'une part le temps n'entre pas explicitement dans les
Equations diff^rentielles; d'autre part ces Equations admettent une integrate
xn\ j
., r«) = const.
Nous nous trouvons done dans le cas dont nous avons parle plus haut et ou
deux des exposants caracl^ristiques sont nuls* Mais, comme nous Pavons dit,
cela ne peut creer une difficulte parce que Fon peut, a Paide de Pint(§grale
connue, abaisser a 2/z — i Pordre des Equations (i7). II n'y a plus alors que
2/1 — i exposants caract^ristiques; Pun d'eux est nul et les 2/1 — 2 autres, aux
carres desquels on peut conserver le nom de coefficients de stability, sont deux
a deux 6gaux et de signe contraire.
Reprenons le determinant que nous avons eu a envisager dans le paragraphe
precedent.
Nous avons dans ce paragraphe envisage d'abord le cas ou les Equations (i)
dependent du temps C et d?un parametre fi, et admettent pour p. = o une solu-
tion p^riodique et une seule. Nous avons vu que si le determinant fonctionnel
les Equations admettront encore une solution periodique pour les petites valeurs
de p..
Ce determinant peut s'ecrire
A =
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
Or les exposants caracteristiques z sont donnas par liquation
343
Dire que A est nul, c'est done dire que Fun des exposants caracteristiques
est nul, de sorte que nous pouvons enoncer de la facon suivante le premier des
th^oremes demontr^s au paragraphe precedent.
Si les equations (i) qui dependent d'un parametre p. admettent pour
p = o une solution p&riodique dont aueuri des exposants caracteristiques
ne soit nul, elles admettront encore une solution p^riodique pour les petites
valeurs de JJL.
11. — Solutions periodiqnes des equations de la Dynamique.
Je prendrai, pour fixer les id6es, les Equations de la Dynamique avec
trois degres de liber t6, mais ce que je vais dire s'appliquerait ^videmment au
cas g6n6ral. J'ecrirai done mes Equations sous la forme
dx\
dt
dP
dx*
~dt
dy,
dt
dF
d¥
dx^
£?X9
dt
"5F
F etant une fonction uniforme quelconque des x et des y, ind^pendante de t.
Je supposerai ensuite que ^i, ^2 et x% sont des variables lineaires, raais
que y\, v$ ^y-A sont des variables angulaires, c*est-a-dire que F est une fonc-
tion pdriodique de y^ y* ety3 avec la p&riode 271, de telte fa^on que la situa-
tion du syst&me ne change pas quand une ou plusieurs des trois quantit^s y
augmente d'un multiple de 2:1. (Cf. Chap. I.)
Je supposerai de plus que F depend d'un parametre arbitraire p. et peut se
d^velopper suivant les puissances croissantes de ce parametre de telle sorte que
Ton ait
F =
344 - SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Je supposerai enfin que F0 ne depend que des x et est ind^pendant des y dc
telle sorte que
Rien n'est plus simple alors que d'int6grer les equations (i) quand JJL = O;
elles s'^erivent en efFet
dx\ __ dx* _ dx$ __
~dt = ~dt = ~dt = °5
dy<\ ___ __ flF0 dr$ __ __ dFo dyz _ _ ^FO
dt ~ dx\ dt "~ dx* dt dx$
Ges Equations montrent d'abord que x±, x* et x% sont des constantes. On en
conclut que — — ^? — -r-% — -T-? qui ne dependent que de ^, x^ el ^3 sont
aussi des constantes que nous appellerons pour abroger n^ n* et /z3 et qui sont
completement defimes quand on se donne les valeurs constanles de xi: x% et x%.
II vient alors
yi== mt^- tff1} J'2= ^
CTI, zjj2 et w3 t^tant de nouvelles constantes d'int^gration.
Quelle est la condition pour que la solution ainsi trouv^e soit periodique et
de periode T? II faut que si Ton change t en t 4- T, y+, y* et j-3 augmentent
d'un multiple de STT, c'est-a-dire que /^iT, n%T et /i3T soient des multiples
de arc.
Ainsi poar que la solution que nous venons de trouver soit periodique, il
faut et il suffit que les trois nombres /21? /z2 et 7^3 soient commensurables entre
euxj du moins a un m£me facteur pres.
Nous exclurons, au moins provisoirement de nos recherches, le cas ou les
trois fonctions -r-^? ^-^ et -j- ? ne sont pas independantes Fune de Tautre. Si on
laisse ce cas de cdt6? on peut toujours choisir x±, x% et x% de Lelle fa^onque n^
n* et n>& aient telles valeurs que 1'on veut, au moins dans un certain domaine.
II y aura done une infinite de choix possibles pour les trois constantes 3?l5 x*
et x^ qui conduiront a des solutions p^riodiques.
Je me propose de rechercher s'il existe encore des solutions p^riodiques de
periode T lorsque p. n'est plus egal a zero.
Pour le prouver je vais employer un raisonnement analogue a celui du para-
graphs 9.
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 345
Supposons que 4u cesse d'etre nul, et imaginons que, dans une cerlaine solu-
tion, les valeurs des x et des y pour t = o soient respectivernent :
Xi = a i -+~ 0#i, a?a = <7a -4- Oa2; ^:; = «:j -t- O^rj,
^•j,
Supposons que. dans cette m£me solution, les valeurs des x el des y
pour £ = T soienr,
/^t T -r- owi H- Anij,
/ia T -+- OH) 2 -h AT772:
/I,'! T -4- OW3 -4- AW;j.
La condition pour que cetle solution soit periodique de p6riode T est que
1'on ait
( 2 ) A
Les six Equations (2) ne sont pas distinctes. En efFet, conime F = const, est
une int^grale des equations (i), et que d'ailleurs F est periodique par rapport
aux r, on a
v «
F(ai-h of.fi
= F ( a i •+• oat -4- Aa/, TU/ -4- ony^ -4- ATO/ ).
II nous suffira done de satisfaire a cinq des Equations (2). Je supposerai de plus
ce qui revient a prendre pour origine du temps l'e"poque ou y± est nul. 11 est
ais£ de voir que les Aa?-et les Aw;- sont des fonctions holomorphes des p., desSa/
et des OZZT/ s'annulant quand toutes ces variables s'annulent.
II sjagit done de d^montrer que Pon peut tirer des cinq dernieres Equa-
tions (2) <5a4, oa2? oa;i? $m% et otujj en fonctions de p..
Remarquons que quand ^ est nul, on a
Aai = A«2 == A#;j = o.
Par consequent Aai, Aa<* et Aay, d^velopp6s suivant les puissances de ju.,
des dai et des SraFj, contiennent p. en facteur. Nous supprimerons cefacteur ^,
et nous e*crirons par consequent les cinq Equations (2) que nous avons a
r6soudre sous la forme
/nx
( 3 ) - =
H- F
H. P. — VIL 44
46 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
11 nous faut determiner w* et sj,t de telle facon que ces Equations soient satis-
faites pour
(4) U = OH7^ = OW's = oY/ | = Or/o= OC/y= O.
Voyons ce que devieunent les premiers membres des Equations (3) quand on y
fait p. = o.
II vient
d'ou
et de mfime
II importe d'observer que dans F0 il faut remplacer ^, x* et ^?.} par a± + da^,
a2 + 3^a, a3+ <?#3 ; en efFet pour p. — o, F se reduit a F0 el ^i: a?2, #3 a des
coastantes qui reslent cons tarn ment 6gales a leurs valeurs initiales ai
II vient d?autre part
ou puisque F0 ne depend pas de J2
'-
ou
pour p~ o :
Supposons que p, les STZT et les oa soient nuls a la fois; il faudra alors faire
dans FI :
F1 devicadra alors une fonction p^riodique de t de periode T, etune fonction
p^riodique de w2 et de w% de periode 271.
Soit fy la valeur moyenne de F± consid^r^e comme fonction p^riodique de t.
II viendra
= T
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 347
et de meme
A^ ^ T M f
U £/rj;{
Nous clevons done choisir m* et S7:J de facon a satisfaire aux equations
, . d*b clb
(j) ~^- = —i- = o.
r/TFTo <r/t«?3
Gela est loujours possible; eneffet la fonction 6 est p&riodique entt^et ensyn
et elle esL flnie; done elle a au moms un maximum et un minimum, pour les-
quels ses deux d6rivees doivent s'annuler. Quand on aura choisi de la sorte rar2
et ST..,, on verra que les Equations (3) sont satisfaites quand on y fait a la fois
JJ. = StUs = 655 3 = <>a\ = Or/2 = 3(i/3 = O.
Nous pourrons done tircr des Equations (3) les cinq inconnues oai et QGJ/
sous la forme de fonctions holomorphes de /JL, s'annulant avec (a. II n7y aurait
d'exception que si le determinant fonctionnel
etait nul. Mais pour p. = o, Adi, Asj2 et Ads sont independants de 3nj^ et
de OST:IJ de sorte que ce determinant fonctionnel est le produit de deux autres
rsra, A-GJ.->)
Si Ton supprime les facteurs Ta et — T3, le premier de ces determinants est
au hessien de ^ par rapport a cia et 3Ta et le second au hessien de F0 par
rapport a #J, xl et j?!|.
Si done aucun de ces deux hessiens n'est nul, il sera possible de salisfaire
aux einq Equations (3) et par consequent pour des valeurs suffisamment
petites de jz, il existera une solution p^riodique de T. c. Q. F. D.
Nous allons maintenant chercher a determiner, non plus seulement les
solutions periodiques de periode T, mais les solutions de periode peu diff6-
rente de T. Nous avons pris pour point de depart les trois nombres ni, n%, n% ;
nous aurions pu tout aussi bien choisir trois autres nombres n\* n^ n^
pourvu qu'ils soient commensurables entre eux, et nous seripns arrives a une
autre solution p6riodique dont la periode T aurait ete le plus petit common
T . T , 27: 2?r 2^
multiple de -7 5 -7 > ~r *
" n n «
348 SUR LE PROBLEME DES TR01S CORPS
Si nous prenons en particulier
n\ = 7Zi(i-j- s), flo = #2(1 -f- £), ^3 = rt3(i-i- s),
les trois nombres /i'1? /i'2? wa seront commensurables enlre eux, puisqu'ils sont
proportionnels aux trois nombres Wi, #2 et 72-3 •
II nous conduironl done a une solution p^riodique de p^riode
—
de telle facon que nous aurons
(6) xi= ot(t, u, s)y yt
les <p/ et les ®. 6tant des fonctions developpables suivant les puissances de fx et
de e, et p^riodiques en t, mais de facon que la periode depende de e.
Si dans F nous remplacons les #£ et les yi par leurs valeurs (4), F doit
devenir une constante ind^pendante du temps [puisque F = const, est une des
integrales des equation (i)]. Mais cette constante qui est dite constante des
forces vives, d^pendra de p. et de £ et pourra etre d6veloppee suivant les puis-
sances croissantes de ces variables,
Si la constante des forces vives B est une donn^e de la question, liquation
F(p., e) = B peut etre regard6e comme une relation qui lie £ a JUL. Si done nous
nous donnons arbitrairement B, il existera toujours une solution p^riodique
quelle que soit la valeur choisie pour cette constante, mais la periode dependra
de e et par consequent de p.
Un cas plus particulier que celui que nous venons de traiter en detail est
celui ou il n'y a que deux degrds de liberte. F ne depend alors que de quatre
variables #1, jt> a?2, y$ et la fonction d> ne depend plus que djnne seule
variable 3j2* L^s relations (5) se r^duisent alors a
et le hessien de d» se r^duit a -^t» D?ou cette conclusion :
T onyf
A chacune des racines simples de liquation (7) correspond une solution
p^riodique des Equations (i), qui existe pour toutes les valeurs de p suffi-
samment petites.
Je pourrais m^me ajouter qu'il en est encore de meme pour chacune des
racines d'ordre impair ainsi que nous 1'avons vu au paragraphs 9, et que cette
equation admet toujours de pareilles racines, puisque la fonction it a au
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
moins urx maximum qui no peut correspondre qu'aux racines impaires de
liquation (7).
Revenons au cas oii Ton a trois degr£s de liberl£, et ou la periode est
constante el £gale a T.
Je dis que xi: #2, XA, y±, r*, y± peuvent se developper suivant les puissances
croissantes de p.. En effet, en verlu du theoreme III(§ 2), les x et les y peuvent
etre d6velopp£s suivant les puissances de/x; et de oal5 <3a2? oa3. osj2 et ocv Mais
imaginons que Ton ail determine les oa etles 057 de fagon que la solution soit
periodique de periode T. On tirera alors les oa et les GET des equations (3)
sous la forme de series ordonn^es suivant les puissances de JJL, de sorte que les
x et les y seront finalement ordonn^es suivant les puissances de fjt..
La solution devant ^tre periodique de periode T quel que soit p, les coeffi-
ficients des diverses puissances de /j, seront des fonctions p6riodiques de t.
Remarquons de plus que Ton peut toujours supposer que Torigine du temps
ait et£ choisie de telle sorte que y\ s'annule avec t, et que cela ait lieu quel que
soit f/.. Alors pour t = o on aura
L'existence et la convergence de ces series £tant ainsi 6tablie, je vais deter-
miner les coefficients.
Pour cela, je vais chercher a satisfaire aux equations (i) en faisant (*}
r2 = y\ -4- fxjKi -i- ,a2 y\
Dans ces formules x\, x\, x\ d^signenl les valeurs constantes que j'avais <He
conduit plus hauta attribuer a x^ x% et^ quand jesupposais^zrz: o etquisont
telles que
d wo(^J,^, ^, )«-«i, ~Fo(^? x» xl)=-n.
uJG.£
Les chiffres places en haut des lettres x et y dans les Equations <8) sont des indices et
non des exposants
35o SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
On a de plus ([ )
Enfin les a?/, lesy/, les x?: lesyf, etc. sontdes fonctions du temps qu'il s'agira
de determiner et qui devront £tre pdriodiques de periode T.
Dans F? a la place des x et des y, subslituons leurs valeurs (8), puis deve-
loppons F suivant les puissances croissantes de p. de telle sorte que 1'on ait
F = $o -f
II est clair que
ne depend que des XQL ; que
(9) $1 = Fl( J?l, J"9, JC(\) } l; J/J, J
ne depend que des x^ des y* et des x- ; que $2 ne depend que des ^°, des
des x\) des j? et des x;, etc.
Plus g^neralement, jepuis ecrire
? -™ = ex-— /ii^ — n—
ou GA depend seulement de.s a??, des^]? ... el des^rf"1, desjy/, des j\l, . . . et
desjf-1.
Je puis ajouter que par rapport a j-J, j°? yl ^a fonction 0^. est une fonction
p6riodique de periode 2:1. Liquation (9) montre que ©< --^ FI.
Gela pose les Equations dijfF^rentielles peuvent s'ecrire, en £galant les puis-
sances de meme nom de fji :
dt dt dt ; dt [} dt ~: dt
On trouve ensuite
(I0) ^i=^, ^=^Ei, ^^^/FV,
et
^ f/X{\ '
(J) Un changement convenable de variables permet (Methodes nouvelles, t. I, § 44) des
rendre nuls /?2 et nz et de simplifier amsi la determination effective des coefficients des serie
[jr. L.].
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 35 1
et plus g^n^ralement
do') C^L = c^k
et
Int^grons d'abord les equations (10). Dans F4 nous remplacerons vr", y\^ y*t
par leurs valeurs
Puisque y\ doit s'annuler avec t, w± sera nul. Alors les seconds membres
des equations (10) sont des fonctions p^riodiques de t de p^riode T; ces
seconds membres peuvent done etre d^velopp^s en series proc^dant suivant les
sinus et les cosinus des multiples de ^-- Pour que les valeurs de #|, x\ etarl
tiroes des Equations (ro) soient des fonctions periodiques de /, il faut etil suffit
que ces series ne contiennent pas de termes tous connus.
Je puis ^crire en effet :
F! = 2 A sin ( m\y\ -+- rn*y\ -f- m3j*S •+• h ),
o\i m{, m2, m3 sont des entiers positifs ou negatifs et ou A et h sont des fonc-
tions de a?J, #!!> xl- J'^crirai pour abr^ger :
FI = 2 A sin o;
en posant
Je trouverai aloi%s
^Fi </Fi _ v rfFi _ .
-— - = 2A/7ii costj), -T— j =s S A 7tt.> cos to, — -• ss S A 7/23 cos to
et
- h
Paroii les termes de ces series, je distinguerai ceux pour lesquels
mi ni -f- 7^2 n2 -h m3 /Xa = o
et qui sont ind^pendants de t. Ces termes existent puisque nous avons suppos^
que les trois nombres /it, n* et /j3 sont commensurables entre eux.
Je poserai alors
<j> s= V A sino> (/Tti/ii-h ms/Za-j- 7713713= o, oa = ^ -f- ma iff a 4- 772.3733),
352 " SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
»
la sommation representee par le signe W s'elendant a lous les termes deFt pour
lesquels le coefficient de t est mil. Nous aurons alors
dh n * ^ O *
~- = V A m» cos to, ~- = V A /ns cos to.
<afe2 kJ d&.\ kJ
Si done on a
d>b _ d'b _
(12) ^7~^""0)
il viendra
(13) X A mL cos co = o, W A m2 cos to = o, V A/?z3 cosco = o.
La premiere des Equations (i i) est en effet une consequence des deux autres,
puisque en vertu de la relation mi/i, -j- m2n^-}-m^n3 ==o, on a identiquement
Tii V A m [ cos oo -4- 71-2 V A rn*> cos to -4- ^s W A my cos to = o.
Si done les relations (12) sont satisfaites, les series iAm/ cosw ne contiendront
pas delerme tout connu, et les equations (10) nous donneront
sin to t _^ A mg sin to j
CJ, G^, Ci 6taat trois nouvelles constantes d'int^gration.
II me reste a d^montrer que Ton peut choisir les conslantes ccro et «sj3 de faeon
a satisfaire aux relations (10). La fonction d; est une fonction periodique de TITO
et de ^3 qui ne change pas quand Tune de ces deux variables augmente de 271.
De plus, elle estfinie, elle aura done au moins un maximum et un minimum.
II y a done au moins deux manieres de choisir w% et sy3 de facon a satisfaire aux
relations (12).
Je pourrais meme ajouter qu'il y en a au moins quatre, sans pouvoir toute-
fois affirmer qu'il en est encore de meme quand le nombre de degres de Iibert6
est sup^rieur a trois.
Je vais maintenant chercher a determiner a Faide des equations (i i) les trois
fonctionsy/ et les trois constantes C/.
Nous pouvons regarder comme connus les xf et les y\\ les x\ sont connus
egalement aux eonstantes pres Q. Je puis done dcrire les Equations (i i) sous la
forme suivante :
_
dx\ dx*
ET LES EQUATIONS- DE LA DYNAMIQUE. 353
oii les Hz represented des fonctions entierement connues dtSveloppees en series
suivantles sinus et cosinus des multiples de -^- Les coefficients de CJ, Cl et
Cl sont des constantes qaePon pent regarder comme connues.
Pour que la valeur de yi tiree de cette Equation soil une fonction periodique
de t, il faut et il suffit que dans le second membre le terme tout connu soil nul.
Si done H? designe le terme tout connu de la serie Irigonom6trique HI, je
devrai avoir
*
.
bl dx\ dx* ~"~ - dxl cf^ ^
Les trois equations lin^aires (i5) d£terminent les trois constantes CJ, Cl et Gl.
II n'y aurait d'exception que si le delerminant de ces trois equations etail
nul; c'est-a-dire si le hessien de F0 par rapport a x\, x\ et x\ ^tait nul; nous
exclurons ce cas.
Les Equations (i4) me donneront done
les YJ/ ^tant des fonctions p^riodiques de t enti&rement connues s'annulant
avec t, et les A-/ 6tant trois nouvelles constantes d'int^gration.
Venons mainlenant aux Equations (ior) en y faisant /r=2et« = i, 2, 3 et
cherchons a determiner a 1'aide des trois equations ainsi obtenues, les trois
fonctions xf et les trois constantes k\ .
II est ais6 de voir que nous avons
ou a2 depend seulement des ar,°, des
haut
f et des x\ et oii Ton a, comme plus
-»
'
Les Equations ( ior) s^crivent alors
ou
sinco —
sinto —
^ 4tant une fonction p^riodique de ^, que Ton peut regarder comme entiere-
H. P. — VII. 4^
354 SUR LE PROBLE1ME DES TROIS CORPS
meat connue. Pour que Fon puisse tirer de cette equation x\ sous la forme
d'une fonction periodique, il faut et il suffit que les seconds membres des
6qualions (16), developp^s en series trigonom^triques, ne possedent pas de
termes tout connus. Nous devons done disposer des quantit^s k\ de maniere a
annuler ces lermes tout connus. Nous serions ainsi conduits a trois Equations
lineaires entre les trois quantites k\ ; mais comme le determinant de ces trois
Aquations est nul, il y a une petite difficulte et je suis forc£ d'entrer dans
quelques details.
Comme y\ s'annule avec t, on doit avoir k\ = o ; nous n'aurons plus alors
que deux inconnues k\ et k\ et trois Equations a satisfaire ; mais ces trois
Aquations ne sont pas distinctes comme nous allons le voir.
Appelons en efifet Ez- le terme toutconnu de HJ , ces trois equations s'^criront
Ej = A" i W A ;?i2 m\ sin oj -f- k\ W A /??:> /?ii sin to,
E-2 = k\ V Am| sin to -f- /cj W A 7713771-2 sino),
E3 = A\2 W A m-> m?, sin to -f- £i, W A m\ sin to,
en conservant au signe de sommation >1 le meme sens que plus haut. Jene con-
sid^rerai d'abord que les deux dernieres des Equations (17) que j'^crirai
De ces deux equations on peut tirer k\ et £1, a moins que le hessien de ^ par
rapport a OT2 et s^ ne soit nuL Si Ton donne aux k\ les valeurs ainsi obtenues,
les deux dernieres Equations (16) nous donneront x\ et x\ sous la forme
suivante :
les y £tant des fonctions p^riodiques de t entierement connues et les Cf 4tant
de nouvelles constantes d'int^gration.
Pour trouver x\ nous pouvons, au lieu d^employer la premiere des Equa-
tions (16), nous servir des considerations suivantes :
Les equations (i) admettent une int<§grale F = B, B 6tant une constante
djint6gration que je supposerai d6velopp6e suivant les puissances de p. en
6crivant
B = ;
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 355
de sorte que Ton a
$o=B0, $I=B!, $2=B2, ...,
B0? B.J, B2, etc., <Hant autant de conslantes differentes.
Le premier membre de liquation ^>^=^B2 depend des x*, des j'f, des #*,
des yl, de x\ et de x\ qui sent des fonciicms connues de t et de x\ , lequel nous
n'avons pas encore calcule. De celte Equation, nouspourrons done tirer,#* sous
la forme suivante :
*?=5?-HCf.
£i sera une fonction p^riodique de t entierement determine et C^ est une
conslante qui depend de B2, de C* el de Cj[.
Nous pouvons conclure de la que la premiere des Equations (17) doit etre
satisfaite et par consequent que ces trois Equations (17) ne sont pas distinctes.
Prenons maintenant les equations ( 1 i') et faisons-y A* = 2; nous obtiendrons
trois Equations qui nous pertnettront de determiner les constantes CJ, G* et CJ
et d'ou Fon tirera en outre lesr sous la forme
les y) etant des fonctions periodiques de t entierernent connues et les kf 6tant
trois nouvelles constantes d' integration.
Reprenons ensuite les Equations ( 10') en y faisant k = 3; si nous supposons
k\ = o, nous pourrons tirer des trois Equations ainsi obteimes, d'abord les
deux constantes A^ et k\, puis les xf sous la forme
les g etant des fonctions p^riodiques connues de t et les C;1 etant trois nouvelles
constantes d'integration.
Et ainsi de suite.
Voila un procede pour trouver des series ordonnees suivant les puissances
de fx, periodiques de periode T par rapport au temps et satisfaisant aux equa-
tions ( i ). Ce proc£d& ne serait en dgfaut que si le hessien de F0 par rapport
aux %l etait nul ou si le hessien de ty par rapport ct 5J2 et d3 itait nuL
Ge que nous venons de dire s'applique en particulier a une equation que
Ton rencontre quelquefois en M^canique celeste et dont plusieurs geometres se
sont dej£ occupes. Cette equation est la suivante :
(18) f|£ +. »»p + mp3
356 . SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
n et m, sont des constantes, JJL est un parametre tres petit et R esL une fonclion
de p et de t, d£velopp£e suivant les puissances croissantes de p et periodique
par rapport a t.
Pour bien nous en rendre compte, il faut d'abord ramener 1'^quation ( 18) a
la forme canonique des Equations de la Dynamique. Cela se fera en posant
£ et f\ etant deux nouvelles variables auxiliaires et Tint^grale /R(p, £) ^fp 6tant
calcul^e en regardnnt ^ comme une constante. On trouve alors
dt
auxquelles nous pourrons adjoindre (yj etant rest^e jusqu'ici completement
arbitraire) 1'equation suivante :
qui complete un systeme canonique.
Quaud p. = o I'int^grale g^n^rale de l'6quation (18) s'^crit
(20) p = h sn(£-£ -f- TO), cr = A^ cn(gt n- ra) dn(^# -f- nr),
ou £• et ra> sont deux constantes d'integration et ou A, ainsi que le module du
sinus amplitude, sont deux fonctions de g faciles a determiner.
Nous allons changer de variables; nous prendrons au lieu de £, YJ, p et cr,
quatre variables &\> y*, &<*<> y*<, definies comme il suit. Nous aurons d'abord
^2=<n3 ra=?-
Des Equations (20) qui donnent p et a- en fonction de g et de gt-^-^s pour
jjt, = o, on peut tirer g et gt-\~w en fonctions de p et de G. II vient
Nous prendrons alors pour x^ une certaine fonction de ^ (p, o) et pour y^ :
k d^signant la p^riode rdelle de sn(^r).
Si alors x± a 3t6 convenablement choisi en fonction de ^i; les equations
conserveront leur forme canonique
dt dx\ dt dx^ dt dy~C dt dy**
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 35y
II est clair d'ailleurs que pour /j. = o, F ne depend que de x± et de x* et non de
Yi el de jKa*
Nous nous trouvons done bieri dans les conditions 6noncees an debut de ce
paragraphe.
Liquation ( 18) a suriout 6le etndi^e par les geometres dans le cas on m = o;
il semble au premier abord qu'elle est alors beaocoup plus simple. Ce n'est
qu'une illusion; en effet, si Ton suppose m = o, on se trouve dans le cas ou le
hessien de F0 est nul et ce que nous avons dit dans ce paragraphe n'est plus
applicable sans modification.
Ce n'est pas que les particularites que pr^sente liquation (18) dans le cas
general ne soient encore vraies pour m = o, toutes les fois du nioins que /JL
n'est pas nul. La seule difference, e'est qu'on ne pent les mettre en Evidence
par un d^veloppement suivant les puissances de p.. L'apparente simplification
qu'a regue ainsi liquation (18) n'a fail qu'augmenler les difficultes. II est vrai
qu'on est conduit quand m, = o, a des series beaucoup plus simples que dans
le cas general, mais ces series ne convergent pas comme nous le verrons dans
la suite.
La methode expos£e dans ce paragraphe s'applique egalement a un cas parti-
culier du problem e des trois corps.
Supposons tine masse nulle C attirde par deux masses mobiles A et B 6gales
Tune £ i — fx et 1'autre a p. et decrivant d'un mouvement uniforme deux circon-
f6rences concentriques autour de leur centre de gravity commun suppose fixe,
Imaginons de plus que la masse C se nieuve dans le plan de ces deux circon-
fdrences.
Nous verrons plus loin que dans ce cas les Equations du mouvement peuvent
se mettre sous la forme suivante :
Ixi dW dx% c£F
CLL Cty \ CLt ^y^,
(l)
iyi __ dF dyz __ dF
dt dx*i dt dx<^
On d^signe par x± la vitesse ar^olaire du point C, par x^ la racine carr^e du
grand axe de Forbite de C, par y± la difference de la longitude du perihelie
de G et de la longitude de B, par y% Panomalie moyenne.
D'ailleurs F peut ^tre d^velopp^e suivant les puissances de p. et Ton a
358 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
II est aise de voir que le hessien de F0 par rapport a x± et a x* est nul. 11
semble done d'abord que les methodes du present paragraphe sont en d^faut.
II n'en est rien et un artifice tres simple permet de tourner la difficult^. Les
Equations (i) admettent comme integrate F = C. Consid^rons la constante C
comme une donn^e de la question.
Si alors cp(F) est une fonction quelconque de F et <p'(F) sa d6rivee, on aura
et les Equations ( t ) pourront s'^crire
dxj W(F)dF dyt Q
d ~ 'd* ~~ '
dt ~ v'(G)dyt dt
ou
d** d
dt
En g^n^ralj le hessien de , °^ ne sera pas nul. CJest ce qui arrive en particulier
quand
Les solutions des Equations ( i ) qui correspondent £ la valeur particuliere C de
Tint^grale F appartiennent aussi auz equations ( i7).
Gonsiderons raaintenant une solution des equations (i) qui soit telle que
Pint^grale F soit £gale a une constante d diff4renle de C.
Je dis que cette solution appartiendra encore aux Equations (i') pourvu
qu'on y change t en t ? ( gj * On a en eflfet
dxj __ ^F dyi _ ^F m
~dt" "" dyt ' "5JT "" "" "dOTt '
r / r\ \
si Ton change t en t ••• } ^ - ? il viendra
9 (U)
dt <?'(<2) dyt dt
ou puisque F = Ci :
dt* v'(G)dyt dt
c. Q. F. D.
Des solutions de ( i ) il est done ais£ de d^duire celles de (i7) et inversement.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 35y
Les m^thodes du present paragrapho sont done, grace a cet artifice, appli-
cables a ce casparticulier dQ probleme des trois corps.
Elles ne le seraienlpas aussi aisement au cas gdn^ral. Dans le cas g^n^ral en
efifet, non settlement le hessien de F0 est nul, mais celui de <p (F0) estencore nul,
quelle que soil la fonction CP.
De la certaines difficultes dont je ne parlerai pas ici; j'y reviendrai plus loin
et je me bornerai pour le moment a renvoyer le lecteur a un travail quej'ai
insure dans le Bulletin Astronomique (t. J, p. 65) (*).
12. — Calcul des exposants caracteristiques.
Reprenons les equations ( i ) du paragraphe precedent
<•' £-£- 3?~£ <-.>•»
Supposons qu'on ait trouv£ une solution p^riodique de ces Equations
**= ?i(0> JTz='Mn
et proposons-nous de determiner les exposants caracteristiques de cette
solution.
Pour cela nous poserons
puis nous formerons les Equations aur variations des Equations (i) que nous
^crirons
__
~dt ~ ^ dy, dxk * ~* dyidyk
^li__V_^I_, _V_^iL. C'' ^I? "' 3)
dt ~ ZtdXidxk*1 2*dxidxk"ik
k k
et nous ctercherons a integrer ces Equations en faisant
(3) &f = <s«'S/, 7i,= ««T/,
S/ et Tf ^tant des fonctions p6riodiques de t. Nous savons qu'il esiste en
g6n6ral six solutions particulieres de cette forme [les Equations lin^aires (2)
6tant du sixieme ordre], Mais il importe d^observer que, dans le cas particulier
qui nous occupe, il n'y a plus que quatre solutions parliculieres qui conservent
(*) GEuvres de H. Poincare^ ce Tome p. 253.
360 -SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
cette forme, parce que deux des exposants caracterisiiques sont nuls, et qu'il y
a par consequent deux solutions particulieres d'une forme degenerescente.
Cela pose, supposons d'abord ft = o, alors F se reduit a F0 comme nous
Favons vu dans le paragraphe precedent et ne depend plus que de x\, x\
Alors les equations (2) se reduisent a
dt
Les coefficients de £* dans la seconde Equation (2') sont des constantes.
Nous prendrons comme solutions des Equations (2')
v]J, r\\ et •/}! etant trois constantes d'int^gration.
Cette solution n'est pas la plus generate. puisqu?elle ne contient que trois
constantes arbitraires, mais c'est la plus g£n£rale parmi celles que Ton peut
rarnener a la forme (3). Nous voyons ainsi que pour ^ = o, les six exposants
caracteristiques sont nuls.
Ne supposons plus maintenant que ft soit mil. Nous allons maintenant
chercher a d^velopper a, S/etTf, non pas suivant les puissances croissantes
de jx. mais suivant les puissances de \j\3. en ^crivant
/ v7? •+• s? & •+- s f [j.
Je me propose d'abord d'etablir que ce d^veloppement est possible.
Montrons d'abord que les exposants caracteristiques a peuvent se developper
suivant les puissances croissanles de \/fA.
D'apres ce que nous avons vu au paragraphe 10, les exposants caract^ris-
tiques nous seront donnds par Fequation suivante, en reprenant les notations
des paragraphes 9 et 10 :
"Pi «P2 <2-pw
Le premier raembre de cette Equation est holomorphe en ce ; de plus, d'apres le
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 36 1
theoreme III (§2), les y peuvent elre d(§veloppes suivant les puissances de \L
et des (3 (c/. § 9), d'ailleurs d'apres le paragraphe 9 les (3 peuvent sedevelopper
eux-m£mes suivant les puissances de p. D'apres cela les y et le determinant que
je viens d'ecrire peuvent eux-memes etre d^veloppes suivant les puissances
de /JL. II r^sulte de la que les exposants 2 nous sont donnes en fonction de p. par
une equation G(«, ^) = o dont le premier membre est holoraorphe en a et
en IJL.
Si pour fx = o, tous les exposants a etaient differents les uns des autres,
Fequation G = o n'aurait pour j3 = o que des racines simples, et Ton en
conclurait que les a seraient d^veloppables suivant les puissances de p.
(tWoremelV, §2).
Mais il n'en est pas ainsi; nous venons de voir en effet que pour fx = o, tous
les a sont nuls.
Reprenons les notations du paragraphe 11, notre equation pourra s^crire,
en supposant trois degr£s de libert^ seulement :
• +1— e
d <5#i d. oa-2
-H-I — ea
d 6 #2 d o@;* d ST«JI d owt d ow?t
• -f-i--(?aT
d OGTj
d &w\ <^Atui f/AnTi ir/Auji ^,r
1 . T _ fiar
^0<?2 d$G:\ dow
d ATUO <^ Anr«>
• H- I — £a
a onj;}
Cela fait, je pose
a = X ytl.
Je divise les trois premieres lignes du determinant par yji; je divise ensuite les
trois dernieres colonnes par y/p. (de sorte que le determinant lui-m£me se trouve
finalement divis6 par (x3).
Je fais ensuite ft = o.
J'observe que d'apres ce que nous avons vu au paragraphe ll? Aa4, Aa2,
H. P. - vir. 46
r/ OCJ;;
»
•4-1-
362 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Aa3 sont divisibles par p. Si done j'envisage le premier element de la premiere
ligne, cet £l£ment apres la division par \/p. s'^crira
et quand on j fera p. = o il deviendra — AT.
De m£me le second element de la premiere ligne s'ecrit —= — — eL il tend
r D
vers z6ro avec p..
Ainsi quand on aura fait j* = o, les trois preiniers 6l^ments des trois pre-
mieres lignes s'annuleront a ^exception des ^I^ments de la diagonale principale
qui deviendront £gaux a — XT.
Gonsid^rons maintenant les trois derniers elements des trois dernieres
lignes; ils s'^criront
OU
selon qu'ils appartiennent ou non a la diagonale principale. D'apres ce que
nous avons vu an paragraphe M, ASTA- est d6voloppable suivant les puissances
de fz, des Sat et des 8^-; de plus pour JUL = o, ATSTI ne depend pas des Sw/. On en
conclura que • v* est divisible par /JL.
Done quand on fera fx=o, les trois derniers £l4ments des trois dernieres
lignes deviendront egaux a — AT ou a zero, selon qu'ils appartiennent ou non a
la diagonale principale.
Consid6rons maintenant les trois premiers elements des trois dernieres
lignes -p; — ** D'apres ce que nous avons vu au paragraphe 11, on a pourfz = o :
= — i -
Passons enfin aux trois derniers ^l^ments des trois premieres lignes qui
s*6crivent * - D'apres ce que nous avons vu au paragraphe 11, si dans F4
on substitue a^ a2, a3, nit + wt, n%t + uj2, n$t + sy3 a la place de #1, ^a? -^s?
/i ? y*i y*> on v<>it que F< devient une fonction periodique de t de p^riode T et
si Ton'appelle ^ la valeur moyenne de cette fonction periodique, on a pour
- TS -
fi a ocj^t
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
II importe de remarquer que Ton a identiquement
UTS i ~ dm* dt&s
Nous voyons done que pour p, = o on a
363
En ^galant a z6ro ce determinant, on a une Equation du sixieme degr6 en ).;
deux de ses racines sont nulles; nous n'en parlerons pas, carelles serapportent
aux deux solutions particulieres de forme d£g4nerescente dont jjai parle plus
haut. Les quatre autres solutions sont distinctes en general.
II r^sulte alors du tb^oreme IV (§ 2), que nous pourrons tirer de liquation
3 ^
6
=o, l(et par consequent a) sous la forme d'une s^rie d^veloppee
suivant les puissances croissantes de \/p.. J'ajouterai que A peut se d^velopper
suivant les puissances de /x et que le developpement de a ne contient que des
puissances impaires de yp.. En effet les racines de liquation G(cc, pi) =: o
doivent £tre deux a deux egales et de signe contraire (c/. § 10). Done a doit
changer de signe quand je change \/p en — y//x.
D^montrons maintenant que Sz- et Tj peuvent aussi se d^velopper suivant les
puissances de \//ju
Si et TI nous sont donnas en effet par les Equations suivantes :
T^5
T*.
i dxt
«* dyt dyk
yi ^F
jmmi dxi dy&
Soit (3t- la valeur initiale de Sf et |3[ celle de T,-; les valeurs de S/ et de T/ pour
une valeur quelconque de t pourront d'apres le tWoreme III, (§ 2), se d£ve-
36 4 SUE LE PROBLEME DES TROIS CORPS
lopper suivant les puissances de ^, de a, des ,3, et des (3/. De plus, a cause de
la forme lin^aire des Equations, ces valeurs seront des fonctions lin^aires et
homogenes des (3j et des fi[ .
Soil, pour employer des notations analogues a celle duparagraphe 9, (3t-n-^/
la valeur de S, et (3J + <]>,' celle de Tf pour £ — T. La condition pour que la
solution soit p^riodique, c'est que 1'on ait
+«=*;= o.
Les tyi et les ^ sont des fonctions lin^aires des (3,- et des (3': ; ces Equations sont
done Kn^aires par rapport a ces quantites. En general ces Equations n'admettent
d'autre solution que
P,= K=o,
de sorte que les Equations (2") n'onl d'autre solution p^riodique que
SJ==T£=o.
Mais nous savons que si 1'on. choisit a de fagon a satisfaire a G(a, JUL) = o, les
Equations (ar;) adnaettent des solutions p^riodiques autres que Sfr=i Tt=z o. Par
consequent le determinant des equations lin^aires ^f=^ = ° est nu^- Nous
Q g/
pourrons done tirer de ces Equations les rapports |f et ~ sous la forme de
series d^velopp^es suivant les puissances de oc et de p..
Comme fi\ reste arbitraire, nous conviendrons de prendre (3'1 = r de telle
sorte que la valeur initiale de T< soit ^gale a i. Les (3/ et et les (3;f sontalors
d^velopp^s suivant les puissances de a et de fx; mais les Sr- el T/ sont comme
nous Tavons vu d^veloppables suivant les puissances de a, de j/,, des p? et
des (37t et d'autre part a est d^veloppable suivant les puissances de \/^.
Done les Si et les T/ seront developpables suivant les puissances de ^/ju
C. Q. F. D.
On aura en particulier :
Comme, d'apres notre hypothese, (3^ qui est la valeur initiale de TI doit etre
egale a i, quel que soit jx, on aura pour t = o :
TO — T f. _ nni _ T'S _ _ Tm. _
i — I5 o — ij — A i — . • . — A! -- ...
Ayant ainsi d^montr^ 1'existencede nos series, nous aliens chercher a en d^ter-
miner les coefficients.
Nous avons
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
365
et
(4)
S/ vfc 4-. . . ), rl£=
^H-V/iI^+...H-.T«-hav£T'+...
Nous d^velopperons d'autre part les d^rivees secondes de F qui entrent
comme coefficients dans les Equations (2) en 6crivant
(5)
dxl
dxtdyt IK ' ' lk ' v ~lk ^""
Ges developpements ne contiennent que des puissances entieres de p et ne
possedent pas comme les developpements (4) des termes dependants de y/ju
On observera que
Nous substituons dans les Equations (2) les valeurs (4)et(5)ala place des |,
des 73, de leurs d6riv4es et des d^rivdes secondes de F. Dans les expressions (4)
je suppose que a soit d£velopp6 suivant les puissances de \/(jt, sauf lorsque
cette quanlit<§ a entre dans un facteur exponential e*'.
Nous identifions ensuite en ^galant les puissances serablables de y//-t et nous
obtiendrons ainsi uiie s^rie d'^quations qui permettent de determiner succes-
sivement «o aa, a^, . . ., S®, S^1, . . . , T^°, T/, ....
Je n^crirai que les premieres de ces equations obtenues en dgalant successi-
vement les termes tout connus, les termes en ^/jx, les termes en JJL, etc. Je fais
dyailleurs disparaitre le facteur eyt qui setrouve partout.
Egalons d'abord les termes en y^; il vient
(7)
,0 ==2
366 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Egalons les termes en /x, il vient
A
outre trois Equations analogues donnant les -~rL-
Si 1'ontient compte maintenant des relations (6), les Equations (7) deviennent
La premiere de ces Equations montre que SJ, S* et S* sont des constantes.
s7T 1
Quant a laseconde, elle montre que -^~- est une constante; mais comme T* doit
etre une fonction p^riodique, cette constante doit £tre nulle, de sorte qu'on a
(9) «i V = CA Sj -h Cft Si -h Cz°3 S5,
ce qui 6tablit trois relations entre les trois constantes YJ£°, les trois constantes S1 et
la quantity inconnue a4.
De son c6t^ liquation (8) s'^crira
Les BfA soat des fonctions periodiques de t\ d6veloppons-les d^apres la formule
de Fourier et soit b^ le terme tout connu de B,sft. II viendra
ou en tenant compte des Equations (9), il viendra
A=3
A=i
En faisant dans cette Equation (to) i = i, 2 et 33 nous aurons trois relations
lin£aires et homogenes entre les trois constantes S/. En ^liminant ces trois
constantes, nous aurons alors une Equation du troisieme degr6 qui
mineral J.
Si nous posons pour abr^ger
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
liquation due a cette Elimination s'^crira
367
<?I1— - 3£j
#23
£33 — af
Elle peut encore s'Ecrire
— «i
o o
GO
11
G°
n o
^1 3
0
— cci o
no
U21
G§2
C§3
o
o — «i
no
^31
GSs
<^§3
£11
#12 #13
— «i
o
O
621
#22 623
o
-— at
O
63l
632 &3:j
0
0
— OC!
= o.
La determination de at est la seule partie du calcui qui presente quelque
difficultd.
Les Equations analogues a (7) et a (8) f^rm6es en egalant dans les equa-
tions (2) les coefficients des puissances semblables de yp., permettent ensuite
de determiner sans peine les a/c, les S™ et les T'/1. Nous pouvons done enoncer
le resultat suivant :
Les exposants caract&ristiques asont developpables suivant les puissances
croissantes de yp.
Goncentrant done toute notre attention sur la determination de ot1? nous
atlons etudier specialement liquation (11). Nous devons chercher d'abord a
determiner les quantites G^. et b^.
On a evidemment
et
ou
et
B^ = — It A mi mk sin to ( to = m^yl •+-
./*)
bik = — X
D'apres les conventions faites dans le paragraphe precedent, la sommation
representee par le signe 2 s?4tend a tous les termes, quelles que soient les
valeurs entieres attributes a m±y /n2 et m^. La sommation representEe par le
signe v s?6tend seulement aux termes tels que
3(58 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Sous le signe ^ nous avons par consequent
03 = WlvUS* •+" #2-3 "GJ* "4™ 7l.
Gela nous permet d'ecrire
_/•-) .!.
(pour i et k = 2 ou 3).
Si un ou deux des indices i et k sont £gaux a i, bik sera d^fini par la relation
n\ fan -j- 71% bfr H- /is #£j = o.
Nous allons a Paide de cette derniere relation transformer liquation (n)
de fagon a meltre en Evidence Fexistence de deux racines milles et a r^duire
1'^quation au quatrieme degre.
Je trouve en effet par une simple transformation de determinant et en
divisant par a\ :
/ii /i*
o — ct
o o
o o
&23 ^22
&33 6*32
— Oil O
Dans le cas particulier ou Fon nja plus que deux degr^s de liberte, celte
equation s'ecrit
/it ;i2
0 0
O 5Ci
~y — '* ®
po po
12 2 2
— ai 722
Go po
11 *-«21
O Tli
OU
L? expression /iiGJa — 27i^3GJs + ^gCJ, ne depend que de &\ et ^?^ ou si Ton
veut de n^ et de /i2- Quand nous nous serons donn6 les deux nombres /z<
et 7i2 dont le rapport doit £tre commensurable, nous pourrons regarder
TiJC^s — 27i47i3CJ2-|-7i|GJ1 comme une constante donn^e. Alors le signe de a\
depend seulement de celui de -— *
r ofcyf
Quand on s'est donn6 n± et 7ia, on forme liquation
(12)
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 36g
qui est Fequation (~) du paragraphe precedent. Nous avons vu dans ce para-
graphe "qu'a chaque racine de cette equation correspond une solution
periodique.
Considerons le cas general ou liquation (12) n'a que des racines simples;
chacune de ces racines correspond alors a un maximum ou a un minimum ded*.
Mais la fonclion ^ etant periodique presente dans chaque periode au moins un
maximum et un minimum et precisement autant de maxima que de minima.
Or pour les valeurs de 5J2 correspondanta un minimum, -y-^ est positif; pour
les valeurs correspondant a un maximum, cette derivee est negative.
Done Fequation (12) aura precisement autant de racines pour lesquelles
cette derivee sera positive, que de racines pour lesquelles cette derivee sera
negative, et par consequent autant de racines pour lesquelles a^ sera positif que
de racines pour lesquelles ct~L sera n6gatif.
Cela revient a dire qu'il j aura precisement autant de solutions periodiques
stables que de solutions instables, en donnant a ce motle mSme sens que dans
le paragraphe 10.
Ainsi, a chaque systeme de valeurs de n± et de n*, correspondront au
moins une solution periodique stable et une solution periodique instable et
precisement autant de solutions stables que de solutions instables poun-u que
p. soit suffLsamment petit,
Je n'examinerai pas ici comment ces resultats s'etendraient au cas ou
Fequation (12) aurait des racines multiples.
Voici comment ii faudrait continuer le calcul.
Imaginons f|ue Foil ait determine completement les quantit6s a*, #2, .... am
et les fonctions SJ, S/, . . ., SJ", T!', T/, . . ., T?1™1, et que Fon connaisse les
fonctions S"l+l et TJ" a un e cons tantep res. Supposons qu'onse propose ensuite
de calculer ccm4_i ? d'achever la determination des fonctions S^+1 et T^w et de
determiner ensuite les fonctions S^2 et Tf 4"1 a une constante pres.
En egalant les puissances semblables de pt dans les equations (4)? on obtient
des equations de la forme suivante, analogues aux equations (7) et (8).
_ _|! 1_ V c& Sf +i — - a, Tf — am+i Tf = quantite connue
k a" = 1,2, 3).
_ L_L j- "V B?i. T'/4 — a* S}"^ J — am^i S/ = quantite connue
dt —~± l n
H. P. — VII. • 4?
870 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Les deux raembres de ces equations (12) sont des fonctions periodiques de t.
Egalons la valeur moyen-ne de ces deux membres. Si nous d^signons par [U] la
valeur moyenne d?une foactioa p^riodique quelconque U, si nous observons
que si U est periodique on a
si nous rappelons que, T^ etant connu a une constante pres, TJ1— [T™] et
[B?fc(T™ — [IT])] sont des quantites connues, nous obtiendrons les equations
suivantes :
G'HS2'+I ] - ai[T?1] " */n-MT,0 = quantite connue
(1 = 1,2,3).
— aitsJ'irl J — *»i+iS/ = quantite connue
Ges equations (i4) vont nous servir a calculer am^.i, [T{"] et [S^M] et par
consequent a achever la determination des fonctions T"* et S"1*1 qui ne sont
encore connues quya une conslante pres.
Si Ton additionne les equations (i4) apres les 'avoir respectivement multi-
ples par SJ, Si, SJ, TJ, TJ, T°3-on irouire
2^S/Tf am+l= quantite connue,
/
ce qui determine <xm+i*
Si dans les Equations (i4) on remplace «w + i par la valeur ainsi trouvee, on
a pour determiner les six inconnues [T^1] et [S^H1] six equations lineaires dont
cinq seuleraent sont ind^pendantes.
Cela pose? on d^terminera [T'"j par la condition que [T7"] soit nul pour
t = o, conform^nient a 1'hypothese faite plus haut, et les cinq Equations (i4)
resides ind^pendantes permettront de calculer les cinq autres inconnues.
dTrn+i <r/S^"*~2
Les Equations (i3) nous permettront ensuite de calculer — — — et — -^— - et
par consequent de determiner les fonctions T"i+1 et Sfl+2 a une constante pres ;
et ainsi de suite.
13. — Solutions asymptotiques.
Soient
. N djcj _, , . ,
(i) -jf =\i (? = i, 2, . .., n)
n Equations differentielles simultan(5es. Les X sont des fonctions des x et de t.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3ji
Par rapport aux x elles peuvent £tre developp^es en series de puissances.
Par rapport a t, elles sent periodiques de p^riode 27:.
Soil
^1 = ^;, x* = x\^ — xtl = oc{il
une solution partictiliere periodique de ces equations. Les x\ seront des fonc-
tions de t periodiques de periode 271. Posons
Xi = X*{ -h !=*.
II viendra
Les £, seront des fonctions des £ et de £, periodiques par rapport a t et d6ve-
lopp^es suivant les puissances des £; mais il n'j aura plus de termes indepen-
dants des ^.
Si les £ sont tres petits et qu'on neglige leurs carr6s? les equations se
reduisent a
TM 1 — fJ >- 'L - — _ ''" c
1 ; ^ ~ ^r'1"7" ^r:i> ..... ~dx»t
qui sont les equations aux variations des equations (i).
Elles sont lin^aires et a coefficients periodiques. On connait la forme de
leur solution g^n^rale, on trouve
*911 -f- A2 «a»'?4i H-. * .-f- Ara
^o-h A* caa'=2a-f-. . .-r- A«
les A. sont des constantes d'inteSgration, les a des constanles fixes qu'oii appelle
exposants caract^ristiques, les 9 des fonctions periodiques de t.
Si alors nous posons
g2 = TJI 9la -4- TQ2 922 -4- . . . -h rin ort-_> ,
les Equations (2) deviendront
/2rx f^I-H-
(2 ) dl -««
ou les Hf sont des fonctions de t et des *} de meme forme que les £.
372 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Nous pourrons d'ailleurs ecrire
Hf represente Tensemble des termes de Hj qui sont de degre/? par rapport
aux r).
Quant aux Equations (3), elles deviennent
(3 ) -jj = i — ai7iz.
Cherchons maintenant la forme des solutions g^n^rales des equations (2)
el(a')-
Je dis que nous devrons trouver yj/= fondion developp^e suivant les puis-
sances de AI e^^ A2 eas*, . . . , An e*nt dont les coefficients sont des fonctions
p^riodiques de t*
Nous pouvons ecrire alors
yjf repr^sentant Pensemble des termes de y]/ qui sont de degr6 p par rapport
aux A.
Nous remplacerons les yjt- par leurs valeurs dans Hf et nous trouverons
Hf *Y d^signanl 1'ensemble des termes qui sonl de degre q par rapport aux A.
Nous trouverons alors
'= K7.
Ces Equations permettront de calculer successivement par recurrence Yjf,
rjf , . . . , yj^j .... En effet K^ ne depend que des yjf ? yj2, . . . ; TO'/"~J. Si nous sup-
posons que ces quantitds aient £t6 prialablement calcul6es, nous pourrons
Ecrire Ky sous la forme suivanle :
les (3 6tant des entiers positifs dont la somme est ^et^ une fonction periodique.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. '^S
On pent 6crire encore :
C £lant un coefficient generalement imaginaire et -; un entier positif ou n^gatif.
Nous ^crirons pour abr^ger :
A&A?2.. AP»= A'/, «! Sj-f- a^jo — . . ,-i- zn%n= Sa>,
et il viendra
-^ — -a, ?}'{=: SCA^c^W^-i-Sct?;.
Or on peut satisfaire & cette equation en faisant
II y aurait exception dans le cas ou Ton aurait
auquel cas il s'introduirait dans les formules des termes en t. Nous reserverons
ce cas qui ne se pr^sente pas en g£n£ral.
Nous devons maintenant trailer la question de la convergence de ces series.
La seule difficult^ provient d'ailleurs comme on va le voir des diviseurs
(5) Y ^'^7 -H Sap — af.
Cette convergence est une consequence immediate des r6sultats obtenus dans
le paragraphe 3, mais je pr^fere en donner une demonstration directe.
Remplacons les Equations (2') par les suivantes :
(2') ^= - Ai e^-h H/ -h Hf H-. . . •+- Hf -h. . . .
5-
Definissons Hf . On voit sans peine que Hf est de la forme suivante :
C est une constante quelconque, les (3 sont des entiers positifs dont la somme
est/>, y est un entier positif ou n^gatif. Nous prendrons alors
Les series ainsi obtenues seront convergentes pourvu que les series tri
triques qui d^finissent les fonctions periodiques dont dependent les H convergent
absolument et uniform£ment; or cela aura loujours lieu parce que ces fonctions
p6riodiques sont analytiques. Quant a s, c'est une constante positive.
374 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
On peut tirer des (iquations (2") les ri sous la forme suivante :
( 4") ru = SRIa-S? A?' Ag- . . . A?"e<SaP".
Plusieurs termes pourront d'ailleurs correspondre aux mehnes exposants (3. Si
Ton compare avec les series tiroes de (2') qui s^crlvent
voici ce qu?on observe :
i ° M est r£el posilif et plus grand que | N |.
2° II d^signe le produit des diviseurs (5) (gr<2{3).
Si done la serie (4") converge et si aucun des diviseurs (5) n'estplus petit
que e, la s^rie (4f) convergera ^galement. Voici done comment on peut ^noncer
la condition de convergence.
La s6rie converge si Fexpression
7 y — I -h Sa|3 — az
ne peut pas devenir plus petite que toute quantity donnee e pour des valeurs
entieres et positives des (3 et entieres (positives on negatives) de y; c7est-a-dire
si aucun des deux polygones convexes qui enveloppe, le premier leb a et
+ ^ — i, le second les a et — y — i, ne contient 1'origine; ou si touies les
quantit^s oc ont leurs parties r^elles de meme signe et si aucune d'elles n'a sa
partie r^elle nulle.
Que ferons-nous alors s'il n'en est pas ainsi?
Supposons par exemple que A- des quantit^s a aientleur partie r£elle positive,
et que n — k aient leur partie r^elle negative ou nulle. II arrivera alors que la
sdrie (4;) restera convergente si 1'ony annuleles constantes A qui correspondent
a un a dont la partie r^elle est negative ou nulle, de sorte que ces series ne
nous donneront plus la solution g£n6rale des equations proposes, mais une
solution contenant seulement k constantes arbitraires.
Si on suppose que les Equations donnees rentrent dans les Equations de la
Dynamique, nous avons vu que n est pair et que les a sont deux a deux £gaux
et de signe contraire.
Alors si k d'entre eux onl leur partie r^elle positive, A* auront leur partie
r^elle negative et n — 2 A- auront leur partie reelle nulle. En prenant d'abord
les oc qui ont leur partie r6elle positive, on obtiendra une solution particnliere
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3^5
conlenanl k constantes arbitraires; on en. obliendra une seconde en prenant
les a qui ont leur partie reelle negative.
Dans le cas ou aucun des y. n'a sa partie reelle nulle et en particulier si tous
les a sont re"els, on a d'ailleurs
Nous aUons nous placer mainlenaiit dans un cas tres particulier. Supposons
d'abord n = 2, de telle facon que les equations (i) se reduisent a
r/jc\ _ f/./>.. __
"T7T ~ Al7 "77F ~ -
Supposons de plus que
/rN t/Xi rfXi
(G) —L H- _z =0.
dx\ dsc*
La situation du system e depend alors des trois quantity's ^r4, a?2 et 2; onpeut
done la representer par la position d'un point dans 1'espace; voici q^el mode
de representation on peut adopter pour fixer les idees :
Les coordonn^es rectangulaires du point repr^sentatif seront e"rieo"s£, ^sinc
et ^2' De cette fagon :
i° a tout systeme de valeurs des trois quantites xi: x^ et t corresponds un
point de 1'espace;
2° a tout point de 1'espace correspondra un seul systeme de valeurs des
quantit6s ^i, x^ cos^ sini, et par consequent une seule situation du sjsteme
si 1'on ne considere pas comme distinctes deux situations qui ne different que
parce que t a augment^ d'uri certain nombre de p6riodes STT;
3° si Ton fait varier /, (xa et x$ restant constants) le point repr^senlalif
d6crit une circonf^rence;
4° a la condition x\ = x* = o correspond le cercle ^ = o, x~ 4~j'*2 == i ;
5° a la condition jc\ = — oo correspond Paxe des z.
A'toute solution des Equations (i) correspondra une courbe d6crite par le
point repr^sentatif. Si la solution est periodique, cette courbe est fermee.
Consid^rons done une courbe fermee C correspondant a une solution
p^riodique.
Formons les Equations (2), (3), (2') et (3') relatives a cette solution p£rio-
dique et imaginons que Ton calcule les quantitds a correspondantes.
Ces quantites sont au nombre de deux, et en verlu de la relation (6) elles
sont egales et de signe contraire.
876 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Deux, cas peuvent se presenter : ou bieii leur carre est negatif et la solution
periodique esL stable; on bien leur carre est positif et la solution est inslable.
Placons-nous dans ce dernier cas et appelons + a et — a les deux valeurs de
1'exposant a; nous pourrons supposer alors que a est reel positif.
Gela pos^j les series (40 seront developp^es suivant les puissances croissantes
de A<?a* et de B<?~°"; mais elles ne seront pas convergentes si A et B y entrent
a la fois; elles le deviendront au contraire, si Ton y fait soit A= o, soit B = o.
Faisons d'abord A = o; alors les 73 seront developpes suivant les puissances
de B#~ai; si done t croit ind^finiment, 73 1 et yj2 tendent simullan^ment vers z£ro.
Les solutions correspondantes peuvent s'appeler solutions asymptotiques] car
pour t = -j- oo, les YJ et par consequent les ^ tendent vers zero, ce qui veut dire
que la solution asymptotique se rapproche asymptotiquement de la solution
periodique consideree.
Si Ton fail de m£me B = o, les vj sont developpes suivant les puissances
de A ea*; ils tendent done vers z6ro quand t tend vers — oo. Ce sont done encore
des solutions asymptotiques.
II y a done deux series de solutions asymptotiques, la premiere correspondant
£ £ = 4-00, la seconde a t = — oo. Chacime d'elles contient une constante arbi-
traire, la premiere B, la seconde A.
A cKacune de ces series de solutions asymptotiques correspondra une s^rie
de courbes se rapprochant asymptotiquement de la courbe ferm6e C et qu'on
pourra appeler courbes asymptotiques. L'ensemble de ces courbes asympto-
tiques formera une surface asymptotique. II y aura deux surfaces asympto-
tiques, la premiere correspondant a £= + 00, la seconde a t = — oo. Ces deux
surfaces iront passer par la courbe ferm^e C.
Supposons que dans les Equations (i) les X dependent d'un parametre p. et
que les fonctions X soient d6veloppables suivant les puissances de ce parametre.
Imaginons que pour /JL = o, les exposants caracteristiques y soient tous
distincts de telle fagon que ces exposants, etant definis par liquation
G(a; |m) = o du paragraphe precedent, soient eux-m^mes d^veloppables suivant
les puissances de fx.
Supposons enfin qu7on ait, ainsi que nous venons de le dire, annule toutes
les constantes A qui correspondent a un a dont la partie r6elle est negative ou
nulle.
Les series (^') qui d&Snissent les quantit^s ru dependent alors de /*. Je me
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 877
propose d'^tablir que ces series peuvent etre developpees, non seulenient
suivant les puissances des A£e% mais encore suivant les puissances de tu.
Considerons Pinverse de 1'un des diviseurs (5) : (y yCT7 4- 2a;5 _ a,-)-1. Je
dis que cette expression peut etre d^veloppee suivant les puissances de p..
Soient oji, a2j . . . , a/, les /•: exposants caracteristiques dont la partie r^elle est
positive el que nous sommes convenus de conserves CKacun d'eux est d<£ve-
loppable suivant les puissances de /JL. Soil «° la valeur de a,- pour p — o; nous
pourrons prendre p,0 assez petit pour'que «,- differe aussi peu que nous voudrons
de ocf quand j p. < p.0. Soit alors A une quantite positive plus petite que la plus
petite des parties r6elles des k quantites a?, «J, . ..,«2; nous pourrons
prendre ^0 assez petit pour que, quand |fJt|<^0j les k exposants a^ a2; ...,«*
aient leur partie reelle plus grande que A.
La partie reelle de y v^— * + 2a? — ai sera a!->rs plus grande que A
(si (3/>> o), de sorte qu'on aura
Ainsi si p. | < p.0, la fonction (y \/ — i -f ^ajS — «/)-' reste uniforme, continue,
finie et plus petite en valeur absolue que j«
Nous en conclurons d'apres un th^oreme bien connu que cette fonction est
d^veloppable suivant les puissances de p. et que les coefficients du d^veloppement
sont plus petits en valeur absolue que ceux du d^veloppement de - -
X1™:
II est a remarquer que les nombres A et /JLO sonl ind^pendants des entiers (3 ety.
II y aurait exception dans le cas ou |3/ serai t nuL La partie reelle du divi-
seur (5) pourrait alors etre plus petite que A et m£me ^tre negative. Elle est
6gale en effet a la partie reelle de 2aj3 qui est positive, moins la partie rdelle
de at qui est 6galement positive et qui peut etre plus grande que celle de 2a(3
si (3i est nuL
Supposons que la parlie reelle de a£- reste plus petite qu'un certain nombre AI
tant que \p\ < p-o- Alors si
(7) Sp>^ + i,
la partie reelle de (5) est certainement plus grande que A; ii ne peut done y
avoir de difficult^ que pour ceux des diviseurs (5) pour lesquels Finegalil^ (7)
n'a pas lieu.
H. P. — VII. 4#
878 SUR LE PROBLEMS DBS TROIS CORPS
Supposons mainloaanl que la partie imaginaire des quantites aH, «2, . . ., aA
reste constamruent plus petite en valour absokie qu'un certain nombre positif A2;
si Ton a alors
(«) ! v ! > /iasrn-t-/?,
la partie imaginaire de (5) et par consequent son module sera encore plus
grand que h\ de telle sorte qu'il ne pent y avoir de difficnllc que pour ceux des
diviseurs (5) pour lesquels aucune des in^galites (7) et(8) n?a lieu. Mais ces
diviseurs qui ne satisfont a aucune de ces in^galit^s sont en nombre fini.
D'apres une hypothese que nous avons faite plus haul, aucun d'eux ne
s'annule pour les valeurs de \j. que nous considerons; nous pouvons done
prendre h et pt0 assez petits pour que la valeur absolue de Tun quelconque
d'entre eux reste plus grande que h quand | \± \ reste plus petit que fJL0.
Alors Pinverse d'un diviseur (5) quelconque est developpable suivant les
puissances de [J. et les coefficients du d^veloppement sont plus petits en valeur
absolue que ceux de -- Nous avons ecrit plus haut :
7 / I*
A i ~ ~
\ t^o
D'apres nos hypotheses, C peut dtre developpe suivant les puissances de p de
telle sorte que je puis poser
C = SE >i', H// = S
Reprenons main tenant les equations (2//) en y faisant
£ = A /, _ i V H'i = S | E | ^^ . . . r,?».
\ Ko/
Les seconds membres des Equations (^') seront alors des series convergentes
ordonn^es selon les puissances de /*, dc r;1? 7}2» , . . ct 73,1.
On en tirera les YJ, sous la forme de series (4/r) convergentes et ordonnees
suivant les puissances de jjt, At e*1', A% e*"-f, . . ., AA 6a^.
Des Equations (a;) nous tirerions d'autre part les rn sous la forme de
series (40 ordonnees suivant les puissances de ^, AI e**f, A2 e^1* . . ., A^ea;/s
^ v""1, e~~L^~~^. Chacun des termes de (4') est plus petit en valeur absolue que le
terme correspondant de (4") et comme les series (4!/) convergent, il en sera de
meme des series (4')-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 879
14. — Solutions asymptotiques des equations de la Dynamique.
Reprenons les equations (i) du paragraphe 1 1 :
et les hypotheses faites a leur sujet au debut de ce paragraphe I 1.
Nous avons vu dans ce paragraphe 1 1 que ces equations admetteni des
solutions periodiques et nous pouvons en conclure que pourvu que Tun des
exposants caracteristiques a correspondanls soit reel, ces equations admettronl
aussi des solutions asymptotiques.
A la fin du paragraphe precedent, nous avons envisage le cas ou dans les
equations (i) dudit paragraphe 13, les seconds membres X/ sont d^veloppables
suivant les puissances de p., mais ou les exposants caraclerisiiques restent
distincts les uns des autres pour 4u = o.
Dans le cas des equations qui vont maintenant nous occuper, c'est-a-dire des
equations (i) des paragraphes 1 1 et 1-4, les seconds membres sont encore deve-
loppables selon les puissances de //,; mais tous les exposants caracteristiques
sont nuls pour p. = o.
11 en r^sulte un grand nombre de differences importantes.
En premier lieu les exposanls caracteristiques a ne sont pas d^veloppables
suivant les puissances de [Jt., mais suivant celles de y /j. (cf* § 12). De meme les
fonctions que j'ai appeldes cpz-jt au debut du paragraphe 13 (el qui, dans le cas
particulier des Equations de la Dynamique qui nous occupe ici, ne sont autres
que les fonctions S7: et T/ du paragraphe 12) sont d^veloppables, non suivant
les puissances de /JL, mais suivant les puissances de \/IJL.
Alors dans les equations (2') du paragraphe 13 :
le second membre H/ est developpe* suivant les puissances des n, de e^""1, e™'^"1
et de v/F (et non Pas ^e F)'
On en tirera les m sous la forme des series obtenues au paragraphe pr&c&dent
et N et II seront developp&s suivant les puissances de
380 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Un certain nombre de questions se posent alors naiurellement :
i° Nous savons que N el II sont developpables suivant les puissances de y/fl;
en esL-il de m£me du quotient ~?
2° S'il en est ainsi, il existe des series ordonnees suivant les puissances
de ^/JJL, des A,-ea'', de e1^"1 et de e~l^~^ qui satisfont formellement aux Equa-
tions proposes; ces series sont-elles convergentes ?
3° Si elles ne sont pas convergentes, quel parti peut-on en tirer pour le
calcul des solutions asymptotiques ?
Je me propose de d^montrer que 1'on peut d^velopper — suivant les puis-
sances de ^/fz et que par consequent il existe des series ordonnees suivant les
puissances de \//JL, des Afe0^, de ^v/~1 et de e"^f~l qui satisfont formellement
aux Equations (i). On pourrait en douter; en effet n est le produit d'un certain
nombre des diviseurs (5) du paragraphe pr>6c6dent. Tous ces diviseurs sont
developpables suivant les puissances de ^/JJL; mais quelques-uns d'entre eux,
ceux pour lesquels y est mil, s'annulent avec \/p. II peut done arriver que II
s^annule avec p. et contienne en facteur une certaine puissance de \//jt. Si alors
N ne contenait pas cette m£me puissance en facteur, le quotient - se d£velop-
perait encore selon les puissances croissantes de yp, mais le developpement
commencerait par des puissances negatives.
Je dis qu'il n'en est pas ainsi et que le developpement de — ne contient que
des puissances positives de yfx.
Voyons par quel m^canisme ces puissances negatives de \/p disparaissent.
Posons
A/ £°^= Wi,
et considdrons les x et les y comme des fonctions des variables t et pp.
II iinporte avant d?aller plus loin de faire la remarque suivante : parmi
les 2/1 exposanls caractdristiques a, deux sont nuls et les autres sont deux a
deux 6gaux et de signe contraire. Nous ne conserverons que n — i au plus de
ces exposants en convenant de regarder comme nuls les coefficients A? et les
variables wi qui correspondent aux n -+- 1 exposants rejet6s. Nous ne conser-
verons que ceux de ces exposants dont la partie reelle est positive.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 38 1
Gela pos6, les equations (i) deviennent
(3)
Cherchons, en partant de ces equations, a developper les xi et les yt — n-tt
suivant les puissances croissantes de \/ta et des tp de telle facon que les coeffi-
cients soient des fonctions p^riodiques de £.
Nous pouvons £crire
-h a| n -H . . . = S
car nous avons vu au paragraphe 12 comment on peut developper les exposanls
caract£ristiques suivant les puissances de \/JJL.
Ecrivons d'autre part :
Xi = x$ -+- j?1 vV -4- . . . = S^?? JJL'-,
les #f et les yf etant des fonctions de ^ et des PP, p6riodiques par rapport a t et
d^veloppables suivant les puissances de PP.
Si dans les equations (2) et (3) nous substituons ces valeurs a la place dea*,
des xi et des y^t les deux mernbres de ces Equations seront d6velopp6s suivanl
les puissances de \//Ju
/L±l
Egalons dans les deux membres des equations (2) les coefficients de p. " , et
p
dans les deux membres des Equations (3) les coefficients de p.", nous obtien-
drons les Equations suivantes :
(4)
ou Zf et Tf ne dependent que de #", ^, . .., ^rf S jf, r/, . .., rf""2-
Convenons, comme nous Favons fait plus haul, de repr^senler par [U] la
valeur moyenne de U, si U est une fonction p^riodique de t.
382 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Des Equations (4) nous pourrons alors deduirc les suivantes :
d- Fi "1
— r — >-//-! ,
Y?<lyl}k J'
Supposons maintenant qu'un calcul prealable nous ail fait connaitre :
$1 5 Xl 1 ' ' •> X I 5 ^ L \.X l\ ^ } 'i ? }'l ' * ' *' } t "' ¥ I LXi J*
Les equations (5) vont nous permettre de calculer [#f ] et [//^!] et par conse-
quent a?f et rf"1* Les equations (4) nous permettront ensuite de determiner
^?f+I — [#f+1] et- Jrf — [yf]? ^e sorte q110 ce procede nous fournira par recur-
rence tous les coefficients des developpernents de xt et de^v*
La seule difficuke est la determination de [#"] et [yf~J ] par les Equations (5).
Les fonctions [#f] et [yf"J ] sont ddvelopp^es suivant les puissances crois-
santes d'es <v et nous allons calculer les divers termes de ces developpements en
commencant par les termes du deere le moins eleve.
» JL D
Pour cela nous allons reprendre les notations du paragraphe 12; c'est-a-dire
que nous allons poser
(?'- F
^ ._ p o, p *
, A VJ ; I- C t
(pour les valeurs nulles de <v).
Si alors nous appelons ?/ et v?/ les coefficients de w'^w'!?* , . . frj^f1 dans [,^f ]
et [yf~1]j nous aurons pour determiner cos coefficients les Equations suivantes :
(6;
Dans ces Equations (6) Xf et 4u, sont des quantitds connues, parce qu'elles ne
dependent que de
ou des termes de [#{'] et [j'f"1] dont le degre par rapport aux cp est plus
petit que
2 -f- . . . -+- mn— i .
De plus nous avons pose pour abr^ger
S = /?Z! a j 4- /??£ a.] -f- . . -h ;?zw_i a^_ t .
Nous avons done pour le calcul des coefficients ^ et rj/ un systeme d'^quations
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 383
lineaires. II ne pourrait y avoir de difficulle que si le determinant de ces
equations £tait nul; or ce determinant est egal a
S2[S^-(a{)^][S^-(ai/]...[S^(aA_I)2].
II ne pourrait s'annuler que pour
S=o, S=zha>,
c'est-a-dire pour
On ne pourrait done rencontrer de difficulle que dans le calcul des termes du
degre z6ro ou i par rapport aux w.
Mais nous n'avons pas a revenir sur le calcul de ces termes; en eiTet nous
avons appris a calculer les termes ind6pendants des w dans le paragraphe II et
les coefficients de Wt, (V2, . . ., wn-* dans le paragraphe 12.
Les termes ind^pendants des w ne sont en effet autre chose que les series (8)
du paragraphe 11 et les coefficients de «-',, <r2, . . ., wn-\ ne sont autre chose
que les series S/ et T/ du paragraphe 12.
II me reste a dire un mot des premieres approximations.
Nous donnerons aux #? des valeurs constantes qui ne sont autres que celles
que nous avons d6sign£es ainsi au paragraphe 11.
Nous aurons alors les Equations suivantes :
W — dxi — ^Li V a i c dy* —
lit " 7 dt "" ' rt7 ^-J "* <tf«»x- "™
(7)
I ^./j "^ ^A" ^7a^ "" ^y/
I A "
Dans F0 qui ne depend que des a?/, ces quantites doivent etre remplacees
par x\* Dans F^ les x\ sont remplac6s par ^° et les yi par n/^. Ft devient alors
une fonction p^riodique de t dont la periode est T. Nous d^signerons par 6
comme dans les paragraphes II et 12 la valeur moyenne de cette fonction
periodique FA; fy est alors une fonction pdriodique et de periode 271 par
rapport auxy°.
Les deux premieres equations (7) montrent que les y% et les x\ ne dependent
que des w. En 6galant dans les deux dernieres ^quatioBs (7) les valeurs
moyennes des deux membres, il vient
38.{ SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Ces equations (8) doivent servir a determiner les r" el les x\ en fonctions
des c*\ Peut-on satisfaire a ces equations en subslituanl a la place des yl et
des x\ des series developpees suivant les puissances des tv?
Pour nous en rendre compte envisageons les equations differentielles
suivantes :
dx} d'b
Ces equations differentielles ou les fonctions inconnues sont les yl et les xt
admettront une solution periodique
= o,
ET/ etant la quantite design6e ainsi au paragraphe 11.
Les exposants caractdristiques relalifs a celte solution periodique sont preci-
sement les quantit^s aj.. Parmi ces quantit^s nous sommes convenus de ne
conserver que celles dont la partie r^elle est positive. Les Equations (g)
admetlent un. systeme de solutions asymptoliques et il est aise de voir que ces
solutions se pr^sentent sous la forme de series d6velopp6es suivant les
puissances des pp. Ces series satisferont alors au*x equations (8). Ces equations
peuvent done £tre r^solues.
Les x\ et les y\ etanl aiasi d^termin6s, le reste du calcul ne presente plus
comme nous Tavons vu aucune difficulte. II existe done des series ordonn^es
suivant les puissances de //j., des w et de er=^r=* et qni satisfont formellement
aux Equations (i).
Gela prouve quo le developpement de — ne debute jamais par une puissance
negative de \//x.
Malheureusement les series ainsi obtenues ne sont pas convergentes.
Soit en effet— = -- Si r n'est pas nul, cette expression est deve-
\-IT + S«?-«< „
loppable suivant les puissances de \/p-; niais le rayon de convergence de la
s£rie ainsi obtenue tend vers zero quand ^7 tend vers zero.
IP
Si done on d6veloppe les diverses quantit^s ^ suivant les puissances de \//J.
on pourra toujours, parmi ces quantit^s, en trouver une infmit6 pour lesquelles
le rayon de convergence du developpement est aussi petit qu'on le veut.
On pourrait encore esperer, quelque invraisemblable que cela puisse
paraitre, qu'il n'en est pas de meme pour les d^veloppements des diverses
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 385
N
quantit£s -; mais nous verrons dans la suite d'une fa^on rigoureuse qu'il n'en
est pas ainsi en g£n£ral; il fauL done renoncer a ce faible espoir et conclure que
les series que nous venons de former sonl divergentes.
Mais quoiqu'elles soient divergentes ne peut-on en tirer quelque parti?
Gonsiderons d'abord la serie suivante qui est plus simple que celle que nous
avons en vue :
*<->•> -ZrS;
Cette s^rie converge uniformement quand [j. reste positif et que (V reste plus
petit en valeur absolue qu'uii certain nombre positif tr0 plus petit que r. De
mesme la s^rie
^ JJL)
pl
converge uniformement.
Si maintenantl'on cherche a developper F(tr, /JL) suivant les puissances de p.,
la s6rie a laquelle on est conduit
(lo) Scp;i( — TI)/';JL/;
ne converge pas. Si dans cette serie on neglige tous les termes ou Fexposant
dc ^ est sup^rieur a/>, on obtient une certaine fonction $/>(«>, P-)- ^ est ais& ^e
voir que Fexpression • ? **"' f fl^w* ^^ Lend vers z^ro quand /x tend vers zero
par valeurs positives? de sorte que la serie (10) repr^sente asymptotiquemenl
la fonction F(w: 'p.) pour les petites valeurs de /J. de la m£me maniere que la
s^rie de Stirling repr^sente asymptotiquement la fonction euI6rienne pour les
grandes valeurs de x.
Les series divergentes que nous avons appris a former dans le present
paragraphe sont tout £ fait analogues a la s^rie (10).
Consid£rons en effet Tune des series
(10') ^g w?iw%*' - •"'I* eY/v/iri = F(^ wi* «'*, • - -3 w*, t)
et
N
ces series sont uniformement convergentes pourvu que les <r reslent inftrieurs
en valeur absolue a certaines limites et que \/V reste r6eL
H. p. — vii. 49
3,S(> SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS
Si 1'on d6veloppc ^- suivant les puissances de yV; ies sdries (10') son!
divergonies ahisi que nous Pavons dil. Supposons qu'on neglige dans le d(5ve-
loppement les termes ou J'exposaiii Je //I est supcrieur ap, on obtiendra une
certaine fonclion *y,( V/^ *>n **> • • • > "'*' 0 ?ui sera d^vel°PPable suivant les
puissances des iv, e~n "r eL qui sera un poljnome de degre/? en v/P-
On voit alors que Pexpression ^ ""_0/' tend vers zero quand p. lend vers zero
1 A V'' I1'"
par valcsurs positives; et cela quelque grand que soit p.
En effet si Ton designe par H^ Fensemble des termes du d^veloppemenl
de ^ ou 1'exposant de yV t3sL au plus 6gal a /?, on a
et la serie du second membre est uniformement convergent el tons ses termes
teiident vers z&to quand (JL tend vers z<5ro»
On petit done dire que les series que nous avons oblenues dans le present
paragraphe 14 representent les solutions asymptoiiques pour les peliles valeurs
de /JE. de la meme maniere que la^serio de Stirling represente les fonctions
euleriennes-
On s7en rendra d'ailleurs mieus compte de la maniere suivante; supposons
deux degrds de libert^ seulemenl pour fixer les idees; alors nous ne conser-
verons plus qu'une seule des quantitfis w et nous pourrons ^crire nos Equations
sous la forme suivante :
An fai <ft <tvi .mtvt - d$ (£-ia^
— L_)_at^-; — = ~7 — J ~~7 -- t-atv-; — = -- j — ^—1,2;
dt dw dyi dt dw dXi
en supprimani Ies indices de a et de w devenus inuliles.
Nous savons que a est developpable suivant les puissances impaires de tfp. et
par consequent a2 suivant les puissances de /JL; inversement p. est developpable
suivant les puissances de 22: nous pouvons remplacer p par ce developpemenl
de sorle quo F sera d£velopp6 suivant Ies puissances de a2. Pour a = o, F se
r^duit a F0 qui ne depend que de %t et de x*.
Soit
la solution periodique qui nous sert de point de depart. Posons? comme au
paragraphe 12 :
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. $87
nos Equations deviendront
~
-f- a ^-7=2,,
'
rf'ru ftr\i
-7^ — aw -7-^ = II,.
Sj et HI sont d^veloppes suivant les puissances des H0 des VH el de a-; et les
coefficients sont des fonctions p&riodiques de t.
//F*
Pour cc = o, -j — et par consequent Ez- s'annulent; done Sf est divisible par fle-
et je puis poser
S^a'X^-aSX;,
a2X£ repr^sentant Fenseaible des termes du premier degre par rapport aux ; et
auxY], et a2XJ reprosentant 1'ensemble des termes de degr^ superieur.
yrp
De m£me, quand a est mil, »r- et par consequent H, ne dependent plus que
des ^ et non des Y)C.
Je puis done poser
Y,-f- a- Q; reprosentant 1'ensemble des termes du premier degre par rapport
aux ^ et v?, pendant que YJ+a2QJ repr^sente IVnsemble des termes de
degr6 superieur au premier. Je suppose en outre que Y, et Y^; ne dependent
que de £< et de &.
Posons
Ei = a?i, Ea=a?2s
YJ deviendra divisible par a et YJ par a-, de sorte quo je pourrai poser
Yt+ a2Q,= aZ6 Y;+ asQ;= a^ZJ
et que nos Equations deviendront
Consid^rons les Equations
Ces Equations sont lineaires par rapport aux inconnues 5, et ij/. Elles ne
different pas des Equations (2) du paragraphe 12, sinon parce que ^ et £2 J
sont remplac&s par a?t et aCa- D'apres ce que nous avons vu au paragrapbe 12,
liquation qui d^finit les exposants caract6ristiques admet quatre racines, Tune
6gale &-+•«, Tautre a — a et les deux autres a zero.
388 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
A la premiere racine, c'est-4-dire a la racine + a, correspondra une solution
des equations (2) du paragraph© 12 que nous avons appris a former dans ce
paragraphe 12 el que nous avons ecrite ainsi :
Je rappelle que S° est nul et par consequent que St- est divisible par a.
A la seconde racine —a correspondra de meme une autre solution des
Equations (2) et nous I'gcrirons
Enfin aux deux racines z6ro, correspondent deux solutions des Equations (2)
que nous ecrirons
TJ , TJ, T", SJ , S- , S- sont des fonctions periodiques de £, coin me S* et T*.
De plus SJ , SJ , Sf seront comme S£ divisibles par a.
Posons alors
= T4 9i -h T't Oft HH TJ 63 H- T? 0,,
Les fonctions fl/ ainsi d6fini.es joueront un role analogue a celui des fonctions
du paragraphe 13, Les Equations (12) deviennent alors
*.._,.+., *
&* n r.
•4- zw -7-^ -h aOa = ^023
^-/y ¥ 1
6i? 6a, da et ®4 sont des fonctions d^veloppees suivant les puissances de Oi, Oa,
0», 9* et a dont to us les lermes sont du deuxieme degr6 au moins par rapport
aux 9, et dont les coefficients sont des fonctions periodiques de t. De plus les fl
doivent etre des fonctions periodiques de t el les termes du premier degr6 en w
dans 81, 82, 03 et 94 doivent se r^duire a w, o, o et o.
Ges equations (r4) sont analogues aux Equations (2') du paragraphe 13.
Cela pose, soit * une fonction qui, de m£me quo 64, ®2> ®;j et 0/J7 soil
developp<5e suivant les puissances de Ol7 02, 033 0/0 de a, e"f~l et er^-i et qui
soit telle que chacun de ses coefficients soit reel positif et plus grand en valeur
absolue que le coefficient du ternxe correspondant dans ®0 ®2, 03 et ®4; tons
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 889
les lermes de <£ seront d'ailleurs, comme ceux dcs 0,, du second degre au moins
par rapport aux 0.
Observonsquelenombre n *~l + p(ou n cstentierpositif, negatifou mil, et
ou p est entier positif et au moins egal a i) est toujours plus grand en valeur
absolue que r, quels que soient d'ailleurs /i, p et a.
Formons alors les equations
qui sont analogues aux equations (a'7) du paragraphe 13.
Des Equations (i4) on peut tirer les 0 sous la forme de series ordonnees
suivant les puissances de w et de ^V-i et qui sont analogues aux series (4') du
paragraphe 13. Des Equations (10) on peut tirer les 0 sous la forme de series
ordonnees suivant les puissances des memes variables et analogues aux
series (4") du paragraphe 13. Chacun des termes de ces dernieres series est
positif et plus grand en valeur absolue que le terme correspondant des
premieres series; si done elles convergent, il en est de meme des series tiroes
des equations (i4)«
Or il est aise de voir que 1'on peut trouver un nombre W0 independanl de «.
tel que si w < ^0? les series tirees de (i5) convergent.
II en results que les series ordonnees suivant les puissances de w et tirdes
de (i4) convergent uniformement quelque petit que soit a et par consequent
quelque petit que soit p.: ainsi que je 1'ai annonce plus haut.
Nous poss^dons maintenant les 0 sous la forme de series ordonnees suivant
les puissances de w et de g-^-1; les coefficients sont des fonctions connues de a.
Si Ton d£veloppe chacun de ces coefficients suivant les puissances de a, on
obtiendra les 9 d£velopp6s suivant les puissances de a. Les series ainsi obtenues
sont divergentes, comme nous Tavons vu plus haut; soit
(16) Or = Of -h aO,1 -h a2025-4-, . .
ces series.
Posons
Posons
(I7) 0,
en £galant 0£ aux/> + 1 premiers termes de la s£rie (16) plus un terme compld-
mentaire
3g0 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Si dans H£ on remplace les O/ par leurs developpements (i 7), les H* peuvent
se dtevelopper suivant les puissances de a et 1'on peat 6crire
les 0* 6ianl independants de a pendant que U/ est ddveloppable suivant les
puissances de a.
On aura alors les equations
(18)
et ensuite
Voici quelle est la forme de la fonction U£; les quantil^s Of peuvent 6tre
regardees comme des foaclions connues de t et de w, dofmies par les equa-
tions (18) et par liquation (20) que j'^crirai plus loin; pendant que les HI
restent les fouctions inconnues. Alors Ui est une fonction d6velopp6e suivan-t
les puissances de «>, de e*^, de a et des uf. De plus Lout terme du g*kmc degrd
par rapport aux ut est au moins du degre/?(g — i) par rapport a a.
Soit U? ce que devient U* quand on y annule a et les m ; on aura
Je puis ensuite, en posant
clv'l
\J • ^7 lj f — — - W ' }
pufs
rnettre les Equations (19) sous la forme
_ aw _
On voit alors que les V* ne contienuent que des termes du deuxieme degr6 au
moins par rapport £ w et aux Uf.
En effet les 6/ sont divisibles par w et se rSduisenl a w ou a z6ro quand on y
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3$ I
supprime les termes de degre supr'rieur nu premier on tv. II en resulle d'abord
qtie 0f est divisible par HP*. D'autro part lo second membre do 1'eqnalion (17)
ne eontiendra que des termes du premier degre au moins par rapport a tr et
HI. Done 0, ne contienl que des termes du deuxieme degre au moms par
rapport a w et aux ut. II en r^sulte que les beuls lermes du premier degre qui
peuvent subsister dans U,, Ua, U, et U, se reduisent re^pectivement a M,,
— - ?/-2, z/4 et zero.
D'ailleurs pp-~-est divisible par cva ; done les V, ne contiennent que des
termes du deuxieme degr6 au moms. c. Q. F. n.
Des Equations (21) on peut tircr les ut sous la forme de series d<5veloppees
suivant les puissances de w et dee±a '^l. En appliquanl a ces Equations le meme
raisonnetneiit qu'aux Equations (14) on peut demontrer que ees series
convergent quand | w <^ w(} et quo la convergence resie uniforme quelque
petit que soit a.
II en est de meme pour les series qui represented —5 "7T^' elc*
U r6sulte de la qu'on pent assigner une limite superieure independante de «,
% du,i d-ul
a U^ a r? 3 etc-' p°urvu
Mais je veux demontrer niaintenant que cela a encore lieu pour Unites les
valeurs positives de tv*
Reprenons les equations
dm dui ..,
^aff, _i — ur
r/^ //«>
U^ peut ^tre regard^e comme une s6rie developp^e suivant les puissances de y.
et des HI etdont les coefficients sont des fonctions dc i et de <v. Jo dis que cette
s^rie reste convergente quels que soient t et w pourvu quo a et les HI soient
assez pelits. En effet elle ne pourrait cesser de converger que si la fonctioa
F(#ij ^ij, ji, 72) cessait d'etre d^veloppable suivant les pybspnces de «x,
et des pj quand on y remplace a?/ par
Off -4- atf/ 4- *s Xf -4- , , , 4-
et yi par
/if i -4- yf •+• «7/ -+- «ajr? H- .
ou, ce qui revieat au mSme, si la fonction F pour une valeur quelconque de t
ou de w (c'est-a-dire pour un s^steme quelconque de valewrs de tt de y\ et
3g2 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
de jKo) cessait d'etre d^veloppable suivant les puissances de &i — #°, et
de yi — ntt — y^. Or il est manifeste qu'il n'en est pas ainsi.
Je puis done toujours trouver une fonction <£ d^velopp^e suivant les puis-
sances de a el des &,, mais dont les coefficients sont des constantes au lieu
d'fiire fonctions de t et de w comme ceux de Ut ; et de plus m'arranger de lelle
sorle que le coefficient d'un terme quelconque de $ soit reel positif et plus
grand en valeur absolue que le coefficient correspondant de U/(z'= i s a, 3, 4),
au moins pour les valeurs de t et de tv que j'aurai a consider.
J'ajoulerai que, d'apres la forme parliculiere des fonctions U[ , je puis
trouver deux nombres rSels positifs M et (3 tels que la fonction <£ satisfasse & la
condition que je viens d'enoncer si je p rends
^ ~\~ u« -f- u?t -+- it', )
Si jeconsidere les valeurs de tv positives et inferieures a une certaine limite W,
je devrai prendre, pour satisfaire a cette condition, des nombres M et (3 d'autant
plus grands que W sera plus grand; mais tant queW sera fini, les nombres M
et (3 seront eux-mgmes finis.
Soit maintenant w± une valeur positive de w plus petite que ^0, D'apr£s ce
que nous avons vu plus haut, il est possible d'assigner pour w = w± une limite
sup^rieure ^L wi? u^ u^ et u*\ soit u0 cette limite, on aura done
I «f ! < KO ])our (v = i?j .
Soit maintenant uf une fonction d^finie par les conditions suivantes :
du' da' a3VI(4tt'-t-i)
On aura manifestement (*) pour toutes les valeurs de t et de w :
\ut\<u' 0'= i, 2, 3, 4).
Or on trouve sans peine :
4M b 1-4- 4 MO ;yp>w~~w<0~ °g ~
et pour a™ o, on trouve
i-h 4^ _ /^.V31
i-h 4^0 " VW^T/ '
ce qui montre que uf reste fini quand a tend vers z6ro.
(») Cette propriety se trouve demontree dans Jle^ Methodes nouvelles de la Mdcanique
celeste, t. I, § 115, p. 373 & 378. [J. L,j.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 3c>3
Nous devons en conclure que les quantit^s ut reslent egalement finies quand y.
tend vers z6ro.
II r^sulte de la que la serie Q° + aO/ + a- Or -f-. . . represenle la fonction O/
asymptotiquement (c'est-a-dire a la facon de la serie de Stirling) on en
tend vers zero
d'aulres termes que P expression — - — J' -£t — — — —
avec a. En efifet cette expression est egale a a(8f + M/) et nous venons de voir
que Of -H m reste fini quand a tend vers z£ro,
Mais ce n'est pas tout; je dis que f-~- reste fini quand a tend vers z6ro.
Nous avons en effet
d / du A <r£ f diii\ f dtii\ __ ^ r/UJ f/fu- r/UJ
^ \<"/tP / dw \tltv / " \tfiv ) JHOJ din dw dw
k
—~ et -y-i sont des fonctions de ^, de w. de a et des ui: mais d?apres ce que
a?M£ <rAv 7 7 ? r i
nous venons de voir, nous pouvons assigner aux m des limites superieures ; nous
pourrons done en assigner Egalement aux ^— ' et aux -7-7- Supposons par
exemple que Fon ait
d
< B pour w < \V,
A et B £tant deux nombres positifs.
D'autre part, nous savons qu'on peut assigner une limile a c~^ pour (v =«--<.
Supposons par exemple que Pon ait
pour w = «P'I
u'Q £tant un nombre positif. Soit ensuite uf une fonction d^finie comrne £1 suit :
'-W)-+-aB3 a'=K'0 pour «' = «»,.
a
On aura manifestement
dw
<uf.
Or on voit sans peine que u* ne depend que de w et satisfait a liquation
H. P. — VII.
5o
3()4 SUR L.E PRQBLEME DES TROIS CORPS
Done ur est fmi; done f~ reste finie quand a tend vers z£ro. Done on a
asrmptotiquement (en entendanl ce mot au m£me sens que plus haul) :
^ _ ^°/° . ^V . ,o^"
r/tr ^/tr <r/cp ' " dw
On d^montrerait do merne que 1'on a asymptotiquement :
d&t _ db? dA} , cftf d^t _ d* 8f d* O/ , d* 0?
" "
Voiei done la conclusion finale a laquelle nous parvenons :
Les series
®i -+• tfp&i •+• V-^t -+- • • - 7?/ ^ -^ ,i'i •+• V7iu J'/ •+• IJ-J^2 -<-•••
d^finies dans ce paragraphe sonl divergentes, mais elles jouissent de la meme
propriety que la s^rie de Stirling; de telle sorte qu3on a asymptotiquement :
De plus, si D est un signe quelconque de differentiation, c'est-a-dire si Ton
pose
ou aura encore asymplotiquement :
I)j- / = D ( n, if -h yf ) H- v '' H" D yl «h ;JL Djf H- . . . .
En ce qui concerce I'^tude das series analogues a celles de Stirling, jerenverrai
au paragraphe 1 d'un M6 moire que jyai public dans les Acta Mathematica
(t.8,p.a95)(*).
( l ) QEuvres de ff. Poincar^ t. I, p. 290,
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
DEUXIME PARTIE.
EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE ET PROBLEM E DBS n CORPS.
GHAPITRE I.
ETUDE DU CIS OU IL N\" A QUE DEUX DEGRES DE LIBERTE.
15, — Representations geometriques diverses.
Reprenons les Equations (r) du paragraphe 11 ;
dx{ __ dF dx* __ dF
dt ~~ dv\* dt ~~~ (!)'•>*
( i )
dy\ __ dF fly* __ f/F
dt fix i dt dx*±
Nous nous bornerons au cas le plus simple qui est celui ou il n'y a que deux
degr^s de liberte; je n'ai pas a m'occuper en etfet de celui ou il n'y a qu'un
degre de liberty car les equations de la Dynamique s'integrenl alors aisement
par de simples quadratures.
Nous supposerons done que la fonction F ne depend que de quatre variables
&i} %>2, y^ jK2- Nous supposerons de plus que cette fonction est uniforme par
rapport a ces quatre variables et periodique de p^riode 271 par rapport a y±
eta j2.
La situation du systeme est done definie par les quatre quantit^s ^r1? j?s, yil
y%, mais cette situation ne change pas quandj^t ou y% augmente de 27: ou d'un
multiple de 271. En d'autres termes, etpour reprendrele langage»du Chapitre I,
%i et x-2 sont des variables lin^aires? pendant que yi ett}\> sont des variables
angulaires.
Nous connaissons une integrate des, Equations (2) qui est la suivaate :
G d4signant la constante des forces vives. Si cette constanteest regard^e comme
une des donn^es de la question, les quatre quantit^s x ety ne sont plus ind6-
pendantes ; elles sont liees par la relation (2). II suffira done, pour determiner
la situation du systeme, de se donner arbitrairement trois de ces quatre quan-
896 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
tites. II devieut possible, par consequent, de representer la situation du systeme
par la position d'un point P dansPespace.
II pourra arriver en outre pour des raisons diverses quo les qualre variables
x el y soient soumises, non seulement a l'egalit(^ (2), mais a une ou plusieurs
megaliths :
(3) * ?iOi> #*» jTi, ya)> °3
Supposons par exemple pour fixer les id£es que les megaliths (3) s'<5erivent
et que Fegalite (2) soit telle que lorsque x\ satisfait a ces iiiegaliles, on puisse
tirer de la relation (2) la quatrieme variable x* en fonction uni forme des trois
autres x\ , y\ et yz.
Nous pouvons alors representer la situation du systeme par un point dont
les coordonn^es rectangulaires seront
X = cosj'i[i •+- cosr«(c.t.\-+- d\\, Y = sinjn [i -h
Z = <in
c et d 6tant deux nouvelles constanles positives telles que
ca -T- d <^ i , cb -+• cl >• o.
II est clair en effet qu;a toute situation du systeme, c'est-a-dire a tout systeme
de valeurs de ^?i, y± et y% satisfaisanlaux conditions
correspond un point de 1'espace et un seul, compris entre les deux tores
(
Et r<5ciproquement; a tout point de Pespace compris entre ces deux tores
correspond un systeme de valeurs de #?i, y\ ety2 et un seul, satisfaisant aux
in^galites pr^cedentes.
II peut se faire que les inegalites (3)ne s?ecriventplus a^> x\ > b] mais que
cependant ces inegalit6s, jointes a la relation (a) entrainent comme consequence
Si de plus 5:0 est encore fonction uniforme des trois autres variables, le m£me
mode de representation geometrique est encore applicable.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 897
Nous pouvons noas placer dans un cas plus general encore :
Supposons que Ton puisse trouver une variable auxiliaire *, jouissant de la
propriety suivante. Si #1} %^y\ et r$ satisfont a la fois a Fegalit£ (a) et aux
in^galites (3), on pourra exprimer x^ et x% en fonctions uniformes de 2, de y\.
et de jvv De plus, en verLu des inegalites (3), £ ne peut devenir Infinie el resle
comprise entre certaines liinites de lelle fagon que Fon a comme consequence
de (2) et de(3) :
a>£>&.
Nous pourrons alors d^fiiiir completernent la situation du systeme en nous
donnanl les trois variables £3 y± et y<^ el la representer par un point P dontles
coordonnees reclangulaires seront
X = cosji [i H- cosy-2(c| -+- d)], Y = sinj'i [i -4™ cosj'2(c| -$- £/)],
Z = smj3(c|H- d)
avec les conditions
c ^ o, ca -+• d < i , cb -h d > o.
On voit alors, comme dans le cas precedent, quja toute situation du systeme
correspond un point de Fespace et un seul compris entre les deux tores (4); et
r6ciproquement, qu'a lout point compris entre ces deux tores ne peut corres-
pondre plus d'une situation du systeme.
II peut se faire que pour x± = a, (ou plus generalement pour£= a), la situa-
tion du systeme reste la m£me quelle que soil la valeur attribute a j*2* Nous en
verrons dans la suite des exeinpies. G7est ainsi qu'en coordonnees polaires, il
faut en g^n^ral pour d^finir la position d'un point se donner les deux coordon-
n.6es p et o>, mais que si Fon suppose p = o, onretrouve toujours le m^me point,
a savoir le pdle, quel que soit &>.
Dans ce cas on ckoisira les constantes c et d de telle fagon que
ca -H d = o.
Le second des deux tores (4) se r^duit alors a un cercle
Z=o?
En chacun des pointsjjde ce cercle y% est ind6lermin6; mais nianmoins, comme
pour ^== a la situation du systeme ne depend pas de JK2, a chaque point du
cercle correspond une situation du systeme et une seule,
On. peut dire alors qu'a toute situation du systeme correspond un point de
Fespace intdrieur au premier des deux tores (4) et que, r^ciproquement, a un
398 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
point interieur de ce tore ne peut corresponds qu'une seule situation du
systeme.
J'envisagerai encore un autre cas.
Imaginons qu'en vertu des in^galilds (3), £ puisse prendre toutes les valeurs
positives, de telle sorte que
(i =, o, b = -f-j30'
Supposons que pour £ = o la situation du systeme ne depende pas de y* et
que pour >= oo , cette situation ne depende pas dejv
Nous pourrons alors representer la situation par un point dont les coordon-
nees rectangulaires seront
J\ i— - COS )> i €** • s, I — Sill T* I 6' *" « -j Li — -" i
Pour 4 = o il vient (quel que soitjr.j)
Le point repr6senlatif se trouve sur le cercle
et sa position ne depend pas de j'2; celu n?a pas d'inconv&nient puisque par
hypothese la situation du systeme pour £~ o ne depend pas non plus dejv
Pour ^ = 00, on trouve pourvu que cos^2 soitnegatif :
X = Y = o, Z = sinj*2.
Le point repr^sentatif se trouve alors sur Paxe des Z et sa position ne depend
pas deyi, ma is pour H — OO, la situation du systeme ne depend pas non plus
de JL
Le mode de representation adopte est done l^gitime.
Ce qui precede a besoin d'etre appuye" de quelques exemples. Je n'en traite-
rai ici que trois.
Le premier de ces exemples est le plus important parce que cjest un cas par-
ticulier du probleme des trois corps. Imaginons deux corps, le premier de
grande masse, le second de masse finie, mais tres petite, et supposons que ces
deux corps d^crivent autour de leur centre de gravit^ commun une circonf^-
rence d'un mouvement uniforme. Consid^rons ensuite un troisieme corps de
masse infiniment petite, de tacon que son mouvement soit trouble par Patirac-
tion des deux premiers corps, mais qu'il ne puisse pas troubler Forbite de ces
deux premiers corps* Bornons-nous de plus an cas ou ce troisieme corps se
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAM1QUE. 399
meut dans le plan des deux circonferences decrites par les deux premieres
masses.
Tel est le cas d'une petite planete se mouvanl sous F influence du Soleil etde
Jupiter quand on neglige Pexcentricite de Jupiier et Pinclinaison des orbiles.
Tel est encore le cas de la Lune se mouvant sous Pinfluence du Soleil et de
la Terre quand on neglige Pexcentricite de Forbite icrrestre et Pinclinaison de
Porbite lunaire sur 1'ecliptique.
Nous defmirons la position du troisieme corps par ses elements osculateurs
a un instant donn4 et nous ecrirons les equations du mouvement en adoptant
les notations de M. Tisserand dans sa Note des Comptes rendus du 3i Jan-
vier 1887 :
dL _ dR d< I __ dtt
~di ~~ 'dl' ~dt ~~~~ dL7
dG _ </R dg ___ dR
Je ddsigne par a, Q et n le grand axe osculateur, Pexcentricite et Ie rnojen
mouvement de la troisieme masse ; j'appelle I Panomalie mo}renne de cetto
troisieme masse et g la longitude de son perih&lie.
Je pose ensuite
L = \ja, G = v a(i — e- ).
Je choisis les unites de telle fa^on que la cons tan tede Gauss soit<^gale£ i, que le
mcjen mouvement de la seconde masse soit 6gal£ i etque la longitude de cette
secon.de masse soit £gale k t.
Dans ces conditions, Panglesous lequella distance des deux dernieres masses
estvue de la premiere ne diflere de l-{-g — t que par une fonction p^riodique
de I de p6riode air.
La fonction R est la fonction perturbatrice ordinaire augment£e de — = ^|-2 ;
Cette fonction ne depend que de L, de G5 de I et de l+g— t] car la distance
de la seconde masse a la premiere est consiante et la distance de la troisieme a
la premiere ne depend que de L, G et /. Cette fonction est d'ailleurs p^riodique
de p<5riode STT tant par rapport a I que par rapport a
On conclut de la que Pon a
et que les ^quatioas (5) admettent comme iat6grale
R -t- G = const*
400 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Nous allons ehercher a ramener les equations (5) a la forme des Equations
(i ). Pour cela nous n'avons qu'a poser
3?j = G, x* = L, y\ = g — f , y2 = £,
et les equations (5) reprennent la forme
dxi __ ^F dy^ ___ dF
^ * ' ~df~~~ dyt' ~dt "~~~"7xi*
La fonction F depend d'un parametre tres petit /j. qui est la masse du second
corps et nous pouvons ecrire
F = F0-t-|J.Fl.
F est p^riodique par rapport aj>% ely^ quisont des variables angulaires, tandis
que #1 et x% sont des variables lineaires. Si Ton fait p = o, F se r^duit a F0 et
—
2 a
ne depend plus que des variables lineaires.
II r^sulte de la definition m£me de L et de ^G en fonctions dc a et <? que Ton
doit avoir
L^> G2 ou x\ >#?,
ce qui montre que &i peut varier depuis — x% jusqu'a + x^.
Si 1'on suppose &i = + a;2 Fexcentricite est nulle; il en resulte que la fonc-
tion perturbalrice et la situation du sjsteme ne dependent plus que de la di
rence de longitude des deux petites masses, cjest»a-dire de
On en d^duit
^F dF
d'ou
(6)
djou Ton conclurait (puisque la valeur initiale de X{. — x% est supposee 'nulle)
que Xi doit rester constarnment 6galaa?2; mais cen'est la pour les Equations (i)
qu'une solution singuliere qui doit etre rejet^e. En ce qui concerne les solu-
tions « particulieres » que nous devons conserver, liquation (6) signifie sim-
plement que quand x^ — x% atteint la valeur zero, cette valeur est un maximum,
ce qui est d'ailleurs une consdquence de I'inegalit6 x\ > x\.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. &O1
Si nous supposons maintenant ^2 = — Xi, Pexcentricite sera encore nulle,
mais le mouvement sera retrograde (il Pest toutes les fois que x\ et x* ne sont
pas de m£me signe); alors F el la situation du systeme ne dependent plus que
de Pangle
ce qui donne
dF_ dF __
dy\ dy*
Je vais maintenant trailer la question suivante :
Trouver une variable ? telle que si ^i? ^3,^,^3 satisfont aux egalit^s et
inegalites (2) et (3) (qui dans le cas qui nous [occupe se reduisent a F=C,"
?i)7 ces quatre quantit^s peuvent s^exprimer en fonctions uniform es de
Je traiterai d'abord la question dans le cas ou /JL = o et 011
Envisageons un plan et dans ce plan un point dont les coordonnees sont
X = x\ — c, Y = jro .
Alors les 6galit6s et megaliths (2) el (3) s'^criveni
Construisons la courbe
et les deux droites
X4-c=±:Y.
Ces droites et cette courbe peuvent ^tre dans deux situations differentes,
representees par les figures 3 et 4-
Chacune des deun figures devrait se composer de deux moities sym^triques
par rapport a Paxe des a?, mais nous n'avons repr4sent4 que la moiti£ qui est
au-dessus de cet axe. Dans le cas de la figure 3 la courbe nous offre dens arcs
utiles BC et DE pendant que les arcs AB et CD doivent £tre rejet^s a cause de
I'in6galit£ Y3 >(X-f-c)2. Dans le cas de la figure 4* il n'y a qu'un arc utileBC
et Fare AB doit &tre rejet^.
H. p. - vn. 5i
4o2 SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS
Le passage de la figure 3 a la figure 4 se fait quand la droite CD devenant
tangente a la courbe. les deux points G et D se confondent. Gela a lieu pour
Nous nous supposerons dans ce qui va suivre places dans le cas de la figure 3
et nous envisagerons seulement Tare utile BC ; c'est en effet le cas le plus
interessant au point de vue des applications.
Posons
+ = 'A"~ri = L~°-
on voit que H s'annule au point C et devient infini au point B et qae quand on
OX
Fig. 3.
Fig. 4-
parcourt Fare BG depuis G jtisqu'en B, on voit £ croitre constamment depuis
z6ro jusqu'a + 00. Si done on se donne £, le point correspondant de Fare BC
sera entierement d6iermin6, ce qui revient a dire que x^ et x% sont fonctions
uniformes de E-
Qa'arrivera-t-il mamtenant si ^n'estplus nul, mais seulement tres petit?
Faisons encore
et voyons si en tenant compte des relations
(7) F = C? £>o, J
Xi et x» seroni encore foactions uniformes de E, de y\ et dejK2. Pour qu?il
(l) On. voit aisement pourquoi j'ecris cette derniere relation; 1'arc BC comme on le voit sur
la figure est tout entier au-dessus de 1'axe des X, ce qui entraine Fin^galit6 ^2> oj il est clair
que cette inegalite subsistera encore pour les valeurs suffisamment petites de [x.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4o3
cessat d'en etre ainsi, il faudrait que le determinant fonctionnel ?,^* F\ s'an-
^ d(xi,JCi)
pour un systeme de valeurs satisfaisant aus conditions (7). Or cela
n'arrivera pas si p est assez petit et si C est assez different de -•
Dans la plupart des applications, ces conditions seront remplies; nous pour-
rons done prendre £ comme variable ind^pendante; cette variable sera essen-
tiellement positive el ^ et x* seront fonclions uniformes de £, v{ et jv
Toutefois pour trouver lemode de representation g^om^trique le plus conve-
nable. il faut encore faire un changement de variables. Posons
Apres ce changement de variables, les equations conserveront la forme
canonique
dd±^d$_ fyj_ = ___dF_ dx^_d$_ dy\ dF
dt "" dy*! ' dt ~ dx\ ' dt ~ dy'* ? dt ~~ dx^ '
On voit que y\ et y'^ sont encore des variables angulaires ; quand en eflfet
y\ ou yz augmente d'un multiple de 211, y± et j'2 augmented aussi d'un mul-
tiple de 2?r et par cons6quent la situation du systeme n-e change pas.
Mais il y a plus; quand on change simultan^ment y\ et y\ en y\+^ et
y'o + Tr, y$ ne change pas et y< augmente de 271. La situation du systeme ne
change done pas.
Cela pos6 nous repr^senterons la situation du systeme par le point de Fespace
qui a pour coordonn^es rectangulaires :
X = cosy\ «5coiyt> y = sm/j «£««"'», Z =
Pour ^= o la situation du systeme ne depend pas deys et il en est de n>£medu
point repr^sentatif qui est alors sur le cercle
Pour Z — oo, la situation du systeme ne depend pas dey^ etil en est de m&ne
du point repr^sentatif qui est alors sur Faxe des Z si cosjK'2 est n^gatif et a
Finfini si cosy2 est positif.
A chaque point de 1'espace correspond done une situation du systeme et une
seule; r^ciproqueraent, a chaque situation du systeme correspondent, non pas
un, mais deux points de Pespace et en eflet aux deux systemes de valeurs (o/1?
^,yi5y2) et(^'15 af^y\ +^,ys 4- TC) correspondent deux points diflferents de
Fespace, mais une seule situation du systeme.
4o4 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Les Equations ( i ) adraelient les invariants int^graux
l dy, + dx* dy»}-=(dx\ dy\ -+- dx\ dy', )
el
/ dx\ dyi dx* dy* = dx\ dy\
Si nous transforaions eel invariant par les regies exposes dans lo paragraphe 7
nous verrons que
x\ g d& cN dl
r x\*~d^dy\ dy'* _
J *$+«£i~
est encore un invariant integral.
Gomme | est essenliellement positif, la quantite sous le signe f est de
sgne que
, dF
Or pour ft = o, on irouve
dF d¥
Si nous nous supposons places dans le cas de la figure 3 et sur Pare BC, nous
devons supposer
C>-? ^?f<^2; 0
d'ou Ton tire
A * • ^F <^F
1 ^j ^ST ^~ ^-"SrT est louJours n^gatif quand JJL est nul. II en sera encore
de in^me quand y. cessera nul, pourvu que C soit assez different de -•
Dans ces conditions Fint^grale
r _ y? d& dY dZ _
J g(X.^Y«)(-^^.-^^i)
V dx\ ~ dx'*, /
est un invariant positif.
Pour ^. = 0, les equations (5) s'integrent aisement comme on le sait et Ton
trouve
L = const., G = const., ^ = const., /= nt H- const.,
Les solutions ainsi obtenues sont repr^senties dans le mode de repr<5sen-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4o5
tation gek>m6trique adopl6 par cerlaines trajectoires. Ces trajectoires sont
fermees toutes les fois que le moyen mouvement n est un noinbre commen-
surable. Elles sont tracees sur des surfaces trajectoires qui ont pour Equation
g6n6rale £ = const, et qui sont par consequent des surfaces de revolution
fermees analogues a des tores.
Nous verrons dans la suite comment ces resultats sont modifies quand JUL n'est
plus nul.
Comme second exemple, je reprends liquation dont j'ai deja parle a la fin
du paragraphe 1 1 :
d>o
-j-~ -i- n - p -+• m p : = u I ! ,
R etant une fonclion de p et de £, holomorphe par rapport a p et s'annulant
avec p et p^riodique par rapport a t. Cetle Equation peut s'^crire en reprenanl
les notations du paragraphe
avec
dp f£F d? d¥ d% dF df\ d¥
4 _ F== ^ , «2p* f m?1
s ' dt J' 2 2 4
Posons
p = — ~
^
Les Equations conserveront la forme canonique des Equations de la Djnamique
et la fonction F dependra de deux variables lineaires x± et n et de deux
variables angulaires y{ et £.
On voit aisement que quand on se donne la constante des forces vives C, ^r^
yi et £, la quatrieme variable v] est cntierement d6terminee; on a en effet
C— /ia?i—
4a J
Pour ^1 = 0, la situation du systeme ne depend pas dejri. Nous pouvons
done adopter pour representer cette situation le point dont les coordonn£es
sont
X = cosg<£?'T'cos-vi, Y = singc-^*"8^, Z = ^
A chaque situation du systeme correspond ainsi un point de 1'espace et
inversement. II faut excepter les points a Finfiniet les points de Faxe des Z qui
nous donneraient x{ = oo et par consequent un r6sultat illusoire*
4o6 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Comme troisieme exemple, eavisageons un point mobile pesant se mouvant
sur une surface parfaiteinenl polie et dans le voisinagc d'une position d'^qui-
libre stable.
Prenons pour origine le point le plus bas de la surface; pour plan des xy le
plan tangent qui sera horizontal; pour axes des x et des y les axes de Pindi-
catrice de fagon que liquation de la surface s'^crive
ax-
—
by*
-~-
<p(#, y) elant un ensemble des tertnes du troisieme degr£ au moins en x et
eny et /JL un coefficient tres petit.
Nous aurons alors en appelant x? et yf les projections de la vitesse sur les
axes des x et des }' :
dt, dxT ' dt dy' '
Changeons de variables en posant
/ale
X = -
(8)
dt
! cosji,
Les equations dififerentielles conserveront la forme canonique des equations
de la Dynamique. Liquation des forces vives s'^crit
9 d^signant la mSine fonction que plus haut, mais transformee par le chan-
gement de variables. Comme x\. et j?2 sont essentiellement positifs (ainsi
d'ailleurs que les coefficients a et &), liquation des forces vives montre que
ces deux quantitis restent to uj ours inferieures a une certaine limite. D'apres
la definition de la fonction 9 cette fonction s'annule avec x± et o?2, et il en
est encore de m£me de ses d^rivdes partielles du premier ordre. Nous en
conclurons que fx 6tant tres petit, la fonction jxcp et ses ddriv^es du premier
ordre ne pourront jamais d^passer une certaine limite sup^rieure tres petite.
Nous pouvons done ^crire
d*
' dx\
•vi>
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4o;
Faisons maintenant j?2 = ga?, ; le rapport ? sera essentiellement posilif.
Liquation des forces vives devient
(9) a?i( v/i^-f- v'i^S) •+• ;^9<>b £#i, Vi, JTs) = G.
La derivee du premier membre de (9) par rapport a x\ s'6crit
En vertu des megaliths (8), cette expression est toujours positive, ce qui
montre que Ton peut tirer de I'dquation (9) x\ en fonction uniforme de £, y*
el y^ et par consequent que la situation du systeme est completement definie
par les trois variables yi} y^ et ^.
Pour ^=no la situation ne depend pas de j'i, pour £ — 00 elle ne depend
pas dejKa-
Nous repr^senterons done cette situation par le point
X = cosja ^c««ri, Y =s smj'a e*cos.vs Z = g sin rt.
A chaque point de 1'espace correspondra ainsi une situation du systeme et
r^ciproquement.
Les exemples qui precedent suffiront, je pense, pour faire comprendre
Pimportance du probleme qui va nous occuper dans ce Ghapitre. et la facoii
dont on peut varier les modes de representation geom^trique.
CHAPITRE II.
ETUDE DES SURFACES AS1TMPTOTIQUES.
16. — Expose du probleme.
Reprenons les equations de la Dynamique en supposant deux degr^s de
libert^ seulementj et par consequent quatre variables x^% &^y* ety2. D'apres
ce que nous avons vu au paragraphe 14 ces Equations admettent certaines
solutions particulieres remarquables que nous avons appel^es asymptotiques.
Cbacune de ces solutions asymptotiques est represent^, dans le systeme de
representation georn^trique expose au paragraphe precedent, par cerlaines
courbes trajectoires. L'ensemble de ces courbes engendre certaines surfaces
que nous pouvons appeler surfaces asymptotiques et que nous nous proposons
d'etudier,
4o8 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Ces solutions asymptotiques peuvent se meltre sous la forme suivantc :
(1) #1= «PI(*, w), #2=92(£,w), }'t = nit H- <p8(*, w), JK2= *2* -H <P*(*, «0j
PP etant egal a Aea*, et A etant une constante arbitraire. De plus cp<, 92, 93 et ?*
sonl (par rapport & £, PP etant regard^ un instant comme une constante) des
fonctions p^riodiques de periode T, et n±r£ et ?i2T sont des multiples de 271.
Si entre les Equations (i) on elimine t et «>, il viendra
(2) ^i=/i(7i»70> ^s = /2(ri»ra)
et ces equations peuvent etre regardees comme definissant nos surfaces asymp-
totiques. Nous avons vu ensuite que si Ton cherche a d^velopper 91, 92? 9:1
et 94 suivanl les puissances de \7fz, on arrive a des series qui sont divergentes,
mais que ces series repr^senlent neanmoins asymptotiquement ces fonctions
lorsque fx est tres petit.
Je rappelle que je conviens de dire que la serie
A0H- Ai^Z? -H. . .H- \p3CP-\-. * .
repr^sente asymptotiquement la fonction F(a?) pour x tres petit, quand on a
r F(» — A0-— Ai^r— . . .— Ap#/>
hm— i - - - - - =o pour x = o.
JCf
J'ai ^tudi<5 dans les Ada Mathematica (t. 8) ({) les propridt£s des series
divergentes qui representent asymptotiquement certaines fonctions et j'ai
reconnu que les regies ordinaires du calcul sont applicables a ces series. Une
6galite asymptotique, c'est-a-dire une egalit4 entre une s4rie divergente et une
fonction qu'elle repr6sente asymptotiquement, peut subir toutes les operations
ordinaires du calcul, a Texception de la differentiation.
Soient done
les series divergentes ordonnees suivant les puissances de y/f* qui representent
asymptotiquement 9^, 92, o3, 9.,,.
Nous aurons alors les quatre ^galites asymptotiques
(3) ,
OT- ( Jf , «', ^/JJL } , J'o = /1 2 if H- CTi ( ^ CF, y/JJL ) .
QEuvres de H. Potncare, t. I, p. 290.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4<>9
Nous pourrons £liminer t et w entre ces egalites d'apres les regies ordinaires
du calcul et nous obtiendrons ainsi deux nouvelles egalites asymplotiques
(4) a?, = s,(jKi,tva, y/^), 3?3 = *2(vi,,V2, v':-1)'
ou Si et So sont des series divergentes ordonn^es suivantles puissances de \ f-t
et dont les coefficients sont des fonctions de n et de v2.
En g£n6ral, il n'est pas permis de differentier une egalil£ asymptotique;
mais nous avons d£montr6 directemenl a la fin du paragraphe 14 que dans le
cas particulier qtii nous occupe, ou pent diff6rentier autant de fois que Ton
veut les £galit6s (3), tant par rapport a t que par rapport a w.
Nous pouvons en conclure qu'il est permis ^galemenl de differenlier les
egalites (4) autant de fois qu'on veut par rapport a yi et a y*.
Nous nous proposons d'etudier les surfaces asymplotiques definies par les
Equations (2). Les fonctions xi=f±* x*> = f% qui entrent dans ces equations
devront satisfaire aux Equations
^F dx{ dF dx^ dF ___ rf¥ dx*. dF dx* _^_ d¥ _
dxi dyi dx* 'drl ^~ d} i ~~ °' dx\ dy\ ~^~ dx» dy* dr»
Nous allons proceder par approximations successives; dans une premiere
approximation nous prendrons pour Equations des surfaces asymptotiques les
Equations (4) en nous arretant au second terme des series (c?est-a-dire au
terme en \//JL) inclusivement. L'erreur comrnise sera alors du meme ordre de
grandeur que ju.
Dans une seconde approximation, nous prendrons encore pour Equations des
surfaces asymptotiques les Equations (4)> mais en prenant un plus grand
nombre de termes dans les series. Nous pourrons en prendre un assez grand
nombre pour que 1'erreur comniise soit du ni£me ordre de grandeur que p*7,
quelque grand que soit p.
Enfin dans une troisieme approximation, nous chercherons a mettre en
evidence les propriet^s des Equations exactes des surfaces asymptotiques,
c?est~a-dire des Equations (2).
Nous devons done d'abord chercher a former directement les series $*, et $*>
des Equations (4). Ces series, substitutes a la place de x4 et de x«, doivent
satisfaire formellement aux Aquations (5).
Nous sommes done conduits a chercher des series ordonntes suivant les
puissances de /p, qui satisfassent formellement aux Equations (5). Les
H. P. — vii. 5a
4lO * SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
coefficients de ces series seront des fonctions de y\ et de y$ qui ne devront
pas changer quand ji et y2 augmenteront respectivement de ^iT et /z2T.
Mais nous trouverons une infinite de series qui satisfont a ces conditions.
Comment distinguer, parmi celles-Ia, celles qui doivent entrer dans les
egalit^s (4)? Nous avons vu plus haut que clans notre mode de representation
g^om^trique, la solution periodique consid6r£e est represent^ par une courbe
fermde et que, par cette courbe ferm6e, passent deux surfaces asymptotiques.
On passe de Pune a Pautre en changeant yp. en — \J \L.
Si done dans les Equations (2) on change \/p en — \/p, on obtient une
seconde surface asymptotique qui doit couper la premiere.
En d'autres termes, si 1'on considere les deux surfaces asymptotiques ainsi
obtenues comme deux nappes d'une m£me surface, on peut dire que cette
surface a une courbe double.
Soit s^ et s? la somme des p premiers termes des series s{ et 52, les Equations
fR^
(6)
repr^senteront deux surfaces qui diflfereront peu des deux nappes dont je viens
de parler et qui par consequent devront se couper.
Si 1'on considere ces deux surfaces comme deux nappes d'une surface
unique, on peut dire que cette surface unique pr^sente une courbe double.
Nous verrons dans la suite que cette condition suffit pour faire distinguer les
scries s\ et$2 parmi toutes les series de meme forme qui satisfont formellement
aux Equations (5).
17. — Premiere approximation.
Reprenons nos hypotheses ordinaires, a savoir : que quatre variables, deux
lin^aires Xi et x^ deux angulaires y{ ety2 sont Ii6es par les Equations
-.
_.___., _.__-, _,____5 _.____.
Que la constante C des forces vives etant regard^e comme une des donnees
de la question, ces quatre variables satisfont a Pequation
(2) F(a?!, a7S)ri, J2)=C5
de telle fagon qu'il n'y en a que trois d'independantes.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4!!
Que Pon a adopts un mode de representation geometrique tel qu'a toute
situation du systeme correspond un point repr^sentatif et r^ciproquement.
Que F depend d'un parametre tres petit p., de lelle facon qu'on puisse
developper F suivant les puissances de f* et ecrire
F a= Fo-h JJtFi-f-(JL2F2 ____
Que F0 ne depend que de x± et x» et est independent de y\ et de j*2.
Ces conditions sont remplies dans le cas particulier du probleme des trois
corps qui nous a servi d'exemple au paragraphe precedent.
Supposons que pour certaines valeurs de Xi et de #2> par exemple pour
/yp //F1
ies deux nombres — -r-^ et — -^-2 (que j'appellerai pour abreger n^ el n2) soul
commensurables entre eux.
D'apres ce que nous avons vu dans le paragraphe 11, a chaque valeur
commensurable du rapport — correspond une Equation -—- — o, qui portait
le n° 7 dans le paragraphe cite, et a chaque racine de cette Equation (7) corres-
pond une solution p&riodique des equations (i).
Nous avons vu ensuite dans le paragraphe 12 que le nombre des racines de
1'equation (7) est toujours pair, que la moiti6 de ces racines correspond a des
solutions pdriodiques stables et Fautre moiti6 a des solutions instables.
Les equations (i) ont done si fx est asses petit des solutions periodiques
instables.
Chacune de ces solutions periodiques sera repr^sentde dans le mode de
representation adopte par une courbe trajectoire ferm^e.
Nous avons vu au paragraphe 13 que par chacune des courbes ferm6es qui
representent une solution pdriodique instable, passent deux surfaces trajec-
toires dites asymptotiques stir lesquelles sont trac^es en nombre infini des
trajectoires qui vont en se rapprochant asymptotiquement de la courbe trajec-
toire ferm^e.
Les equations (i) nous conduisent done a une infinite de surfaces trajectoires
asymptotiques dont je me propose de trouver Pequation.
Voyons d'abord sous quelle forme se presente en general Inequation d'une
surface trajectoire. Cette equation pourra s?ecrire
4 12 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
<&4 et $2 etant deux fonctions de y{ et de y% qui doivent £tre choisies de ielle
sorte que 1'on ait identiquement
Ces deux fonctions <Di et 3>2 devront d'ailleurs satisfaire a deux equations
aux d^riv^es partielles
_o?F dx± d¥_ dx^ dF __ dF^ dx^ d¥_ dxj. r/F = ^
^ ^ tffo! Of)/i 0^0 dJ/2 ffyl ~~ ' <tf#I ^)"l ^"2 ^>"'2 <^J2
[1 pourrait d'ailleurs nous suffire d'envisager la premiere de ces Equations,
car on peut en faire disparaitre «2?2, en remplacant cette variable par sa valeur
que 1'on peut tirer de (2) en fonction de <rl5 de Yi et de y^-
Voici comment nous procederons pour inl^gror les equations (3) en
supposant que x{ et #2 sont tres voisins de x\ et de j?J, et que le rapport ~ est
commensurable .
Nous supposerons que #1 et x% sont developp^s selon les puissances de yi^
et nous ^crirons
x\-=> x\ -+• x [ y IJL -4- d?f JJL -4- x I [x y/fi -4- ... 3
(4) ._
= x\ -+- xl y\j. -H ^1 JJL
et nous chercherons a d6teroiiner les fonctions j?f de telle fagon qu'en
substituant dans les Equations (3) a la place de xi et de x* leurs valeurs (4),
ces equations soient satisfaites formellement (1).
Si dans F nous substituons a la place de x^ et de x+ leurs valeurs (4),
F deviendra d^veloppable suivant les puissances de \/p et Ton pourra £crire
F = Ho •+- s/ia H i -4- fx HS •+• {A
On voit d'ailleurs sans peine que
(:) Si jp? et ^?2 etaient choisis de telle sorte que le rapport — soil incommensurable, on
nz _
pourrait se contenter de developper xl et j;2 suivant les puissances de JJL (et non de V/fO- On
arriverait ainsi a des series, qui a la verite ne seraient pas convergentes au seas geometrique
du mot, mais qui comme celles de M. Lindstedt pourraient rendre des services dans certains
cas.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4l3
et plus gen^ralement
6/t ne dependant que de y{, j-2, x\, x\, . . ., #f~% x\, a?i. . . ., j;i~% et en
posant pour abr6ger
La premiere des Equations (3) nous donne alors, en 4galant les puissances
semblables de \7j*, une suite donations qui nous permettront de determiner
successi vement #J, oc\, x\, . . .. x\.
Nous pouvons toujours supposer que rc2=o. Car si cela n'avait pas lieu
nous poserions
~bx^ y J = <Ki— cj2,
a, 6, o, 6?£lant quatre nombres entiers tels que
ad — be = i .
Apres ce changement de variables les equations conservent la forme
canonique.
La fonclion F qui est periodique de periode 271 pur rapport a j'i et a y2, est
encore periodique de p6riode 271 par rapport a >*'J et a j%. Le changement de
variables n'a done pas alt^re la forme des equations (i).
Les nombres tt4 et /i2 sonl remplacds par deux nouveaux nombres n\ et n'
qui jouent par rapport aux Equations transform^es le m^me role que n± et n*
par rapport aux equations primitives et Pon a
n'( = dn i — c/2>, nl = — 6/ij -4- a/Zf>.
Mais le rapport de HI a n2 6tant commensurable par hypothese, il est toujours
possible de choisir les quatre entiers a, 6, c, rf de telle sorte que
n'( = — brii-+- an»= o.
Nous pouvons done, sans restreindre la g6n^ralit^? supposer que 7Z2 soit mil;
c'est ce que nous ferons jusqu'a nouvel ordre.
Nous supposerons en m£me temps n\ T = STT.
Si apres cette simplification, nous dgalons les coefficients de \/p. dans les
deux membres des deux Equations (3), il viendra
f ,
(5) ^—.--
ce qui montre que x\ et x\ ne dependent que de y$
4l4 SUR LE PROBLEMS DBS TROIS CORPS
Egalons maintenant les coefficients de p. dans les deux membres de la
premiere des Equations (3); il viendra, en tenant compte des equations (5) :
d>x\ , „, A „- , dx\ clF i
(6) —^—L —(Ma? -f- Nari)— I -+- — i = o.
> ' rtj/i v dfra ttyi
Nous nous proposerons dans ce qui va suivre de determiner les fonctions x'l
de telle facon que ce soient des fonctions p^riodiques de^-i, qui ne doivent pas
dtre alt^rees quand, y% conservant la meme valeur, y\ augmentera de 271.
Nos fonctions pourront alors etre d^veloppees en series trigonom^triques
suivant les sinus et cosinus des multiples de y^. Nous conviendrons de reprd-
senter par la notation [U] le terme tout connu dans le d6veloppement de la
fonction p^riodique U suivant les. lignes trigonometriques de r± et de ses
multiples. Dans ces conditions on aura
rfU
et je puis 6crire
Comme x\ et^i ne dependent pas de j'i5 je puis £crire pins simplement
La premiere de ces equations montre que x\ se r^duit a une constante. Quant
a la seconde, elle est facile a integrer. On a en effet
dy-> '
ce qui nous donne pour Fint^grale de liquation (7)
TV
(»)
Ci ddsignant une constante djint^gration.
Mais si nous regardons la constante des forces vives G comme une des
donnees de la question, nous ne pouvons plus consid^rer les deux constantes x\
et Ci comme arbitraires. On doit avoir en effet identiquement
F = H0 4- v/?H1-h-{jLH2H-^v/?H3 -+-... = G
ou
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4l5
OU
FU ( d?J , tfih = C, — n ; .r 1 = o, ....
Ainsi la constante a?[ est nulle, ce qui apporte de nonvelles simplifications
dans nos equations.
Liquation (8) devient en eftet
Nous nous contenterons dans ce paragraphe d'dcrire et de discuter les equa-
tions de nos surfaces trajectoires en ndgligeanl les termes en tu el ne tenant
compte que des termes en y'4u.
Nous supposerons done que x\ et a?2 sont d£finis en fonction de y\ et de y.>
par les Equations suivantes :
D'apres cela, x± serait une constante et x* une fonction de y» seulement, inde-
pendante dey±.
Revenons a notre premier exemple du paragraphe IS. Ce que nous dirons
s'appliquerait ^galement aux deux autres exemples, mais c'est sur le premier
que je veux insister parce que c'est un cas particulier du probleme dos trois
corps.
Nous avons vu que Fon pouvait repr^senter la situation du systeme par le
pointP qui a pour coordonn^es rectangulaires cosj^e*008-^, smy\e*VM-*i
oii
. i . . . i . . ., ^2—^1 L — G — a? *
j-i - -tn-Kv, », j, = -f^i-^), 5 = ;?r^~7l = J^TG = —
yl = g — t, }'i=sl.
Nous avions observe de plus que les variables
forment avec ^ ety;2 un systeme de variables canoniques.
Nous pouvons done regarder £, ^y', et j^'s com me un systeme particulier de
coordonnfes definissant la position du point P dans Fespace, de sorte que toute
relation entre £? y\ .y'^ est liquation d?une surface.
Mais ensuite, nous avons du faire un autre changement de variables.
Nous avons pos6
4l6 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
en choisissanl les nombres enliers a, £, c, d de facon a annuler le nombre que
nous avons appe!6 n% .
Apres ce changement de variables, nous avons supprime les accents devenus
inuliles et nous avons restitue le nom de x{ , x^ yi<,y$ a nos nouvelles variables
independantes #", x\, r] Qlyl.
En consequence, les variables que nous avons appel^es #1} #2, y+ etjKa dans
tout le calcul qui precede, el auxquelles nous conserverons desor metis ce
nom, ne sont pas les memes que celles que nons avions d^sign^es par les
m£mes lettres dans le premier exemple du paragraphe 15, cjest-a-dire G; L,
g — tetl.
II est clair que notre nouvel y* et notre nouvel y* sont des fonctions
lineaires de
el que le rapport du nouvel j?2 au nouvel x± est une fonction lin^aire et
fractionnaire de \.
Nous devons conclure de la : que 1'on peut d^finir completement la position
du point P dans 1'espace par le nouvel r1? le nouvel y* el le rapport du
nouvel x± au nouvel 3?1? de telle facon que toute relation entre j'i? y», et — est
^?i
liquation d'une surface; que ce systeme parliculier de coordonnees est tel que
Ton peut augm enter y4 ou y% d'un multiple de 271 sans que le point P change.
Liquation approximative de nos surfaces trajectoires, en negligeant les
termes en JUL sera
^^^H-^V^^^^^ A c
r r(l_U'r1 Ju -y<> ,roi/ NVL J 7
a i JL i — {— Jj ] y \J v6 j JC | r
Nous nous proposons tout d'abord de construire les surfaces represeiit<§es
par cette Equation approximative (9).
Observons d'abord que j'i = o est 1'^quation d'une certaine surface S et que
ia portion de cette surface qui nous sera utile est une portion de surface sans
contact.
En effet il suffit de montrer que Ton a
Or il en est ^videmment ainsi., car si 1'on pose
F = F0H-}iF|-l-(x*F.-f- ...
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4/7
il vient
dyi ctPi 0^F2
si = m — p-j-i — ij.*—-^-*- —
dt r d&i ( dxi
Le parametre ju. £tant tres petit, c-—± est de meme signe que n± et n\ est une
constante qui est toujours de meme signe.
Done -^r'est toujours de meme signe et ne peut s'annuler. c. Q F. D,
La position d'un point P sur la surface S sera d^finie par les deux autres
coordonn^es y^ et ~; ce systeme de coordonn^es est tout a fait analogue aux
x\
coordonn^es polaires, c'est-a-dire que les courbes — = const, sonl des courbes
ferm^es concentriques et que le point P ne change pas quand 1'autre coordon-
n4ey2 augmente de 27T.
Reprenons les surfaces d^finies par liquation (9) et ^tudions leurs intersec-
tions avec la portion de surface S qui a pour Equation y^ = o.
Je remarque d'abord que ^/pT^tant tres petit, ces intersections diflfereront
fort peu des courbes — = const.
r ^i
Mais pour etudier plus cornpleteinent la forme de ces courbes d'intersection,
il faut d'abord rechercher quelles sont les propri^tes de la fonction [F4].
Revenons aux notations du paragraphe 11. Dans ce paragraphe nous avons
Ft = 2 A sin( m^'i •+- m*}'* ~H m3j3-h h ),
A et h 6tant des fonctions de x\, x\, x\\ comme nous n'avons plus ici que
deux degres de libert^, j?^crirai simplement
En faisant ensuite
^^ = 711^5 }fZ = n* t "*~ ^2? 05 = (^iTTlj -i-7l2/7Z2)i-i- m»CJ2-4- A,
nous trouvions
Fi
Je posais ensuite
la sommation W sJ4tendant a tous les termes tels que Tn^n^+ rn^n^=^ o; d^ou
o> = m*wi'+- h.
H. P. — VII. 53
4i8
SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Dans le cas qui nous occupe, n% estnul; la condition
r6duit a m\ — o et Ton a y2 = sj2 ; il vient done
= o se
=s V A sin (7712^2 -H A) =
D'apres la definition de [F4J, il suffit pour obtenir cette quantit^ de
supprimer dans I'expression de F1 tous les termes ou m± n'est pas nul; il ^i
done
Ainsi la fonction que nous appelons ici [F4] est la meme que nous d^signions
par d> dans la premiere Partle.
_
est par consequent une fonction p^riodique de y2 et cette fonction est
finie; elle doit done passer au moiiis par un maximum et par un minimum.
Nous supposerons pour fixer les id6es que [FA] varie de la fa^on suivanle
quand jKa varie depuis z6ro jusqu'a 27:.
Pour y% = o [J\] passe par un maximum 6gal & <pi?
Pourj>'2 = "yJi [F.,] passe par un minimum 6gal a cp2.
Pour y2 = r?2 [F-i] passe par un maximum egal ^ 93.
Pour j^ — yj3 [F,,] passe par un minimum £gal a 94.
Pour j*2 = 27i [F^] reprend la valeur cp^.
Ces hypotheses peuvent £tre represents par la courbe pr6c£dente dont
Pabscisse est y% et Pordonnee [F4],
Ayant ainsi fix6 les id^es, je puis construire les courbes
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4ig
Nous verrons que selon la valour de la constante d'integration Ci, ces courbes
affecteront des formes diflerentes.
Dans la figure 6, j'ai represent^ par un trait plein - les deux
courbes Gt = — 9* et G* = — o2 ; ces deux courbes ont chacune un point
double dont les coordonnees sont respectivement :
J'ai repr^sente par un trait pointille ------- les deux branches d'une courbe
correspondant a une valeur de Ci > — <p4.
Fig. 6.
J'ai repr^sent^ par le trait mixte — . .— une courbe correspondant a
une valeur de Ci comprise entre — o2 et — <p4.
J7ai represent par le trait ponctu6 les deux branches d'une courbe
correspondant a une valeur de CM comprise entre — cp2 et — <p3.
Pour Ci= — o3 Tune de ces deux branches se r^duit a un point repr^sent£
sur la figure en A, ~ = ~? y2 = r72; I'aulre branche est repr6sent6e sur la
Xi x i
figure par le trait xxxxxxx.
Pour C\ compris entre — <p3 et — <p4, cette seconde branche subsiste seule;
pour Ci = — 9^ elle se r6duit a son tour a un point repr6sent£ en B sur la
figure et ayant pour coordonnees :
^2 X\
_=-,, rj=o.
Enfin pour C1 < — 94, la courbe devient tout entiere imagmaire.
Les surfaces d^finies par liquation ( i ) ont une forme g£n£rale qu'il est ai
de d^duire de celle des courbes que nous venons de construire.
420 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Consid4rons en efiet une quelconque de ces courbes et par tous ses points
faisons passer une des lign.es dont liquation g£n6rale est
2
z z= const. ; — = const.
L'ensemble des lignes ainsi construites conslituera une surface ferm6e qui
sera pr6cis6meut 1'une des surfaces denies par liquation (9).
On voit par la que ces surfaces seront en general des surfaces ferm^es triple-
ment connexes (c'est-a-dire ayant monies connexions que le tore).
Pour d> — ?4 ou pour C* compris entre — <pa et — cp3 on trouve deux
pareillies surfaces, int^rieures Tune a Fautre dans le premier cas, ext^rieures
Fune a Fautre dans le second.
Pour Ci compris entre — <p3 et — tp^ on entre — <p2 et — <?*, on n'a plus
qu'ime seule surface triplement connexe ; enfin pour G< < — cp^ la surface
cesse completement d'exister*
Passons aux quatre surfaces remarquables :
G = — *cpi5 —92, — 93 et — 94.
Les surfaces C4 = — 92 et G1 = — cp4 pr6sentent une courbe double et ont
memes connexions que la surface engendr£e par la revolution d'un lima^on de
Pascal a point double ou d'une lemniscate, autour d7un axe qui ne rencontr.e
pas la courbe.
La surface C< = — - <p3 se r^duit a une seule surface fermie triplement
connexe et a une courbe fertn^e isol<§e; enfin la surface d — — o\ se r^duit a
une courbe fermee isol^e.
Dans le paragraphe 11 nous avons envisage liquation ^~ = o qui portait le
n° 7 dans ce paragraphe; nous avons vu qu'a chacune des racines de cette
Equation correspond une solution p^riodique. Mais dans le cas qui nous
occupe, et d'apres une remarque que nous venons de faire, cette Equation peut
de telle sorte queles solutions p^riodiques correspondront aux maxima et aux
minima de [Fi]. Dans le cas actue!3 ces maxima, de m£me que les minima,
seront au norabre de deux.
Nous auroas done deux solutions p6riodiques instables correspondant aux
deux courbes doubles des surfaces Ci = — 92 et — <f* et deux solutions p^rio-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 421
diques stables, correspondent aux deux courbes fermees isol^es des sur-
taces Ci = — 93 et — cf±.
Quelles sont parmi ces surfaces, celles qui different pen des surfaces asymp-
totiques et les repr&sentent en premiere approximation ? D'apres ce que
nous avons vu au paragraphe 16, ce seront celles d^cntre elles qui pr^sentent
une courbe double, c'est-a-dire les surfaces C{ = — o4 et C\ = — 93.
18. — Detixieme approximation.
Reprenons les equations ( i ) du paragraphe pr6c6dent et les hypotheses
faites au'd^but de ce paragraphe; 6crivons
x\ \j}3. -f- x\ |x -4- x\
572 = 3C\ -4- 5?2 V
imaginons que les coefficients de ces deux d^veloppements soient des fonctions
de yi et de y2 et cherchons a determiner ces coefficients de fagon que ces
Equations soient compatibles avec les Equations diflferentielles (i), du para-
graphe pr^c^dent, c'est-a-dire que 1'on ait
d^dx^ £F^^£i dF __ dY^d^^d^dx^. d¥ __
^ dsc\ dy\ dx* dy* dy\ ~~* ' dxi d\\ '
G*est la le probleme que nous nous sommes propos^ plus haut.
Ce probleme peut etre pr^sent^ sous une autre forme (en se pla^ant au point
de vue des Vorlesungen uber Dynamik)*
Si Xi et x% sont deux fonctions deyi et dej^2 satisfaisant aux Equations (i),
1'expression x^dy^ + x^dy^ devra etre une diff6rentielle exacte. Si done nous
posons
S sera une fonction de y{ et de y% qui sera d^finie par Tequation aux d^rivees
partielles :
S pourra se d^velopper suivant les puissances de y? et Ton aura
(3) S = S0H-Si V^^S^ + Ssfxv^-*- ----
S0, Si, . . ., Sjt, - • - seront des fonctions de y± et Aey^ et Ton aura
422 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Je rappelle maintenant quelles conditions nous avons imposes dans le para-
graphe pr^c^dent auz fonctions x\ eta?*! nous avons suppos6 d'abord que x\
et x\ devaient etre des constantes. On a alors
S0 = x\y\-
»rji
Si nous appelons ensuite^ etn2 les valeurs de — -~ et —
Xi — x\, ces quantise 7i4 et n^ seront encore des constantes. L'analyse qui va
suivre s'applique au cas ou le rapport — est commensurable. Dans ce cas on
peut toujourSj comme nous Favons vu, supposer 7^2r=o; c'est ce que nous
ferons d^sormais, comme nous Favons fait dans Ie paragraphe pr4c4dent.
Nous avons suppose en outre dans ce paragraphe que x\ et x\ sont des fonc-
tions p^riodiques de y± qui ne changent pas de valeur quand on change y±
en yA + 2
II r6sulte de la que -T— " et —£ sont des fonctions p^riodiques par rapport
et que Ton peut
(4)
>,jt ^tant une constante et S/. une fonction p^riodique de j/v
/ x/Q sJQ
Supposons que dans le premier membre de liquation (2) : Ff-p-j -y— ?
yi> y*}i OI1 rem place S par son d^veloppement (3); on verra que F deviendra
d6veloppable suivant les puissances de \7JT et qu'on aura, ainsi que Ton a vu
dans le paragraphe pr£c£dent :
Fas Ho-HHi V/jT-H HaJJt -4- Hsp-^H- . . .,
les H 6tant des fonctions de y^ de y25 et des d6riv6es partielles de S0? Si?
Sa, etc.
On voit d'ailleurs que H0 d^pendra seulement de S0, H^ de S0 et S4,
H2 de S0, S1 et S2, H3 de S0, S1? S2? S33 etc.
On trouve d'ailleurs :
H8 s=-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 423
ou Ton a pos£ pour abreger :
if ^F0 . ., flf-Fo ,
bn= - . ...... • ...... - x \ xi{ Hh ' •> .. . A
2 *
et ou Kp ne depend que de S0, Si, . . . , jusqu'a Sp^«.
Gela pose, pour determiner par recurrence les fonctions Sp, nous aurons les
Equations suivantes :
HO=G, Hl=0, H2=0, ..., 11;,= O.
Si Ton supposait que les fonclions S0, Si, ..., Sp_i fussent entierement
connues, Pequation H^ = o ou
d^termineralt la fonction Sp a une fonction arbitraire pres de j'a.
Mais ce n'est pas lout a fait ainsi que la question se pr^sente*
Supposons que Ton connaisse completement S0, Si, . . ., Sp__2 et que Ton
connaisse S^i a une fonction arbitraire pres dey2-
Par hypothese les d^rivees de S0, Si, ..., S^^.^? Sp_j sont des fonctions
p^riodiques de y^ ; done K^ et ASp_i seront des fonctions p^riodiques dej<.
D^signons par [U] comme nous 1'avons fait dans le paragraphe precedent la
valeur mojenne de U qui est une fonction periodique de j'f .
[/C ~1
--r£- doit £tre une
constante -^- ind^pendante de jr2j de sorle que liquation (5) nous donne
(6)
et cette Equation d^terminera completement Sp^ (si Ton suppose que Ton se
donne, soit arbitrairement, soit suivant une loi quelconque, la constante ^).
Nous trouvons d'abord liquation
tr rfSi
HI = O OU -j — == 0,
dyi '
qui nous montre que S^ est une fonction arbitraire
Nous en d^duirons
[nous posons pour abreger :
comme nous Pavons fait dans le paragraphe cit$].
424 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Liquation que nous trouvons ensuite en ^galant a z6ro la valeur moyenne
de H2 est la suivante :
[ASi]-f-[K2] = X2.
Or
D'autre part,
Ki^YiWtVlyi,?*).
A2 est une constante qui, ainsi qu'il est aise de le voir, estpr^cisementcelleque
nous avons appe!6e — C4 dans le paragraphe cit6.
II vient done
Si est ainsi entierement d£termin& a une constante pres ; mais nous pouvons
laisser cette constante de c6td, elle ne joue en effet aucun role, puisque les
fonctions S n'entrent que par leurs derives.
Liquation (6) devient ensuite
(7)
W;
Dans le second membre tout est connu; Kp ne depend que de S0, 84, . . .,
/7^(
Sp_a? J)~~"1 ©st connn puisque S^_i est suppos^ determine a une fonction
&yi
arbitraire pres
D'autre part -^ est ind^pendant de y^ ; le premier membre peut done
s'^crire N~- — r—^ > de sortekque liquation (7) nous donnera — f-^
dyi L fy* J ^ n w / L dyi j
en fonction de y%. Nous connaitrons done [S^^i] a une constante pres et cette
constante qui ne joue aucun rdle peut etre laiss^e de cot^.
Nous connaissons d'une part S^_i a une fonction arbitraire pres de y%]
d'autre part nous connaissons [S/;^] en fonction de^^J done S^i est entie-
rement determine.
La constante Cn joue un role preponderant. Supposons d'abord qu'elle soit
sup(§rieure a la valeur que nous avons appelee — <p4 dans les paragraphes cit^s
//^
et par consequent que [Fi ] + d soit toujours positif et -^ toujours r^el et je
j —
pourrai ajouter toujours positif, parce que je suis libre de prendre le signe -f-
devant le radical.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE, 425
Je dis que dans ce cas: on peut choisir arbitrairement les constantes X et
— £ et -^ sont des fonctions p^riodiques non seulement de y^ , mais encore
dey2. (Sp est encore de la forme Apj'i-j- fVJ's + S^, /^et/jt^etanldes conslantes
pendant que S^ est periodique de p6riode 27: tant par rapport a y\ que par
rapport a y%)>
En effet, supposons que cela soit vrai pour
T 7 * n — i . n
ie dis que cela sera vrai encore pour — ~ — et -j-^-
J ^ ^ «rj-2 4}'i
En effet, nous avons par hypo these :
1 -r, A f V
' ' a),
..
les A et les a 4tant des constantes, m{ et m2 4tant des entiers.
On aura ensuite par definition
= M
L"^rJ=
Mais on doit avoir
et par consequent
rvs^-i Xp,,
L <TI J 11
_{ 4tant une constante; on en conclut que
v?
pour /TCS^OJ AQ.O=
II vient ainsi
la
et m,2 prenant toujours sous le signe 2 toutes les valeurs entires telles que
i.
[»Q -1
y^"1 soit
[rQ« ni
,P"'4- est d^fini par liquation
une
-J.-
^ rfr» L ^i J
lie dependant que de S1? Sa, . . . , S^_2 sera periodique
H. P. — VII. 54
426 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
-f^l estuneconstante ^^; de plus -^ est une fonction periodique dey2
qui ne s1 annule j amais .
11 en r^sulte que -— T— ^ P^ut etre d^velopp^ suivant les sinus et les cosinus
des multiples dejv On a ensuite
ce qui montre que -r-^ est p6riodique
^vi
Ainsi en choisissant pour C, une valeur superieure a — <p4 eL en choisissanl
ensuite les autres constantes X3, X/0 . . . d'une facon arbitraire, on trouve pour
-7— et -r- des series ordonnees suivant les sinus et les cosinus des multiples
dyi dyt r
de yA et deyz. Ces series, quoique divergentes, peuvent rendre des services dans
certains cas.
Passons maintenant au cas de C\= — 9^, qui ainsi que nous Favons vu au
paragraphe 17 est celui qui correspond aux series qui repr^senLent asjmptoti-
quementles surfaces asymptotiques,
L'expression [F1]-|-Ci n'est jamais negative, mais elle devient nulle pour
une certaine valeur de y2 q^e nous avons appel^e V23 dans le paragraphe cit£.
Je supposerai dans ce paragrapke que cette valeur est nulle; j'ai le droit de le
faire, puisque cela n'implique qu'un choix particulier de Porigine
Ecrivons done [F^] -f- Ci sous forme de s^rie trigonom^trique :
Pour ^2 = Oj cette fonction sjannule ainsi que sa d^riv^e, puisque la fonction
etant toujours positive, z^ro est pour elle un minimum. II en resulte que
1'expression suivante : • i f 1 est d^veloppable suivant les sinus et cosinus des
2
multiples de y*\ c'est une fonction p£riodique dey2 qui ne s'annule jamais et
ne devient jamais inflnie.
II suit de 14 que 1'on peut £crire
et par consequent
S &m cos mjKS -h S B m sin m y*
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
Nous pourrons ecrire maintenaut liquation (7) sous la forme suivanle :
— ^T . V*
V 2i\ sin — _ „ __
x ,v _ _ _ 2 _ f^V'-! 1 __ , <f> / N
17 ; ~ ~~ *"*" * J '
<&p 6tant une fonction connue de jr2.
Gela pos£, je me propose de d6monlrer que -?-£ et -r-£ sont des fonctions
p^riodiques de y± et de y*, dont la periode est 27: par rapport a y^ et 4?r par
rapport a j'2.
Supposons en effet que cela soit d6monir6 pour
p— 3 c ^ — i
J r
'
l" est une fonction pdriodique de y+ eL de j'2; d'autre part sa valeur
moyenne
est une constante ind^pendante dey2- Nous pourrons done 6crire
^-<(yi?J^) ^tant une fonction periodique de y\ et j2, et ^i une fonction
arbitrairede^a seulement. II vient ensuite
_
d'oii
^C yr c "]
ce qui montre que /"* -- ^-u est une fonction p6riodiquede j^ etde j"2-
r //^ i
Liquation (7^) montre que cela est vrai 6galement de • ,p~^ et par cons6~
L ^v s J
ro
quent de ,p~l (quelle que soit d'ailleurs la conslante ^) et liquation (5)
montre que cela est vrai de -r-^-
»C -7C
Cela sera done vrai des fonctions -=-£ et -*-£- quel que soit Pindice D.
O^i Ofs xi
II importe toutefois de remarquer que si ces fonctions sont p^riodiques, ce
n'est pas une raison suffisante pour qujelles puissent dtre d^veloppees suivant
les sinus et cosinus des multiples de y\ et de — • En effet, ces fonctions ne sont
428 SUR LE PROBLEMS DBS TROIS CORPS
pas toujours finies, sauf pour un choix particulier des constantes Xpj il est
de s'en rendre compte, car Inequation (7'), d'oii Ton doit tirer la valeur
de _£z* , a en facteur dans son premier membre sin — - Done 1'expression
de — .fill contiendra sin^lr au denominateur.
L dy» J 2
Les d^rivdes des fonctions Sp pourront done devenir infinies, mais seulement
pour
sin — = o ou
Si y% a une valeur diflferente de a^jr, ces deriv^esne deviennentinfinies pour
aucune valeur dejKiJ elles peuvent done se d6velopper suivant les sinus et
cosinus des multiples de y±.
Nous pouvons done 6crire par exemple :
J~~l = — X^-i + S Am cos myi -4- S Bm sin mjl5
Am et Bm ^tant des fonctions p^riodiques de y3 qui peuvent devenir infinies.
Imaginons maintenant que les constantes ~kp d'indice impair soient toutes
>O TO
nulles; je dis que -^ et -v-2- ne changeront pas quand on changera y% en
y^+ 27T toutes les fois que Findice JD sera pair etqu'au contraire ces deux fonc-
tions changeront de signe, sans changer de valeur absolue? quand on chan-
gera j^ en ^3+ 271, toutes les fois que 1'indice p sera impair.
Je suppose que le th^oreme soit vrai pour
et je me propose de d^montrer qu'il est vrai 6galement pour — £-1 et —£
gi dSp-t c
de m^me de
i p~l est mulipli6 par ( — iV~~! quand 0/2 se change enj^2 -f- 271, il en sera
Nous avons trouve en effet
d$P-i = -1 A _! -+. S A
^Ki ^i ^
m et Bm 6tant des fonctions p^riodiques
Si . *"Tl est multipli^ par ( — i)^"1 quand y% augmente de 27rt il en sera de
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4^9
m£uie de Am et Bm et des d^rivces de ces fonctions par rapport ajyv II en sera
done encore de m&me de
—i rdSp^i~\ _
2 L ^"2 J ~~
cosmrt
dy« m
[x/Q T
' ,/?~3 *
Pour cela il est necessalre d'etudier de quelle maniere Kp depend des fonc-
lions So, Si, S2, . . . , S^-i. Je me propose d'etablir que Fordre de tous les
termes de Kp par rapport aux d^riv^es des fonctions djindice impair Si, Sa>
S5, ... sera de m^me parit4 que p.
En efFet, en faisant dans F ( ~-r-^ 5 -— -> y{ , y2 \ 7
S = SO-H Si v/fJt-f-S±;i-H...,
nous avons trouvd
Si je change y^p. en — yp. et qu'en meme temps je change S^, S3? S5, ... en
— Si? — S3? — Sr,, . . - sans toucher aux fonctions d'indice pair? Fexpression
de F ne devra pas changer.
Done Hp devra se changer en ( — i)^Hp.
Gela montre que Fordre de tous les termes de Hp par rapport aux derives
de S*, S3, S5, . . . , devra ^tre de raeme parit6 que/?, II devra done, comme je
Fai annonc^, en £tre de m^me des termes de Kp, puisqu'on obtient K^ en
supprimant dans JHP les termes qui dependent de Sp_4 ou de Sp.
Cela pose, changeons y2 en y* + 2K; les d&riv£es de S^ ne changeront pas
si q est pair et au plus 6gal a/> — 2; elles changeront de signe si q est impair
et au plus egal ajt? — 2. Done K^ se changera en ( — i^K^.
Reprenons maintenant liquation
[//Si "1
_£il
i / \n r^Sw — r i . <^Si * £$Si
change en (— i)^ --» ^ s^ change en —
Nous pouvons meme dire que \p se change en ( — *)^/>-
En efFet cela estvrai pour JP pair, parcequeJ,^ est uneconstanleind&pendante
de y%] cela est vrai encore pour /> impair, parce que nous avons suppos6 que
les Ap d^indice impair sont tous nuls.
43o SUR LE PROBLEMS DBS TROIS CORPS
[»o -. p /-7Q ~f
J"" se change en ( — i)^1 J^ et par consequent
^tlen(-iX-*^i. c. Q. F. D.
<fys v ' dyz
Je dis mainlenant que -r-^ so changera en ( — i }/>—£.
Ecrivons en effel Pequation (5)
(5) /i1^ = 2AS^_1 + K>0;
Kp et ASp-i et par cons6quent le second me'mbre de liquation (5) seront mul-
lipli^s par ( — i)^ quandy3 augmentera de STT. II devra done en etre de meme
du premier membre et de -—•• c. Q. F. D.
Je vais maintenant demontrer que Ton peut choisir les constantes A^de fagon
que les d^riv^es des fonctions $>p ne deviennent pas infinies pour^2= zkn.
Supposons que Ton ait choisi les constanles X2, A;J; . . . , ~kp~\ de fagon que
restent finies et que les constantes ^ d'indice impair soient nulles; je me pro-
70 ^ »n
pose de choisir ^ de fagon que /?~i et -j-^ ^e deviennent pas non plus infinies.
Nous verrons en meme temps que ^p devra etre nulle si p est impair.
II est clair d'abord que si p~l reste finie, il en sera de meme de
et
a?j/2 J P\J-J L PI dyi\_ dy± J
Reprenons maintenant liquation (7'). Le coefficient de laquantite inconnue
[j'C "I
,p~l s'annule pour ^0=2^71; pour que cette quantite inconnue demeure
finie, il faut que le second membre s'annule egalement et que 1'on ait
Comme &p ne change pas quand y2 augmente de 4^; il suffira de prendro
k = Q el k = i et d'^crire
(8) *,(o) = *,(**) = V
Sip est pair, il n'y a pas de difficult^, on a
et par consequent
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 43 1
de sorte qu'il suffil de prendre
}h/?=^(o).
Si au contraire/> est impair, on a
et
de sorle que les equations (8) ne peuvent £tre satisfaites que si Ton a
Nous avons done a demontrer que pour/? impair, $/>(o) est nul.
Soit en efFet
$Xo)-*
et par consequent
Nous allons nous appuyer sur un lemme qui est presque Evident. Voici
de ce lemme :
Solent q>j et <p2 deux fonctions per iodiques et de periods 271 par rapport
a y± et a y2. On salt que si 9 est une f auction, periodique de y^ par
exemple, la valeur moyenne de ~j^- est nulle. On aura done
les integrates &lant etendues a toutes les valeurs de y\ et de y^ depuis zero
jusqu'a 27T.
II est necessaire pour que le leimxxe soit vrai que les fonctions y\ et o2 soient
continues, mais leurs d^riv^es peuvent etre discontinues. Ces deri\?6es doivent
settlement rester finies.
Gela pose, nous acheverons de determiner la fonction S^^.^ non plus par
liquation (7'), mais par liquation suivante :
Elle ne differe de liquation (7') que parce que lkp a &t& remplac6 par a cos — -
[»Q -j
,/>"1- est une fonction periodique dejKs
et de p^riode arc (je rappelleque JP est suppos6 impair). De plus, cette fonction
ne devient pas infinie pour j/3= a^rir, parce que le second membre de liqua-
tion (9) s'annule pour j*s = o et pour y2 = air.
2 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Posons ensuite
JL
•?*2*b
7} sera une fonction de y<, de jr2 et de JJL d6fmie par liquation
(10) F(^2,ri,rO = C'
II est ais£ de voir que£2 est enticement determine, puisquenous connaissons
maintenant complement S0 , S, , . . . , S^-, . On pourra done tirer 75 de Pequa-
tion (10) sous la forme suivante :
i.
7) = 'f\Q -j- JX- TQi -i- |J.TJ2 •+-...,
les »£ 6tant des fonctions periodiques de y± et deya, de periode STT par rapport
a j^i et 4^r par rapport a y<>*
De plus on aura
Nous n'avons besoin que de n0 ; or on voit tout de suite que 13 0 est donn^e par
Fequation suivante :
(ll) /Il7)o= 2 AS^-i-r- K^,
qui ne differe de liquation (5.) que parce que Finconnue y est d6signee par Y)O.
Cette Equation montre que YJO est une fonction p6riodique de y\ ; il faut
chercher la valeur moyenne de cette fonction. Si Ton se reporte a la signifi-
cation de liquation (9), on verra qu'elle exprime que la partie moyenne du
second membre de ( 1 1) est a cos ^- On a done
_ _ a r2
. ^1=^COST'
^ est susceptible de deux valeurs difftrentes qui se permutent Tune dans
1'autre, soit quand on change fa en — fa, soit quand on change y$ en y2+ 271.
Pappellerai <?3 la plus grande des deux valeurs de £2 et ^ la plus petite.
De meme £, est susceptible de deux valeurs; j'appellerai 91 celle qui corres-
pond a <p3 et <\>4 celle qui correspond a d/2,
Enfin f] est susceptible de deux valeurs; j'appellerai nr celle qui correspond
a <pa et y]f/ celle qui correspond a ^2; YJJ est susceptible de deux valeurs que
j'appellerai de ni&me 73^ et n" *
£T LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 433
La fonction 9^ est periodique de periode 277 par rapport a y>2] en effet, quand
on augmented de 2?:, les deux valeurs de ?2 se permutent entre elles; done o2
qui est toujours £gale a la plus grande de ces deux valeurs ne change pas.
Pour la m£me raison, QI, d^, d>2, r/, r/', r^- 3 rj' seront des fonctions de
periode 27: par rapport a jv
Des definitions preccdentes, il r^sulte que QH, Q25 '^ et 'l^ sont des fonctions
continues, quoique les derivies de ces fonctions, de meme que r/etr/', puissent
etre discontinues.
Nous sommes done dans les conditions ou notrelemme est applicable et nous
pourrons ecrire
^ frdr?
ou encore
ou enfin
/
Cette relation devra avoir lieu quel que soit JJE..
Mais quand p. tend vers zero, ^ — Y/O et r/ — ri\ tendent vers zero.
Done on aura
d pour fi = o.
(12) 3im (T d^^ ^ ^ dy\ dy*> = o
Transformons le premier membre de P^galit^ (12). Je remarque d'abord
que/? 6tant impair, V30 est une fonction qui doit se changer en — 73 0 quand j/2
se change en y2+27r. II suffit pour s'en convaincre de se reporter a
liquation (i i). Nous avons done
/
II reste a voir pour quelles valeurs des y nous devons faire Y}'O = -f-rjo etpour
quelles valeurs desj^ nous devons faire r/0= — Y30.
Si nous avons
H. P. — VII. 55
434 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
nous devrons prendre, d'apres notre convention :
rfSft /-rfS, d» r,
?ft = __ll H- i/U — -- h U, -; -- r W l/W -y -- r . . -
r- rfja v l dy* r rf/2 ' v fl^s
et
rfS*
a -p-^ — u.
Si au contraire le premier membre de I'in^galiuS (r3) est n^galif, nous
devrons prendre
et
Tout depend done du signe de premier membre de l'm€galite (i3). Egalons
ce premier membre a z6ro, nous obtiendrons une Equation
dy^ dy^
Cette Equation peut etre regard^e comme d^finissant y^ en fonction de y\ et
de p..
On pourra r6soudre cette liquation et dcrire
Observons settlement que 0 est une fonction p^riodique de p^riode 2:1 par rap-
port a jKi et que cette fonction 0 s'annule identiquement quand on j fait jjt = o.
Par consequent quand y% variera de 0 a 6 + zn, on aura
"^o = 4- 'Oo
et quand y% variera de 0 -j- 2?r a 0 H- S\K< on aura
Nos integrales doivent etre 6tendues a toutes les valeurs de y% comprises
entre z^ro et 27t. Mais comme y/0 est une fonction do pdriode 271, on aura
ou
, an /, O-j-271
/^o
2^
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 435
Quand p. lendra vers z£ro? le premier membre devra tendre vers zero et
d'ailleurs 9 tendra vers z6ro, on aura done
d'ou
On a done
a = o. c. Q. F. D.
II r^sulte de la que si Pon annule les constantes /.^ d'indice impair et si Pon
donne des valeurs convenables aux conslantes >^ d'indice pair, les fonctions
-T-£ et -r-^ resteront finies.
dyi cty*
On pourra done les d^velopper suivant les sinus et cosinus des multiples de
y± et de — ; les multiples pairs de — entreront seuls dans le d^veloppement si p
2 2
est pair; si au contraire p est impair, les multiples impairs de ~ entreront
seuls.
Nous aurons alors pour les equations approximatives de la surface asymp-
totique
Ces series ainsi que nous 1'avons vu sont divergentes, mais si Ton arrete
comme nous le faisons dans les Equations (i5) au ni6mQ terme, Perreur commise
peut etre tres petite si /JL est tres petit, ainsi que je Pai expose plus haul.
Nous avons vu que la quantity appel^e plus haut a est toujours nulle. On
peut donner de ce fait essentiel une autre demonstration.
Posons
5 = r,0 •+- jiTls -+- ^2riv -H ----
Je dis d'abord que T est une fonction periodique de y}
En efFet ses d^riv6es -=-^ et -^ — sont des fonctions periodiques; on a done
(3 et y 6tant des constantes et T; 6tant une fonction periodique de j*
436 SUE LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
On en conclut que
//T _ s dT dT _ ^ dT
5>~7 "" 5Fi ' ^j'2 "" ' <r2 '
jrp/ /-7T'
T— et -7— etant des series trieronom<§triques dont le terme toul connu est mil.
dyi dy* ° ^
Mais les fonctions Si, S3, . ..,S^_2 £tant d'indice impair, leurs d6riv6es
changent de signe quand on change y$ en jKaH- ^TT. Done ^— et ^r- changent
de signe quand ya augniente de 271. Done les termes tout connus (3 et y sont
nuls. Done T = T' est une fonction p^riodique qui ne change pas quand y±
augmente de STT et qui change de signe quand y* augmente de 2?r.
Cela pos6, nous savons que Ci et £2 sont li^es par liquation
II en r^sulle que, si les deux valeurs de ?3 se confondent, les deux valeurs
de £i se confondent £g-alement.
Ecrivons que les deux valeurs de £2 se confondent, il vient
(16) £. = o.
O£KS
Getle Equation (16) est djailleurs identique a liquation (i4)« Ecrivons
maintenant que les deux valeurs de £1 se confondent, il viendra
07)
Les Equations ( r6) et ( 17) devront £ire 6quivalentes. De plus elles devront
^qulvalentes a la suivante :
0 ayant le mdme sens que plus haut. Supposes qu^on d^veloppe 9 suivant les
puissances croissantes de fz, il viendra
(18) j-2= jJL01-h^Os
Oi? 62» Q.ij - • • ^Lant des fonctions p^riodiques
Supposons y% li^ a y± par liquation (18); quand y± augmentera de 2?r, y*
ne changera pas et T qui est p^riodique ne changera pas non plus; on aura
done
r-~/dT, dT , \
= -y— d\ i -h -y— ^7/2 = o.
-/o \^i - 4r* /
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
ou en rernpla^ant -j — et -^- par leurs valeurs tirees des equations ( 16) et ( 17)
*ii r^-
— ;-L - / 5 dy\ = o.
*/,,
Si dans
£ = rtu -f- ;jtri2 -+- ;ji'2 r,v -4- . . . ,
on remplace j>'2 par sa valeur ( 18), ii viendra
£o5 ;i, £3, etc. £tant des fonctions periodiques de y±.
On devra avoir quel que soit JJL :
JQ
et par consequent
«;:
II est clair que pour obtenir 40? *1 suflit de faire y* = o dans yjo, or on a
II vient done
— = O OU a=Oj C. Q. F, D.
HI
19. — Troisieme approximation,
Nous nous proposons maintenant de construire exactement nos surfaces
asymptotiques ou plutot leur intersection avec la surface^! = o, qui est comme
nous Favons vu plus haut une surface sans contact.
Dans notre mode de representation geom6trique, la solution p6riodique que
nous envisageons est repr£sent6e par une certaine courbe trajectoire fermde.
Cette courbe ferm^e vient couper la surface yt = o en un point que j?ai repre-
sent6 sur la figure en 0'.
Par cette courbe ferm6e passent deux surfaces asymptotiques; ces deux
surfaces coupent la surface JK* = o suivant deux courbes que j'ai represent^es
sur la figure en trait plain en AQ'B' et A! O7B.
J?ai represent^ en trait pointill^ la courbe y±=y^= o,
Reprenons les notations du paragraphe 16: consid^rons les series Si et s% qui
438 SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS
entrenl dans les equations (4) de ce paragraphe; soient comme dans le para-
graphe 16, s? eL ^ la somme des p premiers termes des series si et sa. Nous
avons vu que les equations
representent des surfaces qui different tres pen des surfaces asymptotiques.
Ges surfaces couperont la surface y\ = o suivant des courbes qui ont pour
Equation
et qui sont represents sur la figure en trait mixte -.
Fig. 7.
Nous avons appris dans le paragraphe pr6c6dent a former les series $i et 52 ;
nous avons vu que ^(yi, j^) et ^(jKij J'a) sorit ^es fonctions periodiques de
p^riode 271 par rapport a y± et de periode 4^ par rapporl a y*.
II en rdsulte que la courbe en trait miste doit etre comme 1'indique la figure
une courbe ferrn^e admettant un point double O,
La premiere question a traiter est la suivante : les courbes en trait plein.
intersections des surfaces asymptotiques avec j/A=o, sont-elles aussi des
courbes ferm^es ? 11 est clair qu'il en serait ainsi si les series s± et 52 ^taient
convergentes. Gar les courbes en trait pointing differeraient alors aussi peu
qu'on voudrait des courbes en trait plein; la distance d'un point de la courbe
pleine & la courbe pointill6e tendrait vers z6ro quand p croitrait ind^finiment.
Je vais montrer sur un exemple simple qu'il n'en est pas ainsi. Soit
— F
Y
--~ "2\i sin2 ~ —
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 430
ou <f(y) reprusenle une fonction periodique de y de periode 277, et ou /x et s
sont deux constaates que je suppose tres petites. Je forme les equations
rtp dF
-f- = -T- = — ;JL£
l
= — - = a sin r
On voit que p et q joueront le meme role que j'attribuais jusqu'ici a Xi et a x$*
pendant que x et jr joueront le r6le que j'attribuais a y\ et a j\>, je n'ai change
les notations que pour supprimer les indices.
Supposons d'abord £ = o. Les equations admettent alors une solution
periodique qui s'ecrit
.r == t, p = o, q = o, y = o.
Les exposants caracteristiques (en laissant de cote les deux qui sont nuls, ainsi
qu'il arrive toujours avec les equations de la Dynamique) sont egaux a ± <
11 existe alors deux surfaces asymptotique^ qui ont pour equations
'/•So ^/So
Les exposants caracteristiques n'^tant pas nuls, mais ^gaux a zh y/2fl quand on
fait s = o, il existera encore une solution periodique pour les petites valeurs
de E; a cette solution periodique correspondent deux surfaces asymptotiques
dont liquation pourra se mettre sous la forme
S etant une fonction de x et dc y satisfaisant a 1'equation
Les exposants caracteristiques ne s'annulant pas pour e = o? il resulte de ce
que nous avons dit a la fin du paragraphe 13 que/? et^et par consequents sont
developpables suivant les puissances croissantes de e, Posons done
Nous avons trouv6 plus haut :
/ y
S0== — 2 V2JJL COS--
440 SUR LE PROBLEME DES TROlS CORPS
Quant a Si7 il devra satisfaire a liquation
— --
Si Ton d^signe par I* une fonction qui satisfasse a P6quation
— - sin'- ^- =
Si sera la partie reelle de 2. Or on peut satisfaire a celte equation en faisant
S = ete<K7);
il suffit pour cela que
. . / — . y M . .
z'l> -h 1/2JJ. sin — —r- = ?JL®(y).
vi r ' Vl/ ;
Liquation en fy ainsi obtenue et qu'il s'agit d'int^grer estlineaire. Son integrale
: si «p= o :
et si cp(r) est quelconque :
Comnae d> doit £tre d^veloppable suivant les puissances entieres de y pour les
petites valeurs de j', il est facile de voir quelle valeur il faudra donner a la
constante d'int^gralion. Si, pour y = o, <p(jK) s'annule, 1'integrale devra
s'annuler aussi, de sorte qu'il faudra la prendre entre les limites z£ro et^.
Que faudrait-il maintenant pour que les courbes B07B; et AO'A; fussent
fermdes ? II faudrait que la fonction S restat finie ainsi que ses ddriv^es pour
toutes les valeurs de y et fut p^riodique de p^riode 4^ par rapport ay (c'est ce
qui arrivait, rappelons-le? pour les fonctions s? et s? dont nous avons parl6 un
peu plus haul). Comme cela devrait avoir lieu pour toutes les valeurs de £, cela
devrait avoir lieu de S1? et comme S4 est £gal a cosx multiple par la partie
reelle de ^, plus sin# multiple par la partie imaginaire de i}/; cela devrait avoir
lieu de fy.
Done pour les valeurs de y voisines de 27:,^ devrait £tre d^veloppable
suivant les puissances entieres dey — 2^1. Mais il n7en est pas ainsi de ( tg- ) •
Done Pintegrale
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 44*
devrait etre nulle. Calculons cetle inte*grale en supposant ®(r] = siny. Posons
tg 7 = t, il viendra
Int^grons par parties en remarquant que - - — est la deriv^e de - -p
il viendra
t-* dt
Faisons t- = u, on aura
— ^±!
T / — r * w 2 flfo 2^a v/2u — 8^/
J = 03 V/2U / - = - - - i- =: — - --
/, i-f-w a^r _"_ __ ±_
*^ 0 />AC _ - - —
a e^+e v2^
Done J n'est pas nul; done les courbes BO'B' et AO'A' ne sont pas ferm£es:
done les series $i et s% ne sont pas convergentes, non plus que les series d^finies
dans les paragraphes 14 et 18 ainsi que je Tavais annonc^ dans cesparagraphes.
La distance des deux points B et B' n'est done pas nulle, mais elle jouil de la
propri£t£ suivante. Non seulement BBA tend vers z6ro, quand JJL tend vers z^ro,
T>T>r
mais le rapport - tend ^galement vers z^ro quelque grand que soitjo.
C !
H-2
En effet la courbe pointill^e a pour equation
JKi=0, ^1=^(0,7-2); ^2=^f(03^o)
et la courbe en trait plein a pour Equation
ji = b, Xi — fi(o,y*), ara=/a(o, ys).
D'apres ce que nous avons vu plus haul, les series s± et^ repr^sentent asyinpto-
tiquement les fonetions/i ety*2, ce qui veut dire que Ton a
r
= Jim
=o pour 4u = o.
P_
Done le rapport a |J.2 de la distance de B £ la courbe pointill^e tendra vers z6ro
E,
et il en sera de meme du rapport a /JLS de la distance de B; a cette courbe poin-
till^e. On a done
,. BB'
hna — ^- = o. c. Q. F. D.
^
H. P. — VII. 56
442 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
En d'autres termes, si Ton regarde fx cornme un infiniment petit du premier
ordre, la distance BB', sans etre nulle, est un infiniment petit d'ordre infini.
1
C'est ainsi que la fonction e ^ est un infiniment petit d'ordre infini sans etre
nulle.
Dans 1'exemple particulier que nous avons trait6 plus Laut, la distance BB;
«_ JL.
est du meme ordre de grandeur quo Pint^grale J, c'est-a-dire que e ^.
Une seconde question a traiter est celle de savoir si les deux courbes O'B et
O'B' prolongees se coupent. S'il en est ainsi en effet, la trajectoire qui passera
par le point d'intersection appartiendra a la fois aux deux nappes de la surface
asymptotique. Ge sera une trajectoire doublement asymptotique. Soit C la
trajectoire ferm6e qui passe par le point O7 et qui represente la solution p^rio-
dique. La trajectoire doublement asymptotique differe tres peu de C, lorsque t
est n^gatif et tres grand, elle s'en eloigne asymptotiquement, s'en £carte beau-
coup d'abord, puis s7en rapproche de nouveau asjmptotiquement, de facon a
difl6rer tres peu de C, lorsque t est positif et tres grand.
Je me propose d'^tablir qu'il existe une infinite de trajectoires doublement
asymptotiques.
Je commence par observer que lacourbeO'B, quelqueloinqu'onlaprolonge,
ne pourra jamais se recouper elle-m^me, c'est-a-dire que cette courbe O7B pro-
longee n?a pas de point double. En effet dyapres la definition de cette courbe
les antec6dents des divers points de O'B sont eux-memes sur cette courbe 0;B,
de sorte que I:ant£c6dente de la courbe O;B est une portion de cette courbe.
De m£me la seconde, la troisieme, etc., la nlKmc ant6c£dente de O'B sont des
portions de plus en plus petites de cette courbe, limit^es par le point 0' d'une
part et un point D de plus en plus rapproche de O; d'autre part.
Si la courbe O'B avait un point double, il en devrait etre de meme de toutes
ses ant£c£dentes, et par consequent de tout arc O'D si petit qu'il soit, faisant
partie de O'B. Or les principes du paragraphc 13 nous permettent de construire
la portion de O'B voisine de O' et de constater que cette portion de courbe n'a
pas de point double, II en est done de m£me de la courbe entiere quelque loin
qu'on la prolonge.
D'apres la definition des deux nappes de la surface asymptotique et des
courbes BO'A;, B;O'A., Tune de ces courbes (par exemple la courbe B'Q'A7)
est telle que le 7iI6me ant^c^dent d'un point de cette courbe se rapproche ind4fi-
niment de 0', quand n augmente; pour Tautre courbe B'O^A, c'est le nl*mc
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 443
consequent qui se rapproche indefmiment de O'. Ce que nous venons de dire
s'applique done tigalement a la courbe O'B', pourvu qu'on remplace partout le
mot antecedent par le mot consequent. Done la courbe O'B' quelque loinqu'on
la prolonge ne se recoupera pas elle-meme et il est clair qu'il en sera de meme
des courbes O'A el O'A'.
Je dis xnaintenant que la courbure des courbes O'B et O'B' est finie, je veux
dire qu'elle ne croit pas indefiniment quand p tend vers zero.
En effet nous avons vu que non seulement les series s± el s$ repr£sentent
asymptotiquement les deux fonctions fi et/2, rnais que les series -T-T el -y^|
representent asymptotiquement ~~ et •— •
On en conclut que si p. est regard^ comrne un infiniment petit, la courbure
de la courbe en trait plein au point B diffdrera infiniment peu de la courbure
de la courbe pointill^e au point le plus rapproche; or cette derniere courbure
est finie, done il en est de meme de la courbure de la courbe en trait plein.
Soit maintenant B^ le consequent du point B et B^ celui du point B', La
distance BBi est du meme ordre de grandeur que yjjt et il en est de m^me de
la distance B'B'n les arcs BBi et B'B^ sont done ires peiits si /JE. est tres petit el
leur courbure est finie; d'autre part les distances BB;, BtB^ de m^me que les
prw RPi'
rapports ^-? ^TTTT tendent vers z6ro quand tu tend vers zt^ro; enfin il existc un
invariant integral positif.
Nous nous trouvons done dans les conditions du th6oreme III du para-
graphe 8. Nous en conclurons que les arcs BB4 et B'B^ se coupent, c'est-a-dire
que la courbe O'B' coupe la courbe 0;B prolong^e et par consequent qu'il
existe au moins une trajectoire doublementasymptotique.
Je dis maintenant qu'il en existe au moins deux.
En eflfet la figure a 6t£ construite de fagon que les points B et B( soient sur la
courbe
Mais Torigine des y^ est rest^e arbitraire; je puis supposer qu'on la choisisse
de telle sorte qu'au point d'intersection des deux courbes O'B et O'B^ on ait
JA,= o. En ce cas les points B et B' coincident. II doit done en etre de meme
de leurs consequents B4 et B'j. Les deux arcs BBi et B'B^ ont alors m£mes
extr^mites, mais cela ne suffit pas pour satisfaire au th^oreme III que je vieas
d'appliquer (il faut en effet pour satisfaire £ ce th^oreme que Paire limit^e par
444 SUE LE PROBLfcME DES TROIS CORPS
ces deux arcs ne soit pas convexe), il faut encore qu'ils se coupent en tin autre
point N.
Par ce point passera une trajectoire doublemenl asymptotique qui ne se
confondra pas avec celle qui passe en B. II j a done au moins deux trajectoires
doubleraent asymptotiques.
Je suppose toujours que les points B et B' se confondent. SoitBMN la portion
de la courbe O'B comprise entre les points B et N; soit de m£me BPN la
portion de la courbe O'B7 comprise entre le point B = B' et le point N. Ces
deux arcs BMN et BPN limiteront une certaine aire que j'appelle a.
Nous avons vu que, dans le cas particulier du probleme des trois corps qui
nous occupe, on peut appliquer le theoreme I du paragraphe 8. II existera done
des trajectoires qui traverseront une infinite de fois Faire a*
Done parmi les consdquentes de Faire a, il y en aura une infinite qui auront
une partie commune avec a.
Si done on considere la courbe fermde BMNPB qui limite Faire a, et les
consequents de cetle courbe, il y aura une infinite de ces consequentes qui
couperont la courbe BMNPB elle-m£me.
Comment cela peut-il se fa ire ?
L'arc BMN ne peut couper aucun de ses consequents; car Fare BMN et ses
consequents appartiennent £ la courbe O'B et la courbe O'B ne peut se recouper
elle-m^me.
Pour la meme raison Tare BPN ne peut couper aucun de ses consequents.
II faut done, ou bien que Fare BMN coupe un des consequents de BPN, ou
que Fare BPN coupe un des consequents de BMN (dans les hypotheses ou nous
nous sommes places, c'est le second cas qui se presentera). Dans Fun comme
dans Fautre cas la courbe O'B ou son prolongement coupera la courbe O'B7 ou
son prolongement.
Ces deux courbes se coupent done en une infinite de points et une infinite de
ces points d'intersection se trouveront sur les arcs BMN ou BPN. Par ces points
d'intersection passeront une infinite de trajecloires doublement asymptotiques.
On demontrerait de la merne maniere que la surface asymptotique qui coupe
la surface j^ — o suivant la courbe O'A contient une infinite de trajectoires
doublement asymptotiques.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 445
CHAPITRE III.
RESULTATS DIVERS.
20. — Solutions periodlques du deuxieme genre.
Dans le Chapitre precedent et ea particulicr dans les paragraphes 17 el 18
nous avons construil nos series en supposant quc Pon donne a Ci unc valeur
.tantot sup6rieure tanldt egale a — o/,.
Supposons maintcnant qu'on ait donne a Ci unc valeur <C — OA. Alors
n'est pas toujours reel. Supposons par exemple que, pour la valeur choisie de
C-i, x\ reste reel quand y* varie depuis yj5 jusqu'a YJG. Je vais consid6rer une
valeur v]7 de y* comprise enlre y};} et r^ :
et je vais chercher a d6finir les x^ pour Louies les valeurs dey2 comprises entre
73 b el Y3r.
J'observe d'abord que iz?.l est susceptible de deux valeurs egales et de signe
contraire, a cause du double signe du radical; donuons d'abord par exemple a
ce radical le signe 4- •
Imaginons que Ton ait calculi successivemenl x\^ x\, .... xk~", xl} x\*
^k-*
. * . i Ju ^ *
L'equation (7) du paragraphe 18 nous donne
^N"-1] = o(/2)-c^IJ
0 (jAj) ^tant une fonction entierement connue de y% et Gt-t une constante.
Nous determinerons cette constante par la condition
Alors bien que x1^ sjannule pour vr3 = n:^ la fonction
-^
I Mf •> j — -
L -
.
y, 1
* ^
reste finie pour j^a rr: v]5.
Nous avons done completement determine les fonctions x\
et nous appellorons x\A les fonctions de y% ainsi determine es^
446 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Supposons que 1'on recommence le calcul en dormant au radical le signe — .
On trouvera pour les fonctfons xl* de nouvelles valeurs que j'appelle x\ t et qui
seront d'ailleurs la continuation analytique des premieres.
Imaginons ensuite que Ton remplace Ci par une constants nouvelle C^ tres
voisine de d.
Alors le radical I/ ^ ([Fi] -j- C', ) sera reel toutes les fois quej's sera compris
entre •n^ et une certaine valeur ~n8 tres voisine de TOC*
Cela pos£, nous allons par le procede expose ci-dessus calculer les fonctions
xkt pour les valeurs de yz comprises entre Yj7 et YJS, d'abord en faisant
(nous appellerons xl t les fonctions ainsi calcul^es), puis en faisant
(nous appellerons x*i >z les fonctions ainsi calculees).
Nous allons ensuite construire les quatre branches de courbes
I": ri = o, x±= Yo.tfjKi), ^8==?oa(X2)
que nous prolongerons depuis j:>— rio jusqu'a y%= r}7.
que nous prolongerons ^galenient depuis j'u= vj0 jusqu'a j-'a= 'Or-
3°: Ji=o, -ri — =J2i(ya), -*2= ?* sO'a)
que nous prolongerons depuis j2r=737 jusqu'a ^2= ^s-
que nous prolongerons egalement depuis y* = r)7 jusqu'a j'2=^= YJS.
Dans ces formules nous avons
La premiere et la deuxieme de ces courbes seraccorderontet seront tangenles
en tin meme point a la courbe y$= r?s-
La troisieme et la quatrieme courbe se raccorderont Egalement et seront
tangentes en un meme point a la courbe y%= rj8.
C^est ce qu'indique la figure 8 ou les trois arcs pointings repr^sentent les
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE., 447
trois courbes j'2=r/0, Y}7, */]«, ou Tare AB reprcsente la premiere de nos quatre
branches de courbe, 1'arc AD; la deuxieme, Tare B'C la troisieme et Tare DC la
quatrieme.
Nous regarderons C| commc une donnec, mais Gi est reste jusqu'ici arbi-
traire. Nous determinerons C\ par la condition que la premiere etla troisieme
courbe se raccordent et que les points B et B; se confondent, ce qui s'exprime
analytiquement par les conditions
(l) s0 i('O = 92 i(rn)j 90.2^^7) = 9s 2' rn)-
Ges deux Equations ne sont d'ailleurs pas distinctes et se ramenent a une
seule.
Fig. ti.
En nous appuyant sur le th^oreme III du paragraphe 8, nous pourrions
d6montrer que si C^ est determine par les Equations (i ), les Equations
seront aussi satisfaites aux quantit^s pres de I'ordre de ^ " ; c'esl-a-dire que la
deuxieme et la quatrieme courbe se raccorderont aux quantit^s pres de cet
ordre, ou qae la distance DD' est un infiniment petit de m£me ordre que /i 2 .
Mais je dois faire ici la meme observation que plus baut; les series auxquelles
on parvient de la sorte ne sont pas convergentes bien qu*elles puissent rendre
des services si on les manie avec precaution.
II existe done des regions, ou3 au moins pendant un certain temps, }'2 (dans
le cas ou Ton suppose 7i2= o) ou n^y\ — niy* (dans le casg^n^ral) conservent
des valeurs finies. G'est ce fait que les astronomes exprimenl d'ordinaire en
disant qu'il y a libration. On peut se demander si ccs regions de libration sont
sillonn£es de solutions p^riodiques.
On peut s'en rendre compte par les considerations suivantes.
448 SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS.
Ecrivons les Equations
(2) x, = x] -h ;jLj?3f, a?2 = J?S -4- ^~T ([Fj] -4- d) -h y. u\.
Ces equations sont a des quantitEs pres de 1'ordre 4u celles de surfaces que
nous avons construites (voir fig. 8); elles satisfont done approximativement
aux Equations (3) du paragraphe 17. Quant a u\ c'est une fonction de y^ et de
j'2 qui ne differe de x\ que par une fonction de y2 de telle sorte
Cetle fonction ul doit d?ailleurs resler toujours finie.
Je me propose de modifier la forme de la fonction F qui entre dans nos Equa-
tions differ entielles de facon que ces Equations (2) satisfassent exactement aux
Equations (3) du paragraphe 17.
Je cnerche done une fonclion F* telle que les Aquations
- 2_ -___ -
( } dt ~ dyS dt — dy* dt "~ dxC dt ~~~ dx,
admettent des surfaces trajectoires represent6es pr^cisement par ces Equa-
tions (2).
Voici comment nous deterrainerons cette fonction F*.
Observons d'abord que &\ et x\ sont determines par les deux equations
simultanEes
rp
°
On peut tirer de ces deux Equations x\ et x\ en fonction de C. Nous regar-
derons done desormais x\ et x\ comme des fonctions connues de C.
D'autre part [F<] est une fonction de^* de x\ et de #J, ce qui nous permet
de le regarder comme une fonction connue dey% et de C.
Les equations (2) nous donneront par consequent x\ et x» en fonction
de j2, de C el de G*.
Remarquons que si x\ et 3?2 sont dEfinie par ces equations, Fexpression
est une diffErentielle exacte, de sorte que
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 449
Resolvons maintenanl les Equations (2) par rapport a C el Ci, il viendra
C = F*(a?,, a?2, jrl3 y*\ Ct = $*Ot, *a, ri, r2).
La foaction F* est ainsi d^finie el Ton aura en emplojant la notation de
Jacobi :
[F*, crj = o,
ce qui signifie que
<I>* = const.
est une integrale des equations (3).
La solution la plus generale de ces Equations (3) s'ecrit alors
f , dS dS dS n, f dS r,
(a) ^-*» d^=^ 2c -c^*' 351 "^
G et Cj 4tant deux nouvelles constantes d'int^gration.
Cherchons a former effectivement F* ou du moms a nous rendre compte de
1'ordre de grandeur de la difference F — F*.
Or x\ est d^fini par la condition suivante :
doit etre une quantite de m^me ordre que p. yf** (Cjf* §
7T7
Done comme ~r-£ est nul, la fonction
sera encore de mdme ordre que i^\fp-, quelle que soil la fonction u\.
D*ailleurs on a identiquement
F*(^?H-^^|, ^S-H v/^^ln-^^i) = G.
Done la difference F — F* regard^e comme fonction de p., de C, de GI, de y±
et de j'2 est de Fordre de \L \l \L.
Posons maintenant
^^ = x^—x\.
Des deux Aquations ( i ) on tirera facilement Ci et C en fonction de 3^, |23
y*i y^ et P) on vo^t a^ors sans peine que G et C* peuvent £tre d^velopp^s sui-
vant les puissances positives de \/F-3 ^es coefficients ^tant des fonctions finies
de ^i, de £2? deyl et de j/v
Nous venons de voir que F — F* est une fonction de jx, de^, dej^2, de G et
de d dont le d^veloppement suivant les puissances de p. commence par un
H. F. — vil. 57
^Cyo SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
terme en fJ^/V; si nous y remplagons G el Gi par leurs valeurs en fonction de
l^5 de #i, de £2j de yi et de y*>, nous verrons que cette difference F — F* est
une fonction developpee suivant les puissances de /JL, dont les coefficients
dependent de #1, £a, y* ety* et qui commence par un terme en p. yp.
Par consequent la fonction
p F*
'
ne devient pas infinie pour p. = o.
Par le changement de variable que nous venons de faire, les equations (3)
deviennent
dxi _ dF* dy± _____ dF^ d& _ dF* dy^ __ '/F*
( ^ ) "T/7" — 7717" ' ~T77~ tJ.^ ' rJt ,— ? , —
De mejnie les equations proposees
dxt __ dF dfi __ dF
dt dyri dt ~ dxi
doivent se reduire a
^£i — — ^PL — _ — ^-2 __ -™
v4j >. ^ > ^TJ -j ' »r
dt
Nous formerons en outre les Equations suivantes :
'*+eF'), ^=-~7^r(F*+£r),
qui se reduisent a (3f) pour e = o et a (4) pour £ = j
D'apres ce que nous avons vu plus haut, les equations (3) et par consequent
les equations (3') peuvent s'integrer exaclement; nous en avons donne paries
equations (a) la solution gendrale.
Si Ton discute cette solution generale et si Ton, cherche a la construire en
conservant le m£me mode de representation geometrique que dans les para-
graphes precedents, on verra qu'il existe une infinite de surfaces trajectoires
fermees.
Ces surfaces qui ont pour equation
ic(4
(6) £» = _:
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 45l
different peu des surfaces que nous avons construites dans le paragraphe 17 et
dont Pequation s'^crivait
(7) !^V|^i^.
JL i *Z- j
Elles ont meme forme generale que les surfaces defmies par Pequation ("7). Si
done nous faisons les mernes hypotheses que dans le paragraphe 17 au sujeldes
maxima et des minima de [F4], deux de nos surfaces (6) seront des surfaces
fermees a courbe double; ce seront celles qui correspondent aux valeurs — 90
et — o-, dela constanteCj. Lesautres secomposentde une ou deux nappes fermees.
La surface ferm^e a courbe double sera pour nos Equations (3') une surface
asyniptotique et elle parlagera Pespace en trois regions comme nous Pavons dit
plus haul,
Parnai ces regions, je distingue la region R«j comprise entre les deux nappes
qui est une region dite de libra lion et je me propose de montrer que dans cette
region, on peut tracer une infinite de trajectoires fermees correspondanl a des
solutions p^riodiques.
Revenons en eiFet aux equations (a) qui nous font connaitre la solution
generale des Equations (3) et (3;). D'apres la forme des Equations (2). nous
pouvons dcrire
a et b etant des fonctions de G et de C4 seulement et 0(j^3 y^) une fonction
reelle et p^riodique de y\ et >
On en deduit
n/ d$> da db clft / V- C ^v-
r/0 / ^. r
dci^ V ~^ J
Nous donnerons a Ci une valeur d^termin^e qui devra £tre plus petite quo
— o4 puisque nous nous supposons places dans la region R2*
La surface ferin^e qui correspond a cetle valeur de Ci pr^sentant les memes
connexions que le tore, nous pouvons en faire le tour de deux manieres diff6-
rentes : i° en regardant j'2 comme constant; 2° en regardant y± comme
constant.
Quand on aura fait le tour de la surface en regardant jKa comme constant,
i wo f i da
y± aura augmente de 2 TT et -^r aura augmente de 2 TT -^- •
452 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Quand on aura fait le tour de la surface en regardant JKJ comme constant, y»
/cLy*!
. = aura augment^
V/([FiJ -4- GI)
d'une certaine p^riode 9 d^finie comme il suit :
Supposons que les valeurs de y2 pour lesquelles le radical \/(JFt] 4- GI) est
reel soient les valeurs comprises entre YJS et Yj6j on aura
/»«j r*
.„ v/aJP.J + u,}'
70 / -
Quand notre integrate augmenlera dc v, ^—- augmentera de ^\/~TJ *
Pour que la solution qui correspond a cette valenr de C^ soit periodique, il
faut done et il suffit que ces deux quantit^s 2 TT -Tp- et 9 i/ -^ soient commensu-
rabies entre elles.
GetLe condition sera evidemment satisfaite pour une infinite de valeurs de
C-i; notre region R2 contient done une infinite de trajectoires ferm^es, repre-
sentant des solutions p^riodiques.
Ainsi si K est un nombre commensurable quelconque? 1'equation
/qui contient d parce que -^- et 9 sont des fonctions de d j nous donncra une
valeur de Ci correspondant a une solution periodique.
Pour discuter cette equation, il me faut chercher ce que c'est que -^r -
II me suffit pour cela de rappeler que
a =s a "
et que
doit se reduire a C aux quantit^s pres de Tordre de \t-\j p* On en conclut
d'ou
^g- est done une constante, ind^pendante de Ci, de sorte que liquation (8)
peut s'^crire
(S'} -— : = const.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 453
Pour discuter cette equation nouvelle, il convient de chercher comment
varie 9 quand on fait varier Ci depuis — cp4 jusqu'a — <p4.
Pour Ci™ — 94, 9 est infini; d variant depuis — <p/f jusqu'a — o2, 9 decroit
d'abord jusqu'a un certain minimum, pour croitre ensuite de nouveau jusqu'a
Finfini.
Pour Ci-< — 92, 9 peut admettre deux valeurs correspondant aux. deux
nappes de la surface et que Ton peut envisager s^parement. (Cf. fig* 6.)
La premiere nappe de la surface reste r^elle quand d est compris entre
— <p2 et — QS; la valeur correspondante de 9 decroit depuis Finfini jusqu'a un
certain minimum quand Ci decroit depuis — cp2 jusqu'a — o3.
La seconde nappe de la surface reste reelle quand Ci est compris entre — o2
et — (fiy la valeur correspondante de 9 decroit depuis Pinfini jusqu'a un certain
minimum quand d d6croit depuis — o2 jusqu'a — <p, .
Ainsi 9 admet trois minima au moins et reste toujours sup^rieur a une
certaine limite positive.
Si done nous regardons Fequation (8;) comme definissant G* en fonclion dc
jj., d sera fonction continue de u, mais nous pourrons prendre \j. assez petit
pour que cette equation n'admette aucune racine.
Ainsi il est certain qu'il existe toujours une infinite de solutions p£riodiques;
mais quand on fera d^croitre jm, toutes ces solutions disparaitront Fune apres
Fautre.
II resulte de ce qui precede que les Equations (5) admettent pour s = o une
infinite de solutions p^riodiques; les principes du Chapitre III (I™ Par tie) nous
permettent d'affirmer qu'il y en a encore une infinit^ pour les valeurs suffisam-
ment petites de B. Comme p. est tres petit, Jl semble tres probable qu'il existera
une infinite de solutions p^riodiques pour s — p. ^//JL, c^est-a-dire pour les equa-
tions (4) qui sont d^duites par un changement de variable tres simple des
Equations propos6es.
Par consequent, si nous revenons a ces Equations proposdes, nous voyons
que dans la region de hbration, R2 il y a une infinite de trajectoires fermees
representant des solutions p&riodiques. Nous allons d'ailleurs F6tablir rigou-
reusement par une voie toute diflerenle.
Mais si faisant d^croitre p. dyune maniere continue, on suit une de ces trajec-
toires ferm6es, on la verra se d^former aussi djune facon continue eldisparattre
ensuite pour une certaine valeur de ju.. Ainsi pour p.= o toules les solutions
454 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
p^riodiques de la region R2 auront disparu Tune apres Pautre. Ce n'est pas
ainsi que se coinportalent les solutions p^riodiques (kudities dans le
Chapitre III (Irc Partie) et qui subsistaient encore ponr p. = o.
On pent d^montrer que dans le voisinage d'une irajectoire ferm^e repr^sen-
tant une solulion periodique, soit stable, soit instable, il passe une infinite
d'autres trajectoires ferm^es.Cela ne suffit pas, en touterigueur, pour conciure
que toute region de Pespace, si petite qu'elle soit, est traversee par une infinites
de trajectoires ferm^es (4), mais cela suffit pour donner a cette lijpothese un
haut caractere de vraisemblance.
Ainsi que je viens de le dire, Papergu qui precede ne suffirait pas pour
6tablir rigoureusement Pexistence des solutions p£riodiques du deuxieme genre.
Voici comment nous y parviendrons.
Reprenons nos equations diffdrentielles
^i — ^L ^i — — —
dt ~~ dy'i dt ~~ dxt
et envisageons une solution p^riodique du premier genre de p^riode T; quand t
augmentera de T, y\ et y<$ augmenteront de ^iT et de /i^T; je supposerai
comme plus haut :
Cela pos^? de Pequation F = C nous pouvons tirer x* en fonction de x\: y\ el
jKa; GDI remplagant x* par la valeur ainsi obtenue, on trouve
dx\ __ r/F dy^ _ dF dy» _ dF
dt dyi ' dt dxi ' dt d&* '
les seconds membres pouvant etre regard4s comme des fonctions connues de
#! , }fi et y*. Enfm en ^liminant dt, il viendra
X et Y etant des fonctions connues de #1, y\ et y*, p^riodiques de p^riode 271
par rapport
Soit
la solution p^riodique consid^r^e qui sera de p£riode 271 par rapport a y^ je
suppose que cette solution p^riodique soit celle que nous avons d^fmie plus
(*) Les travaux recents de M. Cantor nous ont appris en effet (pour employer le langage de
ce savant geometre) qu'un ensemble pent etre parfait, sans £tre continu.
ET LES EQUATIONS "DE LA DYNAMIQUE. 455
haul et qui etait repr4sent£e approximativement sur la figure du paragraphe 17
par la courbe fermee Isolde de la surface GI = — 93. Ce sera done une solution
periodique stable, elle admettra deux exposants caracteristiques a et — a £gaux
et de signe contraire et dont le carre sera r£el n6gatif.
Soil maintenant
#1 = ?lOri)-+-Sl> r2=?2(jl)-t-?2
une solution peu diff^rente de la premiere. Soient conform ^ment aux notations
du Ghapitre III (Fc Partie) $4 et (32 les valeurs initiales de Hi et de H2 pour
yi = o, et (3i-f- d/1? {32-+- <J;2 les valeurs de £1 et de £2 pour j*i — 2 kfi (k entier),
La solution sera periodique de p^riode 2 A*TT si 1'on a
(10) <J/1=:<[,2=o.
On sait que &i*et ^a pourront se d^velopper suivant les puissances de (3t et (32
et que ces fonctions dependront en outre de /JL.
Si Fon regarde un instant (31? j3a et fi comnie les coordonn^es d'un point
dans Pespace, les Equations ( 10) representent une certaine courbe gauche et a
chaque point de cette courbe gauche correspond une solution p6riodique. II est
clair que vpi et ^2 s'annulent avec j34 et |32; en eflfet si Ton fait Ei = o, £2= o, on
obtient, djapres la definition de ^4 et de Ea? une solution periodique de p^riode
2 TT qui peut aussi etre regardee comme p6riodique de p^riode 2 kit.
La courbe ( 10) comprend done d'abord 1'axe des p. tout entier. Je me propose
de d^montrer que si, pour p. == JJLO? ka. est multiple de 2 /IT, il existera une autre
branche de la courbe ( ro) qui passera par le point
et par consequent que pour les valeurs de fj. voisines de p.(n il existe d'autres
solutions p^riodiques que ^ = ^ = 0
Posons /JL. — fjt0 = X et cherchons a d^velopper 6t et ^ suivant les puissances
de pi, de (32 et de A,
Calculons d^abord ies termes du premier degr^ par rapport a j34 et a (3.j.
Je dis d'abord que pour X = o, c'est-a-dire pour p. = /JLO, tous ces ternies sont
nuls.
En eflet supposons que Ies ^ soi§nt assez petits pour qu'on en puisse n^gliger
les carr^s. Nous avons vu dans la premiere Partie que dans ce cas? les £ satis-
font a un systeme de deux equations differentielles lin^aires que nous avons
appel6es Equations aux variations des Equations (9). Nous avons vu egalement
456 SUR LE PROBLlME DES TROIS CORPS
que ces equations lineaires admetteat deux solutions remarquables; que la
premiere de ces solutions esl muliipli£e pare20c<3r quand jr4 augmente de 2 TU, et
que Taulre est multipli^e par e^*20"1.
Pour A = o, ka est un multiple de 2 ITT, de sorte que £2a7C et e~2a7L sont deux
racines A4tttlcs de I'unit6. Done nos deux solutions se reproduisent quand JKI
augmente de 2. kit. Comme liquation est lin^aire, la solution g6nerale est une
combinaison lin^aire de ces deux solutions remarquables, et elle ne change pas
non plus quand yA augmente de 2 kn. v
Comme ^t et ^2 sont pr^cisement les accroissements que subissent £t et £2
quand y± passe de la valeur zero a la valeur 2, A*TT, ^i et ^2 doivent etre nuls;
mais cela n'est vrai que quand £t et £2 (ou (34 et (32) sont assez petils pour qu'on
puisse en n^gliger les carrds; ce seront done seulement les termes de ^1 et ^2
qui sont du premier degr£ en fi± et (32 qui seront nuls. c. Q. F. D.
Soient a$\ + 6j3;> les termes du premier degr6 de tf>i, cpi+e|32 les termes du
premier degr^ de 4*2- Nous venons de voir que pour ~k — o :
a=zb = c = e — o.
Soit encore pour X = o :
da _ , r/6 __ ., r/c _ , «r/e __ ,
— •=— — w . "~~ ——• • J * ~y^~ — — C j j^~ — Q *
<YX r/>, ' cTh ' rf>.
Je dis que
#'-{- €'= O.
En effet liquation en S :
(a — S)(fi — S) — Z^c = o
admel pour racines (cf. § 12)
S =i — e*x**, S =j — e-2*^rs
pour A = o, ces deux racines sont nulles; si A est assez petit pour qu'on puisse
en n^gliger le carr6, elles seront dgales a ± 2 A~TT ~ X. Liquation en S :
(a'— SXe'— S) — 6'c'=o
aura done pour racines
et comme ces deux racines sont 6gales et de signe contraire on aura
a'-}- e'= o.
De plus a;, ef, bf et c7 ne seront pas nuls a la fois en ggndral. En effet cela ne
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 467
pourrait avoir lieu que si ~ = ~ £tait nul. Or p.0 est une quantite choisie de
telle sorle que a (qui est une fonction de p.) soil commensurable avec 2 ir». Or
^- ne pourrait s'annuler pour loutes les valeurs commensurables de ^-r^ qu'en
s'annulant identiquement; alors a serait une constante (qui devrait d'ailleurs
£tre nulle puisque a = o pour /JL = o) ce qui n'a pas lieu en general.
Nous avons vu que pour A = o les termes du premier degr<§ de 'I/i et de fy*
s'annulent identiquement. Supposons qu'il en soil de meme des termes du
deuxieme degre, du troisieme degr6? etc.; du (m — iy6me degre,, mais que les
termes du mibme degr6 ne s'annulent pas idenliquement dans &i 6t dans d/2 pour
A = o. Soit 6i Fensemble des lermes du mlkme degrd de 61 pour A = o; soit 82
Tensemble des termes du mibmc degre de tK pour A = o. Ainsi 6± et Go sontdeux
poljnomes homogenes du mu'mc degr6 en ^1 et |32 et de ces deux polynomes Fun
au moms ne s'annule pas identiquement.
Posons
•I^j = a' A43i •+• Z>' AJO + 0 1 -h a) j 3 »Ii2 = c' //jj — ^' A^a -f- 02 -f- 0)3.
Alors coi et co2" seront un ensemble de termes qui seroiit : ou bien du
(m + i )if!mc degr^ au moins par rapport aux j3, on bien du deuxieme degr6 an
moins par rapport aux j3 et du premier degre au moins par rapport a A, ou bien
du premier degr6 au moins par rapport aux (3 et du deuxieme degr6 au moins
par rapport a A.
Je me propose de d6monlrer que Ton peut tirer des Equations ( 10) pt et j32
i
en series ordonnees suivant les puissances de J/7^1 et dont tons les termes ne
sonl pas mils.
Mais il faut d'abord que je d^montre que Fon a identiquement
En efFet il existe un invariant integral positif. Nous en concluons qu'il existe
une integrate //*(£i» £2) d£id£a qui a la m<§me valeur pour une aire quel-
conque appartenant a la portion de surface sans contact y^= o et pour toutes
ses cons^quentes.
De plus la fonction * est positive. Done <I> (o, o) n'est pas nui; en multipliant
la fonction 4> par un facteur convenable, nous pourrons done toujotirssupposer
cl»(o; o) = l.
H. P. — VIL 58
458 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Mais le point
El= fr+'J'l, es=p2-l-<h} J'j = 2
est le k[*mQ consequent du point
?i = fr, E9=Ps, 71 = 0.
On aura done pour une aire quelconque :
d'ou 1'identite
Nous supposerons Ji — o, nous aurons done
2= o-h to
Les 0 ne conliennent alors que des termes du mitrae degr4 et les co que des
lermes du (m + i )i6mc degr£ ou de degr6 sup^rieur.
II resulte de la que la difference
ne contient que des termes du m!fime degr^ au moiiis par rapport a (34 et a (32.
Si Ton convient de n6gliger les termes du mlfrmc degr£ et de degresupdrieur, on
pourra ecrire
On aura, en n^gligeant toujours les termes du /ni6me degre .
et
de sorte qu'en identifiant dans Tidentit6 (i i) tous les termes de degr6 inferieur
a m, on arrive a la relation
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 469
Dans le premier membre de cette relation, nous ne devons conserver .que les
termes de degr£ m — i au plus, de sorte qu'il resle
r/e, dv*
-^-+—=0. C. 0. F. D.
Posons
on voit que 0A et 02 deviennent divisibles par yjm et co, et o)2 par Y)m+i, de sorte
que Ton pent poser
Oj == rj^O;, 62= V«GV2, t^ = TJW-^WI, wo= r,'»+ico25
d'ou
d/, = ib ^(^'yi-f- ^'72) H-'^imB'j H-Y«-Hti>'t,
4/2 = ± r,'»(e'Yi — «' YS) -t- T,™ 6'2 -+- T|'«-*-I a>'2,
de sorte que nos Equations ( 10) peuvent etre remplac^es par les suivantes :
(12) zhC^Yi-h^'v,)-}- fj'j-j-Tiw'i = o, ±(C'YI— «' 72) 4-63-1- rXa == o.
Je dis que Ton peut tirer de ces Equations Y£ et 70 en series ordonnees suivant
les puissances de -ci et sans que ces series soient identiquement nulles.
En vertu du tneoreme IV (§ 2), il nous suffit pour cela d'^tablir :
i° Que les equations (12), quand on j fait r; = o, admettent au moms un
systeme de solutions reelles :
„, vn „, .0
2° Que si Pon fait
72=72
le determinant fonctionnel des premiers membres des deux Equations (12) par
rapport a yi et 7^ n'est pas mil.
Cela revient a dire que, pour les Equations (12) riduites par la supposition
de TI = o, la solution
doit etre une solution simple.
Mais en vertu des th<§oremes V et VI du paragraphe 2 et de leurs corollaires,
on peut encore developper 7^ et 72 suivant les puissances de r?? quand meme
cette solution serait multiple, pourvu que 1'ordre de multiplicitd soit impair.
Nous sommes done conduits a envisager les Equations
46o • SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
et nous devons chercher a dernontrer que ces equations admeltent au moins
one solution d'ordre impair.
De ces Equations nous pouvons tirer la suivante :
(14) (a'yi-K&'rs)0* — (e'Ti— a'7*)°i = 0
qui est homogene et dont on pourra par consequent tirer le rapport — •
II est clair que (^ et9'2 sont formes avec YI et ya comme 8| et 62 avec {34 et(32;
on aura done
Cela prouve qu'il existe un polynome/ homogene et de degre m -f~ i en y* et
y2 et qui est tel que
De meme si nous posons
f „. T //',,2 0 '„ ,, __ ', 2\
2 * " * I - • *
il vient
de sorte que liquation (i4) peut s'dcrire
Gonsid^rons 1' expression
yw+l
Elle est homogene et de degr£ ze"ro par rapport a y4 et y2; elle ne depend done
que du rapport -^ - Je dis que le de"nominateur/i ne peut jamais s*annuler.
En effet 1'dquation
doit avoir ses deux racines imaginaires, d'oii
a? ef -~ b' cr *=. — af~-—brc'<i o
d'oii
a's-H&'c'>o,
ce qui prouve que la forme quadratique /4 est d6finie. L'expression H ne peut
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 46l
done jamais devenir infiiiie. Elle adnieltra done au moins un maximum. Pour
ce maximum on devra avoir
Ainsi Fequation (i4) admet au moins une racine r^elle. Elle sera en general
simple. En lout cas, elle sera loujours d'ordre impair, car un maximum nepeut
correspondre qu'a une racine d'ordre impair.
Nous avons tire de Fequation (i4) 1® raPPor*- ~> nous pouvons done poser
y1=51W, 72=8^,
8i et <52 6tant des quantites connues.
II nous reste maintenant a determiner u. Pour cela dans la premiere des
equations ( i3) je remplace yd el y2 par QI u et o2w, il vient
e'i = z^mo;;, o72 = K'«O;,
Oj ^tant forme avec o± et o2 comme 6^ avec y£ el y2; d'oii
( 16) ±(a' Si H- &'32) -f- er; M«-I = o.
Celte equation doit determiner u] si m est pair elle aura une racine r^elle; si m
est impair (et c'est d'ailleurs ce qui arrivera en general) elle aura deux racines
r^elles, ou pas de racine r6elle,*' elle aura deux racines reelles si 6* et
± (a'5i-|- 6;d2) sont de signe contraire; mais on peut toujours, grace au double
signe zh, s'arranger pour qu'il en soit ainsi.
Liquation (ID) admel done au moins une racine r^elle, De plus celte racine
est simple. 11 n'y aurait d'exception que si
a'oi -f- b' o2 = o ou 6^ = o.
Mais dans ce cas on remplacerait liquation ( i5) par la suivante :
±(c'3i_^/S2)-4- 8;2WOT-1= o,
II n'y aurait done plus de difficult^ que si Ton avait a la fois
a'oi-h bro*— e'Si— ^'02 = 0
ou bien
61 = 00S = o.
La premiere circonstance ne peut pas se produire a cause de Finegalite
a'*+b'ef>o.
La seconde circonstance pourrait au conlraire se presenter, II peut se faire que
462 * SUE LE PROBLEME DES TROIS CORPS
liquation (i4) admette une racine telle que 0^= O'a = o. Mais je dis que dans
ce cas Fequation (if) admeltra encore au moins une racine pour laquelle celte
circonstance ne se produira pas.
En effet on a identiquemenl
/»/=V*0'i-YiG'a-
Si done
O'j = V. = o
on aura/ — o et puisque/i n'est jamais nul
= o.
II peut se faire en efFet que 1'expression H admette zero comme maximum ou
comme minimum. Mais celte expression n'est pas identiquement nulle puisque
O't el 8'0 ne sont pas tous deux identiquement nuls; de plus elle reste toujours
finie; elle devient done soil positive, soit negative; si clle devienl positive, elle
aura tin maximum positif el different de zero; si elle devient negative elle aura
un minimum n^gatif et different de z^ro.
Ainsi P equation (i4) admel toujours au moins une racine reelle d'ordre
impair telle que 0" et Og ne s'annulent pas a la fois.
Done les dquations ( i3) ont au moins une solution reelle d'ordre impair.
Done on peut trouver des s6ries qui ne sont pas identiqaement nulles, qui
sont d^veloppables suivanl les puissances fractionnaires positives de p. — /JLO et
qui satisfont aux Aquations (10) quand on les substitue a (3^ et (32,
Done il existe un systeme de solutions p^riodiques de p^riode 2 #71 qui pour
p. = JJLO se confondent avec la solution
*i = 9itXi)> ^a= ?s(yi)-
Ge sont les solutions p^riodiques du deuxieme genre.
21. — Divergence des series de M. Lindstedt,
Je voudrais terminer FexposS des r<$sultatsgen£raux de ce M6moire en appe-
lant particuli^rement Fattentionsur les conclusions negatives qui en d^coulent.
Gas conclusions sontpleines d'inl6r£t, non seulement parce qu'elles font mieux
ressoriir Tdtranget^ des rdsultats obtenus, mais parce qu'elles peuvent, en vertu
pr£cis6ment de leur nature negative, s'£tendre iinm6diatement aux cas plus
g^n^raux, tandis que les conclusions positives ne peuvenl se g<5neraliser sans
une demonstration sp^ciale.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE, 463
Je me propose d'abord de demontrer que les series proposes par M. Lindstedt
ne soul pas convergentes ; mais je veux auparavant rappeler en quoi consiste la
m^thode de M. Lindstedt. Je Pexposerai, il est vrai, avec des notations diffe-
rentes de celles qu'avait adoptdes ce savant astronome, car je desire, pour
plus de clarti, conserver celles dont j'ai fait usage plus haul.
Meltons les equations de la Dyna unique sous la m£me forme que dans la
seconde partie du present M^moire et 6crivons
dXi __ dF dx* _ dF dyi __ dF dy« ___ dF
____, ___, _^_==__, _-=___.
F sera une fonction donn£e des quatre variables #4, %<>> v± et^2 et nous aurons
F0 sera une fonction de XL et de #a, ind^pendante de y+ et de jf% ; p. sera un
coefficient tres petit, de sorte que /utFj sera \& /auction perturb atr ice.
C'est en eflet sous cette forme que se pr6sentent les problemes de la Dyna-
mique et en particulier les problemes de la M^canique celeste.
Si p. 6tait nulj x\ et x% seraient des constantes. Si jx n'est pas nul mais tres
petit, et qu'on appelle £1 et £2 les valeurs initiales de x^ et de x$i les differences
x\ — |i et x% — ^2 seront du meme ordre de grandeur que p..
Si done nous appelons n\ et TI«> les valeurs de 7-^ et de y-^ pour
rr a^j Gta?2 r
^7, =?l} a?2==?aj les differences — -7—° — n{ et — -j— ° — 7i2 seront du m£me
ct&i dx<i
ordre de grandeur que jx, ce qui nous permettra de poser
dFo , <^Fo _ _
cpt et <pa etant des fonctions de #1 et de ^2 qui &e sont pas tres grandes.
Les Equations da mouvement s'^crivent alors
G^1 — fl?Fl ^2 — ^'
dt ~ dvi ' e/^ ~"1 cfrs
Supposons maintenant que ^t, ^2>yij y* au lieu d'etre regard^s directement
comme des fonctions de £soient regardes comme des fonctions de deux variables
Wi et w2 et que Fon pose
464
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
coi et wa seront dos constantes d'intcgralion arbitraires ; A4 et X2 scront des
constantes quo la suite du calcul determinera completement.
Les Equations du rnouvement deviennent alors
(0
clx*
1 ' v 2 dx« )
Posons maintenant
-, <y*Q ' M <y» 1 i
Je suppose que les coefficients Af sont des constantes et que les coefficients
yl et #f sont des series trigonom^triques ordonn^es suivant les sinus et les
cosinus des multiples de WL et de cv2.
Je supposerai d'ailleurs comme je 1'ai toujours fait jusqu'ici que F4 est une
s£rie trigonom^trique dependant des sinus et cosinus des multiples de^ et de
y% et que les coefficients de cette s^rie sont des fonctions holomorphes de x^ et
de #3.
Dans ces conditions, si dans les premiers membres des Equations (i) je
substitue a la place de Xi5 A2, y^ y^ #d et x^ leurs valeurs (2), j'aurai quatre
fonctions d^velopp^es suivant les puissances croissantes de jz, et il est clair que
les coefficients des diverses puissances de fz seront des series ordonnees suivant
les lignes trigonom6triques des multiples de w4 et wa.
J'appelle *0 O2, <D'A et *'2 ces quatre fonctions.
Cela pos6, le theoreme de M. Lindstedt consiste en ceci :
II est possible, quelque grand que soit q, de determiner les 2^ + 2 cons-
tantes
\9 - ">° 11 *i^7
i • * • j AJ , A2j Ag, . . . y A§,
*1>
et les 4? series trigonom^triques :
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. " 465
de fagon a annuler dans <Dl5 <I>2, 4Xt et<3>'2 les termes independants de p. et les
coefficients des q premieres puissances de /JL, de facon, en d'autres termes, a
satisfaire aux equations du mouvement aux quantites pres de Pordre de fx^1.
On trouve d'abord
X}=rtt, A8s=rtSj tf|=*5iH-Wi, #8 = 52H-u)2,
coi et a>2 etant des constantes d'integration que nous supposerons de 1'ordre
defi.
Supposons que 1'on ait determine par un calcul prealable :
et que Ton se propose de determiner 1J, Af , ^. ^f, y^, rf . Pour cela,
que le coefficient de \tf est nul dans €>4, <l>2 et <^'17 <&>',.
II vient
daft dxl
Xt , X2, Yd et Y2 etant des fonctions connues.
X^ X2, Y! et Y2 sont des series trigonometriques en ppi et w2.
Pour que Fintegration des equations (3) soit possible, il faut :
i° que le rapport— soit incommensurable, ce qu'il est to uj ours permis de
supposer ;
2° que dans les series trigonometriques X*. et Xa, les termes tout connus
soient nuls. II en est eflectivement ainsi, mais la demonstration de ce fait
important est delicate et ne saurait trouver place ici; je me borne a dire qu'elle
doit etre fondee sur Pemploi des invariants integrant;
3° que dans les series trigonometriques Yt et Y3, les termes tout connus se
reduisent ^ Af et Af ; comme Af et Af sont deux inconnues, nous determinerons
ces inconnues par cette condition.
L?integration des equations (3) est alors possible. Leur integration introduira
quatre constantes arbitraires. A chaque approximation nouvelle, nous aurons
H. P. — VII. %
466 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
ainsi quatre constantes d'int^gration de plus; nous leur donnerons des valeurs
quelconques et nous ne conserverons d'autres constantes arbitraires quewi, 6>2,
c»} j[ et 00*2 •
Ainsi les series de M. Lindstedt sont des series trigonom^triques en w± et
<#>2; elles sont d4velopp£es suivant les puissances de ft- et aussi suivant les
puissances des deux constantes c^ et co2.
Ces series, d'apres le th^oreme de M. Lindstedt, sathhnt forme llement aux
Equations du mouvement. Si done elles etaient uniform^ment convergentes,
elles nous donneraient 1'int^grale g6n6rale de ces Equations.
Je dis que cela n* est pas possible.
En effet, supposons qu'il en soit ainsi et que nos series convergent uniform^-
ment pour toutes les valeurs du temps et pour les valeurs suffisamment petites
de fx, de 001 et oo2.
II est clair que X1 et X2 sont aussi des series ordonn^es suivant les puissances
de ft., coi et co3. Pour certaines valeurs de &)A et co2 le rapport •— est commensu-
rable. Les solutions particulieres qui r^pondent a ces valeurs des constantes
d'int6gration sont alors des solutions p^riodiques.
Nous avons vu plus haut que toute solution pe^riodique admet un certain
nombre d * exposants caracteristiques . Voyons comment on peut calculer ces
exposants quand on possede 1'int^grale g6n4rale des Equations donnees.
Soit
cette int^grale g^n6rale.
Supposons qu'en dormant ^. MI, oo2? ^i et w2 des valeurs d4termin6es coj, wj,
wj, GoJ, les fonctions ^17 ^23 ^15 ^a deviennent periodiques en t* Pour avoir les
exposants caract6risliques de la solution p^riodique ainsi obtenue, nous for-
merons les seize d£riv£es partielles :
(3?COj di&i ^CO-j dl£$ '
dx» dy<i dy* >
dsc\
y " - J
ET LES AQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. £67
et nous y ferons ensuile
COi^sCO?, 032=0)5, 0>i==oJ?, OJ2=COo.
Alors ~ par exemple prendra la forme suivante :
les a 6tant des constantes et les G des fonctions periodiques.
Les a sont alors les exposants caracterisliques cherch^s.
Appliquoas cette regie au eas qui nous occupe. Nous avons
<pi ^tant periodique en pp4 et en w%.
II vient alors
dx\ __ ^91 <f^i _ d®i ( cT^\ d^i d\z <^?i \
d<&\ dwi du>\ du>i \d&i dw^ d^\ dw%J
Les trois fonctions
d^i dyi d\i d®i d\* d®i
dw\ du>\ d&i dw\ d&\ dw*
sont periodiques en w± et w2 et par consequent en t.
f^ . dx\ dx\ j . T
On trouverait pour -r=r et ^— des expressions analogues.
Gela prouve que les exposants caract6rist£ques sont nuls.
Done, si les series de M. Lindstedt ^talent conver 'gentes, tous les e&posants
caract&ristiques seraient mils.
Dans quel cas en est-il ainsi ?
Nous avons vu plus haut la maniere de calculer les exposants caractthis-
tiques (§ 10 et!2).
Dans ce dernier paragraphe nous avons vu que les exposants caract^ristiques
relatifs aux Equations
^i — ^F° ^Ei ^li — „ ^F° __ ^Ei
~dt ~~ dy~t "*" ^ dyt J dt ~~ ldxt ^ dxt
pouvaient se d^velopper suivant les puissances de \/p.my nous avons appris a
former liquation qui donne le coefficient a* de \/fi.
Rappelons comment se forme cette Equation :
Nous avions pos6 dans le paragraphe
468 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Dans ces d&riv6es secondes on suppose x\ et #2 remplac^es par x\ et x\, pen-
dant quejd et^2 sont remplac^es par n^t -+- coi} 7i2£-h £>a (d)» Cf* est done une
constante et B^une fonction periodique de t. J'appelle bikle terme tout connu
de cette fonction periodique.
Posons ensuite
eii = &MC?1H-&iaCg1, *«i = bzl GJj H- ^aaCJx,
Liquation qui nous donne a4 s'^crira alors
en— otf
Pour que cette Equation ait loutes ses racines nulles, il faudrait que Pon eut
€u H- eo2r= O
et
(4) ftiiG?! -H2^12G?2-i- &o2Cg2 = o.
Or on a7 comme je Vai d6montr6 dans le paragraphe cil^ :
Wi &11 H- 'Z.o &ia = /It &ai 4~ Tig ^22 :=s 0.
II faul done pour que Pidenlil£ (4) ^ Heu ou bien que
(5) 611 = 0
ou bien que
(6) aiCJi— -2711/12 C?2 -4- n? C|2 =0.
Occupons-nous d'abord de la relation (5). Si nous faisons dans la fonction
perturbatrice F4
F4 deviendra une fonction periodique de ^. Supposons cetle fonction periodi
d^veloppde en serie trigonom^trique, et soit ^ le terme tout connu; ^ sera une
fonction periodique de 5* et S2 el il viendra
_
(J) Inutile de rappeler ici que ces valeurs de a?Jj ^2? ^i? ns sont celles qui correspondent k la
solution periodique 6tudiee; ce ne sout pas celles dont nous avons fait usage plus haut dans
1'expose de la metbode de M* Lindstedt. Le rapport — est done commensurable.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 469
Nous devrons done avoir
Nous pourrons toujours supposer que Porigine du temps a ete choisie de
telle sorte que w2 soit nul et que fy soil fonction p^riodique de «i seulement.
De plus la relation (7) devrait etre (si les series de M. Lindstedt conver-
geaient) satisfaite identiquement. Et en effel, si Ton admettaitla convergence
de ces series, il y aurait une infinite de solutions periodiques coi^respondant a
chaque valeur commensurable du rapport — •
fiv
Si la relation (7) est une identit6 et si 4* est une fonction p^riodique, cette
fonction devra se r^duire a une constante.
Voyons ce que cela veut dire :
La fonction perturba trice FI 6taiit p^riodique par rapport a j'i et a y^ pourra
s'^crire
les m± et les ma 6tant des entiers, pendant que ATOl/Wg etBOTl^a sont des fonctions
donn6es de a?4 et de o?a.
On aura alors
mxm2 COS( MI&I -4- Ws WS ) H- ft ^mtm^ Sin( WtSi -f-
la sommation repr^sent^e par le signe X s'^tendant a tous les terxnes tels que
et A^lOTf et B^ims repr^sentant ce que deviennent AmiWf et BWlW> quand on y
remplace a* et 572 par a?J et j?J.
Corame les termes periodiques doivent disparaitre de ^, 011 aura
AO T> 0 _ _
J7it W2j[ == ^mtm^ — °-
Ainsi les coefficients ATOimjt et BOTl,,ls du ddveloppement de la fonction pertur-
batrice doivent s'annuler quand on y donne a x^ et a a?2 des valours telles que
Ou bien encore on doit pouvoir donner au rapport ~ des valeurs commensu-
rables sans introduire dans la fonction perturbatrice Fj'des termes s^culaires.
II est clair qu'il n'en esl pas ainsi dans le cas particulier du probleme des
470 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
trois corps que nous avons examine, et qu'on n?y peut donner au rapport des
moyens mouvements une valeur commensurable sans introduire dans la fonc-
tion perturha trice des termes seculaires.
Passons maintenant a la condition (6), qui peut s'6crire
aft
dx\
EUe exprime que la courbe F0(^5 #2 ) = const, a un point d'inflexion au
point 3d = a?J , #2 = #3 •
Comine cette condition doit etre remplie pour toutes les valeurs de x\ et
de x\ qui correspondent i un rapport ™- commensurable, la courbe
FO(#M, J72)= const, devra se reduire a un systeme de droites.
C'est un cas particulier que nous laisserons de cdl£, car il est Evident que
rien de pareil n'arrive dans le probleme des trois corps.
Ainsi, dans le cas particulier da probleme des trois corps que nous avons
&tudi£et par consequent aussi dans le cas general, les series de M. Lindstedt
ne convergent pas unif or moment pour toutes les valeurs des constantes
arbitraires d' integration qu^elles contiennent.
22. — Non-existeiice des integrates uniformes (x) .
Reprenons nos Equations de la Dynamique avec deux degr6s de libert^
dxt __ d¥ dyi _ d¥
dt ~~ dyj ~dt ~~~"d^i ^"I'2>
Ges Equations admetteut une integrate F = const. Cette integrale F est une
fonction analytique etuniforme de x±}x%, y±^ y$ et /JL; p^riodique de p^riode 271
par rapport a y^ et a j^-
Je me propose de d^montrer qu'il n'existe pas 4'autre integrale jouissant des
memes propridtds.
Soit en effet ® = const, une autre inl^grale analytique uniforme par rapport
aux ^?, aux y et a p. et p^riodique par rapport aux y.
Soit
^1=91(0, «2=?a(<), ri=?3(0: 72=94(0
une solution p^riodique (de p^riode T) de nos Equations difl^rentielles.
( l ) Voir aux Notes, Integrates uniformes.
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE.
471
Soit
Soit p/ la valeur de £/ pour £ = o; soil fy-f- ^ la valeur de £, pour £ = T; nous
savons quo les fy soul developpables suivant les puissances croissantes des |3.
Consid^rons 1'equation en S :
dfa
Les racines de cette Equation sont egales a eaT — i, les a £tant les exposants
caractertstiques; deux de ces racines sont done nulles, el dansle cas particulier
du probl&me des trois corps que nous traitons, les deux aulres racines dorvent
£tre difl'erentes de z4ro,
Je remarque d'abord que nous avons :
_ ___ _____ — 1_ ' ' -^— — — ~~ o
Q,JC*> d$ i d'Y \ £t|j/ cL'Y^ d$r
(t = i3 2, 3j 4)-
Dans les d4riv6ee de F et de <&, x^ x%^ y± et y2 doivent ^tre remplac^es par
On peut eu conclure ou bien que Ton a
dF
dx\
"55"
dF
dF
d_Y*_
w*
ou biea que le determinant fonctionnel des 41 par rapport aux (3 est nul ainsi
que tous ses mineurs du premier ordre.
D'autre part on a, en designant par cpj(«) la deYivee de cpi(«),
(3)
(4)
z = i, 2, 3} 4);
472 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Do cos Equations on peut coiiclure, par un calcul tres simple dont on trouvera
plus loin le detail, que si les equations (2) ne sont pas satisfaiies, ou bien on
aura
(5) 9'j(o) == 9i(o) = 9'3(o) « 9't(o) = °;
ou bien liquation en S aura trois racines nulles (les quatre racines devraient
meme etre nulles, puisque les exposants caract6ristiqu.es sont deux a deux 4gaux
el de signe contraire).
Or nous savons que 1'equalion en S n'a que deux racines nulles; d'autre
part les Equations (5) ne peuvent £tre satisfaites que pour certaines solutions
p^riodiques tres particulieres ( je veux dire pour celles qui sont £tudi£es dans
la Mecanique celeste de Laplace, Livre X, Chap* VI) et ou le troisieme corps
d^crit comme les deux premiers une circonference.
Les Equations (2) devront done 3tre salisfaites. Elles devront Tetre pour
Mais comme 1'origine du temps est reside arbitraire, elles devront l^tre 6gale-
ment quel que soil t pour
En d?autrcs termes, elles le seront pour tous les points de toutes les solutions
p&riodiques. Je dis maintenant que ces Equations sont satisfaites identiquement.
Posons par exemple :
d$ d? d$> d¥
"" dx* dx± dxi dx* '
II est clair que f sera encore une fonction analytique el uniforme; on aura
/= o pour tous les points de toutes les solutions p^riodiques. Je veux etablir
que/est identiquement nul; pour cela je vais montrerque Pon a identiquement
pour p = o :
En effet, consid^rons une solution ptoiodique quelconque du premier genre;
soit
cette solution; les fonctions 9 seront d^veloppables suivant les puissances de
et quand /ji tendra vers zero, elles tendront respectivement vers
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 4j3
l et xl £lant des constantes telles que — soit commensurable et GJ, et w2 les
quantit6s d^finies dans le paragraphe 11 J. Tanl que p. n'est pas nul on aura
Mais la fonction/" £tant analytique et par consequent continue, on aura encore
pour fx = o (bien que pour p. = o les exposants caract6ristiques s'annulent) :
/(#?> %\-> /M-f- wj, /a2Z-f- wa) = o.
Mais si 1'on considere un systeme quelconque de valeurs de x± et de o;2 on
pourra toujours trouver un systeme x\ et x\ qui en diflferera aussi peu que Ton
voudra et qui correspondra a ane valenr commensurable de — • Soit alors
=
/l2 A 2
Xi et "Xi 4tant deux entiers premiers entre eux. Nous choisirons t de fagon que
rii t -4- cJ3i s^j/i-f- 2 Ar^r (Rentier).
On aura alors
712^ -J- OM = ^ ( Vi-i- 2 A*oc — o>i) -4- to2.
AI
Si nous posons
7i2 ^ -4- co2 = y\ •+• 2 ^' re (Rentier),
on devra avoir
Etant donn^e une valeur quelconque dey2j && peul choisir les entiers k et k!
de telle fa^on que la difference y2 — y\ soit plus petite en valeur absolue que y--
Mais nous pouvons toujonrs choisir x\ et x\ de fagon que ce systeme de valeurs
differe aussi peu que Ton veut de x*. et de #2, et que le rapport ~ tout en £tant
commensurable soit tel que le nombre enlier Ai soit aussi grand que Ton veut.
Par consequent, 6tant donn^ un systeme quelconque de valeurs de a?<7 x^ y±
et y*n, on pourra trouver un systeme de valeurs qui en diff^rera aussi peu qu'on
voudra et pour lequel/sera nul. Comme la fonction /est analytique, elle devra
done £tre identiquement nulle pour pt- = o.
Cela pos£, comme /[<PI(*, P-)] = o quels que soient t et /*, il vient, pour
tous les points de la solution p^riodique,,
dj df d df dv* df d^z df dv^ __
H. P. — VII. 6o
474 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
Cette relation sera vraie en particulier pour
Mais, qnand p. est nul, f est identiquement nul, par consequent ses d^rivees
par rapport aux x el aux y sont nulles. On a done
^ . = o pour a = o, d?2=#?,°, yt = /ij£ H- c5f ;
<Yta
et Ton en conclurait comme plus baut que -~ est identiquement nul pour p. = o.
On d6montrerail de la m£me maniere que -7-^3 e^ les autres deriv^es de f
par rapport a p. sont nulles pour p. = o.
Done la fonction f est identiquement nulle et les Equations (2) sont des
identit^s,
Mais, s'il en est ainsi, cela veut dire que <D est une fonction de F, et que les
deux, integrates ^ et F ne sont pas distinctes.
Nos equations ne comportent done pas d'autre intdgrale analjtique et uni-
forme que F = const.
Quand je dis que ces Equations n'admettent pas d'int£grale uniforme, je ne
veux pas dire seulement qu'elles n'ont pas d'int6grale qui reste analytique et
uniforme pour toutes les valeurs de x, de y et de p..
Je veux dire qu'en dehors de 1'integrale F, ces Equations n'admettent pas
d'int6grale qui reste analjtique, uniforme (et periodique de y{ et y2) pour
toutes les valeurs de y± et de y2 et pour les valeurs suffisamment petites de /ut,
quand ^i et x% parcourent un domaine quelconque, si petit d'ailleurs que soit
ce domaine.
On sait que Bruns a demontre qu'en dehors des int^grales connues, le pro-
bUme des trois corps n'admet pas d'int^grale alg^brique. Ce resultat se trouve
done confirm^ par une voie entiereraent diff^rente.
J'ai annonc^ plus haut que les equations (i), (3) et (4) entrainent forc£-
ment une des trois consequences suivantes : ou bien les Equations (2) sont
satisfaites, ou bien ce sont les Equations (5), ou bien liquation en S a au
moins trois racines nulles.
En effet, fortnons la matri^ce suivante ^ quatre lignes et cinq colonnes :
Si les Equations (i) et (4) sont satisfaites sans que les Equations (2) le soient,
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 475
nous devons conclure que tous les determinants obtenus en supprimant dans
cette matrice deux colonnes et une ligne sont nuls.
Si maintenant Ton fait subir a #1, x», y± et ya un changement lineaire de
variables, les fy et les (3 subiront ce m£me changement lineaire et la matrice (6)
pourra £tre simplifi<§e.
On peut toujours supposer qu'on a choisi ce changement Undaire de telle
sorte que
fi = o p°ur *<*•
Alors les produits trois a trois des quatre quantit^s -^5 -rrr ? -T?T? -~ sont tous
1 xi flfp1 ^p2 ^j^ ftfa
nuls, d'ou il suit que deux au moins de ces quantit^s sont irulles. On peut
toujours supposer que le changement lineaire a ^t^ choisi de telle sorte que
dfy-i db'L. . • i
ce soient -^ et -~- qui soient nuls.
dfa dfa^
Si en outre une des deux qua.ntit6s ~ et -~2 est encore nulle, Fequation
en S aura trois racines nulles.
Si, au contraire, aucune de ces deux quantit^s n'est nulle, les Equations (3)
permeltent de conclure que
En supprimant dans la matrice (6) la troisieme et la quatrieme colonne et la
troisieme ligne, on bien la troisieme et la quatrieme colonne et la quatrieme
ligne, il vient
ce qui ne peut avoir lieu que si
c'est-£-dire si les Equations (5) sont satisfaites; ou bien si
OU
c'est-a-dire si liquation en S a trois racines nulles. c. Q. F»
476 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS
GHAPITRE IV.
TENTATIVES DE GENERALISATION.
23. — Probleme des n corps.
Est-il permis d'esperer qu'on puisse etendre les r^sultats precedents aux cas
oil les Equations de la Dynamique comporlent plus de deux degres de libert^
et par consequent au cas general du probleme des n corps?
C'est possible, mais ce ne sera pas sans un nouvel effort.
Je croyais, en commengant ce travail, que la solution du probleme, une fois
trouvee pour le cas parliculier que jjai trait6, se g6n6raliserait imm6diatement
sans qu'on ait a vaincre aucune difficulte nouvelle en dehors de celles qui sont
dues au nombre plus grand des variables et a Pimpossibilite d'une repr^sen-
tation geometrique. Je me trompais.
Aussi crois-je devoir insisler un peu ici sur la nature des obstacles qui
s'opposent a cette generalisation.
S'il y a p degre5 de liberte, la situation du systeme peut £tre repr6sent6e
par la position d'un point dans Fespace a zp — i dimensions. La plupart des
conclusions de la premiere Partie sont encore vraies et n'ont a subir aucun
chahgement. II existe done une infinite de solutions p^riodiques repr^sent^es
par des trajectoires ferm^es ct se classant en stables et en instables, ou m£me
en categories plus nombreuses, d^apres la nature de leurs exposants caracteris-
tiques. II existe aussi une infinite de solutions asymptotiques.
J'ai cherche ^galement a 6tendre au cas general le calcul du paragraphs 17
en laissant de cot^ la question de convergence. Les series qu'on obtient de la
sorte peuvent en effet, meme lorsqu^elles divergent, etre utiles dans certains
cas aux astronomes et peut-^tre guider lesg^ometres vers la solution definitive.
Supposons trois degres de liberte et reprenons les Equations (i) du para-
graphe 11 en faisant les memes hypotheses que dans ce paragraphs.
Gherchons ensuite trois fonctions de if ys :
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. - 477
satisfaisant aux equations
rfai d¥ dx± d^ ^ dx± ^F dF_ _
dy\ dx\ dy * dx* ' dy-^ dx% dy\ '
dxn dF dx* dF dx^ dF_ dF_ _
dyi dec i dy* dx* dy^ dj$ dy% ~~ *
ou? ce qui revient au m£me, aux Equations
p _ « dxi _ di£*i dxt _ djc* d&i _^ dx%
3 dy« dy^ ' dy* ~ dy^ dyz "" dyi
Nous supposerons que x^ ^2, x% peuvent se d^velopper suivant les puis-
sances de /JL ou de \7fJL et que pour JJL = O? elles se rfiduisent a des cons-
tantes^J, n?J, x\.
Nous poserons ensuite comme plus haul :
Si entre /IA, /z2, w3, il n'y a aucune relation lm£aire a coefficients entiers, on
peut d^velopper #1? x% et o?3 suivant les puissances de fjt; chaque terine est
p^riodique a la fois par rapport a yl7 a y2 et a y3. Mais il s'introduit de petits
diviseurs.
Si entre 7^lJ ;i2 et 7i3, il y a une relation lin^aire et une seule a coefficients
entiers
m\ n\ -4- m% n^^r m% 713 = o,
les calculs peuvent se poursuivre absolument comme dans le paragraphe 18.
Les trois fonclions x\, x$ et x$ se d^veloppent suivant les puissances de \fp. et
elles sont au moins doublement pdriodiques. je veux dire qu* elles ne changent
pas quand y^ y^ et y% augmentent d'un multiple de 271 de telle fa^on que
tf^JKi-h T^ajKa-f- m^y-A ne change pasj il y a encore de petits diviseurs.
II reste un troisieme cas, le plus int^ressant de tous, qui est celui oii il y a
entre n4, n^ nz deux relations lin^aires a coefficients entiers :
3 = o.
On peut alors d6velopper ^i, 5?3 et #3 suivant les puissances de fa et de fa$on
que ces fonctions soient p6riodiques, je veux dire qu'elles ne changent pas
quand yi7 y% et y^ augmenlent d'un multiple de 271, et de telle sorle que
478 SUR LE PROBLEMS DBS TROIS CORPS
miyt^m^y^+m^y^et m\ yi -+- m\ y$-\- m^y* ne changent pas. II n'y a
plus de petits diviseurs, mais le calcul de ces fonctions n'est pas sans certaines
difficult^.
En premiere approximation, la determination de ces fonctions depend de
rint£gration d'un systeme d'6quations diff^rentielles qui onl la forme cano-
nique des Equations de la Dynamique, mais avec deux degres de liberte seu-
lement* Dans presque toutes les applications, ces Equations d^pendront d'un
parametre tres petit par rapport auquel on pourra d^velopper, de maniere
qu'on pourra leur appliquer les conclusions des Ghapitres 1 et II (Ire Partie).
Dans les approximations suivantes, on n'aura plus a efFectuer que des qua-
dratures.
Ce n'est pas tout; le probleme des n corps presente des difficultds sp^ciales
qu'on ne rencontre pas dans le cas general. Sans doute ces difficult^ ne sont
pas aussi essentielles que celles donl j'ai signale plus haut Fexistence, et un
peu d'atteniion doit permettre d'en triompher.
Mais j'en dois dire ici quelques mots.
Dans le probleme des n corps, F0 ne depend pas de toutes les variables
Iin6aires #/; par consequent, non seulement le hessien de F0 par rapport aux
variables xi est nul, mais le hessien d'une fonclion arbitrairo de F0 est encore
nul (Cf. p. SSg). Cela vient du fait suivant : si ju = o, c'est-^-dire dans le
mouvement k^plerien, les perih^lies sont fixes.
Gctte difficult^ n'existait pas dans le cas que nous avons trait6 (pre-
mier exemple, § 15), parce que nous avions pris pour variable non pas ^longi-
tude du p6rih6lie5 mais g — t. Elle n?existerait pas non plus avec une loi
d*at traction autre que la newtonienne.
Voici quelles en sont les etranges consequences :
Nous avons vu qu'ily a deux sortes de solutions periodiques : les solutions
du premier genre, donl nous avons parle dans le Ghapitre III (lre Partie) et
qui subsistent quelque petit que soit /*, et les solutions du deuxieme genre
dont nous avons parie dans le paragraphe 20 et qui disparaissent 1'une apr^s
Fautre quand on fait d^croitre /jt,
Dans le cas du probleme des trois corps, si Ton fait JJL = o, les orbites des
deux petits corps se r^duisent & deux ellipses k^pleriennes. Que deviennent
alors les solutions p^riodiques du premier genre quand on fait JUL = o ? En
d'aulres termes quelles sont les solutions p^riodiques des Equations du mouve-
ET LES EQUATIONS DE LA DYNAMIQUE. 479
ment k^plerien? Les un.es correspondent au cas ou les deux moyens monve-
ments sont commensurables. Mais il en est d'autres qu'il est plus malais^
d'apercevoir et sur lesquelles je dois insisler.
Si p. := o, c'est que les masses des. deux planetes sont infiniment petites et
qu'eiles ne peuvent agir Pune sur Pautre d'une maniere sensible, a moins
d^etre a une distance infiniment petite Vune de Vautre* Mais si ces planetes
passent infiniment pres Fune de Fautre, leurs orbites vont etre brusquement
modifiees comme si elles s'^taient choquees. On peut disposer des conditions
initiales de telle fagon que ces chocs se produisent periodiquement et Pon
obtient ainsi des solutions discontinues ( f ) qui sont de v^ritables solutions
p^riodiques du probleme du mouvement k^plerien et que nous rfavons pas le
droit de laisser de cote.
Telles sont les raisons pour lesquelles j?ai renonce, au moins momentane'-
ment, a 6tendre au cas gen6ral les r^sultats obtenus. Non seulement le temps
me fait d6faut, niais je crois qu'une pareille tentative serait pr^maturee.
En effet, je n'ai pu faire encore du cas particulier m£me auquel je me suis
restreint une £tude suffisamment approfondie. Ce n'est qu'apres bien des
recherches et des efforts que les g^ometres connaitrorit compietemeiit ce
domaine, ou je n'ai pu faire qu'une simple reconnaissance, et qu'ils y trou-
veront un terrain solide d'ou ils puissent s'elancer a de nouvelles conqu^tes.
(!) Ce sont Jes solutions que H. Poincare a appelees de deuxieme espece et a ettidiees au
Ckapitre XXXII des M&thodes Nouvelles. Voir k ce sujet, aux Notes, Solutions periodiques.
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS
Bulletin Astronojnique^ t. S, p. 12-2$ (janvier 1891 ).
J'ai publi^ dans le Tome 13 des A eta Mathematica (*) un M^moire ou
j'obtiens quelques r^sultats relatifs a un cas particulier du probleme des trois
corps et a divers problemes de Dynaaiique; je crois qu'il ne sera pas inutile de
reproduire ici sans demonstration quelques-uns de ces r^sultats pour les
lecteurs du Bulletin astronomique qui u'auraient pas le temps de lire in
extenso le M6moire original, qui est assez volumineux.
Jc ne parlerai ici que de ce cas particulier du probleme des trois corps que
je viens de tnentionner el qui est le suivant.
Supposons trois masses A, B et C se mouvani dans un m&me plan. Je
suppose que la masse A soit tres grande, la masse B tres petite; la masse C
infiniment petite et incapable, par consequent, de troubler les deux autres.
Alors A et B se mouvront suivant les lois de Kapler. Je suppose de plus que les
excentricit&s de A et de B sont nulles, de telle sorte que ces deux masses A
et B d£crivent des circonf&rences concentriques, et je me propose d'6tudier le
mouvement de C sous 1'attraction de A el de B dans le plan de ces deux
circonf^rences. Tel serait le cas du Soleil, de Jupiter et d'une petite planete,
st Fon n6gligeait Texcentricit^ de Japiter et 1'inclinaison des orbites.
Tous les r^sultats que je vais ^noncer se rapportent a ce cas particulier.
Depuis j'ai cherche a les etendre au cas general du probleme des trois corps;
tel a ^t6 le principal objet des logons que j'ai profess^es a la Sorbonne de
novembre 1889 a mars 1890 et qui seront publi^es prochainement chez
MM. Gauthier-Villars et fils; mais je ne m'occuperai pas pour le moment de
cette extension.
(*) CS&uvres de JZ, Poincare, ce Tome, p, 262.
SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS. 48 1
Voici d'abord les notations que je compte employer.
Je d&Snirai la position du point G par ses elements osculateurs. Je designerai
par a, e et n le grand axe, Fexcentrieite et le moyen mouvement, par y% Fano-
malie moyenne et par g- la longitude du p^rihelie.
Je designerai par r la masse de A et par p. celle de B; jj. sera done une
quantit^ tres petite. Je choisirai les unites et 1'origine du temps de fagon que la
constante de Gauss soit egale a i ; que le moyen mouvement de B soit cgal a i ,
et la longitude de B egale a t.
Je poserai
F sera la fonction perturbatrice augmentee de#M H g-; les Equations prendront
alors la forme sym^trique
La fonction F sera susceptible d'etre d^veloppee suivant les puissances de p,
et nous ecrirons
F = FO -h i^Fi -H tJL2 F2 -+- . . . ;
on aura d'ailleurs
Enfin F sera fonction de #4, x^ y± et y$ seulement et sera p^riodique de
p^riode 271 par rapport a y± et y%t
Les Equations (i) admettent, comme integrale, F = C; cette integrate,
connue sous le nom d'int^grale de Jacobi, peut £tre obtenue en combinant celle
des forces vives avec celle des aires.
On peut aussi la regarder comme 1'integrale des forces vives dans le
dans le mouvement relatif du point G par rapport a deux axes mobiles tournant
d'un mouvement uniforme; a savoir la droite AB et une perpendiculaire a AB
men^e par le centre de gravit^ du systeme suppos^ fixe.
G'est pourquoi je conserverai a la constante G le nom de constante des
forces vives.
Solutions period! cpies.
Les premiers r^sultats sur lesquels je veux appeler Fatten ti on sont relatifs a
certaines solutions particulieres remarquables des Equations (i). Je citerai
. H. P. — vil. 6l
482 SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS.
d'abord les solutions de la forme suivante, que j'appellerai solutions periodiques :
Les fonctions <p<, <p2; cp3 et <p4 sont des fonclions periodiques de p^riode T et
sonlj par consequent, d^veloppables suivant les sinus et cosinus des multiples
de ^- De plus, n\ T et /i2T sont des multiples de 271.
Je distingue les solutions p^riodiques du premier genre, pour lesquelles les
fonctions cpi, 92, <p3 et <ps sont d£veloppables suivant les puissances de p.
A chaque systeme de valeurs de n{ et de ;z2, commensurables enlre elles,
correspondent au moms deux solutions periodiques du premier genre.
J'enseigne a former les coefficients des series 9, qui sont absolument
convergentes.
Solutions periodiques du deuxieme genre.
II existe ^galement des solutions periodiques pour lesquelles les series cp ne
sont pas d^veloppables suivant les puissances de /JL et que j^appellerai solutions
du deuxieme genre. Voici sous quelle forme elles se pr^sentent d'ordinaire :
Soit
72= n^t -h ?*(^),
une solution p^riodique du premier genre, c'est-a-dire d^veloppable suivant les
puissances de p,; soit T la p6riode. Soit
ce que devient cette solution quand on y donne a p. une cerlaine valeur p0-
Alors les fonctions ^° sont d^veloppables suivant les sinus et cosinus des
multiples de -~ •
II existera dans certains cas une solution p^riodique de la forme suivante :
(^
Les fonctions ^!U(^)) ^!al(*)» 443)(0 sont periodiques par rapport a ^; mais la
p^riode n?est pas ^gale a T comme pour les fonctions 4>z° (0? ma^s * ^T, /t etant
un nombre entier. Par consequent, xi} x^y^ — rtitety2 — n%t sont develop-
SUR LE PROBLEMS DES TROIS CORPS. 483
pables suivant les puissances de vV — j^o et suivant les sinus et cosinus des
multiples de ^p •
A i
Pour ft>ft0, °n a deux solutions periodiques du deuxieme genre rcelles et
distinctes; pour fx = ^0, elles se confondent entre elles et avec la solution du
premier genre
*<="W(0, .r«=*z* + MU(0,
pour p. •< JULO, elles deviennenl imaginaires.
Dans certains cas le contraire peut avoir lieu, et il peut arriver que les deux
solutions. soient r^elles pour p. < p,0 et imaginaires pour p. > ,u0.
Exposants caracteristiques.
Les solutions periodiques semblent d'abord sans aucun interel pour la
pratique. La probability pour que les circonstances initiales du niouveinent
soient pr6cis£ment celles qui correspondent a une pareille solution est e vi-
de mment nuile. Mais il peut tres bien arriver qu'elles en different fort peu : la
solution p^riodique pourra jouer alors le role de premiere approximation
d' « orbite intermediate ». II peut done j avoir interet a etudier les solutions
qui different peu d'une solution p^riodique. Voici comment on operera :
Soit
ft— ^i^-H 9w-a(0> (^ = 1,2)
une solution p^riodique quelconque.
Considerons une solution peu diJQKrente et posons
Si les £, et les YH sont des quantit^s assez petites pour qu'on puisse en n^gliger
les carr^s, les Equations deviendront
dt
~dt
Dans les d^riv^es secondes de F qui figurent dans les equations (2), on doit
remplacer xi etyt par <pt(f ) et nit + cp/+2(£); les coefficients de !•* et de TJA dans
les seconds membres de ces Equations (2) sont done des fonctions periodiques
donnees de t.
484 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS.
L'int^grale generale des Equations (2) s'ecrit
;'-H DSf
A., B, C, D sont qualre constantes d'int£gration; a est ime constante non
arbitrage. S,-, SJ , S;, S'", T\, TJ , TJ, 17 sont des fonctions periodiques de *
ty j- £
d^veloppables suivant les sinus et les cosinus des multiples de ::rp-
La constante a et les coefficients de Sj, SJ , T* et T^ sont developpables
suivani les puissances de \/^, ceux de SJ, S-", TJ et TJ' suivanL les puissances
de /JL. J'enseigne a former toules ces series qui sont absolument convergentes.
L'exposant a s'appelle exposant caracteristiqite. 11 est r£el ou purement
imaginaire. Dans le premier cas, la solution pcriodique sera dite instable, dans
le second cas elle sera dite stable. Cetle denomination se justifie ais&ment, bien
qu'elle ne doive pas ^tre prise dans tin sens absolu, puisque nous avons neglige"
les carr^s des ^ et des -o.
Nous avons vu qu'il y aura au moins deux solutions periodiques du premier
genre correspondant a chaque systeme de valeurs de n\ et de 7i2, commen-
surables entre elles. J'ajouterai qu'il y en aura toujours un nombre pair et
autant de stables que d'instables.
Solutions asymptotiques.
Soit
(i ==i, 2)
une solution periodique quelconqne instable. 11 existe deux sdries dc solutions
particulieres remarquables que j'appellerai solutions asymptotiques,
Les solutions asymptotiques de la premiere serie seront de la forme suivante :
A est une constante arbilraire d'int4gration, a est Fexposant caract^ristique
(que je suppose positif), les fonctions S^^i), 6|.2)(£), ..., (1 = 1,2, 3, 4) sont
p^riodiques de p^riode T et d^veloppables par consequent comme les yt(t) par
rapport aux sinus et cosinus des multiples de 2±f . Les coefficients du d^velop-
pement sont eux-m£mes des series dont les termes sont rationnels en ^/p..
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS. 485
Inutile de faire remarquer que, si Ton reprend les notations du paragraphe
precedent, on a
Les series (3) sont convergentes pour les valeurs de t suffisamment grandes.
On voit que, quand t croit indefiniment, les solutions repr^sentees par les
Equations (3) se rapprochent asymptotiquement cle la solution p^riodique.
Les solutions asymptotiques de la seconde s£rie seront de la forme suivante :
B est une nouvelle constante d'inldgration, a est encore Fexposant caractd-
ristique; les fonctions 00 sont de meme forme que les fonctions 9 qui entrent
dans les Equations (3). On obtient d'ailleurs les fonclions co si dans les
fonctions 0 on change y//. en — \'p..
Les series (3 bis] convergent pour les valeurs de t n&galives et suffisamment
grandes. Quand t tend vers — 00, les solutions qu'elles repr^sentent se
rapprochent asymptotiquement de la solution p^riodique.
Solutions doublement asymptotiques.
II existe une infinite de solutions qui appartiennent a la fois aux deux series
et qui sont, par consequent, repr^sentees par les Equations (3 bis} pour les
valeurs de t negatives et tr&s grandes, et par les Equations (3) pour les valeurs
de t positives et tres grandes.
L'orbite, d'abord tres peu diff^rente de celle qui correspond a une solution
p^riodique, s'en ^loigne peu a peu, et apres s'en ^tre ecarL^e beaucoup fmitpar
s7en rapprocher asymptotiquement.
L'existence des solutions doublement asymptotiqucs est un point d'une
demonstration tr&s delicate et qui m'a donn£ beaucoup de peine. En effet, les
series (3 bis) ne convergent que pour les valeurs de t negatives et tres grandes,
les series (3) pour les valeurs de t positives et tres grandes. II y a g6n&ralement
un intervalle ou aucune des deux series ne converge.
Divergence des series.
Les considerations qui precedent peuvent permettre d'dlablir que les series
habituclles de la M^canique celeste sont divergenles; ce n'est pas qu'elles ne
486 SUR LE PROBLfcME DBS TROIS CORPS.
puissent n£anmoins £tre utilement employees; en efiet, il pent arriver que les
termes d'une s^rie d^croissent d'abord ires rapidement pour croitre ensuite
md^fmiment, et par consequent que cette s£rie, quoique divergente, puisse
servir a representer une fonction avec une approximation Ires grande, mais non
ind^finie, Tel est le cas de la s£rie c&ebre de Stirling et de quelques d^velop-
pements usit6s en Physique math4matique, Tel esl aussi celui des series de la
M6canique celeste, et Tapproximation qu'elles fournissent est tres suffisante
pour les besoms de la pratique. Ce que je veux dire de leur divergence n'est
done pas une raison pour en proscrire 1'usage.
Les series de M. Lindstedt ne peuvent pas converger unifornuSmenl pour
toutes les valeurs de la constante d'intdgration qui y entre; on d^montre, en
effet, que, s'il en £tait ainsi, il n'y aurail pas de solutions asymptotiques.
Je prendrai cornme second exemple certuines series ddriv^es des series (3)
et (3 bis). La s^rie (3) converge; mais nous avons vu que ses coefficients
peuvent eux~m£mes se d^velopper en series convergentes dont les terrnes sont
rationnels en \/p.; quand on a fait ce d^veloppement, la serie (3) reste encore
convergente.
Supposons maintenant que 1'on d^veloppe ces fonctions rationnelles de \/(x
suivant les puissances de \/fx, ce d^veloppement est possible pour chacune
d'elles, Mais si Ton ordonne ensuite la s4rie (3) suivant les puissances
croissantes de ^/JJL, la serie ainsi obtenue devient divergente; on d^montre, en
efTet, que si elle convergeait^ toute solution asymptotique serail doublement
asymptotique, ce qui n'a pas lieu,
f ^e d^veloppement auquel on parvient de la sorte et qu!, bien que divergent,
peut rendre des services au m6me titre que ceux de M. Lindstedt, se met sous
forme 6l£gante si Ton ilimine t et A entre les quatre Equations (3) par les
regies ordinaires du calcul. On Lrouve, en effet, que a^\ et x± s'expriment en
series ordonn^es suivant les puissances de \J\L et suivant les sinus et cosinus
des -multiples de — et ™ •
r xx
Non-existence des integrates uniformes.
Les Equations (i) admettent une integrate qui s*6crit
c^est 1'integrale des forces vives; le premier membre F est uniforme par rapport
SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS. 487
a #1, x^} y± et y2? p^riodique de p^riode 2?r par rapport a j^i et JKa?
d6veloppable suivant les puissances de p..
Je dis qu'il n'y a pas d'autre int6grale de la meme forme; c'est-a-dire que les
Equations (i) ne peuvent admettre une int^grale
distincte de la premiere et ou $ soit p6riodique en ji et y2? developpable
suivani les puissances de JJL, et uniforme pour toutes les valeurs r6elles de y±
et y2, pour les valeurs suffisamment petites de p. et pour les vaieurs de x± et
de #2 comprises dans un certain domaine.
On demontre, en effet, que, s'il en etait ainsi, les series de M. Lindstedt
convergeraient. Ge resultat est d'ailleurs susceptible d'etre g&ieralisci de
diverses manures.
Formes des orbites.
On pent se proposer de dessiner les orbites correspondant aux diverses
solutions particulieres dont je viens de parler, et j'ai rintention de rev^nir sur
ce point dans un autre article. Pour cela, le mieui est de consid^rer deux axes
e~
mobiles, a savoir : la droite AB et une perpendiculaire a AB mende par le
centre de gravity du systeme, et de chercher a dessiner la trajectoire relative
du corps C par rapport a ces axes mobiles.
Dans le cas des solutions p^riodiques, cette orbite relative est une courbe
feznnee; dans le cas des solutions asymptotiques, e'est une courbe en spirale
se rapprochant asymptotiquement d'une courbe ferm^e. II convient d'ajouter
que les diverses spires se recoupent mutuellement.
Considerons une orbite ferm^e correspondant ^ une solution p^riodiq'ue et
les deux series d'orbites asymptotiques aff^rentes £ cette m£me solution. Par
un point M du plan passeront, en g6n<3ral, une ou plusieurs orbites asympto-
tiques de la premiere s£rie, ainsi qu'une ou plusieurs orbites de la deuxieme
serie. Soit T4 une orbite de la premiere serie passant par M; soit [3 Tangle sous
lequel elle coupe une orbite T2 de la deuxieme serie passant par M. Si (3 est
nul, les deux orbites se confondent en une seule et deviennent ainsi doublement
asymptotiques; il y a une infinite de points pour lesquels il en est ainsi,
Mais, en g6n£ral, (3 n'est pas nul; cependant, si la masse p, est regard^e
comme un infiniment petit du premier ordre, on demontre quer parmi les
angles (3 (sous lesquels Tj coupe les diverses orbites asymptotiques de la
488 SUR LE PROBLEME DES TROIS CORPS.
deuxieme serie qui passent par M), ii y en a un qui est infmiment petit
d'ordre infini; je veux dire qu'il est du m£me ordre de grandeur que
a
Pexponentielle e ^, a 6tant une constante positive.
II est encore un autre point surlequei je desire attirer Pattention.
Les series (3) ne changent pas, si j'y change A en Ae06"1"7 et t en £ + T; si
done on change A en AeaT, Forbite asymptoiique correspondante ne change
pas; la seule difference est que le mobile G passe en un m£me point de cette
orbile a des 6poques diff^rentes.
Ainsi les valeurs suivantes de la consiante d'integration A, Ae^1, Ae±5aT,
Aed=3aT3 . . . correspondent a une seule et m£me orbite asymptotique.
II est done toujours permis, s'il ne s'agit que de definir cette orbite, de
choisir la constante A entre i et £aT.
Cela pos£, consid^rons n orbites doublement asymptotiques quelconqucs;
pour des valeurs suffisarnment grandes de £, les equations de ces orbites
pourront se mettre sous la forme (3). A ces n orbites correspondent n valeurs
de la constante A que j'appelle A,t, Ai>, ..., A/t et que je puis toujours
supposer comprises entre i et ear.
Pour des valeurs de t negatives et tres grandes, les Equations de ces monies
orbites (en changeant au besoin Torigine du temps) pourront se mettre sous la
forme (3 bis). A ces n orbites correspondent alors n valeurs de la constante B
que j'appellerai B4, B2i . . . , B/t el que je pourrai toujours supposer comprises
entre i et eax.
Et bien, ce qu'il importe de remarqucr et ce qui met bien en Evidence la
complication du probleme des trois corps, c'esl que si A.if A2; . . . , An sont
ranges par ordre de grandeur croissante, les constantes, B<|, B^, . . ., Bn seront,
en g£n6ral, rangees dans un ordre tout different.
Invariants integraux.
Une notion nouvelle, celle des invariants intdgraux, m'a 6te tres utile pour
d^monlrer. les r^sultats qui precedent. Je me bornerai ici 4 cinoncer quelqnes
propositions saillantes relatives a cette theorie.
Considerons le probleme des trois corps; pour definir la situation du
systeme, nous nous donnerons dix-huit variables : ce seront d'abord les irois
coordonndes j?4, &%} #» du premier corps, les projections y±, y<>: y% de la
SUR LE PROBLEM E DES TROIS CORPS. 489
quantity de mouvement de ce premier corps sur les trois axes. Ensuite#4, #5.
^6> y*i J^s, ye seront les quantites analogues pour le deuxieme corps, #7, #8,
&Q> y^ y*t y$ ^es quantites analogues pour le troisieme corps.
Nous envisagerons alors neuf points dans un plan que j'appellerai M1?
M2, ..., M9 et dont les coordonnees seront respectivement (#1,^1), (a?2,y2)> •••?
(XQ, yg). Cela pose, consid£rons une solution des Equations differentielles du
mouvement dependant de deux constantes arbitraires a et (3. Alors les xi et
les yi seront des fonctions du temps £, de a et de (3. Soit p. le point dont les
coordonnees sont a et (3; si le point p. reste int^rieur a une certaine aire cr,
les points MI, M2? . . . , M0 resteront interieurs a certaines aires S±, S2} ..., S9,
Ges neuf aires se deforrneront et se d^placeront, puisque les coordonnees du
point Mt dependent non seulement de a et [3, mais encore du temps t\ mais
la somme algebrique de ces neuf aires demeurera constants. II est a peine
utile de faire observer que certaines de ces aires pourront avoir des parties
positives et des parties negatives; c'est ainsi que, au point de vue analytique.
1'aire totale de la lemniscate est nulle parce qu'une des boucles doit etre
regard^e comme positive et 1'autre comme negative.
Supposons maintenant que Ton envisage une solution ne contenant plus
qu'une seule constante arbitraire a. Si cette constante a varie depuis a^
jusqu'a a^ les neuf points MI, Mo, ...? M9 vont d^crire certains arcs 7,i;
X2, . .., A9 qui se deplaceront et se deformeront avec le temps, puisque les
coordonn^es de M, dependent non seulement de a, mais encore de t. Soit Ut-
1'integrale ] (2X1 dyL-\-yi doc;} prise le long de Fare 1£-. Ui sera une fonction
du temps puisque Fare A/ se deplace. Soit c0 la valeur de la constante des
forces vives correspondant a a^=a0? et c{ la valeur de la constante corres-
pondant a a — a1} on aura
UiH-UsH-.-.-H U9H-3(Ci-^C0)^ = K?
K etant une constante independante du temps.
Stability.
Revenons au cas particulier dont nous nous sommes occup^s presque exclu-
sivement dans ce travail. Dans ce cas? MM. Hill et Bohlin ont demontr^ que le
rayon vccteur GA. ne peut croilre au dela de toute limite; mais il reste pour
etablir completement la stability un dernier point a demontrer. II faut faire
H. P. — VII. 62
4g<> SUR LE PROBLfcME DES TROIS CORPS.
voir que les trois corps se retrouveront une infinite de fois aussi pres qu'on
voudra de leur position initiale.
L'existence meme des solutions asymptotiques montre suffisamrnent qu'il
existe une infinite de solutions particuli&res qui ne satisfonl pas a cette
condition. Mais, d'autre part, j'ai d6montr£, par la m^thode des invariants
int^graux, qu'il y en a aussi une infinite qai y satisfont. On peut done, a ce
point de vue, dire qu'il y a une infinite de solutions particulieres instables, et
une infinite de solutions particulieres stables.
Mais il y a plus, on peut dire que les premieres sont Texception et que les
secondes sont la regie, au m£me titre que les nombres rationnels sont Fexcep-
tion et que les nombres incommensurables sont la regie. Je d^montre, en effet,
que la probability pour que les circonstances initiales du mouvement soient
celles qui correspondent a une solution instable, que cette probability dis-je,
est nulle. Ce mot n'a par lui-m^me aucun sens : j'en donne dans mon M^moire
une d^jfinition precise que je ne crois pas utile de reproduire ici; mais je dois
ajouter que le m£me resultat subsisterait, quelle que soit la definition adopt6e,
pourvu qu'il Centre dans cette definition que des fonctions continues.
SUR L'APPLICATION DE LA MfiTHODE
DE M. LINDSTEDT
AU PROBLEMS DES TROIS CORPS
Comptes rendus de VAcademie des Sciences, t. 114, p« r3o5-i3og (7 juin. 1892).
Dans une Communication que j?ai eu 1'honneur de faire §. TAcad^mie, il y a
quelques ann^es (C. H. Acad* Sc.> t. 108, p. 21) (i), j'ai expos6 la m^thode
de M. Lindsledt sous une forme nouvelle, fondle sur les principes des Vorle-
sungen ilber Dynamlk.
Le but de la presente Note est de montrer d'abord que cetle mtUhode peut
etre appliquee a T^tude des variations seculaires des ^l^ments des plauetes,
mais qu'elle ne peut^ sans modification, s'^tendre au probleme des trois corps,
et quelles sont les modifications a faire pour que cela devienne possible.
Voici les notations qiie j'adopterai; je rapporterai la premiere planete au
Soleil, et la second e au centre de gravit6 du systeme form^ par le Soleil et la
premiere planele. Je designe par p., (3 et ft1 trois coefficients dependant des
masses : le premier tres petit, les deux autres finis.
Pappelle a le demi-grand axe de la premiere planete, sin 9 Fexcentrieit6,
i Finclinaison, X la longitude moyenne, 0 la longitude du nceud, w celle du
lie, et je pose A = [3 \Ja ;
g = 2 y/A sin 2 cos m, -r\ = — 2 \/A sin -? sin TH,
p =; 2 ^/A cos c sin - cos 63 q — — 2 y A cos 9 sin - sin 6.
OEuvres de H, Poincare, ce Tome, p.
492 L'APPLICATION DE LA M£THODE DE M. LINDSTEDT.
Je d^signerai les 6l6ments correspondants de la seconde planete par les
m£mes lettres accentu^es, de sorte que nos douze variables seront les sui-
vantes :
(A, A', £, ?', p, X,
(° / X, V, TI, TJ', ?, q'.
J'appelle jxF Penergie totale du systeme. F sera d4veloppable suivant les
puissances de /JE., de sorte que j'^crirai
F =
F0 ne d£pendra que de A et A'; F<, Fa, ... seront d^veloppables suivant les
puissances des variables £, 73, p et q et suivant les cosinus et sinus des mul-
tiples de \ et de V. Je designe par R la valeur moyenne de F1 consid6r6e
comme fonction periodique de X et )/.
Si alors je designe par ^ une quelconque des variables de la premiere ligne
du tableau ( i ), etpary^la variable correspondante de la deuxieme ligne, les
equations du mouvement pourront s?6crire
f^ ^£__^F dyL__dF_
^ } dt — dy? dt ~~ dast
Les fondateurs de la M^canique cdleste ont &t& conduits a envisager les
Equations suivanles :
dxi _ dE. dyt _ ^^
() 'di-PfyS ~3t "~~IJ-^'
Dans ces equations, nous ne d^signons par x-t et yi que les variables des
quatre dernieres colonnes du tableau ( i ). R ne d6pend ni de A, ni de 7J et nous
regardons momentan&nent A et A' comme des constantes. L'importance des
Equations (3) provient de ce qu'elles nous font connaitre les plus considerables
des variations que peuvent subir £, 73, p, q, . . ., de ce qu'elles peuvent, en
d'autres termes, nous fournir une premiere approximation pour le calcul des
variations s^culaires de ces quantites.
Pour rendre la m^thode de la Communication cit^e applicable aux Equa-
tions (3), il faut profiler de la petitesse des quantites £, yj, . . . ; soit £ un coef-
ficient tres petit et posons
g = e£i, -O = s*/)i5 Jf> = s/>i, ^ = £^1, ?/==£?'i5
R devient d^veloppable suivant les puissances croissantes de s2 etnouspouvoni
R =
L'APPUCATION DE LA M^THODE DE M. LINDSTEDT. 4<)3
et poser
Prenons ensuite de nouvelles variables p/, CD/ (i = i , 2, 3, 4) d^finies de la
fagon suivanle : £, YJ, JP, #, , . . sont des fonctions lin^aires convenablement
choisies dcs \/p/cosav ct des v/p/sinco/; le choix doit elre fail de telle faron
que R2 ne depende plus qae des p/ et non des &>/. Les equations (3) deviennent
alors
rfpz rfR' rfcoi rfR'
et la m^thode de la Communication citee leur est directement applicable,
puisque R' est developpable suivant les puissances de £2 et que R2 ne depend
pas des oo/. D'ou cette consequence : les variations s^culaires des excentricit^s
et des inclinaisons calcul^es par les Equations (3) peuvent se mettre sous la
forme d'une somme de termes p^riodiques. Lagrange et Laplace avaient
demontre ce resultat en n^gligeant les cubes des excentricit^s; Le Vrerrier et
Cell^rier en en negligcant les cinquiemes puissances. On voit qujil est vrai,
quelque loin que Ton pousse Fapproximation.
L'int<igration des Equations (3) mises sous la forme (3 bis) revient a Finte-
gration de liquation aux deriv6es partielles suivante :
= const*
Je suppose que R ait 4t4 exprim6 en fonction de p/ et de wz- et que p/ y ait el6
Tnp
ensuite remplace par la d^riv^e correspondante -^ — de la fonction inconnue T.
La m^thode de la Communication cit£e nous fournit une integrate de liqua-
tion (4) dependant de quatre constantes arbitrages V,. Si Ton pose alors
- dT dT
on peut considerer les Equations (5) comrne definissant un changement de
variables, les variables nouvelles £tant les V/ et les p/ et les anciennes les p/ et
les &)j. Le th^oremc de Jacobi nous apprend alors qu'on obtiendra les integrates
des Equations (3) en egalant les V; et les -~ It des constantes.
Passons maintenant au probleme des trois corps proprement dit, c?est-a-dire
aux Equations (2). Pour que la m^thode de M. Lindstedt telle que je Pai
4g4 L'APPUCATION DE LA METHODE DE M. LINDSTEDT.
exposee fut applicable a ces Equations, il faudrait que F0 d^pendit a la fois de
tous les Xi] elle le serai t encore sans modification sensible bien que F0 ne
d^pende que de A et A' et non de tous les #,-, si F Slait periodique par rapport
aux yi et si R ne dependait pas des yi.
Ces conditions ne sontpas rernplies d'elles-mSmes, mais on pent arriver a j
satisfaire par un changement de variables convenablc.
Reprenons les variables V, et vt d6finies par les Equations (5). Soient
ensuite X2 et X'2 deux variables nouvelles telles que
^ et fyr 6tant deux fonctions convenablement choisies de A, A', V/s ^/. Prenons
alors pour variables nouvelles
A, A', V/,
Les Equations conserveront la forme (2), a la condition que xi d^signe une
variable quelconque de la premiere lignedu tableau (6) el yi la variable corres-
pondanie de la seconde ligae. F0 ne depend encore que de A et A', mais F est
periodique par rapport aux yi et R ne depend pas des y^ La m^thode est done
applicable.
Une difficult^ subsiste encore cependant. CeLte rnethode nous permet de
d6velopper nos inconnues suivant les puissances cle \i\ mais les coefficients de
ce d^veloppement contiennent des termes qui ont au d(5nominateur certaines
puissances des excentricite's; la ixi6thode pourrait done devenir illusoire si les
excentricit^s 6taient tres petites, comparables par exemple aux masses ou a
leurs racines carries.
L'origine de cette difficult^ est la suivante. J'ai dit que F est developpable
suivant les puissances des £, 73, /?, q, . . . ; de plus F contient des termes du
premier degr^ par rapport £ ces variables. Si ces termes du premier degre
n'existaient pas, on n'aurait pas a craindre de voir apparattre des puissances
negatives des excentricit^s .
J'ai done ^t^ conduit a faire dans certains cas un changement de variables
pr^alable. Mes variables nouvelles s'appelleront
i, X'l3 TQl3 Tfj'^ q^
et je choisirai ces variables de telle sorte :
j° que les equations conservent la forme (2) ;
L'APPLICATIQN DE LA METHODE DE M. LINDSTEDT. 4§5
2° que pour les solutions p6riodiques que j'appelle de la premiere sorte, et
que j'ai e'ludie'es dans mon Ouvrage intitule Les methodes nouvelles de la
Mecanique cgleste, on ait
Si = S'i = *ni = 'i i = °-
Alors Pexpression de F avec les variables (7) a la merne forme qu'avec les
variables ( i ). mais avec cetle difference que F ne contient plus de termes du
premier degre* par rapport au&£i, 731, jo, g, .... La difficult^ a done disparu.
Inutile d'ajouter que, comme dans la me'thode ordinaire de M. Lindstedt, les
series ne soiit pas convergentes, niais seulement semi-convergentes au sens de
Stirling, ce qui limite les conditions dans lesquelles on peut s'en servir. Je
n'insisterai pas sur certains proc^d^s de detail qui permettent d'dviter quelques-
uns de ces changements de variables, ni sur les avantages que pre"sente la
methode expos^e dans cette Note sur celle que M. Lindstedt avait proposee, il
y a long temps deja, pour uii probleme analogue, dans le tome 97 des Comptes
rendus- J'avais deja, ily a quelques amiees, developp6 quelques-unes des consi-
d^rations qui precedent dans mon enseignement a ]a Sorbonne.
SUR
UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS
DU PROBLEMS DES TROIS CORPS
Comptes rend,as de VAcademie des Sciences, t. 123, p. io3j-io35 (i4 deccmbre i8«j6).
Soient irois corps A, B, C s'atlirant d'apr£s la Joi do New ton; soient#l5 a?2,
#3 les coordonn^es de A; #/0 a?3, x& cclles de B; #7? #78, XQ celles de C; s.oit
nii = m2 = m% la masse de A, m/t=m^ = mc> celle de B, mn = ms = m^ celle
de C ; soit
TT _ i i ^-i , ~t __ y
u - ~~~ "
On sail que les equations du mouvement peuvent s'ecrire
ou encore sous la forme canonique
_ ctF
On ne restreint pas la g&aeralite" en supposant le centre de gravite fixe, et
Ton peut profiler de cette circonstance pour abaisser le nombre des degr^s de
liberl^. Gette reduction peut s'op^rer de plusieurs manieres. Voici les deux
manieres qui ont ^te propos6es :
i° On peut faire le changement de variables que j?appellerai (y) et qui est le
plus usuel. II consiste a poser
X\ — Xi — #7} a/2 = X* — #8} X'« == Xs — 279?
^'4 = ^—^75 ^3 = ^5—^8, a?e = ^6— ^Oj
SUR UNE FORME NOUVELLE DES AQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS. 497
Les Equations ne conservent plus alors la forme canonique; mais elles
deviennent
dt ~~ dy'S dt
dx'L dF. dy\
ou
AB
2y'iA m-i m\
— .— — — —
2 /n/ A B
BC
2° Oa peut faire le changement de variables que j'appellerai (P), eL qui
consiste a poser (en appelant gl3 £3, ^3 les coordonnees du centre de gravit^ des
deux corps A et C),
/?^l-^-77^7
Les Equations conservent alors leur forme canonique et s'^crivent
La forme des int6grales des aires n'est pas non plus alt^ree.
Le changement ((3) parait done tres avantageuz, mais cependant il n'a pas
6t6 adopt6 jusqujici dans la pratique, sans doute parce que la forme de la fonc-
tion perturbalrice y est plus compliqu^e.
3° C'est pourquoi je crois devoir appelerTattention surun Lroisieme change-
ment de variables que j'appellerai (a). Posons
Avec ce changement de variables :
i° la forme canonique des Equations ne sera pas alt6r£e;
2° la forme des integrates des aires ne sera pas non plus alt£r£e ;
H. P. — VII, G3
B SUR UNE FORME NOUVELLE DES AQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS.
3° la fonction F deviendra
en posant, pour abr^ger,
, __
* ~~
La forme de la fonction perturbalrice est done tout aussi simple que dans le
cas du changement de variables (y).
Pour mieux nous en rendre compte, exprimons tout en fonction
osculateurs. Solent
#i=9i(L, G5 8, I, g, 6), a:s=?s(L}G,e, l> g, 6), a?3=93(L, G, 0, /, ^, 0)
les Equations du mouvement elliptique, ou5?l5 ^27 ^?y d^signent les coordonn^es
rectangulaires du point mobile, 1 1'ano.malie moyenne, 0 la longitude du noeud,
^4-0 celle du p6rih61ie, et ou, a, ^, ? d^signant le grand axe, 1'excentricit^ el
1'inclinaison, on a
L =5 \J~a^ G = /a(i — <52), 6 = G cos t.
Posons alors (en appelant |3 et p7 deux coefficients)
, .
J A L'-{ ^' ' ^ 5 — L'3 <#' ' ^ 6 ~ L/3 ^'
Dans les Equations de la premiere Hgne, les fonctions cp dependent des six
variables L, G, ®, ^ g^^\ dans celles delasecondeligne, elles dependent de six
variables analogues L', G7, 6', Z', ^, 9f. Ges Equations d^finissent ces douze
variables que Ton peut appeler les Elements osculateurs et qui sont tres pen
diff^rents sans £lre exactement les memes avec les trois changements de
variables (a), ((3) et (y).
La forme canonique des Equations n'est pas alt4r<5e par ce nouveau chan-
gement de variables. On a d'abord
dl __ _^F_ dl _ dF
dt~~ $dL* dt " i^Z5
ainsi que deux Equations analogues que Pon obtisnt en changeant L el I en G
et g9 et deux autres qu?on obtient en changeant L et I en 8 et 9.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES AQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS. 49$
Avec le changement de variables (y), ilfaut, dans ces six equations, changer
enFi.
On a ensuite
dlr _ dF dLr _ dF
dt "" pJ'^L'' dt ~" $' dl''
ainsi que deux Equations analogues que Ton obtient en changeant U et lf
en G7 et g^ et deux autres que Ton obtient en changeant U et f en & et 0;.
Dans le cas ou Ton adople le changement de variables (y), il faut dans ces
six equations remplacer F par F2.
Tl convient de prendre : avec le changement (a) :
ymi -4- 7717
avec le changement ((3) :
J3 =
avec le changement (y) :
II est aise alors de comparer la forme des diflferentes fonctionsperturbatrices*
Pour cela, je poserai; pour abr6ger,
et je supposerai vj; exprim^ en fonction des douze elements osculaleurs.
La fonction perturbatrice se composera alors d'une partie principale
qui sera la meme avec les deux changements (a) et (y), et d?un terme
raentaire qui sera m Jy3 ^avecle changement (a), ^~ -~^ pOUrFi avec
le changement (y), ^^ -^ pour F2 avec le changement (y).
On voit que ces trois termes compUmentaires peuvent se d^duire facilement
de Tun d'entre eux*
RUR
UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS
DU PROBLEMS DES TROIS CORPS (')
Bulletin Astronomique^ t. 11, p. 53-67 (fevrier 1897).
Solent A, B3 C les trois corps; soient o?4, #2, x^ les coordonn^es du point A;
#4, #5, #o celles du point B; #7 o?a, #9 celles du point C.
Pour plus de symetrie dans les notations, je d^signerai indiff6remment la
masse du corps A par m^ m<>, m^\ et de m£me la masse du corps B par
ou 7nG; et celle du corps C par m7, m$ ou mQ.
Je poserai
de lelle fa^on que par exemple j"i, y» et y* soienL les composantes de Ja quan-
tit4 de mouvement du corps A,
La force vive T sera alors
2 dt
D'autre part, si Ton choisit les unites de lelle fagou que la conslante de
Gauss soit £gale a i , la fonclion des forces U s'^crira
m\ m\ m\ m-t m\ m-
AB "HTG~"h~lG"'
(l) Ce Meraoire est reproduit dans le Tome 21 des Ada MaUiematica, p. 88-^7.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES AQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS. OOI
Si nous posons F = T — U? la fonction F d^pendra des x et des y et les
Equations du mouvement pourront se mettre sous la forme canonique
Supposons maintenaixt que Ton change de variables et soient x\ , y\ (i = i,
2, . . . , 9) les dix-huit variables nouvelles. Quelle est la condition pour qu'apres
ce changement de variables les Equations conservent la forme canonique ?
La condition necessaire et suffisante est que ^x\ dy\ — ^Xidyt soit line
differentielle exacte ( ' ).
Si cette condition est remplie, les Equations deviendronl
dx't
-=
Examinons en particulier le cas ou les x\ sont des fonctions lineaires des xt
et les y[ des fonctions lineaires des yi.
La condition prec^dente peut alors s'^noncer d'une aulre maniere : la condi-
tion necessaire et suffisante pour que la forme canonique des Equations ne soit
pas alt£r^e est qu'on ait identiquement
(2) syx =
Faisons une hypothese plus particuliere encore et supposons :
i° Que
x\> sc\3 x'-, dependent seulement de ac\^ x^ #7
,73 » y«» Xo 5> ^'-b j-'o, ,VD
2° Que les relations lingaires qui lient ^'2} x'^ %i a ^?2l a?5, a?8, et celles qui
lient #3, a?'a, a?'9 a ^J: ^0, ^9 soient les ineines que celles qui lient x\, x\, x\ a
X*) Xk> Xi\
3° Que de mdme les relations lineaires qui lient ys, ys, yg a J2, Js, Js et
celles qui lient 7',, /0, /, ay,J? ^«, JK9 soient les memes que celles qui lient y\,
l ) Voir aux Notes, Principes de M&canique analytique.
502 SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS.
Cette troisieme hypoth&se est cTailleurs une consequence n^cessaire des deux
premieres et de Pidentit^ (2).
Dans ces conditions, Fidentit^ (2) peut etre remplac£e par la suivanle :
( 2 b is ) y\ x\ -4- yi x'k ^-y!!<z'7=ytxl-+- j/, a?* ~4~ 7? &i -
Si en effet Tidenlite (2, bis) a lieu, on en d^duira une seconde en augmentant
tous les indices d'une unite et une troisieme en augmentant encore une fois
tous les indices d'une unit6. La somme de ces trois identitds ne sera autre
chose quo 1'identit^ (2),
Mais ce n'est pas tout : nous avons suppos£ que #'3, a?'c, x\ sont li£s a ^3, #6,
Xv^ par les m&mes relations que x\, x\, x\ a^?i, xk, x^ et j/-'3, y\., y& li^s a y2,
8, paries m^mes relations que/13 y\, y\ a y^ yA, y7.
L'identite (2 bis) subsistera done quand on j changera
en
On aura done
ya ^3 H- 7'3 a?'c H- ys ^i = r a ^
el de m^me
rt tf* •+• 7c ^3 •+• .7y ^s == 73 ^2 -+- Jo
et en retranchant
Or le second membre n'est autre chose que le premier moment de rotation
du.syst&me, qui doit £tre constant en vertu de liquation des aires. On voit que
1'expression de ce moment de rotation en fonction des x' et des y* a la meme
forme que son expression en fonction des x et des y.
La forme de U equation des aires rtest done pas altgree par notre c/ian-
gement de variables.
Premier exemple. — Nous satisferons a Fidentite (2 bis) en faisant
7i = 7t> 7* = 7^ ' a?7=^7» a?i — a?7««i} «?* — a?7 = «i,
77 =71-^7^ ~H 77-
Ce changement de variables, dont nous ferons un frequent usage dans la
suite et que nous appellerons le changement (a), a une signification
trique, tres simple.
SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEME DES TROIS CORPS. 5o3
Les variables iiouvelles x\, #'2, . . ., x\ sont les coordonn^es relatives des
points A et B par rapport a des axes mobiles passanl par le point C.
Les variables -L, £L, •••>-- sont les composantes des vitesses absolues de
ces deux points A et B.
Deuxi&me exemple. — - Un deuxieme exemple qui ne difFere pas essentielle-
ment du premier est le suivant :
m\x\
J'ai dit que ce second changement de variables ne difFere pas essentiellement
du premier, voici pourquoi :
On ne restreint pas la g£n^ralit£ en supposant que le centre de gravity du
systeme est fixe, c'est-a-dire que
Si Pon fait cette hypothese, les valeurs de x\, x\, y'^ y'^, jr'7 sont les
memes dans les deux systemes; les valeurs de #'7 seules different; mais cette
difference n'a rien d'essentiel. La fonction F depend en efFet des differences
des coordonnSes des trois points A, B, C. Elle depend done de x\ = x\ — #7 et
de x\ = x-t — #7 ; mais elle ne depend pas de xls
Troisi&me exemple. — Avec le troisieme exemple je retombe sur un chan-
gement de variables connu et que j'appellerai le changement($).
Soient
m\ = m'% = 77i 3 ? m!k = m 's = m'& , 7717 = mr$ = m'9 ,
trois coefficients constants analogues aux masses. On voit que, pour conserver
la sym^trie des notations, je represents indifFereniment le premier de ces coef-
ficients par m'1} m'^ ou m'3 de meme que j'avais represente indifferemment la
masse du corps A par m\j m% ou m3.
Soit
_ *dx'i
Dans ces conditions; les yt sont lies aux yt par les monies relations que les
504 SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS.
mt x\ aux miXi et les identites (2) et (2 bis) peuvent £tre remplac^es par les
suivantes :
(3) 5X<2= S/n/a??,
(3 bis) m\ x'f -h m\x'? -h flittf,2 = mi#? ~h »?<„#,? -4- w7#7«
L'identit^ (3) nous montre en outre que la force viveT, exprim^e enfonction
des nouvelles variables, s'^crira
rp
1 - x ~~l ~3*~
Ainsi, non seulement avec le changement de variables ((3) la forme canonique
des equations n'est pas ake^e de meme que la forme des integrates des aires,
mais il en est de meme de la forme de Fequation des forces vives.
II reste a voir comment on pourra satisfaire a Fidentite (3 bis), Gela peut se
faire d'une infinite de manieres. Voici celle qui est ordinairement usitee et que
nous adopterons.
Soit G le centre de gravite des trois corps; D celui des deux corps A et C.
Nous appellerons #7, #'8, #'0 les coordonnees du point G; £, YJ, ? celles du
point D et nous poserons
de telle sorte que x\, x\, x'.. soient les coordonnees du point A par rapport^,
des axes mobiles passant par le point G; et x\, x'., x'f> celles du point B par
rapport a des axes mobiles passant par le point D.
Nous poserons d'ailleurs
.
m-, = m i •+- m ., -h m7 .
Les propri^t^s du changement de variables ({3) ainsi d^fini ont ^t6 etudi^es par
M. Radau (Annales de VEcole Normale, irc s6rie, t. V).
Les deux changements de variables (a) et ((3) ont d'ailleurs en commun la
propri^t^ de ne pas alterer la forme canonique des Equations, ni la forme des
integrates des aires; de plus, ils permettent d'abaisser de 9 a 6 le nombre des
degr^s de liberty.
En effet, dans Fun et Fautre cas, la fonction F ne depend que des yr et des
six premieres variables x\ ; mais elle est ind^pendante de ^'7, a?'8, et x'^. D'autre
part, on ne restreint pas la g^n^ralit^ en supposant le centre de gravit^ fixe, ce
qui entraine les
SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS. 5o5
Si Ton annule doncy?, ys, y\^ F ne depend plus que des douze variables x\
(i = i, 2, . . . , 6) et les equations (i bis) peuvent s'ecrire
avec six degr^s de liberte seulement.
Methode usuelle.
Malgr^ les avantages que presente le changement ((3) et bien qu'il soit connu
depuis longtemps, on sail qu'il n*est pas le plus usil6 dans la pratique. On iui
prefere d'ordinaire un changement de variables que j'appellerai le change-
merit (y) et dont les propri^t^s sont loin d'etre aussi elegantes. On pose
—jr~
m( = ntf (i = i, 2, . . . , 6), y'. = m't — ; — (i = i, 2, .... q).
i *• \ J ' * 3 /3 «. ' i i- .J M. \ 5 3 > %J /
Oa voit que xl: x'&, oc\ sont les coordonn^es du centre de gravit^ G; que x\,
x'.y , x'z, x\i ^'n x't sont7 comme dans le changement (a), les coordonn&es
relatives des points A- et B par rapport a des axes mobiles passant par le
point C. Mais les variables ~ (1=1,2, . . ., 6), an lieu de repr6senter, comme
dans le changement (a), les composantes des vitesses absolues des points A
et B, repr^sentent les composantes des vitesses relatives de ces deux points par
rapport aux axes mobiles.
II est ais6 de voir que le changement (y) ne satisfait pas aux identit6s (2),
(2 bis}, (3) et (3 bis}] il ne conservera done ni la forme canonique des 6qua-
tions3 ni la forme des in l6g rales des aires.
Supposons cependant que le centre de gravit^ soit fixe; de telle sorte que
y'r]=y'&=yf^ = oi on sail que les Aquations pourront se mettre sous la forme
suivante. que Ton pourrait appeler semi-canonique :
7'3c'i dFi dy' dFt
(4)
_. 7 (i = i. 2, 3),
dt dvf, dt dx't
«- *,, (-^5'6>'
ii. P. — vn.
5o6 SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS.
OU
On voit en quoi les douze Equations (4) different des dquations canoniques.
La fonction qai joue le role de la fonction F n'est pas la m£me dans ces
douze Equations; elle est £gale a F4 dans six d'entre elles el a F2 dans les six
autres. G'est ce que Ton exprime quelquefois en disant que la fonction pertur-
batrice n'est pas la mesme pour les deux planetes.
Elimination des noeuds.
Ce qu'on doil appeler Vorbite osculatrice du point A ou du point B n'est pas
la mSme chose suivant que Ton adopte le changement (a) ou Tun des change-
ments ((3) ou (y).
Dans Phypothese (a), le plan de Porbite A passe par la droitc AC el par ]a
vitesse absolue du point A et le plan de Porbite de B passe par la droile BC et
par la vitesse absolue du point B (je suppose to uj ours le centre de gravite
fixe).
Dans Phypothese ((3), le plan de Porbite de A passe par la droite AC et par la
vitesse relative du point A par rapport a C; le plan de Porbite de B passe par
la droite BD et par la vitesse relative du point B par rapport a D.
Dans Phypothese (y), le plan de Porbite de A passe par la droite AC et par la
vitesse relative du point A par rapport a G; le plan de Porbite de B passe par
la droite BC et par la vitesse relative du point B par rapport a C.
Nous avons vu que les changements (a) et ((3) conservent la forme des inte-
grales des aires; mais il n'en est pas de meme du changement (y). II en r6sulte
une importante propri^t^ des orbites.
Dans Phypothese (a) comme dans Phypothese ((3), Pintersection des plans
des deux orbites est dans le plan invariable, mais il n'en est plus de m£me
dans Phypothese (y).
II semble que tous ces avantages auraient du faire substituer le changement
((3) au changemenl (y). Si Pon ne Pa pas fait, c'estsans douteparce quele d6ve-
loppement de la fonction perturbatrice est un peu plus compliqu^ dans Phypo-
these ((3). C'est pour cette raison que je crois devoir attirer Pattention sur le
SUK UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEME DES TROIS CORPS. 607
changement (a) qui n'a pas encore 616 propos£, qui rtaltere ni la forme
canonique des equations, ni la forme des integrates des aires etquiconduit
a un developpement de la fonction perturbatrice tout aussi simple que le
changement ((3). G'esl ce dont nous nous rendrons inieux comple en com-
parant dans les trois cas la forme du developpement.
Mouvement elliptique.
Soil une masse mobile m altiree par une masse fixe M situ^e a Forigine, son
mouvement sera k^plerien.
Solent a, e, i, /, g* + 9, etQ le demi-grand axe, Fexcenlricit^j Finclinaison,
Fanomalie moyeniie, la longitude du p6rih£lie et celle du nceud. Soit
L = \/a, G == \Ja(\ — e»), 0 = G cos i.
Nous pouvons exprimer les trois coordonn^es o?i, x^ XA de la masse mobile
m en fonclion des six variables, L, G, ®7 /, g, 0; ecrivons done
^ = cp,(G7 0,0, I, ff, 8) (1=1, 2,3).
Posons d'aulre part, en appelant n le moyen mouvement ,
d&i m V/M dot
Les fonctions 9^ jouissent de deux propri^t^s qui nous seront utiles dans la
suite; elles satisfont d'abord a Pinl^grale des forces vives
__ _ __
~^™> v'S^ ~" 2 L2
D'autre part, Texpression
Sj dx — m v/M ( L dl+ Gftg
est une difF6rentie!le exacte.
Emploi des variables k^pleriennes.
Gonsid^rons les variables x\ el y\ (i=i9 2. . . ., 6) d^finies par Fun des
trois changements (a), ((3) on (y); nous aliens faire unnouveau changement de
variables en remplagant ces douze variables par douze variables nouvelles
L, G3 8, /, g, 8,
L', G', 6', V, #', 0'.
5o8 SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS.
Ces douze variables nouvelles seront definies de la maniere suivonte; nous
poserons
X'L = S£(L, G, 0, /, £, 0),
A =4, 5, (5).
Les douze variables difmies par ces Equations (5) pourront s'appeler
variables kepleriennes, ou bien elements osculateurs des deux corps A et B.
II importe de remarquer que ces elements osculateurs ne sont pas les m£mes
selon qu'on adopte le changement (a) ou Fun des changements ((3) ou (y).
J'ajouterai meme que, si Ton adopte Fun de ces changements, le changement
(a) par exemple, la definition des 6l6ments osculateurs depend encore du
choix des deux constantes (3 et (3'; choix que nous ferons dans la suite de facon
a simplifier les Equations aulant que possible.
Dans tous les cas? les expressions
\ dx\ -
+ — ^-(L dl •+- G dg
- 6
8'
sont des differentielles exactes, de sorte qu'apres ce nouveau changement de
variables, les Equations du mouvernent conserveront la forme canonique dans
les hypotheses (a) et ((3) et la forme semi-canonique dans Fhypothese (y).
Dans les hypotheses (a) et ((3) les Equations s'^criront
dF dL dF dl' dF dL' dF
dt y dL' '
dl
dt
Dans Thypothese (y) elles s?6criroat
dl
dL
dt
dF*
dt
dt
dt
Aux quatre Equations (6), comme aux quatre Equations (6 bt$)9 il faut
adjoindre celles qu'on en d^duirait en changeant L, /, L', I1 en G, g, G', g* et
celles qu'on en deduirait en changeant L, I, L/? t en 0; 9, ®, O7.
DJautre part, on aura
(7)
SUR UNE FORME NOUVELLE DES EQUATIONS DU PROBLEMS DES TROIS CORPS. 609
Forme de la fonction perturbatrice.
Nous distinguerons dans la fonction F cjuatre parties et nous poserons
F =/,+/, + /,-!-/,.
Dans le cas (y), ou au lieu d'une seulc fonclion F on a a considerer les deux
fonctions F^ cl F2, nous poserons
*, F2 =/l H-/2 4- A •+-./ 1 -
Le premier terme f\ (ou/j) sera le premier terme kepl^rien; /2 sera le
second terme k^pl^rien, /3 sera la partie principale de la fonction perturbatrice,
f>, sera la parlie complementaire de la fonction perturbatrice.
i° Dans 1'hypotKese (a), nous aurons
F = T-U, T = s
'
Le signe S represente une somiuatioii s'dtendant aux trois axes de coordon-
n^es, et je puts ^crire egalement
en posant, pour abreger,
.
m' =
1
Je poserai
Si nous prenons
Hii/Hi rjr __ m^m7
p = , . ••: > !-» = '." »
les Equations (7) donneront
2° Dans Thypothese ((3), nous avqns
et nous poserons
T'? /ninii /" — S y'* m\m^
/1 = S^~~AC~^ ^ 27% ~~~BD~:
___ mi /nt , _ 7?i^ m1 __ m/. /n7
^3- AB~5 /4~" BD BG
En prenant
p == — __1 7 ,, p' = y/7?^'4. Wl4 77Z7 = 7?li i / •
il viendra
3° Dans 1'hjpothese (y), nous poserons
AC
BG
En prenant
^
il viendra
mi ( jni -4- m-, ) 771* ( /?u H-
— ' *== --
Premiere approximation. — Nous regarderons la masse m7 comme finie et
les masses m^ el mA comme Ires petiles du premier ordre. Dans ces conditions
(3 et (3r sont du premier ordre, /< et /a sont du premier ordre; /3 et //,
( comme /'4) sont du second ordre. On remarquera d'abord qu'aux quantil^s
pres du second ordre, les valeurs de ^3 §7' y» 3^' sont ^es ^e^nes dans los trois
hypotheses (a), ((3) et (y); a ce degr£ d'approximation, les Equations diff^Sren-
tielles auxquelles conduisent les trots hypotheses ne different que par les
termes qui dependent des d<§riv£es de/4,
Soit
fy = S ^3?;= X\
La fonction d» sera une foaction des douze variables kep!6riennes dont le d^ve-
loppement est connu et d'ailleurs relativement ais6 a obtenir.
Si Ton observe d'autre part que
dl
dans Phypothese (a),/, = $F ^j^ esa clement;
7?2-7 JU<} JL3 «t at
dans L'hjpothese (f3),/4 = _ £^L* ^l| auxquanlitespres du troisieme ordre;
dans 1'hypolhese (T), /, = - M *J ei /< =- ^ g , exaclement.
Tous ces doveloppemenls de/4 et de/i se deduisent immediatement les uns
des autres. A ce degre d'approximalion, les trois m^thodes sont ^quivalentes
au point de vue de la facility du developpement de la fonction perturbatrice.
D'autre part, si Ton ne tient compte que des perturbations du premier ordre,
on n'est pas gen6 par le fait que les Equations (4) ne sont pas canoniques.
Done, a ce premier degre cK approximation, les trois methodes se vale?it.
Deuxieme approximation. — Mais il n'en est plus de m£me si Ton veut
lenir compte des perturbations du second ordre; la forme non canonique des
Equations (4) devient alors un grave inconvenient; d'un aulre coU, le d^velop-
pement de la fonction perturbatrice auquel il n'y a rien a changer dans les
hypotheses (a) et (y) devient tres compliqu^ dans 1'hypothese ((3). Le change-
ment de variables (a) que jo propose prend alors un avantage marqu6.
II a toulefois son inconvenient propre, plus apparent que r^el, au point de
vue de Fosculation, Supposons que 1'on veuille calculer la position de la
planete A., par exemple, a 1'aide des (il^ments osculateurs, a l^poque t. Si Ton
d^finit ces £l6ments osculaleurs comme on le fait dans les hypotheses (S)
et (y), les coordonnees ainsi calcul<5es sont exactes a T^poque £, et pour
F^poque ^ + 6, Perreur est de 1'ordre de e2. Si on les d^finit comme dans
Fhypoth£se (a), les coordonnees sont encore exactes pour I'^poque t\ mais
pour r^poque i + e, Perreur est de Pordre de e. II ne faut pas s'exag^rer
cependanl Pimportance de cet inconvenient. Si e est comparable a la duree de
revolution, Perreur est du m&ne ordre de grandeur que celle qui est due aux
perturbations; elle est du meme ordre dans tous les cas. Si £ est tres petit par
rapport a la dur^e de revolution, la correction est extr£mementfaibleet deplus
tres facile.
SUR LA METHODE DE BRUNS
Comptes rendus de V Academic, des Sciences, t. 123, p. 1224-1228 (aS decembre 1896).
On sail que Bruns a dchnonlre que le probleme des trois corps n'admet pas
d'autre integrate alg^brique que les integrates connues (Acta Mathe-
matica, t. 11). L'importance de cette m^thode, qui est certainement applicable
a d'autres Equations analogues, m'engage a signaler certains cas d'exception
au th^orenae de Bruns et a rectifier certaines d^fectuosit^s de sa demonstration
quij heureusemenl, ne lui enlevent pas sa valeur.
Bruns considere des Equations de la forme suivante :
(0 fr=-n' f$r = Ai ^ = I'2' •••'»)•
Les A/ sont des fonctions rationnelles des XL et de ,y, et s est li^e aux xi
par une Equation algdbrique
(2) F(.9,^) = 0.
Bruns montre d'abord que la recherche des intcgrales algebriques du
systeme (i) se ramene a celle des intcgrales de la forme ^ ou ty et ^ sont
deux poljnomes entiers par rapport aux y dont les coefficients sont rationnels
par rapport aux x et a s. On peut toujours supposer (et cela bien que nous ne
supposions pas les fonctions At homogenes) que ^ ne contient que des termes
d'ordre pair par rapport auxy, ou seulement des termes d'ordre impair.
Cela pos^, Bruns montre que, si ^0 est Pensemble des termes de ^ dont
le degr6 est le plus 61ev6 par rapport aux y> on a identiquement
ou co = 2o>/j'j est un polynome homogene du premier degre par rapport aux y
dont les coefficients sont rationnels en x et s.
M. Brims cherche a d^monlrer que
(4)
est une difKrentielle exacte.
Dans le cas ou les coefficients de ^0 sont rationnels en x el independanls
de s, la demonstration lie laisse rien a d^sirer,
Mais il n'en est pas de m£me s'ils dependent de s. Le raisonnement
de Brans (loc. cit., p. 87 et suiv.) souleve des objections. II fait d'abord
Jr,^jK4==... = 7,i=0;
le polynome ^o se reduit a un polynome ^02? &e dependant que de y^ ety2;
<§cartant par un artifice parfaitement legitime le cas ou d>02 serait identi-
quement mil, il 6crit
fa = 6'o /[ 4- CL^r^aH- • • -H- Cq?l -
II pose
^02==C0^,
d6signe par W le produit des diverses valeurs de <\>! correspondant aux diverses
racines de liquation (2) en s. par H le d^nominateur commun des coefficients
de W, de telle fagon que HW soil un polynome entier en x et enj'. II montre
que
De cette equation il veut conclure (p. 38) que
H ¥ = ( JKI a?2
C'est la que la demonstration est en defaut. Cela serait vrai si ^02? el par
consequent HW, 6tait homogene en x{ et en #2; mais il n'en est pas ainsi.
Bruns suppose, il est vrai, que les A?: et F sont homogenes en x et s\ cela lui
permet de supposer que ^o est homogene en ^?i, #2, ..., xn- Mais alors,
d»02 est homogene en x^^ x^ . . . , xn et non pas en x± et x% seulement. Pour
le rendre homogene en XL el #2, il faudrait non seulement annuler y^
j/(, . . ., y/0 mais encore x<^ xin . . ., xn\ mais alors la relation d'int^gra-
= ^~ ne serait plus d6montr£e qu'en supposant ces n — 2, variables
nulles*
H. p. — VII. 65
5l4 SUR LA METHODE DE BRUNS.
Au reste, il est aise de former un exemple ou le th^oreme de Bruns esl
en d^faut. Supposons que Pequation (2) s'ecrive
A'2 = OC\ •+- X\ — X*.
Gonsid^rons le polynome
Oi y-2 — #271 )- — (as i y* — &v}'± )- — Oar.-, — #372 )2,
qui satisfait a i'identite (3) ; il se d^composera en deux facteurs,
01
it' J
Cliacun de ces factours satisfera a Fidentite (3) sans que 1'expression (4)
soil une differenlielle exacte.
II importe done de rechereher les cas d'exception. Supposons d'abord
72. = 2 et regardons x± et x^ comme les coordonn6cs d'un point mobile dans
un plan, y± el y^ comme les composanles de sa vitesse. Alors Pequation ^^=0
repr^sentera un sysieme de droites dans un plan. Ces droites auront une
enveloppe que j'appellerai E.
D'un point du plan, on pourra mener a ceUe enveloppe plusieurs tangentes
et le rapport yr=2~ repr^sentera le coefficient angulaire d'une de ces
tangentes. Consid^rons maintenant le poljnome ^0 ; s'il ne depend pas de ^,
on retombera sur le cas oii le th6oreme de Bruns s'applique; s'il depend de s?
on pourra trouver une quantit6 & telle que : i° cr est rationnel en x et s\
2° a est rationnel en. x^, ^r2 et yr, yf representant le coefficient angulaire
d'une des tangentes menees a E par le point x\, x*] 3° les coefficients de ^°
sont rationnels en x et cr; 4° aux diverses valeurs de a correspondent autant
de polynomes ^o difKrents.
Faisons ddcrire au point x^ x» un contour ferin^ imaginaire tres petit,
quelconque; il pourra arriver que deux ou plusieurs valeurs de cr, ou que
deux ou plusieurs valeurs de y* s'^changent entre elles; c'est la fagon dont
se fait cet ^change qu'il s'agit de discuter.
Pour que des valeurs de a s^changent, il faut que des valeurs de y*
s'6changent et pour que des valeurs de yf s'echangent, il faut que le point
#1; x^ tourne autour de la courbe E ou autour d'une tangente singuliere a E;
SUR LA METHODE DE BRUNS. 5l5
je veux. dire une tangente d'inflexion ou une tangente en un point singulier.
Nous restons done en presence de deux hypotheses :
i° Le lieu des points ou liquation en o- (et par consequent 1'equation en s)
a des racines £gales comprend E;
2° Le lieu ne comprend pas E, mais comprend une tangente singuliere a E.
Cette deuxieme hypothese doit etre rejetee; c'est ce que montre la
discussion de la facon dont s'£changent les diverses valeurs dey', de a et de s
quand le point x^, x% lourne, dans le voisinage du point de contact, amour
d'une tangente singuliere a E; ou d'une des branches decourbequi la touchent.
Aiiisi E devra faire partie du lieu des points ou 1'equation (2) a des racines
multiples,
Soit maintenant n = 3 et supposons que x\^ a?2, x?> soientles coordonn^es
d'un point mobile dans Fespace, y^ y$ et y% les composanles de sa vitesse.
Liquation 4*0 ~ o est alors celle d'un complexe de droites.
Si le polynome ^0 est exceptionnel, c'esl-a-dire si ses coefficients nesoatpas
rationnels en x et s'il fait exception au th£oreme de Bruns, toutes les droites
du complexe devront <Hre tangentes a la surface, lieu des points ou
liquation (2) a des racines 6gales.
Supposons enfin n quelconque. Ecrivons que liquation en s (2) a des
racines £gales; nous obtiendrons une Equation
qui pourra n'^trc pas irreductible, mais se decomposer en plusieurs autres
<T>i(a;I) = 09 $200*= °5 ---j <|>A-(^) = O-
Considt^rons 1'une de ces Equations
*A(j7i, a?a, .-., •r/1) = o,
et formons liquation en l}
Exprimons que cette Equation en t a deux racines ^gales, nous obtiendrons
une relation
®/*(^3jO = °-
II pourra se faire que 0/^ se decompose en plusieurs facteurs entiers enj>'C)
rationnels en xi et en s. S'il en est ainsi, chacim de ces facteurs sera un poly-
nome ^o exceptionnel.
5lG SUR LA METHODE DE BRUNS.
A chaque equation en s ne pourra done correspondre qu'un nombre fini
de polynomes ^o exceptionnels et irreductibles.
Ges polynomes exceptionnels n'existent pas toujours, car ®h pent ne pas etre
decomposable en facteurs.
Qu'arrire-t-il en particulier dans le cas du probleme des Lrois corps ?
On peut former trois polynomes ® ; Fun d'eux esl
[Oi — a?.0 (72 — j;>) — (a?a— a?s) (yi — JK/,)]-
4- [(a?2— a?3) (t>"a — J'fl) — (#3
Chacun d'eux se decompose en deux facteurs; il y a done des polynomes <J/0
exceptionnels, mais c^j? polynomes sont imaginaires. Or on peut toujours
supposer, sans restreindre la gen6ralit(5j que Fini^grale ~-f est r^elle.
Le r6sultat de M. Bruns se trouve done confirm^; je suis heureux d'avoir pu
computer son ^gante analyse sur un point de detail.
SUR
L'INTEGRATION DBS EQUATIONS
DO PROBLtME DES TROIS CORPS
Bulletin astronomigue, t. 14, p. 241-270 (juillet 1897).
Je desire altirer 1J attention sur quelques process d'int^gration par approxi-
mations successives applicables aux Equations du probleme des trois corps.
Le but que je me suis propos6, c'est d'exprimer les coordonn^es des astres
par des series dont chaque terme est une fonction p6riodique du temps et,
par consequent, d'6viter que le temps sorte des signes trigonom&triques.
Un mot d'abord d'une notation que j'emploierai dans la suite. Consid^rons
une fonclion 9 de plusieurs arguments w,j, ppo, . .., wq, p^riodique de
p6riode 2?r par rapport a chacun de ces arguments. Elle pourra etre developp^e
par la s<^rie de Fourier de telle facon que Ton aura
( i ) o = S A cos ( mi w± -+- m* w* -4- . . . -f- m(1 wq-+- C ).
Dans le lerme g^n^ral de la serie ( i ), A et G sont des constantes quelconques
et les m sont des coefficients entiers positifs, n6gatifs ou nuls.
Parmi les termes de la s6rie (i), je distinguerai celui ou tous les coef-
ficients m sont nuls; c'est un terme constant, c'est la valeur moyenne de la
fonction p&riodique cp; je la d^signerai par la notation [9].
Pr eliminaires .
Je vais maintenant, pour diviser la difficult^, trailer successivement
une serie de probiemes, de plus en plus compliques, de facon a m'elever
jusqu'au probleme des trois corps.
5l8 SUR L'INTEGRATION DES AQUATIONS.
PROBLEMS A. — TWsoudre IVquation
r,
<J> est une fonction coTinue p^riodique par rapport aux (v.
S est une fonction inconnue qui doil etre ptiriodique par rapport aux w.
G est une constante inconnue.
Les at sont des coefficients constants donnas.
Soit, par la s6rie de Fourier,
^ ( S =SB sin(m,cv,-4-...H-wv(Pv-hE).
Les A et les D sont donnas, et il s'agit de determiner C, les B et les E.
Pour cela, il suffira de prendre C = [*], el, pour chacun des termcs de <&
autre que [<I>]7 c'est-a-dire pour chacune des combinaisons des coefficients m,
oil tous ces coefficients ne sont pas nuls a la fois,
E-D, B=* A + m Q .
Cela est possible, pourvu qu'aucun des diviseurs w< «i H- . - . -f- mqa(] ne soit
mil, c'est~a-dire pourvu qu'il n'y ait entre les coefficients a aucune relation
lineaire a coefficients entiers.
PROBLEME B. — Soit F une fonction developpable suivant les a puissances
djun parametre tres petit p. et dependant de deux series de variables
On aura done
F0 ne depend que des x\ les autres termes p.7iF^ dependent a la fois des #
et des y, mais sont p^riodiques de p6riode 271 par rapport aux r«
II s'agit d'int^grer les Equations canoniques
L'importance de ce probleme est 6vidente; a chaque instant, en M6canique
celeste, on est amen6 a des Equations de cette forme; je n:en citerai qu'un
exemple; supposons que 1'un des trois corps ait une masse nulle et que les
deux autres d^crivent deux circonferences concentriques, supposons enfin
que les trois corps se meuvent dans un ineme plan. On arrivera pr^cis^ment a
SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS. 5lQ
des Equations de la forme (3), en prenant pour variables x± et x-± la racine
du grand axe de la planete troublee et sa constante des aires; pour variables j'i
et j-2, Panomalie moyenne de la planete trouble et la difference entre la
longitude du p6rih<$lie de la planete trouble et la longitude de la planete
troublante.
Je me propose de trouver des solutions de la forme suivante : les x-L et ]
seront d6velopp6s suivant les puissances des JJL, de sorte qu'on aura
(4)
Dans p", la lettre p represente un exposant; mais, dans #f et ypt , elle repr6-
sente un indice.
Les fonctions xpt et ypL devroiit d^pendre de q constantes d'int^-
gration £1, G3, , .., zq et de q arguments w\\} tt>2, ..., tv?, qui seront des
fonctions lin^aires du temps, de telle fagon que 1'on ait
les nk ^tant des constantes d^termin^es et les Wk de nouvelles constantes
*
d'int6gration.
Je supposerai que orz° se r^duit a la constante zi ctji'" a w/; que les autres 5?f
etyf sont des fonctions p6riodiques des q arguments w.
II s?agit djint<^grer les Equations (3) par des series de la forme (4), ou, ce
qui revient au m(hne; de determiner les series (4), de telle fa^on qu'en
supposant les variables anciennes x el y liees aux variables nouvelles z et w
par les relations (4), les equations (3) deviennent
Or, je dis que pour cela il suffil :
i° Qu'en substituant dans F, a la place des x et des JK, leurs valeurs (4)
en fonction des js et des w, cette fonction F se r6duise a une fonction 9
dependant seulement des r et ind6pendante des w; je supposerai cette
fonction 9 d6velopp6e suivant les puissances de p., de telle sorte que
cp = GO-}-
nous devrons avoir alors
(5) F
520 SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS.
2° Que F expression
dS = S(#,— ~ 5,)d^H- %(wi—yi)dsi
soit une differ en tie lie exacte.
Si en effet dS es t une diflferentielle exacte, il en sera de ineme de ^x dy —2z dw .
Done, en prenant pour variables nouvelles les cvetles a, onn'alt^rcra pas la forme
canonique des Equations (*) qui s'6criront
dt ~ dwt """ dwf ~z
dw i dP d$
dt dZi dz-i
La d6rivt5e -r^- ne depend que des z qui sont des constanles. C'cst done une
constanle. c. Q. F, n.
Gela pos6, substituons dans F, a la place des x{ et desy0 leurs valeurs (4).
Alors F se trouvera d6velopp6 suivant les puissances de p., des o?f et des yf et
les coefficients de d^veloppement seront des fonctions des x\ et des^'", c'est-
a-dire des zi et des w>,; p^riodiques par rapport aux wt.
Ordonnons les termes de ce nouveau d^veloppement de F suivant les
puissances de p., nous trouverons
F = 00 -+- JJ. 61 4- fJt2 02 -h . . . •
LMquation (5) se d6composera et nous donnera
\
®0 n'est autre chose que F0 ou les xi ont £te remplac^s par les constantes zi\
c'est done une constante, de sorte que liquation 0()=«p0, ou cp0 est une
fonction indeterminde des 5/, se trouvera satisfaile d'elle-m^rne.
Nous poserons
Les a{ £tant des fonctions des st seront des constantes.
D^veloppons S suivant les puissances de JJL :
S = SoH- fJ.Si-4- |JL^ S 2 -H , ...
L'expression de dS nous montre tout de suite que S0 est nul et que
^7Q
(!) Voir aux Notes, Principes de Mtcanique analytique.
SUR L'lNTiGRATION DES AQUATIONS. 521
D'autre part, on a
<& n'est autre chose que F4 ou 1'on a remplace xt ely, par zl et wl ; c'est done
une fonction connue periodique.
Dans ce qui va suivre, je conviendrai de representer par une meme
notation & toute fonction connue p&rodique.
Gette meme lettre <J> pourra done representer plusieurs fonctions differentes.
L'equation 61 = cp< s'^crit alors
S^ est une fonction pdriodique inconnue; ®\ est une constante inconnue
(constante puisqu'elle ne depend que des ^z).
Nous pourrons done integrer cette equation par le proc£d6 A, je veux dire
par le precede qui nous a permis de resoudre le probleme A.
ConnaissanL Si nous aurons x\ et^1 par les Equations
II vient ensuite
(6)
d'ou
D'aulre part, on aura
(8) 6a = — SazoJ?H-$,
la fonction $ ne dependant que des x\* y? , a?/, j^/ et e~tant par consequent
d6sormais connue.
La combinaison des Equations (7) et (8) nous donnerait, en tenant compte
de ©;> = 92,
d$>
(9) Sfltj -T-' = $ — ?25
vy/ ^ptJ2 7
qui s'inte'grera par le procede A.
Connaissant S2, nous aurons xf ely? par les Equations
Nous d^terminerions ensuite S», a?f et y* par des equations analogues aux
H. P. — VIE. 66
522 SUR ^INTEGRATION DES AQUATIONS,
equations (7 bis), (8) et (9) el qui n'en differeraicnl que parce que 1'indice 2
serait remplac£ par Findice 3. Les fonclions <l>, qui figureraienl dans ces
nouvelles Equations, pourraient ctre regard6es connne conuues parce qu'elles
ne d6pendraient que des a?", y* , #/, y\ ,#;, yf.
Et ainsi de suite.
Le probleme B peut done etre regard^ comme r^solu.
Le proc£d£ que je viens d'exposer n'est pas idenlique a celut que j'ai
d^velopp^ dans le Chapitre XV des Methodes nouvelles de la Mecanique
celeste- il pr^sente certains avanlages que la comparaison des deux proc^d^s
ferait mieux ressortir.
C. — F2 ^tant un polynome homogene du second degre par
rapport aux x et aux y, integrer les Equations canoniques
dXi dFo dy, d¥» f , .
Ces Equations sont lin^aires et a coefficients constants. Elles admettront
done 2 q solutions de la forrne
Xl = «/• e^i*, yt = (3^ e>^1 ;
cherchons a determiner les constantes af, |3/5 et \- de fagon a satisfaire aux
Equations; il viendra
Je suppose, bien entendu, en ^crivant ces Equations, que daris F2 les
variables xi elyt out ^t6 remplac^es par «f et |3^.
Entre ces zq Equations (qui sont lineaires et homogenes par rapport aux a
et aux (3) j'6lirnine les zg quantit6s a et (3. Pobtiendrai une Equation de
degr6 %q en X/0 dont les racines seront deux a deux ^gales et de signe contraire.
Si la forme quadra tique F2 est d^finie positive, les racines A/f sont purement
imaginaires, de sorte que A# et — ^ sont imaginaires conjugu^es.
S0it mainteaant ^ une autre racine de liquation en ^- et
la solution correspondante des Equations (10). Posons
7j{ = 8* eW.
SUR L'INTEGRATION DES EQUATIONS, 628
Comme #-, = £,, y, = 7]t d'une part; #,= £ , j', = -o, d'autre "part, sont deux
solutions des equations (10), il est ais£ de verifier qu'on aura
S(E/^ — -rit% ) = const.
Comme, d'autre part, le premier membre est divisible par g(>'*~l~W, la
constante du second membre doit gtre nulle, a moins quo IJLA = — ?^.
Si p/t — — A/0 nous ne restreindrons pas la geiieralite en supposani que celte
constante est 6gale a i.
Soient alors af, &f les valeurs deyf , of correspondanta cetteracine fjL/tm — A/,.
Si la forme F2 est ddfinie positive, nous pouvons supposer que afA et \/ — iaf^
^ et \J — i ty sont imaginaires conjugu^s,
Posons alors
il vient
Cette equation expriine que ^x dy — Sxf dyf est une difF^rentielle exacte,
et que, en passant des variables #, y ^^x variables xr yf, on n^altere pas la
forme canonique des Equations.
Les Equations (10) deviendront done
_
dt "" dy'k ' dt
et comme elles doivent avoir pour integrates
nous aurons
(12) F2
D'autre part, comme 2(xdy — #fdy!) est une diff^rentielle exacte on aura
identiquement
2/dF* dR £/R ^Fi\ —^n /dF2_ ^R JR ^Fa
V^i ^ "" dxt dyt) ~~& \d*'t drt dx't d^
Le second membre se r6duit &
524 SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS.
Si R est un polynome entier par rapport aux x et aux y, et par consequent
aussi par rapport aux xf et aux JK^ si de plus il n'y a enlre les A* aucune
relation lin^aire a coefficients entiers, la condition necessaire et suffisante
pour que ^expression (i3) s'annule est que R soit un polynome entier
par rapport aux q expressions ^&'ky'k. Remarquons que ces ^expressions dont
la somme est £gale & F2 sont q polynomes homogenes du second de gxe
par rapport aux x et aux y. Ges q polynomes sont r^els et toujours positifs,
si la forme F2 est d^finie positive.
PKOBLEME D. — R^soudre liquation
ou P est un polynome connu homogene de degr6 p par rapport aux iq
variables x et y.
S est un polynome inconnu homogene de degr6 p par rapport oux x
et aux^.
Q est un polynome inconnu homogene de degr£ - par rapport aux q
produits xy.
Soient
P =
S =
Q =
Nous rtfsoudrons liquation (i4) en prenant
B-S)A(at-^)
si 1'on n'a pas £ la fois
et C = A. si Ton a & la fois
La solution est possible pourvu que les ^* ne soient H6s par aucune relation
lin^aire a coefficients entiers.
Remarquons que Q est identiqtiement nul si p est impair,
PROBLEM.E E. — Resoudre les Equations
P2 ^O sflP, ^0\
SUR L'lNTiGRATION DES EQUATIONS. 626
ou F'2 est un polynome homogene donne du deuxieme degr£ par rapport
aux x et aux y, P un polynome homogene connu de degr<§ p} S et Q deux
polynornes homogenes inconnus de degrep.
Faisons le changernent de variables ( 1 1), les Equations (ID) deviendront
La seconde de ces equations signiflera que Q est un polynome enlier par
rapport aux produils x'ky'k. Nous sommes done ramenes au probleme
precedent.
Le probleme sera done possible pourvu qu'il n'y ait entre les i/£ aucune
relation lineaire a coefficients entiers. Q esL nul, si p est impair.
PROBLEME F. — La fonction F est une serie ordonnee suivant les puissances
croissantes des x et des y et commenQant par des termes du deuxieme degr£,
soit
F = F2+F3-hF4-h...J
F^ d^signant Tensemble des termes d'ordre p.
II s'agit d'integrer les Equations canoniques
, c. dxt _ _^F dyt _ d¥
( } . 'dt "" dyS dt "" dxt
Voici dans quelles circonstances on rencontrera ce probleme. On a cherch4
a ^tudier les variations s^cnlaires des 6l6ments des planetes de la maniere
suivante. On a 6crit les Equations des perturbations en supprimant dans
la fonclion perturbatrice tons les termes p&riodiques, et Ton s'est propos£
d'int^grer les Equations ainsi simplifi^es que j'appellerai equations aux
variations seculaires. On sait que Lagrange a effectu^ cette integration
en ne conservant dans la fonction perturbatrice que les termes du deuxieme
degr6 par rapport aux excentricit^s et aux inclinaisons. Les Equations 4taient
alors lineaires et a coefficients constants. Ce n'6tait d'aiileurs autre chose
que notre probleme C.
Plus tard, Le Verrier a tenu compte des termes du quatrieme degre^
Cell^rier de ceux du sixi£me degr^. Le proc6d6 que je vais exposer amene,
dans ces calculs, une simplification importante et permet de tenir" compte
de toutes les puissances des excentricit^s et des inclinaisons.
Et, en effet, si les variables sont convenablement choisies, les Equations
aux variations seculaires sont pr6cis&nent de la forme ( 16).
526 SUR L'INTEGRATION DES EQUATIONS.
Je me propose d'exprimer les x el les y en fonclion de q consianles p/t
el de q arguments co* qui seront des fonctions lin^aires du lemps. Je m'arran-
gerai pour que les x el les y soienl d^veloppables suivant les puissances
des quantil<5s
Soient
(17)
ces d^veloppemenls ou xl\ etj/^ repr^sentent 1'ensemble des lermes de degre/?
par rapport aux p*.
Je dis que le probleme equivaul au suivant :
Determiner les series (17) de telle fagon :
i° qu?en y substituant, a la place des x et desjj'? ces developpemenls ( 17),
F se r6duise a une fonclion 9 dopendanl seulemenl des p et ind^pendanle des w ;
2° que
rts = s(^-— ^?j ) rfj^-h (j; — j o ^J et ^T == ^x\ dy\ •
soient des diff^rendelles exacles.
S'il en esl ainsi, en effet, *ix[dyi-\-\j — i ip| rfo)/c sera une diffcrentielle
exacie. La forme canonique des Equations ne sera done pas alltfr^e quand
on passera des variables x et y aux variables p£ et — y — ico^; elles
deviendront done
= const,),
ce qui montre que les w sont des fonctions lin^aires du temps.
Substituons dans F les d^veloppenients (17) et ordonnons suivant
les puissances des p; nous aurons
F = 62 -H 63 H- . . .
pour le developpement de F et
9 = cpa-4- cp-jH-. . .
pour celui de cp et, comme on doil avoir F = <p, nous aurons
®2= 92) 6'{= 9», ....
@s n'est autre chose que F2 ou x-L et yi sont remplac^s par a?1M jj. Si done,
SUR L'INT£GRATION DES EQUATIONS. 527
employant le proc6d<§ C, nous faisons le changement de variables (11)
en posant
x =
^expression
%x
sera une diflferentielle exacte et
se r^duira, en vertu de liquation (12), a — y/ — i^X^pl, de sorte que
liquation @2 — cpa se trouvera satisfaile. Soit
S = SQ H- Si -t~ 82 H- Ss -f- S^ -f- . . .
le d^veloppement de S suivant les puissances des p. Pobserve d'abord que les
premiers termes S0, St et S2 sont nuls et que Ton a
^S3 = Sa?| dy\ — %yl dx\.
D'autre part,
<& 6tant une fonction connue puisque x\ ^y\ sont desormais connus. Comme
Ton a
liquation ©3 = cp3 devient
D'autre part, cp3 ne dependant que des p, on aura
ces equations, analogues aux equations (i5), s'inl^greront par le proc^d6 E,
ce qui donne S3; les Equations (18) donneront ensuite x\
On trouve ensuite
d'ou, puisque x\ etyf sont desormais connus,
On obtient ainsi deux 6quations analogues aux equations (19) et (20)
et qui n'en different que parce que 1'indice 3 y est remplac6 par Findice 4-
528 SUR L'lNT^GRATION DES EQUATIONS.
Ces Equations s'int^greront par le precede E, ce qui donnera S/(, et ensuite,
par (18 bis], x\ el y* et ainsi de suite.
PROBLEMS G. — La fonction F a la meme signification que dans le probleme
prudent.
Trouver 23 fonctions ^ et rn des oci el des y^ lelles que Ton ait
et que
rfS = 2(5^^-^^)
soil une differentielle exacte.
P repr^sente une fonction connue, Q une fonction inconnue; Louies deux
doivent etre d^veloppables suivant les puissances des x et des r.
Je veux (^galement que J, r\ et S soient ddveloppables de la meme maniere;
et j'ecris les d^veloppements de ces cinq fonctions sous la forme
(22) ?i=S5£, ^.= 2^, P = 2P/>3 Q = SQ^ S = SSX,.
Je substitue dans les Equations (21) les d^veloppements (22); j'igale
les termes du premier degr^, el j?ai les Equations
(23)
2/2f, ^FS ^QA _
\ r/af, fl^, rfj,-, <^, ) ~
o _
'-~
Equations qui. par le proc6d6 E, donnent S< , £° et v}°.
En £galant de inline les termes du deuxieine degr^, j'obtiens
^F2M JV*
(24)
1^1
/rfF2 rfSa ^Fo ^S»\ _
V dan dyi ~ cly, TteJ ~
qui; par le proc^d^ E, donnent S2, ^J et YJ j ; et ainsi de suite.
SUR I/INTEGRATION DES EQUATIONS. £29
Remarquons que, d'apres ce que nous avons dit a propos du probleme E5 la
fonction Q^ est nulle si Findice p est impair, de meme que la fonction 9^ du
probleme precedent.
H. — II n'j aurait rien a changer a Fanalyse qui precede si les
equations (21 ) ^taient remplac^es par les suivantes :
(21 bis]
^ / dF2 ^Q <^F2 <r/Q \
2* \~d^ dyi~~ 7ty~t dxt) = °:
ct si 1'expression a?S, qui doit ^tre diff^rentielle exacte, s'ecrivait
oii At, Bt? C0 D/ sont des fonctions connues des x et des j/, d^veloppables
suivanl les puissances de ces variables, le developpement commenpant par
des termes du deuxieme degr&.
En y substituant les doveloppernenls (22) et 6galant les termes du premier
degr<5, on rutrouverait les Equations (26).
En dgalant ensuite les termes du deuxieme degr<5, on retrouverait les deux
premieres 6quations (^4), car le terme 2(Ai^° + Bivjj1), quyil faudrait aj outer
dans la premiere d'entre elles, est maintenant connu, puisque £? et 73° ont 6t^
prealablement determines par les equations (28). 11 peut done rentrer dans $.
La troisieme Equation (24) deviendrait
i- 7,,° <
d'ou
On retrouverait done la quatrieme equation (24) et le calcul continuerait
comme dans le probleme G.
Signification du probleme H.
Voici comment on peut etre conduit a se poser les problemes G et H.
Reprenons les Equations (16) et remplagons-y F par F — sP4, oii e est une
quantity tres petite, dont on peut ndgliger le carr6, et P4 une sorte de fonction
perturbatrice.
Remplagons de mdme dans ces Equations ca
H. P. — VII.
53o SUR I/INTEGRATION DES AQUATIONS.
Les Equations s'^crironl alors
nfi&E^ <*(*,+ «£*) _<*(F-eP) rf(rt^-»ii) =
u ; dt d(yi+tt\tf dt
Nous avions remplactj les Equations (16) par les suivantes :
F = cp, ^S = *[(**-. xl)dyi + (yl-yi) dxl}*
La premiere de ces Equations va devenir
Q etant une fonction qui comme 9 ne doit d^pendre que des p; de sorle que la
fonction cp — eQ pourra jouer le meme role que <p.
Le premier membre de cette Equation pourra, en n^gligeant les quantil^s de
1'ordre de e2, sJ6crire
en supposant que dans P, F et ses d^riv^es, #i-f-e£, elj't+ era sont remplac^s
par xi etjKt*
Nous aurons done, en ^galant les coefficients de s,
ou Ton reconnait la premiere Equation (21).
En changeant maintenant a?/3 yn S en ^H-s^, yt+e^l9 S -f- el), nous
trouvons
d(S -4- sU) = S [(#,+- eE, — j?,1 ) flf (/!•+• e-nO -4- (yi—yi
En n^gligeant e2 et en posant
U = S'-S^(tf/-^);
il viendra
Maintenant nous savons que xi et y-L sont d^veloppables suivant les puissances
des x\ et des y\*
Prenons les x] et les y]t comme variables independantes, il viendra
77TT" j ' ~ i "^ -^-zi "/ " :— - "-"'-'""' ''r "4" -t*fi
SUR I/INTEGRATION DES AQUATIONS. 53 x
ou les cteveloppements des A£-> B;, Q, D, suivant les puissances des x\ et
yl commenceiit par des termes du second degr£.
Nous aurons done
et comme Q nc doit dependre que des p :
Nous reconnaissons les Equations (21 few). Ainsi le probleme H revient a
Tint^gration des Equations (16 bis) en supposant £ ires petit.
Les Equations (16 bis) 6tant de meme forme que les Equations (16) (sauf la
presence possible de lermes du premier degr^ dans P), iln'estpas 6lonnantque
Ton puisse r^soudre le probleme H el trou\er pour les inconnues £, et m des
d^veloppements proc6dant suivant les puissances des x\ et des y\ et pnr cons^-
quent? des pxe^'0*^.
Je suis maintenant en mesure d'aborder le probleme des trois corps dans
toute sa g<$neralit£, et c'est ce que je vais faire en combinant les divers precedes
que je viens d'exposer.
Ghoix des variables.
Soient a, e, i, z^5 & et I le grand axe, Fcxcentricile, Tinclinaison, la longi-
tude du p6rih6lie, celle du nceud et la longitude moyenne pour la premiere
pianete; designons les monies (5l^menls pour la seconde plane te par les memes
lettres accentu^es. Soient (3 et (3' deux coefficients num^riques convenablement
choisis (ces coefficients ont 6t6 d6fints dans le Bulletin astronomique,
fdvrier 1897) (1) et choisissons pour variables
a (i — e2) (i— cos?) cosQ =^ j?3, —
/« (i — e2) (i — nW) sinQ =
y 2(3'
OEuvres de ff. Poincar&, ce Tome, p. 5oo.
532 SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS.
Les equations du mouvement prenneiit alors la forme canonique et s^crivent
(2D) dt ~ d\i ~dt ~~ ~~ d^i ' dt ~ dyS dt ~~ dxL
La fonction F est diveloppable suivant les puissances des masses; pour
rnettre ce fail en Evidence, nous introduirons un coefficient [j. de Pordre des
masses; chaque masse sera 6gale a p. multiple par une quantity finie et F sera
d^veloppable suivant les puissnnces de p. sous la forme
F = Fo -h H F i H- fj.2 Fo H- . ...
F0 dependra des X et seru inddpendante des Y, des x el des y.
Les autres fonctions FH, F2 d^pendront de toutes les variables. Par rapport
aux Y, ce seront des fonctions p^riodiques; de plus, elles seront d^veloppables
suivant les puissances des x et des y .
FI etant une fonction p6riodique des Y. je puis consid^rer sa valeur moyenne
[Ft] d<5finie comme au d^but de ce travail. Je poserai
R sera d^veloppable suivant les puissances des x et des y et j'aurai
Rp £tant Fensemble des termes d'ordre p. II n'y a d'ailleurs que des termes
d7ordre pair.
C'est R2 qui jouera le rdle que jouait F2 dans les problemes E; F, G, etc.,
Forme de la solution.
JNous allons chercher a exprimer nos variables en fonction de six conslantes
£\, -^2^ pi, PSI p.?? PA et de six arguments fonctions lin^aires du temps wl3 «'o,
Wi7 W2J ^3? W^.
Nous verrons que les w varient tres rapidement et les to tres lentement, et
meme que w.^ se r6duit a une constante.
Nos variables devront se d^velopper suivant les puissances de p. :
(26) X; = Xf -h JJ.X/ -H . . - = ^P Xf , \L = Spjo Yf , X, = S^ x£, yt == Z^ yP .
Voici quelle sera la forme de ces ddveloppements : toutes les fonctions Xf ,
Y?> #?) y? (/t>°) seront des fonctions des <^, d^veloppables d'autre part
suivant les puissances des p^e^17"1, p;le~coa/:ri.
SUR L'INTEGRATION DES AQUATIONS. 533
Elles d^pendront en outre des z d'une maniere quelconque.
On aura
Enfm les Y,° — wt, les #z°, les yf seront ind^pendants des w et d^veloppables
suivant les puissances des p/^^"1, p/,e"^^~'1 .
Quand on annulera les p, Y? se r^duira a w^ x°L ely* a z&ro.
Les quantit6s Xf, etc. £tant des fonctions p^riodiques des HP, je pourrai
envisager leur valeur mojenne, d^finie au d£but de ce travail, et la designer
par[Xf].
Voici quelle est la signification de ces diverses quantit^s.
Les differences Xf — [Xf], . . . reprdsentent les perturbations a courte
p^riode d'ordre p par rapport aux masses.
La valeur moyenne [Xf] repr^sente les perturbations s^culaires d^ordre
p -+- 1. En effet elle ne depend pas des w, mais seulement des co : elle variera
done tres lentement; la quantity elle-m£me est d'ordrejo; mais ses variations
dans un temps fini seront de Pordre p + i .
J'observe enfin que les quantit^s p par rapport auxquelles nous d^velopperons
sont de 1'ordre des excentricites et des inclinaisons.
Je d^signerai par w/f et c^les termes du premier degr^ par rapport aux p dans
le d^veloppement de x\ et yl*
Transformation du probleme.
Je dis que le probleme peut etre remplac^ par le suivant : determiner les
series (26) de telle fagon que :
i° La fonction F, quand on y a substitue les series (26), se reduise a une
fonction 9 ne dependant plus que des constantes z el p.
2° Les expressions
soient des diflferentielles exactes,
Si, en effet, ces trois differentielles sont exactes, il en sera de meme de
534 SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS.
Si done on prend comme variables les z, les tv, les pi et les — y/ — i co/0 la
forme canonique des Equations (a5) no sera pas allercc et elles deviendront
flOJ — -_1 — -_?_ = o (c,= const.), -777- = y -? 7 — = () (p= const.),
dws
\ v &k y
- i — -- ^_ = const.; -—7^ = • 'r__L_- - = const.,
dt dZl ' dt
ce qui montre que les s et les p sont des constantes, les w et les co desfonctions
lin^aires du Leraps. c. Q. F, D.
Substituons dans F les d^veloppements (26), et ordonnons suivanl les
puissances de /Jt; nous aurons
F =
Si nous dSveloppons de meme 9 suivant les puissances de /JL de telle sorte
que 9 = SfjL^^yj, liquation F = o nous donnera
Bo = 9oj €>i = ?ij 02==92> •• •
Com me 00 n'est autre chose que F0, ou X/estremplac^par^/, liquation ®0= 9o
est remplie d'elle-meme.
Je d^velopperai de meme S suivant les puissances de ^ en £crivant
S = JJLSl4~(JL2S2H-. , .
Theoreme de Poisson.
II vient d'abord, en ^galant les termes du premier degr6,
rfSi = S (X; rfY? _ Yi dz^xi *1 - Ylk ^X)«
Dyapres nos hypotheseSj Yf — (vt; ^, JK^, x\ sontind^pendants des tv; on a done
d'ou
»o
Mais la valeur moyenne de -3—^5 qui est la d<§riv£e d'une fonction p^riodique, est
6videmmenl nulle; on a done
[X/J = o.
Mais [X/ ] repr^sente, d'apres ce que nous avons vu plus ham, les perturbations
SUR LIINT£GRATION DES EQUATIONS. 535
s^culaires de Xf, c'est-a-dire du grand axe, quisont du second ordre par rapport
aux masses.
C'est done le tJieor&me de Poisson sar V invariability des grands axes.
Perturbations seculaires du premier ordre.
Posons
Les Si etant regard^es comme des constantes, il en sera de meme des at et Ton
aura
(28) e1== — s^x/s-Ft.
11 demeure bien enlendu que, dans Fi7 les variables Xz, Y,? #/, y-t doivent
etre remplac^es par X°, Y]*, x* et yl* En prenant les valeurs moyennes, on
trouve *
[ei]=-S«l[X/]^[Fi] = R.
Reprenons liquation QI—VI et prenons les valeurs moyennes des deux
membres, il vient
(29) R = 9i.
Regardons un instant les zi comme des constantes, il viendra
(30) ^T = 2[(^-^)^l+(^-r2)^]
et il faudra determiner les xQk et yl de fagon a satisfaire a Tequation (29) et a
rendre Texpression (3o) ainsi que dU diff^rentielles exactes.
C'est le probleme F, on R, T, U, x\, yl uk, vk jouent le role de F, S, T,
&h y^ xi t yi *
Nous obtiendrons donc#£ &y\ d^velopp^s suivantles puissances des p<2±a>v™1.
La fonction T 6tant ainsi determin^e par le precede F, on aura
ce qui donne la perturbation s^culaire de F^poque.
Perturbations periodiques du premier ordre.
Reprenons Tequation ©1=91, qui peut s'<krire, en tenant compte de (27)
536 SUR L'INTEGRATION DES AQUATIONS.
Le second membre est une fonction pdriodique des w dont la valeur moyenne
est nulle en vertu de (29).
Liquation pourra done s'int^grer par le proc£d6 A, ce qui donnera S( — [Si].
On aura ensuite
X* =Xi1—[X/] =
Gomme les d^riv^es sont prises ici par rapport aux variables ^/, Y", ^/% yl,
c'estenfonctioa de ces variables qu'il conviendra d'exprimer Si eL F,, et non en
fonction des ^, des p, des w et des w; remarquons :
i° Que, Yz° etanl £gal a WL plas une quantity ind^pendanle des w:
de sorte que noire Equation peut dtre remplac^e par la suivante :
2° Que toute fonction p^riodique des pp, est aussi une fonction p^riodique
des Y^° et que sa valeur moyenne par rapport aux Yz° est la m^me que par
rapport aux «v
Le calcul qui precede ne differe pas d'ailleurs du calcul habituel; le mode
d^xposition seul dijGTere.
Perturbations seculaires du second ordre.
Determinons maintenant [Xf], [Y/], [&[], [yl]-
Nous avons
d$z = s (x* dv* -f- x/ orsf * —
d'ou
La valeur mojenne du premier niembre est nulle, celle du second terme du
second membre est connue; car on a, par exernple,
SUR L'INT^GRATION DES EQUATIONS. 537
equation dans le second membre de laquelle le premier terme est connu et le
second nul.
Done [X;] esl connu.
Nous avons ensuite liquation 02:=:®2- Si nous prenons la valeur moyenne
des deux membres, elle deviendra
2 — u-1 1-
d(%^ ^
D'un autre cole, on trouve
ou, en regardant pour un instanl les s commc des constantes,
Pour pouvoir appliquer le proc^d^ H a ces Equations, il convient de prendre
pour variables nouvelles, au lieu des x{ eijr°> IGS ^ et les ^/t. Toute fonction
d6veioppable suivant les puissances des x{ etyl le sera ^galementsuivantcelles
des Uk et des ^> et inversement.
On aura alors
X{ = MjtH- D/;, yj = P^-h C/,
^R _ ^R ^A, ^K - ^R
-dx{ - 351 ^ AA?
A^7 BA, CA-? D/t- £lanl des fonctions connues d^veloppables suivant les puissances
des u et des 9 et commengant par des termes du second degre. D'ou
D'autre part, 93 devant etre fonction seulement des p satisfera a liquation
dv-2
_
dvk duk dvk
Nous reconnaissons les Equations (21 bis] du probleme H ou [d?J], [yj], ^,
vk} R, R2; ^, cp2 jouent respectivement le rdle de £/, YJ/, ^*, y/, F, F3, P, Q.
Nous pourrons done integrer ces Equations par le proc6d£ H et nous aurons
[Si], [^1J3 [yi] sous la forme de series ordonn6es suivant les puissances
H. P. — VIT. 68
538 SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS.
des WA et des PA, ou, ce qui revient au m£me, suivant celles des pA-e-a)a/crT.
Liquation
nous donnora ensuile les [ Y/].
Nous connaissons done toutcs les perturbations s^culaires du second ordre.
Perturbations periodiques du second ordre.
Reprenons liquation S.2= cpa? qui, les #£, . . . elant d£sormais connus, pent
s'^crire
Srt,\* = a> — o2.
D'autre part, liquation (3i) peut d^sormais s'^crire
II vient done
- ^S2
Le second membre est une fonction p(§riodique connue des w; eL la valeur
moyenne en est nulle puisque nous venons precis^ment de determiner les
perturbations s^culaires du second ordre de fagon a annuler cette valeur
moyenne.
Liquation s'int^grera done par le proc^d6 A et nous donnera
s,-[S,], x,«, Y*-[Y«], *l-[*\], yl-[yl}.
Et ainsi de suite.
Examen d'une difficult^.
Mais une grave difficulte, que j'ai, jusqu'ici, pass^e sous silence, se prdsente.
Pour que les proc^d^s F, G, H soient applicables, il faut qu'il n'y ait, entre les
quantit^s que nous avons appel^es ^., aucune relation Iin6aire a coefficients
entiers. Or il n'en est pas ainsi dans le Probl&me des trots corps : 1'un des \^
est nul.
II est facile de s'en rendre compLe.
En effet, les Equations canoniques
dx± _ o?R2 dyt __ ^R2
dt ~~~d' ~dt-~"d^
SUE L'lNT^GRATION DES EQUATIONS 53g
admettent trois integrates correspondant aux trois integrates des aires et qui
peuvent s'oblenir de la facon suivante : R2 est de la forme R'2 + R;5 ou R',
depend seulement des excentricil^s et des inclinaisons, c'est-a-dire des quatre
variables #,, #2, Ji, Va eL ou R£ depend des quatre variables a;3, x\, y^ y\ el
est proporlionnel au carre de Tangle infimment petit des plans des deux
orbilcs.
On en conclut aisiment que les equations (82) admettcnt pour integrates
p V/tftfj-f- pV^'i = const., p \/ay>-{~ p' y/<*V* = const.
Ces deux inlegrales sont lindaires et leur presence suffit pour montrer que
Tun des A est nul; c?est, en effet, la fonction R qui joue le meme role que la
fonction F dans le probleme F; el c'est R2 qui joue le role de Fa dans les
probleines D et F. Les quantit6s que nous avons appel^es X sont done d^finies a
1'aide des Equations (3a).
On pourrait done craindre que la presence d'un coefficient X 6gal a jz^ro
n'emp^che Tapplication des precedes F. G, H, II n'en est rien, et il est ais6 de
tourner la difficult^ de la fagon suivante.
Considerons les integrates des aires et 6crivons-les sous la forme suivante :
U, V, W sont des fonctions donn^es des variables X, Y, x^ y\ U0, V0, W0
sont des constantes,
Supposons qu'on ait pris pour premier plan de coordonn^es le plan du
maximum des aires, de fa^on que les constantes U0 el V0 soient nulles. Posons
et consid^rons les Equations canoniques
dxi dF' dy, _ d¥'
^' ~~~'
qui sont les Equations (a5) ou F est remplac^ par F'.
Nous envisagerons celles des int^grales des equations (26) qui sont telles
que U = V = o ; on voit imm6diatement que ces integrates appartiennent
^galement aux Equations (a5 bis). Nous pouvons done, au lieu des Aqua-
tions (20), envisager les equations (25 bis) qui sont de m£me forme, mais
telles qu'aucun des coefficients ^ ne soil nul.
La difficult^ a done disparu etle calcul peul se pousser jusqu'au bout sans
540 SUR ^INTEGRATION DES EQUATIONS.
obstacle, II faut maintenanl, parmi les integrates de (a5 bis), distinguer celles
qui convieanenL egalement aux equations (20).
Pour cela, remarquons que les Equations (20 bis) donnent
d'ou _ _
W = const; U+ </— i V = Ce'-^V-',
G etant une nouvelle constante.
La fonctioa U -f- \/ — 1 V est done egale, a un facteur constant pres, a une
exponentielle dont Pexposant est une fonction lin^aire du temps; de plus, elle
doit etre developpable suivant les puissances des per^0^"""1; cela ne peut avoir
lieu que si elle est divisible par une expression de la forme
ou les a, les ft et les m sont des enliers.
Dans le d^veloppement de U + \/ — iV suivant les puissances des u et
des <;, consid^rons les termes du premier degr£; on verrait qu'ils se r^duisent
a p,^^^""1 (a un facteur constant pres qui n'est pas nul).
Done
«i = cx2 = a3 = (3i = p2 = [3 j = (34 = mi = /n2 = o, a t = i
et U + v/— ' V est divisible par
De m^me U — \/ — i V est divisible par p^e"""^"1.
Les integrales de (2 5 &z*5) qui conviennent a (25) sont celles qui sont telles
que U = V = o ; c'est-a-dire telles que u* = P/, =: o ; c'est-a-dire telles que p = o
et quij par consequent, ne dependent pas de Targument co4 ; d'ou cette cons^-
quence :
Les integrales des equations (a5) ne dependent pas de six arguments lin^aires
par rapport au temps, w4, ^P2; cot, o)2, &)3, coi: mais de cinq seulement fpi5 <va
GO.,, 0)2, W8.
II n^estpas n^cessaire, pour faire le calcul de ces integrates, de former les
Equations (26 bis)] il suffit d'operer sur les equations (a5) elles-m^mes; la
consideration des equations (20 bis) n'est qu'un artifice dont je me suis servi
pour demontrer la possibilite du calcul.
Remarque. — Nous venons de voir que les coordonnees des trois corps
sont fonctions de cinq arguments w\, w<±, co^ o)2, o)3.
SUR L'INTEGRATION DES EQUATIONS. S/fl
Leurs distances dependront des differences de ces cinq arguments, c'est-
a-dire de quatre arguments seulement.
Deuxleme remarque. — Les integrates (20 bis) pour lesquelles U et V ne
sont pas nuls a la fois ne conviennent pas au systeme (a5); les expressions des
coordonn^es en fonction du temps ne sont pas les monies avec les equa-
tions (20 bis) et avec les Equations (20); mais les expressions des distances
mutuelles des trois corps sont les memes.
Galcul des periodes.
Nous avons vu que les w et les co sont des fonctions lin^aires du temps. Les
quaniit6s
_„ _
sont done des constantes. Le calcul de ces constantes est facile. En effet, nous
avons form6 la fonction cp qui depend des constantes gt et p*, et nous aurons
La fonction cp etant d^veloppable suivant les puissances de p. et des p|, il en
sera done de m^zne de nt et de v/f ; les n et les v sont repr^sent^s par des series
ordonn6es suivant les puissances de ^ et des pi et dont les coefficients
dependent des xjf.
II est aiso de voir que les n et les v sont r6els; en eflet, les coordonn6es des
trois corps doivent £tres r^elles; les termes de leurs ddveloppements devront
done ^tre r6els ou imaginaires conjugues deux a deux. Or chacun de ces termes
est 6gal a une constante mutipli^e par une exponentielle doat Fexposant est de
la forme
\/ — i(/?2i Wi -+- m<}.w«-\- aicOiH- a«ico2-i- 043003),
les m et les a <§tant entiers. Ges exponentielles devront done etre ou r^elles, ou
imaginaires conjuguees deux 4 deux. Si deux exponentielles sont imaginaires
conjugu6es, elles devront le rester par continuity quand \L et les p sont tres
petits; or, dans ce cas, il est ais£ de voir que deux exponentielles sont ima-
ginaires conjuguees quand les exposants sont £gaux et de signe contraire, et ne
le sont que dans ce cas.
542 SUR l/INTEGKATION DES AQUATIONS.
Dans tout couple d'exponenlielles conjugu<$es, les exposanls doivent etre
6gaux et de signe conlraire. Cela revient a dire que les w et les to (et par
consequent les n et les v) doivent etres r^els. c. Q. F. D.
D'autre part, il ais£ de voir que Ie d^veloppemenl des n suivanl les puissances
de fji commence par un terme d'ordre z<5ro, tandis que le developpement des v
commence par un terme d'ordre i .
II en rSsulte que les tr varient tres rapidement el les o> tres lenlemeni; co
qui justifie le nom de termes seculaires que nous avons donne aux termes qui
ne dependent que des co.
Les quantil^s HI et/i2 repr^sentent ce que Ton pourrait appeler les moyens
mouvements moyens.
Les quantit6s v sont au contraire de 1'ordre des moyens mouvements des
p^rih^lies et des noeuds.
Resume. — En r6sum6, les coordonn<ies des trois corps peuvenf s^exprimer
par des series qui precedent suivant les puissances d'un petit parametre p. de
Tordre des masses et de plusieurs constantes p de Tordre des excentricit^s et
des inclinaisons; ces series sont des fonctions p^riodiques de cinq arguments
WL= ntt -4- TSL: cozt= vz^ -4-sJ,
ou les wi et les e^ sont des constantes d'int^gralion. Les nl el les v/ sont des
fonciions de /a, des p et de deux nouvelles constantes si et £2, el peuvent
se d^velopper suivant les puissances de jut. et des p2.
Les coefficients de nos series dependent encore des constantes s] ct ^M.
Les carr^s de ces conslanles z peuvent ^tre assimilcs a des grands axes
moyens.
La constante CTJ correspond a la longitude de 1'^poque, tandis que les p jouent
uu rdle analogue a celui des excentricites et des inclinaisons et les GO un role
analogue a celui des longitudes des p^rihdlies et des noouds.
Inutile d'ajouter que ces r^sukals splendent sans changerncnl au cas ou
1'on a plus de trois corps.
Ce calcul n'est pas sans analogie avec ceux que j'ai exposes dans les
Chapitres XIV et XV de mon Ouvrage snr les Afethodes nouvelles de la
Mdcanique celeste. II en differe cependant et j'y ai apportd d'importantes
simplifications.
SUR UNE EQUATION DIFFERENTIELLE 0)
Comptes rendus de I' Academic des Sciences, t. 98, p. 793-795 (3i mars
Dans Papplication de sa miSlhode generale pour 1'etude des mouvements
dcs corps celestes, M. Gylden a etc conduit a une Equation de la forme
suivanle :
ou les 9 sont des series trigonomelriques. MM. Gylden et Lindstedl ont donne
des proc6d6s d'imigralion de celte Equation par approximations successives.
Cette circonstance peut donner quelque interet a 1'dtude de cette 6quation
diff'^rentielle.
Je supposerai; pour fixer les idees, que le terme tout connu 90 est ider-
liquement mil, et que les autres 9 ne dependent que d'un seul argument,
par exernple que ces fonctions soient d^veloppees suivant les cosinus et
les sinus des multiples de t, de fagon a admettre la p^riode 211.
Posons
<^/,2? dy d^x
Soit maintenant F une fonction de x, de y et de £,
F = F-2-4-
ou Fm est un polynome homogene de degr4 m en # et y, ayant pour coeffi-
cients des fonctions p6riodiques de t de p6node de arc. Soil ensuite
(*) Voir aux Notes, Series.
544 SUR UNE EQUATION DIFFERENTIELLE.
ou *m est un polynoine homogene de degr^ m en x ct y, ajanl pour coeffi-
cients des fonctions periodiques de t. Nous aliens cherchcr a determiner
les m premiers termes de la serie (2), de facon que les m premiers termes
de la s&rie (3) soient identiquement mils. On est conduit a liquation
suivante, qui definit F/n quand on connait F2, F:,, . . . , F,,^ :
ou p varie sous le signe 2 depuis 2 jusqu'a m — T ,
II semble, au premier abord, que Pint6gration de cello Equation intro-
duira des termes soculaires dans Texpression de Frn. II n'en est rien. Les
termes s^culaires sont tous nuls.
II en resulte qu'il existe toujours une serie de la forme (2) qui satisfait
formellement a liquation ^— = o; mais, comme ceLte s^rie n'est pas conver-
gente, en general, on pourrail croire que Ton ne peut lirer aucune conclusion
de I'existence de cette s£rie.
Ce serait une crreui% et, pour le faire comprendre, je vais ajouter au
second raembre de liquation (i) un terme fy<xpyq) de facon que cette Equation
devienne
/ Z • N «>
(lifts) -~ = ^9i + ^292H-. . .-4-fl?m<pwH-
^ £tant une fonction p^riodique de t de periode 2?r. Cherchons ensuite a
former une s<5rie
F= Fa-
qui satisfasse formellement a Tequalion -7- = o. On vorrail, dans Tun des
cf t
termes Fm de cette serie, la variable t sortir des signes trigonom^triques.
On en conclurait Fexistence d'une fonction /(^7 y, t) jouissant des pro-
suivantes :
i° G'est un polynome entier en x et y, dont les coefficients sont des
fonctions periodiques de t de p6riode 271.
2° Quand /"est tres petit, x ety sont tres petits et rdciproquement, quand x
ety sonl tres petits, /est tres petit.
3° Quand / est inferieur a une certaine limite /0, sa d6rivee totale -L est
toujours de meme signe, par exemple posititive.
SUR UNE AQUATION DIFF^RENTIELLE. 545
II en r^sulte que, si la valeur initiale de / est inferieure a /0, / ira en
croissant jusqu'a ce qu'il ait aUeinl el d6pass£ la valeur /„, et, apres avoir
franchi cette limile, il ne pourra jamais redevenir inferienr a/0. En d'aulres
lermes, si x ely sont originairement Ires petits, non seulement ils ne resleronl
pas tres petits, mais ils ne pourront jamais le redevenir apres avoir cess£
de Fetre.
Tel est le cas general, el, dans le cas particulier ou nous nous ^tions
places d'abord, la disparition des lermes sdeulaires prome precis^ment
ritnpossibilite de Irouver une fonction / dont la d6riv6e totale-f soil loujours
(jTj
de ineme signe quand x et j sont suffisamment pelils.
II r^sulle de la et de considerations que je ne puis d^velopper ici que les
quantiliis x et y pourront cesser d'etre tres petites, mais pour le redevenir
ensuite. 11 j a excephon, tontefois, quand un certain nombre esl commen-
surable.
Dans le cos ou la s£rie (2) serait convergent, x Ql y resteraient toujours
tres petits.
SUR UNE METHODE DE M. LINDSTEDT
Bulletin astronoaiique, L. j, p. 57-Ui (fovrier i88(J).
L'equation suivante :
(l) -~ H-./iSa? = a(.tfa»iH-;ca9s«H...-f-.^?/i),
oii a est tres 'petit et ou cpi, cp2, . . . , QP soriL des sornmes de termes trigono-
ra6triques on t, a et& 1'objet de iravaux noinbreux et approfondis, parmi
lesquels je cilerai une m<Hhode d'intdgration de M. Lindstedt \Beitrag zur
Integration der Differentialgleichungen der Storungstheorie (Memoires
de VAcad&nie de Saint-Pet ersbourg, t. 31 , n° 4); analyst dans le "Bulletin
astronoinique, t. I, p. 3oa]. Je demanderai la permission de rappeler
brieveiiient cette m6thode, en la representant sous uue forme parliculiere.
Posons
( 2 ) J? = 3G$ -f- a ,&'i -4- , . . H™ »•/ ,-&y,
#o, #1, ...,#,/ etant des somnues de Lermes de la forme suivante :
A cos ( m w -4- X t -]- h ).
Dans cette expression, m est un entier el w est une variable auxiliatre
a
oii or esl une constante d'integration et 'ou
JJL = |JL0 -f- «;JLL H- . . . •+- a'/ tj.y .
,Te dis qu'il sera possible de choisir les fonctions trigonometriques
u?!, . .., ^ et les constantes jjt0? F-M --.5 /^//> de telle sorie que, si Pon
substitue dans liquation (i) la valeur (2) de a?, la difference des deux
SUR UNE METHODS DE M, LINDSTEDT. 547
membres de cette equation contienne en facteur a^1, ou, en d'autres
termes, que cette Equation soit satisfaite aux termes pres d'ordre q H- 1 ,
a 6tant du premier ordre.
En eflet, on trouve d'abord aisement
,Z'o = COS W, [J.Q = /I.
Ecrivons main tenant liquation (i) sous la forme suivante, en meltant en
Evidence les d£riv6es parlielles de x par rapport a t et a pp,
. ri . (I- x <Y2 x dl x
( 3 ) -7— H- 2 fx -77-7 -- h UL'- -7— -t- /i2 # = a (js zl -H .x'2 92 -h . . . -h xP z „ ) = a F.
v / y r s 2 v , , - 4 ^ )
Si dans F nous remplagons x par sa valeur (2), nous pourrons d^velopper
cette fonction F suivant les puissances de a, et il viendra
II est clair que F0 d^pendra seulement de ^0 e^ de #17 F2 de ^0? ^i et
Posons
Tci encore vc d^pendra de fx0» vi de ,u() et [j.,, ....
Posons encore, pour abr6ger;
d* u d:2 u „ <fr u
T— -H U 7? -j— 7 -- h /2.2 -=— ;
<:/#- dtrtw fl(v-
B£ = A j .X;— i -H A2.X>- 2 H- . . . H- AA-— i.i .
Nous aurons alors, pour determiner successivement les x et les /x, la suite
d'dquations suivantes :
A#i — Vi cos w = FO,
,j. . — v/- COS W = Fjfc— i-
Si '#•(), #1, . . ., %k~-\ sont connus ainsi que fxc, pi, . * ., P-A-_I? on ~ — * *— A
et B/t qui sont des series trigonom^triques. On determinera ensuite p* et par
consequent VA-, de telle fagon que liquation
kxk = F#— i -f- vx- cos w — B -
puisse dtre satisfaite par une s^rie trigonometrique #*.
548 SUR UNE METHODS DE M. LINDSTEDT.
Telle est la methode tres simple de M. Lindsledt. II est ais6 de voir
comment il faut determiner v*; en effot, pour que Tequation
kit = W,
ou le second membre est une serie trigonometrique en t et <v puisse £tre
satisfaite par une se>ie irigonomilrique u, il faut et il suffit que W ne
contienne ni terme en cosw, ni lerme en simv. Or nous pouvons disposer
de v/c, de facon a d<§truire les termes en COSPP; mais nous ne pourrions pas de
m6me detruire les termes en siiuv, s'il y en avait dans FA—I — B/t.
On voit imm^diatement qu'on ne peut en rencontrer dans les premieres
approximations; mais il n'est pas evident qu'ii en serait de meme dans les
approximations suivantes. Aussi M. Lindsledt crojait-il que sa methode
a'^tait applicable jusqu'au bout que s'il n'existait aucune relation Hn6aire a
coefficients entiers entre les coefficients du temps dans les divers termes
de 94, 90, . . . , (fp. Cette restriction qui serait Ires g£nante est inutile; je vais
le de"montrer en m'apptiyant sur le th<5oreme de Green. Pour cela, je
supposerai d'abord que cp,, Q2? . . . ne coatiennent qu'un seul argument,
c?est-a-dire (en clioisissant convenablement Tunit6 de temps) que
o/c= S A QQ$(mt -h h} (?n etant entier), cp^C^-f-aTc) == 9/t(r).
Posons
dx
y=—, ,Z = t,
et regardons ^, y et z comme les coordonne"es d'uix point dans 1'espace.
Posons encore
X=/, Y= — rfioc -+• a&i-h. * . -f- 3cP® Z = I.
Soient S une surface ferme"e quelconque, d<& Foment de cette surface,
a, 6, c les cosinus directeurs de la normale. Le theor&me de Green nous
donnera
car on voit aisement qu'on a
dX. ^Y dl =
dx dy dz ~~
Revenons a |la methode de M. Lindstedt et supposons qu'apres avoir
conduit avec succes les k premieres approximations, on soit arr£l6 a
SUR UNE M^THODE DE M. LINDSTEDT. 549
la (A-+i)ifime par la presence d'un terme S siruv dans FA._4 — B*. Nous
rdsoudrons alors liquation
*— S sinw,
en choisissanl v/. de fagon a dilruire les lermes en COSPP dans le second membre.
Alors x'k sera une s^rie trigonom^trique en t et w. Posons maintenant
SI nous faisons parcourir a £ et a c-v touies les valeurs comprises entre
et 27i, le point #, /, z parcourra une certaine surface 2; cette surface ne sera
pas ferm^e, mais elle sera limil^e aux deux plans z~ o, s = 27r. Pour achever
d'enclore un volume, il faudra adjoindre a la surface 2 une portion de chacun
de ces deux plans; nous aurons alors une sorte de cylindre, avec sa surface
lat<5rale 2, sa base B dans le plan 5 = 0, el sa base B; dans le plan ^ = 2-31.
L'inl^grale /(Xa-+- Y6 + Zc) rfw, ^lendue a la surface totale de celle sorte
de cylindre, devra elre nulle. Mais les inlegrales relatives aux deux bases se
d^truisentj puisque x et y sont des fonctions p^riodiques de t avec la
p^riode aw; done 1'int^grale ^tendue a la surface 2 est nulle.
Evaluons cette int^grale d'une autre facon.
Posons, pour abr^ger,
M ~ \efw) + \ff(v) "*" \'It dw fhv rft ) '
d'oii
II viendra alors
avec
Y =±
Si Ton d6veloppe Xa+ Y6 + Zc suivant les puissances croissantes de a, il
viendra
sin* w -H a**1 61 -H a*^*et-+-. . . ,
550 SUR ONE METHODE DE M. LINDSTEDT,
oil 6,|, 02, ... sont des series trigonom^triques qu'il est inutile de determiner
davantage, et ou
0 sin2 w -H n~ cos2 w
est le premier lerme du d^veloppemenl de M suivant les puissances de a.
Notre integrate devant etre nulle, quel que soil a, les coefficients des
diverses puissances de a dans le d^veloppement de cette inlegralo devront etre
mils, et ce sera vrai,. en particulier, du coefficient de &/{ : on devra done avoir
MO S sin- w du> = o,
et, comme M()sm2w est essentiellemenl posilif, cela ne pent avoir lieu que
si S est nuL Done, dans la m^thode de M. Lindstedi, aucune des approximations
n'introduira de lerme en siii^; done la m^thode n'esl jamais en d£faul.
Pai suppos^, il esl vrai, que les series Irigonomitriques <p4, 93, ... ne
contenaient qu'un seul argument; mais il est ais£ d'elendre le r^sultat au cas
g6n6ral. Si, en effet, il y en avail deux par exemple et que les termes des cp fussent
de la forme A cos (mfit + njt + A), m et/i elantenliers et(3 ety deux consumes,
el s'il s'introduisail un lerme Ssinwa la /clfcmc approximation, S devrail etre
une fonciion continue de [3 et de y; mais ceile fonclion esl nulle si ^ esl
7
commensurable, cjcst-a-dire si les deux arguments se reduiscnt a un seul; elle
est done toujours nulle.
La rn£rae analyse pourrait s'etendre aux Equations plus g^n^rales consi-
d^r^es par M. Lindstedi, mais j'ai a peine besoin de dire que la question de
convergence est toujours r6serv<5e.
SUR LES SERIES DE M. LINDSTEDT
Complex rendus de l} Academic des Sciences, t. 108, p. 21-24 (? Janvier 1889).
il esl uiie Equation qu'oii rencontre souvenL en Meeanique celeste el qui a
j&, fait Tobjet de bien des recherches : c'esi la suivante :
(i)
n esL un nombre incommensurable, /-cun parametre tres petit. Quant u o(p, #),
c'est une somrne de ternies de la forme suivante :
s ( p , .27 ) = 2 A. p w cos ( A .27 -f- a ).
//2 est un en tier, A, \ ct a sont des constantes quelconques. Nous pourrons
loujours poser
o'^-i-i
$) = S A — - cos(/.# -4- cc),
y v x
M. Lindstedt a propos£, pour Immigration de cette Equation, des series qui
ne sont pas convergentes au sens rigoureux du mot, -mais qui peuvent rendre
de grands services dans la pratique, parce que les termes vont d'abord en
d^croissant tres rapidement et qu'en prenanl un petit nombre de ces termes on
ne commet qu'une erreur assez faible, comme dans la s&rie de Stirling,
Je me propose de presenter la methode de Lindstedt £ un point de vue
nouveau, en la rattachant aux principes des Vorlesungen uber Dynamik de
Jacobi.
Nous pouvons remplacer liquation ( i ) par les suivantes :
dp da 0 dfy dx
552 SUR LES SERIES DE M. LINDSTEDT.
En posant
H~ ^-H-ra* ~- — V-
il vienl
rf dH d<3 afltf
_ _ __
'di=*!te' 7Tt~~ 3p"' dt ~ dp*
auxquelles ont pent joindre (puisque /> est une variable auxiliaire com-
pl^tement arbitraire)
^ ==:_£*.
dt dx
Changeons de variables en posant
il viendra
dt dx ' dt dy ' dt dp 5 dt dq
Les Equations dififerentielles se pr^sentant sous la forme canonique, on voit
qu'il suffit pour les int^grer de connaitre I'int6grale complete de liquation aux
d^riv^es partielles H = C, ou 1'on regarde p et q comoie les d^rivees d'une
m^me fonction z et ou C est une constante arbitraire. Gette Equation s'^crit
done
dz A dz , / dz
Nous allons chercher a d^velopper la fonction inconnue z suivant les
puissances de JJL, en ^crivant
H- f^2 -32 H- • . . j
Si dans ^ nous remplagons q par ce d^veloppement, nous trouverons
^0 d^pendra de q$ seulement, ^4 de qQ et de ^i, ^2 de ^0? <J\ 6t q^ ^3 de ^Oj
q\, q% et ^3, .... De plus, les ^ seront de la forme suivante. Si qG est suppos£
donn^, ^i pourra se d<§velopper suivant les puissances croissantes de gr*,
SUR LES SERIES DE M. LINDSTEDT. 553
<7a> .••,#$; le coefficient de chaque terme de ce d^veloppement sera lui~m£me
une somme de termes de la forme suivante :
m <§tant un entier, A, A, et a des constantes quelconques.
Cela pose, on aura pour determiner successivement les fonctions JSP la suite
d'equations rdcurrentes
(3) po-H n*qQ= G,
Nous prendrons pour ^o et ^0 deux constantes satisfaisant a la premiere des
Equations (3) et nous aurons, par consequent, £0=jp0a?-i- q$y\ la cons-
tante #0, que nous supposerons diflerente de z6ro, sera notre constante
d'integration.
Quand on connailra ^0? zi, ^2! • • • ? ^i~i? on connaitra ^i-i et liquation
(4) ^/-f- /AS^*= <h-i
determiner a ^,.
Gonvcnons d'appeler, pour abr&ger, fonction trigonometrique de x et de y
toute somme de termes de la forme (2).
Je dis quc pt et ql seront des fonclions trigonometriques de x et de y.
Supposons, en efl%et; que cela soil vrai des d6rivees de z0, z^ ^2j • - —, zi— \ ?
je dis que cela sera vrai des d6riv£es de ZL.
En effet, cela sera vrai d'abord de ^i-i? de sorte que liquation (4) s'6crira
Xa? H- a).
Dans le second membre, j'ai mis en evidence le terme tout connu A0 de la
fonction trigonometrique ^i-i- Nous tirerons de la
^ri A sin(my-t- \cc -f- a) __ \"i A ^t cos (my •+- \x H- oe)
On voit que #/, et par consequent q, est une fonction trigonometrique
de x et de y.
Nous possedons done s sous la forme d'une fonction trigonometrique
de x et de y, dependant en outre de deux conslantes arbitrages G et q0.
L'integrale generate de liquation ( i ) est alors
dz dz , dz
q~d^ W«~~q*' d&~x~>
q'Q etant une nouvelle constante arbitraire.
H. p. — VII.
554 SUR LES SERIES DE M. LINDSTEDT.
II esf ais6 (Ten d^duire les series de M. Lindstedt sous la forme que le
savant asironome leur a donn^e.
On remarqnera que cette m^thode d'exposition met en Evidence la forme
pui'ement trigonom6trique de la solution, sans qu'on soil oblige cle recourir
an theoreme de Green et de Paflifice que j'ai employ^ dans le Bulletin
astronomique pour dernontrer la legitimite cle la methode do M. Lindsledt.
Ce que je viens de dire s'^tend sans pcine a des cas beaucoup plus generaux,
et, en particulier, au probleme des trois corps. Jo, dots toiuefois faire une
remarque.
Pour toute autre loi d'attraetion que celle de Newton, ^application de la
m6thode precedente au probleme des trois corps ne presenterait aucune
difficult^; avec la loi de Newton, au contraire, elle ne reussirait pas si 1'on
prenait pour point de depart Forbite k^plerienne; on est done oblig6 de
prendre comme premiere approximation Fune des orbites interm<5diaires
de M. Gyldehi.
SUR UN PROCfiDE DE VERIFICATION,
APPLICABLE AU CALCUL DES SERIES
DE LA MECANIQUE CELESTE
Compt.es rendas de VAcademie des Sciences, t. 120, p. 67-59 (i4 Janvier 1896).
Dans mon Ouvrage intitule M£thodes nouvelles de la M&canique
j'ai moiitre comment on pouvait represenier les coordonne^es des astres par des
series trigonomdtriques et je me suis particulierement etendu sur ce sujet dans
les Ghapilres XIV et XV.
Supposons que 1'on 6tudie le mouvement de trois corps, par exemple du
Soleil et de deux planetes; nous rapporterons les deux planeles a une originc
mobile mais a. des axes de direction fixe; la premiere planele sera rapporl^e a
des axes passant par le Soleil et la seconde a des axes passant par le centre de
gravit^ du Soleil et de la premiere pJanete.
Solent #1, 2?2> ^3 l<3s trois coordonn^es de la premiere planete, xk, ^3, XQ
celles de la seconde; soient j'i, y*2> y* les trois composantes de la quantity de
mouvement de la premiere planete; soient JKA, jKej TO Ics mdmes composantes
pour la seconde planete. II s'agit, bien entendu, des quantitds de mouvemeat
de ces planetes dans le mouvement relatif par rapport aux axes mobiles
auxquels elles sont respectivement rapportdes et en leur attribuant des masses
fictives convenablement choisies qui s'expriment simplement en fonction des
masses r6elles.
Dans FOuvrage que je viens de citer, j'ai montre que les &t et les y? peuvent
s^exprimer de la fa^on suivante : Soit pi un parametre tr^s petit de Tordre des
556 SUR UN PROCEDE DE VERIFICATION.
masses, soient £, et w,(i = i, 2, . . . , 6) douzes constants d'inUgration dont
quatre, que j'appelle S-3, £4, £j, EG? sont tres petites.
Soient m(i=i: 2, . . ., 6) six quantit6s s'exprimant a Paide de ces cons-
tantes; les m seront d6velopp6s suivanl les puissances de /J. et de£a, £>,, £ro £(};
les coefficients du d£veloppement d^pendront encore de£i et de £2; les^ seront
done ainsi fonctions de p. et des £/, mais ind^pendants des STJ. Quatre des T^ a
savoir /i3, 7i4, /i{), tt0 seront tres petits, Les deuxautres, n± et /z2, correspondent
aux moyens mouvements; ce sont pour ainsi dire les moyens movements
moyens,
Posons enfin
co/ = nLt -h Wf.
Alors j'ai montr6 que les #t et les 7, sont ddveloppables suivant les puissances
de /*, ^i, ^5 ^ et E(}; chaque terme du d^veloppement est une fonclion p^rio-
dique des &>, de p^riode 2?r; et depend en outre de £, et de Ha.
Les douze constantes ainsi introduites rappellent en quelque sorte les
« 6l6ments absolus » de M. Gyldeii; £j et ^2 jouent un role analogue a celui des
grands axes; £3, g4, |3, H« sont analogues aux excentriciles et aux inclinaisons;
w1 et &)2 aux longitudes moyennes; w:!, o),» O3t), cofi aux longitudes des p6rih61ies
et des noeuds.
Ces series jouissent de certaines propri6t6s que la sym6trie rend evidentes.
Ainsi les series qui repr^sentenl x, et yi seront respectivement de la forme
3?!4^"5?^ cos(/;?t to i ~h
* 5*3 gji £*«£*«. sinfmtwr
Les A et les B sont des fonctions de ^ et de ^2J l^s m et les A- sont des
entiers; mais ces entiers ne sont pas quelconques; les k sont des entiers
positifs, les m peuvent £tre positifs, n^gatifs on mils; on aura
m± -h m2 -h . . . -4- mr, = o.
Enfin | mj | (ou e = 3, 4, 5 ou 6) sera plus petit que Av et de m6me paritt';
que ki.
La constante des forces vives C sera une fonction des £z, ou bien encore
(puisque les TH sont six fonctions ind<§pendantes des ^) ce sera une fonction
des HI, Je pr^re supposer C exprim^ en fonction des n/.
Tl est a peine n^cessaire d'ajouter quo les series obtenues ainsi ne sont pas
convergentes, mais qu'elles peuvent n<§anmoins, a la fagon de la s^rie de
Stirling, rendre des services aux astronomes.
SUR UN PROCED£ DE VERIFICATION. 067
Ellcs scat done importantes et comme les calculs qui y conduisent sont
d61icats ct dlfficiles. II n'est pas sans int^rel de connaitre des process de
verification,
Un premier proc6de consisle a substitute ces series dans le premier membre
dc 1' equation des forces vives, ou des Equations des aires. Ges premiers
membres doivent se reduire a des fonctions des ^ seulement.
Mais il y a un autrc proc£d6 de verification, qui ne s'apercoit pas aussi
immediatement, cL c'est sur ce point quo je d^sirerais attircr 1'attention.
Les egalit^s suivantes doivent elre identiquemenl verifiees :
Los Hf sonl des fonctions dos \ seulement, independantes des co.
Quant a C3 cjest la constante des forces vives suppos^e exprim6e enfonction
des n(\
On pout ajouter, ol c'est d?ailleurs une consequence des ^galites prece-
dentes, quo r expression 'StXidyi cst une differ en tielle exacte quand on y
regarde les \ comme des constantes et les w comme six variables ind^pendantes.
SUR LA DIVERGENCE DES SERIES
DE LA MECANIQUE CELESTE
Comptes rendus de VAcademie des Sciences, t. 122, P- 4<J7-499 (2 mars 1896).
M. Hill a public, dans Ic Bulletin o/ the American Mathematical
Society (1), une Note intitul6e : On the convergence of the series used in the
subject of perturbations, el dont les resullats scmblent au premier abord en
contradiction avec ceux que j'ai obtenus. Je crois done n^C'Cssaire de naontror
que colte contradiction n'est qu'apparenle; j'ajouterai m6me que le principal
\h£oreme de M. Hill avail d6ja 6le ddmontre par moi.
Je rappelle succinctementles propositions que j'ai 6noncees (Methodes nou-
velles de la Mecanique celeste^ t. II, Chap. XIII) :
Meltons les equations de la Mdcanique celeste sous la forme
(i) d*i - fiZ. , d'Yi == _ dF t
dt - dyi ' dt dxi
La fonction F est periodique par rapport aux yi\ elle depend des xi d'uno
maniere quelconque. De plus, certains de ses terrnes sont ires petits par
rapport aux autrcs, et nous p.ouvons mettre en Evidence 1'ordre de grandeur
de ces dilFerents termes en introduisanl une quantity Ires petite p et en d^ve-
loppant F suivant les puissances de /J. sous la forme
F s
F0 ne depend pas
Vol. II, Janvier 1896, p. g3.
SUR LA DIVERGENCE DES SERIES DE LA MECAWQUE CELESTE. 55g
On trouve alors qu'on peul satisfaire formellement aux equations (i) par des
series do la forme
Yt = <*, -I-
ou les x'f el les jf sont des fonctions periodiques des quantites
les w/ sonl des consumes d'integralion; les /z/ sont des constantes (diles
may ens mouvements] qui sont d^veloppables en series ordonn^es suivant les
puissances de fju
Les &£ oa yf soul eax-memes d^veloppablcs en series de la forme
1.3) x£(ouy$ ) = SA cos(wzj(T-i]-h 771* w2 -h ...-+• mnwn+ h).
On peuL alors se demander :
i° Si les series (3) convergent;
2° Si [en admettant que les series (3) convergent et que, par consequent, on
puisse former los series (a)] les series (a) convergent.
Pour simpliiier Fexposition de celte discussion, je supposerai deux argu-
ments seulernent w\ et w^ et deux moyens mouvements n\ et Tin. Commencons
par Fetude des series (3).
Si le rapport des moyens mouvemenls esl commensurable, un des termes de
la s6rie devient infini ; laissons de cdti ce cas,
,Pai montr6 (p. 96, 97) que les valeurs incommensurables du rapport des
moyens mouvements peuvent se rdpartir en deux categories : celles pour
lesquelles la s<5rie converge, celles pour lesquelles la s&rie diverge, et que dans
tout intervalle, si petit quyil soit, il y a des valeurs de la premiere categorie et
des valeurs de la deuxieme.
J'ai d(£montr(3, en particulier, que la s^rie converge pour les valeurs incom-
mensurables dont le carr6 est commensurable.
C'esl ce dernier r^sultat que retrouve ML Hill par une demonstration de tout
point semblable a la mienne, mais il le g^n^ralise en montrant qu'il en est de
raeme pour toutes les valeurs qui satistont a une Equation alg^brique u coeffi-
cients en tiers.
II n'y a done, on le voit, aucun disaccord.
Le point essentiel n'en subsiste pas moins, quelle que soit Papproximatton
560 SUR LA DIVERGENCE DES SERIES DE LA MECANIQUE CELESTE.
avec laquelle les moyens mouvements scronl coiinus; nous nepourrons assigner
une limite sup^rieure a 1'erreur commise en s'arretant a un lorme do la scrie.
La convergence de la serie ne peul £lre uniform e.
Passons maintenant aii second point : je veux dire a la convergence des
series (2). Celte question n'est pas abord6e par M. Hill.
II sernble d'abord qu'elle ne doive meme pas se poser, pnisque la conver-
gence des series (3), quand elle a lieu, n'est pas uniforme. Mais un artifice
tres simple permel de former n^anmoins les series (2).
Si, en eflfet, les fonctions t\, F3, ... ne contiennent chncnnc qu'un nouibre
fini de termes, chacune des scries (3) se reduira ognlenient a un nombre fini
de termes. Sa convergence sera done assuree.
A la v6ril6, il n?en est pas ainsi quand fz represente une des masses perturba-
trices; il en serait ainsi, an conlraire, dans la thdorie de la Lune, ou bien
encore si Ton d^veloppait a la fois suivont les puissances des masses el des
excentricit^s.
Dans tous les cas, JLX ne joue d'aulre role que celui de quantity tres petite, et
rien n'emp^che de grouper ensemble, sous la notation /VF/,, tous les termes
dont les coefficients sont des quantites du 7ii6mc ordre de grandeur.
Grace a cet artifice, les series (3) deviennent convergentes et il s'agit d'envi-
sager les series (2).
Malheureusement; ici; le mode de demonstration employe par M. Hill, et
dont je m'6tais dgalement servi pour les series (3), cesse d'etre applicable; je
n'ai done rien & changer a mes conclusions, dont il importe de bien se rappeler
la port^e exacte, que j'ai cherch^ a pr^ciser autant que possible.
SUR LA DIVERGENCE
DES SERIES TRIGONOMETRIQUES
rendus de r Academic des Sciences, t. 122, p. 557~55g (9 mars 1896).
J'at eu Poccasion de parler de cette question a propos d'un travail de
M. Hill ins($r6 dans le Bulletin of the American Mathematical Society.
M, Hill ayant public, dans le meme Recueil (d), un nouvel article sur le m£me
sujet, je me vois forc^ d'y revenir, car le malentendu me semble s'etre aggrav£,
et je crois necessaire de donner quelques explications compl^mentaires.
II s'agit des preuves que j'ai donn^es de la divergence des series de
M. Lindstedt :
Another method, dit M. Hill (p. i3/})7 is derived from the principle that two caracte-
rislic exponents vanish for every uniform integral that exists; but the integrals derivable
from the series of Delaunay, Newcomb and Lindstedt are valid only for a limited range
in the values of the linear variables. For instance, in the problem of the three bodies,
if the deformation of the triangle formed by these bodies is such that we cannot find
any two sides, one of which sustains to the other an invariable relation of greater or
less, we cannot apply the mentioned series. (Tel serait, par exemple, le cas d'une comete
trouble'e par Jupiter, si la distance aphe'lie est superieure a celle de Jupiter et la distance
perihelie inferieure a celle de la planete).
Ainsi, dans la pens^e de M. Hill, les series convergeraient pourvu que les
variables satisfassent a cerlaines in^galit^s. et mon argumentation prouverait
seulernent qu'elles ne peuvent pas converger pour toutes les valeurs des
variables sans aucune exception. 11 est ais6 de voir, au contraire. que Targu-
ment conserve sa valeur et perinet d'^tablir que ces series ne peuvent pas
(*) Vol. II, fcvrier iS,j6, p. ia5»
H. P. — VII. 7r
562 ' SUR LA DIVERGENCE DES SERIES TRIGONOMETRIQUES.
converger dans toute 1'etendue d'un domaine quelconque, pourvu qu'il y ait,
dans ce domaine, une solution p<3riodique; or, il y a des solutions p6riodiques
dans tous les doinaines, si petits qu'ils soienL (au moms pour les valours Ir&s
petites des masses et des excentricit^s). Si done les series convergent, ce ne
peut <Hre que pour certaines valeurs discretes des variables et non pour toutes
les valeurs comprises entre certaines linutes, quelque rcsserr^es que soient ces
limiles.
In the third place, continue M. Hill, an appeal is made to the alleged non existence
of analytic and uniform integrals beyond those already known. (M. Hill expose ensuite
que deux hypotheses soiu possibles). Now in case we are obliged to accept the first
conclusion, were it only but once, M. Poincare has demonstrated the non-existence of
integrals; but, granting that it is proper in every case to accept the latter conclusion,
the demonstration fails. Now he declines to consider the latter alternative, saying that
he does not believe that any problem of Dynamics, presenting itself naturally, occurs
where the right members of the mentioned equations would all vanish.
Pai dit, en effet (Methodes nouvelles de la M6canique celeste, 1. 1, p. a45) :
Ges considerations ne presentent pas, d'ailleurs, d'interdt pratique ct je ne les ai pre-
sentees ici que pour etre complet et rigoureux. On peut evideniment construire arlifi-
ciellement des problemes ou ces diverses circonstances se rencontreront; mais, dans les
problemes de Dynamique qui se posent naturellement, il arrivera toujours, ou bien que
toutes les classes serontsingulieres, ou bien qu'elles seront toutes ordinaires, a 1'exccptiori
d'un nombre fini d'entre elles.
La question demeure done r^servee en ce qui concerne un probl£me de
Dynamique quelconque, mais, en ce qui concerne le probleme des trois corps
en particulier, j'ai d£monlr£7 dans le Chapitre VI, nos 102 et 103, que toutes
les classes sont ordinaires.
La seconde alternative se trouve done 6cart^e.
Enfin} M. Hill ajoute encore ce qui suit :
M. Poincare appeals in another place to the fact that the Lindstedt series, if convergent,
would establish the non-existence of asymptotic solutions. But this observation is irre-
levant for the reason that the domains of the two things are quite distinct. In any case
where Lindstedt series are applicable, there are no asymptotic solutions, and, where
there are asymptotic solutions, Lindstedt's series would be illusory.
M. Hill parait croire qu'il ne peut y avoir de solutions asymptotiques que si
les variables satisfont & certaines indgalit^s; et, en effet, il avait dit quelques
pages plus haut :
In all the cases presented by astronomy, where, on account of the near approach to
circular motion, a periodic solution can be taken as a first approximation, it appears that
the squares of the characteristic exponents are real and negative. Thus, there is no call
here to consider this sort of solution (les solutions asymptotiques).
SUR LA DIVERGENCE DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 563
II y a la une erreur mamfeste ; car, en se bornant, pour simplifier, au probleme
dil restreint (inclinaison nulle, masse de la planete trouble nulle, excentrieite
de la planete iroublanle nulle), on voit quo dans tout domaine, si petit qu'il
soit, il y a des solutions asymptotiques, au moins pour des valeurs suffi-
sammenl pelites des masses perturbatrices.
Si M. Hill a cru le contraire, c'est qu'il n'a envisag^ que les solutions perio-
diques de la premiere sorte; rnais 1'application de la m^thode de Delaunay
suflirail pour inettre en Evidence Fexistence des solutions asymptotiques.
sim
LA FACON DE GROUPER LES TERMES
t>
DES SERIES TRIGONOMETRIQUES
QU'ON RENCONTRE EN MECANIQUE CELESTE
Bulletin asirononuque^ L. 15, p. 289-310 (aout 1898).
1. J'ai expos6, dans le Bulletin as -tronomique (juillel 1897) (4), une me"thode
qui permet de d6velopper les coordonn^es des astres en series ne contenant
que des sinus et des cosinus.
Je voudrais aujourd'hui reveiiir sur ce sujet pour montrer comment II convient
de grouper les ternies afin d'obtenir une convergence aussi rapide que possible
et les diverses particularity que Ton peut mettre en Evidence en de"composant
et groupant les termes de diff^renles manieres.
Ce que j'ai a dire s'applique au cas g£n6ral avec quelques changements de
detail. N^anmoins, pour simplifier et abregercet expos^, je me bornerai au cas
particulier connu sous le nom de probleme restraint.
Je supposerai un corps central S autour duquel circuleiit une masse Lrou-
blante J tres petite et une masse troubl&e P inflniment petite. La masse P ^taiit
infiniment petite, le mouvement de J doit ob6ir aux lois de Kdpler; je suppo-
serai Torbite de J circulaire; Pinclinaison nulle de fagon que P se mcuve dans
le plan de Porbite de J et enfm Fexcentricit^ de P tres petite, de fagon que P
se meuve dans le meme sens que J dans une orbite sensiblement circulaire.
f1) QEuvres de H. Poincare, ce Tome, p. 617.
SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM^TRIQUES. 565
J'appelle a et e le derm-grand axe et Pexcentricit6 de P; fx la masse de J,
I 1'anomalie moyenue de P et g la longitude de son p6rih.6lie, I1 la longitude
de J, et je pose
Je vois alors que les Equations du mouvement prennent la forme canonique
( 2 } — = — dx- — -^ £*5Ii — _ — dfz —— f5L
~' ""' "~~~' ~ ~"^ ~
~dt
F est uiie fonction ddveloppable suivant les puissances de /LA et p^riodique par
rapport auxy.
Pour fjt. = o, cette fonction F se r^duit a
(a la condition de choisir convenablement les unites de longueur, de masse et
de temps) et ne depend que des #.
Nous nous trouvons done dans les conditions du probleme B (Bull, astr.^
t. 14, p. 24^) (d). Les r^sultats obtenus a propos de ce probleme sont done
applicables ici; ils peuvent s'^noncer sous la forme suivante.
Soiont ^i, £2? Wj? wa quatre constantes d'int6grallon; soient Ji± et n2 deux
nouvelles constantes dependant de ^i, de x?2 et de JA,
Wi = Til Jf H- Tffi, «'2= 712^ H- ^2-
Les variables x §\. y peuvent se d^velopper en series proc^dant suivant les
puissances de JUL,
Les ^ et les ykt (sauf jrj et^ qu^ sont 6gaux ^ ^ et pp2) sont d^veloppables
en s6ries trigonomdtriques proc6dant suivant les sinus et les cosinus des
multiples de Wi et (V35 le coefficient de chaque terme dependant de ^ et de ^2.
Enfln n{ et /z2 peuvent se d^velopper suivant les puissances de /*, chaque
terme 6tant une fonction de z\ et de £2, de sorte que
(4) m= n,-
Nous supposerons d'ailleurs
^7?=:^!, ^S — .So,
'^., p. 5 1 8.
566 SUR LA FACON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM^TRIQUES.
d'ou
La constante z^ =%l est tres petite et de Pordre du carr£ de Pexcentricite,
et il n'est pas inutile de remarquer que nos expressions x\ et jf (sauf y\ et yT)
peuvent se d^velopper suivant les puissances de \Asi cosfVi, \/£\ sintt'i, chaque
ternie dependant encore de w>2 el de ^2 et 6tant periodique par rapport a w2.
2. Observons d'abord que de ces series on en peut ddduire une infinite
d'autres de m£me forme.
Remplacons, en effel, les constantes z et sj par les d^veloppements suivants
proc^dant suivant les puissances de p, :
(G) jst= sf H- ps} -4- p**f H-. . ., m/= TO]' H- {^ny; -h j^Wf -h. . . .
Les ^f et les syf sont des fonctions de quatre nouvelles constantes ^n z(>, w\.
^ ; on a
,_0 _ r-' T-rO _ --'
Xif — ^;, Wt - Wj
et les autres .sf , wf sont des fonctions quelconques de ^7, et £'2, dc TEF^ et Ttil.
II est clair que si, dans les series (3), je remplace les constantes st et GT/ par
leurs d^veloppements (6), puis que j'ordonne de nouveau par rapport a /j.,
j'obtiendrai pour les xi et les y\ de nouveaux d6veloppements qui seront de
mdme forme que les series (3), c'est-a-dire qui procederont d'une part suivant
les puissances de /ut, d'autre part suivanl les sinus et cosinus des multiples de
W\ =3, H]_ t 4~ tff'j , CVo = 72a if -h TU'2 ,
et dont les coefficients d^peiidront des nouvelles constantes zr et wr.
Le cas le plus remarquable sera celui ou ces coefficients d^pendront se'ule-
ment des zj et seront ind^pendants des w': ainsi qu'il arrivait pour les series (3)
elles-m&mes.
3. Comment peut se faire le choix si largement arbitraire de ces d^veloppe-
ments (6) qui d^fmissent les constantes zt et w^
On peut d'abord s'arranger pour que le rapport des deux moyens mouve-
ments 7i4 et n% soil ind^pendant de p. et que Ton ait
nB S —
Les Equations (5) nous donnent
SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 667
Si nous ri'avions pas ainsi une relation entre n\ er. 71°, nous pourrions choisir
les d^veloppements (6) de telle fagon que les rooyens mouvements n^ et n<>
soient tous deux ind^pendants de fji; malheureusement Texistence de celte
relation sjy oppose.
Soit
nl — «i = ,
Formons alors les Equations
4
[ (^
Comme les /if sont des fonclions connues de s± et £2, nous pouvons, de ces
Equations (8), tirer z\ et z(, en fonctions de £i, de ^2 et de p., et il est ais6 de
voir que Ton obtient ainsi des d6veloppemenls de la forme (6) (les z\ et
les zuf dependant seulement des d et non pas des w').
Les 6qualions (8) eutrainent d'aillewrs la relation
4. On peut aussi choisir pour les constantes z[ et &[ les valeurs initiales
des xi et des yt pour ^ = o,
Prenons, en effet, les Equations (3) et remplagons-y t par zero, xi et yl
par zt et w); nous trouverons ainsi
(cj) Z\ = ^° -4- fJL^1 -f- ^2^2 •+-. . - , ™'i = y? •+- ^y/ 4- fi»^ -H . . . .
Dans les expressions x\ et yf , les arguments w< et cv2 doivent etre reraplac^s
par 57,1 cl w2-
Les seconds membres des Equations (9) sont des fonctions connues des z,
des TS et de y. ; pour JJL = o, ces seconds membres se r^duisent a
x? = jst, 7z° = w,.
On tirera done facilement de ces Equations (9) les z el les & en fonctions
des nouvelles constantes z! et wr et de p. sous forme de d^veloppements pro-
c6dant suivant les puissances de p. et qui ne seront autre chose que les d6velop-
pements (6) cherch(is.
L7inconv6nierit de ce choix, c'est que les constantes z et les differences sy — TO'
dependent non seulement de z\ et z'z, mais de w\ et ov 11 n'en 6tait pas ainsi
quand nous proc^dions comme au n° 3,
11 en r^sulte que les series (3) se trouvent remplac^es par des's^ries (3
568 SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES.
de meme forme, mais donl les coefficients dependent, non seulement de &\
et z(2) mais de w\ et sy'> . Au coiiLraire, en procedanl comme au n° 3, on trouve
des series de m£me forme eacore et dont les coefficients sont iudependants des
deux constantes 37'.
5. Je me propose d'abord de rnontrer comment on pourra ddduire des
series (3) les d^veloppements auxquels aurait conduit 1'application des pro-
c^des de 1'ancienne M6canique celeste.
Adoptons les constantes s* et wr du n° 4 et envisageons les series (3 bis)
obtenues a la fin de ce num^ro.
Les Equations (4) nous donnent n\ et 11% en. fonclions de /JL, de ~t et de z^.
En les combinant avec les equations (6), nous aurons 7iL et n>2 en fonctions
de /JL, des d et des s/; soit done
(4 bis} n/= nj°-h [JtX-1 H- pi2//-2-*-. . ..
Les n'Lk seront donn6s en fonction des z1 et des w et Ton aura
Consid6rons alors les series
(3 bis} xi~ S|jL*a?;''; j?-== S[i*yJ*.
Soit Asin(?7i1 w\ H- /7i2tVg) un terme de a?^ ou JK'/\ Le coefficient A depend
des jsf et des 35'; m< et m^ sont deux entiers; enfin le signe sin pourrait ^tre
remplace par le signe cos.
Ce terrne depend indirectement de /JL, puisque Ton a
?HI w\ -+- m$ (v'2 = ( ;?? j /Zi -H /??2 /i2 ) ^ -+- ( m-i TTT^ -h /?i2 in7., )
et que; d'apres les Equations (4 few), /ii et /i;> dependent de /JL.
D^veloppons done ce terme suivant les puissances de f*, il viendra
(i o ) A sin ( 77i i (PI H- m2 «('2 ) = A sin to H- (JL A t ( m± n\* -h m^ n'f } cos co H- . . . ,
ou
tO = ( m i TZ^0 -h /tt-2 ^2° ) * H- ( Ml ™\ H- ^2 Wg ).
Remplagons maintenant chaque terme des series (3 6/^) par son d<Sveloppc-
ment (10) et ordonnons de nouveau par rapport a /JL; nous obtiendrons ainsi
des series
(3ter} xt= 3/;°
Les series (3 ter) comprennent comme les series (3) des termes purement
SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM^TRIQUES. 569
trigonorn6triques, mais elles comprennent en outre des lermes ou le temps sort
dcs signes trigonometriques, tels que le second terme et les termes suivants
du d<iveloppement (10).
Chaque terme est d'ailleurs tout a fait ind^pendant de ^.
Les series (3 ter) sont celles auxquelles auraient conduit les anciens
precedes.
6. Nous observerons d'abord que ce rapprochement nous fournit imm^dia-
lement un th<ioreme applicable aux s6ries obtenues par les anciens proc£d£s.
Ces series contiennent des termes non s^culaires, ne contenant qu'une ligne
trigonom<$trique de mtW\-\-m$wl9 ou les w\ sont des fonctions lin^aires du
temps
w"i== n'iQ t -+- wj.
Elles contiennent en outre des termes ou une pareille ligne trigonom^trique
est multipli<ie par t, ou par t2 ou par une puissance sup^rieure de t. Sdparons
ces diverses sorles de termes et ^crivons par exemple le developpement de #1,
x\ = S A sin to -+- #SB cost*) -f- t-I> C sin co -h. . .:
ou
oj = m\ w'[ -f- m^ w'j -I- h ,
h 6tant une constante.
Le tWor^rne en question, c'est que les coefficients B, G, etc. peuvent se
ddduire des coefficients A a 1'aide des formules suivantes :
A A
B = — (miai-t- m2as), G = -- -
ou «i et aL> sont les constantes 7i4 — ri? et ?z2 — ri.?.
ALnsi la connaissance de ces deux constantes ai et a2et des termes non secu-
laires sufflt pour donner imm^diatement celle de tous les termes seculaires.
On voit de plus que les termes «. purement seculaires » contenant une puissance
de t et pas de ligne trigonom6trJque doivent toujours se d6truire quelque loin
qu'on pousse FapproxiniaLion.
7. Si nous cherchons a comparer les series (3 ter) donn^es par les anciens
precedes avec les series (3) donn^es par les precedes nouveaux, nous remar-
querons d'abord que les series (3 ter], ordonn^es suivant les puissances de [*,
H. p. — VII. 1*
670 SUR LA FAgON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES.
convergent pourvu que le lemps soil suffisamment petit; la convergence cesse
si le temps d^passe ime cerlaine valeur.
En ce qui concerne les series (3), nous sommes certains que les premiers
termes convergent assez vite pour les besoms de la pratique; mais nousn'avons
pas le mojen de d^montrer que la s^rie converge, m£me pour les petites valeurs
du temps, au sens que les analjstes attaclient a ce mot. Nous pouvons affirmer
au contraire que la convergence, si elle a lieu, ne saurait tHre uniforme pour
toutes les valeurs du temps d'une part, et d'autre part pour Louies les valeurs
des constantes comprises entre certaines limites*
Dans ces conditions, on est tent£ de se demander si les m6thodes nouvelles
ou Fon evite les d^veloppements proc6dant suivant les puissances du temps
presentent des avantages bien r^els.
On se rendra miens, compte des cas o\\ les avantages sont reels el de ceux ou
ils sont illusoires si Ton prend garde aux reflexions suivantes :
On peut se proposer deux buts diiKrenis, ou bien repr^senter les positions
des astres pendant un temps tres long avec ime approximation mediocre, ou
bien les repr^senter pendant un temps assez court avec ime grand e approxi-
mation.
Supposoas que Tune des series (3) contienne deux termes AsinaZ, Bsin(3£
et que
A>B, Aa<B(3.
II pourra tres bien se faire que, si Ton se propose le premier but, on doive
tenir compte du premier de ces termes et n6gliger le second qui est plus petit
si t est assez grand; et qu'au contraire, si Ton se propose le second but, on
doive tenir compte du second de ces termes et n6gliger le premier qui est plus
petit si 1'on ne donne a t que de petites valeurs.
On voit done que le clioix des termes que I5 on doit conserver ou n^gliger ne
peut se faire sans qu'on se soit bien rendu compte du but que 1'on cherche £
atteindre.
Supposons done qu'on veuille repr^senter les mouvements pendant un
lemps T et avec une approximation H; nous devons n^gliger le terme Asinatf,
si A est plus petit que H. ou encore si AaT est plus petit que II.
11 pourra se faire que aT soit tres petit, pas assez cependant pour que le
terme doive <§tre neglige. Dans ce cas; ce terme AsinaJ diff^rera tres peu
de A,a£. On ne voit pas bien alors quel avantage il peut y avoir a lui conserver
la forme trigonom^trique et s'il ne vaut pas mieux le developper suivant les
SUR LA FACON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 671
puissances de t, en bornant le developpement a un ou deux termes. Un tres
grand nombre de termes, se reduisant a une constante multipliie par £, t'2 ou £•*,
peuvent alors £tre r^unis en un seul.
Supposons encore que Pon ait un certain nombre de termes
A sm a t -;- A , sin aj t -+- Ao sin «o t •+- . . , -\~ A.n sin aw t
dont les pdriodes soient tres peu differenles. Si les expressions (aA — a)T sont
assez petites pour qu'on puisse en n6gliger le carre, on pourra remplacer ces
n + i termes par deux termes seulemeni
ce qui sera une simplification evidente. L'approximation plus grande que
semble donner la formule complete serait d'ailleurs le plus souvent illusoire
parce que les p6riodes ne seraient pas exactement connues,
On voit que dans certains cas on peut avoir int^ret a revenir aux d6veloppe-
ments qui precedent suivant les puissances du temps, et a adopter, pour ainsi
dire, une mcHhode mixte entre les anciens proced6s et les nouveaux. Certains
tonnes conservent la forme trigonometrique, d'autres se developpent de maniere
a. fairc sorlir le temps des signos sinus el cosinus. Le choix des termes auxquels
la forme trigonom6lriquc doit etro conservee depend du but que Pon se propose.
Au point de vue de la convergence, ces d^veloppements mixtes seraient
equivalents aux series (3 ter] des anciens proced^s, le temps pendant lequel
ils resteraient convergents etant en general plus grand.
8. Laissons maintenant de c6t6 les anciens procdd^s et revenons aux d6ve-
loppements (3). Nous devrons observer que ces d^veloppements contiennent
cortains termes qui peuvent etre tres grands, mais que le plus souvent on peut
obtenir une sortc de compensation en groupant les termes d'une maniere
convenable.
Tl arrivera frdquemment qu'un groupe contiendra des termes tres grands et
que la sommc des termes d'un m6me groupe sera n£anmoins tres petite.
Rappelons, en cffct, que les divers termes des series (3) ont 4t£ obtenus par
une s^rie depurations, comprenant des integrations, des additions, des multi-
plications, des differentiations.
Supposons done que Pon ait a int^grer un lerme de la forme A cos a t, on
A sin a t
trouvera •
672 SUR LA FAgON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM&TRIQUES.
Si a est tres petit, ce terme sera susceptible de devenir tr£s grand; il nc le
deviendra pas cependant pour les valeurs finics de £, car il sera toujours plus
petit que A.t.
0. , . , i . A cosa£
Si nous avions a mt^grer un terme Asmat, nous trouvenons
A A cos a/
on, en ajoulant une constante,
Ghacun de ces deux lermes est tres grand, ma is Pensemble des deux termes
est fini et plus petit que
On voil quel inl£r£t il y a a grouper les lermes d'uno maniere convenable.
Parlons maintenant du terme A. cos a £ eL supposons qu'uno premiere inte-
. i , A sin at
exation ait donne
& a /
Supposons qu'on ait ensuite a multiplier ce terme par sin (3i, ce qui donne
A sin a t sin S t A - s A 0
L_ ~ _COS(B — a)^ cos(B H- a)t:
a. ft a ft a
puis a int^grer de nouveau ce qui donne
Ashi(|3 — a)£ Asin((3~ha)i
Si (3 est fini et a tres petit, chacun dc ces deux termes est tres grand; ils ont
tons deux a peu pres memo p^riode, et si on les reduit ils so compensent presque
exactement, car leur ensemble est de Pordre de -rr-
C'esl ce qui explique une circonstance qui se presente bien souvent dans le
calcul des perturbations du second ordre. On trouve des termes qui, indivi-
dueilement, ont une valeur considerable, mais qui se d<Hruisent presque com-
pletement deux a deux.
Ces exemples suffisent pour montrer Pinfluence du groupement cles termes
sur la rapidil6 de la convergence.
9. Gonsid^rons maintenant les diff6rents termes des developpements (3) el
voyons quelle est leur forme.
Soit
. sin ,
\J.P A ( nil w i •+• w? •> (Vo )
t cosv " "'
Tun de ces termes, A (Slant une fonction de z* et so.
SUR LA FAQON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 678
Nous pouvons toujours supposer que les developpements (4) se reduisent a
leurs deux premiers termes de lelle fagon que
et que
/i i = n(\ __ 8 -+-(£t -f-^>):i
soit ind6pendanl de p. et ne d^pende que de z^ 4- z*.
Si, en eflfet, il n'en $tait pas ainsi, nous n'aurions qu'a passer des constantes z
aux conslantes z' d^fmies au n° 3.
Cola pose, voyons quelie sera la forme de la fonction A. On sait que les
int6grations successives »introduisent dans cette fonction des diviseurs de la
forme q\.n\-{-q$n\, qi et q% 6tant des entiers; c'est ce que nous appellerons
les petits diviseurs,
Nous 6crirons done A=^= -> II etant le produit des petits diviseurs et B une
fonction de ^i ct x?o. La fonction B reste finie pour toutes les valeurs envisagees
des constantes z\ et z** Au contraire, comme certains petits diviseurs peuvent
s'annuler quand ~ est commensurable, la fonction A pourrait devenir infinie.
Je puis considtker B comme fonction de z± et ^4- ^a5 ou, ce qui revienl au
indme, de Si et de nj. Quant a II, c'est un polynome entier en nj, car le petit
diviseur
Si done je regarde un instant z± comme une conslante, A sera egal a une
fonction de /ij, holomorphe dans le domaine consider6, divisee par un poly-
nome en raj.
Je puis poser
B = Cfi -4- D,
ou C est une an tre, fonction holomorphe en n\ et D un polynome d'ordre
moindre que II. II vient done
A, C.J
et si Ton decompose la fraction rationnelle en £l6ments simples, on aura
d6compos6 le terme envisaged en plusieurs autres
oi n E
(n) ^C"
574 SUR LA FACON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES.
oil C est une fonction holomorphe de ' z± et n\ et ou les autres termes con-
tiennent au num^raleur une fonclion E, holomorphe en £i seulement et tvu
d^nominateur une puissance entiere It d'un seul petit diviseur.
Si Ton se rappelle la maniere dont les diflfcrents termes des developpe-
ments (3) ont et6 obtenus, on verra que le polynome II sera le produil d'au
plus 2p — i petits diviseurs, en ce qui concerne le developpement de x\ et ^?3,
et d'au plus zp petits diviseurs, en ce qui concerne le developpement de y±
etjXa- Ce polynome est done au plus de degr6 sp — i (ou 2/>), p 6tant 1'expo-
sant de ^ dans le terme consid6r£.
Dans chaque terme de (i i) Pexposant h est au plus £gal a 2/> — i (ou 2/7) ;
j'ajoule que s'il atteint sa limite zp — i (ou 2jo), on doit avoir
10. Supposons maintenant que, partant des series (3), nous d^composions
chaque terme en plusieurs autres par la formule (ri). Nous pourrons repartir
les termes de la s^rie ainsi obtenue de la maniere suivante :
Un premier groupe comprendra tous les termes qui ne contiennent au d£no-
minateur aucun petit diviseur [tels que le premier terme de Pexpression (i i)].
Ghacun des autres groupes sera form6 des divers termes qui contiennent au
d&aominaleur une puissance d'un rn£me petit diviseur.
Consid^rons, par exemple, le groupe des termes qui contiennent au d^nomi-
nateur une puissance de
et qu'on pent appeler le groupe (q±
Chacun des termes du groupe (grl3 q%) contiendra en facteur ™? ou la
rence zp — \ — A, en ce qui concerne x± et ^2 (ou 2/> — k en ce qui con-
cerne JKI et j*a), est positive ou nulle.
Rangeons dans un meme sous-groupe les termes ou cetie difference a la
m£me valeur; nous appellerons sous-groupe principal celui oii cette dilF<£-
rence est nulle.
Voici ce qui justifie ce groupement. Si 5 est tres petit et par oxemple de
Fordre de \/p., certains termes d'ordre ^levd par rapport a /JL pouvront devenir
scnsibles par suite de la presence d'une puissance de § au dt'mominatcur.
L'importance du terme se trouve alors mesur6e par la valeur de la difife-
SUR LA FAgON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 670
rence %p — i — h. Les termes pour lesquels ceite difference est nulle sont
evidemment les plus importants; ce sont meme, le plus souvent, les seuls dont
on ait a Lenir comple.
Les deux nombres q^ et q% peuvent toujours etre supposes premiers enlre
eux, de sorte qu'on peut toujours trouver deux entiers r± et r2 tels que
et poser
a et (3 etant deux nouveaux entiers. Nous pourrons classer dans une meme
serie partielle tous les termes d'un meme sous-groupe qui correspondent a une
meme valeur de (3.
Le diviseur 8 <§tant en effet tres petit, q^ n^ + q^n* est aussi tres petit, de
sorte que tous les termes d'une des series partielles ainsi form^es auront a peu
pres m£me p^riode, je veux dire une periode voisine de 7^ — :-^— ; — - * Le sous-
groupc principal ne contiendra qu'une seule s6rie partielle, car pour ce sous-
groupe on a
;n.j /7ia ,. , _
_L — , — , d'ou 6 = 0.
?i q*
At part les termes du premier groupe qui, ne contenant pas de petits divi-
•seurs, sont g6n6ralement tres petits; tous nos termes vont se trouver ainsi
r^partis en series partielles.
Or, il arrive cette circoristance singuliere que chacune de ces series par-
tielles peut etre facilement sommge, je veux dire que sa sommation se ramene
a un nombre fini de quadratures.
G^n^ralement on n'aura a tenir compte que d'un petit nombre de termes
isol6s et en outre d'un petit nombre de series partielles. On peut dire que dans
les cas les plus difficiles trails jusqu'ici on n'a jamais eu a consid^rer qu'une
seuie sdrie partielle provenant d'un seul sous-groupe principal.
C'est la, sous une forme nouvelle, la m^thode de M. Bohlin qui se trouve
ainsi rattachee a la m^thode qui nous a donn£ les series (3) et par elle aux
anciens proced&s.
Si Ton se borne a sommer la serie partielle qui correspond au sous-groupe
principal, et que Ton a seule a envisageren g6n<§ral, on retombesur lam^thode
de Delaunay.
Si les moyens mouvements sont presque commensurables, il peut arriver
5;6 SUR LA FAgON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM^TRIQUES.
que les series parlielles divergent. L'expression analytique a laquclle conduit
leur sommation n'en conserve pas moins un sens. C'est ainsi que 1'expres-
sion — !_ conserve un sens alors meme que, x dtant plus grand que i, la
I — JC
s6rie i -j- x + x*1 + . . . a cessd d'etre convergente.
Lors meme qu'une s^rie parlielle diverge, on pout encore legilimemenl la
remplacer par cette expression analytique. C'est ce qui permel aux meihodes
de Delaunay et de Bohlin d'etre applicables a des cas ou Pemploi direct des
series (3) deviendrait illusoire el meme au cas de la libration ou la forme des
orbites est si differente de la forme ordinaire.
C'est ainsi que, malgre ces differences, ce cas de libration pent encore se
rattacher a la methode qui nous a fourni les series (3).
11. Voyons maintenant comment les solutions p^riodiques et asymptotiques
peuvent se d6duire des series (3). Nous avons vu que nos series sont ddvelop-
pables suivant les puissances de \/^iCos(\^, y/51sinvvi, les coefficients du
d^veloppement dependant d'ailleurs de z2 et ppa.
Si nous donnons alors a la constante s± la valeur z<Jro, nos s6ries ne contien-
dront plus que 1'argument w2; elles seront p^riodiques. On relombe ainsi
sur les solutions p^riodiques de la premiere sorte,
12. Cherchons maintenant a obtenir les solutions pciriodiques de la deuxieme
sorte. Pour cela reprenons nos series (3) en supposant com me au n° 9
Si nous donnons au rapport ~ une valeur commensurable, un des pelils
712
diviseurs q\n\ + q*n\ s'annulera, de sorte que certains termes du d^veloppe-
mcnt pourraient devenir infinis.
Supposons WI = Q et remplagons la constante TtT^ par un developpement pro-
c^dant suivant les puissances de p.
(12) Tffi
et dont les coefficients sont de nouvelles constanles que je me reserve de
determiner plus loin.
Gonsid^rons un terme quelconque des series (3) el remplacons-y la cons-
tante rzi par son developpement (12). Ce terme deviendra d6veloppable sui-
vant les puissances de p. D6veloppons de m£me tous les termes des series (3)
SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 677
et ordomions de nouveau suivant les puissances de /JL. Nous obliendrons ainsi
de nouvelles series que j'appellerai (3 a).
Soil
/
( 7?li (Pi -f- HI*
^
mi terine de ccs nouvelles s6ries, le coefficient A ne contenant plus le petit
diviseur qiii\ + q*n\.
Pour plus de brievete dans 1'expositioH, introduisons quelques denomi-
nations nouvelles et d'abord d&missons ce que nous appellermis V ordre de ce
lerme. Pour les termes du developpement de #1 et a?3? ce sera le nombre
Pour les termes da d6veloppement deji et j2, ce sera le nombre
Cette classification laisse de cot£ les termes ou A = o, qui ne contiennent
pas de petits diviseurs et dont nous n'avons pas a nous occuper.
J'appellerai termes principaux de chaque ordre les termes du d^velop-
pement de a?, et de #2 qui sont de cet ordre et qui de plus sont tels que
11 n'y aura, d'apres cette definition, de termes principaux que dans les ordres
impars
Les termes du premier et du second ordre ne dependent que de roj; ceux du
troisieme et du quatrieme ordre dependent de ^ et ©J; ceux dil cinquieme et
du sixi^me ordre de zzrj, w\ et crj, et ainsi de suite,
L'ensemble des termes principaux du premier ordre dans^ se pr^sente sous
la forme d'un certain num^rateur divis^ par q,n\ + q^n\. Comme pour tous
ces termes on a
il vient
Le coefficient de « disparait done dans tous ces termes.
Notre numerateur est done une constante qui depend de WJ; je disposers
73
H. P. — VII.
678 SUR LA FAgON DE GROUPER LE3 TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES.
de w\ de fa$on a annuler ce numerateur, ce qui determine ^?. Ges tonne*
principaux, que nous pouvions craindre de voir devenir infinis, disparaissenl
done.
Les lermes principaux da premier ordre dans x* disparaissent ipso facto,
en vertu de Inequation des forces vives.
Mais ce n'est pas tout : tous les termes du premier et du second ordre dis-
paraissent ipso faclo dans les quatre developpements.
Gonsiderons maintenant les lermes principaux du Iroisieme ordre dans #4;
leur ensemble est encore ogal a un num(Sraieur divi«6 par q\,n\ + #2^. Ce
nurnerateur se r^duit a une constanto dependant de cr* el w\ ; nous dcHermi-
nerons w[ de facon a le faire disparaitre el. avec Itii, les termes principaux
consid^r^s.
Du m£me coup, disparaitronL les termes principaux du troisieme ordre
dans x^ et, dans les quatre developpemenls, tous les termes du troisicme et du
qualrieme ordre.
On d^terminerait de memo w\ de farou a annuler les termes principaux du
cinquieme ordre dans ^1? co qui annule du meme coup tous les termes du
cinquieme et du sixieme ordre; et aiasi de suite.
Ainsi disparaitront tousles lermes qui auraient pu devenir infmis; d'ailleurs,
le rapport des moyens mouvements etant commensurable ; nos series ne
dependent plus que d'un argument unique et les solutions soul periodiques. 11
est a noter que les series ainsi obtenues sont convergentes, landis que les
series (3) ne l'4taient pas, au sens rigoureux du mot*
13. Soit C la coiistanle des forces vives; la valeur de C dependra des deux
coiisiantes z\ el z± ou, ce qui revient au m£me, de ?ii et n^ Elle se presentera
sous la forme d'uue serie ordonn^e suivanl les puissances de ^ et dont les
lermes seronl des fonclions de ZL el ^o ou de n± et /i2.
Dans cerlains cas, on peut considerer C comnie une des donnees de la ques-
tion. Alors la relation F — C, ou le second membre C est regard^ comme
donne, sera une relation eutre z^ et -s2, ou entre n± et ji*>
On pourra en tirer par exemple ?i2 en fonction de n\ sous la forme d'unc
serie proc^dant suivant les puissances de p. et dont les coefficients seronl des
fonctions de ?ii.
14. Nous venous de voir la maniere de reiruuver les solutions periodiques en
SUR LA FAgON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 079
partant des series (3); on pourrait se proposer de retrouver de la m£me
facon les solutions asymptoliques.
Nous savons en effet qu?en dehors des developpements (3) qui precedent
suivant les sinus et les cosinus des multiples de deux arguments w, nous pou-
vons representer les coordonnees du corps trouble par des developpements
d'une forme toute differente.
A chaque solution p6riodique correspond un de ces developpements.
Soient, en elfet,
.*.-/ = :p!'-() ( \V ), COS.T/ = 'W)>0 ( W ), sin j, = 0 ?•*> ( W)
les Equations d'une solution p&riodique, ou c^"0, tj;"0, Q?° sont des fonctions
periodiques de p^riode air d^un argument unique
NO et li sont deux constantes; la premiere doit £tre regardee comme donnee, la
seconde est une constante arbitraire d'int6gration.
Nous appellerons C0 la valeur correspondante de la constante G des forces
vives.
.
Nous pouvons aiors representer la solution g^n^rale sous la forme de d6ve~
loppemeiits
( A' e~^]'/ spf •'/( W),
k'e-*'y/W' '/(W),
ou les fonctions cpf'</r; 4/f'r/, Of*'7 sont des fonctions p^riodiques de
W = N*-H-//.
Dans ces d^veloppemeiits A, A; et h sont des constantes d'int^gration, a et N
sont des constantes donn6es qui peuvent se developper suivant les puissances
du produit AA' et de la difference G — C0.
Si Ton d6veloppe les cpf^, W, ^ en s6ries de Fourier, les coefficients de
ces s6ries seront egalement d^veloppabies suivant les puissances de G — G0.
Si I' on fait G = C0 et qu?on annule 1'une des constantes A ou A;, N se reduit
a la constante N0 defime plus haut et a a une constante <x«.
II ne reste dans les sdries (i3) que les termes ou p = o (ou les termes
ou q = o). On obtient ainsi les solutions diles asymptotiques ; les series sont
alors convergentes.
58o SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM^TRIQUES.
Si les deux constantes A et A' s'annulent a la fois, il reste settlement
et Fon retombe sur la solution pfiriodique.
lo. On peut alors se proposer de voir comment on pourrait passer des d6ve~
loppements (3) aux developpements (i3).
On remarquera d'abord que ces series ( i3) sent ordonnees suivant les puis-
sances des deux constantes A et A'. On pourrait done £tre tenl^ d'op^rer de la
maniere suivaute : introduire les deux conslantes d'integration A et A'; d^ve-
lopper chaque terme des series (3) suivant les puissances de A et A'; r^unir les
termes semblables et ordonner suivant les puissances de ces constanles.
On ne peut pas arriver au risultat par celte vote. On renconlrerait des difii-
cult^s analogues a celle qui se pr^seaterait dans 1'exernple simple suivanl.
Envisageons la s6rie
i — 2 e~~a cos a t H- e"~2a
La somme de la serie est d^veloppable suivant les puissances de a et de t.
11 en est de tu£nie de chacun des termos de la serie,
Cependant si Ton d^veloppe chaque terme de la serie, qu'on rthmisse les
termes semblables, puis qu'on ordonne suivant les puissances de a et de £, on
n'obtiendra pas du toutle m£me developpement qu'en ddveloppant directemcnt
la somme de la s^rie.
16. Pour bien faire comprendre la fa^on de passer d'un d<Sveloppemcnt a
1'aulro, je prendrai d'abord un exemple simple; je supposerai
F = d72-f- %l H- (JL COS/i.
On voit tout de suite que x$ doit etre unc constante puisque 4^- est mil. On
a done
*! = c-,
et 1'on en tiro
t
2\/G — [JL COS/i
On voit ainsi que #,,, cos^ ^et siny^ sont des fonctions doublement p6rio-
diques de t + h. L'uno des p^riodes que j'appellerai w est r^ello, Pautre quo
j'appellerai id cst purement imaginaire.
SUR LA FAgON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOMETRIQUES. 58l
La ibnction x^ par oxemple, £tanl p6riodique do periodc co sera develop-
pable par la tormulo do Fourier suivant les sinus ol cosinus dos multiples
<ji> ill.. \M developpeinent sera valable pour loulcks les valours r^elles do t.
D'aulre part, cette fonclion x\ admellant la periodc id sera developpable
par cello memo, formula de Fourier suivant les sinus el cosinus des multiples
de -7^7 on, ce cjni rovient au m£me, suivant les puissances des exponen-
aj: / an/
tielles e "J' el. e w . Ge developpement nouveau ne sera plus valable pour ton tes
les valours reolles de /, mais settlement pour les valeurs comprises enlre t()
el /0~f-co; entre les valours £<,-}-« et ^(,-|-a&), ou en ire les valeurs ^04-^w
ot £,, + SM ..... il faudrait lo remplacor par d'autres developpements de m^me
formci.
Et bion, la premier de c.es developpements correspond aux series (,'i) et le
second <nt& ntfritfs ( iM).
ha iheorio dos functions doublemcnl periodiques nous enseigne plusieurs
inojoixs de passer d(* Tun ;\ 1'autro.
La molhode do Delauuay conduit a des Equations analogues a cello que nous
venous de trailer, quand on no conserve dans la fonclion perturbatrice qu'im
soul lerme p^riodiquo.
17. Dans lo ca« g^ndral, on pout donner des qua ire variables #/ et }'i des
developpomonls d'ou Ton pout tirer faeilomont d'uno parties series (3), d'autro
part los series ( i,'>).
Les (fuantitos a?4, ,ra, cosj^, sinji, cosj-aj sin^'a seronl d^velopp^es suivant
los puissances do p., clu produit AA; ta de la difference C — C0 qui joueront le
role do constanlcss rf'int6gration. Chaque coefficient do ce d<5vcloppement sera
lut-mfinin^ dth'olopp^ on sirie dont los dillerents lermes seront le produit de
deux facieurs.
L<». premier do cos facteurs sera le cosinus ou le sinus d'un multiple d'un
C(*rtain argument W.
L(^ second facUnir stkra une fonction doublement p^riodique d'un second
argument W;.
Les deux argumenls VV et W seront des foiictions lin^aires du temps*
On aura
582 SUR LA FA£ON DE GROUPER LES TERMES DES SERIES TRIGONOM^TRIQUES.
II et II' seront des constantos d'inldgralion. Nous pourrons dormer a N' une
valeur arbitrairo,
J'appellerai o> el zVles pdriodos de la fonclion p^riodique consid<iree eornme
fonction de W; de sorlequc sospdriodes seronl ~ el l-^r quand on la regardcra
comme fonction de t> Ccs pdriodes seronl d'nillcurs les mdmes pour tons les
termes.
Les quantity N, ^77 ^ seronl developpables suivant les puissances
de fx, A A', C — C0.
De ce d^veloppement, on pourra facileinenl passer aux series (3). II sufiira
pour cela de ddvelopper chaqne fonclion doublement periodique suivani les
cosiaus el sinus des multiples de. — -- On aura alors des series proc^dant,
su
suivani les oosinus el sinus des multiples des deux arguments W et - -? on,
ce qui revient au meme, des multiples des deux arguments
fV'| = fl\ t ~\- 7iT|, <t'2= /2«>£-H *7y2,
si Ton suppose
W = TI a* i H- r>>\r->, W= q\ «», -4- </s (r^,
fl\i ^i ; Ti, ra (Hani les qualre (»ntiurs d6finis au n° 10- On a alors
N = r\ n\ -f- 7*3 //a, It = /'i TTTj H- raws,
» n^ \\' = (/] TTTt-
On relrouve ainsi les series (3) eh regardant AA; et C — G() comme des
fonclions des conslantes z{ el ^2.
De ce m£me d6velo])pemenl, on pout passer tout aussi facilement aux
series (i3). Ddvcloppons, en eflfet, chaque fonction doublement p^riodiquo
suivant les sinus et cosinus des multiples de ^ t ou suivani les puissances
•4-12EJ51
des exponontiolles e~ OJ' .
On retrouvera los sdries ( t3) en posanl
A =
On me pardonnera la longueur de eel expose. Bien qu/il ne nous apprenne
rien d'essentiellement nouveau, jjai pens6 qu'il ne serait pas inutile de monlrer
comment se rattachent les lines aux aulres les divorscs series auxquelles nous
conduisent d'une facon qui parait d'abord toul a fail ind^pendante 1(3S diffe-
rentes theories propos^es,
SI IK LA METHODS HORISTIQUE
l)E GYLDEN
fdftrnifc dt\t .SVvr// /•<•*•, t. |;)S, p. <(3.!-<pI (nS a\ril iguj).
Dans un Ouvrngo intitule Noiwclles rccherches sur l<w .scries employees
tin/is les theorft*!* dc$ platiett's (Stockholm, imprimerio contralo, 1892),
(rylden a expose <limx m^lhodes (ju'il appelle hnristiques; la premiere do ces
m^thodes sonieve d'assex graves objeciions ; M. Baeklund ot moi, nous avons
nionlre qu'olle conduisail, dans eerlains ens, a de.s resultnls inadmissibles el
(]u'on ne d(ivait Pe,mplcner qu'avec circouspection (Cf. C. /I. A cad. Sc., 1. 132,
p. ,*><> el t>,<)i; It ul L (istr.) I. h), p. /!<>.'>) (*). J'ai piuise, <i,nconscSqncnce, cju'il y
avail lieu d'exauiiner de plus [>res la sccondo de res in6lhodes et de la sou-
iu<»Unt a hi discussion. Rappelons d'ahord (kn rju<>lques mols on cjuoi elle
cons is te..
Gyld4n consi<l^ro (lor,, vit,, p. 227 elsuiv.) liquation suivante :
(0
Lo coefficient de sque Gyld^n appelle Z est une constante, du moins dans la
partic de POuvrage qiu* jo cite (p. ^27 f\ ^^4); je P"^s done prondre les unites
de fa^on ^ le r^duiro a i.
iNous avons
X =s— SA7l cosG/n
les A.n? Bn, An ont dcs valours ooiistanles donno.os et 2^ est voisin de i .
(l) jLe premier <Je ros artichis H^urc »u Tome Vfll dcs (MuwWi les deux autres sont de
Kacklund.
584 SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN
Gylden pose
vp et 9' etant d^finis par les equations
O)
Nous appelons v* une constante choisio de lello sorle que ^ soil ime s^rie
trigonom^trique; el nous devons inl6grer (a) et (3) on faisant d'abord fy = o
dans les seconds mcmbres, puis i\ la douxiemci approximation, eii rcmplaganl,
dans ces seconds membres, ^ par la valour LrouvcJc cnpremion* approximation,
et ainsi de suite.
On trouve ainsi :
A
(4) y = S
et ensuite
(„ ^_.t
La soconde Equation (4) et la premiere Equation (5) pormcltout de calculer
les x et p2 et donnent pour ccs quantites des valeurs limit^es.
II est Evident qu'on n'a le droit d'opdrer ainsi qu'a la condition que les
termes n^glig^s dans les seconds membres de (a) <»i (o) soienl plus petits que
ceux donl on tient compte, Or, nous avons, dans le second meinbre de, (a), un
terme pour lequel il peut y avoir doule et qu'il convituit de disculer; c'est L>
d<b dy
terme a~~ -~: on trouve
>J
Nous ne retiendrons que Ics termes critiques, c'est-a-dire ceux oii le coeffi-
cient de p est voisin de i. Jl suffit pour cela de prenclre
Gf + G;— Gn on G/— Gy -+- G*.
Soient a unequantite del'ordre de A/l? etcrune quanlite del'ordredea^ — i.
Deux cas sontadistinguer : ou bien cr;i est grand par rapport & (3a2, et alorsa?
est de Fordre - et P3 de celui de •*—- ? et le terme g^n^ral de (6) est? au plus, de
1'ordre de
pa?3 [3a3 p«s
-7" = ^-=^ — '
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 585
gdneralomeiH petit par rapport a x et meme, dans certains cas, par rapport
a a; dans cos cas, la mckhodo horistique est applicable, mais alors elle est inu-
tile, puisque le terme (lit horistique p- est tres petit par rapport a 4^ — !•
Ou bi<*n a-'1 est petit par rapport a |3oc2, on est du meme ordre; alors x est de
Fordredei/g; le lcrmeg6n<Jralde(6)eslalors (sil'onprend Al-+X/,Gz-h-G/— G/z)
de Ford re de fix* = a.
II est done de ineine ordre que X, c'est-a-dire que les termes dont on tient
compte.
Si nous supposons (pie X se roduit a 1111 seul terme — AcosG, et que nous
supposions y n^gligeablo devant t>3; il vient
a A B
i' = ^;cos(i5 *'r == 73 — «' P-=— a;-,
|j <^™ 2t
<l> s- LL» COR 2 G, -~- = — ,/* sin fi. — -i- = — 1^ — sin 2 G,
4 J rA» //P 2
2 _i- „.! — w <p3 sjn ;> (1 sin G = A ( cos 3 G — cos G ).
r/v r/r l v '
II n'j a pas a retenir le terme en cos.HG qui n'est pas critique; mais le
lerme -» \ cosli est critique et Fon n?a pas le droit de le negliger, puisqu'il est
juste 6gal an terme conserv^ X.
Dans le cas ou X se r<5duit a un seul terme, la methode horistique convena-
bhmwti modifier est legitimo, nan pas pour la recherche de la solution
generate do ['Equation (i), mais pour celle d'une solution particuliere qui est
celle que j'appelle solution prrlodiquc. Gette methode correctement appli-
</uee donne
tandis que la formule de Gyld^n donne
2A
L'erreur de GyldAn est d'autant plus singuliere qu?il a lui-m£me trait^ le cas
ou X se r6duit ^ un seul terme, par des formulas qui deviennent exactes quand
on veut se borner &, la solution p^riodique.
Ce n'est pas m6connaitre les services 6minents que Gyld^n a rendus a la
Science, que de signaler les erreurs qu'il a pu cornmettre et qui pourraient
H. p. _ vn. rt
586 SUR LA M&THODE HORISTIQUE DE GYLD^N.
tromper ses successeurs; je crois que c'est, au conlraire, rendre service a sa
m^moire; aussi ne crains-je pas de formuler nettement ma conclusion.
Ceux qui voudront appliquer la m^lhode horistique risquent d'arrivcr a des
r^sultats fantastiques; il y a des cos oi\ elle peut <^tre inoffensive; il n?y en a
pas ou elle peui Sire utile.
On voit, a fortiori, combien est vaine 1'illusion des personues qui osperenl
tirer de la methode horistique des d(5voloppements imiform^ment convergent
au sens g^om^lrique du mol.
Quant 21 la conclusion finale de POuvrage, a. savoir que les termes d'ordre
6lev6 de la fonction perturbatrice ne peuvent jaraais produire de libration, pile
est manifeslement fausso.
SUR LA MfiTHODE HOR1STIQUE
DE GYLDfiN
Acta Mathematics t. 29, p. a ,S 5-371 (18 mars 1906).
L Introduction.
Giidc'w a renclu de tres grands services a la Science; il a cr66 un certain
uonibre de iwM bodes nouvelles qui ont pu etre appliquees avec succes et dans
certains oas substitutes avec avautage aux anciens precedes. La plupart des
mrtlhodes qu'il a proposes dans scs premiers Merits (Haient correctes ; Harzer
ot Br^ndei en out tird tine thiorio des pelites planetes. Ces m6lhodes7 a la
vdrilt'*, u'tUaiont pas saris iuoonv^niontj elles donnaient lieu a une foulc de com-
plications inuiilo.s 5 au lieu do prondre le temps pour variable irxd^pendante,
elles prcmient In longilude vraio, on des variables auxiliaires peu diff6renies
de cette longitude, elles introduisent une foule de variables parasites et eacom-
brantes. II en r&wlte que les Equations perdent leur forme canonique, et que,
si I'on veut sinipIemcnL 6crire par exemple liquation des forces vives, il faut se
livrer ?\ des calculs inienninables. J'cstime done que ces m Rhodes, quelque
intdrossantes qu'elles aient £l& autrefois, n'ont plus aujourd'hui qujun int^r^t
historique, et qu'on ne saurait plus en recommander Femploi, parce que main-
tenant il y en a d'aulres, comrae par cxemple celles de Hill et de Brown qui
out les m&mes avantages sans avoir les m£mes inconv^nients.
Plus tard Gyld6n est entr6 dans une voie nouvelle et a abouti a des rdsultats
qu'il a rasscrahl^s dans son Ouvrage Nouvelles recherches sur les series
employees dans les theories des plan&tes, Stockholm, 1892. Moins heureux
que dans ses premiers travaux, il s'est cette fois completement trornp^.
588 SUR LA METHODS HORISTIQUE DE GYLDEN.
Considorous une equation differenlielle quelconquc, fnisons passer certains
termesdansie premier mombre, d'aulres dansledeuxieme. En premiere approxi-
mation, nous remplacerons dans le deuxieme membre les fonclions iiiconnu.es
par zero et nous int6grerons les equations ninsi oblcnnes; endenxieme approxi-
mation nous reinplacerons dans le deuxieme membre les fonctions inconnues
par leurs valeurs de premiere approximation, et ainsi de suite. Tel est le principe
fondamental des nouvelles m6thodes d'approximation de Gyld^u, comme des
anciennes, et nous le reirouverons parlout.
Ce principe esL I^gitime, mais a une condition, c'cst quc les tonnes re!6gu<5s
dans le deuxieme membre et ndgligds en premiere approximation soient nola-
blement plus petits ou moiiis importants que les termes conserves dans le
premier membre. Sans cela, il est clair que le ddveloppemenl ne sera pas
convergent. Nous aurons done a examiner si 1'analyse de Gyld('in satisfail a
cette condition.
On sait que dans les methodes ordinaires de la M^canique celeste, on voit
s'introduire ce qu'on appelle de petits diviseurs, de sorte que le coefficient de
certains termes prend la forme -D /> etanllrcs petit, et deviennentinfinis quand
p s'annule. Gyldein s'effbrce de prouver qn'un calcul plus exact doit donner
— 23 9 6tant une quantity qui ne s'annule pas, de sorte que le coefficient no
devient pas infini et res to m^me ires pelit. C'est ce qu'il appelle la nuHhode
horistique, aiusi nominee d'un mot grec d'ou vient 6galemenl horizon.
[1 cherche a tirer de la diverscs consequences :
i° Que les series obtenues en M^canique celeste sont convergenl.es si 1'on
tient compte des termes lioristiques.
2° Que les termes d'ordre c^leve de la fonclion periurbalrico ne sauraient
donner lieu au phenomena connu sous le nom de libration,
Ges consequences sont manifestemenl fuusses; mais j'ai cru longtemps que
Perreur provenait simplement de ce que Gyldthi ne se doutait pas dc ce que les
g^ornetres appellent une sdric convergent et des precautions minutieuses qujil
faut prendre dans une demonstration de convergence.
Je croyais que, si Gylden est proL#g<5 contre la critique par son obscurit6
mdme, cette obscuritd emp^cherait egalement qu'on cherchat a appliquer ses
methodes qui dcviendraient ainsi inoffensives el tomberaient dans 1'oubli
apres sa mort.
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 689
Jo me troinpais ; d'abord ses errcurs commencent, comme nous le verrons
bientol. tlos le d^but do son analjsc; on ne pent done le prendre pour guide,
non seulemenl pour demontrer la convergence des d6veloppements, mais m£me
pour en calculer approximativement les premiers icrmes. De plus, cerlaines
persounes ont voulu appliquerccs miihodcs a des problemes pratiques, el elles
out eu'i naturellement conduites a 1'erreur. D'aulros out repris les affirmations
de (Jylden Mir la convergence des series et les ont presentees comme des v6rit<5s
elnblies.
II devenuit done u^cessaire d'anuljser dans ses d6tails 1'Ouvrage cite Nou-
*v//«'.v rcchcrches... et d'on disculer les conclusions. C'est la Tobjet du present
iravail, nous suivrons pas a Ipas rOuvrage de Gulden et nous en examinerons
Micressivetnent chacjue Cliapilre.
J'aurais voulu conservor Uis notations de Gyldon; mais elles sonl tellement
compliquces et tellement changeantes que je n'en ai pas eule courage. Jedonne
oepondant des indications suffisantes pour que Fon puisse passer facilement
d'uue notation a 1'autre.
Dans les citations, quand je renvolc a uiio page ou a un paragraphe d^signe
par le signo ^} ou n° suivi d'un numcro, il faut entendre la page ou le paragraphe
<hi 1'Ouvrage de Gyldon, Nouvelles recherches... Quand je renvoie a un para-
graphe en t^crivant le mot paragrapUe cntoutes lettres, ils'agitd'un paragraphe
du present travail. Enfin quand je renvoie a mon Ouvrage, Les M^t/iodes nou-
iv//<?.v d<t la M6c*ani<iue ctHestt^ Paris, Gauthier-Villars, j't^cris simplemeni
M&thodes nouwlles.
IL — Analyse du Ghapitre premier.
L(\ Chapitrc preinier est consacrd k liquation
Gylden applique & cetfce Equation quatre m6thodes difFdsrentes donl une fondle
sur 1'emploi des coefficients ind^termin^s et trois sur Temploi des fonctions
ollipliques,
Mais avant d'aller plus loin, disons quels sontles r^sultats qui sont d^montris
au sujet de cette Equation et que Gyld<§n aurait du relrouver. Si Ton applique &
liquation ( i) la m6thode de la variation des constantes arbitrages deLagrange
690 SUR LA M&THODE HORISTIQUE DE GYLDEN.
en regardant (3 el y eomme des quantites tres petites, on obtient une serie pro-
c6dant suivanL les sinus el les cosinus des multiples do deux arguments
el <r = r y' i — a -I- const.
et suivanl les puissances de P; cette serie ou. f> figure en debors des signos
trigonorn6triques est convorgenle pourvu que 9 soil suffisamment petit, Jc
Pappellerai la s6rie S.
Le terme general de la s6rie S est done de la forme Ar"' cos(j)v •+• qw-}- /*)•
Si nous reunissons tous les termes de la serie S qui contiennenl en facteur une
des lignes trigonom^triqucs d'un m£inenrc/K' -+- qw, on pent en fa ire la somnie,
et cette somme apourvaleur A cos (/><'•+• #/'-f- A), oi'i/est un nouvel argument
de la forme
/=Grp-t-5,
cr ekant une nouvelle constante donnce et s une constante arbitraire d'integra-
don. En groupant les termes de celle maniere, on obtient une nouvelle s6rie Si
proc6dant suivant les sinus et les cosinus des multiples des deux arguments r
et/, et ne conienant pas p en dehors des signes trigonom^triques. Getle nouvelle
s6rie Si est divergente, au sens que les maih^nmlicions attaclient JA cc mot ;
elle peutn^anmoins etre employee dans un but pratique pourvu quece soitavec
circonspection. Elle peutdonner une valeurapprochde de la fonction inconnue,
si Ton s'arrete a un certain terme.
Cette s6ric Si depend de deux constantes arbitraires ; la |)remiere est e, et
figure dans/; la deuxieme peut ^tre choisie de bien des manieres ; a Pexemplo
de Gylden nous prendrons le coefficient clu terme en cos/ el nous Tappelle-
rons -/.. Si Fon fait x=o, tous les termes dependant de / disparaissent; la
s^rie Si ne contientplus que 1'arguraent^, elle no depend plus dela conslanle s;
grace a cette reduction, la serie Sf devient co?i^ergente, Cyest la solution
periodique.
Supposons que la constante x ne soil pas nulle, mais tres petite et negligeons
les termes en x2, nous ti'ouvons ainsi
p =s H -h xHj sin/-h xH* si"/:
ou H independant de x represente la solution p6riodique que nous venons de
ddfinir et ou H, H1? H2 sont d6veloppables suivant les sinus et cosinus des mul-
tiples de Targument unique p. Cette serie reprtSsente les solutions tres voisines
de la solution p^riodique (cf. Methodes nouvelles, Chap. IV) ; elle est conver-
gente; je 1'appellerai S*2.
SUR LA MtfTHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 5gi
Daus Ies diilereuts lermes de S et de Si Kgurent ce que Ton appeile de petits
rjt iulroduils par Piutegration. Parml eux nous distinguerons le petit
diviseur y. qui s'iulroduit dans la serie S qunnd on integre un terme en.
iv 4- n (iv — i') et qu'oii retrouve dans la sdrie Si d^duile de S. Parmi Ies termes
do S4, couservous seuleiueut ceux qui contiennerH a au d^nominateur a la
meme puissance que p ou y au uum6rateur. L'ensemble de ces Lermes formera
une nouveile serie S:{; celle stirie sera convergente. C'est celle alaquelle con-
duit la ni'tthode de Delaanay. Comment se fait-il que la s6rie S3 6tant conver-
g«mte, la sorie Sj soil neanraoins divergente; c'est a cause de la presence des
pelits diviseurs autres que ex; inais comme ces pelits diviseurs ne se renconlrent
que dans des lermes d'ordre <Slev6, la s6rie convergente S;} nous donnera une
valeur approchee de la fouction inconnue pourvu qu'on ne veuille pas Fappli-
<[utjr pendant uu intervalle de teuips trop long; c'est la ce qui fait la l£gitimii£
de la m^thode de Delaunu> ,
Tels sont Ies resultats qui sont vrais de Tciquation ( i ) comme des equations
gcnerales du probleme des trois corps et des Equations analogues.
Vojous mainteuant ce qu'a fait Gylden; il clierche a satisfaire <a Fequation
eu posant
f- = 7. cosy' H- /i cos r H- H
et de far.ou que 11 soit petit par rapport aux deux a u Ires termes. 11 d6signe
par :-(ll2) la partie conslazxte de Rat d'oi\ il rtjsulte que (Ru) est petit et positif
e! il arrive aux equations suivantes [Equations (4) de la page to] :
- 9»-h (i — a) -4- ^ X— - f5[ x2-l- x? H- (R*)J « o,
Kemarquons pour comparer ces Equations a celles de Gjldtin, que a, (3, cr et i
represented! ici Ies (34, (33, i — 5 el I — ^ de Gylddn.
Ces Equations sont-elles exactes ; il suffit pour le voir de Ies comparer a la
s6rie convergente S2 d6(inie plus haul et que nous savons former.
Soit d'abord x = o; dans cc cas la s6rie Sj ou Sa se r^duit a celle qui definit
la solution prtriodique; le terme le plus gros est le terme
p = Xi COSf1.
Alors Ies conclusions de (ijld^n sont exactes et Pon trouve bien
692 SUR LA MtfTHODE HORISTIQUE DE GYLD&SL
ce qui est conforme £ liquation (2), puisque x est mil et R tres petit. Gette
equation (3) limite bien la valeur de x£ coumie Gylddn Fa remarqud, et c'est
cette remarque qui a 6i6 Forigine de tout son travail, ou il a vainement cherchd
a la g£n6raliser. On voit Finfluence du terme en )3p;i, et une comparaison phy-
sique la fera mieux comprendre. Si ce terme n'exisiait pas, liquation (i ) ctefi-
nirait le mouvement d'un pendule rigoureusement isochrone qui oscillerait sous
Finfluence d'une force p^riodique y cose. Si cette force se Irouve en resonance
avec la periode propre du pendule, les oscillations pourront devenir tres
grandes. Grace a Faddition de ce terme, le pendule n'est plus rigoureusement
isochrone; s'il y a resonance ponr les oscillations infinimonl petites, Fampli-
tude croitra d'abord, mais quand elle sera plus grande, la periode propre du
pendule ne sera plus la meme, la resonance disparaltra et Famplitude cessera
de croltre. Les constructeurs de naviros out souvent employ^ un artifice
analogue.
Si nous supposons au contraire y el x* nuls, Fequation (r) s'integre tres
ais6ment par les foiictions elliptiques, on pourrait alors former ais6ment la
premiere Equation (2) en y faisant x, = o et nigligeant R, qui esl en effctn6gli-
geable si x est petit. On reconnaitrait ici encore que la formule de Gyld^n est
exacte. Observons que dans ces deux cos, il n'y a dans p qu'un seul argument,
9 dans le premier cas, /dans le deuxieme.
Supposons maintenant que x ne soit pas nul, mais tres petit. Quelle devrail
etre d'apr^s Gyld^n la valeur de <r?Si x est tres petit, il en sera de m£me de R.
On aura done
Cherchons maintenant la vraie valeur de cr. Soit Po la solution p6riodique ; et
P = p04-s; dans ce cas p0 est ind^pendant de x et e est de Fordre de x; nous
pouvons done ndgliger e2, ce qui donne
et comme p0 est sensiblement 6gal k XL COSP, cela fait
d*B / 3 3
^5-l-^-a--pxJ_-p
ou
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 698
en posant
ITest la uue equation qui a fail Pobjet de travaux tres nombreux que j'ai rdisu-
m$s dans le Chapitre XVII des Methodes nouvelles.
Soil £ : - F(p) la solution del'equation (4) qui se r^duit a i et dont la d&riv^e
se rcMuit a z#,ro pour p = o; on aura
cos arc =
DtVveloppons F(p) suivant les puissances croissantes de q^ et de i — q-=r, il
viendra
F ( v ) = cos P -4- ( - H- - ;- j P sin P •+• ~ ( cos P — cos 3 P ) -h R j ,
ou llj contieudra les termes dependant des puissances plus elevees de r et
de </t ; parmi ces termes, nous no conserverons que ceux qui dependent des
secondcs puissances, et qui ne s'annulent pas pour P = TC. Or nous aurons des
lornios en psinr, en (cosr — cosSp), en (COSP — cos OP), en P2cos^; nous
n'avous a nous occuper que des derniers qui sont les seuls qui ne s'annulent
pas pour £:=7r. Or RI est donn^ par liquation
1— i H- Kt = (t -4- g'i cosap) f - H- y- j P sinp H- ^(COSP — cos3p) •
Nous pouvons n6glig*er le terme en COSP — cosSp qui ne peut nous donner
un terme on <>acosp. D'autre part
(-c «t- <7j cost>-p) P sin P = ( " — - - ) ^ sin P -i- - ,- p sm3p,
x J \ 2 / 4
ou le premier terme seul peut nous donner un terme en p2 COSP; il nous suffira
done dMcrire
j -..— ItS— f°-COSPH-..
en n'exprimant que le terme en p2 COSP. II vient done
Or
COS CTTC = — I H
H, p. — VII-
5p4 SUR LA M^THODE HORISTIQUE DE GYLD^N.
II reste done
La formule de Gyld^n donnerait
Avec la formule de Gylden, cr est toujours reel; avec la vraie formule, a peut
devenir imaginaire, et c'est ce qui arrive par exemple si a est positif, (3 ndgatif
et assez grand. Les differences peuventetre Lout a fail^normes; ellcs ne peuveni
s'expliquer par F influence du terme en (R2) qui non seulernent dcvrait elre
tres petit, niais serait toujours de m£me signe et, £tant toujours reel, donnerail
toujours pour t — <r une valeur rtfelle.
Cherchons d'ailleurs le terme principal de R, Un calcul simple nous donne
en n^gligeant les carr6s de T et de g± et en posant cr = i — s :
p = Xi COS P -f- "/- COS/ H~ X, COS (/ — 2 P) - " " ^~
V/2-u — qi H- v/2
ce qui nous donne la valeur de R; le terme le plus important de R; c'est en effet
le terme en cos (f — 2 p). Le rapport du terme en cos (f — 2 p) au terme en cos/*
est —===== — •• Or le num^rateur et le d^nominateur sont du metric
/2T — qi •+• yw -4- ^i
ordre de grandeur; done R n'esl pas n^gligeable devant p().
Le seul cas ou R serait n^gligeable devant p0, serait celui ou q± serait n6gli-
geable devant r, c'est-a-dire ^xj devant a; c'est-a-dire celui ou la consideration
du terme en (3p'a est inutile, ou les methodes ordinaires suffisent, ou celle de
Gylden est sans olyjet.
Gylden dit page 17 que R reste m£me dans les cas exceptionnels de Tordre
de p0 (c'est-^-dire de x cos/+^i cosp), mais qu'elle devient tr6s petite dans les
cas ordinaires, & savoir lorsque la valeur absolue de w est sensiblement plus
grande quel'unit6 [c'est~a-dire lorsque les trois racines de liquation (3) dif-
ferent sensiblement 1'une de Pautre]. On peut se demander ce qu'il entend par
sensiblement. Quand il dit que |&>| est sensiblement >>i, veut-il dire que
| co | — T par example n'est pas tres petit, ou que | co est trcs grand ?
Dans le premier cas, il se Irompe, nous venons de voir que R est du meme
ordre de grandeur que p0 pour toutes les valeurs de ™> c'est-a-dire pour toutos
les valeurs de GO, sauf pour les tres petites valeurs de ~ *
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 696
Dans le deuxieme cas, ce qu'il dit esl exact, car si &> esL tres grand, ^ est
ires petit, mais si. ^- est ires petit, I'emploi de la methode n'a plus, commenous
Favons dit, aucune raison d'etre.
II semhle bien d'ailleurs que sa pens^e doit £tre interpr^l^e de la premiere
maniere. II sail, trop bien le francais pour avoir employ^ une expression
impropre et le contexte senible plutot favorable a cette interpretation.
Est-il vrai du inoins que R ne peut jamais etre tres grand par rapport atix
termcs conserves de p? Oui, si Fon suppose x tres petit, car alors nous avons
p = X| cos r -h x cos/ H-- x'cos(/ — a 9 )
t»t nous avons doime Fexpression du coefficient •//; c'est le dernier terme qni
repnf\sente R. Si nous posons
2 i' -/ = ./"
cette Equation devient
fj = X| COSP -4- x' COSt/V -4- X COS(/' — ?tP).
On rctombc done sur une expression de ineme forme, mais oii le role des coef-
ficients x et x; est interverti. On peut done indiff&remment prendre x ou x'
pour le coefficient du terme principal, ou pour celui de R; si Fon comment de
rc}»' irdor loujours le plus grand des deux comma repr^sentantle terme principal,
ou sera certain que R ne pourra devenir tres grand,
A.urail-on la mdme liberty si x n76tant plus tres petit, on devait tenir compte
des puissances supcirieures dex? On aurait alors des termes en2/ — 3r, 2/ — r,
etc*, et si le coefficient de Fun de ces termes devenait tres grand on ne pourrait
plus employer le meme artifice. Nous verrons plus loin que cela pent fort bien
arrivcr.
III. — Cause de 1'erreur de Gyld&n.
Las conclusions de Gyld^u, du Ghapilre premier, § 1, n° 2, pages 10 a 17
sont done fausses. Quelle est Forigine de son erreur ?
11 envisage liquation (i) et <5gale dans les deux membres les coefficients de
cos/ et cos 9. Six est tr6s petit, nous pouvons 6crire
p as Xi COS (' 4- X COS/ -4- x' COS C/— • 2 V ).
fl vient alors dans p3 des termes en
( A ) cos2 « cos/, cos3/, cos*2(/ — 2 P) cos/
5g6 SUR LA M^THODE HORISTIQUE DE GYLD^N.
et cn
( B ) cos2 p cos (/-—?.<')?
qui peuvent donner un terme en cos/.
Nous avons aussi dans p3 des termes en
(A') COS3?, COS2/ COS P, COS-(/— 2P) COSP
et en
(B') COS 9 COS/ COS (/ — 2^),
qui peuvent donner un terme en cos p. Gyld6n tient compte des termes (A.) et
(A!), mais ne tient pas compte des termes (B) el (B') qui sont du meme ordre.
Si K n'6tant plus tres petit, on ne pouvait plus n^gliger x<J, il y a bien d'autres
termes dont il faudrait tenir compte.
L'mtroduction des termes n<5glig£s ferait perdre aux equations leur forme
« horistique ».
Dans le n° 3, Gyld^n fait une tentative pour pousser Papproximation plus
loin. II arrive ainsi a des formules tres compliqudes d'oii il ne tire rien; elles
ne lui servent m£me pas a lui faire d6couvrir Perreur commise dans le nimi^ro
pr6c6dent. II se borne a montrer que les r4sultats du n° 3 concordent approxi-
mativement avec ceux du n° 2, pourvu que la quantity qu'ilappelle/pageaS soit
tres grande* Mais le cas oti/ est tres grand est pr6cis6ment celui ou les vieilles
m^thodes classiques s'appliquent sans difficult^ et ou tout cct appareil est inutile.
Je n'ai pu arriver a determiner quel est le but poursuivi dans le n° 4, (M
comme il n'est fait dans la suite aucune application des rtSsuhats qui y sont
contenus, je m'abstiendrai d'en analyser ici le contenu.
IV. — Emploi des fonctions elliptiques.
Dans le § 2, Gyld^n applique une seconde m^thode, fondle sur Temploi des
fonctions elliptiques; nous allons voir qu'elle ne differe pas de la m^thode
de Delaunay et qu'elie permet par consequent djobtenir correctement une
premiere approximation. Nous verrons ensuite Pusage que Gyld&n cherche a
en faire pour les approximations suivantes.
Posons
T
p = geiv~±- he-*1', Y cos P = i (<2^'-h e~~itJ).
Substituons dans liquation (i) et <§galons dans les deux, rnembres les
coefficients de eiv et e~~~^. Nous aurions aussi des termes en e±;u<', mais nous ne
SUR LA M^THODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 597
nous eu occupons pas paroe qu'ils ne sauraient dormer naissance a de petits
diviscurs. Nous obtenons ainsi les deux Equations
( '» ) A' •+• :> iff = y.g n~ '} ^ /* — ^. , /,"-_ 2 j/i' = a A -
ou £"'» £"" <l<;tfignenl les d<5riv6es successives de g par rapport sk P,
Dans 4«- et A nous ne conserverons que les termes a longue p^riode qui seuls
peuveut donnor lieu a de pelits diviseurs; mais alors nous pouvons n^gliger g"
ct h'r devant i>' et //, (it il reste
*
(<»> ^ry^a^H-^f^-A — V» — 2iA'= aA 4- 3(3^/1*— I.
2 2
jVf ulliplions par //, el ^r7 ajoutons et int^grons, il viendra
(7 > a#A -h [~ p^2A2 (// -t- £•) = const,
Oa pent ensuite achever Pint^gralion par les fonctions elliptiques. Telle est,
aux notations pr6s, la deuxi^me m^thode de Gyld6n.
Comparons avec la mdthode de Delauaay. Posons
F== (P'-^P-)— P"—
p' d6signant la d^riv6e de p par rapport a P, et u une variable auxiliaire.
L?tfkquaiion (i) peut dtre remplacde paries Equations canoniques
^ J/w ' r/^ •'A'
Posons p = ^/a^cosw, p;^= ^/ft^sinw; d^ou
F = 5 -4- w— • a£cossco— J352cos*co -1-7 1/2? cos p cosio,
les Equations conserveront avec les variables £, co (t P, w la forme canonique.
Si, conform^ment ^ la m^thode de Delaunay, nous ne conservons que les
termes & longue p^riode; si par consequent nous laissons de c6t6 les termes
en cos 2 co, cos4co? COS(P — co), il restera
a 3 * it—,
. u g__ GC2.+. _v \/2?COS(PH- 0)).
2* 8 r 2
Soil
il viendra
(9)
5gS SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLD^N.
et les Equations, devant rester canoniques, deviendront
d$ _ dP _ „ * /TF i- , (J£ -s — — = _h a ~H 3 S£ — 7 (>os£ •
^ — ^ — — T ~ V ^ MIU' ^ "-* ^ 2 -1 vs v/i>. £ '
'/p — ^£ — ^ - — - H' = o
"eft "~ S? "~ l ' ^ "" ^
Si nous posons
on retombera sur les Equations (6), d'ou il suit que la deuxieme m<Hhode de
Gyld6n, etant identique a celle de Delaunay, nous donneune premiere approxi-
mation correcte.
On voit sans peine que g et h sonl des fonctions doublemenl p^riodiqucs
de P. On peut alors construiro les Equations correctes cjui lient les quantil<$s
appelcSes plus haul x, ^ el a-; ces Equations sonl iranscendanlos el elles n'ont
par consdquent aucun rapport avec les Equations (2). A ce point de vue les
conclusions du §2 sont en contradiction direcle avec celles du § 1.
Dira-t-on au moins qne les formules concordenl quand x est tres petit non
seulement d'une fagon absolue, mais par rapport & x4 ? Nous allonsvoir que non ,
et Fanalysc que nous venons de donner dans le paragraphe II suffisait d?ailleurs
pour que nous en fussions surs d'avance.
Nous allons d^velopper g et h suivani les puissances de x, et 6crire
g = ^o -+- g\
ou Art repr&ente Fensemble des tcrmes de Tordre de x/'. Nous trouvons d'abord
Y
g^ = 7?0 = const. 3 cc^'o-4- 3 p#jj ** ±
et ensuite
(10) 2*Vi^(«-i-Op^)^4-3^j/it, -\rA'1 = («-i-(l)p^i!)/M-l-3p/*a^i.
Ce sont des Equations lin^aires ^ coefficients constants; nous pourrons y
satisfaire en posant
g{ = xe~<(', 7/1 = "/<2~-^''}
ou bien
g{ =; x'^'^j /^ = X^^<'.
Ou bien encore en faisant la demi-somme de ces deux solutions particulieres;
on obtient ainsi
p = 2£-0 COS r -4- X COS/H- "/ COS (/— 2 t>),
•avec
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLD^N. 699
el en substituant dans les equations (10), on trouve,
Mais y. -\-ti3ffl esl ce que nous avons appel<$ plus haul T, et SjS^j; Gst ce
que nous avons appelo //4 > & vient ainsi
d'ou
Ces formules sont en concordance avec les rdsukats du paragraphe II et en
disaccord avec les Equations (2), c'esl-a-dire avec les equations de Gyld^n.
( Iberchous encore los lernies constants de ff% et /io. Nous avons
Nous cherchons seuiement les parties constanles de g* et A2; nous devons
done faire ^ --= A'* — °^ Ara = '*ai ^l remplacer ^Ai, g\ et A* par leurs parties
cons tan tes. Or nous avons
. . „
partie constante ^'f = partie constantc lt$ = ^ >
x2 -+- x'2
partie constante g\h\ = — -f - ;
Or )aous aliens avoir, nou plus xtrs a^0 comme dans Tapproximaiion
donte, mais
xi =5 2 £-0-1-
Comparons avec la soconde Equation (a) qui peul s^crire
-axi-?px?--px1(x»-f-x'a)=sa-r
4 2
en remarquant que x/a n'est pas autre chose que ce que Gyld6n appelle (R2).
En premiere approximation, nous avons
Goo SUR LA METHODE HORIST1QUE DE GYLDEN.
Soil x4:=2£'o-+-2<5, de sorte que 8 devrait elre egal a #a. Cola fera en
n<5gligeant <S2, 3xa, &t'2 :
on reconnait d^ja que la formula est crronee.
V. — Discussion de la methode precedente.
Jusqu'ici les conclusions du § 2, d'ailleurs conlradicLoires avec celles du § 1,
sont correctes, mais Gyld^n veut pousser plus loin 1'approximation et lenir
compte des termes n<*glig6s. II 6crit done les Equations (avec d'autres notations)
(n) 2&i£/ — a#-— 6p£-2A-h - = M', — 2&A'~ aA — GpA2^ -h ~ = IS',
ou M7 et N7 repr^sentent 1' ensemble des termes d'abord n6glig6s, etilles integrc
par approximations successives.
J'aurais a faire au sujet de ses conclusions la remarque suivante. Ay ant
r^solu correctement les Equations (6), il constate qu'clles conduisent dans
certains cas a des solutions asymptotiques.
cc Mais, ajoute-t-il page 67, nous verrous dans ce qui suit que la solution
asymptotique n'appartient pas a notre probleme; elle est due uniquement a la
maniere d'aborder les approximations. . . ».
II est Evident qu'ici Gyld&n se trompe. Les Equations approximatives (6)
admettent un systeme de solutions asymptotiques et par consequent une
solution p^riodique pour laquelle les exposants caract£ristiques sont rtfels et
diff^rents de z6ro. Si les Equations approximatives admettent une solution
p^riodique, il en sera de m£me des Equations exacles, qui en different fort pen;
car si Ton fait varier un systeme d'^quations diff^rentielles d'une maniere
continue, une solution p^riodique ne peut disparoitre que quaiid Fun des
exposants caract^ristiques est nul? ce qui n?est pas le cas; de plus cetle solution
p^riodique aura encore des exposants caract6risliques r^els, puisqu'ils dtff6»
reront tres peu de ceux qui correspondent aux Equations (6); et Fexistence des
exposants caract^ristiques r6els entraine celle des solutions asymptotiques.
Tous cos points sont hors de doute et je les ai 6tablis d'une facon tres simple et
rigoureuse dans mes M&thode$ nouvelles.
Gyld&n cherche a nous donner la demonstration promise d'abord page 71,
puis page 7$; il cherche d?abord a montrer qu?on peut diriger les approxi-
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 6oi
millions de lar.on a nc plus renconlrer de solution asymptotique. Pour cela il
eorit les Equations (i i) sous la forme suivanle :
?'-(»•
( 1 1 bis)
(it il inlegre par approximations successives en faisant d'abord les deuxiemes
membres 6gaux a zero, remplagant ensuite les inconnues dans les deuxiemes
membres par les valours trouv6es en premiere approximation et ainsi de suite.
II choisil £ de fa$on a 6viter la solution asymptotique et il se flatte de
pouvoir comluirc les approximations suivanLes en 4vitant Pinlroductionde cette
solution et en ahoutissanl a une sdrie convergenle.
Pour juger cello preHention, il suffit de comparer a un exemple simple.
Soil
— L H- pp = cos r.
Nous voyons quo si (3 = i, 1'equation ne comporle plus de solution p6rio-
dique el que r sort des signes trigonom<Jtriques. Groira-t-on que Ton peut
ochapper a cello consequence par 1'artifice qui consists, (3 <^tant 6gala i , a (^crire
I'dquation sous la forme
_£ ^(l-j-gjp-a COS P -4- £ p '?
AT . , - CQSP
Nous trouvons en premiere approximation p==o, puis p =1 ? puis
ps= .". — ^, suite manifestement divergente.
Eh bien, Gyld6n fail absolurnent la meme chose, II y a page 72 quelques
lignes sur 1'orclre de grandeur des quantities introduites. Ces lignes, trop
concises pour $lre claires, tendent 6videmment a prouver que la s&rie obtenue
sera convergente, ou du moins que les termes iront en diminuant.
Or cela n'est pas exact; car si nous supposons Mr=N'=:o, les Equations
(i i bis) se r6duisent aux Equations (6) et nous savons, Gyld^n Fa d6montr£
lui-m^me, que cos dquations adrnettent des solutions asymptotiques. Las^rie en
question est done divergente, puisque si elle (5tait convergente, ces solutions
n'existeraient pas.
La scSrie converge-t-elle dans d'autres cas? Les deuxiemes membres de
(i i bis} peuvent-ils 6tre assez petits pour qu'il en soit ainsi? Cela n'a pas lieu,
H. P. — VII. 76
Go2 SUR LA MJ2THODE HORISTIQUE DE GYLDEN.
nous venons de le voir quand M; el N' sonl nuls; cela ne pourraitdonc 6tre vrai
que si M' et N' d6truisaienl les termes les plus importanls de e^ el de eh. Or il
est Evident qu'il ne peut pas en £tre ainsi quels que soie/it 1VF et ]Y. Eh bien,
dans le raisoimemeiil de Gylden, il n'est fait aucune hypothese sur MA el JN;
(ou ce qui revient au memo sur ce qu'il appelle M el N). Son raisonneinenl est
done inexact.
Gyid^n cherclxe ensuile a monlrer quo la solulion asymptolique ne pent pas
servir de poinl de depart a une veritable approximation (p. 70, 199) parce que
le deuxieme terme du dcjveloppernenl est susceptible de devenir infini.
C'esl comme si Ton disnii que quand a est petit, yK n'est pas une valour
approch^e de y^-f-a, sous prdtexte que si I'on dc^veloppo suivant les puissances
de a, le deuxieme terme du d6veloppement esl — — et devienl infini pour x ~~~ o.
14 ^
Dans le § 3, Gylden applique une nouvelle methode qui ne dill ore de la
pr&c^dente que par quelques complications nouvelles. 11 n6glige les termes M;
et N; de sorte quo les equations (n) se rc5duisent aux equations (6); nous
venons de voir que ces Equations s'lntegrent ires aisdment par les fonetions
elliptiques. Je n'ai pu arriver a coraprendre pourquoi il aborde ainsi par uno
methode approximative et compliqu^e im probleme qu^il a lui-meme rtfsolu par
une m^thode rigoureuse et simple.
II n?y a qu'un passage oii il ne dit pas explicitement qu'il neglige M' et N',
c'est celui de la page 93 ; mais on doit remarquer qu'il y regarde W comme
une fonction periodique de 1'argument unique w, ce qui ne pent s'expliquer
que de deux manieres; ou bien s'il neglige M; et N' comme dans le reste du §,
ou bien s'il r(5duit M; et N' aux termes — g'r et — lin qui sent ntigligds dans les
equations (6). Dans ce dernier cas, on relomberait sur les Equations (12) du
paragraphe suivant, sur lesquelles nous reviendrons.
VI. — Nouvelle methode de Gylden.
Dans le § 4, Gylden emploie encore une nouvelle methode, fondle (Sgalement
sur 1'emploi des fonctions elliptiques. Elle consiste £ d^velopper la solution de
liquation (i) suivar^t les puissances de y.
Si Fon appliquait cette methode dans toute sa rigueur, on trouverait en
premiere approximation, c'est-a-dire pour y = o, que p est une fonction dou-
blement periodique de p, developpable suivant les sinus et les costnus des
multiples d^un argument unique /= P 4- w, fonction Hn^aire de P. Dans les
SUR LA METHODS HORISTIQUE DE GYLDEN, 6o3
approximations suivantes oa Irouverait des termes en WP + mv, m et n etant
des eutiers quelconquos.
II s'introduirait aussi dcs tonnes seculaires ou ^ sortirait dcs signes trigono-
melriques, mais Gyldtin 6vite {'introduction do ces termes siculaires par
Tartillce suivant :
11 <k*ril liquation (i ) sous la forme
xf i'*iant uae indiHenuimSe. Dans le deuxieme membre, il subslitue a la place
do o, d'abord zdro, puis a la deuxieme approximation la valeur de p irouv^e en
premiere npproximalion el plus g<^n6ralement a la /ill'ine approximation la
valour trouvtV eu (n- — i)l('mt' approximation. II dispose ensuite de I?ind6-
t^rxxiinue d \ chaque approximation, de fagon o faire disparaitre les tonnes en
cos/ qui lui donneraient apres integration des termes s^culaii^es. Get artifice
v$t Itigitune.
Be plus, il laisso de col6 a chaque approximation les termes en w + nw ou
Fenlier m n'a pas la valour ±: i . Ce qui justifie dans une certaine mesure cette
manure de faire, c'est que les termes de la forme v + nw sont ceux ou
s'introduit le plus important de lous les petits diviseurs; mais on ne doit pas
oublier que d'autros termes (qu'on ne rencontre pas il est vrai dans les
premieres approximations, mais seulement dans les suivantes), introduisent de
uouveaux petits diviseurs encore plus petits, et que c'est pr<5cis(}ment a ces
petits diviseurs qu'ost due la divergence des series.
Opdrer de la sorte, cela revient a determiner g et h par les Equations
Oette mdthode se rapproche de celle de Delaunay; elle n7est pas plus precise
car les termes par lesquels les Equations (xa) different des Equations (6) ne
sont pas plus grands et plus importants que les autres termes n6glig<^.
II ixe faudrait pas croire non. plus que Ton, obtient par ce proc6d£ tous les
tonnes en t> + rw avec leurs coefficients exacts. En effet, il peut s'introduire
4 la AI6mo approximation des termes do la forme WP-HTMV (;w>i) dont la
combinaison produira & la (A-+-/?)16Dio approximation un terra e v-\-nw\ si Ton
udglige ces ^ermes ^ la A-i&me approximation, le coefficient du terme en 9 -i- nw
ne sera plus exact a la
6o4 SUR LA METHODS HORISTIQUE DE GYLDEN.
Quoi qu'il en soit les Equations (12) admettent 1'inlegrale
g'h'—zgh -- p^s-i- L(h 4. £•) -= const.
On ne peut pas en trouver Tmt^grale g&a$rale; niais pour Pobjet poursuivi
par Gyld^n, il suffit d'en connaitre une solution periodique. Celtc solution
periodique existe et le df^veloppement correspondant converge, com me il arrive
toujours pour une solution p6riodique.
Les d^veloppements trouv^s par Gyld£n dans ce § 4 sont done bien
convergents, ainsi qu'il Tannonce. Us pourraient £lre tres facilemenl obtenus
par la th.6orie des solutions p6riodiques, Mais des qu'il voudrait tenir compte
des termes en mv -+- TW, la convergence cesserait.
L'analyse de Gyld&o. ne nous apprend d'ailleurs rien de plus que la m£thode
de Delaunay. Elle n'est pas plus precise; elle n'est pas plus proprc a nous
renseigner sur la convergence des d<5veloppements complete.
VII. — Analyse du deuxienie Ghapitre.
Passons au Chapitre II et au § 5; Gyld&n y envisage des Equations plus
compliqu^es oti figure dans le premier membre outre la d<5riv6e seconde ~^ ?
un polynome entier en y et -~- dont les coefficients sont des fonctions connues
de c^» Quant au deuxteme membre, c'est une fonction connue de c. Toutes ccs
fonctions connues de 9 sont supposes d6veloppables en series trigono-
metriques.
Gyld^n commence par ^tudier des transformations, permeltant de simplifier
cette Equation. Je n'expliquerai pas ici le detail de ces transformations. II arrive
page 187 a liquation suivante :
d~ v
^L + i\y ^ l\r«-f- IV3 = 09
ou FI, r2, F3, Q sont des fonctions connues de c, toutes tr&s petites] mais il
n'^nonce pas de r^sultats assez nets pour qu'on puisse les discuter.
A la page i4%> ^ envisage une equation analogue, mais ou T± est tres voisin
de i. La discussion des transformations qu'il lui applique nous entrainerait
trop loin, j'ai hate d'arriver a ce qu'il dit page i58 d'une Equation plus simple
qui est sou 6quation (3g),
- + (n- p^ pa-n*)*H- poXy= ®> V-= (i— PX--H (Q et x donn6s).
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 6o5
11 cherchc a satislaire a ceLte equation en posant
Z = > o 1- V| -!- V«4-. - -
el en dcUermmani ie;> V par une s&rie donations qu'il appelle (47) page 170
ct cjui sonl de la forme
12,! etanl conuu et II 6tant la partie constante de v)-,
Laissant de c6t<$, pour simplitter, (3 et %, ainsi que (3< el faisant j33--=^ —
pour fixer les iddes, nous voyons que liquation peut s'6crire
dz^
IH- -U-
(ijldeu ^imagine qu'il obtiendra une premiere approximation en n^gligeant
dans le coefficient de z les termes periodiques, de sorte que ce coefficient se
r6dui.se a une constante H el que liquation (i3) devienne
II ost important d'examiner si cela est l<igitime, parce que c'est le principe
mdino de la m^thode horistique.
Soit
11 aa Y COS U -i- Y COS ( U -H CO ),
on co •: cri», C7 6tant petit.
r/<5quation (i3 bis] nous conduirait alors &. une solution de la forme
S =s K COS 2£ -h X' COS ( W H- 0) )
et alors on aurait sensiblement (4 cause de la pedlesse de or)
•n«= 3- -4- ( — )= ^4- 3t'24-2>t%/coso), II = X2H- y./a.
\rf«/
Substituons dans les Equations (i3) et (i3 bis). Liquation (i3 bis) donne
djou GyldcSn conclut que K et x; sont limit(Ss. Mais on neglige ainsi la ditlerence
entre les premiers membres de (i3) et (i3 bis), c'est-a-dire
Xttx'«OSM4- (»)4-X3X/COS(M — U)) -h Xv'2K COS W 4- x'2XCOs(
Si cr est tr6s petit, si y et y7 sont comparables entre cux, x et x' sont du meme
ordre de grandeur, x**7, xa, etc. sont comparables 4 y et les termes n^glig^s
sont de Tordre de i2, c'est-4-dire des termes conserves.
6o6 SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLD^N.
Du reste on montre cela d'une fagon plus frappante en raisonnant comme il
suit :
Faisons er = o, y = r'; les deux Equations (i4) ajouties donnent
2X3=V = 2x':t=Y'> (xH-x')a=4r-
Mais si <r=o, les deux tennes de & se confoudenl en un seul el Ton a
Q_ 2ycosw, d'ou par la premiere Equation (i4) (qui esl alors exacle) :
(x + x')n = 27,
r^sultat contradictoire avec le precedent.
L'analyse de GyldtSn no ressemble done en ricii a une approximation. Mais il
faut se poser la question d'une fagon plus large et se demander : Supposons
que Gylden n'ait pas commis cette erreur et qu'il ait calculi exaciement ces
coefficients x, ces coefficients auraient-ils (He lirnitds ?
Soil plus g^a^ralement
0 = 2; > cosy;, /„ = w(i •+• ow ), ^ = £ ^'i 5
s = 2 x,, cos/,,, H^ = aX/i-t- eXJ.
[Nous supposons les cr;i tres petits, s tres petit, A,* et fx/4 finis.
Nous voyons d'abord que & est une fonction paire de u, de telle fa<;on que
pour u = o ses d^riv^es d'ordre impair s'annulenl* INous designerons pary,y;/,
jiv, etc., les valetirs de^ et de ses d^rivdes successives d'ordre pair pourw = o;
et de m^me par ^0? ^1; elc-> les valeurs de ^ ei fle ses d^rivees pour u = o.
On trouve ainsi
/y H- y )
Or
djou
— eSxjJt -h (2
ou si e est tres petit
ou enfin
Or si 2y = o. cette expression devient infinie ; il faut done que Tun des x au
SUR LA M£THODE HORISTIQUE DE GYLD£N. 607
moina tlcvioime infini (on plulol deux au inoins, puisque ix = o). Les coeffi-
cients 7, n** snnt done pti.s limits.
Ici encore la m<Hhode horisiique est en d6faul.
•
VIII. — Equations de la longitude.
Jusqu'ioi Gyld<r>n a envisage surloul les Equations donl il se serl pour la
dtHcrminuUon du rayon vecleur. Dans le $ 6, il envisage plus parli-
oulieremenl colics qui lui servenl a determiner la longitude. L/examen de la
methods lioristique dans ce dernier cas osL d'autant plus important qu'on a fait
des lentativcs pour Tnppliquer, ce qu'on n'a jamais cherch6 a faire pour le
rayon vccteur.
I in astronomy tout u fail ernincnl, M. Backlunil, Irop confiant dans les
rosullats ti<» ("5yld(hx7 s'est memo un instant laiss(5 entrainer a des conclusions
Jnexnotos <ju'il a rcctifi6es depuis. M. Stockwcll avail d^lerniin^ par les
nxeU bodes ordianiros certaines iii^galilos de la precession; M. Harzor avail
calculi par les nuHhodes d(^ Gjlden une im^alil6 de la longitude d'H6cube ;
j'entends par h^s preiniores inolhodes de Gylden et non par la methode
horihtiquc. M. Backlund appliqua a cos deux cas les formules horisliques de
Gyld(iu, ct cos formules lui donnercnt des coefficients trois ou quatre fois plus
pctits quo cnux qu'avaienl oblonus ses devancicrs. (bulletin, de VAcaddmie
df> tfniftt-Wttenibourfr) rnai 1900.)
Les Equations de la longitude, de mfimo que celles de la precession, peuvent
^tre ramen^es a la fornu^
-^7 =: £ a sin ( /?/ -h P j -4- 21 b siti/^,
on sin(»/: l-i») cst Fun dcs tonnes a courte p6riode et oft s'mpt est Tun des
lormos Jk league p^riodo. Pour plus de simplicity, jc n'envisagerai qu'un terme
do clmquo so Ho et j'^crirai
Jo supposerai quo a el n sonl petits, mais b el p beauconp plus petits, de
sortc que ^ soil beaucoup plus grand quo ~p el quc^2 soil comparable a -r
Posons alors
(16)
608 SUR LA METHODS HORISTIQUE DE GYLD^N.
et
»,'
Ea n^gligeant le carr6 de e, on trouve
Dans les anciennes m^thodes (Stockwell el Harzer) on neglige le premier
terme qui est a courte p^riode et Ton ecrit
& • ,
£ = --- - sin />/.
^s ^
Voici maintenant ce que donne la m<§thode horistique appliqu^e par M. Back-
lund. On trouve sensiblement
&• <t>
PO = -- „ sin jit^ d^iii GQ$(nt ~h PO ) = cos nt -I — - sin- nt.
U equation (17) devient ainsi
— t = £ ( a cos fit -l -- - sin a/uf ) -4- b sinpt
dt- \ ri* J
ou, si Von conserve seulement la valeur moyenne du coefficient de B :
,. , b shipf
d ou s = -- ; — - — •
Telles sont les deux analyses entre lesquelles il s'agil de decider; cola est
facile, puisqne les Equations (16) et (17) peuvent s'inl^grer exaclemcnt et que
Gyld^n lui-m^me a souvent int6gr6 des 6quations de mejme forme dans lo conrs
de ses recherches.
Gette integration montre que le terme en sinjo^ qui est le seui sensible est
r4duit a
b s'
ce qui est conforme aux r^sultats obtenus par les anciennes methodcs
(Cf. C. R. Acad. Sc., t. 132, p. 5o) (<).
Backlund revenant sur la question (C. Jl. Acad. Sc,, t. 132, p. sgt)
d^couvrit le point faible de Fanalyse qu'il avail d'abord suivie ; raais il voulut
g^n^reusement prendre la faute tout entiere sur lui et disculpcr Gyld^n, sa
f1) GEuvres de Henri Potncare, t. VIII.
SUR LA M£THODE HORISTIQUE DE GYLD£N. 609
conduite daus celte circonstance montre que sou caractere est digne de son
talent.
« <«yldon, tlit-il, cousidere des le debut des approximations liquation
(c'est-a-dire qn'il neglige e'1 et non s'2) et il arrive pour le terme eu sinpt a
r • ^ sin;//1 , ,. , , . . a2
i expression — — — ^7, on y- cst sans doute beaucoup plus pctil que — -j mais
n'est <>ependant pas uul. ^>
Backluud roconnut ensuilo (Hull. Ast.j\^ t. 19, p. 433) que la meme objection
s^nppltque non settlement au cas de la precession, mais aussi an cas d'H^cube,
tH il ajoiUa qu'il sorait tres desirable qu^une analyse plus approfondie conduisit
a la detennmalion d(s v-.
Ce qui rt^ulle <lc Tanalyse pr6c6dente, c'est-a-dire de Fintegration exacie de
Fcqualion (17), c'esl que v- s'annule avec 6. Voyons comment Gyldto traite
noire equation (18), qui joue un role analogue a celui de son Equation (12) de
la page 189 (voir p. 189 a 199).
Par une sdrie de transformations assez compliqu^es, ilia ramene a la forme
Y repr^sentant un ensemble de termes connus; c'est son Equation (16) de la
page H)8. Gyld(5n r<5duit (^) ^ sa valeur moyenne, qui est une constante
positive, quitle a faire passer les termes n6glig6s dans le deuxieme membre et
^ les confondre avec Y. Son Equation prend alors la forme
— Z— $y = — Q [equation (17) de la page 198],
ou (3 est une constante positive et ou Q est connu. C'est ce terme en fiy qui
permet d'dviier les petits diviseurs et qui jouc le rdle de « terme horistique)>.
C'est toujours le m^me proc^d^ qui consiste a renxplacer une des fonctions
qui figure dans nos Equations par sa valeur moyenne, et dont nous avons a
(dy \2
— J ne joue
qn'un r6le secondaire, car (^)2 est beaucoup plus petit que A2- C'est done le
terme en h^y qui est le principal terme horistique ; comment s'est-il introduit
dans les Equations de Gyld^n? Nous le voyons apparaitre ^ la page 189.
H. P. — VII. 77
6io SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN.
cc D'abord, dit Gyldin, nous en retranchons le terme dependant de la partie
constante de VJ, terme qui se reunit immediatemcn! avec In foncliou Z0. »
Voici ce que cela veul dire; reprenona* noire Equation (i5); en posaiil,
couime nous Tavons fait v = PO H- e, (3l n^gligeant £'', elle peul s'6crire
_
Ctt>"
Nous avons vu comment cette equation peufe se scinder en deux pour donner
les Equations (16) et (18); rnais Gjlden 110 fait pas tout a fait la meme chose;
il scinde l'6quation de la fa con suivantc :
(18 bis) -T^T —
"
-- TT- cos ( /^ H- ro ) H- b si
la constante /i qui joue le >role de /i3 (Hant la valeur mojenne do la fonction
p6riodique £-.
L' Equation (iSbis) ne differe que par les notations de J^quation (12) de la
page 189 de Gylden. Dans cette Equation (12) UOUK voyons la constante Aa
figurer deux fois; u savoir dans le dcuxieme et le troisiemc terme. Get Aa qui
figure dans le troisi^me terme, finit dans la suite des transformations par allor
se perdre dans les termes connus Y ; le terme « horislique » de liquation (16)
do Gyld<§n provient done uniquement du second terme de 1'equation (12),
c'est-&-dire du terme en Vi. Les termes en s3 — h et en sa, dans la suite de
1'analyse de Gylden, finissent par se confondre dans l<js termes connus "\ *
Voici done, en derniere analyse, en quoi consiste la methode de Gylden.
En premiere approximation on remplacera s2 — k et s;} par z&ro dans le
deuxieme membre de (iQbis) et Ton int(5grera (idbis) et (i86w). Dans (\6bzs)
on donnera a h une valeur positive quelconque dc 1'ordre de £a. Eu deuxieme
approximation, on remplacera dans le deuxieme membro de (iBbis), e2 — h
et e3 par leur premidre valeur approchde; quant ^ h on le remplacera
dans (iQbis) par la valeur moyeime de la fonction ]>6riodique e- obtenue en
premiere approximation; et ainsi de suite.
SUR LA M£THODE HORISTIQUE DE GYU>£N. 611
Cette infthode serait Ugitime si le terme
donl on tient compte (Stall plus important quo le terme
~
que Ton neglige. Or le terme le plus important de a est un terme en sinpt, soil
done
s = X; shijt>£.
Le trrme (i<)) doul on tieiit compte est
a/c* . , /
-- r-sm(/^ -i- <«<>).
4
Le terme (20) que 1'on neglige est
r/A'u . , r . ak-
H — r- sni(/U -h a/>Jf -H PO) H — — sln(/iif — zpt-+- PO)-
o ' o
Les coefficients sont du tudme ordre, les arguments sont a peu pres les
monies puisqne p est benucoup plus petit que n; 1'inL^gralion ne peut intro-
duiro de petit divisour ni en ce qui concerne (19), ni en ce qui concerne (so).
II n'y a aucune raison pour tenir eompte de Fun des termes plutdt que de
1'aulre.
I/analyso de Gjld6n ne permct done pas de trancber la question. II s'agit
de determiner le coefficient de sinjt)^. D'apres les anciennes theories il serait
sensiblomont --* D'apres Gjldcin il serait — - - ou v serait lui-m^me de
1'ordrc de ~w • II faut done faire le calcul en consid6rant b et p comme tr&s
P b .
pctits et de telle fa^on que — soit fini ; c?est-^i-dire d^velopper suivant les
puissances de b et conserver seulement parnxi les termes en bn ceux qui
eoutieiment p^(t au dtoominateur, c'est pr^cis6ment ce que Ton fait dans la
m^thode do Delaunay ; si nous trouvons — pour le coefficient, Gylden aura
tort, si nous trouvons une fonction de -5 qui ne devient pas infinie a^ec -j>
Gylden aura raison,
Appliquons done la m&thode de Delaunay ; posons % = nt-\-> v, de sorte que
notre Equation devient
as a sin^ -h b
Gl2 SUR LA METHODS HORISTIQUE DE GYLD&N.
Nous pouvons alors <3crire, en introduisant une variable auxiliaire % :
^
~A- — a Sr
clt
Posons (en introduisant deux nouvelles variables auxiliaires z et a)
F s= - x'2 X' cos's "^ # COSX. *+" J}U>
2 ^9
nos Equations prendront la forme canonique :
dt d^ * dt ~~ dyf ' ^ — c/?* ^ J r^ ^/^
Appliquons la m^thode de Jacobi.
Soit une fonction S de la variable % et du parametre W dc'ifinie par 1'^quation
Posons ensuite
'_ ^S ^S _ _ T ?'(W)<:
•Nous voyons :
i° que
•2L — aoosx==<p(W);i
2° que x^X — Wrfflp est une difFerentielle exacte ;
3° que ^f, cos^ et sin^ sont des fonctions doublement p(5riodiques de (v;
nous pouvons choisir la fonction cp(W) de fagon que la ptiriode r6clle
soit 2TT, et que^> cos^ et sin% soient d^veloppables suivant les sinus et cosinus
des multiples de qp.f
II vient alors
— /\xn b '
P
et les Equations conservant la forme canonique s'^crivent
dt
La fonction F est d^veloppable suivant les cosinus et les sinus des multiples
de w et de z. Pour appliquer la mdthode de Delaunay, il faut ne conserver
dans F que les termes « a longue p^riode » c'est-a-dire ici ceux qui ne
dependent pas de w> mais seulement de js. Pour cela nous n'avons qu'a
SUR LA METHODE HOR1STIQUE DE GYLDEN. 6l3
rt'duire •/ A sa vnleur inoyonno qui est une fouction de W que j'appelle ^'0, de
.sorte quo
d'ou
<t\\ ^ dw
a\ni
W = const. } c = p^j ?i» = — £[j)V\y)-+-, — ,
' n^
On voil quo tr contienl un terme en — smpt qui devient Lres grand si —^ est
tr6.s grand ; or x> d'aprcs uos hypotheses, est une fonction de w qui augmente
de 2K quancl iv angmenle de a?r. S'il y a dans w un terme p&riodique d'am-
pliludc Ir6s grande, il y en aura (Sgalemenl un dans ^.
Lu ph6nomenc « horistiquo » ne pout done se produire comme Tavait cru
(iyld^n.
IX. — Examen d'une Equation particuliere.
Passoas maintenant ^ la page 208 ; nous y trouverons liquation
/ v
(9.1)
(Jyld^n dherche une solution ptiriodique de cette ^fjiiation de la forme
n 4tant entierpositif ; on prend plaisir 4 se trouver en presence d?un probleme
aussi simple et aussi neltement pos<5.
Gyld^n cherche ^ determiner les coefficients xrt et il arrive & la fin de la
pngo 209 & une Equation qu'il cherche ^ discuter.
« Maintenant, dit-il, en supposant que les coefficients x3, x4, . . . , ou connus,
ou nigligeables, il so comprend que la quantity x4? qui s'obtient par la reisolu-
tion de liquation pr^c^dente du troisieme degr6, ne surpasse jamais une
certaine Hmite qui s'approche d'autant plus de z&ro, que la valeur de ~ est
plus petite.
« On aura facilement des r^sultats semblablesrelativementauxcoefficientsx2j
6l4 SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLD&N.
Pour juger ce r^sultat, developpons les deux membres de (21) suivant les
puissances de u} et ^galons les coefficients de ?//, il viendra
d'ou
Si ff est ires petit, le second membre de cette in<igalil4 est tres grand, d'oti il
suit que les x ne peuvent pas £tre tous limites.
Dira-t-on que la s^rie 2x est convergente, inais que la s6rie 2x/i- diverge, de
sorte quo le premier membre de Pin6galit6 pent £tre tres grand, bien que tons
les x soient limits?
Non, car tant que la solution p«5riodique existe, y est une fonction analy-
tique de w, ses d6riv^es d'ordre quelconque sont des fonctions p($riodiques
de u et sont comme elles developpables en s^rie de Fourier. La sdrie S | x | rtf est
done convergente quelque grand que soit p. Soil y la plus grande des valeurs
de
(22) nous donnera
T2 7& "*" **'
ce qui montre que y croit ind^fininaent avec
«!
D'ailleurs si, comme le dit Gylden, x3, x,r(, . . . <Haieut « neSgligeables », le
premier membre de (22) ne d^pendrait plus que de xi et x2 et ne contiendrait
plus qu'un nombre fini de.termes. 11 scrait done impossible que XA et x2 soient
tous deux limits.
Enfin montrons plus directement encore que y ne pent £tre limits. Soit M le
maximum de \y\t Int^grons Fequation (21) sous la forme
dy u
^ ---
dU 2
~
C.
Egalons les coefficients de coscrw dans les deux membres; dans —> le coefficient
ClU
est plus petit que iro-M, dansj/2 plus petit que TiM2; nous aurons done
ce qui montre que M croit ind^finiment avec—-
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLD^N. 6l5
\. -- Equations du rayon vecteur.
JTarrive an § 7, pni»e :^<-?, Nous y relronvons Inequation (i), avec cctte
dHIV»n»net» quo lo deuxieme membre au lieu de so r^duire a un seul leruic en
comprend plusieurs de memo forme, dont je d6sigr»erai 1'eniemble par X.
Nous uvnns done
( ->'S ') ~| -h ( T — a) p — fJ?« = X,
(iyld(r»n ^cril ici z au lieu de p; j33 au lieu de (3, el Z au lieu de i — a; mais
dans louit1 la prtimiero parlic de son analyse, il suppose X constant et voisin
de i .
Nous aurons d'ailleurs
X = — S A n cos ( j/;, C*n = ">. \f) r.
Gyld^n, page i%2C), introduit deux variables nouvelles y el ^ ^t pose
Alors liquation (^3) cst remplacee paries deux Equations suivantes [Aqua-
tions (3) et (4) de Gyldte] :
ot\ Y d^signe un ensemble de Lermes inutiles ^ 6crire.
Quant & vy, c'est une constante choisie de telle fagon que <1> soitune s^rie
trigonom^trique dont la partie constante est nulle.
Liquation (a4) P^^t ^tr« remplacee par la suivante [Equation (3') de
Gyldto] :
U 6tant un ensemble de termes inutiles ^ £crire.
Void alors comment Gyld6n conduit les approximations. II fait d'abord
ip = o dans le^ deuxi^mes membres de (a5) et (a4 fe^) et il determine a Paide de
ces deux Equations y, ^ et v2 ; il substitue ensuite ces valeurs des inconnues
dans les deuxiemes membres, ce qui lui fournit des valeurs plus approch6es de
ces m&mes inconnues; et ainsi de suite.
6l6 SUR LA M^THODE HORISTIQUE DE GYLDgN.
En premiere approximation, il trouve
y = S*B cos GBJ v> = pS «*, a;,, =
.,.,.
el il a aussi page 280 une expression de ip que je no transcris pas.
CommenQons par comparer avec les resultats du Chapitre premier. Dans ce
Chapitre, le deuxieme membre X se r6duisait a un seul terme — ycosp; et
Gyld^n s'efforgait d'oblenir Pintegrale generate dependant d'une constante
arbitraire appel^e #. II obtcnait ainsi P6quation (a) qui, nous Pavons vu, est
fausse en general; mais quand il se bornait a chercber Pint^grale particuliere
qui correspond au cas de x = o, son Equation se r^duisait a
(3) -8^?H-a^-Y = o
4
qui est evcacte.
Dans le Chapitre que nous citons maintenant, GyldfSn ne cherche plus
Pint^grale g^nerale, mais seulement Pint^grale particuliere dont il vient d'etre
question. Done quand X se reduit a un seul terme, il devrait retrouver liqua-
tion (3) ^ la difference des notations pres.
Soit done
X = — A i cos GI = — Y cos v,
c'est-a-dire
Les formules de la page 280 donnent alors
•A-i i ..j 9 , p3?-j
Observons que d'apr^s Tequation (3) si a ety sont tres petits et (3 fmi, oc\ est
de Fordre de v/y'et par consequent petit; done x\ ot par consequent ^ sont
n^gligeables devant 1'unite. On a done
et vaa?i-ha'a?i — AI — o
ou
— j3a;J -h-a^Ci — Y == °-
2
C'est bien une Equation de la forme (3); mais elle est incompatible avec
liquation (3) puisque les coefficients sont diff6rents.
La m6lhode de Gyldte est done non seulement ill^gitime, mais encore en
contradiction avec Pun des rares resultats exacts qu'il avait obtenus
rieurement.
SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLDEN. 617
DVi provioni ooiio divergence? Pour que la m6thode d'approximation
lYit U'£ittme, il faudrait quo les tonnes u6glig6s fussent plus petits que les
lernu'.s conserves. Or il n'ea cst rien, il est aisd que constater que dans le
douxicme mumluv, <lo (:%•>) le terme 2 ^ ^ que Ton neglige est du meme
ordre que lo ierme X quo Ton conserve. El cela est vrai, bien entendu, que X
so, nMuise a uu soul terme, ou en coniieune plusieurs (c/, C. B. Acad. Sc.,
XL — Analyse du troisieme Chapitre.
Knfm, dans le Ghapitre III, Ciylden cherche a appliquer au probleme des
Irois corps Ics principes 6tablis dans les do.ux premiers Chapitres; comme nous
avons vu *JIHJ <'fts principes sont faux, il parait superflu d'en discuier les applica-
tions. Uu molsculcniont sur la conclusion la plus importante. Les termes les
uioins (Ucv^s dc la fo act ion perturbuirice peuvent donner lieu au ph^nomene
connu «ous le uom do libration ; mais il n'en est pas de m£me des termes
d'ordrc Move ; pour ceirx-ci, en eflet, les termes horisliques prennent une
indnence pr^pond^rante et s'opposent u la libration.
La fausset<i cle cette conclusion est munifeste. J'ai ^tabli, en effet, par des
ddmonslrations rigourouses dans les M&tkodes nouvelles :
i" (}u?a cheque terme de la fonction perturbatrice, quelque ^lev^ qu'en soit
Pordre, correspond uu systeme do solutions pt^riodiques de la deuxieme ou de
la iroisidme sorie; cos solutions sont d^veloppables suivant les puissances des
masses el les series convergent pourvu que les masses soient assez petites
(Chap. III).
»° Que parrni cos solutions p^riodiques il y en a autant de stables que
d?instables; que les solutions tr&s voisines djune solution p^riodique stable
oscillent autour de cette solution p^riodique, ce qui donne lieu & la libration,
quo par consequent nn tonne quelconque de la fonction perturbatrice engen-
drera une libration) & moins que les exposants caract6ristiques correspondants
ne soient tous nuls (Chap. IV).
3° Que d'autre part on ne snurait pr^tendre que pour les termes d'ordre
suffisamment dlevtS ces exposants sont nuls. II stiffit pour s'en convaincre de
(J) OEuvres de Henri Poincar&y ce Tome, p, 583.
H. P. — VIT. 78
6l8 SUR LA METHODE HORISTIQUE DE GYLD^N.
former les expressions approchees des termes d'ordre 6levc de la fonclion per
Lurbatrice par la m^tnode de Darboux (Chap. VI, en parliculier n°102).
La conclusion de Gyld&i est done fausse; ou s'esl-il tromp£? Je ne pnis le
dire exactement; il s'appuie sur ce qu'im certain coefficient a esl n^gatif pour
les termes 6lev6s, page 292; d'ou tire-t-il celte affirmation, il m'a ('»lo impos-
sible de le d^couvrir; il la deduit sans doute de quelque proposition ant^rienre
qu^il n6glige de rappeler. Quelle est celte proposition, est-ce une de celles
dont nous avons reconnu plus haul la faussel.6 ; est-ce une autre qui m'a
£chapp£ et qui serait alors 6galement fausse, puisqu'elle conduit a une
conclusion inexacte ? Je ne puis le savoir.
En resume, de tout ce grand effort, il ne reste rien.
Quelques-uns des r^sultats sont manifestement exacts, mais on aurail pu y
arriver par une voie beattcoup plus rapide ; un plus grand nornbre sont mani-
festement faux; la plupart sonl <5nonces d'une fagon trop obscure pour qu'on
puisse decider s;ils sont vrais ou faux.
SUR LA METHODE HORISTIQUE
OBSERVATIONS SUR L' ARTICLE DE M. BACKLUND
Ihdletui a&tronQtnique, t, 21, p. 292-296 (aotit
Jo suis ires reconnaissant £ M. Backlund d'avoir pr£sent6 (*•) les theories de
Gyl<i6n sous une forme claire el netie, qui en rend la discussion facile.
M. Backlund remarque d'abord quo j'ai suppose Z = i, tandis qu'on a en
gehidral Z r— i — p, (3 (Hani de Pordro d<^s masses. On peut n^anmoins supposer
Z = i sans reslreinte la g(^a6raliL^, car l'6qualion conserve la m£me forme quand
on pose
et & Paide de cette Lransformation on peuL Lotijours ramener le coefficient de z
M. Backlund restreint le second mombre aux tennes critiques^ cjest-a-dire
4 ceux oi\ les (3 — ;>, a -)- cra sonl Ir^s petit s par rapport ^ (3. 11 ajoule en note, et
c'est l& le point cssentiel, que dans ces conditions les termes en GI — 262,
2 d — Ga ne sont pas critiques.
II est clair qu'il ne peut y avoir 1& qu'un lapsus, car si
sont tr6s petits, il en sera de m£me de
[2(l_ari)_(I_a2)]2~(l-(3)23
puisque, it cause de la petitesse de (3 et de «r, ces trois quantit^s sont sensible-
ment en progression arithm^tique.
(*) Bulletin, astronomique^ t. 21, 190/1, p*
620 SUR LA METHODE HORISTIQUE,
Je ne relcverai pas ce qui chez M. Backhmd n'est qu'une inadvertance, si ce
n'^tait la pr6cisement Ferreur fondamentale de Gylcl6n. II est impossible quc
Ci et G2 soieat critiques, sans que a GI — Ga le soil.
Du moment que les termes en 2 G4 — Ga sonl critiques, M. Backlund n'a pas
plus le droit de n^gliger fas (z- — ~HJ que Gyld6n de ndgliger fa -£ ^~.
M. Backlund arrive ensuite a liquation qui donne les coefficients >c; si je la
rapproche de celle qu'a obtenue Gyld^n a la page 228, j'y vois figurer un
terme^(33H, ou Gyld6n ecrivail ^(3:5H. C'est la formule de M. Backlund qui
est correcte, du moins dans le seul cas ou la m<^thode est I6gilime.
Dans le cas g6n6ral, les deux formules sont inexactes, et Fon pent s'en
rendre compte d'une fa^on el^mentaire.
Additionnons les deux ^qxiations (3) do M. Backlund. Si nous supposons
AL=At>, o-i = Qp2,
d'oa
Oj = 0-2 , Xi = X»>3
il vient (en supprimant les indices devenus inutiles)
8 A
() x3 -h 2 xO = 7; r : •
•' r
Mais si
A | =ss Aa, T| = T'2,
les deux termes en G\ et G^ se confondenl en un seul; tout doit done se passer
comme si Ton avail
A i = :>. A , A 2 = <>j *2 = o, x-i = iv/t3
d'ou
. 8 A
x?H-x,0,= -?
et enfin
Equation incompatible avec la
La m^lhode horistique n'est done pas Mgitime dans le cas qui nous occupe.
Quelques mots maintenant sur les deux remarques qui terminent Particle de
M. Backlund.
II est vrai que Gyld^n a dans son premier Chapitre trail<§ le cas des termes
dependant des coristantes denigration et d'un terme connu AiCOsGi. II Fa
SUR LA METHODS HORISTIQUE, 621
merino fait par plusieurs raethodes, mais, parmi ces mcithodes, les unes sont
fausses, les aul.res no se preterit pas a la generalisation en question. Gala est
tirailleurs sans int6r<H, puisqae nous venons de voir que la m&thode est fausse,
memo en laissant de c<H6 les termes qui contiennent des constanles d'int^gra-
liou.
Ku ce tjui eoncerne i'application de la m^thode horistique a la longitude, j'ai
n*eomm <|u4l n'y avait pas de coefficient horisiique, meme quand on tient
cnnipte dds ttirmes du troisierne ordre. C'est ce que j'exposerai dans un
M6iuoireplus6tendu(I). L'erreur, dontM. Backlund veutg6n6reusements'attri-
buer U)iitc la responsabilit^, ne lui appartient done pas. II s'est conform^ aux
principes g^n6raux de la m^thodo et s?est servi du mode de raisonnement
pr6conis<5 par Gyldthi, et dont ce savant avait fait d'aulres applications. Ce
mode de raisonncmcut consiste A remplacer certains coefficients p^riodiques
par leur valour nioyenne : c'est ce qu'a fait M. Backlund, c'est ce qu'avait fait
Gyld6n; .si Fastronome russe s'est tromp6, ce n'est pas qu'il en a mal appliqu^
les rdgles, c'est que ces regies ne valaient rien.
(') (Wiwrea de Henri Poinc.nre^ ce Tome, p. ^87.
NOJES
Les nomhres figurant ontre parentheses renvoient aux Memo-ires publics dans ce
Volume, conformement aux numeros qui leur sont aflectes dans la Table des
Mali eras.
Les different is Memoires ont ete groupes pour la publication selon leur objet
principal. Plusieurs traitant de divers sujets, il n'a pas ete possible d'adopter le
ineme groupement duns ces Notes, qui ont ete reparties sous les titres suivants :
fi&sultats generative ;
Masses fl uides en rotation;
Principes de Meaanique analytique;
Series ;
Solutions per iodiques et asymptotiques;
Integrates uniformes;
In variants integrau&.
II y a lieu pour chaquc sujel d« se referer a la rubrique correspoudante, quelle
que soit par ailleurs dans le present Volume la place du Memoire ou il est traite.
K^sultats g^neraux.
H. I'oincare a reproduit une grande partie des travaux, recueillis ici, sur les
musses fluides en rotation, dans ses Ouvrages : Figures d^quilibre tfune masse
ftutde,'PAri* (190:1), ot Lemons sur les hypotheses cosmogoniqu.es, Paris (1911),
sans y introduire d'importantes -modifications. F. TISSERANB en fait etat dans le
Tome II de son TraiU de Mecanique celeste, Paris (1891). Portantsur un domaine
Men d^iimite, iis n'ont suscite qu'un nombre restreint de recherches. On retrouvera
la plupatt des r<§fe>ences que nous indiquons plus loin, et des details a leur sujel,
dans le c^l^bre Trait& de IL LAMB, Hydrodynamics, & edition, Cambridge (I932)
et New-York (1945), dont la bibliographic tres complete hornet que les propres
publications d© son auteur.
Des Mtaoires de H, Poincar^ relatifs au Probleme des trois corps, 1 essentiel se
trouve concentre dans (21), qui constitue 1'ossature des Methodes nouvelles. A
Pencontre de ses autres travaux, disperses dans des publications variees, celm-ci,
624 NOTES.
destine au coucours ouvert par le roi de Suede, groupe des eludes exhaustives
sur des sujets inedits. F. TISSEIUND a consacre a ce Memoire ie Chapilre XXVII du
Tome IV de son Traite de Mecanique celeste, Paris (i8;)G). L'Ouvragc de
C. V. GHARLIBR, Die Mechanik des Ifimmels, fait une large place aux resultats
obtenus par H. Poincare. On trouvera fans Dynamical Systems, New- York (1927),
de G. BIRKHOFF; Treatise on the Analytical Dynamics, 4° edition, Cambridge
(1986), de E. T. WHITTAKER; The analytical Foundations of Celestial Mechanics,
Princeton (ig4i), de A. WINTNEII, Pexpose des iravaux modernes relalifs an pro-
bleme des trois corps, auquel ces auteurs ont apporlc des contributions esseuiielles.
Le dernier Ouvrage cite contient une interessante bibliographic historique.
On sait que les methodes iraaginees par II. Poincare pour la Mcicaniquc celeste
n'ont pas jusqu'ici servi de base a de nouvelles eludes des mouvemenls des planetcs.
(7est la difficulte que presente la comparaison de developpements fails avcc des
variables tres diflerentes qui semble principalcmont s'opposer a Tabandon des
variables tradilionnelles. II y a done lieu de signaler parliculiercmenl a raltonlion
cles calculatcurs les Me moires (24), (25), (27), (34), qui, posleriours a la publication
des Methodes nouvelles, n'ont pas etc Tobjet d'une large diil'usion [qnoi<jue(24) soil
utilise par WIHTTAKER, loc. cit., § 157). On y trouvera : d'une part un proctkle de
reduction du systeme diflerentiel au douzieine ordre qui lui conserve la forme oano*
nique sans corapliquer Texpression de la fonction perturbatrice; d'autre part un
expose syntheCique de tous les precedes de resolution utilises, permeilant dechoisir
celui qui se trouve Ie mieux adapte a cbaque probleme ctderealisereventuellement
le passage de Pun a Fautre.
Masses fluid.es en rotation.
Figures annulaircs. — On remarque, au debut de (2), Fabsence du terme
(S^coscp dans Tequation polaire de la section meridienne de la figure. Ce n'est pas la
une traduction rigoureuse de la condition d'apres laquelle le pdle est le centre de
gravite de la section. L'hypothese, faite plus loin, que les termes en — sont negliges
devant les termes en—justifie cependant cette equation : le calcul montrerait en
efiet que (34 s'exprime par une somme de termes de la forme £-— (z,/ >i), lorsque
le p6Ie des coordonnees est au centre de gravite. Toutefois, il est probable que la
presente approximation ne puisse pas suffire pour l^tude eventuelle de la stabilite
de la figure anxmlaire.
L'expression du potentiel V qu^on trouve dans (2) y est donnee sans justification,
Le detail des calculs figure dans (S) et conduit a une valeur legerement differente
de Texpression primitive. II y a done lieu de modifier dans (2) toutes les formulas
qui suivent celles de Fexpression du potentiel (jusqu'a ce que soil abordee F6tude
du probleme suivant? relatif a I'&juilibre de plusieurs anneaux), conformementaux
indications donnees dans le Memoire rectificatif. En particulier, a la valeur donn6e
dans (2) pour oo2, il faut substituer 1'expression 2 TT ^ log ( ~ J -
NOTES. 625
LYuude de la figure annulaire qui est faite au paragraphe 5 de (6) n'est pas iden-
ti<|uc a celle que Ton trouve dans (2); rnais on peul confronter les formules (5) et
suivantes donnees dans ((>) avec la formule U = — log h. . . -1- U' figurant
2 A*Q
dans (2); on constate qu'elles sont en leger disaccord, cette divergence ne pouvant
<PailIeur& ailecler les conclusions de (6) qui sont de nature qualitative.
On verra dans un Memoire insere au Tome VIII des O&uvres qu'en presence d'une
masse centrale et dans les conditions physiques qu'ofl're Tanneau de Saturne, la
figure annulaire (qui n'est evidemment pas identique a celles qu'on a considerees
ici) est instable. Ge resultat est reproduit dans (13), avec le schema d^un raisonne-
ment qui doit permettre de le retrouver, et qui s'appliquerait aussi aux figures
annul a ires de Mm(V Kowalewski ; (il s'agit probablement des figures annulaires sans
masse centrale; Mn)0 Kowalewski a considere les deux cas). Parailleurs, II. Poincar6
ecrit a plusieurs reprises, dans ses Memoires et ses Ouvrages, que les figures annu-
laires sont inslables, sans nouvelle justification. Cette affirmation est sujette a
caution. L'instabilite se deduil en eflet de la consideration de deux limites pour la
valeur relative de la densite de Tanneau par rapport a celle de la masse centrale :
tine limite inferieure, obtenue par Poincar6, qui n'est pas douteuse (et qui peut
meme tHre amtilioree); une limite superieure, etablie par J. G. MAXWELL (On the
Stability of the Motion of Saturn's Rings> Cambridge, 1869) a Taide de raisonne-
ments peu rigoureux (l) et qui semblent supposer pour le tluide des proprietes
d'ailleurs non pr^cisees. On ne peut done considerer comme certain que les figures
annulaires, avec ou sans masse centrale, soient instables dans toutes les conditions;
un nouvel examen en serait utile. L'^tude des figures terminales d'une suite de
figures annulaires serait 6galement souhaitable.
Figures pirt'formes, — ICn suivant une s6rie d'ellipsoi'des de Jacobi jusqu'au
premier point de bifurcation, II. Poincare avait d^bord cru [voir dans (6) la fin du
paragraphe 14*1 a la stability de la figure piriforme obtenue. Mais le principe de
I'tfchange des stabilites, qui avait conduit a ce resultat, n^tait pas valable ici,
comme Ta montr(^ K. SCHWARZSCHILD (Inaug. Dissert., Miinich, 1896). Reprenant
alors le probl^me, G. II. DARWIN (Phil. Trans., t. 198A, 1901, p. 3oi) calcule les
axes du jacobien critique pendant que Poincar6 (12) ^tablit les formules devant
permeltre de decider de la stabilit^, calculs qu'effectue DARWIN (Phil. Trans.,
t. ^00 A, 1902, p. $5i) et qui font croire a nouveau a la stabilite, Cependant, par
un proc^dd different, A.LIAPOUNOFF (Mtmoires deVAcad4miedeSaint-P6tersbourg,
t. 17, 1906, p. 3) concluait a Tinstabilite. C'est a J. H, JEANS que revient le merite
devoir tranch^ le d^bat : reprenant le calcul du moment d'inertie de la figure (Phil.
Trans., t. 215 A, igr5, p. 27), il constata que Darwin avait nefgligS des termes de
Pordre de ceux qu'il avait conserves, reprit les d^veloppements, des plus laborieux,
(') En particulier, on d^duit cette limite d'une certaine inigalit^ dont on n6glige un terme
en vertu d'une in6galit6 ant6rieure; or cette derniere a 6t6 obtenue dans un problerae tout
diffdrent de celui de I'anneau fluide, et n'a a .priori aucune raison d'etre maintenue ici.
H, Foit»car6 reproduit dans ses ffypoth&ses cosmogonlques (a- Wit., p, 35-48) une partie de
Tanalyse <*e Maxwell.
H. P. - VII. 79
626 NOTES.
et retrouva le resultat obtenu par Liapounoil'. ( Voir aussi JEANS, Problems of Cosmo-
gony, Cambridge, 1919, ou les autres figures cTequilibre sont egalement etudiees,
ainsi que leur evolution).
La figure piriforme, instable, evolue par une scission, en deux masses distinctes
au moins. E. CARTAN a demontre (Proc. Int. Math. Congr., Toronto, t. 2, 1924,
p. 9) que la figure devient seculairement et ordinairement instableen me me temps.
Le phenomene a par suite Failure du « cataclysme » qu'avait prevu Poincare, et
il n'y a aucune raison pour que revolution conduise, commeon Favait primitivement
pense, a un systeme d'eioile double a faible excentricite. Aucontraire, on peut voir
que Torbite relative est hyperbolique (cf. II. JEFFREYS, Monthley Notices l\. A. 5.,
t, 101, 19/47, p. 3^9 eL t. 108, i948, p. g/J).
Petits nwuvements des figures d'equilibre. — Le precede employe au para-
graphe 13 de (6), qui consiste a « solidifier » le fluide, a en considerer une defor-
mation homogene, et a chercher dans le petit volume balaye au cours de la defor-
mation une fonction harrnonique satisfaisant a certaines conditions aux limites, a
recu de nombreuses applications. Nous ne pouvons qu'en mentionner quelques-unes :
stabilite du spheroi'de de Mac Laurin (Bryan, Darwin); cylindre eiliptique (Love);
ellipso'ide de revolution elastique (Vilerbi); (luide dans une sphere creuse elastique
(Love); couche mince sur un noyau spherique (Hough).
R&sultats divers* — Les resultats relatifs a la limitation de la mlesse de rotation
d'une masse fluide, (2), (6), (10), ont donne lieu a plusieurs extensions. II. LAMB
(Hydrodynamics, § 372) a montre que la vitesse limite y/2 Tip est valable (indepen-
damment de toute question de stabilite) que la masse rencontre 1'axe de revolution
ou non, U. CRUDELT (AceacL d. Lincet, t. 19, 1910, p. 666) a ramene cette limite
a \Arp pour les volumes convexes. II. LAMB (loc. cif.} a leve cette restriction de
convexite.
Poincare a demontre d'unefacon originaledans (8) et (10) que la sphere estlaseule
figure d'equilibre stable absolu, propriete que Liapounofl' avait etablie anterieure-
ment. L. LICHTENSTEIN (BerL Ber., 1918, p. 1120) a prouve (jue toute masse fluide
en rotation uniforrne admet un plan de syme trie perpendiculaire a Taxe de rotation.
II en resulte qu^une masse iluide au repos est necessairement spherique (cf. T,
CARLEMAN, Math. ZeUschrift, t. 3, 1918, p. i).
Dans (13), les resultats de la theorie sont e'tudies au stijet de leurs rapports avec
les donne'es de 1'observation. Celles-ci ont subi quelque evolution depuis 1892 :
Torigine de la variation d^clat des etoiles a ete Tobjet de theories satisfaisantes
pour toutes les classes de variables, sauf cependant les variables irr&gulieres.
L'interpretation de la variabilite a Taide des formes jacobiennes est done perimee;
elle ne saurait en eflfet convenir aux variables irregulieres., Notons toutefois que la
courbe de lumiere de certaines variables a eclipses est affectee par la non-sphericite
accentu^e qu^entrainent les forces de marees pour les masses rapproohe"es;
les observations photometriques (Barnard, von Seeliger), photographiques
(Wood) ont definitivement confirm^ la structure corpusculaire des anneaux de
NOTES. 627
Saturne, que la W«canique celeste faisait prevoir. II s'agirait de gouttes de glace
tros disperses;
pour raplaiisstiiiient <le la Terre, on admet depuis les travauxde Hayford (1909),
la valeur ^ — * Les mesures gravlmetriques modernes sont en parfait accord avec ce
noiubre, issn do mesures geodesiques. La divergence d'avec la valeur de*duite par
Poincare de la procession observee a ainsi disparu.
Principes de mScanique analytique.
Les resultats exposes dans (17) sont justifies eldeveloppes dans leChapitre XXIX
des Methodes noiwvlles. Une restriction a la validity des equations obtenues pour
le mouvement relatif a ete faite par A. WINTNER (Sachs. Sitzber., t. 82, 1980,
p. 3/,5).
La condition ndcessaire et suffisante pour quCun changement de variables
conserve hi forme harnitlonienn€<\'>u& systeme est que Fexpression ^yidxt — ^y\dx\
soil une dilFerentielle totale, Gette propriete lient a ce que la relation diilerentielle
exprim^e caracterise les transformations de contact, qu'un systeme hamiltonien
pent 4tre consider^ comme traduisant une transformation de contact infinite'simale
(voir par exemple WIHTTAKEU, lor. cit., § 125), etque les transformations de contact
constituent un groupe. L'enonc^ apparait pour la premiere fois sous sa forme precise
en 1897, dans (25), Le caractere suffisant de la condition a ete justifie et utilise
bien anterieurement, par Poincare lui-m^me et d'autres auteurs; il peut d^ailleurs
se d&luire d'une m^thode imaginee par JACOBI (C* /?. Acad. Sc.,i* 5, 1887, p. 61)
en vue de la constitution de divers changements de variables canoniques. La n^cessite
d^une lelle relation differenlielle nna ete d^montr^e que re'cenanaent, par J. CHAZY
(C, IL Acmt* -SV1., t. 225, 1947, p» io4i et t, 226, ig48, p. 19), pour des variables
dependant ou non du temps.
L^expos^ sur la M&canique de Hertz (18) a trait a FOuvrage posthume Die
Prinzipien der Mechanik, Leipzig, 1894. II s'agit dans cet Ouvrage d'un examen
d'ensemble des fondements de la Mecanique, premiere etude critique approfondie
qu'on ait faite sur le sujet. La consideration de « masses cachees » n'a certespas^te
feconde, mais cet dchec n'enl6ve rien a Tint^ret de TOuvrage; cette bypothese n'en
est pas 1'objet essentiel, k rencontre de ce qu^on pourrait croire d^pres (18). La
disparition pr^maturee de Hertz l*a emp&ch^ de parfaire ses raisonnements ; on
note en particulier la faibiesse, non de ^objection de la bottle, mais de son
expos6, fait par Tinterm^diaire dVne d6fmition des syst^mes holononaes qui n'est
ni suffisante (le defacement de la boule de A en Bpeut sefaire parun mouvement
complete, mais d'amplitude y/s^ done infiniment petit), ni necessaire (on imagine
facilemeat des syst&mes simples, k liaisons solides, , dont certains defacements
infiniment petits exigent un deplacement fini des Elements) pour que le principe de
molndre action soit applicable.
79.
628 NOTES,
Series.
Les precedents Volumes des GEuvres contiennenl diilerents Memoire.s sur les
series rencontrees en Mecanique celeste; en particulicr, sur les series frigonome-
iriques, voir le Tome IV.
Les travaux recueillis ici sur les series de Lindstedt-Gylden sont en general
anterieurs au Tome II des Methodes nou^elles et, se retrouvent, remanies, dans
difFerents Chapitres de cet Ouvrage : les Chapitres XI pour (23), XVII pour (28),
IX pour (29) et (30), XIII pour le paragraphe 21 de (21). De meme, sur la verifi-
cation des series de la Mecanique celeste (31), voir le Chapitre XXIV du Tome III.
Les vigou reuses critiques [(35), (36), (37)] que If. Poincare a eniises en 190/1
et igo5 contre la methode horistfque de Gylden ne conoerncnt que les Nouvelles
recherches .,., (1892). II s'e'tait borne dans ses etudes anterieures, mention-
nees plus haut, a preciser ou completer certains points des theories de Gylden.
Cependant, des 1889, il avait acquis une certaine mefiance a leur egard : les astro-
notnes ayant ete alertes [depuis (28), cntre autres] au sujet de la divergence possible
de leurs series, Gylden s'est attache a justifier la convergence de cellos qu'il obtient
dans son Me'moire du Tome IX des Acta Mathematics (1887); Poincare, assur6
qu'elles divergeaient (en g&a&ral) par la facon dont elles e'taicnt obtenues, s'est
astreint, non sans mauvaise humeur, a 1'examen d^taille de ce travail. On trouvera
dans les curieuses lettres qu'il adressea Mittag-Leffler les 5 fevrier, r et 3 mars 1889,
lettres publiees dans le Tome 38 des Acta Mathematica, le reck de ces penibles
investigations.
L'idee que PeliminatioD des lermes seculaires ne pent conduire a des series uni-
fornaement convergentes aura done mis vingt annees a s'imposer, non sans diffi-
cultes [t)0£>(32), (33), entre autres]. Les series divergentes eflrayent les calculateurs;
on s'est en general borne, depuis lors, u utiliser celles qui avaienl fait leurs
preuves, et que leurs auteurs (Newcomb, Lindstedt, Gylden, Hill) n'avaient pas
h6site a introduire puisqu'ils ignoraient celle divergence. Ainsi, la lumiere que
Poincare a projet^e sur ce terrain difficile en a paradoxalemeub retarde Fexploration ;
ne s'y hasardent plus guere que les chercheurs les moins avertis, sans succes ^vi»
demment.
Liquation de Gylden-Lindstedt [etudiee dans (28) et dans le Chapitra XVII des
Methodes nouvelles; voir aussi TISSERAKD, toe. cit,, t. Ill, Chap. I] est bien connue
en Physique mathematique sous le nom & Equation de, Math feu ou du cylindre
eiliptique. Renvoyons a N. W. MAC LACHLA-N, Theory of Mathieu functions,
Oxford, 1947* et au Chapitre XIX de Modern Analysis de WHITTAKER et WATSON.
Le Theordme II du deuxieme paragraphe de (21), (voir aussi Mithodes nott~
velles, t. I, Chap. II), est devenu classique dans T<§tude des syst&mes diff^rentiels
avec param^tre, qu'il permet d'effectuer i\ partir du plus simple d'entre eux.
Differentes demonstrations nouvelles et extensions en ont &t& donn^es. Voir notam-
ment E. PICARD, C. /?» Acad. Scn t. 118, 1894, p. 760, et Traiti d> Analyse, t. 2,
Chap. XI; et aussi K. POPOFF, Memorial de VArtilleriefrangaise, 192$. M. MENP£:S
(Annal. Obs. Besangon, t, 2, 1986, p. 69) envisage le cas ou le parametre est une
fonction donne'e du temps. Le th^oreme a permis de valider des proc^d6s de calcul
NOTES. 629
mm justifies pur leurs auteurs, role analogue a celui des travaux de Cauchy a Tegard
des developpernents en serie de ses predecesseurs; voir par exemple H. BATEMAN,
Partial dijferential equations . . ., New-York, 19^4, p. 497, ausujetd'une equation de
Paoooustiquo dont la resolution par HelnrihoU/ a et6 ainsi le'gitimee par C. Schaefer,
Solutions p6riodiques et asymptotiques.
(Jest en 1878 que parail Je celebro Memoire ou Hill considere pour la premiere
fois une solution periodique du Probleme des trois corps. Mais il s'agit d'un cas
trt»s pariiculier (systeme Terrc-Lune), et Ton doit considerer que c'est en i883,
dans ( 19), que la theorie en prend naissance. Leur existence est etablie dans (20),
leur elude fahe dans (21) ou est introduite la notion d'exposant caracte'ristique.
Ces travaux sont d^veloppes dans le Tome I des Methodes nouvelles.
Les complements theoriques aux recherches de Poincare ont ete apportes essen-
tiellement pnr A. LUPOUNOFF, dont le Memoire, datant de 1892, a et^ traduit en
frangais par E. DAVAUX en 1907 [Annales de la Faculty des Sciences de Toulouse,
(a), u 9, p. 203-469]; J, HADAMARD (J.Matfi^ t, 3, 1897, p. 33i); E. PICARD (TraM
d** Analyse, vol. 3); et par Poincare lui-m£me (voir le Tome VIII de ses GEuvres
au sujet du TMorerne de Poinrure-Birkhoff").
C* CfUftURR, toe- cit.r a discut^ les orbites poriodiques dans les cas les plus acces-
sibles. J* GHAZY (Bull, astron., t. 14^ 19^9^ P- i53), a mis en evidence les pro-
pri4tes de sym6trie presentees par les solutions periodiques de la premiere sorte.
WHITTAKBR a form£ un crhere applicable a la decouverte de solutions periodiques
du probl&me restreint (Monthly Notices, t. 62, 1902, p. 186 et 346).
Les solutions asymptotiques ont et<* e'tudiees par D. BUCHANAN (Trans, of the
Cambr* Phil, Soc*, t. 22, p, 809) pour les mouvements de Lagrange (triangle
ekjuilate'ral), par L, A, WARREN (Am. J. of Math., t. 37, 1916, p. 221) pour les
points de libraiion colin^aires. K. POPOFP (Bull, astron., t. 9, 1984, p. 177) a
examin^ le cas du probUme restreint* Le principe dynamique de prolongement
que Strdmgrcn avait utilis^ pour ses recherches numeriques (voir plus bas) a ete.
justing par A» WINTNER (Math. Zeitschrift, t. 34, 1981, p. 821 et BulL astron.,
t. 9, 1936, p. *5i).
Les orbites periodiques de deuxidme espece [paragraphe 23 de (21);
Chapitre XXXII des Mtthodes nouvelles] ont et6 construiles par Poincare k partir
dWbites i chocs, relatives au mouvement de trois corps dont deux sont de masse
nulle. Une sphere d'activite* limitant Finfluence relative des deux satellites joue un
rdle discutable dans le raisonnement. P. S&MIROT (Chocs et solutions periodiques
dans leprobUme des trois corps, TMses, Paris, 1948) a montrd sur un exemple
simple auquel le proc^d6 de Poincar^ aurait du s'appliquer (attraction par deux
centres fixes) qu'on n1y pouvait d^duire de solutions periodiques d&rivant de celle
qu'on obtient lorsqpi'unc des masses attractives est nulle. L'existence des solutions
pdriodiques de deuxi^me espece du problfcme des trois corps n'est pas impossible,
mais ne doit pas ^tre coasiddr^e comme Etablie par Tanalyse qu'enafaite Poincar^.
orbites piriodiques et asymptotiques auxquelles conduisenl la th^orie de la
63o NOTES.
relativite ge'neralisee ont ete etudiees par Y, HAGIHARA (Jap, Journ. of Ast. and
Geoph., t. 8, 1981, p. 67); WHITTAKER (loc. cit., § 170) en cite quelques resultats.
Les travaux de G. BIRKHOFF (loc. cit.; voir aussi Bull. Soc. Math. France,
vol. 40, 1912; Trans. Amer. Math. Soc., vol. 18, 1917) ont generalise les
recherches de Poincare pour des systemes djnamiques plus generaux, et principa-
lement pour les systemes de Pfaff. Les exposants caraclerisliques [§ 10 de (21)] en
particulier, ou multiplicateurs hamiltoniens, se presentent comrae un cas particulier
des multiplicateurs pfaffiens (loc. cit., p. 89). Mais PcBuvre puissante de
G. Birkhofif n'a pas encore fourni d'apport sensible a la Mecanique celeste pro-
prement dite.
Differentes etudes numeriques ont ete faites dans le cas du probleme restraint.
Citons celles qui sont contemporaines des travaux de Poincare, dues a G. BUREAU
(Astr. Nachr., t. 135, 1894, p. a33; voir aussi T. THIBLE, Astr, Nwhr., t. 138,
i8g5, p. i); et a G. DARWIN (Ada math., t. 21, 1897). Farmi les autres, nous
mentionnerons ies plus importantes : un ensemble de recberches faites par
F. R. MOULTON et ses collaborateurs (Periodic Orbits, publication n° 161 de
rinstitul Carnegie, Washington, 1920) a permis de me lire en evidence les trajec-
toires de nature speciale qui separent les difTerentes classes de solutions perio-
diques; dans un cas particulier du probleme restreint (/7z0=/?ii), un examen
complet des orbites periodiques et asymptotiques a ete realise de 1924 a i$33 par
E. STROMGREN et ses collaborateurs (a ce sujet, voir dans Bull, astron., t, 97 ig33,
p. 87, un expose de ces travaux et leurs references bibliographiques).
Int6grales unifortnes, .
La non-existence de nouvelles integrales analytiques uniformes du probleme
restreint des trois corps est etablie au paragraphe 22 de (21). L'extension de la
propriete au probleme general est faite dans les Methodes nouvelles (t. I, § 85),
II est a noter que le theoreme de Bruns (1887) sur la non-existence de nouvelles
integrales algebriques, theoreme dont Poincare a complete la demonstration en 1896
dans (26), etait au contraire relatif au probleme general; sa validite pour le
probleme restreint n'a ete reconnue que beaucoup plus tard, par C. L. SIEGED
(Trans. Amer. Math. Soc., t. 39, 1986, p. 225). P. PAINLEV& a <§tendu la propo-
sition de Poincare en montrant (C. R. Acad. Sc., 1. 130^ 1900, p. 1699) qu1!! suffisait
d^imposer la condition de regularity par rapport aux vitesses pour entrainer la non-
existence des integrales analytiques.
Le domaine duplication du theorerae est bien plus r6duit que ne pourrait le
faire supposer Fenonce qu'on en donne habituellement. La demonstration repose
ea efFet sur la consideration d^un systeme d'equations dont les secoods membres
sont periodiques par rapport aux variables angulaires. Ces variables sont fonctions
des elements osculateurs des mouvements relatifs, lesquels, pour qu'il y ait perio-
dicite, doivent etre essentiellement supposes elliptiques. Or il n^y a- en general
aucun moyen de savoir si un mouvement possedant initialement cette propri6t6 la
conserve indefiniment. Dans Tespace ^ douze dimensions des coordonn^es et des
vitesses, il n'y a aucun volume en tous les points duquel le theoreme puisse
NOTES 63!
. T. Lfcvi-CrviTA Fa note pour le probleme restreint (Ada math,, I. 30,
ic)<>(>7 p. 3^7). J, CHAZY a mis en evidence un grand nombre de families dMntegrales
analytiques du probleme general des trois corps (Bull, astron., t. 8, ig38, p. 4o3),
et a fait rcssonir la dittercnce qu'ofire a ce sujet Ic theoreme de Poincare et celui
de Bnins.
Invariants int6graux.
La notion d'invariant integral apparaft dans le Ghapilre II de (21) en meme
lemps quo sa theorie. On sait que J. LIOUVILLTS (J. Math., t. 3, i838, p. 348) puis
L. Boi,TfcMANN (Journal de Crelle, t. 73, 1871, p, in) avaient utilise pour des
problemes d'hydrocini'itique une inte"grale multiple qui n'est autre que le plus
simple des invariants de Pomcare^ Pinvariant integral de volume. Bien que ce soil
celui doni Pusage esl le plus couranl, le champ de ses applications ne s^est cons-
titue qifapres que Poincare PeiU redecouvert (21) en le g6neralisant.
La thitorie des invariants integraux, que Poincare lui-meme a approfondie dans
If* Tome III des Methodes nouvelleS) est aujourd'hui classique. Citons en deux
Traites (leurs auteurs lui ont apporte par aiileurs une contribution essentielle au
cours de nombreuses recherches): E. CAKTAN; Legons surles invariants integnmx,
Paris, 19:?'^ ; TH, DK DONDBK, Tk&orie des invariants integraux, Paris, 1927. Nous
nous bornerons ici a mentionner une propriete qui peut jouer dans 1'etude quanti-
tative des systenies d'equations did'erentielles un r61e pratique quVlle ne semble
pas avoir tenu jusqu'ici : E. GOURSAT a montre (/. Math.} 6° serie, t. 4, 1908,
p. 33 1) que la connaissance d'un invariant integral permet d'extraire d^n systeme
donn^ un syst^rne d^equations plus simple dont toutes les integrates appartiennent
au sysl^me initial,
La premiere consequence que Poincare deduit de sa theorie est exprimee par le
theoreme I [§ 8 de (21)] ou theoreme de recurrence. Les trajectoires qui y sont
appeltSes e^ceptionnelles^ et qui forment un ensemble de mesure nulle dans la
region de Pespace a an dimensions ou le theoreme s'applique, ne peuvent remplir
aucun continuum fini et ferme quel que soit le nombre de ses dimensions (J. LEVY,
Les (ijpprorhes dans le problems des trois corps, Theses, Paris, 19^). Le theoreme
de recurrence est a Porigine des recherches qui ont conduit G. BIKKHOFF, au
thtoreme ergodique^ dont Texpos6 definitif a paru en 1982 (Bull. Afner. Math.
Soc., i. 38, p. 36i). Le theoreme ergodique ayant ete rattach^ directement a la
theorie des ensembles a partir de la notion de mesure de Lebesgue, il n*y a lieu
ici que de le mentionner. Son utilisation pour Te"tude des systemes differentiels est
subordonn6 a Texistence d'une propriete de transitivite dont il est dans le cas
ge'neral extr^memetit difficile de s'assurer, Une application en a ete faite a divers
syst^mes de Me*canique celeste, a trois degres de libert^, pouvant se ramener au
mouvemenl d'une masse dans un champ de forces de revolution, par IL FABRE
(Bui. astron., t, 10, 1987, p. *97> et t. 11, 1938, p. 17).
L'emploi des invariants inte'graux avait conduit Poincare a des r^sultats positifs
principaiement en ce qui concerne les solutions du probleme restreint; il leur avait
reconnu la stability a la Poisson. Le probleme general des trois corps a lui aussi
te de cette theorie, dans les travaux de J. CHAZY : Tensemble des trajectoires
632 NOTES-
issues des points d'un certain volume de Pespace a douze dimensions des coordou-
nees et des vitesses presente la stabilite d la Poisson; toutes les autres trajectoires
possedent la propriete de rtoersibilM, c'est-a-dire que le mouvement relatif de
deux quelconques des corps est de la meme nature (elliptique, parabolique ou
hyperbolique) pour les valeurs du temps infiniment grandes positives et negatives
(7. Math., 9° serie, t. 8, 1929, p. 353; Bull, astron., t. 8, ig3/i, p. /io3). Ces pro-
prietes, jointes a Peiude des points singuliers du systeme, ont permis a J. Chazy
(voirles references dans la bibliographic donn^e par WINTNBR, loc. eft.} une classi-
fication et une localisation relative de toutes les trajectoires possibles dans le pro-
bleme des trois corps. Cette analyse n'a pas d'equivalent parmi celles qu'on a pu
faire au sujet d'autres systemes diflerentiels d'ordre eleve; elle doit etre consideree
comme le developpement des resultats et des methodes du Memoire (21),
Differentes branches de la Physique mathematique, notammenl la Mecanique.
statistique, la Theorie cinetique des gaz, la Mecanique atomique, THydrodynamique,
PElectromagnetisme, font appel aux proprietes des invariants integraux. La M^ca-
nique analytique, grace a eux, a etc dotee par A. LIGHN£ROWIGZ (C. ft. Acad* Sc.,
t. i217T 19^3, p* 660) du principe suivant : queltes que soient les forces mixes en
jeu, Vintegrale qui s^ecrit, avec les notations habituelles,
(I
dpt dqi - dH dt -f- S Q/ dqi dt,
etendue a la surface balayee au cours d^un deplacement arbitraire des etats le long
de leurs trajectoires respectives, est nulle. Ce principe pourra dans Favenir jouer
un role fondamental, comparable a celui qu1a tenu jusqu'ici le principe demoindre
action.
JACQUES Lftvv.
TABLE DES MATIERES
I)U TOME V1T.
MICCANIQUK AISALYTIQIJK KT MJllCAiVlQUK CELESTE.
I'nges
AVANT-PBOPOS,
\nnlyso dc seb tru\aux scientiliques, par Henri Poincard (A eta Math., t. 38, 1921,
p. 104-114) T
Masses fluides en rotation.
\. Sur I'equilihre d'unc masse iluide animee d'un mouvement dc lotation (6Y. R.
ArmL Sc., t. 100, i885, p. 346-348) i.\
4. Sur Pequilibrc d'une masse iluide animee d'un mouvement de rotation (Bull.
astron,,, t. 2, i885, p. 109-118) 17
,*L Sur IV.quilibre d'une masse fluicle animee.d'un mouvement de rotation (JButl.
tistron.) t. 2, i«85, p, /fo5-/jr,'*) v,6
i. Sur IMquilibre d'une masse iluide anim6e d*un mouvement de rotation (C. fi.
Acatt. Sc.9 t. 100, i88r>, p. 1068-1070) 34
ti. Sur I'dquilibre d\me masse fluide animee d'un mouvement de rotation (C. R.
Acad. 6V., t, 101, i885, p. ^07-^09) 37
6. Sur 1'gquilibre d'une masse fluide animee d'un mouvement de rotation (Acta
Math.^ t. 7, i885, p. 25c>-38o) 4o
7. Sur Tdquilibre d'une masse fluide en rotation (C, R. Acad. #c., t. -102, 1886,
p. 970-972) 141
8. Sur un tlidoreme de M. LiapounofT, relatif ^t l'6quilibre d'une masse fluide
(C. X. Acad. Sc.t t. 104, 1887, P- 622-626).. 143
9. Sur 1'e'quilibre d'une masse he"te>ogene en rotation (C. JR. Acad. Sc., t. '106,
1888, p. 1671-1574) 147
10. Sur IV.quilibre d'un fluide en rotation (BulL astron,, t. 16, 1899, IK 161-169).. i5i
It. Sur la stability de I'^quilibre des figures piriformes affectees par une masse
rtuide en rotation (Proc. Roy. Soc. London, vol. 69, 1901, p. 148-149) 169
1^. Sur la stability de IMquilibre des figures piriformes aflecte'es par une masse
fluide en rotation (Phil. Trans., A, t. 198, 1901, p. 333-373) 161
13. Les formes d'^quiJibre d'une masse fluide en rotation (Revue gendrale des
Sciences, t. 3, 1892, p. 809-816) 208
Princijpes de Mdcanique analytique.
14. Sur une forme nouvelle des Equations de la M^canique (C. ./?. Acad. Sc.:
t. 13^, 1901, p. 369-371) 218
15. Sur une generalisation de la me*thode de Jacobi(C. JR. Acad. Sc., t. 149, 1905,
p. II05-IIO8) 220
634 TABLE DES MATURES.
I»,ig«s.
16. Sur les solutions periodiques et ie principe de moindre action (C. It* Acad.
Sc., t. 153, 1896, p. 915-918) ........................ ............. ' ........ 2*4
17. Les solutions periodiques et Ie principe de moindre action (C. R. Acad. Sc.,
t. 124, 1897, p. 7i3~7i6) ................................................ ; «'>7
18. Les idees de Hertz sur la Mecanique (Revue generate des Sciences, t. 8,
1897, p. 731-743) ........................................................ '.tfi
Problems des trois corps.
19. Sur certaines solutions particulieres du probleme des trois corps (C. R> Acad.
Sc., t. 97, i883, p. 261-252) .............................................. »'3i
SO. Sur certaines solutions particulieres du probleme des trois corps (Bull, astron.,
t. 1, 1884, p. 65-74) ...................................................... °-'^
21. Sur Ie probleme des trois corps et les equations dc la Dynamique (Memoire
couronne du Prix de S. M. Ie roi Oscar II de Suede), (Acta Math., t. 13,
1 890; p. 1-270 ) .......................................................... '.'-Gtt
22. Sur Ie probleme des trois corps (Bull, astron., t. 8, 1891, p,. 12-24) ........... 48o
23. Sur Tapplication de la methode cle M. Liudstedt an probleme des trois corps
(C. JR. Acad. Sc., t. 114, 1892, p. i3o5-i3o9) ............................... 19*
2i. Sur une forme nouvelle des equations du probleme des trois corps (C. R. Acad.
Sc., t. 123, 1896, p. io3i-io35) ........................................... {96
20. Sur une forme nouvelle des equations du probleme cles trois corps (Bull, astron.,
t. 14, 1897, p. 53-G7 et Acta Math., t. 21, 1897, p. 83-97) .................. 5oo
26. Sur la methode de Bruns (C. R. Acad. Sc., t. 123, 1896, p. 1224-1228) ....... ,'m
27. Sur {'integration, des equations du probleme des trois corps (Bull, astron.,
t. li, 1897, p. 241-270) .................................................. 617
.Series de la Mecanique celeste.
28. Sur une equation diflerentielle (C, R. Acad. Sc., t. 98, 1884, p. 793-795)..... 543
29. Sur une methode de M. Lindstedt (Bull, astron., t. 3, 1886, p. 67-61) ........ 546
30. Sur les series de M. Lindstedt (C- /?• Acad. Sc., t. 108, 1889, p. 21-24) ....... 55i
31. Sur un procede cle verification, applicable au calcul des series de la Mdcanique
celeste (C. JR. Acad. Sc., t. 120, 1895, p. 67-69) .......................... 55f>
32. Sur la divergence des series de la Me'canique celeste (C. li. Acttd. Sc., t. 122,
1896, p. 497-499) ........................................................ 558
33. Sur la divergence des series trigonome'triques (C. R. Acad. Sc., t. 122, 1896,
p. 557-559) .................................................... ... ...... 56i
34. Sur la facon de grouper les termes des series trigonometriques qu'on rencontre
en Me'canique celeste (Bull, astr., t, 15, 1898, p. 289-310) ................. 564
35. Sur la methode horistique de GyJd&i (C. R. Acad. Sc., t. 138, 1904, p. 933-936). 583
3G. Snr la methode horistique de Gylden (Acta Math., t. 29, 1905, p. 235-271) ____ 687
37. Sur la me'thode horistique : Observations sur un Article de M. Backlund (Bull.
astron,, t. 21, 1904, p. 292-296). .......................................... 619
NOTES ......................... ............................................... 624
TABLE DES MATJKRES ............................................................ 633
PARIS - IMiMUMKKIE GAUTHIER-VILLAKS.
Ic^ul, hnprinicur, it)oi, n°7li
lfgj»l, Htliteur, ry5i, u« 395
t, !,K I.") Dl'-iCKMltBE I|)5t
Date Due
Demco 293-5
cur e
Carnegie Institute of Technology
Library
Pittsburgh, Pa.
CD
30 116